Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

Le Deal du moment : -50%
– 50% sur les baskets Nike Air Max Dia
Voir le deal
60 €
Le Deal du moment : -37%
UGREEN Batterie Externe 20000mAH Charge Rapide (USB C ...
Voir le deal
18.99 €

La date/heure actuelle est Ven 18 Sep - 20:24

32 résultats trouvés pour identitesexuelle

Daniel Arsand

Des amants

Tag identitesexuelle sur Des Choses à lire - Page 2 Image129

C'est une espèce de conte populaire, qui commence avec un prince blessé dans un bois et soigné par un jeune chevrier. Ils sont pris d'amour l'un pour l'autre, et le prince revient  à sa recherche quelques mois plus tard, l'invite dans son château, l'aime et le chérit. C'est un amour sublime entre eux deux, même si l'amour, la fidélité, le bonheur n'ont pas forcément le même sens pour chacun. Mais le Roi, là-haut à Versailles, ne voit pas cela d'un bon oeil, cette "bougrerie", ce garçon vaguement sorcier, ces insolences en quelque sorte. Cela finira mal, on le sait du départ.

C'est l'histoire d'un amour sublime quoique maudit (sublime car maudit?) raconté par Daniel Arsabd selon sa technique habituelle, son grand art devrais-je dire, cent courts chapitres, de cinq lignes à deux pages, qui sont autant de joyaux chatoyants assemblés en mosaîque pour raconter cette histoire pathétique d'amour et de mort, à faire pleurer dans les chaumières - dont la mienne.


mots-clés : #amour #identitesexuelle
par topocl
le Dim 11 Juin - 10:09
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Daniel Arsand
Réponses: 6
Vues: 589

Sarah Waters

Ronde de nuit

Tag identitesexuelle sur Des Choses à lire - Page 2 Images39

Voilà un roman assez curieux. Au lieu de nous présenter des personnages et de nous expliquer ce qu’ils deviennent, Sarah Waters raconte la vie de quelques jeunes gens, à Londres, au lendemain de la guerre, reliés entre eux par des liens divers démenant chacun leur existence propre, et remonte dans les années précédentes pour mieux expliquer ces liens, leur fragilité et leur caractère douloureux. Et on ne sait pas du tout ce qu'ils vont devenir .

C'est un livre fort intéressant et attachant car il nous décrit une époque : celle de la guerre à Londres. Cela crée un décor fascinant de ruine désolée, de couvre-feu, de bombardements… Elle nous décrit ces jeunes gens pris dans cette tourmente angoissante : les gestes et paroles sont toujours marqués par le fait qu'il seront peut-être les derniers ; la révolte et  l'angoisse de la mort rôdent, autorisant des comportements, des sentiments, des choix, qui auraient peut-être été mis de côté dans une période autre.

Les jeunes femmes sont pour la plupart de jeunes lesbiennes, au  caractère extrêmement moderne, affranchi, émancipé, portant le pantalon, fumant et buvant du whisky, comparant leurs bas nylon et s'offrant des pyjamas en satin, bien décidées à mener leur vie et leur sexualité comme elle l'entendent, et cela m'a un peu rappelé comme ambiance, dans la franchise de leurs relations, l’excellent roman de Simone de Beauvoir, l'Invitée (qui, lui, ne parlait pas ouvertement d'homosexualité).


Enfin il faut souligner l'écriture de Sarah Waters, en particulier dans les situations à deux, très liées au décor et à l'environnement, au lieu des rencontres, et où rien n'échappe de la subtilité des sentiments, des allers-retours, des réticences, des anges qui passent,  où les 5 sens se manifestent, les odeurs, les bruits, un bras qui frôle, un tissu qui se froisse… On entre ainsi intensément dans l'intimité des personnages, dans l'urgence de leurs sentiments, leur fragilité et c’est souvent magnifique (parfois un peu long, mais on lui pardonne volontiers).

(commentaire récupéré et discrètement remanié)

mots-clés : #deuxiemeguerre #identitesexuelle
par topocl
le Dim 5 Mar - 11:41
 
Rechercher dans: Écrivains européens de langues anglaise et gaéliques
Sujet: Sarah Waters
Réponses: 4
Vues: 595

Sarah Waters

Tag identitesexuelle sur Des Choses à lire - Page 2 Produc12

Derrière la porte

Ce dernier roman de Sarah Waters apparait d'abord comme une synthèse de ses précédentes oeuvres, avec une intrigue centrale autour d'une relation lesbienne et une trame historique marquée par le poids de l'héritage de la première Guerre mondiale. De multiples rebondissements et l'appropriation d'un sensualité rappellent donc l'univers néo-victorien de Caresser le velours ou Du bout des doigts, alors que la description d'une ville de Londres portant au quotidien les souffrances de la guerre met en lumière une désagrégation socio-économique.

