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282 résultats trouvés pour famille

Mary Anne Mohanraj

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 10 97822810

Colombo Chicago

Colombo-Chicago se concentre sur les destins croisés de deux famille sri-lankaises, les Kandiah et les Vallipuram, sur une durée de près d'un demi-siècle.
Plutôt que d'un roman, on pourrait d'ailleurs parler d'un recueil de nouvelles, chaque chapitre étant consacré aux tourments amoureux et familiaux d'un des membres de la famille, à un instant T de sa vie.
L'amour est le thème central de Colombo-Chicago : Passions interdites, violences conjugales, mariages arrangées, amour non payés de retour, homosexualité… Mary Anne Mohanraj semble avoir voulu explorer chacune des multiples facettes de ce sentiment…

Les personnages sont tous, quelque part, des êtres empêchés. La culture sri-lankaise, omniprésente, pèse de tout son poids sur les décisions parentales et les émois adolescents. Même l'exil à l'étranger, les études ou l'émancipation sexuelle ne sont qu'une libération illusoire face au carcan culturel et familial.
Alors, la joie se teinte d'amertume, le bonheur _ aussi éphémère soit-il_ ne se gagne pas  sans sacrifices, et les promesses d'avenir radieux sont assombries par un doute lancinant…

Je ne vais pas nier que ce roman est un vrai tourne-pages, et plutôt agréable. Alors, pourquoi sa lecture a-t'elle aussi généré en moi un véritable sentiment de frustration ?

La multiplicité des personnages ne m'a pas dérangée, contrairement à d'autres lecteurs. Ce qui est véritablement décevant, par contre, c'est de ne recevoir aucune explication sur leur évolution (pourtant parfois bien déroutante !) lorsqu'il nous arrive de les recroiser au détour d'une phase.
L'écriture de Mary Anne Mohanraj n'a rien d'original, j'ai d'ailleurs parfois tiqué à la lecture de certains passages désespérément plats et explicatifs. Pourtant, l'auteur a su trouver un ton bien à elle, fluide, efficace, émouvant parfois. Mais à la réflexion, je crois que c'est là que réside ne noeud de ma frustration. En effet, tous les chapitres nous sont narrés avec la même petite musique, et un procédé narratif qui m'a finalement semblé trop bien rôdé…. Qu'elle nous parle d'une jouvencelle de 17 ans qui accepte un mariage arrangé dans un pays qu'elle ne connaît pas, ou évoque les tourments amoureux d'un médecin américain homosexuel, la mécanique est toujours la même ; certes efficace, mais au final quelque peu lassante...

Je ne voudrais pas paraître trop dure avec ce roman qui ne manque pas de qualités et se lit facilement, avec un certain plaisir même. Mais après l'avoir refermé, c'est bel et bien un sentiment d'inachevé qui domine…


mots-clés : #immigration #famille #romanchoral
par Armor
le Mer 8 Fév - 18:30
 
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Sujet: Mary Anne Mohanraj
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Paul Harding

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 10 Paul_h11

Les Foudroyés (traduit par Pierre Demarty)

Mais que c'est-il passé ?  Pourquoi a-t-il fallu attendre cinquante, peut-être même quatre-vingt pages pour qu'enfin la voix de Paul Harding parvienne jusqu'à moi ? Pourquoi l'auteur s'est-il ingénié à aligner des mots, écrire des paragraphes, former des chapitres, sans queue ni tête, sans liens tangibles et pourtant sans volonté de perdre son lecteur alors que la suite du récit (qui reprend pourtant exactement la même méthode) fonctionne parfaitement ?

Il faut attendre un récit de colporteur et de dent pourrie pour qu'enfin les personnages prennent formes et donnent un peu de satisfaction au lecteur. C'est très étrange. Très étrange car les premières pages ressemblent aux dernières et il est inexplicable pour moi qu'à un moment donné, ce qui me paraissait beau mais sans lien, détaché, totalement évanescent prenne les allures d'un très tendre récit de filiation. C'est comme si Paul Harding avait accroché les uns aux autres des wagons disparates jusqu'à ce qu'il ait finalement réussi à trouver la locomotive qui pourrait les tracter jusqu'à la prochaine gare. Mais une fois cette locomotive attelée, le roman de Harding prend une tournure absolument délicieuse et piquante ; racontant sans forcer, les relations qu'un fils n'a pas eu avec son père, d'un père dont on cache la maladie comme s'il s'agissait d'une tare terrible (l'épilepsie d'où le titre en rapport avec ce coup de foudre pas si éloigné de la maladie) et de ces crises qui jalonnent une vie. Il est question de la manière dont on regarde le monde à fleur de terre, comme à genou, fixant d'un œil serein, la goutte glacée se transformant en eau sur l'herbe rase. Et de détails en détails, Harding nous propulse dans un univers plein de poésie, non pas celle des rêves mais celle d'une nature qui de saison en saison offre d'impalpables nuances et des trouées de silence. De ce silence, les hommes de la famille de George se nourrissent et parfois en meurent ; parfois ils luttent contre et parfois ils s'enfuient, laissant derrière eux femme et enfants et parfois ils reviennent, en catimini. Il y a dans ce roman des moments de purs délices, des instants de grâce, quand il est question du mécanisme d'une horloge, de la roublardise du vieux George, de la souffrance foudroyante de Howard (le père épileptique), du silence, du terrible silence des femmes, des mères, des sœurs et de cette famille américaine à la fois unique et universelle, tellement pauvre et vorace, tellement tendre et maltraitante. Bah, une famille, quoi.


Frustrant mais pas si mal.


mots-clés : #famille #pathologie
par shanidar
le Mer 8 Fév - 13:20
 
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Sujet: Paul Harding
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SHEN Congwen

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 10 51g8xc10

Le passeur de Chadong

Aussi sûrement que les fleuves vont à la mer, la conversation, d'aussi loin qu'elle partît, aboutissait toujours au sujet qui faisait rougir Emeraude. Puis, lorsque le mécontentement se peignait sur le visage de la jeune fille ainsi poussée dans ses retranchements, le vieillard, comme pris de panique, se justifiait à la hâte en se contredisant :
"Je ne voulais pas dire ça, je ne voulais pas dire ça ! Grand-père se fait vieux, tu sais, et il ne sait plus trop ce qu'il dit. Des bêtises, tout ça !"


Chine, début du XXème siècle.
Emeraude a été élevée par son grand-père batelier, et un lien indéfectible unis ces deux-là. Chaque jour, ils font traverser la rivière aux passants, secondés par leur fidèle chien jaune. Les jours s'écoulent paisiblement. Et puis, lors de la fête annuelle du double cinq, Emeraude est remarquée par deux jeunes hommes. Tous deux sont issus d'une famille aisée, ils vont s'éprendre d'elle au point de vouloir l'épouser, ce qui pourrait augurer du meilleur. Seulement, tous deux sont frères…

Il suffit de savoir cela pour se douter, sans en être tout à fait certain pour autant, que tous les éléments de la tragédie sont réunis. Il serait pourtant vain de chercher dans ce roman de grandes envolées lyriques ou des colères homériques ; Shen Congwen nous narre le déroulement des évènements avec une apparente nonchalance, une sérénité et une acceptation toute orientale de l'inéluctabilité des choses…

D'emblée, l'auteur nous transporte dans sa province natale, le Xiangzi. Il n'a de cesse de vanter la beauté de ses paysages, la droiture de ses habitants, et de partager avec le lecteur ses coutumes ancestrales. Entre autres, celle des chants d'amour, qui, de collines en collines, de silences en réponses émues, célébraient la beauté des idylles naissantes…
Shen Congewen entremêle les éléments du conte et de la réalité et se fait l'observateur compatissant des tourments humains avec une tendresse jamais démentie, un fatalisme serein et une invitation implicite à célébrer les beautés de la vie. Le style, exempt de fioritures, peut parfois sembler quelque peu naïf dans sa simplicité. Il possède pourtant un charme discret et insidieux qui pourrait bien vous amener, qui sait, à aller méditer sur la colline, en espérant secrètement que s'élèvera soudain le suave chant d'amour d'un(e) prétendant(e) éperdu(e)…

Un grand merci au généreux donateur, qui se reconnaîtra !



mots-clés : #famille #traditions
par Armor
le Lun 6 Fév - 23:28
 
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Sujet: SHEN Congwen
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Paul Auster

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 10 97827421


Sunset Park 2011

Voici la critique du journal le Monde....je ne saurais faire mieux !

