Des Choses à lire
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Georges Brassens, Lettre à Toussenot

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La date/heure actuelle est Mer 7 Déc - 18:13

110 résultats trouvés pour fantastique

Henri Bosco

Tag fantastique sur Des Choses à lire - Page 6 419yt710

Un rameau de la nuit

Premier roman de Bosco et superbe découverte ! Ce Rameau de la nuit est indescriptible, magique. Décrire ce livre n'aurait pas grand sens, je vais simplement décrire mes impressions. L'écriture est magnifique, poétique, la nature est sublimée. Sensation de sérénité, de paix sous les forces naturelles et surnaturelles de la terre ; impression seulement !  car sous la plume de Bosco, il règne une angoisse redoutable qui monte paisiblement, la crainte de voir à chaque instant surgir de nulle part quelque chose ou quelqu'un, une âme ou une Ombre, un double... La mort rode aussi, un enfant est malade, un homme est souffrant...

La nuit est magnifiée, effrayante aussi, palpable car opaque et dense. S'y aventurer c'est risquer de se confondre et de se fondre en elle.

Le jour, c'est la Haute-Provence, Gèneval, petit village perdu, silencieux avec ses rares habitants. C'est la maison de Loselée, emplie de mystère, avec son jardin et au-delà, son parc, où Meyral demeure dans une chambre qui recèle des secrets. Secrets des morts, secrets des amours prêts à surgir eux aussi de la nuit.

J'ai été plus particulièrement sensible à cette époque où Meyral s'installe et va vivre à Loselée, plutôt qu'à l'époque antérieure où il erre sur les quais pour rejoindre l'Altaïr, l'épave au large de Marseille, lieu confiné où les expériences oniriques se confondent avec la vie même. Ce livre est tellement riche que le résumer ou donner ses modestes impressions c'est lui enlever sa part de mystère car les mots pour le décrire seront toujours trop terre à terre.

Je suis conquise ! Le mot est faible...


mots-clés : #fantastique
par Barcarole
le Sam 10 Déc - 9:03
 
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Sujet: Henri Bosco
Réponses: 117
Vues: 10198

Pascal Quignard

Les Larmes

Tag fantastique sur Des Choses à lire - Page 6 97822411


Il y avait jusqu’à présent le Quignard de textes courts mi-philosophiques mi-poétiques, tels les « Petits traités » ou « Dernier royaume » et celui des romans. J’étais beaucoup plus sensible aux premiers qu’aux seconds. Avec « Les Larmes », Pascal Quignard inaugure une nouvelle forme qui associe les deux précédentes. Et je trouve cette synthèse remarquablement réussie.
Nous voici plongés à l’époque carolingienne, à l’abbaye de Saint-Riquier, dans la Somme, haut lieu de culture, sous la gouverne du comte-abbé Angilbert. Celui-ci s’est pris de passion pour Berthe, fille de Charles, bientôt empereur d’Occident. De leur union naissent Nithard et Hartnid, faces opposées de la gémellité. Nithard deviendra l’historien chroniqueur de Charles le Chauve, tandis qu’Harnid parcourt le monde, de l’Irlande à Bagdad en passant par Cordoue, à la poursuite d’un visage de femme.
Le livre commence par la rencontre improbable d’un cavalier avec le Christ en train de mourir sur le Golgotha, celle d’un passeur de rivière avec un geai, l’amour d’un frère pour un chat noir. Puis, entre en scène Sar, la chamane, qui prophétise,  et dont les beaux yeux bleus crevés donnent naissance à la rivière Somme. Histoires étranges qui se disent, s’écrivent dans un monde où l’homme est encore tellement proche de la nature, faisant corps avec elle, où réel et surnaturel ne se distinguent pas encore, où le miracle se voit à chaque pas. Rien d’étonnant donc que les oiseaux dialoguent avec les hommes, que ceux-ci puissent se réincarner en eux, que les corbeaux emportent l’âme des morts dans un autre monde, que temps et distances puissent s’abolir. Sous la forme des anciens livres (liber), Quignard s’inspire de vieux mythes et épopées, tels les Mabinogion, les Nibellungen, les sagas des Normands qui viennent hanter les côtes, les associant à la tradition gréco-romaine, aux récits merveilleux de la chrétienté. Par là même, il laisse entrevoir quel pouvait être l’univers culturel et spirituel des hommes de l’époque. Mais surtout il magnifie cet ensemble par la poésie.
L’acmé du livre est cette fameuse rencontre dans la plaine où fut Argentorate et qui devient alors Strazburg :
« C’est alors que, le vendredi 14 février 842, à la fin de la matinée, dans le froid, une étrange brume se lève sur les lèvres.
On appelle cela le français »