Frances est une jeune femme qui semble sans avenir et sans perspectives, habitant avec sa mère. Afin de payer des dettes, elles louent un étage de leur maison à Leonard et Lilian Barber, couple dont la présence bouleverse immédiatement Frances et fait revivre une personnalité dissimulée. Sa relation avec Lilian devient le fil conducteur d'un roman dont la tension monte progressivement, tant leur avenir se heurte à une impasse.

Derrière la porte est une lecture souvent passionnante dans sa dimension policière qui explore à la fois des aspects intimes et sociaux, mais le récit est parfois surchargé dans son ambition. Sarah Waters veut montrer la duplicité et la fragilité des êtres, l'intensité de passions fiévreuses et d'errances affectives face à un contexte hostile. Les coups d'éclat romanesques laissent cependant trop souvent les protagonistes à distance.


mots-clés : #identitesexuelle #social
par Avadoro
le Dim 5 Mar - 10:42
 
Rechercher dans: Écrivains européens de langues anglaise et gaéliques
Sujet: Sarah Waters
Réponses: 4
Vues: 595

Négar Djavadi

Désorientale

Tag identitesexuelle sur Des Choses à lire - Page 2 Images23


Négar Djavadi nous parle d'une famille iranienne très proche de la sienne sur trois générations, et à travers elle de la dissidence, et de l'histoire de l'Iran. Mais aussi de son homosexualité et de sa  grossesse par procréation assistée. C'était sans doute beaucoup pour un premier roman, qui cependant ne manque pas de brio.

Au début, elle réussit un quasi sans faute, à la fois virtuose et attachante sur tout le versant iranien.  Dans des allers et retours perpétuels, seulement guidés par les caprices de sa mémoire, elle raconte le poids (mais aussi les bienfaits) de la tradition et du mode de vie iranien, où la famille est à la fois un carcan et un refuge, quoique dévorant et castrateur. Elle raconte, à travers ses yeux de petite fille qui comprend beaucoup mais pas  tout,  comment ses parents s'y sont singularisés, par leur opposition résolue et courageuse aux régimes successifs, comment ils ont dû ensuite s'exiler en France pour sauver leur peau.
C'est l'occasion de parler de  différence au sein d'une société qui courbe parfois l'échine, et n'a guère le choix, d'ailleurs,  puis dans l'exil. Ces pages par leur foisonnement, nous perdent par moment (et c'est sans doute voulu), mais qu'importe c'est une immersion généreuse : il y a là une attention aux émotions, une proximité avec ses personnages et une luxuriance assez irrésistibles.

Les choses se gâtent après le retour en France, car oui, la vie devient pus sûre, croit-on, morne, et la lecture aussi, malheureusement. Certes il y a encore quelques pages sur l'exil, d'autant plus douloureux que le retour est impossible, et une belle envolée au moment de la description de l'EVENEMENT, qu'elle nous a fait miroiter  depuis le début, on finissait par se demander si elle allait arriver à nous en parler. On assiste à la marginalisation rebelle de notre héroïne mais celle-ci devient vite lassante, assez banale, et survolée.  Le fil rouge de l'insémination artificielle (un peu rocambolesque) parait longtemps assez factice, et s'il s'éclaire sur la fin, il est tellement chargé de symbole que c'en est un peu lourd. Négar Djavadi ne sait pas résister aux symboles : les naissances et les morts sont liées, la mère perd la mémoire (bien sûr) mais dans son délire a le mot de la fin qui est celui de toutes les réconciliations.

Les deux premiers tiers du livre sont donc totalement séduisants; ils ne sont pas du tout redondants par rapport à d'autres récits sur l'Iran : du fait même qu'il se situent du côté de la dissidence active, et celle-là observée par la fillette, et aussi parce que c'est une espèce de conte aux tiroirs astucieusement imbriqués. Ils  laissent la place à quelque chose de plus poussif et convenu. C'est dommage, mais malgré tout, c'est le tourbillon initial qui l'emporte et m'a laissé sa bonne impression.



mots-clés : #identitesexuelle #immigration #regimeautoritaire
par topocl
le Ven 24 Fév - 17:38
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Négar Djavadi
Réponses: 8
Vues: 531

Thomas Savage

Tag identitesexuelle sur Des Choses à lire - Page 2 Savage10

LE POUVOIR DU CHIEN

Publié aux États-Unis en 1967, et resté étrangement méconnu pendant des décennies, la redécouverte d'un chef-d'oeuvre de la littérature américaine contemporaine et d'un roman emblématique du catalogue Belfond. Grand sondeur des méandres tortueux de l'âme humaine, Thomas Savage retrace la lente dégradation des relations entre deux frères issus d'une riche famille d'éleveurs du Montana, dont le quotidien rude et laborieux est soudain bouleversé par l'arrivée d'une femme.