"Avec toujours cette virtuosité dans l'art de captiver le lecteur par des récits gigognes et une prose soyeuse, Sunset Park effectue un tournant vers ce qu'on pourrait appeler le réalisme de conviction. Et c'est bien, sentons-nous, une forte émotion qui l'y a incité : la colère. Une certaine sorte de colère, blanche, retenue, désespérée.

"Depuis un an, maintenant, il prend des photos d'objets abandonnés." Première phrase du livre.

Nous apprenons vite que nous sommes à la fin de la première décennie du XXIe siècle, en pleine crise économique, dans des quartiers paupérisés et que ces objets épars ont été laissés là par les expulsés. Les banques avaient prêté à des taux élevés de quoi acheter des maisons. Maintenant, les impayés s'accumulant, elles les saisissent pour revendre.

On dirait qu'un ouragan est passé par là : la bulle immobilière a éclaté, la finance toxique s'est répandue partout. Surgissent dans notre propre mémoire visuelle les photos sinistres qu'a prises Robert Polidori dans le 9th Ward de La Nouvelle-Orléans après l'ouragan Katrina.

Là où nous sommes, en Floride, un jeune homme débarrasse en équipe les maisons souillées, dévastées. Ce n'est pas une catastrophe naturelle, mais une guerre où un capitalisme financier devenu fou de cupidité et de cruauté a gagné contre les pauvres.

Le jeune homme qui photographie n'est ni révolté ni résigné ; il voudrait juste que ces témoignages muets d'une défaite restent en mémoire. Ce garçon, Miles Heller, 28 ans, a connu, douze années auparavant, la dévastation psychologique et morale : sur une route de montagne, se querellant avec son demi-frère aîné, il l'a poussé, une voiture l'a renversé, tué sur le coup ; il ne sait pas s'il est responsable ou non de cette mort ; en tout cas il ne se la pardonnera jamais. Il s'est exilé de sa propre vie, survivant au jour le jour. Le roman raconte son lent retour, à l'amour aussi, et une nouvelle catastrophe, peut-être le signe avant-coureur d'un fascisme à l'américaine, ultralibéral.

A la fin, d'autres images surgissent pour nous, cinématographiques, celles, par exemple, du documentaire de fiction Cleveland contre Wall Street, de Jean-Stéphane Bron (2010), où des policiers armés pénètrent brutalement dans des maisons pauvres pour en expulser les habitants en saccageant tout.

Entre ce début et cette fin, nous aurons suivi avec empathie cinq personnages liés à la vie de Miles Heller, chaque partie du roman épousant le point de vue et le langage de celui qui en est le centre, ce qui constitue une très belle réussite littéraire.

Inoubliables, resteront ces visages et ces corps pour qui Paul Auster, le conteur, éprouve de l'amitié, et puis cette sourde colère contre l'Amérique crépusculaire qui aujourd'hui les écarte ou les piétine."




Un excellent roman.....quelque peu désespérant malgré tout mais si bien écrit et bien que tout converge vers une fin prévisible, on  ressort de cette lecture abasourdi devant tant de talent....en tout cas, c'est mon cas.

Je ne résiste pas au plaisir de citer quelques passages....notamment concernant un des personnages du livre, Bing Nathan :

" C'est le chevalier de l'indignation, le champion du mécontentement, le pourfendeur militant de la vie contemporaine, et il rêve de forger une réalité nouvelle sur un monde qui a échoué. Contrairement à la plupart des dissidents de son espèce, il ne croit pas à l'action politique. Il n'adhère à aucun mouvement, à aucun parti, il n'a jamais pris la parole en public et n'a aucun désir de conduire dans les rues des hordes en colère qui mettront le feu à des bâtiments et renverseront des gouvernements. Sa position est purement personnelle, mais s'il mène sa vie selon le principe qu'il s'est fixé, il est certain que d'autres suivront son exemple."

-------------------

Le tangible. C'est le terme qu'il utilise le plus souvent quand il discute de ses idées avec des amis; Le monde est tangible dit-il. Les êtres humains sont tangibles. Ils sont dotés de corps et parce que ces corps ressentent de la douleur, souffrent de maladies et subissent la mort, la vie humaine n'a pas changé d'un iota depuis le début de l'humanité..........................

mais même si l'homme a changé le monde qui l'entoure, l'homme lui-même na pas changé. Les réalités de la vie restent constantes.Tu vis, Tu meurs. Tu nais d'un corps d'une femme et, si tu réussis à survivre à ta naissance, ta mère doit te nourrir et s'occuper de toi pour s'assurer que tu continues à survivre ; et tout ce qui t'arrive depuis ta naissance jusqu'à l'instant de ta mort, chaque émotion qui surgit en toi, chaque bouffée de colère, chaque montée de désir, chaque crise de larmes, chaque éclat de rire, tout ce que tu éprouveras un jour au cours de ta vie a été également ressenti par tous ceux qui sont venus avant toi, que tu sois un homme des cavernes ou un astronaute, que tu vives dans le désert de Gobi où à l'intérieur du cercle arctique.



mots-clés : #famille
par simla
le Dim 5 Fév - 0:59
 
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Sujet: Paul Auster
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Jon Kalman Stefansson

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 10 51vwpz10

D'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds  


c'est d'ailleurs pour cela qu'ils ne marchent pas sur l'eau....dit ce poète de Jon Kalman Stefansson

J'ai adoré ce roman, comme ses précédents  I love you

L'histoire de l'Islande vue à travers les destinées de trois générations d'islandais, un poète, des pêcheurs, une région, une ville Keflavik, l'implantation d'une base américaine qui influence toute une génération, et ensuite l'instauration des quotas de pêche qui mène cette ville à "une non existence" :


"Keflavik a trois points cardinaux : le vent, la mer, l'éternité"

Ari, revient au pays, après un long séjour a Copenhague où il travaillait dans une maison d'édition, il a quitté d'une façon abrupte sa femme, ses filles, son père, avec lequel il n'a quasiment pas ou peu de relations, lui fait parvenir un colis de souvenirs et tous ceux-ci remontent à la surface, sa mère décédée, la mémoire des grands-parents, leur vie de pêcheurs..