Comme cet instant magique où nait une langue est magnifiquement dit !
« On assiste au désarroi – qu’engendre le nouveau règne symbolique qu’il intronise d’un coup. Il n’y a pas de demi-langue : un souffle humain dans l’air froid change de langue. On touche au vide : à la contingence pure. »

Et Nithard est le premier à écrire le français.
« Ainsi, un jour d’hiver, un vendredi, le français et l’allemand se retrouvent-ils côte à côte à la fois dans une plaine d’Alsace et à l’intérieur d’une chronique qui, elle, est rédigée en latin, sous la plume d’oie de Nithard, le secrétaire palatial, sur une peau de veau soigneusement épilée et raclée. C’est la pierre de rosette trilingue de l’Europe.
Argentariae Sacramenta. Strazburger Eide. Serments de Strasbourg »

.
Vient rapidement le premier poème en français « In figure de colombe volat al ciel ».
Les derniers chapitres voient la mort des protagonistes de l’histoire. Voire, écouter avec attention le chant d’un oiseau dans une branche, alors qu’on est parti couper du bois, peut vous entraîner dans une étrange aventure !
« Les Larmes », partout présentes, disent la douleur des hommes. Elles viennent se mêler aux eaux immémoriales de l’Océan.
« Les Larmes » est un livre majeur de Quignard, l’un de ceux que j’aie eu le plus plaisir à lire.
Amoureux des chats, je terminerai par cette citation :
« Au terme de sa vie Frater Lucius avait fait le constat que les humains qui n’aiment pas les chats avaient tous, sans exception, une aversion pour la liberté. »



mots-clés : #moyenage #fantastique
par ArenSor
le Ven 9 Déc - 17:04
 
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Sujet: Pascal Quignard
Réponses: 74
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Stig Dagerman

Tag fantastique sur Des Choses à lire - Page 6 51hvpt10

Dieu rend visite à Newton (1727)

Originale: Tusen år hos Gud (Suèdois, 1954, posthume)

CONTENU :
Une visite de Dieu chez Newton au jour de sa mort…

Un petit conte philosophique où le fantastique et le burlesque se cotoient et où Stig Dagerman laisse entrer en dialogue le créateur et le scientifique génial Newton.

REMARQUES :
Et Dieu en calèche à Londres et entre chez Newton : ils entrent en dialogue et des choses inclassables se passent. Grotesque, bizarre ? Pas seulement. Derrière le dialogue se désigne un image du monde sous une loi connaissable et compréhensible de laquelle le scientifique peut approximativement connaître les régularités. Toutes sortes d'interventions miraculeuses de la part de Dieu se situant en dehors de ces lois, dérange le tout et contredit en quelque sorte une soumission de Dieu à sa création, voir son vraie acceptation d'être homme, sa communion avec les êtres humains ( = incarnation?). Ainsi cette petite curiosité devient une question de quelle façon Dieu échappe à l'isolation qui pourrait être créer par une violation (permanente) des lois naturelles. Ici par exemple Dieu n'accepte pas les lois de la gravité et le corps de Newton décédé vole à travers l'espace. Mais Dieu désire la proximité à la création, aimerait entrer au coeur du monde. Et il laisse devenir Newton un magicien...

Eh bien, si on a connu Dagerman dans ses pièces existentielles, sombres, suicidaires peut être surpris par la tonalité ici : un monde phantastique, de rêve… Mais on pressent rapidemment derrière cette surface et les images étonnants des questions essentielles : Où est Dieu ? Quel solitude et quel silence environnent l'être humain ?

Ce Dieu, pareillement solitaire, seul, aimerait entrer au coeur de l'homme. Est-ce que c'est le merite de Newton ? Le croyant pense au Dieu incarné, pas à cause d'une néccessité, mais par amour. Des fois on s'y sent proche ici, des fois plus loin.

