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Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

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La date/heure actuelle est Mer 7 Déc 2022 - 16:48

148 résultats trouvés pour mort

Emma Jane Kirby

Tag mort sur Des Choses à lire - Page 4 51ratb10
L'opticien de Lampedusa


Originale : The optician of Lampedusa (Anglais, 2016)

Le 3 octobre 2013 un naufrage a lieu à 1 kilomètre des côtes de l’île de Lampedusa, à mi-chemin entre les côtes nord-africaines et la Sicile. Il fait 366 morts. Ce reportage est le récit du sauvetage de 47 migrants par l'opticien de la ville.

L'opticien de Lampedusa nous ressemble. Il est consciencieux, s'inquiète pour l'avenir de ses deux fils, la survie de son petit commerce. Ce n'est pas un héros. Et son histoire n'est pas un conte de fées mais une tragédie : la découverte d'hommes, de femmes, d'enfants se débattant dans l'eau, les visages happés par les vagues, parce qu'ils fuient leur pays, les persécutions et la tyrannie. L'opticien de Lampedusa raconte le destin de celui qui ne voulait pas voir. Cette parabole nous parle de l'éveil d'une conscience ; elle est une ode à l'humanité.


REMARQUES :
A cause de dialogues probablement un peu arrangés on pourrait alors parler de fiction? Je pense qu’il faudra parler d’une forme de récit, offert dans une histoire fluide, sur fond historique et biographique. Cet opticien de l’île reste dans ce récit sans nom : pourrons nous nous réconnaître en lui ? Témoin distrait, mais finalement pas trop touché de ces arrivées de réfugiés sur les plages de Lampedusa. Dans l’annexe, les remerciements, Kirby va néanmoins le nommer : c’est lui qui lui avait raconté cette histoire vécue.

Une sortie entre amis va le et les confronter tous les huit à un nauffrage juste proche de la côte : ils seront les premiers sur place (on saura plus tard qu'un autre bateau a passé sans intervenir), témoin de la mort de tant de gens, mais néanmoins aussi sauvant 47 de la mort quasi certaine, les mettant à l’abri sur le petit bateau. D’un coup ils sont devenus témoins directs, touchés dans leur humanité. Il ne sera plus possible de fermer les yeux, et on s’attachera à ses réfugiés, les suivant dans leur odyssée qui suit, dans les tracasseries bureaucratiques etc. Une histoire lointaine est devenue « leur » affaire. Pour certains ils deviennent des héros, mais eux, sont traumatisés par des images  insupportables et une forme d’impuissance : est-ce qu’on aurait pu sauver plus de gens? Et tous ces enfants et femmes emprisonnés dans les cales ? Affreux...

Des gens, citoyens normaux deviennent des participants, des acteurs. Ils acceptent de devenir co-responsable pour d’autres. Des gens sans soucis se transforment en observateurs et acteurs actifs et empathisants.

Un livre donc profondément humain et nécessaire. Voir aussi, sans amertume placative, politique et revendicative. Merci à l’auteure !


Mots-clés : #immigration #mort #social #temoignage
par tom léo
le Sam 30 Mar 2019 - 22:35
 
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Sujet: Emma Jane Kirby
Réponses: 4
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Isabelle Monnin

Je me rends compte que j’ai oublié de poster ce commentaire, lors de ma lecture il y a quelques mois.

Les vies extraordinaires d'Eugène

Tag mort sur Des Choses à lire - Page 4 Bm_97811

Eugène a vécu six mois dans le ventre sa mère, puis sept jours en couveuse, puis il est mort. C'est arrivé à isabelle Monnin, et elle en a fait ce petit roman, son premier roman.
j'ai toujours une émotion forte à partager la confidence des écrivains qui nous font l'honneur de ce genre de récit à l'intimité déchirante, comme si je leur montrais que je suis prête à leur offrir une oreille, quoi qu'il arrive. Cela fait partie de mon rôle de lectrice.

je suis invincible : j'ai déjà tout perdu.


Le récit est rédigé par le père qui raconte la "drôle" d"année qui a suivi la mort de leur fils, cette période de parenthèse où chacun selon son propre chemin s'est raccroché à ses défis dérisoires,ou à ses défaites. La mère ne parle plus, puisqu'il n'y a plus rien à dire. Le père en bon historien part à la recherche de cet enfant qui a si peu vécu, et non pas rien, qu'il a si peu connu, mais qui déjà était lui même, cet enfant que seule l'équipe médicale et ses deux parents ont tenu -si brièvement- dans leurs bras.. Ils trouvent des biais, compréhensibles d'eux seuls, pour contourner cette absence d'histoire qui est un si mauvais reflet de l'irremplaçable vie de leur fils. Un grand-père meurt, la "normalité" reprend ses droits, le "scandale" de cette mort "injuste" peut s'estomper.
C'est évidemment très douloureux, mais aussi parfois doux,  tendre ou drôle. Très attachant en tout cas.


Mots-clés : #mort #relationenfantparent
par topocl
le Ven 29 Mar 2019 - 9:22
 
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Sujet: Isabelle Monnin
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Delphine Roux

[Kokoro]

Tag mort sur Des Choses à lire - Page 4 Cvt_ko10

Seki, la grande sœur et Koichi , le petit frère et leur enfance heureuse et protégée. Le drame du décès de leurs parents les pousse chacun sur un chemin différent. Seki se barde de dureté et d’efficacité. Koicho vit dans l’incertain, l’impalpable, se bourre de gourmandises. Et la grand-mère part au royaume des sans-mémoire et sans langage.