Les femmes sont omniprésentes, une justesse d'analyse dans leurs personnalités, leur place dans la société bien définie, le pouvoir des hommes les maintenant toujours à une place pas toujours bien vécue ni choisie...je dirais que Stefansson est un féministe convaincu  Wink

"Il ne savait pas que cette femme aussi belle que la lune, aussi mystérieuse que la nuit du mois d'août,n'avait supporté ni le poids des responsabilités, ni la fatigue éreintante, il ne savait pas que les deux conjugués avaient fini par engendrer ce démon qui venait l'assaillir dans son sommeil, l'accueillait à son réveil, elle avait ployé, puis s'était effondrée et enfuie par cet escalier menant au sous-sol de la maison du quartier de Vesturbaer à Reykjavik, elle avait fui sa petite fille de trois mois qui pleurait et hurlait dans son berceau, fui sa fille ainée, la mère d'Ari alors âgée de dix-huit mois, qui toussait et se mouchait sans relâche, refusait de s'alimenter, avait arraché la cuiller des mains de sa mère en trépignant, toutes trois hurlaient et pleuraient, la plus petite à cause de la fatigue et du mal de ventre, la plus grande parce qu'elle était souffrante et que la réaction de sa mère l'avait effrayée, quant à la grand-mère que j'ai en commun avec Ari, elle s'était mise à hurler parce que cette chose qui aurait du être la plus belle du monde, le but de la vie elle-même, la source de la beauté et de l'innocence avait transformé son existence en véritable enfer.
La vie n'avait rien à voir avec tout ça, ces difficultés financières, cette constante fatigue, ce manque de sommeil et son mari en haute mer qui ne comprenait rien, ne remarquait rien, c'en était fini de l'aventure....."

--------------------

"Les plus vieux écrits de ce monde, ceux qui sont si anciens qu'ils ne sauraient mentir, affirment que le destin habite les aurores et qu'il convient donc de s'armer de précautions au réveil : caresser une chevelure, trouver les mots qu'il faut, prendre le parti de la vie....

Il est vrai qu'à l'aube nous ressemblons parfois à une plaie ouverte.Nous sommes fragiles et désarmés et tout tient au premier mot prononcé, au premier soupir, à la manière dont tu me regardes quand tu t'éveilles, dont tu me considères au moment où j'ouvre les yeux pour m'arracher au sommeil, cet univers étrange où nous ne sommes pas toujours nous-mêmes, où nous trahissons ceux que nous ne pourrions imaginer trahir, où nous accomplissons d' héroïques prouesses, cet univers où nous volons, où les défunts revivent et où les vivants périssent. On dirait parfois que nous entrevoyons l'autre versant du monde, qu'il se livre à nous dans une autre version, comme s'il entendait par là nous rappeler que nous ne sommes pas forcément celui ou celle que nous devrions être, que la vie a mille facettes et qu'il n'est - hélas et Dieu merci- jamais trop tard pour s'engager sur une voie nouvelle, un chemin imprévu. Puis nous nous réveillons, si fragiles, désarmés et à fleur de peau, que tout est suspendu à nos premiers soupirs.Le jour tout entier, la vie tout entière peut-être. Alors regarde-moi avec délicatesse, dis quelque chose de beau, caresse-moi les cheveux car la vie n'est pas toujours juste, elle n'est pas tous les jours facile et nous avons si souvent besoin d'aide, viens et apporte-moi tes mots, tes bras, ta présence, sans toi je suis perdu, sans toi je me brise au creux du temps. Sois auprès de moi à mon réveil."

------------

L'amour, déclare-t-il, est une Voie lactée rayonnante et indestructible ! Et le plus douloureux dans la vie est sans doute de n'avoir pas assez aimé, je ne suis pas certain que celui qui s'en rend coupable puisse se le pardonner."

Du pur Stefansson, un des seuls auteurs qui me donne la chair de poule en le lisant, quelle joie de savoir qu'il existe  Very Happy

(commentaire récupéré)


mots-clés : #conditionfeminine #historique #famille
par simla
le Ven 3 Fév - 0:48
 
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Sujet: Jon Kalman Stefansson
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Zidrou

L'adoption
Dessins et couleusr : Arno Monin

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La petite Qinaya, 4 ans, est adoptée par un couple français, après que ses parents soient décédés dans un séisme au Pérou. Elle est absolument adorable, s'adapte vite, tout le monde est totalement gâteux devant elle et jusqu'à Gabriel, le grand-père ronchon, qui est  séduit par cette enfant.

Cela pourrait donner quelque chose de totalement mièvre et plein de bons sentiments, mais il y a là une tendresse, un humour, une justesse dans l'observation qui réjouissent tout au long de la lecture. Chacun en prend pour son grade, les jeunes comme les vieux, il y a des petites réflexions plaisantes et des situations comiques. Les expressions des corps et des visages sont à se tordre de rire.

Juste jusqu'à cette notation, du  vieux copain, le "philosophe" de la bande :
Parfois je me demande… Tout cet amour qu'on n'a pas donné… Qu'est-ce qu'il devient ? Je veux dire… Personne n'a jamais pensé à installer des conteneurs pour le recycler ? Vous savez ? Comme pour les  piles ou les vieux papiers…


On se régale de douceur et de tendresse, mais Zidrou  est un malin cruel, il nous laisse sur un suspense insoutenable en attendant le 2e tome " à paraître" Tag famille sur Des Choses à lire - Page 10 486671555

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mots-clés : #bd #famille
par topocl
le Mer 1 Fév - 18:49
 
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Sujet: Zidrou
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Mira Jacob

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 10 97823312

L'homme qui parlait à la nuit

Un soir, Amina, jeune américaine d’origine indienne, reçoit un curieux appel de sa mère. Son père, éminent neurochirurgien, passe ses soirées à discourir avec les morts. Il « voit » littéralement ses proches décédés, et passe de longs moments en conversation avec eux. L’instant est grave, Amina décide de rentrer au bercail.

Le roman de Mira Jacob se partage entre le présent et le passé, faisant la part belle à de long flash-back qui reconstruisent patiemment l’histoire de la famille Eapen. A l’origine de tout, il y a ce moment poignant et irréversible, cette visite dans la famille paternelle. L’impossibilité du père d’Amina à endosser le rôle d’aîné traditionnellement dévolu par la société indienne. Tous les non-dits et rancœurs qui d’un coup explosent. La rupture familiale qui s’ensuit, définitive cette fois. Et le retour en Amérique, avec une déchirure au cœur qui s’étend au couple parental…

Amina et son frère aîné Akhil grandissent donc dans une famille où l’amour ne sait se dire ni se montrer, avec un père absent et une mère réfugiée dans sa cuisine.
Une vie non dénuée de joie toutefois, ne serait-ce parce que la famille perdue a été remplacée par une autre, réunion d'immigrants venus de l'Inde du sud qui reconstituent par l’amitié ces grandes familles indiennes aux liens inextricables, le malayalam se mêlant à l'anglais dans les discussions dominicales.
Tandis que les parents restent fidèles à leurs racines, les enfants s'émancipent, font leur crise d'adolescence, et s'ouvrent aux moeurs américaines.

Puis il y a le drame. La mort d’Akhil, à 18 ans. Cette mort hante tout le livre, laissant les vivants à vif, tout aussi désemparés 10 ans après. Ne croyez pas la quatrième de couverture, la conversation avec les fantômes n’est en rien le cœur du livre. Le véritable sujet de Mira Jacob est bel et bien le deuil, la difficile construction d’une adolescente privée de son frère, l’atroce souffrance des parents qui doivent néanmoins demeurer debout pour celle qui reste.