Si on pense à la fin sans espoir de Dagerman on pressent qu'il n'a pas vu un chemin.


mots-clés : #contemythe #fantastique
par tom léo
le Ven 9 Déc - 16:12
 
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Sujet: Stig Dagerman
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Leo Perutz

Le cavalier suédois

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J'ai été emportée par ce mélange de roman d'aventure et de conte fantastico-philosophique, où les hommes, au nom de l'honneur, partent à la guerre dans la froidure, où des pactes se signent avec des fantômes, où des cavaliers épuisés se reposent dans des auberges obscures, où un homme courageux sauve une orpheline éplorée, où une petite fille pétulante est visitée la nuit par l'esprit de son père, où un homme qui croit échapper à son destin finit par devoir expier sa faute.

Comme dans tous les contes, on peut faire une lecture au premier degré, se laissant emporter par les péripéties des aventures, les tempéraments fougueux, les amours passionnées. On peut aussi s'interroger sur l'identité, qu'est-ce qui fait qu'un homme est lui-même, dans quelle mesure peut-il changer son destin, où est la véritable droiture ?



(commentaire rapatrié)


mots-clés : #aventure #fantastique #historique
par topocl
le Jeu 8 Déc - 13:47
 
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Sujet: Leo Perutz
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Carole Martinez

Du domaine des Murmures

Tag fantastique sur Des Choses à lire - Page 6 Images19

Le monde en mon temps était poreux, pénétrable au merveilleux. Vous avez coupé les voies, réduit les fables à rien, niant ce qui vous échappait, oubliant la force du récit. Vous avez étouffé la magie, le spirituel et la contemplation dans le vacarme de vos villes, et rares sont ceux qui, prenant le temps de tendre l'oreille, peuvent encore entendre le murmure des temps anciens ou le bruit du vent dans les branches. Mais n’imaginez pas que ce massacre des contes a chassé la peur ! Non, vous tremblez toujours sans même savoir pourquoi.


Il faut aborder ce roman historique comme on écoute un conte merveilleux, avec sa part de rêve, de sorcellerie, de fantastique. Comme on écoute une chanson de geste. On y trouvera sa part de spiritualité et de magie, d'amour courtois et de brutalité virile. Les hommes sont des héros et d’humbles humains éplorés.

Recluse dans sa chapelle, divinisée en Sainte magnifique, Esclarmonde observe le monde , dicte des ordres tenus pour la parole de Dieu. Le passage où , sur son ordre, son père part en  Croisade, mêlé à une horde famélique, qui sème tout au long de son chemin les cadavres comme ses illusions, par sa poésie désespérée, est d’une puissance évocatrice tout à fait magnifique.

Récit exaltant au souffle romanesque assumé, Du domaine des Murmures, qui aurait pu s’appeler Expiation, est un réquisitoire contre la folie des hommes qui se cache derrière la folie de Dieu.


(commentaire rapatrié)
mots-clés : #fantastique #religion
par topocl
le Mer 7 Déc - 11:27
 
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Sujet: Carole Martinez
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Alain Damasio

La Horde du Contrevent

Tag fantastique sur Des Choses à lire - Page 6 Images77

Comme La recherche, ou Hugo, la Horde du Contrevent fait partie de ces livres immenses qui méritent qu'on les essaye au moins une fois dans sa vie. Certains resteront sur le côté, les autres seront happés par une fascination étrange et le livre entrera alors dans cette catégorie des « livres qui restent ».

Empruntant à l'Odyssée d’Ulysse, au Mahabharata, à la quête du Graal, Damasio nous offre un récit mythologique au royaume du vent et des contrevents emportant dans un destin tragique 23 personnages-héros aux figures chevaleresques. À travers des paysages dévastés, face à des éléments déchaînés, ballottés entre détermination et désespoir, portés par une foi sans pareil, ils affrontent avec une noblesse et une vaillance indéracinables un destin qui ne saurait décevoir. En perpétuelle lutte contre ce monde  qu'ils vénèrent et exècrent à la fois partageant leurs forces et leurs fragilités, irradiant de beauté et de grandeur, ils nous emportent dans une aventure où les  rebondissements se renouvellent perpétuellement, d'une inventivité, d'une créativité, d'une poésie qui ensorcellent.