C’est tout court, tout doux, tout moelleux, on a envie de s’y lover. La bienveillance de Koichi, son arme contre le malheur, nous ouvre les yeux sur un quotidien ainsi subtilement anesthésié, et nous accompagne dans le souvenir d’une enfance-refuge. Littérature économe, dont la pudeur extrême et la délicatesse amènent à l’émotion.

mots-clés : #enfance #fratrie #mort #viequotidienne
par topocl
le Jeu 28 Fév 2019 - 14:24
 
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Laurent Gaudé

Salina les trois exils

Tag mort sur Des Choses à lire - Page 4 41yf1o10

Salina est un bébé déposé par un voyageur mystérieux chez les Djimba, un peuple du désert , et adoptée à contrecœur. Son enfance s’interrompt le jour de ses premières règles, où elle est donnée en pâture au méchant fils du chef, le frère de son amour d’enfance.
Déchirement, souffrance, l’enfantement ne la sortira pas de cette détresse, la vengeance amènera contre elle  des bannissements itératifs. L’histoire est  racontée de façon rétrospective par son dernier fils  qui l’emmène vers un curieux empire des morts, où le ticket d’entrée se paie à coup d’histoires contées.

Reprenant une pièce de théâtre de 2003, Laurent Gaudé a voulu sans doute l’enrichir, car sinon, pourquoi reprendre un ancien texte ?  Gaudé veut écrire sa nouvelle  tragédie grecque en terre africaine, soit. C’est assez dommage qu’il n’en ressorte qu’un roman de moins de 150 petites pages, pleines de malheurs liés à la méchanceté des hommes face à la bonté des femmes. C’est lent et solennel, l’auteur en rajoute même un peu en sérieux et en grandiloquence. Cela donne un exercice de style que certains trouveront enchanteur, qui m’a paru un peu ampoulé, mauvaise que je suis, voire pesant, malgré la légèreté du bouquin (0.17kg chez Decitre, Armor!)


mots-clés : #conditionfeminine #contemythe #mort #relationenfantparent
par topocl
le Mer 27 Fév 2019 - 13:32
 
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Louise Erdrich

Tag mort sur Des Choses à lire - Page 4 51zW03pGn1L._SX195_

Un magnifique roman de cette auteure prolixe...ayant toujours en toile de fond ses origines indiennes et son héritage culturel.

"Dakota du Nord, 1999. Un vent glacial souffle sur la plaine et le ciel, d'un gris acier, recouvre les champs nus d'un linceul. Ici, des coutumes immémoriales marquent le passage des saisons, et c'est la chasse au cerf qui annonce l'entrée dans l'automne. Landreaux Iron, un Indien Ojibwé, est impatient d'honorer la tradition. Sûr de son coup, il vise et tire. Et tandis que l'animal continue de courir sous ses yeux, un enfant s'effondre. Dusty, le fils de son ami et voisin Peter Ravich, avait cinq ans. Ainsi débute le nouveau roman de Louise Erdrich, couronné par le National Book Critics Circle Award, qui vient clore de façon magistrale le cycle initié avec La Malédiction des colombes et Dans le silence du vent. L'auteur continue d'y explorer le poids du passé, de l'héritage culturel, et la notion de justice. Car pour réparer son geste, Landreaux choisira d'observer une ancienne coutume en vertu de laquelle il doit donner LaRose, son plus jeune fils, aux parents en deuil. Une terrible décision dont Louise Erdrich, mêlant passé et présent, imagine avec brio les multiples conséquences. "


Le décor est planté. De nombreux personnages s'entrecroisent dans ce roman, sur plusieurs générations, en dehors du drame que constitue la mort accidentelle de cet enfant.....comment les indiens ont réussi à préserver une partie de leur culture malgré le forcing de l'homme blanc pour l'anéantir....notamment au travers de l'éducation dans des pensionnats indignes...

Comment les deux familles , Emeline et Landreaux, parents du jeune LaRose....et Peter et Nola, les parents du jeune Dusty tué accidentellement par Landreaux...vont-ils faire face au deuil sans passer par la case vengeance ....tout le talent de Louise Erdrich s'emploie à le démontrer.... Un homme peut-il commettre un acte aussi grave que tuer un enfant et obtenir son pardon ? La réponse est oui.... un oui bouleversant...et magnifique !


mots-clés : #minoriteethnique #mort #traditions
par simla
le Sam 16 Fév 2019 - 7:43
 
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Sujet: Louise Erdrich
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Valérie Manteau

Calme et tranquille

Tag mort sur Des Choses à lire - Page 4 51hvd610

J’ai choisi ce livre sur le seul nom de son auteur, dont j’ai récemment aimé Le sillon, auquel j’avais trouvé un ton très personnel, une ardeur, une nécessité. J’ai sans doute aussi été séduite parce titre, Calme et tranquille et là je n’ai pas  été déçue : ce n’est absolument pas calme et tranquille.