« Les ombres de Steinbeck et de Tennessee Williams planent dans le ciel de Thomas Savage et l'Ouest, le vrai, est une nouvelle fois terre de littérature. »
Pierre Sorgue, Télérama

En évoquant la lente dégradation des relations entre deux frères, que vient troubler l'arrivée d'une femme, Thomas Savage signe un huis clos d'une rare intensité psychologique, un western littéraire d'avant-garde qui scandalisa la critique lors de sa sortie en 1967 pour avoir porté atteinte au mythe du rude et viril cow-boy de l'Ouest.
Inexplicablement resté dans les limbes de l'édition pendant de longues décennies, redécouvert à la fin des années 1990, Le Pouvoir du chien est aujourd'hui reconnu comme un chef-d'oeuvre de la littérature américaine du xxe siècle.
À lire ou à relire d'urgence.

Belfond

J'ai lu tout ce qui était traduit de Savage, c'est peu. Et c'est depuis plus de dix ans.
Souvenir très positif de ce livre.


mots-clés : #identitesexuelle #psychologique
par bix_229
le Mar 10 Jan - 17:04
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: Thomas Savage
Réponses: 1
Vues: 366

Tendai Huchu

Tag identitesexuelle sur Des Choses à lire - Page 2 Thumb-11

Le meilleur coiffeur de Harare

Vimbaï, 26 ans, a la langue bien pendue, une assez haute opinion d'elle-même, et un regard sans complaisance sur ses semblables... "Nous étions toutes plutôt belles, à l'exception d'Agnès qui avait hérité du physique de crapaud de sa mère. Aucune des deux n'avait de cou. Dommage".
Vimbai tire son orgueil de son statut de meilleure coiffeuse de Harare ; même la Ministre M. en personne ne jure que par elle ! Las, son petit monde s'écroule à l'arrivée de Dumi. Aussi beau que talentueux, il l'a supplante en un rien de temps.
Vimbai a pour devise de ne jamais contrarier les désirs de ses clientes. Son but : qu'en sortant du salon, elles se sentent blanches. Dumi, lui, n'en fait qu'à sa tête, mais métamorphose littéralement les femmes, qui repartent dans la peau de Naomi Campbell ou Hale Berry. Forcément, le choix est vite fait !

Le début du livre pourrait laisser penser au lecteur qu'il a affaire à un petit roman bien sympathique, mais anecdotique. Hors, très vite, le ton change, et le récit prend une tournure que je n'avais personnellement pas vu venir.

Vimbai, sous sa carapace, cache une jeune femme sensible que la vie a endurcie malgré elle. Victime du machisme ambiant, elle n'en a pas pour autant renoncé à ses ambitions : se sortir du township, monter son propre salon de coiffure et offrir un bel avenir à sa fille. Le succès de Dumi n'est donc pas pour elle qu'une blessure d'orgueil ; c'est aussi le rêve d'une vie meilleure qui s'éloigne. L'auteur rend avec subtilité les relations ambivalentes qu'elle entretient avec son rival, faites de jalousie mordante autant que d'attirance.

Si le secret de Dumi, au coeur du livre, est assez rapidement éventé (la 4ème de couverture le révèle de toute façon idiotement), l'intérêt du roman est ailleurs, dans la complexité des rapports humains et le récit de la confrontation entre deux mondes. Il est surtout le prétexte à une description sans fard de la vie sous la dictature de Mugabe. C'est d'ailleurs un vrai tour de force que d'être parvenu à en dire autant sur un pays sans négliger la trame narrative.

Tendaï Huchu nous décrit un Zimbabwe où les puissants se vautrent dans le luxe, imitant les comportements des "blancs" jusqu'à la caricature, tandis que la vie quotidienne du peuple est gangrenée par la corruption et les pénuries de toute sorte. Même s'il n'est pas nommé, le spectre du sida rôde en permanence. Tout naturellement, les magasins chics préfèrent "cibler les clientes jeunes et belles", car "se consacrer une clientèle statistiquement morte n'a pas de sens"
Par petites touches, l'air de rien, l'auteur nous fait comprendre combien il est dangereux d'oser braver les interdits du gouvernement. Jusqu'au passage terrifiant où la ministre M., si affable en apparence, laisse apparaître toute la cruauté et l'inhumanité des régimes dictatoriaux.
Et c'est là que le livre ne vous lâche plus, quand le ton faussement désinvolte laisse place au drame, et que les personnages qui vous sont devenus si proches sont pris malgré eux dans des enjeux qui les dépassent….
Si je déplore la rapidité du dénouement, c'est un défaut bien mineur comparé au plaisir que j'ai pris à lire ce roman. C'est bien simple, je ne l'ai pas lâché !