« Mais ce qu’Amina savait, ce dont elle était soudain tout à fait sûre, (…) c’était que ses parent auraient besoin désormais qu’elle existe plus qu’elle n’avait jamais existé et que, en même temps que grandirait ce besoin, grandirait aussi son incapacité à le satisfaire. »

Une fois de retour à la maison, Amina devra faire avec cette absence. Mener sa vie, et accepter que d'autres soient à jamais éteintes. Faire face à la pathologie de son père, et au choix crucial qui s'ensuit...
Mira Jacob a mis beaucoup d’elle-même et de son histoire dans ce roman, ainsi que j’ai pu le découvrir ici : clic. Est-ce pour cet accent de sincérité que j’ai lu les cent cinquante dernières pages la gorge nouée ? L’auteur évite avec brio l’écueil du pathos, elle sait à merveille retranscrire les liens qui unissent deux êtres au-delà de toutes les dissensions, l’amour qui se tait mais qui est pourtant bel et bien présent, la famille qui se resserre quand les mots sont devenus superflus…

Je ne saurais dire si j’ai aimé ce livre. Ce n’est pas le qualificatif que j'emploierais. Après un début prometteur, je n'ai pas spécialement accroché aux premières pages sur la vie de jeune femme d'Amina. Puis sont venus les flash-backs, et ces liens familiaux aussi complexes que mystérieux que l'auteur dessine sans jamais chercher à les expliciter tout à fait. Et je me suis prise à dévorer les pages… avant d'être cueillie par l’émotion, alors que je ne m’y attendais pas.
Aimé ? Mon rapport à ce roman est plus complexe que cela. Tout ce que je sais, c'est que cela fait des semaines qu’il me reste en tête et que je cherche à en parler sans vraiment trouver les mots... Tiens, j'ai d’ailleurs oublié de vous dire que l'auteur a parfois un vrai sens de l'humour et de l'absurde...

(Ancien commentaire remanié)


mots-clés : #identite #immigration  #pathologie #famille #mort
par Armor
le Sam 28 Jan - 15:56
 
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Sujet: Mira Jacob
Réponses: 1
Vues: 428

Valentine Goby

Un paquebot dans les arbres

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 10 Image334

C'est l'histoire d'une jeune fille qui s'appelle Mathilde

Valentine Goby a écrit:Prénom d'origine germanique composée de mots mat - puissance - et  hild - combat. Les Mathilde font preuve d'un courage inlassable et d'un optimisme exceptionnel. Elles privilégient la sécurité affective à la sécurité matérielle.


C'est le rôle que lui défonce confie sa mère, en tout cas, à ce garçon manqué invétéré des Trentes Glorieuses , avide de bouger, quêtant l'amour d'un  père fort et joyeux. Mais voilà, un jour le mot fatal est prononcé : Tuberculose, le père, puis la mère. Et avec cela, tout ce qui traîne derrière, pas de Sécurité Sociale, l'abandon du commerce et de l'harmonica :la misère, les autres qui ont peur des bacilles:  la solitude, le sanatorium: l'exil. Le sanatorium, ce grand paquebot perdu dans les arbres, lieu des luttes et des retrouvailles hebdomadaires, ce monde à part voguant, entre espoir et mort,  loin de la vraie vie.

Alors  Mathilde décide de continuer à vivre, danser et aimer à tout prix son père malgré ce qu'il devient : rogue, défaitiste, hargneux. Elle les aime tous, sa mère, son père ses frère et sœur, elle les soutient,  les nourrit, les héberge, les encourage, leur écrit, les porte à bout de bras, foin de la fatigue, de la misère et de la désolation. C'est le centre, la force,  leur mère à tous. Elle envoie promener les services sociaux, se décide une indépendance sans jamais  abandonner les siens, s'ouvre au monde, et à cette Algérie, qui elle aussi se bat à toute force pour une indépendance.

C'est une jeune fille complètement déterminée, complètement attachante et battante, prête à tout pour cette famille défaillante, et qui va se sauver et se construire à travers elle, dont Valentine Goby nous trace un portrait tout mêlé de vigueur, d'admiration et de compassion, dans un territoire provincial. La petite vie de petites gens faite  de grands bonheurs - les ricochets dans la Seine, les genoux écorchée, les bals - et tout cela perdu face à la maladie, la lutte quotidienne, l’adversité qui n'arrête pas. Mais l'amour du couple et l'amour filial  impulsent une vitalité-phénix qui est le ressort de ce livre à la force saisissante, récit haletant et poétique à la fois, précis et tendre, dénué de toute mièvrerie.


mots-clés : #famille
par topocl
le Lun 23 Jan - 20:38
 
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Sujet: Valentine Goby
Réponses: 17
Vues: 753

Alessandro Baricco

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 10 Produc10

La Jeune Epouse

Une jeune femme s'immisce dans la vie d'une famille aisée d'Italie du Nord au début du XXème siècle, en provenance d'Argentine, afin de réaliser un mariage précédemment arrangé. En raison de l'absence mystérieuse de son futur époux, elle se plie aux habitudes d'un monde replié sur lui-même, étrange et figé. Elle devient "La Jeune Epouse" face aux autres protagonistes aux rôles bien établis: "Le Père", "La Mère", "La Fille"...

Le basculement du récit vers une initiation sexuelle ne peut que faire penser au cadre de Théorème de Pasolini. Mais Baricco cherche aussi à échapper à toute référence et le contexte presque théâtral de l'action apparait lointain et presque insaisissable. J'ai cependant trouvé que l'écriture échoue à surprendre, malgré des recherches stylistiques dont la multiplicité des narrateurs et des allers-retours temporels. Et le dernier tiers ne parvient pas à captiver dans sa tentative de percer un univers énigmatique, au bord d'un précipice.
mots-clés : #conditionfeminine #famille #sexualité
par Avadoro
le Dim 22 Jan - 15:54
 
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Sujet: Alessandro Baricco
Réponses: 56
Vues: 2957

Khatarina Hagena

Le goût des pépins de pomme

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 10 Tylych41

A la mort de Bertha, ses trois filles, Inga, Harriet et Christa, et sa petite-fille, Iris, la narratrice, se retrouvent dans leur maison de famille, à Bootshaven, dans le nord de l'Allemagne, pour la lecture du testament. A sa grande surprise, Iris hérite de la maison et doit décider en quelques jours de ce qu'elle va en faire. Bibliothécaire à Fribourg, elle n'envisage pas, dans un premier temps, de la conserver. Mais, à mesure qu'elle redécouvre chaque pièce, chaque parcelle du merveilleux jardin qui l'entoure, ses souvenirs se réveillent, reconstituant l'histoire émouvante, parfois rocambolesque, mais essentiellement tragique, de trois générations de femmes


Katharina Hagena dans ce premier roman puise dans le souvenir d'une saga familiale , les réminiscences de l'enfance , des saveurs et drames qui ont fragilisé beaucoup de familles allemandes.
J'ai aimé cette nostalgie imprégnée de douceur , l'évocation des goûts d'autrefois qui ne nous quittent jamais , cette nécessité de garder en soi les parfums qui nous berceront toute une vie.
Un joli portrait générationnel de femmes que l'on découvre au détour d'un couloir , dans un jardin en croquant une pomme , dans la cuisine en dégustant de la marmelade.
En fouillant la vieille malle des vies disloquées en ressortent nos racines et l'on demeure alors dans la résidence de notre histoire que seule la douceur de la mélancolie habite.
Un joli roman , tendre et touchant qui emprisonne nos souvenirs pour ne pas qu'ils s'évanouissent et se perdent dans l'oubli.

Extraits:

[...] Anna aimait les boscops, Bertha les cox orange. En automne les chevelures des deux sœurs exhalaient un parfum de pommes, leurs vêtements et leurs mains également. Elles faisaient de la purée de pomme et du jus de pomme et de la gelée de pomme à la cannelle, et la plupart du temps, elles avaient des pommes dans les poches du tablier et une pomme entamée à la main. Bertha commençait par croquer rapidement un large anneau autour du ventre de la pomme, puis elle grignotait prudemment le bas autour de la fleur, ensuite le haut entourant le pédoncule, quant au cœur, elle le jetait au loin par-dessus son épaule. Anna mangeait lentement et consciencieusement, de bas en haut - tout. Les pépins, elle les mâchonnait durant des heures. Lorsque Bertha lui disait que les pépins étaient empoisonnés, Anna répliquait qu'ils avaient un goût de massepain. [...]