Comme quoi, quand je ne cherche pas les livres sur le stress post-traumatique, ils viennent jusqu’à moi, même si c’est par le biais d’une espèce de publicité mensongère.

Cela commence avec le suicide de sa grand-mère, chose terrifiante, déboussolante. Pour se restructurer, se ressourcer, lasse des psys à côté du sujet, Valérie Manteau a ses copains de Charlie Hebdo, à commencer par Charb avec qui elle  développe un lien d’une proximité amicale réconfortante, qui ne manque pas de lui rappeler qu’on peut rire de tout, absolument tout,  et qui l’ encourage dans ses recherches littéraires inabouties sur le suicide.
Seulement, travailler à Charlie Hebdo en 2015, ce n’est pas forcément la  solution pour aider à faire un deuil compliqué…
Retrouver ensuite à Istanbul un ancien amant turc, dans un contexte d’élections consternantes en Turquie non plus d’ailleurs.
S’accrocher à son humour caustique ne suffit plus forcément.

À travers ces événements dramatiques, témoins d’une époque chaotique ou le (bon) sens se perd, Valérie Manteau réussit un auto-portrait  atypique : une jeune femme « libre, très libre », en  recherche d’expériences et d’humanité, emmenée à la dérive par la violence de la vie contemporaine.



mots-clés : #mort #terrorisme #violence
par topocl
le Jeu 14 Fév 2019 - 17:10
 
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Sujet: Valérie Manteau
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Marie Chaix

Les silences ou la vie d’une femme

Tag mort sur Des Choses à lire - Page 4 Proxy115

Pendant six semaines, Maris Chaix visite sa mère dans le coma, lui souhaitant une mort douce alors que l’équipe hospitalière lutte pour la ramener coûte que coûte à la vie. Les souvenirs remontent, l’histoire de cette femme qui a été petite fille, jeune fille, jeune épouse brièvement comblée, femme au foyer amoureuse soumise aux dictats de cet homme impatient, collaborationiste puis emprisonné pour cela, cette mère comblée pleinement nourrie par sa descendance, cette femme encore jeune clouée au fauteuil par un accident vasculaire, et maintenant, cette douce forme vieillissante, inerte, qui respire encore.

C’est un très beau portrait de femme, de son rapport avec sa fille Marie, un portrait des attentes, souvent déçues, de la soumission où entre un certain choix, lesquelles n’empêchent pas une obstination à mener sa barque. Marie Chaix a un style très inspiré, elle est sensible aux ambiances, aux couleurs, aux odeurs, aux cocasseries. Elle nous livre ici un livre des plus touchants, plein d ‘une grande tendresse, qui lui permet de laisser tomber la colère. Un livre- hommage à cette mère qui a eu un parcours en contradiction totale avec les choix ultérieurs de sa fille , laquelle lui conserve pourtant son amour, sa fidélité  et son respect.

Il y a des pages très fortes sur la mémoire/présence des morts et les cimetières, Marie, j'ai pensé à toi.

Mots-clés : #amour #conditionfeminine #medecine #mort #portrait #relationenfantparent
par topocl
le Ven 8 Fév 2019 - 16:42
 
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Sujet: Marie Chaix
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Antoine Choplin

Partiellement nuageux


Tag mort sur Des Choses à lire - Page 4 31xgh011

Originale: Français, 2019

Ernesto est astronome dans le modeste observatoire de Quidico, au Chili, en plein territoire mapuche. Il vit seul avec son chat, Le Crabe, et Walter, un vieux télescope peu performant. Lors d'un séjour à Santiago, il rencontre Ema à l'occasion d'une visite au musée de la Mémoire. Très vite, les fantômes de la dictature resurgissent. Ernesto et Ema devront surmonter ce passé douloureux.


REMARQUES :
On devine une sorte de solitaire derrière Ernesto. Venant à Santiago pour négocier le remplacement d’une pièce défectueux de son telescope (« Walter »), il revisite le musée de la mémoire et fixe la photo sur le mur des disparus de la dictature de sa … fiancée Paulina. Et une histoire qui date presque de 40 ans reste douloureusement présente. Mais il rencontre, observe une femme, Ema, qui semble fréquenter ces lieux pour, elle aussi, surmonter une blessure de cette époque. C’est comme dans une danse (motif qui revient) qu’ils se contournent, prennent rendez-vous, commencent délicatement d’espérer...

Alors c’est à nouveau dans un contexte historique concret plutôt sombre : la mort d’Allende, le putch de Pinochet, que Choplin place son histoire entre souvenir, douleur, mais aussi une forme d’espoir, d’une renaissance. Symboles du souvenir sur la terre des Mapuche sont aussi ces totems, regardant l’île des morts : faire face, se souvenir… Et puis ?

La langue simple, sans prétention, épurée me laisse jubiler : quelle délicatesse et… tendresse, on dirait. Néanmoins une histoire lourde, presque sans issue humaine, car les deux histoires d’Ema et d’Ernesto sont pas si simple à concilier. Effort de surmonter, de regarder en avant ?! Le sombre et le lumineux sont ici proche. A coté de tendences de « mort » (dans un sens large) ou ténébreux, il y a aussi ces dons artistiques, étincelles de vie : la danse, la poèsie, le dessein… Qu’est-ce qui nous fait vivre, resister, donner de l’espoir ?

