Des Choses à lire
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Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Jeu 2 Juil - 12:23

164 résultats trouvés pour initiatique

Kazuo Ishiguro

Auprès de moi toujours

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 6 Cvt_au10

Souvenirs d’enfance en pension de la narratrice, à l’écart dans la campagne anglaise fin XXe.
Description méticuleuse de l’enfance, ses jeux, ses fantasmes, ses frictions, ses interrogations, ses manipulations déjà… Une enfance assez heureuse, protégée, avec l’accent mis sur la création artistique, jusqu’à la découverte de la sexualité.
La lecture est un peu longue, malgré une grande finesse psychologique, un style précis, une atmosphère étrange et les allusions à ce qu’on va découvrir – sans omettre une émouvante humanité.
J'hésite à divulgâcher une révélation si minutieusement amenée, une anticipation portant sur une cruelle conséquence du progrès technologique.
divulgâchage:
Les enfants sont des clones élevés pour le don d’organes.

Ce livre vaut aussi, à mon sens, pour la représentation du subtil conditionnement via le système éducatif, employant notamment affligeants euphémismes et xyloglossie ; c’est édifiant, et transposable… Ce que l’on est censé faire, dire, penser…

Réflexion subséquente à ladite lecture, la prolongeant quelque peu (ce bouquin doit avoir été écrit pour ça) : le fait est aujourd'hui que les avancées technologiques sont implémentées sans réflexion préalable. Les moyens justifient la fin (mais vice-versa). On agit, on pense après, et comme notre société va de plus en plus vite, les dérives sont de plus en plus inévitables.  Face à la vibrionnante et vaine suractivité (médiatique) de beaucoup de décideurs économiques et politiques, les conseils de sages, experts ou anciens permettent de moins en moins le contrepoids d’une réaction. Pour mémoire, un tel mécanisme a été un des paramètres obligatoires de la Shoah.


mots-clés : #initiatique
par Tristram
le Mar 28 Fév - 23:54
 
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Sujet: Kazuo Ishiguro
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Brady Udall

Le Destin miraculeux d’Edgar Mint

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 6 Tylych22

"Si je devais ramener ma vie à un seul fait, voici ce que je dirais : j'avais sept ans quand le facteur m'a roulé sur la tête. Aucun événement n'aura été plus formateur. Mon existence chaotique, tortueuse, mon cerveau malade et ma foi en Dieu, mes empoignades avec les joies et les peines, tout cela, d'une manière ou d'une autre, découle de cet instant où, un matin d'été,la roue arrière gauche de la jeep de la poste a écrasé ma tête d’enfant contre le gravier brûlant de la réserve apache de San Carlos."
Edgard Mint pourrait être aux années 2000 ce que Garp fut aux années 80. Après Lâchons les Chiens, Brady Udall s'impose avec ce roman inclassable et génial, comme une des grandes révélations de la littérature américaine.


"Cher Monsieur,
Je m'appelle Edgar Mint. Il y a longtemps, quand vous étiez facteur en Arizona, vous m'avez roulé sur la tête. Je sais que vous vous en voulez pour ça. Je tenais à vous dire que je n'étais pas mort. Même pas trop handicapé. J'ai des crises et un crâne bosselé, mais c'est tout. Et puis, j'ai été dans le coma. Maintenant je vis en Utah dans une famille très gentille. Je ne sais pas où vous êtes, mais j'espère vous retrouver un jour. Ne vous inquiétez pas pour moi, je vais bien et je ne suis pas mort. J'espère que vous ne vous en voulez plus trop. Tout est pour le mieux.
Votre ami,
Edgar P. Mint
PS.: Je ne peux pas signer parce que mon cerveau a un autre petit problème. Je n'arrive pas à écrire.
Mais ne vous en faites pas pour ça non plus, j'ai une machine à écrire."


Edgar Mint ou l'histoire d'une vie , et pas n'importe laquelle.
Un petit pavé ensorcelant qui se lit d'une traite grâce à la plume cynique et audacieuse de Brady Udall , les longueurs sont inexistantes , on est tout simplement plongé dans l'univers d'Edgar.
Un monde brutal , d’avilissement , d'humiliation et d'espoir , et pourtant jamais Udall ne tombe dans le larmoyant , une grande démonstration littéraire qui fait naître un attachement profond pour ce petit bonhomme non pas par de grandes élocutions , mais par l'émotion qui transpire des lignes de l'auteur .
On rit , on sourit , on est touché , triste , outré , un panel de ressentis au fil des pages qui s’entremêlent sans jamais nous lasser.
Edgar Mint , c'est le genre de livre dont on redoute la fin , et une fois que celle ci arrive , on taperait presque du pied de déception , on ne veut pas quitter ces personnages , on ne veut pas tourner la page D'edgar et on peine à reprendre un livre.
Un gros coup de cœur qui me laisse nostalgique , orpheline d'un personnage que j'avais adopté et qui continue de vivre en moi à qui je voudrais dire " Que deviens-tu Edgar?"


[...] Dans le jardin de devant se dressait, squelette calciné, un vieux peuplier frappé par la foudre qui n'offait pratiquement pas d'ombre jusqu'à ce que ma mère ait pris l'habitude d'accrocher des boîtes de bière aux branches noircies à l'aide de fil de pêche. Les centaines de canettes, auxquelles une bonne douzaine venait chaque jour s'ajouter, tintaient doucement quand la brise se levait, mais elles ne contribuaient guère à donner de la fraîcheur à la maison.



...je ne perçois toujours aucun dessein divin derrière la confusion de l’existence, aucune volonté organisatrice.Tout n'est que mystère ou, plus précisément, vaste foutoir. Il n'y a ni héros, ni méchants, ni sauveurs, ni anges, ni démons. Il n'y a que ceux qui sont morts ou ceux qui, je ne sais pour quelle raison, ont survécu. Rien de tout cela ne m'empêche de croire en Dieu. Je crois en Lui, seulement je ne sais pas si j'aurai un jour foi en Lui.



mots-clés : #initiatique
par Ouliposuccion
le Sam 25 Fév - 10:56
 
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Sujet: Brady Udall
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Henry James

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 6 Maisie10


Ce que savait Maisie

le sujet : une fillette dont les parents sont divorcés et chacun remarié ce qui fait dire à la fillette qu'elle a 2 maman et 2 papa. Elle sera un prétexte que chacun accaparera ou se renverra pour se mieux haïr et ce n'est qu'auprès d'une gouvernante vieille, laide qu'elle trouvera l'affection dont elle a toujours manqué. Son beau-père et sa belle-mère l'aimeront aussi, mais cette dernière plus égoïstement, le beau-père, de faible caractère prouvera cependant son amour en lui laissant décider avec qui elle veut vivre.

L' innocente fillette comprendra assez rapidement la situation dans laquelle elle se trouve, l' abandon de ses parents au profit des beaux-parents et se découvrira le "sens moral" dont la gouvernante l'accuse de manquer après bien des revirements, des emballements, des peurs et des situations inconfortables. Les enfants contraints de "partager" les vicissitudes de la vie des adultes mûrissent vite et Maisie est une fillette intelligente.

En fond une critique sur une certaine société de l'époque ; en effet on ne peut comprendre la situation de la fillette et des différents personnages qu'en se référant aux moeurs et les lois de la société Anglaise à cette époque (fin 19ème siècle). La distinction des classes est très sensible.