(Ancien commentaire remanié)

mots-clé : #corruption #identitesexuelle #regimeautoritaire #social
par Armor
le Ven 30 Déc - 14:55
 
Rechercher dans: Écrivains d'Afrique et de l'Océan Indien
Sujet: Tendai Huchu
Réponses: 1
Vues: 512

Didier Eribon

Revenir à Reims

Tag identitesexuelle sur Des Choses à lire - Page 2 Image226

Très riche, ce livre. Passionnant, intelligent, ouvrant à plein de débats et de questions .
Il s'agit donc d'un homosexuel professeur de philosophie, issu d’un milieu ouvrier très réac et primaire, qui a totalement coupé les ponts  pendant des dizaines d'années. Quand son père meurt, ce père tant haï, mais ce père qui n’est plus lui-même puisqu’atteint de la maladie d'Alzheimer, c’est pour lui le moment de revenir sur son parcours.

J’imaginais un truc sur cette rupture du lien, cette fracture sociale et humaine. Encore sous l'emprise de Y revenir de Dominique Ané, je pensais trouver un travail émotionnel, ou même une réflexion rétrospective sur le lien familial et sa défaillance. Mais  Didier Eribon  livre des faits. C'est comme ça, il ne reviendra pas dessus. La blessure est telle que c'est indiscutable. Didier Eribon s’est construit sur la honte, il se considère comme un « miraculé ». La façon dont il nous présente la situation tend à nous le rendre compréhensible. Il reconnaît à la rigueur qu'il a peut-être un peu simplifié le problème, qu’il n'a pas vu les ouvertures possibles (il avait 20 ans, dit-il comme  « excuse »), mais il les considère comme ayant été tellement infimes qu’elles étaient négligeables.

Donc, contrairement à ce que l'on croit au départ, se raconter, si c’en est une part importante, n'est pas le l'objet réel du livre. L’objet du livre, c’est le Pourquoi et le Comment.

Eribon élargit son propos,  s'appuyant sur son expérience individuelle, mais sans aucun mode de traitement psychologisant. C'est d’abord l’ analyse socio-politique d'une certaine classe ouvrière sans culture et sans savoir, avec un quotidien et une pensée totalement misérables. Des gens qui n' avaient (n’ont ?) d'autres ressources que de chercher à se protéger, et cela c'est fait dans le rejet de l'autre, puisque l'autre s'est si mal comporté avec eux.. Cela passait par un vote d'abord communiste (contre les possédants) puis FN (contre l'étranger, l'autre en général puisque, dans cette misère, personne ne peut trouver grâce à leurs yeux). Mais comprendre cela n’est pas forcément l’admettre


   Il est assez facile de se persuader, de façon abstraite, qu'on n'adresserait pas la parole ou qu'on ne serrerait pas la main à quelqu'un qui vote pour le Front National… Mais comment réagir quand on découvre qu'il s'agit de sa propre famille ? Que dire ? Que faire ? Et que penser ?


Eribon reste sur ce questionnement et n’apporte pas de réponse.


Si cette faille culturelle s'est installée entre lui et sa famille c’est qu’il a pu franchir un autre fossé, celui qui le séparait du milieu scolaire, de la culture et de la pensée. Un  milieu d’origine où le seul savoir à acquérir était la lecture et le calcul, où la notion d’étude était étrangère, où le savoir était rejeté comme l’affaire des nantis. Et un lieu , l’école, seule porte de sortie, qui se croit la Reine de la fameuse égalité des chances, mais totalement rejetante pour un enfant, « sauvage » en quelque sorte, qui lui rend bien cette incompréhension et ce rejet. Une histoire d’amour , de haine et de fascination.

Pris entre ces deux monde, pour Eribon

   Résister c'était me perdre. Me soumettre, me sauver.


Il ne pouvait se vivre que comme en exil.

 
Et comme tout exil, celui-ci contenait une forme de violence.



   C'est pourquoi une philosophie de la « démocratie » qui se contente (même si ses auteurs s'émerveillent eux-mêmes d'avancer une pensée aussi « scandaleuse ») de célébrer « l’égalité » » première de tous avec tous et de ressasser que chaque individu serait doté de la même « compétence » que tous les autres n'est en rien une pensée de l'émancipation, dans la mesure où elle ne s'interroge jamais sur les modalités de la formation des opinions ni sur la manière dont ce qui résulte de cette « compétence » peut s'inverser du tout au tout - pour le meilleur ou pour le pire – chez une même personne dans un même groupe social, selon les lieux et les conjonctures, et selon les configurations discursives à l'intérieur desquelles, par exemple, les mêmes préjugés peuvent soit devenir la priorité absolue, soit être tenus à l'écart du registre politique.