Recommandation !


mots-clés : #devoirdememoire #mort #regimeautoritaire
par tom léo
le Sam 2 Fév 2019 - 8:11
 
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Sujet: Antoine Choplin
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Erri De Luca

Tag mort sur Des Choses à lire - Page 4 Une_fo10

Une fois un jour

On passe parfois à côté d'une lecture et en toute connaissance de cause.
C'est ce qui s'est passé pour moi avec Une fois un jour, un livre autobiographique sans aucune complaisance.
Sobre, pudique, rude et douloureux... Un beau livre !
Il y a des livres qui valent mieux que leur lecteur quelquefois !

Nous n'eûmes pas d'enfant. Quand nous engageâmes une procédure d'adoption, elle tomba malade.
Comme il est étrange le temps des maladies qui n'est pas fait de jours, de nuits, de dimanches et de saisons à la fenêtre.
Ce fut une succession d'heures, quelques unes de répit, d' autres au contraire où la douleur virait dans son corps comme une toupie au mouvement perpétuel. Nuits et matins se confondirent dans notre chambre au point d'être indistincts... Elle ne connaissait plus le sommeil, mais tombait dans de brefs assoupissements aux réveils toujours plus pénibles, car le mal allait plus vite derrière ses yeux fermés.
Là où était son sourire, persistaient les fils.

Ses yeux vifs grands ouverts et curieux, commencèrent à se cacher, se retirant dans le creux aride des orbites.
Ils étaient lointains... Je ne les laissais pas en paix, je les cherchais, je m'approchais tout près pour les appeler au dehors, encore....
Quand elle mourut je ne m'en aperçus pas. Je dormais sur la chaise, mes mains enlacées aux siennes, mes yeux fermés et les siens ouverts tournés vers moi.
Lorsque je libérai mes doigts des siens, je fus seul sur terre.


mots-clés : #autobiographie #mort
par bix_229
le Mer 30 Jan 2019 - 19:28
 
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Sujet: Erri De Luca
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George Saunders

Lincoln au Bardo




4ème de couv a écrit:Washington, nuit du 25 février 1862. Dans le paisible cimetière de Oak Hill, non loin de la Maison-Blanche, quelque chose se prépare… Un peu plus tôt ce même jour, on a enterré un petit garçon prénommé Willie, qui n’est autre que le fils du Président des États-Unis. Ce soir-là, Abraham Lincoln, dévasté de chagrin, s’échappe de son bureau pour venir se recueillir en secret sur la
sépulture de son enfant. Il croit être seul – il ne l’est pas. Bientôt, des voix se font entendre, et
voici que jaillit des caveaux tout un peuple d’âmes errantes, prises au piège entre deux mondes, dans une sorte de purgatoire (le fameux Bardo de la tradition tibétaine). L’arrivée du jeune Willie va déclencher parmi eux un immense charivari – une bataille épique, reflet d’outre-tombe de la guerre de Sécession qui, au même moment, menace de déchirer la nation américaine. Tour à tour inquiétants, hilarants, attendrissants, les spectres surgis de l’imagination de George Saunders nous offrent un spectacle inouï, qui tient de la farce beckettienne autant que de la tragédie shakespearienne. Magistral chef d’orchestre de ce choeur d’ombres baroques, George Saunders s’amuse à dynamiter tous les registres romanesques, pour mieux nous confronter aux plus profonds mystères de notre existence : qu’est-ce que la mort ? qu’est-ce que la vie ? qu’est-ce que l’amour ? et comment vivre, et aimer, quand nous savons que tout est voué au néant ?


REMARQUES :
Ayant gagné le Man Bookers Prize, traduit avec succès déjà dans plusieurs langues, j’en ai entendu parlé déjà pas mal de ce livre. Certaines remarques et mots de la présentation laissent pourtant pensé presque à une histoire de fantômes bizarroïdes. Au fond il me semble que Saunders vise plus haut.

Il n’y a pas de narrateur, mais tout se présente comme, d’un coté, des collages de diverses articles, lettres, sources pour décrire le scénario autour de ce jour, cette nuit de la mort et de l’enterrement du fils d’Abraham Lincoln. Au milieu de la guerre civile, tandisque les premiers massacres tuent des centaines de soldats, il est confronté avec la mort sur un plan personnel. Son fils Willie est mort ! Et celui qu’on réduit souvent sur une action historique se revèle être bien plus : père attaché à son enfant, chagriné au plus profond. Est-ce que cela, et cette nuit auprès de son enfant mort, voir déjà enterré, va changer qqe ch?

Et de l’autre coté : des « voix », s’interpellant, se trouvant certes dans un monde parallèle, mais comme entre deux, le Bardo. Pour des raions variées, les gens s’y trouvant n’ont pas trouvé encore comment « laisser derrière soi l’ancien monde », prendre congé. Leur problème : une forme d’attachement trop grande, des regrets, parfois presqu’un amour trop grande. Pour aller en avant, il faudrait resolument regarder vers l’avant, sinon : risque de glacer sur place, de ne plus bouger ?