A partir d’une certaine quantité de souvenirs, chacun devait finir par en être saturé. L’oubli n’était donc lui-même qu’une forme de souvenir. si l’on n’oubliait rien, on ne pourrait pas non plus se souvenir de quoi que ce soit. Les souvenirs sont des îles qui flottent dans l’océan de l’oubli. Il y a dans cet océan des courants, des remous, des profondeurs insondables. Il en émerge parfois des bancs de sable qui s’agrègent autour des îles, parfois quelque chose disparaît. Le cerveau a ses marées. Chez Bertha, les îles avaient été submergées par un raz-de –marée. Sa vie gisait-elle au fond de l’océan ?



mots-clés : #famille
par Ouliposuccion
le Sam 21 Jan - 15:47
 
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Sujet: Khatarina Hagena
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Olivier Bourdeaut

En attendant Bojangles

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Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur "Mr. Bojangles" de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.
Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mademoiselle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.
Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.
L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.


Tout d'abord pour accompagner votre lecture , musique ! Je n'y résiste pas. Bienvenus dans le monde de Bojangles , mon coup de cœur fatal.



A la une , à la deux , à la trois , je me lance et évoque cet ovni complètement givré , brillant , qui déborde d'une énergie positive en mettant en fuite toute retenue que je pourrais avoir en ouvrant un livre dont on parle tant et qui rafle tellement de prix.

"Ceci est mon histoire vraie, avec des mensonges à l’endroit, à l’envers, parce que la vie c’est souvent comme ça."


Je fuis dans ce monde sous fond de Mr Bojangles , dans cet appartement où ces murs si singuliers abritent des êtres qui réinventent la vie par amour , qui défient l'inéluctable pour savourer encore et encore cette fusion si parfaite. J'ai ri , je n'ai pas lu un humour aussi décalé depuis longtemps , ni n'ai été aussi bousculée par des personnages aussi fascinants que beaux. Je me suis lovée dans cette poésie et me suis laissée embarquer telle une petite bulle de champagne au gré des secousses , complètement immergée et ivre de ces lignes pétillantes où l' effervescence de ces êtres font de nos existences une danse de salon des plus folles et des plus touchantes.Les jours passent, sans pareille la folie s'installe sans que la dévotion ne détale parce que rien ne sera gâché , tout , nous serons toujours enlacés.
Olivier Bourdeaut n'osait pas écrire parce qu'il se sentait tout petit devant sa bibliothèque , aujourd'hui il fait partie de la mienne et s'il n'avait pas sauté le pas , il aurait fallu l'inventer parce qu'il ne ressemble à personne.
Je n'écouterai plus jamais ce morceau de la même façon , je n'oublierai pas cette émotion qui m'a envahie et m'a fait osciller entre rire et déchirement , ni cette leçon de vie et ces personnages auxquels je me suis tant attachée.
Ce n'est qu'un premier livre et j'ai l'espoir qu'un suivant viendra m'enivrer une seconde fois.
A quand , Olivier Bourdeaut ?

Une merveille.
mots-clés : #famille #pathologie
par Ouliposuccion
le Ven 20 Jan - 17:41
 
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Sujet: Olivier Bourdeaut
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Chaïm Potok

J'ai lu aussi bien L'élu que La promesse, et j'ai beaucoup aimé. On peut choisir de voir les «murs infranchissables». Cette réalité est transposable à beaucoup de couches des réalités sociales... Pensons à nos «classes» encore existantes avec leurs clivages, ou les débats politiques, même à l'intérieur d'une partie. Nous attendrions à juste titre autre chose des formes de la foi. Mais néanmoins c'est à mettre en balance avec le fait qu'il y a du bon, du mauvais là comme ailleurs. Donc aussi des tensions, des désirs de vérité etc...Néanmoins se dessinent dans L'Elu déjà une proposition de surmonter les clivages qui est plus qu'intéressante. Dans la figure des deux garçons qui deviennent amis, nous découvrons que le respect et l'amitié à la base, on arrivera à communique un peu mieux. De là je ne voudrais pas parler d'infranchissables. La promesse reprend les deux personnages du premier livre:

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 10 41np5j10

La promesse

Original : The promise (Anglais, 1969)
Traduction : Nicole Tisserand

CONTENU :

Reuven/Ruben Malter vit à Brooklyn et fait des études en vue de devenir Rabbin. Au début de l'histoire nous le trouvons proche, voir amoureux, de Rachel. Il est en conflit avec les interprétations strictes surtout d'un professeur, et se demande jusqu'à quel point il faut rester soi-même et fidèle à ses vérités, ou s'il faut se retenir pour pouvoir terminer les études. Son vieil ami Danny Saunders a abandonné la vie prévue dans la tradition familiale hassidique et étudie avec beaucoup de succès la psychologie. Chacun, à sa façon, va entrer en contact avec le jeune malheureux et déboussolé cousin de Rachel, Michael. Reuven le prend pour un tour en bateau, le fait parler un peu pour la première fois. Il l'introduira chez Danny pour que celui puisse l'aider après quelques thérapies échouées.

(Source : Amazon.com : ma traduction et raccourcissement)

STRUCTURE :

Une introduction et un épilogue cadrent trois « livres » avec 4,8 et puis encore une fois 4 chapitres. En eux on trouver parfois des paragraphes structurantes.

REMARQUES :

A nouveau on rencontre alors Reuven Malters et Danny Saunders dont on a fait connaissance dans le livre L'élu (The chosen). Maintenant, quelques années ont passé et nous nous retrouvons à peu près vers l'an 1950 : l'arrivée des réfugiés juifs, survivants de la Shoah, l'ère de McCarthy et le conflit naissant en Corée sont discrètement dans l'arrière-fond historique. Tout d'abord on trouve le narrateur Reuven en contact avec Rachel et son cousin Michael. Dans une situation remarquablement racontée, lors d'un jeu de fortune au cours d'une foire, la tension monte et on trouve le jeune cousin perdant le contrôle de soi-même. Reuven va s'occuper dans la suite un peu de lui, il arrivera à le faire parler un peu. Puis, pour une aide plus professionnelle, il va mettre la famille en lien avec Danny, son ami, en train de devenir un psychologue remarquable. L'un et l'autre seront (ré-)unis dans le souci pour le garçon.

Dans l'autre grande partie du roman, Reuven est au milieu des études talmudiques poussées pour se préparer à l'ordination comme Rabbin. Venant avec son père adorable d'un milieu ouvert, l'affrontation avec un professeur très stricte devient un vrai défi. Celui-ci, Rabbi Kalmann, venu de l'Europe comme survivant de la Shoah pousse Reuven vers des questions : Est-ce qu'il faut se taire en vue d'obtenir un résultat nécessaire finale ? Est-ce qu'il y a de la place pour des nouvelles approches dans l'interprétation des écritures saintes ?

À nouveau, ce roman joue aussi quasi uniquement à l'intérieur d'un milieu juif. Cela influence tout le contenu et peut pourrait paraître réducteur ou petit. Mais qui sait transposer des exemples ne retrouvera pas ici seulement des informations intéressantes, voire passionnantes sur le judaïsme et ses divers courants, mais au-delà trouvera des problèmes fondamentaux à tellement de groupes, voir religions, différents : Quelle énergie est gaspillée si souvent dans des combats de tranchées ! Quand est-ce que la fidélité à une parole (une loi) devient infidélité à un esprit ? Où le respect de la tradition, d'une règle devient rétrécissant, exagéré ? Quand est-ce qu'une Loi (ici la Torah et son interprétation) mène vers des situations absurdes, vers une réligiosité qui détruit ? Et d'autre part : quand est-ce qu'une critique, une mise en question des fondements, même justifiées, mènent vers le non-sens et le grand vide, où rien ne reste ? Comment dois-je faire des choix, prendre une décision ?