Au service de ce récit  mythique, de ses personnages aussi divers qu'attachants, Damasio utilise une langue dont la beauté ne prend parfois à la gorge, nous offre des émotions violentes. Il joue avec les mots, il invente, il  trafique, il joue avec la forme et le style.. Il rejoint une grande Littérature Populaire, parlant à tous, charmant autant par l’intellectuel que par l'affectif, racontant une histoire universelle, exaltée par une quête existentielle.

Réaliser un commentaire sur ce livre est une tâche particulièrement déroutante, frustrante car  forcément réductrice des richesses multiples à découvrir dans ce livre, des bonheurs nombreux à y cueillir. On y aime, on y tremble, on y rit, on y pleure, on s'y interroge sur nous-mêmes et sur le monde… que demander de plus à un roman ?

Il a la puissance mais ne cherche aucun pouvoir - puisque justement, il peut.


La solitude n’existe pas. Nul n'a jamais été seul pour naître. La solitude est cette ombre que projette la fatigue du lien chez qui ne parvient plus à avancer peuplé de ceux qu'il a aimés, qu'importe ce qui lui a été rendu. Alors j'ai avancé peuplé, avec ma horde aux boyaux, les vifs à un pas et une certitude : l'écroulement de toutes les structures qui m'avaient porté jusqu'ici - la recherche de l'origine du vent, les neuf formes, l'Extrême-Amont, les valeurs et les codes de ma Horde – ne m'enlevait pas, ne pourrait jamais m'arracher, pas même par leur mort, ce qui ne dépendait, authentiquement, que de moi : l'amour enfantin qui me nouait à eux.




(commentaire rapatrié)


mots-clés : #contemythe #fantastique
par topocl
le Mar 6 Déc - 13:32
 
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Sujet: Alain Damasio
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Jean Cocteau

Les enfants terribles

Tag fantastique sur Des Choses à lire - Page 6 Images17

Ce petit roman fait partie des livres que j'ai lus et relus, adulés, conseillés, prêtés. J'y reviens 20 à 30 ans plus ;  les quelques afféteries de Cocteau, une certaine emphase, un côté pompeux, comme s'il se prenait trop au sérieux (la jeunesse c’est… et c'est bien de l'enfance de…), que j’y ai décelés cette fois-ci, n'ont pas suffi à gâcher mon plaisir d’autrefois.

Un frère et une sœur, jeunes adolescents orphelins, se construisent un monde fantasque et passionné à l'abri des adultes, des obligations et de l'ordinaire. Pris d'orgueil dans leur relation mortifère mêlée d'adoration et de rejet, ils vivent dans un capharnaüm enchanté, un trésor qui leur est commun. Dans  ce huis clos étouffant, follement poétique, qui ne répond à aucune rationalité, quelques être fascinés tâchent de pénétrer, mais tout le monde s'y brûlera les ailes.

Ce livre nous parle du monde de l'enfance, de l’impossibilité de se quitter, de l'amour qui ne sait plus s'il aime soi-même ou l'autre. On y trouve une violence de sentiments, une poésie romantique, une magie tragique et folle.



(commentaire rapatrié)


mots-clés : #contemythe #fantastique
par topocl
le Mar 6 Déc - 13:26
 
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Stephen King

22/11/63

Tag fantastique sur Des Choses à lire - Page 6 22-11-12

Jack Epping, prof d'anglais sans attache, réalise le souhait de son ami Al sur son lit de mort : il s'engouffre dans une faille temporelle et retourne vivre 5 ans dans le passé, histoire de... excusez du peu, empêcher l'assassinat de Kennedy.  Jouer à Dieu en quelque sorte (ou plus humblement à l'apprenti sorcier) et   améliorer ainsi le sort de la planète et de millions de gens. Seulement, le passé (ou Dieu?) n'est pas d'accord, on  ne décide pas comme ça du sort du monde. On ne décide pas du bien et du mal. D'où un mirobolant enchaînement de péripéties, de contre-temps, de foirages, d’embûches, la première prenant le nom de Sadie, une ravissante jeune femme dont Jake -alias Georges- va tomber amoureux. Et alors, il se retrouve avec dans la balance, d'un coté le sort du monde, de l'autre l'amour de sa belle.