Une lecture intéressante à laquelle une écriture mesurée qui ne dévoile que peu et laisse la place à l'imagination, celle de la fillette et celle du lecteur, est efficace.


mots-clés : #famille #initiatique #xixesiecle
par Bédoulène
le Jeu 23 Fév - 20:51
 
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Sujet: Henry James
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Velibor Čolić

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 6 41cim210

Jésus et Tito


Original : Français, 2010

CONTENU :
En 1970 dans la Yougoslavie de Tito, Velibor a six ans et rêve de devenir footballeur. Noir et Brésilien, de préférence. Velibor fait l'inventaire de ses souvenirs, une enfance sous une bonne étoile, rouge, et une adolescence rock'n roll. Avec une mère catho et un père partisan, ce sera Jésus contre Tito, le match rejoué chaque soir à la maison. Entre Jack London et Pelé, The Clash et Bukowski, le poète en devenir sera maudit, assurément.

REMARQUES :
Čolić déroule en petits tableaux sa vie de la petite enfance jusqu'à la sortie du service militaire. Mais – attention ! - c'est probablement romancé et donc sémi-fictif. Néanmoins, ayant vu l'auteur lors d'une lecture publique où il s'expliqua sur cette façon de procèder, on pourrait être sûr que derrière toute affubulation il y a des éléments très vrais. Dont par exemple ce tiraillement entre la mère croyante et le père politisé. L'un contre l'autre ? Ou l'un avec l'autre ? Le titre indique plutôt Jésus et Tito. Mais ces tensions sont ceux d'un peuple, ou des peuples. Et pendant longtemps dans cette Ex-Yougoslavie les différentes groupes ont pu coexister et même s'apprécier: dans le village de l'auteur alors les Orthodoxes (Serbes), les Catholiques (Croates) et les Muselmans (Bosniaques). Seulement les Juifs semblaient être à part...

Autres expériences difficiles ou déchirantes mêmes l'attendent, dont spécialement le service militaire vers la fin du livre.

Les tableaux sont certainement liés par la vie du narrateur, mais surtout au début - peut-être à raison de la cruauté de l'enfance ? - me paraissaient pas de grand intérêt. Mais néanmoins l'auteur se bonifie avec les pages (selon mon avis) : cela devient bien, même très bien raconté, et les différentes parties gagnent en unité et pugnacité et le contenu nous devient proche. Proche aussi, peut-être, pour expliquer une autre forme de rêve « socialiste » qui paraissait plus humain sous le ciel de Tito ? Paraissait ? Qu'est-ce qui est advenu ? L'enfant et l'adulte si enthousiaste semble se distancier du rêve, au moins de sa forme en réalité.… La suite ? Cela sera probablement écrit dans d'autres livres de Velibor, le Grand, balkanique à souhait ?! (Dont par exemple « Manuel d'exile » décrit l'arrivée en France.)

La langue est (ou devient?) très fluide, maîtrisée, assez étonnant pour un non-Français d'origine d'écrire comme ça dans la langue de Molière. Il peut être très pointu, drôle. Dans l'ensemble très bien, après un début plutôt difficile.


mots-clés : #famille #initiatique
par tom léo
le Mer 22 Fév - 16:28
 
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Sujet: Velibor Čolić
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Peter Cameron

Un jour cette douleur te servira

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 6 Rhydhd10

Au début du livre, après ce titre qui évoque une tragédie antique, on est plutôt surpris de la légèreté qui, dans une grande acuité d'observation, évoque plutôt une comédie alerte. Ce n'est que peu à peu que les angoisses et le drame s'insinuent, mais il y a toujours ce recul de l’humour, de la tendresse pour ses personnages. La dérision (le monde de l’art contemporain par exemple) reste toujours affectueuse. James Peter Cameron a un sens de la formule, qui émaille son  texte sans pour autant tomber dans l'aphorisme .

Les gens se figurent toujours que s’ils trouvent des arguments pour prouver qu'ils ont raison, on changera d'avis.


Ce roman séduit par la description de James, cet adolescent qui a un profond besoin de silence et de solitude, au point que cela le gêne dans sa communication avec les autres, mais le rend sans doute fort puisqu' il échappe au besoin de se rendre aimable, de séduire, d’avoir besoin du jugement favorable de l'autre. On est en même temps déchiré pour ce pauvre James, mais épaté de sa capacité à garder la tête hors de l’eau. J’ adore ce gamin, même si j’ imagine qu'il doit être assez difficile à supporter dans la vraie vie Je connais quelqu'un qui fonctionne exactement comme ça (en moins malheureux), j’ai une partie en moi qui y ressemble,  et je trouve que ce type de profil est rarement dépeint en littérature, dans une société où le relationnel, la communication, sont mis en exergue comme une espèce de postulat définitif (où le récapitulatif du nombre de ses amis est la base-même de l’image qu’on a  de soi).

Être seul constitue pour moi un besoin fondamental, comme la nourriture et l'eau, mais je me rends compte qu'il n'en va pas de même pour les autres. Mes compagnons de chambre paraissaient enchantés de la vie en commun dans le style on pète, on se fume un joint, et il se fichaient visiblement de ne jamais jouir de la solitude. Pour me sentir tout à fait moi-même, il faut que je sois seul. Communiquer avec les autres ne me vient pas spontanément ; c'est une contrainte qui me coûte un effort et donc, comme cela ne vient pas spontanément, je n'ai pas l'impression d'être tout à fait moi-même lorsque je fournis cet effort. Avec les membres de ma famille, je suis assez à l'aise, mais même là ça devient par moments une contrainte de ne pas me trouver seul


Plaisant aussi, c'est que, si on voit James et ses proches (ses parents, sa sœur) dans l’incapacité de gérer leur propre vie : ils courent désespérément après leurs amours impossibles, se comportent souvent en égoïste parfait, cependant, ils restent fondamentalement sympathiques, attentifs à l'autre dans leur détresse, complètemen,t maladroitement, certes, mais attentif quand même. Je trouve que beaucoup d'amour réunit ces quatre personnages qui devraient avoir la vie facile, mais se la compliquent perpétuellement, ils semblent partir chacun de leur côté mais un fil les retient.

Il me paraît à peu près évident que chacun retrouve dans cette histoire des choses qu'il a vécues étant adolescent, avec plus ou moins d'intensité, (et qu'il a peut-être revécu avec ses propres enfants adolescents) : cette solitude, cette incommunicabilité, cette impression d'être incompris, cette angoisse à entrer dans le monde des adultes, avec tout ce qu’il a de rebutant, ce refus des compromis, où il semble que faire le premier pas fait entrer dans un monde où on ne maîtrisera plus rien, où tout sera définitif sans échappatoire et prendre un chemin de traverse sera impossible. James prend finalement sa décision, à partir du moment où sa grand-mère lui propose d'autres pistes, où il comprend que l’ université n'est pas un chemin tout tracé par ses parents, contre lequel il faut se dresser, mais un choix qu'il assume lui-même puisqu'il n'est plus contraint.