Très finement Potok écrit des relations entre parents et enfants, spécialement père et fils. Dans ces relations nous vivons dans l'attirance, le respect, l'amour ET le refus, voir la haine. À nouveau, il s'agit d'un livre admirable. Pour celui qui avait aimé L'élu, ce livre devrait plaire aussi. Pour moi, c'est un univers fascinant. Certaines choses semblent si lointaines, mais c'est au lecteur, de faire connaissance de ce monde et de transposer éventuellement certaines réalités dans sa façon de voir. Quelques scènes me semblent de signification profondément universelle !J'ai lu en langue originale anglaise, donc je ne peux pas me prononcer sur la traduction française…


mots-clés : #religion #famille #communautejuive
par tom léo
le Sam 14 Jan - 22:55
 
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Sujet: Chaïm Potok
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Karsten Lund

Le Marin Américain

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Le livre raconte l’histoire d’une famille de marins pêcheurs danois à travers le vingtième siècle sur 4 générations ; c’est l’un des aspects intéressants de ce livre, de nous montrer l’évolution des mentalités, les progrès des techniques de pêche, et l’ouverture de ces gens simples aux progrès du quotidien et de la pêche, qui va leur permettre de monter dans l’échelle sociale. Tout se déroule sous l’emprise de Dieu et des phares qui émaillent la côte.
En outre, cette famille a une histoire bien particulière, un secret de famille quant à son origine qui fait l’originalité du livre.

Au tout début du vingtième siècle, Ane et Jens Peter forment un couple modeste mais uni. Leur désespoir vient que leur union ne donne pas ses fruits à travers la naissance d’un enfant

« Il ne manquait qu’un petit détail.
Ane souhaitait passionnément un enfant. Jens Peter et Ane étaient mariés depuis quatre ans et, soir après soir, la question chantait dans le vent de la mer : qui s’occupera des poules, qui nettoiera les filets ? Qui portera le nom ? Qui veillera sur Jens Peter et Ane quand ils seront vieux ? »


Ane est prête à tout pour être enceinte et ce tout arrive à l’occasion d’un naufrage , sous la forme d’un jeune et beau marin américain , qu’elle héberge chez elle pour deux nuits. Neuf mois plus tard, naît un enfant bruns parmi les blonds danois. Personne ne doute de son origine, encore moins Jens Peter. Comme pour Joseph il y a deux mille ans, son acceptation bonhomme de la situation n ‘en fit pas le personnage le plus brillant du récit, mais le situe bien comme élément fondateur de la dynastie.

Relancée dans la vie par ce grand bonheur, Ane, une femme dynamique jusqu’à en être parfois brutale, va se lancer et prospérer dans une fabrique d’aliments cuisinés à base de poisson, qui prospérera jusqu’à employer une quarantaine de personnes. Mais au delà de ce succès, c’est une femme tourmentée, qui n’arrive pas à oublier son marin américain et les remords que cette situation implique.
Le garçon, Tonny, révèle vite que ses cheveux noirs ne sont pas son seul point de différence. Il est particulièrement brillant, ressent la mer, ses beautés et ses pièges intimement, (finalement d’une certaine façon il en vient), connaît les poisons comme s’ils lui parlaient. Mais on sent bien en lui aussi une fêlure, jamais il ne sera comme les autres ; il pressent puis apprend peu à peu ce « secret » qui entoure sa naissance. Il le cache derrière une attitude insolente et bagarreuse qui ne lui fait pas que des amis. Sa connaissance de la mer et son dynamisme désespéré vont en faire un pêcheur hors pair, qui saura partir en Angleterre au bon moment, et va ainsi sortir de la pauvreté (c’est lui qui achètera la huitième voiture de la ville !). Voici son retour au foyer avec ses compagnons :

« Ils descendirent à terre par une claire journée d’octobre, les yeux luisants, vêtus de costumes anglais taillés sur mesure, avec des sacs marins noir laqués à la main, des casquettes anglaises sur la tête, et chacun un cigare allumé aux lèvres »


Tout au fil du récit l’histoire du marin américain est présente et finalement connue de tous. Mais on sent bien qu’on ne sait pas tout, des racontars se font qu’on ne comprend pas parfaitement et dans le récit certains points restent obscures, traités de façon allusive, certains détails paraissent inexpliqués, et tout s’éclaire peu à peu dans le dernier tiers du livre.

L’histoire est raconté par l’arrière-petit-fils de Ane et Jens Peter, qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Tonny et donc au marin américain, qui apprend l’histoire de ses origines en grandissant dans cette famille très chaleureuse. Mais il sent comme nous que quelque chose ne va pas dans le récit, il installe peu à peu une distance, il ne peut plus supporter de vivre en quelque sorte étranger dans cette famille, qu’il fuit pendant des années. Ce n’est qu’à l’âge adulte, ayant réussi à sa façon dans son travail d e chercheur biologiste, mais échoué dans sa vie personnelle qu’il décide de renouer avec ses racines et d’élucider pour nous le mystère.

Karsten Lund nous offre une histoire qui s’inscrit dans le siècle, des personnages battus pat la tempête comme l’est leur rive danoise, des notations justes sur la vie des marins pêcheurs, un vrai retour aux racines, des paysages splendides.
Une excellente lecture.

(commentaire récupéré)


mots-clés : #famille
par topocl
le Mar 10 Jan - 16:28
 
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Sujet: Karsten Lund
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Ahmed Kalouaz

Avec tes mains

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C'est décidément une belle découverte que cet écrivain qui, avant d'écrire sur sa mère, avait écrit sur son père. Comme dans Une étoile aux cheveux noirs, rien de bien original, mais, sur quelques trames de base, combien de vies sont-elles réellement originales?

C'est donc l'histoire de son père, orphelin miséreux élevé par personne (son père est mort à la guerre de 14), soldat de la guerre de 40, émigré en France pour les travaux les plus pénibles, où il est rejoint par sa famille, étranger aux mots, étranger à la langue, étranger au pays qui l'héberge, étranger à ses enfants. Un homme dont on peut dire qu'il avait tiré la mauvaise carte, qu'il était mené par son destin, et qui a, au moins, fait trois choix dans sa vie: partir, vivre cependant avec sa famille, et retourner se faire enterrer au pays.

Au-delà du récit d'une existence, dont le premier mérite est de ne pas être du tout hagiographique, c'est aussi une réflexion sur l'exil, sur la barrière qui se dresse forcément avec la génération suivante, dans une langue sobre et belle, alliant le respect de la sincérité .

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mots-clés : #famille #immigration
par topocl
le Lun 9 Jan - 10:24
 
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Sujet: Ahmed Kalouaz
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Ahmed Kalouaz

Une étoile aux cheveux noirs

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La mère d'Ahmed Kalouaz a 84 ans, vit seule en Isère, perd un peu la mémoire et doit déménager du fait d'une mesure d'expulsion. Ahmed Kalouaz décide de lui rendre ce qui sera peut-être une dernière visite, et pour cela, il choisit de traverser la France à mobylette, la vieille mobylette que son père avait achetée il y a 40 ans pour aller travailler. Ce choix, même s'il est convaincu de sa nécessité, il ne l'explique guère. Nous suivons son parcours  par petites touches discrètes, quelques lieux, quelques rencontres.