Enfin Eribon parle de son homosexualité, du besoin de la vivre et de la protége/cacher en même temps, face à une homophobie dont la description nous montre à quel point il est utopique de la considérer comme marginale, et de l’acquisition « sur le tas » de sa culture spécifique, du mode de vie qu’elle implique entre revendication et « besoin d’assimilation »..

   Cette résistance quotidienne, obstinée, indéracinable, inventive que les gays ont opposée aux forces de la culture dominante qui les menaçaient sans cesse, les maltraitaient, les humiliaient, les réprimaient, les traquaient, les  pourchassaient, les frappaient, les blessaient, les arrêtaient, les emprisonnaient…


Là encore, se construire avec, et contre.

   Notre passé est encore notre présent. Par conséquent, on se reformule, on se recrée (comme une tâche à reprendre indéfiniment), mais on ne se formule pas, on ne se crée pas.(…) Il ne faut pas rêver d'un impossible « affranchissement », tout au plus peut-on franchir quelques frontières instituées par l'histoire et qui enserrent nos existences.

Ne cherchez pas ici de l'affectif. Eribon se satisfait de l'analyse, du factuel, il donne à voir, il donne à  comprendre. Il s'est blindé, et il n'a aucune intention de gratter ce blindage. En tout cas , ce n’est qu’à la dernière page, bouleversante après cette somme de distance et d’érudition, que les interrogations brutalement le submergent et que l’émotion reprend ses droits.

(commentaire récupéré)


mots-clés : #identitesexuelle #discrimination #social
par topocl
le Mar 27 Déc - 10:14
 
Rechercher dans: Sciences humaines
Sujet: Didier Eribon
Réponses: 2
Vues: 628

Giorgio Bassani

Tag identitesexuelle sur Des Choses à lire - Page 2 51pckh10

Derrière la porte

Originale : Dietro la porta (Italien, 1964)

CONTENU :

Giorgio Bassani raconte dans ce livre une histoire d'amitié, de trahison et le temps de devenir adulte...

Ferrara, Octobre 1929 : le protagoniste, un garçon de 16 ans, sensible et intelligent, entre dans les classes supérieres d'un lycée. Chez les nouveaux coécoliers il ne trouve pas d'amis, jusqu'à ce que Luciano apparaît. Le narrateur cherche l'amitié avec ce garçon difficilement compréhensible, fasciné et repulsé au même moment. Luciano partage avec lui ses propres premieres expériences sexuelles et l'attire dans une sphère de secret… Des mois plus tard le protagoniste doit apprendre que Luciano a joué un « double jeu » pendant tout ce temps...

STRUCTURE :

15 chapitres numérotés, à peu près de longeur égale, sans titre, sur environ 140 pages (dans mon édition allemande).

REMARQUES :

Au changement de l'école, des premières classes du « gymnasio » vers le « liceo », l'environnement du narrateur change complètement : les professeurs ont l'air plus sévères, distanciés, la composition de la classe est autre et aussi son meilleur ami doit répéter une année scolaire et devient inaccessible. Et déjà sur la première page du récit il va avouer qu'a commencé la période la plus noire et malheureuse de son enfance et adolescence déjà difficile. Le narrateur parle maintenant dans une distance de trente années face à ces évenemenets: donc vraiment une impression qui avait resté.

L'adaptation donc, pas du point de vue des succès scolaires, mais de nouveaux liens d'amitiés, ne veut pas réussir, et les anciens camérades sont loins. Puis, début 1930, après les vacances de Noël, apparaît ce Luciano : il fait presque la cour du solitaire, aimerait s'imposer comme ami. Et il suscite des sentiments assez contradictoires : entre le désir irremplaçable d'amitié et de compagnie, mais aussi le dégoût, l'opposition envers certains aspects de sa personnalité. Après quelque temps les « confessions » de Luciano glissent sur une pente douteuse, assez voyeuriste, voulant forcer le narrateur de le suivre. Cela ne peut que susciter la gêne chez celui-ci. Puis, par le contact avec d'autres camarades, sont révélées des choses insoupçonnées de Luciano. Oui, peut-être les remarques ambiguës de Luciano lui révèlent un part refusée de sa propre personnalité : la découverte de la sexualité (dans la puberté) ; la méfiance et l'opposition pas seulement envers les déclencheurs de ces parts, mais aussi envers soi-même.

Certaines questions me semblent dans le contexte du fascisme environnant encore autrement envisageables : Dans le désir d' »appartenance », comment ne pas se trahir soi-même, donner clairement et librement expression de notre opinion, nos sentiments ?