Je vais émettre quelques réserves (ça sera moins louche) : j'ai trouvé que les 2 personnages tutélaires de James, la psy et la grand-mère était trop peu fouillés.
La psy est vraiment archétypale, avec tous les défauts qu'on retrouve toujours chez les psys dans la littérature (mais peut-être aussi dans la réalité ? ? Je n'en ai jamais rencontré en tant que thérapeute). Quant à la grand-mère, elle est un tout petit peu trop parfaite et  compréhensive. Mais tout cela n'est que détail, dans un roman gai et profond, d'une grande finesse psychologique sans être du tout psychologisant, parfois tordant, souvent émouvant où tout est subtilement dosé (je trouve que ce mot subtil lui va comme un gant)

(commentaire récupéré)


mots-clés : #initiatique #psychologique
par topocl
le Dim 19 Fév - 13:00
 
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Sujet: Peter Cameron
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Plinio Martini

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 6 Martin11

REQUIEM POUR IANTE DOMENICA

"Dans la grande cuisine de tante Domenica et en attendant son enterrement, Marco patientait au milieu des parents, presque tous frères et soeurs ou cousins paternels, neveux comme lui de la défunte et arrivés en compagnie de leur femme ou de leur mari et de leurs enfants si nombreux qu'à les voir réunis, lui qui vivait loin d'ici depuis quelques années, il s'en étonnait, et s'efforçait sans  trop de succès d'en faire le compte..."

Après dix sept ans d' absence, Marco revient dans son village natal, dans une vallée reculée du Tessin.
On y célèbre les obsèque de sa tante Domenica.
Et Marco se remémore sa vie passée au village.
Un village longtemps oublié de l'histoire, replié sur ses coutumes ancestrales, ses traditions, ses rites. Ses travaux rudes de montagnards pauvres et sans confort.

Marco a vécu sous l'autorité de la tante. Une bigote fanatique, confite dans ses mortifications ; ses prières et sa morale rigide.
Dans ce village antique elle est investie d'un chariisme qui domine l'inconscient collectif de la communauté, et l'inconscient profond de son neveu.
Laide, elle incarne une idéologie tout entière, dont l'emblème est le nez, un nez interminable.

Marco découvre l'amour avec une jeune fille de seize ans, sensuelle et beaucoup plus futée que lui.
Pris sur le fait alors qu'ils font l' amour, Marco, culpabilisé quitte le village.

Tel est ce récit, qu'on peut considérer comme un acte d' accusation contre la communauté de l'auteur,  ses rites, son étroitesse d'esprit.
Comme d'autres écrivains, Plinio Martini aime et déteste à la fois son milieu, le traditionalisme religieux qui a marqué son esprit de façon durable.
Mais il a su trouver la bonne distance par rapport à la réalité.

Son style est moderne et met en valeur les qualités psychologiques des personnages.
Je l'ai même trouvé envoûtant dans ce moment de ressassement de la mémoire qu'est le temps des obsèques et aussi de la narration.


mots-clés : #initiatique #religion #mort[/color]
par bix_229
le Ven 17 Fév - 19:39
 
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Sujet: Plinio Martini
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Harper Lee

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 6 Ne-tir10

"Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur"

Souvenirs d'une femme (la narratrice) sur son enfance en Alabama, ancien état confédéré, dans les années 30, alors que la Grande Dépression sévit toujours. La vie de celle-ci, alors petite fille, Scout Finch, et de son regard sur ce qui l'entoure sur une durée de 3 ans. Entourée d'Atticus, son père, avocat, et de son ainé, Jem. Elle et ce dernier explorent le quartier et découvrent ses habitants, Miss Maudie, charmante voisine qui leur propose souvent de venir manger des gâteaux et Miss Cindy, la langue de vipère du coin. Ils découvrent aussi les rumeurs sur ceux qu'on ne voit jamais ou qu'ils croisent, qui lui inspirent la fascination ou la crainte - parfois les deux en même temps.

A la fois chronique et roman initiatique, ce livre transporte par cette vision que l'on croit enfantine - on oublie vite que la narratrice écrit ses souvenirs d'enfance - d'un comté d'un Etat du sud des Etats-Unis. Au fur et à mesure que Scout grandit, elle découvre, grâce à ses proches, Atticus, Calpurnia, la bonne noire, Jem et Dill, qu'elle voit lors des vacances que ce qu'elle pensait des différents voisins ou habitants du quartier, des idées reçues liées à l'époque et aux moeurs de l'endroit est plus complexe, moins manichéen que ce qu'elle pensait.

Un livre d'une grande délicatesse, où plusieurs histoires et personnages s'assemblent à la manière d'un puzzle dans la vie de Scout, et qui, malgré cette suite de petites histoires et de personnages arrive à un final qui relie (presque) chacun de ces évènements.

Message récupéré


mots-clés : #initiatique
par Exini
le Mar 7 Fév - 19:36
 
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Haruki MURAKAMI

Kafka sur le rivage

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 6 Muraka10

Magique, hypnotique, Kafka sur le rivage est un roman d'initiation où se déploient, avec une grâce infinie et une imagination stupéfiante, toute la profondeur et la richesse de Haruki Murakami. Une œuvre majeure, qui s'inscrit parmi les plus grands romans d'apprentissage de la littérature universelle. Kafka Tamura, quinze ans, fuit sa maison de Tokyo pour échapper à la terrible prophétie que son père a prononcée contre lui. Nakata, vieil homme simple d'esprit, décide lui aussi de prendre la route, obéissant à un appel impérieux, attiré par une force qui le dépasse. Lancés dans une vaste odyssée, nos deux héros vont croiser en chemin des hommes et des chats, une mère maquerelle fantomatique et une prostituée férue de Hegel, des soldats perdus et un inquiétant colonel, des poissons tombant du ciel, et bien d'autres choses encore... Avant de voir leur destin converger inexorablement, et de découvrir leur propre vérité.


Il est certain que Kafka sur le rivage n'a pas son pareil dans la littérature , œuvre majeure , aucune autre ne dissimule autant de magie et de substances si particulières , mêlant parcours initiatique et fantastique qui fait que Murakami a hissé un roman au rang d'incontournable.
C'est au travers de ce livre et de deux personnages pas si loin du genre Kafkaien (indéniablement) , que l'auteur invoque Kafka , perdu dans le labyrinthe de la vie , cherchant un fil conducteur. Murakami nous parle de la solitude , sujet qu'il exploite de manière récurrente sans jamais le rendre redondant , de la profondeur des éléments qui nous entourent , l'amitié , l'amour , la mort afin de viser un essentiel , l'essence pure de l'existence sous fond de fantastique , de rêves peut-être pas si fictifs.
Nakata ,vieil homme qui ne parle qu'aux animaux , analphabète et enfermé dans un monde parallèle suite à un accident évoque cette angoisse , celle des troubles et de la folie , d'une âme perdue dans les méandres du temps , pulvérisée par une probable souffrance.
L'univers de Murakami est toujours propice à la double lecture , d'un chef d'oeuvre on crée le nôtre , accroché à un nuage on ne saisit pas à la lettre le monde qu'il nous offre , mais on l'étoffe de nos propres interprétations , de notre parcours en faisant appel à notre imagination , notre réflexion.
De l'étrange à la réalité il n'y a parfois qu'un voyage à faire , qu'un bagage permettant à l'esprit de ne plus distinguer cette différence , mais d'en faire un tout. Se délester de l'obscur pour y voir clair , se laisser l'occasion de voir l'invisible en étant tout simplement ouvert à ces différents mondes qui nous entourent et qui peut-être , nous mèneront au bout d'une quête complexe...