Au fil des heures de route, il nous raconte sa mère, mère illettrée d'un fils écrivain, mère religieuse d'un fils athée, mère exilée d'un fils ancré en France, mais mère aimée malgré (à cause de?) tout cela. Au fil du voyage, l'auteur enchaîne les  vignettes aléatoires, sans lien chronologique, sur l'enfance algérienne miséreuse, le mariage non choisi, les deux enfants morts décidant de l'exil en France pour nourrir sa descendance (quatorze enfants soigneusement élevés et préservés, puis partis un à un ), les taudis, le rejet. La fatigue au quotidien mêlée aux petites joies communes , les retours réguliers au pays…Et cet arrachement final de l’expulsion.

Rien de bien original si l'on prend  une à une chacune de ces anecdotes de vie, mais leur somme constitue un ensemble cohérent et tendre, pudique, qui est tout à la fois l'histoire commune de tous les migrants,et l'histoire unique d'une mère aimée. Ahmed Kalouaz rejette tout pathos, mais il ressort, une fois refermé ce petit livre, comme une émotion à la fois forte et douce.

(commentaire récupéré)


mots-clés : #famille
par topocl
le Lun 9 Jan - 10:23
 
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Sujet: Ahmed Kalouaz
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Jhaverchand MEGHANI

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Fiançailles

Original : Vevishal (Gujarati, 1938)
Introduction, Traduction, Notes biographiques, Notes: Moïz Rasiwala

CONTENU :
Sukhlal et Sushila ont été promis l'un à l'autre par leurs pères respectifs dès leur plus jeune âge. Mais le temps a passé : la famille de Sushila fait aujourd'hui du commerce à Bombay, s'est enrichie et se demande comment rompre cet engagement et se débarrasser du fiancé devenu indigne ! Sukhlal cependant, comme il avait été convenu, arrive à Bombay pour entrer dans l'affaire de sa future belle-famille. Celle-ci le tue au travail, il résiste; le ridiculise, il résiste; le renvoie chez lui en fiançant la ravissante Sushila à un épouvantable intriguant, et là c'est elle qui résiste ! Sukhlal et Sushila s'aiment, tout simplement. Et comme chacun sait, l'amour finit toujours par triompher, surtout dans les romans... Aussi, quand le romancier demande à Sushila pourquoi elle adore son Sukhlal, elle rétorque: " Est-ce que je ne suis pas libre d'aimer quelqu'un sans avoir à justifier mon choix ? Des raisons ! Donner des raisons pour tout ! En plus, vous allez les raconter à tout le monde, n'est-ce pas ? " (Source : Présentation de l'éditeur)

REMARQUES :
Ce roman en 37 chapitres sur un peu moins que 300 pages trouve son enracinement de fond dans le Sorath dans le Gujarat (Nord-Ouest de l'Inde). L'appartenance des deux familles commerçants protagonistes à une certaine caste, au Jaïnisme comme réligion (voir aussi : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ja%C3%AFnisme ), et au us et coûtumes de leur temps, déterminent le cadre incontournable de l'histoire. Si on n'est pas capable ou partant pour entrer dans cet « autre » univers, on jugera rapidemment avec nos idées si avancées et peut-être même une attitude de commisération, un sourire, ces femmes et hommes. Mais éventuellement, ce faisant, on ne fait pas seulement tort aux personnages du roman, mais on se prive aussi d'une lecture enrichissante et parfois même drôle.

Il était une fois...l'histoire de deux familles qui avaient promis leurs enfants à bas âge l'un à l'autre. Mais le destin faisaient se développer différemment ces familles. Celle de la fiancée, maintenant d'une vingtaine d'années, s'est enrichie peu à peu et a deménagé vers Bombay. Par contre Sukhlal et les siens restaient au village, avec une mère clouée au lit, trois autres enfants en bas âge. Le père, pratiquant convaincant du Jaïnisme, se montre affectueux et attentif aux besoin et de sa femme et de ses enfants. Le garçon aîné, lui, doit partir pour Bombay pour entrer dans le commerce de la famille de sa belle-famille. Mais celle-ci,au moins en ce qui concerne le chef du clan, l'oncle , mais aussi la mère de Sushila, aimeraient rompre les fiançailles avec un garçon devenu avec les années « pas assez convenable » pour leur fille « si douée ». Ils commencent à penser à un jeune arriviste, Vijaychandra. Et rendent la vie de Sukhlal impossible, le tuent au travail, l'humilient. Quand le père de celui-ci arrive, il ne voit pas d'issue honorable sauf que d'entrer dans les propositions du beau-père de son fils.

Mais quand les obstacles au niveau des parents se dressent, les deux concernés – qui pourtant se sont pratiquemment à peine vus – et après quelques hésitations, commencent à resister à leur façon et à lutter dans le cadre du possible l'un pour l'autre. Des deux cotés ils vont trouver des fidèles aides auprès des gens proches. Ils ne vont peut-être pas devenir des rebelles pur et durs, mais ils commencent à s'affirmer, à apprendre à extérioriser leurs volontés contre celle de l'autorité familiale. Et, au lieu de voir ici juste un roman rose simple, on pourrait très bien se demander s'il n'y a pas ici une critique plus ou moins cachée de la societé, mais aussi une invitation à resister, de manifester « humblement », mais résolumment sa détermination. Et on pensera peut-être au contexte politico-sociétale du mouvement non-violent pour l'indépendence en Inde, déjà dans ces années 30, cadre probable du roman.

Face à l'oncle riche de la fiancée et la mère de la fiancée d'un coté, et les figures plus pauvres, mais tant dignes du père de Sukhlal ou de la tante de Sushila, on peut aussi se demander sur le rôle lamentable des uns et celui plus lumineux des autres. Qui sont alors les vrais riches, les vrais pauvres ?

Qui entrera avec un certain respect et acceptance du cadre du roman dans cette lecture, peut y trouver un bon mélange de réalisme, de descriptions des us et coûtumes d'une époque, d'une réligion, d'un pays avec une dose d'humour certain !


mots-clés : #conditionfeminine #famille #traditions
par tom léo
le Lun 9 Jan - 7:12
 
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Sujet: Jhaverchand MEGHANI
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Alice Albinia

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Le livre de Leela

C'est bien à contre coeur que Leela, riche indienne exilée aux Etats-Unis, revient en Inde pour le mariage de la nièce de son mari. Pour cette femme, le déchirement est double : devoir remettre les pieds sur un sol natal qu'elle avait juré ne jamais revoir, et assister à l'union de cette nièce avec le fils de Vyasa Chaturvedi, homme haï entre tous. Très vite, l'on comprend que Meera, la soeur disparue de Leela, est au coeur d'un drame familial qui, tout au long du roman, n'en finira pas de nous dévoiler ses multiples ramifications.

Ce livre est donc avant tout une histoire familiale, avec ses personnages attachants et son lot de drames, de bonheurs et de rebondissements. Néanmoins, cette saga n'est pas non plus tout à fait comme les autres... Ce n'est en effet pas un hasard si les liens tissés entre les familles Sharma et Chaturvedi ressemblent étrangement à ceux qui unissent les Pandava aux Kaurava dans la célèbre épopée du Mahabharata : Leela est en fait l'une des incarnations d'un des personnages…

Selon la légende, Ganesh, le dieu à tête d'éléphant, rédigea le Mahabharata sous la dictée du scribe Vyasa. Alice Albinia, partant de l'hypothèse malicieuse que la genèse de l'oeuvre fut quelque peu différente de la version officielle, en a imaginé une variation aussi ludique qu'inventive.
Ganesh intervient rarement dans le roman, contrairement à ce que pourrait laisser penser la quatrième de couverture. Ses apparitions sont autant d'interludes savoureux, monologues d'un Dieu dépassé par ses propres personnages et qui tente, au fil de leurs incarnations successives, d'infléchir le cours de destins qui, toujours, semblent lui échapper. Mais les Dieux ont pour eux le temps, et la patience…

Alice Albinia a séjourné plusieurs années en Inde. Ce pays, elle l'aime et elle le connaît bien. Le roman traite donc, sans toujours avoir l'air d'y toucher, de nombreux thèmes d'actualité parfois brûlants dans ce pays en pleine mutation : dérives nationalistes et délires génétiques des partis d'extrême droite, question de l'Histoire et des racines, homosexualité, querelles de castes et de religion, corruption policière…  Il y a de la matière ! Mais justement, peut-être Alice Albinia a t'elle voulu trop en dire. Malgré la longueur du texte, certaines péripéties m'ont paru superflues, ou traitées de façon superficielle.
De même, à trop vouloir lier les familles Sharma et Chaturvedi, Alice Albinia a parfois cédé à la facilité, surtout vers la fin du roman. Si l'on pardonne volontiers quelques "grosses ficelles" à nos épopées millénaires, c'est moins le cas quand il s'agit d'un roman actuel...