Narration alors entre changements de voix et dissonances (parfois les petits bouts de citations donnent des opinions et éclairages différentes sur une seule et même chose) ici. Et une forme de dialogue, de complémentarité (?) là, parfois formant un tout harmonieux où l’un raconte les événements se passant, ou anticipe la parole de l’autre sans altération

Mais ce choix de procèder sans narrateur au sens propre rend parfois la forme (à mon avis) un peu artificiel et difficile à avaler ?!

Néanmoins la grande force de ce roman va rester probablement une vue sur différentes attitudes face à la mort. Saunders choisit un terme du monde imagé du bouddhisme tibétain, sur un monde « entre les deux », le "Bardo". Monde coupé, mais encore attaché. Comment surmonter ses resistances, nostalgies, son refus ? Y-aura-t-il un jeu pour avancer encore après la mort physique ? Au même moment nous trouverons des références chrétiennes aussi... Donc, ce livre pourrait fournir de matières pour beaucoup pour une réflexion ou un partage.

Pour ne pas avoir toujours aimé le style, la forme choisie, je ne peux néanmoins pas donner quant à moi le plein d’étoiles !


mots-clés : #fantastique #mort #religion
par tom léo
le Mar 22 Jan 2019 - 7:54
 
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Sujet: George Saunders
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Camille Laurens

Philippe

Tag mort sur Des Choses à lire - Page 4 89477710

Philippe, le fils aîné de Camille Laurens est décédé quelque heures après sa naissance. Si la première partie « Souffrir » décrit les beaux moments de la grossesse et de l'attente, amères à la lueur du destin par nous connu, la suite « Comprendre » est surtout un pamphlet de récrimination contre l’accoucheur incompétent et négligent (copies du dossier médical et de l’expertise à l'appui) et l'entourage globalement maladroit à l'exception de quelques amis « courageux ». puis la troisième partie « Ecrire » , c'est l'écriture pour faire « survivre » l'enfant.

Je comprends tout à fait le besoin de Camille Laurens en tant qu'écrivain de jeter (car c’est plus souvent jeter qu'écrire) cette histoire sur le papier, et en tant que femme de hurler cette cruelle ignominie à la face du public. Il ressort bien évidemment de cette lecture une impression d'horreur, de révolte  et de malheur auxquels le lecteur, comme la lectrice ne sauraient échapper.
Dire que c’est un bon livre est sans doute autre chose, à laquelle je ne puis me résoudre, même si je n'aime pas tirer sur les ambulances. C'est  pour l'essentiel un acte de dénonciation, qu'on peut considérer comme salutaire (encore que...), peut-être même de vengeance, mais cela n' a qu'un lointain rapport avec la littérature.

Quant à la polémique Laurens-Darrieusecq à propos de Tom est mort elle ne peut être comprise par l'observateur non impliqué que comme l'expression de l'ampleur de la déchirure de Camille Laurens.

Et je ne parlelrai pas du ridicule achevé de la couverture du Folio...
Spoiler:



mots-clés : #autofiction #medecine #mort #relationenfantparent
par topocl
le Jeu 6 Déc 2018 - 18:19
 
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Sujet: Camille Laurens
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Jean-Philippe Postel

L’affaire Arnolfini  Les secrets du tableau de Van Eyck

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Armé d'une loupe dans la main droite, sous la main gauche une impressionnante pile de bibliographie, utilisant  son cerveau droit scientifique et son cerveau gauche artistique, Jean-Philippe Postel s'adonne à une impressionnante décortication de la célèbre œuvre de Van Eyck. Il répertorie les différentes interprétations proposées au fil des siècles, y va la sienne, bien séduisante il est vrai, convoque la mort et l'enfantement, la réalité et  le rêve, la symbolique reconnue et l'invention interprétative, pour nous donner ce petit texte stimulant, richement illustré par une iconographie insérée en couverture et entre les lignes, constituant un bel objet éditorial.
Pour le néophyte, c'est une démonstration impressionnante et captivante.

Je vous le remets en grand.

Tag mort sur Des Choses à lire - Page 4 Proxy_61


Mots-clés : #creationartistique #essai #mort
par topocl
le Mer 28 Nov 2018 - 15:14
 
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Sujet: Jean-Philippe Postel
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Carol Rifka Brunt

Dites aux loups que je suis chez moi.

Tag mort sur Des Choses à lire - Page 4 Bm_cvt10

Jess est une jeune fille au seuil de 'l’adolescence, paumée comme  il se doit à cet âge, parents aimants mais largement absents, grande sœur autrefois quasi jumelle qui la traite maintenant comme une gamine négligeable. Et son oncle Finn, l'oncle adorable-adoré qui meurt du sida...
Cependant il lui laisse « en cadeau » Tobby son compagnon sidéen auprès duquel elle va trouver réconfort, amitié, , résoudre les secrets familiaux, avancer dans sa construction personnelle, puis ressouder peu à peu les alliances.

C'est une roman pour adolescents, dommage que ce ne soit pas dit d'avance. Avec ce qu'il faut de faits de société,  de choses à apprendre t leçons à tirer pour affronter la vie,  de jusqu’au boutisme dans les actes et les sentiment.s C'est plutôt bien ficelé, il y a de l'humour, de la tendresse et de gros chagrins. Le temps d’une après-midi tranquille où l'on accepte de retrouver son état d'adolescence (où l'on n'était finalement pas plus bête que maintenant) , c'est assez émouvant, cocasse, tout doux, dans les deux premiers tiers, mais sur la fin le rocambolesque efface un peu cette sensation délicate et poétique.