"Tu as peur de ton imagination. Et plus encore de tes rêves. Tu crains cette responsabilité qui commence dans le rêve. Mais tu ne peux pas t’empêcher de dormir et, quand tu dors, les rêves surviennent immanquablement. L’imagination diurne est maîtrisable. Pas les rêves"

Parfois, le destin ressemble à une tempête de sable qui se déplace sans cesse. Tu modifies ton allure pour lui échapper. Mais la tempête modifie aussi la sienne. Tu changes à nouveau le rythme de ta marche, et la tempête change son rythme elle aussi. C'est sans fin, cela se répète un nombre incalculable de fois, comme une danse macabre avec le dieu de la Mort, juste avant l'aube. Pourquoi ? parce que la tempête n'est pas un phénomène venu d'ailleurs sans aucun lien avec toi. Elle est toi même et rien d'autre. elle vient de l'intérieur de toi. Alors la seule chose que tu puisses faire, c'est pénétrer délibérément dedans, fermer les yeux et te boucher les oreilles afin d'empêcher le sable d'y entrer, et la traverser pas à pas. Au coeur de cette tempête, il n'y a pas de soleil, il n'y a pas de lune, pas de repère dans l'espace ; par moments, même, le temps n'existe plus. Il n'y a que du sable blanc et fin comme des os broyés qui tourbillonne haut dans le ciel. Voilà la tempête de sable que tu dois imaginer.


A l'origine, la forme du labyrinthe s'est inspirée de celle des boyaux. Autrement dit, le principe du labyrinthe existe à l'intérieur de toi. Et il correspond à un labyrinthe extérieur à toi.
-C'est une métaphore ?
-Exactement. Une métaphore à double sens. Ce qui extérieur à toi, c'est la projection de ce qui est intérieur, et l'intérieur est la projection de l'extérieur. Souvent, quand tu mets les pieds dans un labyrinthe extérieur, c'est que tu entres aussi dans un labyrinthe intérieur. Dans la plupart des cas, c'est très dangereux.




mots-clés : #initiatique
par Ouliposuccion
le Ven 3 Fév - 18:16
 
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Sujet: Haruki MURAKAMI
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Jon Kalman Stefansson

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 6 Le-coe10

le coeur de l'homme

Dernier tome de la trilogie, aussi magique que les précédents.

Jens le postier et le gamin ont survécu à la tempête de neige qui les a propulsés quasiment dans la maison du médecin d'un village.

Le gamin rencontre Geirpruour, une femme indépendante, riche et libérée des conventions, détestée par plus d'un, notamment Friorik le riche marchand du village. Geirpruour tient un petit café, entre autres, et recueille le gamin. comme elle a recueilli Kolbeinn, un capitaine devenu aveugle, féru de poésie, qui avec, Gisli, le directeur de l'école alcoolique, fera l'éducation du gamin.

" Gisli quitte la maison de Geirpruour, il a terminé son enseignement. Que signifie se trahir soi-même, quelle est la pire des trahisons, le pire des crimes, si grand que le roi en personne ne saurait t'en absoudre ? Ne pas oser vivre, telle était la réponse du gamin."

Au hasard....

" Les étés d'Islande sont si brefs et capricieux qu'on dirait parfois qu'ils n'existent pas. Ici, il peut neiger jusqu'à mi-pente sur les montagnes en plein mois de juin, et il arrive que les oiseaux gèlent entre les touffes d'herbe dans la nuit d'août.Mais rien au monde n'est aussi lumineux et limpide que le mois de juin, le crépuscule et l'aube se confondent, les ombres disparaissent et le ciel se teinte d'un bleu d'éternité jusqu'au milieu de la nuit..."


"Un navire qui vogue sous le vent est comme une musique. Les cordages et le bois gorgé de sel craquent, les voiles sont gonflées par la brise, cet air en mouvement sous les étoiles et le soleil, et la pluie a cessé. "

.....L'homme est né pour aimer, les fondements de l' existence sont aussi simples que ça. Voilà pourquoi le coeur bat, étrange boussole ; grâce à lui, nous trouvons aisément notre route à travers les brumes les plus
opaques où les périls nous guettent de tous côtés, à cause de lui , nous nous perdons et nous mourons en plein soleil."

" Les mots ne sont pas des blocs de pierre inertes ni des ossements  blanchis et battus par les vents sur les montagnes . Avec le temps, y compris les mots les plus banals sont susceptibles de s'éloigner de nous pour se transformer en musées d'un époque révolue, abritant des choses disparues qui ne reviendront pas. Prés,champs fumés au fumier de mouton, ces mots nous font presque monter les larmes aux yeux, quelque chose se brise au fond de nous, comme lorsque nous sommes confrontés à l' improviste à de vieilles photos où nous voyons des visages depuis longtemps disparus sous la terre, ou au fond de la mer. Où sont les prés ? ...."


" Ton coeur bat-il encore ? Et si oui, comment ? Par le diable en personne ! Le gamin reçoit une lettre où il est question des battements de son coeur. Comme s'il n'était pas assez éprouvant de vivre."....

Merveilleusement poétique, romantique, mélancolique aussi mais on referme ce livre, comme les deux premiers, heureux  Very Happy

(commentaire récupéré)


mots-clés : #initiatique
par simla
le Jeu 2 Fév - 23:54
 
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Sujet: Jon Kalman Stefansson
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Jon Kalman Stefansson

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 6 41q4te10

La tristesse des anges

Voici un roman empli de poésie et aussi de tristesse que j'ai adoré !

Deux principaux personnages, Jens le Postier, un colosse taiseux et "le gamin" un jeune homme subitement orphelin recueilli par une famille islandaise, dont le père pêcheur s'est noyé au cours d'une tempête et dont toute la famille est morte par la suite.

" Lorsque Jens le Postier arrive au village, gelé, il est accueilli par Helga et le "gamin" qui le détachent de sa monture avec laquelle il ne forme plus qu'un énorme glaçon. Sa prochaine tournée doit le mener vers les dangereux fjords du Nord qu'il ne pourra affronter sans l'assistance d'un habitué des sorties en mer.

De son côté, le gamin poursuit sa découverte de la poésie et prend peu à peu conscience de son corps, des femmes et de ses désirs. C'est lui qu'on envoie dans cet enfer blanc, "là où l'Islande prend fin pour laisser place à l'éternel hiver", accompagner Jens dans son périple.Malgré leur différence d'âge, leurs caractères opposés, ils n'ont d'autre choix que de s'accrocher l'un à l'autre, s'accrocher à leurs amours éloignées, pour ne pas céder à l'impitoyable nature."

Le gamin aime lire et parler. Jens, lui, trouve que parler ne sert à rien, seule l'action prouve quelque chose. Peu à peu, le gamin va établir un contact avec Jens et le contraindre à se révéler au fils des journées...

La neige et le vent sont omniprésents, la marche est très difficile et dangereuse dans cet univers blanc: "l'homme peut rester longuement debout lorsque son existence est en jeu, le désir de vivre n' a pour ainsi dire aucune limite ".  

Leur tournée est interrompue par quelques haltes, des personnages souvent émouvants, des vies toujours douloureuses.

Une très belle réflexion philosophique sur le poids des mots et l'influence des livres dans la vie.

Quelques passages :

Le gamin se lève précautionneusement, il n'est pas certain que ses jambes fatiguées parviendront à le soutenir, mais elles le font, l'assurance du repos qu'elles connaîtront bientôt leur donne de la force, il jette un oeil de côté en arrivant à la porte, regarde les étagères pleines de livres et de mots qui ont le pouvoir d'ouvrir sur des mondes nouveaux, tandis que les yeux de Kjartan se perdent dans la nuit. Il est toujours possible de connaître un homme à ce sur quoi ses yeux se portent. Je croyais, déclare le gamin, trop assommé de fatigue pour être timide, qu'on ne pouvait pas être malheureux entouré d'une telle quantité de livres. Kjartan tourne la tête vers lui et le fixe longuement, mais il ne répond rien."