On marche complètement, de A à Z , on y croit totalement à ce retour vers le passé (qui alterne avec quelques retours vers le futur). Stephen King mêle miraculeusement suspense, humour , romantisme, aventure, histoire d'amour et Grande Histoire dans un génial délire romanesque. Pas une fois dans ces plus de mille pages, on ne se dit qu'il aurait pu se dispenser d'une péripétie. Les personnages sont des plus attachants et l'histoire d'amour n'est jamais niaise (vous me connaissez).

Stephen King s'amuse à comparer finement les époques, sans sombrer ni dans la nostalgie , ni dans l’exaltation de la modernité. Il nous offre un décorticage saisissant de la société américaine à travers les époques. Mais surtout il s'interroge - et nous avec – sur le destin, la responsabilité de nos actes, notre capacité à changer les choses, notre libre-arbitre. Il nous embarque dans cette réflexion à travers une histoire apparemment ludique, qu'il mène avec  un brio, une désinvolture élégante, une malice assumée, et ce n’est pas le moindre charme de ce bouquin que de le sentir autant s'amuser à écrire que nous à le lire.



(commentaire rapatrié)


mots-clés : #fantastique
par topocl
le Lun 5 Déc - 20:04
 
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Sujet: Stephen King
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Marco Lodoli

Marco Lodoli
Né en 1956


Tag fantastique sur Des Choses à lire - Page 6 Imgmar10


Marco Lodoli est né à Rome en 1956, où il vit et enseigne dans un lycée de banlieue.

Entré en littérature par la poésie, il s’est lancé dans le roman avec succès, a écrit des nouvelles, des chansons et des articles dans La Repubblica.

En 1986, il a reçu le prix Mondello « première œuvre » pour son roman Chronique d’un siècle qui s’enfuit.

Collaborant régulièrement au quotidien La Repubblica, il rédige des chroniques de société, souvent à propos de la jeunesse, à partir de son expérience d’enseignant, ou encore des textes sur Rome, qui ont été regroupés dans le recueil Îles : guide vagabond de Rome.

Il est également critique de cinéma pour l’hebdomadaire Diario.


Oeuvres traduites en français :

Chronique d'un siècle qui s'enfuit
Boccacce (grimaces)
guide vagabond de Rome
Les Prétendants
Les Promesses
Grand cirque déglingue





Tag fantastique sur Des Choses à lire - Page 6 31mixn10

Les Prétendants

subjuguée par l’écriture de Lodoli, la tournure des phrases, les métaphores étonnantes, étranges, la poésie, le chant des mots même quand il s’agit d’évoquer la Mort.

Les trois histoires,  se déroulant dans la ville éternelle, qui composent le livre : La nuit, le Vent, les Fleurs  sont toutes de noir vêtues ; la mort  à petits pas , suit les personnages, discrète pour ne pas les heurter. Constantino, Luca, Tito emportés sur le tapis roulant de la vie ne peuvent plus retenir leur destin, ni le diriger, chacun à son « maître » ; le Fou pour l’un, le romancier pour l’autre et le Poète pour le dernier. Ils sont piégés, mais ils ont accepté d’entrer dans le piège.
Dans les plus  tristes destins l’amour et l’amitié volent leur  part à la mort.

Ces histoires sont absurdes, mais  les mots et les pensées pour les conter sont magiques, et il ne faut point en révéler le contenu sous peine d’abolir le charme. Ne pas oublier aussi Rome partenaire des personnages.

La première histoire m’a un peu déroutée, mise mal à l’aise, j’ai pensé abandonner le livre malgré l’attrait de l’écriture.

« En amont du fleuve, vers le nord, la ville devient plus clairsemée, moins dense. Seules quelques personnes sont restées sur les berges pour saluer les amants, l’obélisque du Foro Italico ressemble à la barrière levée d’un passage à niveau désaffecté : Constantino et Serena le franchissent en un effort ultime. Mais elle est trop loin la source, un filet d’eau entre des montagnes dont on distingue même pas les sommets, et qui n’existe peut-être que dans le paysage du cœur. »


Bien m’a pris de persister, la seconde histoire « le vent » m’a emportée dans son souffle. Et Lodoli lui-même se met en jeu et en peine, c’est le Maître, mais à regarder vivre ses personnages il ne les maîtrise  plus.