Mots-clés : #amour #enfance #fratrie #initiatique #mort
par topocl
le Lun 26 Nov 2018 - 12:08
 
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Sujet: Carol Rifka Brunt
Réponses: 6
Vues: 522

Marie Darrieussecq

Tom est mort

Tag mort sur Des Choses à lire - Page 4 Cvt_to10

Aucune école, aucun pays, aucun livre, aucune conversation, ne nous avait préparés à ça.


Dix ans après, la mère de Tom jette des mots sur un cahier, des mots, des phrases, dans un style haletant et écorché, un chaos de douleur, de solitude, d'anéantissement, ce cri perpétuel en soi. Tom est mort il y a dix ans, il avait quatre ans et demi, il est là tous les jours avec elle. Ses souvenirs sont à la fois précis et vagues, nets ou reconstruits, de cette longue errance, ce retrait du monde,  ce trajet déchirant à continuer avec Stuart, son mari, et Vince et Stella ,ses enfants qui eux sont devenus ados. A ne pas s'habituer ( à refuser de s'habituer), à chercher à faire un deuil impossible, qui ne soit pas un abandon.

Celle qui est morte avec Tom c'est la mère de Tom. Reste la mère de Vince et la mère de Stella. La mère de Tom n'est plus. Celle que Tom voyait. Celle que j'étais dans le regard de Tom, née avec Tom et pour Tom. 10 ans après, je me souviens mal d'elle. Je me souviens de Tom. Il me semble que je pourrais, pendant quatre ans et demi plus une grossesse, faire défiler, minute par minute, sa vie entière. De la première échographie à la dernière image. Je le contiens, il est avec moi. Mais dans les blancs, dans les moments où il était à l'école, dans les moments où il était loin de mon regard, qui était la mère de Tom ? Je ne la vois plus. Dans les blancs elle disparaît. Il m'a peut-être emportée. Il m'a prise avec lui. C'est une idée presque apaisante. Me dire que je l'accompagne, où qu'il soit. Que je lui suis un peu d'aide. Et qu'une écorce vide reste ici à faire mes gestes et à garder mon souffle, une femme de paille.


Je dois dire que je me suis laissée prendre, j'ai cru que Marie Darrieussecq avait réellement vécu cette chose-là, que c'était une autofiction. J'avais oublié l'histoire du plagiat lancée par Camille Laurens à la parution du livre (il va me falloir lire le livre de Camille Laurens...). Ce n'est  qu'au dernier paragraphe, tant attendu, mais qui révèle le caractère écrit, structuré, romanesque, que j'ai compris. Non, c'était bien une fiction de bout en bout.
Et puis : qu'est ce que ça change ?



mots-clés : #culpabilité #mort #psychologique #relationenfantparent
par topocl
le Ven 23 Nov 2018 - 16:31
 
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Sujet: Marie Darrieussecq
Réponses: 26
Vues: 1923

Sawako ARIYOSHI

Les années du Crépuscule:

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Quatrième de couverture:
Veuf, Shizego est recueilli par son fils et sa belle-fille, Akiko. Celle-ci travaille, élève son enfant et s'occupe activement de son foyer. C'est un dur supplément à ses tâches quotidiennes que représente pour elle ce vieillard en train de sombrer dans la sénilité. Pourtant, malgré les problèmes innombrables, une sorte de lien tendre, un émouvant rapport de mère à l'enfant, va s'établir entre ces deux êtres...


Il est clair que S. Ariyoshi, sensible à la condition féminine au Japon, tourne l'éclairage sur tous les questionnements d'Akiko face à son beau-père.
On est dans les années 60-70, la situation de la femme dans la société est loin d'être reluisante (et ça n'a pas beaucoup évolué au Japon depuis d'ailleurs): une fois mariée, il est normal qu'elle ne travaille pas. Pour celles qui décident de travailler et d'être "indépendantes", certains conflits peuvent naître au sein de la famille mais surtout elles devront assumer toutes les tâches ménagères en plus , l'homme n'y participant pas du tout.
L'autre problème soulevé est l'absence totale de services d'aide aux personnes âgées alors que celles-ci vivent de plus en plus longtemps.
Shigezo (le beau-père) perd la tête, ne reconnaît plus personne sauf son petit-fils et Akiko, fait des fugues.Akiko cherche des solutions autour d'elle pour ne pas laisser son beau-père seul mais s'apercevant qu'il n'y a rien pour l'aider, elle doit se résigner à travailler à mi-temps. Son mari se déresponsabilise complètement du problème, voyant son père devenir sénile, il attrape peur de vieillir et se voile la face en évitant d'aider son épouse.
Alors qu'on suit l'inévitable descente de Shigezo vers la mort, on assiste à la montée inexorable du courage de cette femme qui relèvera tous les défits avec beaucoup d'amour, de patience et accompagnera jusqu'au bout le vieil homme.


mots-clés : #conditionfeminine #famille #pathologie #vieillesse #viequotidienne #mort
par Cliniou
le Ven 23 Nov 2018 - 11:43
 
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Sujet: Sawako ARIYOSHI
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Hjalmar Söderberg

Dessin à l'encre de Chine et autres nouvelles


Originale : « Historietter », Suèdois, 1890-1941

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Dans cette nouvelle édition de nouvelles de Söderberg chez Cambourakis il s’agit de 31 morceaux, d’une longeur de deux à 10 pages. En fait, le recueil suèdois cité dans une des premières pages comme origine de ce choix en français, fût édité tel quel déjà en 1898. Mais dans les pages d’introduction (très instructifs) on parle d’une période beaucoup plus longue dans laquelle furent alors écrites certaines autres de ces nouvelles partiellement inédites jusqu'à maintenant.