" Celui qui meurt ne revient pas, nous l'avons perdu, aucune puissance dans l'univers n'est capable de nous rapporter la chaleur d'une existence engloutie, le son d'une voix, le mouvement d'une main, la douceur d'un humour. Tous ces détails qui constituent la vie et qui lui donnent sa valeur sont disparus pour l'éternité, ils sont engloutis, mais il laissent dans le coeur comme une plaie ouverte que le temps change peu à peu en une cicatrice boursouflée. Toutefois, celui qui meurt ne nous quitte jamais tout à fait, c'est le paradoxe qui nous console autant qu'il nous torture, celui qui est mort est à la fois proche et distant."

Un magnifique roman  Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 6 3245407319

(commentaire récupéré)


mots-clés : #initiatique
par simla
le Jeu 2 Fév - 23:29
 
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Sujet: Jon Kalman Stefansson
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Jon Kalman Stefansson

Entre ciel et terre

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 6 Produc30

Déjà, le pari était facile à gagner avec moi, cette histoire de  noyés, de pays hostile et de  mer, sans laquelle on ne saurait vivre, mais avec laquelle il faut bien mourir….
J'ai aimé les personnages, ce 'gamin" .

J'ai aussi aimé l'idée, que les mots et les livres, pour ceux qui les aiment et les fréquentent, permettent d'élaborer une pensée, un questionnement, une incertitude. C'est assez banal à dire, certes, et cela ne concerne pas que les livres, mais la culture en général, mais c'est quand même quelque chose auquel je crois, et même si ce n'est pas une idée nouvelle, sur quoi écriraient les écrivains si ils n'écrivaient que sur des idées nouvelles ? J'ai trouvé intéressante cette façon de montrer que c'était aussi quelque chose de dangereux, puisque c'est le livre qui fait que l'ami du gamin oublie sa vareuse, et finit par mourir. Le propos n'est donc pas si simpliste que cela.

Ensuite, j'ai beaucoup aimé le style, j'ai trouvé qu'il était berçant, qu'il avait un mélange de poésie mélancolique, et de légende. et cet aspect légende, pour moi, a excusé tout le négatif: les truismes, un côté parfois répétitif, le « nous » de narration, qui désigne parfois les vivants, et parfois les morts, (avec ce côté omniscient ). Et cela excusait même cette espèce de philosophie de bazar qui dit oui, malgré tous les malheurs, et bien que la vie soit difficile, elle vaut la peine d'être vécue.

Donc,  ce livre est plein de défauts, mais, ce qui compte, "c'est l'histoire, la façon dont on le raconte" comme disait Yves Dutheil, et ça, moi, j'ai adoré.

(commentaire récupéré)


mots-clés : #initiatique
par topocl
le Jeu 2 Fév - 16:42
 
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Tom Cooper

Les maraudeurs

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 6 Les-ma10

Dans le bayou assommé de chaleur, malmené par Katrina, dévasté par  la marée noire, les hommes traînent leur désespoir - ou leur colère? -  (les femmes sont parties ou mortes, Tom Cooper ne s'encombre pas). Pas de pêche, c'est à dire pas d'argent, pas d'avenir , peu de présent hors les saouleries et les blagues débiles. Plus rien qui n'attache à ce pays tant aimé. Alors chacun cherche sa solution, une prolifique culture de cannabis, des bêtises à la  petite semaine, une chasse au trésor compulsive, une mauvaise humeur permanente, ou un deal avec BP pour achever de trahir les survivants (et se trahir soi-même). Ah! mais si ! il y a Wes le petit ado dont ce livre constitue le roman d'initiatique,  celui qui a perdu sa maman, est bien propre, bien courageux et honnête, et qui va s'en sortir au milieu de tous ces débris d'humanité...!!!

Bon c’est quand même plus subtil que ça, et au pire, l'originalité est ailleurs, Les portraits sont attachants, joliment troussés et souvent drôles,  la nature est un mélange de splendeur et de désespoir illustré par les flaques de pétrole qui surnagent. Il y a un petit côté anthropologique à voir la vie dans le bayou, la pêche la nuit, toutes ces lumières des bateaux qui circulent sont splendides. Et une  dénonciation de l'incurie face à la marée noire , quoique un peu superficielle.
Tout cela baigne dans un  certain humour, souvent au dessous de la ceinture, mais plaisant dans la façon de traiter  les situations et notamment les crocodiles. Et la construction à plusieurs point de vue soutient habilement le suspense.


mots-clés : #social #initiatique
par topocl
le Sam 28 Jan - 10:07
 
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Sujet: Tom Cooper
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Audur Ava Olafsdottir

Rosa Candida
Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 6 Images-1--41ab427


En route pour une ancienne roseraie du continent, avec dans ses bagages deux ou trois boutures de Rosa candida, Arnljótur part sans le savoir à la rencontre d’Anna et de sa petite fille, là-bas, dans un autre éden, oublié du monde et gardé par un moine cinéphile.

Captivée par des tranches de vie en floraison , une  autre fanée,  mais dont l’éclosion de la trame a conquis la lectrice que je suis. Un charme fou se dégage des lignes d’Ava Audur Olafsdottir  et c’est bien par la séduction qu’elle nous mène dans cet univers floral  et délicat. Rosa Candida est cette sorte d’enclos aux mille et une couleurs dans lequel nous nous échappons, happés par la représentation d’un paradis terrestre qui ne fait qu’exprimer la vie. Envoûtant.

«C'est le Roman de la rose, où tout l'art d'Amour est enclos.» Guillaume de Lorris.


mots-clés : #initiatique
par Ouliposuccion
le Ven 27 Jan - 16:14
 
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Sujet: Audur Ava Olafsdottir
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Hermann Hesse

Le loup des steppes

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 6 T-l-ch10

Au premier abord, Harry Haller impressionne désagréablement le neveu de sa nouvelle logeuse, peut-être par le regard mi-satisfait mi-moqueur dont il examine les aîtres, comme si le confort bourgeois de . la maison lui semblait à la fois étranger, plaisant et dérisoire. Si Haller considère tout avec l'ironie d'un habitant de Sirius ou d'ailleurs, c'est qu'il appartient effectivement à un autre monde, celui de l'intellectualité pure. A force de renier ce qui constitue le bonheur quotidien des hommes, il se sent devenu un « loup des steppes » inapte à frayer avec ses semblables, de plus en plus solitaire et voué à l'isolement. Il n'entrevoit qu'une solution : se tuer, mais la peur de la mort l'empêche soudain de rentrer chez lui mettre son dessein à exécution. Il erre dans la ville. A l'Aigle noir, il rencontre Hermine, son homologue féminin qui a choisi la pratique de ces plaisirs que lui-même a fuis. Elle le contraint à en faire l'apprentissage : c'est une véritable initiation à la vie, une quête troublante pour découvrir le difficile équilibre entre le corps et l'esprit sans lequel l'homme ne peut atteindre sa plénitude.

Je me lance dans la rédaction de ce poste avec beaucoup d'humilité , Hermann Hesse n'étant pas critiquable à mes yeux ; Le loup des steppes est une œuvre majeure du XXème siècle.