Ce livre appartient, dans l'oeuvre de Bassani, au cycle de Ferrara, sa ville d'origine tant aimée, qui se trouve presque toujours au centre de ses écrits. Assez probablement aussi ici, comme si souvent, il aura travaillé avec des élements de son vécu. Ainsi on retrouve certains sujets clés de l'auteur : l'identité juive du personnage centrale, Ferrara, l'être autre du protagoniste dans le contexte du fascisme ambiant des années 20 et 30, une homosexualité latente… C'est avec une écriture fine, simple et perspicace que l'auteur fait le bonheur de ses lecteurs.



mots-clés : #identitesexuelle #initiatique
par tom léo
le Ven 23 Déc - 18:29
 
Rechercher dans: Écrivains Italiens et Grecs
Sujet: Giorgio Bassani
Réponses: 5
Vues: 1004

Yves Navarre

Le temps voulu

Tag identitesexuelle sur Des Choses à lire - Page 2 Image153

La première  page:
Quand ça arrive, en fait, on ne s'y attend pas. On n’attend plus. Un petit moment d'étourderie, et quelqu'un entre dans votre vie, bouscule, caresse, attaque, prend place. Avant même que tout commence, c'est déjà trop tard. On ne sait pas qui choisit qui, quand, comment, pourquoi. On ne le sait qu'après, quand tout est terminé, l’un rejetant sur l'autre toute la responsabilité, et inversement. Et si je te raconte l'histoire du jeune homme de l'été dernier, ce ne sera pas pour l‘accabler. Ce que nous avons vécu, ensemble, un temps, est accablant, vivant, exaltant, blessant, dérisoire. Je dois aller jusqu'au bout de cette histoire. Non pour m'en défaire mais pour la porter, comme un habit neuf, pour les jours à venir.

Rien ne justifie l'absurdité du malheur. Habitués à tout vouloir comprendre, nous oublions trop vite, par le fait des ruptures, cassures, fractures, quand on se quitte, ce que furent les instants d'abandon et de partage, pour ne pas dire de bonheur. Ces instants-là sont irremplaçables.


Difficile d ‘être totalement objective avec un livre, qui me marqua il y a plus de trente ans, et que je reprends aujourd’hui, nostalgie, nostalgie !

C’est quoi ?
Une histoire d’amour !
C’est tout ?
Non , de solitude et d’attente, aussi.
C’est tout.
Mais c’est beaucoup.

   « Qu'est-ce que tu t’es dit, à la gare, juste après son départ ? ». John marche à côté de moi. Betsy et Ruth nous suivent. Je réponds « comment c'était avant. Je me suis demandé comment c'était, avant lui, et j'avais déjà oublié, tout oublié. Avant lui, il n'y avait plus rien, rien d'un coup d'un seul, ardoise magique. Il avait tout effacé. (…) »



Pierre la quarantaine qui a connu plein de garçons, est à ce passage difficile où il devient « le plus vieux » dans le couple » C’est un homme exigeant, secret, qui vit dans l’urgence du sentiment, patient, à l’écart de toute futilité, fuyant le caractère conventionnel d’une famille « correcte » qu’il dérange, mais sa famille quand même.

Et du jour au lendemain, il passe sous l’empire de Duck, la moitié de son âge, sourire au lèvre, incertain, provoquant, voyageur, un égoïste ensorcelant qui prend et ne donne pas toujours. L’amour fait un bien fou, l’amour fait souffrir. Quand son souffle a passé, Pierre revient par l’écriture sur cette histoire d’un été qu’il nous donne à voir dans une récit intense. Un peu d’humour aurait sans doute allégé le récit, mais ce n’est pas un ingrédient dont Navarre est friand, et il eut été alors moins personnel. On n’en reste pas moins pris dans cette histoire aussi simple que tourmentée, aussi sensuelle que réfléchie : Pierre réfléchit , analyse, parlemente avec lui-même, et dans le bonheur reste un désespéré perpétuel, comme nous le montre la belle première scène à l’hôtel Nikko. Et cela donne de nombreux très beaux passages, de ces passages qu’on a envie de noter pour les relire au calme, en s’ imprégnant de leur force tranquille,( parfois presque trop beaux, mais on passe assez vite sur cette lourdeur qui ne suffit pas à effacer l’intensité des sentiments) au rythme scandé, assez obsédant, comme des poèmes en prose...

En tout cas, tout Yves Navarre est là, jusqu’au chat Boubou !


mots-clés : #identitesexuelle
par topocl
le Mar 20 Déc - 13:34
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Yves Navarre
Réponses: 13
Vues: 662

Khaled Hosseini

Khaled Hosseini
Né en 1965

Tag identitesexuelle sur Des Choses à lire - Page 2 Hossei10


Khaled Hosseini (en persan : خالد حسینی), né le 4 mars 1965 à Kaboul, est un écrivain américain d'origine afghane, installé en Californie.