Comme souvent, voir toujours (?) chez Söderberg, le lieu par excellence de ces flaneries, rencontres fortuites, rêves… - est Stockholm.  On rencontre pratiquemment toujours un narrateur impliqué. On trouvera presque toujours une atmosphère qu’on décrira difficilement comme joyeuse, mais plutôt comme liée à la mort d’une façon ou d’une autre. Parfois les premières lignes, paragraphes laissent encore penser à une possibilité lumineuse du récit, mais c’est quand même un certain pessimisme qui prévaudra. On baigne souvent entre rêve et réalité, entre cauchemar et reveil qui va plutôt confirmer les pires idées. Ce sera la plupart de temps l’impression d’un temps sombre de la journée, voir de l'année.

« Je ne saurai dire si j’aime ou je deteste la vie ; mais je m’y accroche de toutes mes forces. Je ne veux pas mourir. »

Le protagoniste constate un monde marqué par la mort, le vieillissement, le vide. Parfois il lutte encore contre ces constats. Souvent un désir de monde, de « vanité » l’habite.

Donc, on comprendra que ce n’est pas une douce proménade dans un pays rose. Néanmoins c’est si bien écrit, souvent avec une distance, une ironie qui nous fait comprendre que cet homme fût (est?) considéré en Scandinavie comme un tout grand, presque à l’égal d’un Strindberg.

Après le roman « Egarements » cela était mon deuxième contact avec Söderberg, peut-être moins leger et plus étouffant? Certains morceaux me rappelaient Léonid Andreïev...


mots-clés : #mort #nouvelle #vieillesse
par tom léo
le Mer 21 Nov 2018 - 19:19
 
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Sujet: Hjalmar Söderberg
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Anne Bert

Le tout dernier été

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Anne Bert apprend à 58 ans, qu'elle est atteinte de la maladie de Charcot. Elle sait ce qui l'attend, ce carcan qui va peu à peu enfermer son corps, supprimer son autonomie, réduire la communication. Elle décide de ne pas laisser la vie lui dicter sa mort.

Il ne faut pas s'attendre à un pamphlet, un réquisitoire, un plaidoyer, un descriptif détaillé.
C'est une accumulation, au jour le jour, de sensations, d'impressions , de petits bonheurs, de grandes meurtrissures.
C'est un récit qui n'a d'autre but que de dire, j'ai été là, j'ai ressenti ceci, j'ai vécu cela,mon choix fut tel.
Le suicide assisté est là, omniprésent, implicite le plus souvent, mais ce n’est finalement pas le thème central de ce récit tout en sensualité. C'est assez beau, et ça bouleverse, évidemment.


mots-clés : #autobiographie #medecine #mort #temoignage
par topocl
le Sam 17 Nov 2018 - 15:44
 
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Sujet: Anne Bert
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Jean Mattern

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Les bains de Kiraly

Le narrateur Gabriel avait perdu – quand il avait dix ans – sa sœur Marianne suite à un accident. Cet apparent Français, avec des origines d’ailleurs, mais jamais trop explicités et expliqués par ses parents, n’arrivera pas à vraiment digérer ce traumatisme. Vite il est aussi clair que son père, lui, avait aussi vécu à pareille âge, mais en 1938, une perte : sa mère. Là aussi : mutisme, absence de pouvoir mettre en parole un deuil, de partager en paroles et en gestes le vide intérieur. Et l’absence de sentiments exprimés devient pour ainsi dire la suite logique de ce vide, de la non-communication d’une tristesse. Seul parole donnée par le Père ? Un incompréhensible, un irrecevable « il a donne – il a repris », pourtant tiré du livre de la perte par excellence : le livre de Hiob, Job. Signe d’un ailleurs ? Quels appartenances seront cachés aussi ???

La vie de Gabriel semble une longue conséquence de ce qu’on a raté lui transmettre : une appartenance, une capacité de mettre en parole. Le jeu du traducteur qu’il est devenu, est encore de mettre entre soi et la réalité une langue, des mots « étrangers ». Des choses non-dites ne peuvent pas créér des êtres qui seraient des « pages blanches ». Enfermé dans le silence et la non-communication c’est comme une mort à la vie.

Je trouvais cela assez fort ! Et ce roman s’intègre dans ceux qui traitent des traumatismes (divers) transmis de génération en génération, capables de laisser des êtres muets… L’allusion à une réponse est à mon avis assez pertinente.


mots-clés : #mort #relationenfantparent #solitude
par tom léo
le Jeu 15 Nov 2018 - 16:41
 
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Sujet: Jean Mattern
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Pierre Jourde

Winter is coming

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C'est l'un des livres les plus terribles, les plus noirs que j'aie lus. Quand on ouvre ce genre de livre, c 'est ce qu'on cherche, vous me direz.