Ma vie avait été pénible, incohérente et malheureuse, elle conduisait au renoncement et au reniement, elle avait le goût de l'amertume humaine, mais elle était riche, fière et riche, souveraine même dans la misère. Qu'importait que le petit bout de chemin qui restait jusqu'au crépuscule fût, lui aussi, lamentablement perdu; le noyau de cette vie était noble, elle avait de la dignité, de la race : je ne misais pas des sous, je misais des étoiles.


L'homme dans toute sa complexité est au centre de ce livre , l'adversité qui se joue en nous tout au long d'une existence entre connaissance et plaisir. Où se situent les limites d'un tout afin de trouver l'apaisement d'un équilibre , l'origine même de ce qu'est l'homme dans tous ses paradoxes. Quel est le sens de notre existence , l'orchestre qui va jouer l'air déterminant de notre caractère , déterminer l'essence qui va construire la mélodie de chacun. Parcours initiatique et cynique , c'est au-delà de nos propres murs, construits par la force de notre esprit parfois fabulateur que la perspective d'un « moi » pluriel se dresse face à l'homme démuni devant cette observation qui comme un forçat frappe sa conscience et mène l'érudit face à son ignorance d'un essentiel. Hermann Hesse s'emploie à mettre le savoir au dessus de tout , démontrant le visage terne et agressif , écorché et fuyant de l'intellectuel qui s'indigne de la superficialité du plaisir et de la nature humaine frivole , il embrasse la destiné vouée à l’échec de toute une vie, le refus du bonheur.

Je sens brûler en moi un désir sauvage d'éprouver des sentiments intenses, des sensations ; une rage contre cette existence en demi-teinte, plate, uniforme et stérile ; une envie furieuse de détruire quelque chose, un grand magasin, par exemple, une cathédrale, ou moi-même ; une envie de commettre des actes absurdes et téméraires, d'arracher leur perruque à quelques idoles vénérées, de munir deux ou trois écoliers rebelles du billet tellement désiré qui leur permettrait de partir pour Hambourg, de séduire une petite jeune fille ou de tordre le cou à quelques représentants de l'ordre bourgeois. Car rien ne m'inspire un sentiment plus vif de haine, d'horreur et d'exécration que ce contentement, cette bonne santé, ce bien-être, cet optimisme irréprochable du bourgeois, cette volonté de faire prospérer généreusement le médiocre, le normal, le passable.


C'est dans une fresque littéraire inégalable , en compagnie d'une femme , d'un alter-ego, que dans une croûte digne d'une fable expressionniste, l'écorce se fend et trouble la sève du plaisir qui se répand, possédant une âme nouvelle dans un esprit nouveau, la résilience de nos propres troubles. Et si la victoire sur la vie n'était que la conception d'une dualité, de l'altérité qui nous possède ?
Un chef-d'oeuvre.


mots-clés : #initiatique
par Ouliposuccion
le Jeu 26 Jan - 23:29
 
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Sujet: Hermann Hesse
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Ernst Wiechert

D'abord un grand Merci pour l'ouverture de ce fil, églantine! J'apprécie énormement cet auteur qui fait vibrer quelque chose à l'intérieur...

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 6 L-enfa10

L’enfant élu


Original : Die kleine Passion (deutsch, 1929)

Traduction française par Clara Malraux, 1ère édition 1960

CONTENU :
Venus de la mer du Nord s'installer dans des fermes isolées de Prusse orientale, les Karsten passent depuis des générations pour des chrétiens sévères, intègres et sages, mais on dit dans le pays qu'une fatalité pèse sur leurs filles, car toutes épousent des hommes indignes d'elles.
Gina Karsten n'échappe pas à la règle. Zerrgiebel n'a .pas plus de coeur que d'honnêteté. L'enfant qui va naître de leur union sera-t-il un autre Zerrgiebel, comme l’autre fils de la première union du mari (et la femme s’est suicidée…) ou le grand-père paternel? Par bonheur, le petit Jean se révèle uniquement héritier de l'âme des Karsten. Il fera son éducation dans les forêts, auprès d'hommes simples et droits comme son grand-père ou le garde-chasse, ou encore le pêcheur qui l'appelle « l'enfant élu ».
Le temps des épreuves commence avec l'obligation de fréquenter l'école, ce premier schéma de la société, mais les leçons de la Nature et les amis anciens et nouveaux soutiennent Jean Karsten dans la longue marche vers l'adolescence et la maturité morale …

REMARQUES :
Les personnages « positifs » de ce roman sont – comme si souvent chez Wiechert – marqué par une certaine solitude face à un environnement des fois hostile, une proximité avec la nature et une sorte de « foi profonde » qui touche à la terre, à un profond enracinement dans le simple et le concret. Pas de double jeu, de fausseté en eux. Des âmes simples ? Ils nous paraissent un peu d’un autre monde, nous sont peut-être devenus un peu lointain, comme si on nous parle d’une autre génération qui a vécu avec un autre rythme face au temps. Et voilà que des mots dominants sont p.ex. « calmement, silencieusement, avec intériorité » etc.

Malgré cette certaine étrangeté des personnages pour nous et notre temps, même notre sentiment de distance envers eux, je me demande quand même si Wiechert ne nous indique pas un type d’homme qui peut et pourra exercer tranquillement, mais avec assurance, une sorte de résistance face à ce qu’il appelle « la machine » (de la société, de l’école…). Vu quand le livre avait été écrit me fait trembler : en 1929 ! Comme si Wiechert avait pressenti déjà les uniformismes d’une certaine socialisation, mais aussi qu’il a décrit ce dont il faisait (et fait !) défaut, et ce dont il nous faut pour oser « être autre ».

Wiechert utilise ce faisant un langage mythique, aussi souvent avec des références bibliques. Cela a l’air un peu pathétique des fois, un peu vieillot, mais il me semble qu’on devrait en faire abstraction ?! Car derrière cette langue imagée avec ses comparaisons et métaphores se trouvent une force qui pourrait nous dire encore quelque chose aujourd’hui. Un certain besoin d’enracinement, d’appartenance à la nature et aux siens. Une tranquillité. Voir même un sens pour le don de soi. Et à voir de plus près Wiechert se livre à une critique virulente envers le système scolaire de l’époque et ce qu’il appelle « la foule », aliénant l’homme et le nivelant dans un produit de norme.

Les caractères sont un peu en noir et blanc. Le « bien et le mal » semblent assez clairement définis. Dans un certain sens encore un monde plus abordable, clair ?

Est-ce que je dois souligner qu’en toute étrangeté ce livre fait résonner quelque chose en moi?


(Certains critiques trouvent un pendant français dans le livre « L'Enfant des Terres blondes » par Christian Signol. Peut-être cette remarque aidera l’un ou l’autre ?)

mots-clés : #initiatique #religion
par tom léo
le Jeu 26 Jan - 22:27
 
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Sujet: Ernst Wiechert
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Riad Sattouf

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 6 77722110

L'arabe du Futur

BD conseillée par un ami, pas une grosse découverte selon moi, je dois bien l'avouer... Après c'est plaisant et facile à lire, j'ai lu les 3 tomes (et j'attends tout de même le 4ème Razz ). La vie politique m'intéresse assez peu c'est peut être là que ça cloche. Ca reste intéressant de voir la vie qu'a mené Riad en Libye et en Syrie, les incompréhensions d'un petit garçon face à un monde un peu décalé, les différences entre la réalité et ce que dise les plus vieux, par exemple son père qui promet une belle maison qui n'arrive pas, le rapport aux femmes (la mère de Riad, n'est pas considérée comme les femmes musulmanes), à la religion (le ptit dualisme juif/musulman entre autre). Les promesses des dirigeants, des amis hauts placés ... On se demande comment le père de Riad peut y croire, et accepter tout cela...





Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 6 65557410

La vie secrète des jeunes,

Très drôle, et très déprimant aussi toutes ces bêtises que peuvent dire les jeunes (et les moins jeunes, il n'y a pas que des histoires d'ado). Ca fait réfléchir sur la non culture, la tv qui abrutit tout ... moi qui vit un peu coupée du monde (pas de fb, de tv ...), ça me choque vraiment (jvis pas au pays des bisounours pourtant, enfin je crois), surtout l'histoire sur le sexe : "arrête ça existe plus le sida", il y a vraiment des jeunes occidentaux qui pensent que le sida n'existe plus ??? Certaines m'ont bien fait rire tout de même: un taxi musulman qui fait des reproches à Riad car il n'est pas pratiquant, et la dernière phrase de Riad "héhéhé oui en fait je suis Satan, c'est moi qui bloque l'autoradio, héhé".

Pour les deux, je ne suis vraiment pas fan des dessins par contre, ils sont grossiers, trop rapides...

mots-clés : #bd #initiatique
par Silveradow
le Jeu 26 Jan - 16:29
 
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Sujet: Riad Sattouf
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Sergueï Lebedev

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 6 L_anne10

L'année de la comète

Ce livre n'est pas totalement de la littérature, n'est pas seulement une narration, il est bien plus que cela, à la fois étude historique et sociologique, mais aussi recherche intellectuelle des plus motivantes, il raconte l'histoire d'un petit garçon russe, moscovite, âgé de dix ans dans les années 1980, élevé par deux grands-mères veuves (la guerre est passée par là) et par des parents scientifiques. Il est donc un pur produit soviétique. Il est à la fois privé d'individualité et en quête d'un destin, persuadé que derrière les choses se cachent une vérité tue, une Pravda secrète, l'enfant observe ce et ceux qui l'entourent avec les yeux acérés du guetteur. Assuré d'être l'Elu, puisque seul descendant rescapé des temps barbares, il est aussi privé du droit à la propriété et cherche à saisir ce qu'on lui cache et en particulier à découvrir ce qu'il y a derrière le silence qui entoure ses grands-pères.

C'est à l'aide d'une langue remarquable, d'un questionnement intellectuel rare que Lebedev nous permet de découvrir les pensées intimes, les rêves, les angoisses de son narrateur. Ce petit bonhomme qui sent des choses, devine des déchirures, cherche à comprendre les silences des adultes et qui par là-même se découvre unique, indivisible au sein du collectif et riche, riche d'une histoire personnelle qui tend à raconter celle plus globale de l'Union Soviétique et de son apocalypse. Car c'est sur les ruines de la Grande Guerre patriotique que se construit le destin du garçon, c'est sur les ruines de l'Empire soviétique que le roman s'achève.

L'année de la comète n'est pas une œuvre virtuose, il n'est pas toujours passionnant, parfois la narration semble s'enliser ou plus ou moins tourner en rond, les journées d'un petit garçon ne sont pas toutes palpitantes ou troublées, certains évènements (entourant par exemple la recherche d'un certain Mister) peuvent paraître insolites, superfétatoires, il n'empêche, le livre est par sa liberté même d'un charme fou et d'une présence habitée. En cherchant à traduire les signes qui l'entoure, l'enfant puis l'adolescent raconte sa construction-destruction, suivant ainsi pas à pas celle du pays immense et désordonné dans son ordonnance que fut l'URSS.

Enrichissant.


mots-clés : #initiatique #regimeautoritaire
par shanidar
le Mer 25 Jan - 14:29
 
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Sujet: Sergueï Lebedev
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Jakob Wassermann

Les Juifs de Zirndorf

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 6 Jakob210

Le roman est divisé en deux parties. La première comporte 70 pages, considérée comme un prologue par l'auteur, elle est en quelque sorte un récit fondateur, mythique, qui raconte la création du village de Zirndorf.
Vers 1648 apparait à Smyrne, Sabbatai Tsevi qui va rapidement être reconnu par les Juifs de toute l'Europe comme le Messie, celui qui va les ramener en Terre Sainte, la terre de Canaan. Cette Révélation va bouleverser la vie de milliers de juifs et les précipiter sur les routes, abandonnant leurs masures et leur terre de misère. Hélas, dès 1666 Sabbatai se convertit à la foi musulmane ruinant ainsi les grands espoirs de tout un peuple.

Là où les Juifs partis de Fürth apprennent la conversion de leur Messie, ils s'arrêtent et fondent le village de Zirndorf. Cette première étape est assez agréable à lire (malgré les nombreuses diversions et les nombreux personnages qui investissent ses lignes). L'hystérie collective est palpable, ainsi que le violent désir de croire à un Sauveur, quel qu'il soit. La communauté juive est prête à toutes les compromissions, tous les mensonges et toutes les orgies pour accueillir enfin le Messie tant attendu. Cette première partie, qui retrace avec humour, dérision et amour les errances et les emportements des juifs est à mon avis la plus réussie de l'ensemble du roman.

La seconde partie se situe deux cents ans après la création de Zirndorf. La communauté juive est scindée en deux grands groupes, les très riches (usuriers) et les extrêmement pauvres et vivent avec les chrétiens qui ne cachent pas leur haine mortelle contre les uns et les autres. Agathon, le héros de notre roman, appartient à la communauté pauvre et son père fortement endetté auprès de l'aubergiste (antisémite notoire) ne peut que souhaiter la mort de son créditeur. Jusqu'au jour, où après une altercation entre le jeune Agathon et l'aubergiste, ce dernier est retrouvé mort.

On dira qu'après cette mort, la vie d'Agathon qui se croit responsable, va être transformée. Il s'élève contre son père, se fait renvoyé de l'école chrétienne qu'il fréquente pour avoir écrit que ses professeurs étaient de mauvais pédagogues, il va guérir sa mère d'une mort certaine, devenir une sorte de prophète qui rejette la religion juive sans parvenir à s'en détacher complètement. Il finira errant, croisant en une ronde finale les nombreux personnages qui peuplent se foisonnant roman. Toute ressemblance avec l'auteur est bien sûre évidente...

Ce roman a les défauts (mais aussi les qualités) d'un premier roman : liberté totale de l'imagination, mystère par-ci énigme par-là, abondance des personnages et des évènements sans liens avec l'intrigue principale, digressions, hystérie de l'amour adolescent, passage du coq à l'âne et libération d'une parole qui condamne tout autant la condition des femmes, des orphelins, des pauvres juifs, des bons pédagogues et des riches qui ne prêtent qu'à leur semblable.