Pour autant, j'avoue que je n'ai pas boudé mon plaisir, et que j'ai dévoré ce livre de pure détente en quelques jours, embarquée par le réel talent de conteuse d'Alice Albinia, qui nous propose là un inventif roman hybride, entre saga familiale de facture classique et récréation sur le thème du Mahabharata.


PS : S'il n'est absolument pas nécessaire d'avoir lu le Mahabharata pour apprécier ce roman, je conseille toutefois d'en parcourir un résumé, histoire de ne pas manquer certaines savoureuses allusions.

(Ancien commentaire remanié)


mots-clés : #contemythe #famille
par Armor
le Lun 9 Jan - 5:17
 
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Sujet: Alice Albinia
Réponses: 4
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Rosie Dastgir

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 10 97822610

Une petite fortune

Après ses études d'ingénieur, Harris n'est pas retourné au Pakistan épouser la femme qui lui était destinée ; tombé amoureux d'une anglaise, il a choisi de faire sa vie au Royaume-Uni. Désormais divorcé, il tient dans le nord du pays une petite épicerie de quartier qui vivote tant bien que mal.
Harris est un homme infiniment complexe, qui entretient des relations compliquées avec son entourage, et notamment avec sa fille Alia. Son amour maladroit et envahissant, tout comme son incapacité à comprendre les désirs d'émancipation de la jeune femme, creusent un fossé irrémédiable entre eux.

Harris ne semble réellement revivre que lors de ses escapades au Pakistan, ou lorsqu'il déguste un bon curry chez ses cousins, recréant dans son pays d'adoption l'illusion d'une vie de famille "traditionnelle". Mais le rôle de patriarche bienfaiteur qui lui a été dévolu lui pèse : que ce soit en Angleterre au Pakistan, son statut d'ingénieur fait fantasmer famille et amis, qui voient en lui une manne financière inextinguible. La coquette somme qui lui est octroyée après son divorce ne fait qu'attiser les convoitises, et met en lumière le caractère intéressé de certaines relations…
Incapable d'évoquer ses difficultés et de refuser son aide, souvent passif, Harris s'enfonce peu à peu dans un profond mal-être. L'espoir d'un renouveau pointe toutefois le bout de son nez lorsqu'il fait la connaissance de Farrah...

A travers Harris, l'auteur décrit à merveille le poids qui pèse sur les épaules de ces jeunes qui, partis étudier à l'étranger, portent à eux seuls les espoirs de toute une famille. La communauté, autrefois si rassurante, se révèle soudain étouffante pour ces hommes condamnés à la réussite.
Le jeune Rashid est à ce titre le pendant de Harris ; celui qui a échoué. Incapable de trouver un travail à la hauteur de ses pourtant brillantes études, il ne parvient ni à aider ses proches ni à s'intégrer dans cette nouvelle culture. Le sentiment d'échec, la culpabilité, le racisme ordinaire l'amènent peu à peu à se réfugier dans la religion, faisant de lui une proie idéale pour les prédicateurs à l'affût...

La richesse de ce livre réside en grande partie dans la sensibilité avec laquelle Rosie Dastgir a su décrire les personnages qui gravitent autour de Harris. Aussi complexes qu'attachants, ils incarnent chacun à leur façon les différents visages de l'immigration et de la double culture. Emancipation féminine, dangers de l'acculturation comme du repli communautaire sont autant de thèmes abordés avec intelligence et subtilité.
L'on sent le vécu lorsque Rosie Dastgir _ elle-même fille d'un Pakistanais et d'une Anglaise_ parle de la pression exercée par la communauté, lorsqu'elle évoque la rébellion d'une jeune femme écartelée entre deux cultures parfois antagonistes, lorsqu'elle décrit le désarroi et les espoirs de ces êtres qui cherchent désespérément à se réaliser sans pour autant renier leurs origines.

Une petite fortune est un premier roman, et pourtant l'auteur fait déjà montre d'une belle maîtrise, évitant l'écueil du manichéisme et brossant avec justesse des portraits tout en nuances, dans un style fluide qui vous emporte.
Une réussite !

(Ancien commentaire remanié)


mots-clés : #identite #immigration #famille
par Armor
le Dim 8 Jan - 2:21
 
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Sujet: Rosie Dastgir
Réponses: 1
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Véronique Olmi

Bord de mer  

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 10 Image332

C'est une histoire du genre des frères Dardenne : une jeune femme, submergée de misère, de solitude et de déprime, tenant à bout de bras ses deux garçons, Stan et Kevin (à moins que ce ne soit elux qui la tiennent à bout de bras) décide, coup de folie désespérée, d'une virée au bord de la mer, à la fois première et ultime :  hôtel miteux, plage sous la pluie, fête foraine, intimité à trois fusionnelle et rejetante.

Un texte très court, écrit à la première personne. Sur les premières pages j'ai été gênée par l'absence de négations (logique mais dérangeante) puis  cela m' importait de moins en moins, saisie par la description de cette noirceur ordinaire, de ce désir de se grignoter un petit bout de bonheur à soi. C' est une œuvre compacte et éprouvante, mêlant  pathétique et sobriété, une histoire de gouffre sans fond, à faire pleurer (ou hurler) les plus insensibles.

(commentaire récupéré)


mots-clés : #famille #social
par topocl
le Sam 7 Jan - 17:41
 
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Sujet: Véronique Olmi
Réponses: 11
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Cyril Pedrosa

Portugal

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Ca a pas mal de choses surprenantes pour une BD, un long récit fluide qui tient plus de ce qu'on voit en films ou en roman.
250 pages bien comptées, pour un récit intime et introspectif, où Pedrosa se ballade, de digressions en détails "inutiles" , s'attachant tout autant à l'ambiance qu'au fil de son histoire.

Simon est un jeune BD-iste confronté au vide de la page blanche, mais aussi de sa vie, construite sur un tas de non-dits familiaux. Un rapide voyage au Portugal, un mariage sympa en Bourgogne, avec ce ue cela implique de retrouvailles familiales et  de désinhibition alcoolique  ouvrant à la confidence... et le voila parti pour une découverte de soi, de sa famille, de ses origines portugaises.

Traité comme un sketch-book, colorisé au fil de l'humeur des personnages, agrémenté de répliques "plus que vraies" entre ses personnages bien campés, Portugal est d'une vivacité dans l'observation des hommes, d'une tendresse même pour les "chiants", langoureux dans l'ennui et le mal-être, attachant dans la découverte de chacun, jubilatoire dans l'épanouissement final.

Du très bon.(Obstinez-vous malgré le début un peu déroutant)

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(commentaire récupéré)


mots-clés : #bd #famille
par topocl
le Sam 7 Jan - 10:36
 
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Sujet: Cyril Pedrosa
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