Cadet de cinq enfants, fils d'un diplomate et d'une professeur de farsi dans une école de filles, Khaled Hosseini suit les affectations de sa famille, d'abord en Iran (1970), revient à Kaboul en 1973, puis à Paris en 1976 où son père occupe une fonction diplomatique à l'ambassade d'Afghanistan (Khaled Hosseini effectue sa 6e, sa 5e et sa 4e dans un collège de Courbevoie ; il parle depuis couramment le français). En 1980, plutôt que de retourner dans leur pays d'origine, occupé depuis 1979 par les Soviétiques, les Hosseini obtiennent l'asile aux États-Unis1.

Ayant obtenu son bac en 1984 et rejoint en 1988 l'université de Santa Clara où il obtient une licence en biologie, l'année suivante, il entre en faculté de médecine à l'université de Californie à San Diego où il obtient son doctorat en 1993. Il complète sa formation en tant que médecin interne au Cedars-Sinai Medical Center de Los Angeles en 1996. Khaled Hosseini exerce depuis cette date la profession de médecin. Il a obtenu un succès littéraire en 2003 grâce à son premier roman, écrit en anglais,The Kite Runner, en français, Les Cerfs-volants de Kaboul, devenu culte aux États-Unis et dans de nombreux autres pays où il est déjà traduit en douze autres langues (en Italie, il en est déjà à 33e édition depuis 2004). Dreamworks a acheté les droits de ses deux romans pour en faire deux films (le premier par Marc Forster).

Il fait l'éloge de l'UNHCR dans l'épilogue de son deuxième roman, A Thousand Splendid Suns (Mille soleils splendides), en tant qu'envoyé de bonne volonté de cette organisation.

Khaled Hosseini est marié et a deux enfants. Il a été déclaré auteur de l'année 2008, selon une analyse des marchés de neuf pays.



traduits en français

2005 : Les Cerfs-volants de Kaboul
Prix des libraires du Québec
2007 : Mille soleils splendides
2013 : Ainsi résonne l'écho infini des montagnes

_______________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________

Tag identitesexuelle sur Des Choses à lire - Page 2 51iahf10


Ainsi résonne l’écho infini des montagnes

L’ auteur  est très habile à égrener  cette histoire, celle d’une famille Afghane, qui débute sur un conte  prémonitoire.  Du printemps 49 à l’hiver 2010, les différents protagonistes se racontent  et se rencontrent divulguant  les destins des uns et des autres, les autres dont la  présence aléatoire est pourtant essentielle pour la liaison et la continuité de l’histoire.

Le déroulement n’est pas chronologique et  c’est, à mon sens, l’un des intérêts du récit que de distiller la découverte au lecteur.

Bien que ces destins nous amènent en différents lieux,  USA, île Grecque, France,  l’âme de ce récit et de cette famille demeure en Afghanistan.

Les rapports  entre les personnages, notamment ceux parents/enfants sont  finement appréhendés. L’auteur  dévoile pudiquement l’homosexualité d’un des personnages ;  c’est aussi avec sensibilité que les lâchetés  acceptées sont évoquées.

C’est donc à la fois le » portait » de l’Afghanistan  à différentes époques et celui des protagonistes de l’histoire qui rendent palpable la respiration  de ce pays.

Une excellente lecture !

Extraits

« Le temps leur était compté. Il contempla ses cinq enfants d’un air abattu. Un doigt devait être coupé pour sauver la main. Il ferma les yeux et tira un caillou au sort. »

« J’ai été très gêné lorsque les gens se sont massés pour la voir. Il y avait là Baitullah, un ami d’enfance, qui l’observait depuis le bord d’un toit, accroupi à côté de ses frères. Ils formaient comme une rangée de corbeaux, mâchonnant tous du tabac naswar. »

« Il lui décrit sa blessure, le manque de moyens de l’hôpital Wazir-Khan. Il lui confie l’engagement qu’il a pris envers Amra et la fillette. En même temps qu’il prononce ces mots à voix haute, il sent sa promesse peser sur lui comme cela n’avait pas été le cas à Kaboul, quand Amra l’avait embrassé sur la joue, et il est troublé de faire le rapprochement avec les remords que peut susciter un achat inconsidéré. »

« Je n’ai pas mentionné Nila Wahdati, ni sa fuite à Paris après l’attaque de son mari, ni toutes les années que Nabi a passées à prendre soin de Suleiman. Cette histoire là. Ele comporte trop de parallèles qui appellent un retour de bâton. Ce serait comme lire à voix haute mon propre chef d’inculpation. »