Alors que la vie coulait pour Pierre Jourde un peu comme pour tout le monde, sans doute même un peu mieux que la moyenne,  on a diagnostiqué chez son fils de 19 ans un cancer du rein, d'une forme très rare, 12 cas au monde, et très virulente, pas de survie au-delà de 2 ans. Gabriel, dit Gazou, cet enfant pas encore homme, cet homme encore enfant,  aura droit à 11 mois.
Une histoire sans espoir aucun, racontée rétrospectivement, pas encore sorti de cette douleur dont il ne sait pas s'il en sortira jamais.

N'attendez pas une histoire de petits faits au jour le jour, de petits détails, de petites anecdotes qui permettent de reprendre souffle, de beaux détails sauvés dans ce marasme qui font quand même croire en la vie, C'est au contraire, malgré un vague souci chronologique, une grande déferlante sans répit faite de noirceur, de colère, de rage, d'impuissance et de fatalité. Cela reste sobre et contrôlé, parfois superbement écrit, avec parfois une note d’humour pour mieux cibler la naïveté  de l'équipe patiente (Gazou et sa famille), la vanité des espoirs et des dénis, mais il n'y a pas une seconde où souffler. C'est un homme qui se noie à voir son fils se noyer. Ce n'est pas un cri, mais une longue et déchirante vallée de larmes.

Si je comprends bien à quoi ça sert d’écrire cela, j'en suis toujours à me demander à quoi ça sert de le lire, et à y retourner, quand même. Un partage d'humanité, une oreille à ce qui se doit d'être dit ? Une façon de conjurer le sort? Une honnêteté à reconnaître que mes petits emmerdements, je ferai bien de ne pas trop m'en soucier ? Professionnellement une façon de comprendre ce qui se passe de l'autre côté de mon bureau ? Je ne sais pas. Mais mon cœur serré  doit bien y trouver quelque chose....


Mots-clés : #autobiographie #medecine #mort #psychologique #relationenfantparent #temoignage
par topocl
le Mer 7 Nov 2018 - 18:22
 
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Sujet: Pierre Jourde
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Ricardo Menéndez Salmón

Enfants dans le temps

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Originale : Niños en el tiempo (Espagnol, 2014)

Un roman en trois fragments, parties :

- « La blessure » : la fin d’une relation de quinze ans entre Antares, écrivain, et Héléna. Ils perdent leur jeune enfant à la suite d’un cancer. Ils vivent différemment le deuil, la séparation, et s’éloignent inexorablement l’un de l’autre… On perd la maîtrise du temps, on est devant la solitude du deuil pas partageable (?). Mais :

« L’obscurité existe, mais la vie continue. Nul n’en est coupable. »

- « La cicatrice » : un récit d’une enfance possible de Jésus, récit qui relate aussi un deuil d’absents, mais qui veut remplir un vide laissé, inacceptable : la vie d’un enfant… Les chapitres sont nommés selon l’alphabet hébreu.

Le narrateur commente un emprisonnement dans la parole des commentateurs de la personne. Et lui ? Il crée aussi son mythe...

- « La peau » : le voyage de Héléna vers la Crête : rencontre avec un homme effacé et compatriote plus âgé, Antonio, avec lequel elle va passé les soirées de son séjours de trois semaines. Une vie reprend en elle, mais à la fin là aussi : une séparation d’Antonio. On comprend que lui, Antonio/Antares, lui confie ce récit de Jésus enfant. La numérotation continue celle de la première partie !

Dans les trois « histoires/fragments » (de 60, 76 et 42 pages) il est question de mort (d’un enfant), séparation, et quelque part, et mystèrieusement, de reprise de vie et réorientation. Ils sont reliés par des personnâges ponts, et des bribes de sujets qui se renvoient l’un à l’autre : l’écrivain Antares – est-il l’auteur de cet enfance imaginé de Jésus ? Et Antares/Antonio ? L’enfant perdu, ou l’enfance perdu – sont ils pas pareillement des absurdités ? Et la séparation – est-elle inévitable à la suite de la mort vécue ? Et est-ce que l’approche artistique d’en faire face est expression de vie ou aussi empêchement ?

On retrouve lors de tout ce livre des éléments de la mythologie grècque, des face-à-face aussi avec des énoncés chrétiens. Il m’a semblé que Salmon était plus mal-à-l’aise de saisir le propre de ce message (chrétien). Ou est-ce qu’il s’agit de ses personnes ? Voilà le jeu de l’écrivain, peint par l’écrivain ? Des personnes dans la bouche desquelles on peut mettre divers propos. J’étais un peu désorienté.

L’écriture est dense, descriptive pas seulement d’actions extérieures, mais souvent aussi en donnant une interprétation possible d’une expression, d’une action. Trop ???

Il serait intéressant d’avoir d’autres avis sur ce roman qui ne m'a pas convaincu à 100 % mais qui néanmoins "a quelque chose..."


mots-clés : #contemythe #mort
par tom léo
le Mer 24 Oct 2018 - 18:46
 
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Sujet: Ricardo Menéndez Salmón
Réponses: 1
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