Il est parfois difficile de trouver une lumière dans l'immense propos de Wassermann. Les évènements s'enchainent les uns aux autres sans rimes ni raison et certains personnages nous demeurent bien obscurs. Formant une sorte de triptyque avec Agathon en pierre de touche, le jeune poète Gudstikker et le professeur Bojesen semblent former les deux angles opposés d'un triangle isocèle qui symboliserait peut-être la Foi, la Création et le Savoir. Le poète est un séducteur sans scrupule, le professeur un amoureux déchu et Agathon trône de toute sa séduction au milieu d'eux comme un trésor (qui raflera d'ailleurs tous les cœurs). De la même manière, le triangle formé par le trio Jeannette, Monique et Agathon révèle toute l'ambiguïté d'un âge (Agathon a 17 ans) où la chair et la sainteté se batte cruellement et souvent finissent par triompher tout à tour.
Et puis en additionnant deux triangles isocèles on obtient l'étoile de David me direz-vous...

Il n'en reste pas moins une certaine confusion, à la fois dans le propos et dans l'intrigue. A force de vouloir jouer du mystère, de la prophétie et de l'effervescence adolescente, il arrive bien souvent que le lecteur ne puisse plus suivre le fol voyage d'Agathon à travers la fièvre humaine. Malgré tout j'ai pris un certain plaisir à lire ce roman, ce premier roman, qui laisse présager de belles réussites, d'inquiétantes visions (en particulier en ce qui concerne la religion juive) et une écriture dont la traduction doit être bien loin de rendre justice.


Emmêlant onirisme échevelé, fantastique mystique et réalisme prophétique, l'auteur tente sans doute de glisser dans le creuset alchimique de son œuvre la totalité de son univers intellectuel, spirituel et social. Cela donne d'incroyables moments d'élévation et d'autres plus déroutants.


mots-clés : #communautejuive #initiatique #religion
par shanidar
le Lun 23 Jan - 17:13
 
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Sujet: Jakob Wassermann
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René Barjavel

Les chemins de Katmandou

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 6 Tylych17

À la fin des années 60, la jeunesse du monde se cherche une cause à défendre. Leurs parents ont fait la guerre. Ils seront pacifistes. La société ne veut que consommer ? Seul l’amour compte. Pour Olivier et Jane, deux adolescents qui rejettent la vie qu’on leur promet, la vérité se trouve à l’autre bout du monde, au Népal. Mais que l’on quitte les barricades parisiennes ou le brouillard londonien, il est bien long, le chemin qui mène à Katmandou…


Nous retrouvons un thème cher à l’auteur, l‘amour et les ravages de la guerre.
Une société parmi laquelle la jeunesse ne se reconnait plus, rêvant d’un absolu loin des contraintes sociales et de la captivité morale. Personnages torturés et utopistes, dépouillés de tout espoir, hormis celle de suivre le chemin de Katmandou. Ils suivent la voie sacrée, celle de la liberté et de la drogue pour mieux refouler les liens qui entravent le bonheur.

Peace and love, Make love, Take drugs …

C’est l’histoire des hippies, des originaux rattrapés par un emprisonnement, celui de la drogue et des chemins de traverse avec pour seule arrivée, la perdition.
D’esprits vifs, il en reste l’indolence, la matrice d’un enfer ou certains corps ne sont plus qu’à vendre afin d’assouvir les dépendances.
Loin des idéaux de la liberté et de la marginalité, Barjavel dénude les corps qui se lient sans tabous, puis se délient, maigres et malades, se penche sur cette période désabusée, dévastée où beaucoup d’âmes pacifistes se sont envolées d’avant d’avoir effectué leur karma.

« Chacun suit son chemin, qui n’est pareil à aucun autre, et personne n’aboutit au même lieu, dans la vie ni dans la mort. Ce livre ne cherche pas à donner une idée de la vérité, mais à s’approcher de la vérité. Celle de Jane et celle d’Olivier, dont il raconte l’histoire ».


Encore une fois , Barjavel pose un regard entier et lucide sur une société pas si innocente.


mots-clés : #initiatique
par Ouliposuccion
le Lun 16 Jan - 17:21
 
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Sujet: René Barjavel
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Artur Klinau

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 6 54001-10

Minsk cité de rêve

quatrième de couverture a écrit:“Je suis né dans la Cité du Soleil. Y ai-je été heureux ? Oui, certainement. Chaque être humain a sa propre Cité du Soleil – son enfance, pour laquelle le lieu de naissance importe peu. Ai-je été heureux au Pays du Bonheur ? Oui, certainement. Aussi longtemps que j’ai cru en lui. Nous croyions en cette scénographie merveilleuse dressée à la frontière entre utopie et réalité.?
Artur Klinau n’avait pas 25 ans lorsque le mur de Berlin est tombé. Son enfance, il l’a passée dans ce qui était alors le Pays du Bonheur – l’Union soviétique – avec les défilés sur la place du Kremlin conduits par le Métaphysicien et ses ministres Amour, Sagesse et Droiture.
Il se souvient de Minsk, la ville où il a grandi, la Cité du Bonheur, à l’époque où les habitants imaginaient qu’elle était l’utopie réalisée. Aujourd’hui il sait que l’utopie n’existe pas, mais sa tendresse pour sa ville est intacte et il nous la fait partager.


Un souvenir de la ville agrémenté de photos de l'auteur (qui est aussi photographe) pour ce livre d'abord publié en allemand en 2006. On pense souvenir forcément car c'est le point de vue de l'enfance qui est choisi et sa tonalité candide qui perdure assez longtemps dans l'ouvrage. C'est un peu déroutant car on sent bien que tout n'est pas si simple mais justement. C'est ce qui lui permet de petit à petit nous emmener plus profondément dans la ville, ses histoires et celle de son pays au voisin très encombrant. C'est aussi le ton qui permet de résoudre une partie du problème et de témoigner de chaleur et de nostalgie pour une ville presque neuve qui devait elle faire vivre une utopie. Un voyage forcément dépaysant qui conserve des masques sur certaines de ses figures mais lève un coin du voile pour le voyageur étranger.

Minsk cité de rêve, Cité du Soleil bâtie sur la rivière Nemiga aux portes du Pays du Bonheur. La tendresse n'empêche pas les années et la maturité d'arriver, ni même le dégel mais ce monde, excessif, factice, dur, complexe n'est pas rejeté. On sent qu'Artur Klinau à sa manière l'intègre à sa personnalité et à ses espoirs d'un pays différent et meilleur. Il y a une brume dans cette exploration, un mystère, une incertitude qui doit perdurer en longeant les palais et en traversant les places immenses de Minsk ou si l'on doit s'arrêter un instant dans une arrière cour ou laisser vagabonder une pensée jusqu'aux faubourgs.

Le vocabulaire et la tournure faussement enfantine peuvent gêner, dérouter mais le texte est bien construit et dans cette mouvance des livres qui parlent d'une ville il choisit non pas le catalogue documenté (on a l'impression que les informations distillées au fil des pages coulent de source pour l'homme du cru) mais l'affectif. Un affectif apaisé pour une histoire douce mais pas si simple. Ça m'a bien plu, ça travaille beaucoup la curiosité, ça raconte un peu au gamin de la fin de la guerre froide que je suis de cette énigme de l'Est. Une énigme qui perdure et une énigme qui est aussi la nôtre, la «forme de la ville» qui voudrait être celle de la pensée ?  Pas mal du tout et beau petit livre. J'ai bien fait de céder au traducteur et à l'éditrice lors de mon dernier passage au salon de l'autre livre !Et c'est volontiers que je lirai autre chose de leur répertoire : signesetbalises.fr


mots-clés : #autobiographie #initiatique #lieu #regimeautoritaire
par animal
le Dim 15 Jan - 20:10
 
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Sujet: Artur Klinau
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