«Quand l’esprit carbure, il s’emballe tout seul, il récupère les vieilleries dissimulées dans les recoins habituels, il récite jusqu’à la nausée ce qu’il sait et qui ne lui sert à rien. Il passe du vernis incolore et il répète avec application, le même geste, obstinément, deux, trois, dix mille couches de vernis incolore, l’une sur l’autre, aller et retour sur l’enduit de façade. »

« J’ai dans l’idée que Dieu est un fichu commerçant, un vieux renard pour tout dire : nous lui achetons la vie à prix d’or, traite après traite, jour après jour, nous nous épuisons pour lui donner un sens et une valeur et puis nous la lui restituons pour pas un rond dans un râle. »


Les fleurs :  C’est  après des années de patience à regarder cette fenêtre qui luit la nuit que Tito prendra possession du   destin qui lui était annoncé, lequel était   niché la-haut  au dernier étage de la maison.  Il aura un ami Aurelio,  une femme Morella, tous deux des blessés de la vie et une bande de chiens errants pour compagnons.

« Je n’aurais jamais imaginé que mon existence puisse changer. C’était une existence à ma taille, du prêt-à-porter qu’il ne fallait ni  agrandir, ni rétrécir. En été, pourtant, quand j’allais nager le soir dans le lac, je pensais que ce puts obscur était, à sa manière, relié à la mer, qu’une veine d’eau s’écoulait souterrainement jusqu’à l’océan pour y faire flotter les navires, les corps de femmes, les cadavres, les dauphins. Alors je pissais, je larguais un peu de ma chaleur, je la laissais voyager. »

« La musique d’un orgue s’est engouffrée telle la bise dans l’église, les notes gerçaient. »

« Le fleuve courait devant nous gonflé d’eau, aussi livide qu’un noyé »

Conclusion de Tito
« Je sens que la tristesse est une insulte faite à la vie, qu’elle est un résidu d’orgueil qui veut imposer son pourquoi à ce qui n’a pas de pourquoi. Je sais qu’il me serait impossible d’expliquer tout cela à quelqu’un, je n’aurais pas les mots pour me faire comprendre, je pourrais seulement dire : « c’est ainsi, c’est monstrueux, et je ne désire pas qu’il en soit autrement. »


J’espère que ces extraits vous inciteront à la lecture de ce livre.



"message rapatrié"



mots-clés : #fantastique #nouvelle
par Bédoulène
le Lun 5 Déc - 9:45
 
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Sujet: Marco Lodoli
Réponses: 3
Vues: 1009

Haruki MURAKAMI

Tag fantastique sur Des Choses à lire - Page 6 Chroni10

Chroniques de l'oiseau à ressort

C'est avec Chroniques de l'oiseau à ressort que j'ai découvert Haruki Murakami et avec le recul, c'était une bonne porte d'entrée pour moi dans la mesure où la bascule dans le fantastique est "douce".
La lecture de ces chroniques me fut très sympathique de par les personnages et le style d'écriture fluide.
Dès les premières pages, je me suis attachée au personnage principal, Toru Okada, jeune homme de 30 ans, récemment au chômage, marié à Kumiko. Il se cherche, ne sait pas quel métier il souhaiterait faire, il a démissionné du dernier. En attente de sens, il est homme au foyer.
Mais sa quête du sens de sa vie va rapidement prendre une autre ampleur !
D'un fait anodin, à la recherche de son chat, il rencontre plusieurs femmes toutes aussi intrigantes et charmantes les unes que les autres : une jeune fille du fond de la ruelle, près de chez lui; une femme excentrique, Malta Cano, une sorte de voyante… et, quand il est à la maison, une parfaite inconnue souhaite, par téléphone, l’emmener sur le terrain de la sexualité à distance... Le monde de Toru bascule petit à petit dans un monde surréaliste fait de correspondances entre les différents personnages, les différentes situations. Évoluant dans ce monde onirique, Toru n'aura de cesse de retrouver Kumiko, sa femme, partie sans aucune raison du jour au lendemain.
J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre.

Lu en septembre 2014


mots-clés : #fantastique
par Allumette
le Dim 4 Déc - 13:37
 
Rechercher dans: Écrivains d'Asie
Sujet: Haruki MURAKAMI
Réponses: 28
Vues: 2100

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