« Voilà ce qui coince avec la gentillesse de Mama, ce qui ternit ses interventions en faveur des autres et ses gestes de bravoure. La dette qui les accompagne. Les exigences, les obligations qu’elle impose en contrepartie. Sa façon de monnayer ces actes, de réclamer en échange votre loyauté et votre allégeance. «



mots-clés : #famille #identitesexuelle #lieu #relationenfantparent
par Bédoulène
le Jeu 15 Déc - 18:56
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: Khaled Hosseini
Réponses: 0
Vues: 397

Russell Banks

Lointain souvenir de la peau

Tag identitesexuelle sur Des Choses à lire - Page 2 Banksp10

Le Kid, 22ans , un homme (ou un gamin?) qui n’ a plus de nom, et plus d’existence aux yeux de la société, mais marqué à vie et fiché sur internet. Condamné pour déliquescence sexuelle, il a purgé une peine de prison, et est assujetti pour 10 ans au port d ‘un bracelet électronique, à l’interdiction d’habituer dans un lieu où il pourrait côtoyer des enfants et figure  sur un site répertoriant les délinquants sexuels des Etats Unis, accessible à tous. Rejeté et quantité négligeable dans le monde réel, suivi et surveillé dans le monde virtuel... Dans cette presqu’île de Calusa noyée sous le béton, le seul lieu habitable est un espace vague sous une bretelle d’autoroute , en compagnie d’autres délinquants sexuels. Ayant grandi dans un désert affectif puis une misère sexuelle complets, n’ayant jamais eu pour  ami qu’un iguane apprivoisé, il a intégré cette image de lui que la société veut donner, et fini par accepter comme juste et logique cette exclusion absurde.

Sa vie va cependant être bouleversée, durant les quelques jours que dure le roman, par une descente de police, une tempête qui ravage la ville et son lieu de vie, mais surtout parce que quelques individus, par intérêt et/ou ( ?) compassion vont le regarder autrement que s’il était une chose (repoussante qui plus est), le regarder, l’écouter, lui parler : un Professeur de sociologie géant et obèse qui élude en gloussant les questions d’ordre privé, un couple dont le femme n’est autre que Dolorès, l’attachante conductrice du bus de De beaux lendemains, qui a refait sa vie et garde sa vision du monde lumineuse et chaleureuse, et l’Ecrivain, un type qui ressemble à Hemingway (et peut-être bien aussi à Russell Banks ?). Avec eux , le Kid va se découvrir une identité, s’expliquer à lui-même, mieux comprendre le monde ; il va découvrir , et nous avec, le sens profond de la vérité , du mensonge et du secret, un autre rapport au bien et au mal que par la culpabilité ou la honte

Voilà un livre d’une grande intelligence, peut-être parfois un peu trop grande et qui peut par moment glacer. La première partie est distante et froide, lisse d’une certaine façon, comme le Kid qui n’a jamais appris à vivre et à aimer. Puis l’intrigue se noue, les affects se déchaînent, et Russell Banks  nous propose une démonstration magistrale où rien n’est jamais acquis, tout est perpétuellement remis en question, au contraire du monde simple mais inhospitalier du début. L’émotion monte au fur et à mesure que les personnages gagnent en complexité , au delà de leur aspect premier et des étiquettes qu’on leur   attribue . Il y a quelques moments un peu glauques, mais parfaitement justifiés par le sujet.

Un roman qui gagne en ampleur au fil des pages, des personnages uniques, un style narratif ciselé, des descriptions de paysages , de sites urbains, de phénomènes naturels… Russell Banks revient à son meilleur avec un roman d’aventure personnelle plein de messages et de profondeur.


(commentaire rapatrié)


mots-clés : #discrimination #identitesexuelle #social
par topocl
le Lun 5 Déc - 9:49
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: Russell Banks
Réponses: 32
Vues: 1982

Daniel Arsand

Je suis en vie et tu ne m'entends pas .

Tag identitesexuelle sur Des Choses à lire - Page 2 Index110



Klaus a passé quatre mois à Buchenwald, lieu non-nommable. Il y était le dernier parmi les derniers, rebut au sein du rebut, incarcéré pour son homosexualité.
C'est l’histoire de son retour dans un monde devenu hermétique suite à l'épreuve, où il fait face, "pédé", "tante", à la persistance de la haine. mais aussi à l'amitié, à l'amour et à l'espoir.
C'est un texte terrifiant d'humanité désespérée, un rapport violent, haché, haletant, du chaos intérieur d'un homme démantelé.


(commentaire rapatrié)

mots-clés : #campsconcentration #identitesexuelle #segregation #discrimination
par topocl
le Ven 2 Déc - 18:05
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Daniel Arsand
Réponses: 6
Vues: 589

Revenir en haut

Page 2 sur 2 Précédent  1, 2

Sauter vers: