Des Choses à lire
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Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Ven 10 Juil 2020 - 22:43

111 résultats trouvés pour mort

Yasunari KAWABATA

Ossements

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Après avoir décrit le vieillissement de son grand-père dans Journal de ma seizième année, le jeune Kawabata raconte l'enterrement de l'aïeul. Le récit possède déjà l'effrayante lucidité de l'auteur. Au lieu du souvenir du défunt ; l'encrassement, la vulgarité, la honte, et l'inévitable démolissement de la sépulture, son abandon hâtif. Kawabata signe-là ses débuts en littérature, en quelques pages ; il a fait publier ce texte quelques années plus tard, se rappelant cette tentation de la mise en scène, un événement qu'il avait vécu tout à fait égoïstement.

mots-clés : #autobiographie #mort
par Dreep
le Sam 31 Mar 2018 - 12:18
 
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Sujet: Yasunari KAWABATA
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Horacio Quiroga

Contes d'amour de folie et de mort

Tag mort sur Des Choses à lire - Page 4 Contes10


Epuisant. J'ai la sensation d'être passé par une succession d'états fiévreux et hallucinatoires; d'avoir longtemps erré par une forêt obscure et sauvage qui entendait me garder captif; ou plutôt de sortir, grelottant, d'une tourbière dans laquelle je m'étais englué.
Quelqu'un a-t-il un rhume, une écharde dans le doigt ? Ce n'est pas bon. Chez Quiroga, c'est même une condamnation à mort.
Le drame vient d'un non-dit qui corrompt, d'un trouble constitutif de l'écriture même, une frustration qui étouffe les personnages comme de l'intérieur : une fièvre qui couve lentement, infecte, et détruit sans que rien ne puisse être expliqué ni ne soit résolu.
Les hommes sont animalisés, et la compassion à leur égard est presque interdite. @Armor, tu trouves que les caractères manquent de complexité. Peut-être ! c'est une monstruosité nue qui est révélée, un dépouillement des qualités d'être humain, les personnages paraissent souvent des valeurs immuables qui participent à ce tableau de cauchemar.

Le recueil est d'une profonde unité, duquel les divers arcs se rejoignent et s'agrègent en un espace compact. Ambiguïté, hallucination, dégénération, stérilité; un peu d'espoir (bien peu).
C'est une grande écriture, sobre, essentielle. Celle de Goethe me fait penser à une sève irriguante, celle de Quiroga à un fruit décomposé. Tantôt on pressent des parentés avec Sabato, tantôt les contours de Kafka se dessinent; parfois, au-delà de la sécheresse, se modulent des accents d'un romantisme sombre (quoique sans délit de lyrisme exacerbé).

Il faut plutôt être en forme, mais je le trouve incontournable.


mots-clés : #fantastique #mort #nature #nouvelle
par Quasimodo
le Lun 26 Mar 2018 - 21:36
 
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Sujet: Horacio Quiroga
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Emmanuel Carrère

D’autres vies que la mienne

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2009

Prix Cresus, Prix Marie Claire du roman d’émotion, Globe de cristal 2010, Prix des Lecteurs de L’Express

CONTENU :
Editions P.O.L. a écrit:À quelques mois d’intervalle, la vie m’a rendu témoin des deux événements qui me font le plus peur au monde : la mort d’un enfant pour ses parents, celle d’une jeune femme pour ses enfants et son mari.
Quelqu’un m’a dit alors : tu es écrivain, pourquoi n’écris-tu pas notre histoire ?
C’était une commande, je l’ai acceptée. C’est ainsi que je me suis retrouvé à raconter l’amitié entre un homme et une femme, tous deux rescapés d’un cancer, tous deux boiteux et tous deux juges, qui s’occupaient d’affaires de surendettement au tribunal d’instance de Vienne (Isère).
Il est question dans ce livre de vie et de mort, de maladie, d’extrême pauvreté, de justice et surtout d’amour. Tout y est vrai.
E. C.


REMARQUES :
Ce premier événement se rapporte à la catastrophe du Tsunami, vécue en 2004 ensemble avec une autre famille (et beaucoup de ceux touchés, justement encore „d‘autres vies“) au sud du Sri Lanka. A peine quelques mois après la soeur de sa compagne meurt et laisse son mari et ses enfants. Elle avait été atteinte d‘un cancer, elle la juge.

Et justement Carrère parle de ces „autres vies“, mais comment ne pas se laisser atteindre lui-même dans sa chair, dans ses interrogations? Dans ce sens-là: pas juste une chronique neutre et distante, ou un roman fictif, mais un récit authentique, un va-et-viens entre déscriptions et sentiment, réaction, attitude.

Perte d‘êtres chers (une fille, une épouse et mère) – donc un sujet gravissime. Mais ces personnages, et tous autour, sont peints dans une telle humanité et dignité qu‘ils ne provoquent pas juste de tristesse, mais un sentiment de respect en moi.

Peut-être la description du coté professionnel des deux juges décrits est un peu trop étirée, trop technique dans certains détails. Mais au même moment elles aident à nous rapprocher d‘êtres concrets, aussi dans leur vie professionnelle.

Carrère donc, au milieu de ces récits d‘autres vies, est protagoniste, comme si souvent dans ces œuvres. Il est témoin, proche. Et il parle – ce qui le rend sympathique – d‘un processus d‘apprentissage. Alors ce qui pourrait un peu désorienter au début (mais pourquoi tant parler de lui-même s‘il veut parler des autres?) devient une forme de grande honnêteté et ouverture: ne pas se cacher derrière des formulations toutes faites, mais parler de ses sentiments, expériences contradictoires. Et de sa fragilité qui, chez Carrère, lui est inscrit dans le visage.

Et alors dans le contact avec „ces autres vies“, c‘est aussi la sienne qui se met en marche. C‘est quand même bizarre, ou étonnant, ou surprenant que la mort d‘autres, plus ou moins proches de lui, mènera sa vie peut-être pour la première fois vers une volonté de constance et fidélité dans ses propres relations qui au début du livre semblaient déjà tellement compromises.

mots-clés : #biographie #catastrophenaturelle #mort
par tom léo
le Dim 4 Mar 2018 - 16:05
 
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Sujet: Emmanuel Carrère
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Karl-Heinz Ott

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Que s'ouvre l'horizon


Originale : Ins Offene (Deutsch, 1998)
Traduction : Françoise Kenk, 2010

CONTENU :
Présentation de l'éditeur a écrit:Le diagnostic des médecins est formel : la mère va mourir. dans quelques semaines tout au plus. Son fils unique se doit de revenir au pays natal afin de l'accompagner dans ses derniers instants. L'homme n'y était pas retourné depuis plusieurs décennies. Il avait fui l'univers clos et asséché d'un village souabe dont le catholicisme à la poigne de fer et la morale étroite avaient depuis longtemps condamné sa mère célibataire, tout comme lui, l'enfant naturel. Au chevet de celle-ci, le voilà confronté à sa mémoire, de même qu'à une femme qui fut à la fois le pivot de sa vie et son ennemie dévorante. Se libère-t-on jamais de ses origines, de son ascendance ? Est-il possible d'embrasser d'autres horizons ? Dans un roman tendu et poétique, Karl-Heinz Ott aborde ces questions avec une sincérité et une finesse qui forcent l'admiration. On comprend que le livre ait été couronné en Allemagne par le prestigieux prix Hölderlin.



REMARQUES :
Voici que je viens vous présenter – en interrompant le fil chronologique de la publication – le premier livre de l'auteur qui fut traduit voici 8 ans en français.

Au début du roman le narrateur reçoit la nouvelle d'un danger de vie imminent chez sa mère. Donc, il se met en route vers son pays natal et l'hôpital, et tout ce qui suit est une dialogue avec le passé et le présent, sous le regard de l'éphémère, de la mort imminente. Non, on trouvera pas juste des souvenirs en rose d'un passé maquillé, et aussi pas juste une compassion très imposante avec la mère mourante, mais d'abord même un aveu de haine, de désir de mort. Ainsi les souvenirs sont marqués par les anciennes rivalités et désir de mort ET, de l'autre coté pour ainsi dire, le repentir anticipé si ils vont se séparer dans ces termes là, et si le fils ratera la dernière chance d'une réconciliation possible avec sa mère et – peut-être encore plus ? - tout le passé qui allait avec ?! Dans ce sens-là on se trouve dans ce livre plus ou moins directement face à la mort, de la mère, et de la sienne, et des questions ultimes.

Dans mon édition allemande le livre était sous-divisé en des paragraphes d'une demie jusqu'à deux pages, séparés par une ligne vide. Il y a une certaine forme de chronologie dans la narration : de la réception de la nouvelle de l'état de la mère  jusqu'à… Mais elle est aussi si bien entourée par une langue parfaitement maîtrisée, des retours en arrière, et des transitions et sauts dans le temps qui ne sont pas facilement perceptibles.

La langue est – au moins pour moi – merveilleux et impressionnant, autant plus qu'il s'agit alors du premier roman d'Ott, même s'il avait déjà auparavant amassé des expériences en tant que dramaturge et ayant dépassé les 40 ans. On trouve souvent des énumérations, des séries de mots, éventuellement pour certains trop ? Il y a presque pas de dialogue directe, mais des fois un rapport en citant dans le conjonctif et langue indirecte.

Plus impressionnant encore je trouve ces bonnes observations sur le conflit intérieur face à la mort (le « mourir ») d'une personne proche : on vacille entre des possibilités ratées, des souvenirs de conflits, mais aussi le pressentiment qu'on va jamais réussir à fixer l'autre tel qu'il est à travers notre regard en fin de compte assez limité. Sur ce sujet l'auteur livre quelques très belles réflexions à la fin du livre.

Ce narrateur était alors enfant naturel. Le père avait déjà demandé lors d'une première grossesse de la mère « de se débarasser de l'enfant », mais pour le deuxième enfant, elle refusera, et alors c'est la rupture avec cet amant déjà marié avec enfant. Mais avoir un enfant hors mariage dans la très catholique Souabie est chose dure : constamment on reste marqué par le sentiment d'avoir commis un mal irréparable. Voilà une expérience fondamentale face à une réligion doloriste et parlant tout le temps du péché. Ce contexte, l'auteur va en parler à plusieurs reprises : certes il y a la superstition dans l'air, et ce moralisme inacceptable. Ensemble avec les expériences de sa mère, le refus à l'intérieur de la propre grande famille maternelle, le contexte de village, on peut comprendre que le passé, la « patrie », le « chez soi » soient souvent vécus comme quelque chose de limitant, d'étroit, de petit, de coupant la faim pour la vie. Pourtant – et une analyse trop rapide ne tient pas compte de cet imbroglio humain – ce même contexte peut créer une forme étrange d'attachement. Ainsi on trouvera d'un coup des remarques presque nostalgique sur la perte d'identité du village qui est devenu avec les années un pur dortoir pour les gens de la ville et qui a perdu ses magasins etc... Ainsi il y a un mélange étrange entre étroitesse et largeur, chez soi et sentiment de perte, revolte et consentement.

On discerne bien un hommage à « L'étranger » d'Albert Camus. Les idées mentionnés sur le « chez soi » sont splendide, comme aussi la reconnaissance sur la fragmentation de tous nos souvenirs. Après un début accusatoire la fin sonne plus en recherche de paix...

Impressionnant, cet Ott ! Découvrez-le !

mots-clés : #famille #mort
par tom léo
le Ven 23 Fév 2018 - 22:22
 
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Max Porter

La douleur porte un costume de plumes,

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Petit livre étonnant ! C'était ma Kube de février, je voulais quelque chose de différent, me voilà servi ! Il y a trois personnages, trois points de vue différents : le père, le corbeau, et les garçons. Comme dans une pièce de théâtre, les personnages se répondent ou font tout simplement des monologues. C'est assez léger, même si le thème abordé est sombre. Il se lit vite, il est très émouvant, mais on ne s'embourbe pas dans le pathos pour autant. Je ne connais pas très bien Poe, mais il y a je pense une réelle référence à son poème Le Corbeau (à vous de confirmer :p). Ce roman sort des sentiers battus, il est surprenant et frais, nouveau, je vous le conseille vivement Smile

mots-clés : #fantastique #mort
par Silveradow
le Ven 23 Fév 2018 - 12:37
 
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Siegfried Lenz

Une minute de silence

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Deuxième livre que je lis de cet auteur et deuxième fois que j'ai des larmes....
Si le but est d'émouvoir c'est réussi. L'histoire est pourtant complexe, celle d'un deuil mais également d'une histoire d'amour peu avouable. Quand il y a autant d'émotion la morale, j'ai personnellement tendance à m'en ficher prodigieusement et ce fut précisément le cas ici. La seule injustice ressentie est sur le devenir de chacun et non sur ce à quoi ils aspirent.
Magnifique style, toujours mélancolique, on est transporté dans cet univers de petit port du nord de l'Europe.
Lenz fait désormais partie de mon panthéon aux côtés de Hrabal.

*****

mots-clés : #amour #mort #intimiste
par Hanta
le Mar 23 Jan 2018 - 10:13
 
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Henry Bauchau

Le Boulevard périphérique

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C’est un livre qui peut paraître dur par son sujet, il y est question d’affrontement et de mort, mais c'est un livre pétri d’humanisme.

L’intrigue se déroule sur deux temporalités qui alternent. La plus ancienne se situe en Belgique à la fin des années 30 et pendant la seconde guerre mondiale : le jeune Stéphane initie le narrateur à l’escalade sur les parois des Ardennes. Il lui apprend notamment à se surpasser et à vaincre sa peur. Nous apprenons que durant la guerre Stéphane entre dans la Résistance et se trouve fait prisonnier par le redoutable colonel SS Shadow .
L’autre moment se place dans les années 80. Le narrateur, devenu âgé, se rend quotidiennement au chevet de sa belle-fille Paule qui se meurt d’un cancer dans un hôpital parisien. Les trajets qu’il effectue des Yvelines à la capitale donnent son titre au roman.

L’affrontement entre Stéphane et Shadow constitue donc une partie du livre. Stéphane (le Couronné) est une créature libre, légère et aérienne, qui se trouve face à son double Shadow (l’Ombre) homme massif et sombre, très tellurique. C’est une lutte mortelle, mélange d’amour haine qui s’engage entre les deux hommes, bien que l’un soit à la merci de l’autre. Pensez-donc, Stéphane est le seul homme qui face à Shadow, ne court pas aux toilettes se vider les intestins ! Sa pirouette finale hantera les derniers jours de Shadow lorsqu’il rencontre le narrateur, peu de temps après la guerre dans un hôpital, pour se confier à lui avant de mourir.

Ce genre d’histoire a déjà été mis en lumière par beaucoup d’écrivains et pèche peut-être par son côté manichéiste affirmé, mais il y a des morceaux inoubliables, notamment cette image des femmes qui hurlent en groupe lors du départ des hommes pour le travail en Allemagne.

L’hôpital – la mort est l’un des fils qui relie l’histoire ancienne à celle du présent. Celle-ci m’a plus touché, probablement parce qu’elle fait place aux multiples détails de la vie quotidienne. Dans la chambre de Paule se rencontrent son mari, partagé entre son amour pour sa femme et son travail, l’enfant lui a été envoyé en Angleterre. La mère de la malade est toujours là à ses côtés, dans son rôle de mère, vraie figure de Pietà qui m’a fait penser à la servante dans « Cris et chuchotements ». Elle parle peu la mère mais c’est pour dire des choses importantes :

« Elle a bon moral. Hier, j’ai vu que vous étiez troublé. Il ne faut pas, tout est déjà décidé dans son corps mais nous ne savons pas quoi. On a tout fait, il ne faut plus penser, supputer, se chagriner. Il faut seulement soutenir son moral. »


Le narrateur est là bien sûr, également des amis. Il y a la vie qui continue avec ses multiples péripéties malgré la présence de la mort.Il y a beaucoup de mélancolie et de tendresse dans ce livre. J’ai pensé à un bon film de Claude Sautet !

« Comme une araignée tisse sa toile, je n’ai rien fait avec ténacité que de m’emprisonner moi-même. J’ai eu des mouvements de libération, j’ai parfois brisé une porte, scié un barreau, mais je n’ai jamais cessé d’être fidèle à la Loi qui depuis mon enfance me prescrit de bâtir ma prison. »


« Paule s’éveille doucement par reprises successives, pourtant sa bouche s’ouvre un peu, appelle l’air comme un poisson hors de l’eau. Mais elle le trouve, elle aspire, elle respire calmement. Elle a encore sa rivière, son fleuve, son océan d’air. Elle nous retrouve des deux côtés de son regard et elle sourit. »


« Il ne reste plus que ce visage tranquille avec sa bouche ferme et la disparition à jamais de ce qui fut son regard. Il ne reste que ce corps devenu peu à peu fragile sous les coups de la maladie, qui a perdu sa rapidité, son volume, son souffle et n’est plus maintenant sous le drap que le signe de ce qui fut le passage d’une vague soulevée par on ne sait quel océan. »


« Je voudrais faire l’économie de toutes les morts que j’ai vécues, de celles que je devrai vivre encore. Je ne peux pas, je suis dans ce temps, dans ce monde, il n’y en a pas d’autre. »


« Autrefois je pensais qu’il fallait écrire avec des cailloux blancs afin de pouvoir retrouver son chemin. Aujourd’hui je vois qu’un peu de mie de pain suffit et qu’il faut avancer dans l’obscurité en se servant des traces confuses laissées dans la forêt, de ce qui reste de lumière et si je vois, comme aujourd’hui, la lampe de la maison de l’ogre, je suis content car elle éclaire cette page où je parviendrai peut-être à faire apparaître la plus intime des écritures, celles de nos grands prédateurs. »


mots-clés : #deuxiemeguerre #mort #pathologie
par ArenSor
le Ven 5 Jan 2018 - 19:16
 
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Sujet: Henry Bauchau
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Richard Ford

Entre eux

Tag mort sur Des Choses à lire - Page 4 Images68

Deux textes accolés, enrichis de photos d'époque, l'un  récent, sur son père, l'autre sur sa mère, écrit (et alors déjà publié) il y a trente ans. cet ouvrage dresse ainsi une image de ce couple ordinaire, amoureux, attachant, où Richard Ford , enfant tardif et unique, est venu se glisser "entre eux", sans modifier leur attachement, mais réorganisant leurs vies autour de cet amour nouveau.
L'auteur sait qu'on ne connaît jamais ses parents, il est d'une grande humilité par rapport à ce non-savoir.
j'ai toujours un peu cette impression avec Richard Ford, de quelque chose d’habité qui qui ne vient pas complètement m'habiter moi.


mots-clés : #mort #relationenfantparent
par topocl
le Sam 30 Déc 2017 - 10:03
 
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Sujet: Richard Ford
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Kristopher Jansma

New York Odyssée

Tag mort sur Des Choses à lire - Page 4 Images60

Tous les quatre, Georges, Irene, Sara et jakob, à peine leurs études finies, sont venus à l'assaut de New York (cinquième personnage)  pour y vivre à fond le bonheur qui leur est dû, déambuler dans les rues, boire dans les bars branchés, s'amuser du temps qui passe et de la vie qui s'annonce; mais leur élan est brisé quand Irene apprend qu'elle a un cancer, qu'ils l'accompagnent avec fidélité et folie, puis quand elle meurt,  laissant ses jeunes amis désemparés, comme prématurément vieillis.

Kristopher Jansma traite avec un certain brio ce sujet casse-gueule, avec ce qu'il faut de tristesse sans tomber dans le larmoyant, et une belle intelligence émotionnelle. Cependant malgré des portraits épatants, et des scènes parfaitement réussies, il y a aussi de bonnes longueurs qui font que je n'ai pas adhéré pleinement à ce roman d'une génération, parfois déchirant, parfois joyeux, parfois inspiré.

Mots-clés : #amitié #lieu #mort #pathologie
par topocl
le Mer 27 Déc 2017 - 21:14
 
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Ivan Alekseïevitch Bounine

L’amour de Mitia

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Je n'ai pas grand chose à ajouter aux propos de mon éminent confrère dont je partage en tous points l'analyse. Ce qui m'a surtout intéressé dans ce livre ce sont les correspondances entre le tragique de l'histoire : amour fou, jalousie, trahison et les descriptions d'une nature en fête au printemps et au cœur de l'été. C'est très russe avec une pointe de nostalgie tchekhovienne Very Happy
Je recommande.

Mots-clés : #jalousie #mort #nature #psychologique
par ArenSor
le Mar 19 Déc 2017 - 19:06
 
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Sujet: Ivan Alekseïevitch Bounine
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Michela Murgia

Accabadora

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On est en Sardaigne de l’après guerre. L'île à donné ses hommes à la puissance souveraine, mais garde son identité singulière.
Maria, quatrième fille non désirée d'une veuve de guerre miséreuse, est adoptée contre rétribution par une vielle femme, Bonaria : son  fiancé n'est pas revenu de la guerre, la vie n'a pas été ce qui était prévu. Maria devient sa "fille de l'âme", elle peut étudier, elle héritera.
Dans ses ruelles tortueuses,  le village reste accroché à la religion et aux superstitions, à ses rites obscurs, aux cancanages. Mais cette tradition  n'exclue pas les transgressions, en matière de filiation, de transmission et de mort. Bonaria en est l'un des instruments, secret de polichinelle soigneusement occulté aux yeux de l'enfant.
Il va lui falloir des années pour comprendre a noire mission de sa mère adoptive, quelques secondes pour la comprendre, l'exécrer et la fuir, et tout un cheminement pour revenir et l’accepter.

C'est un très beau roman plein de sagesses ancestrales autour des mystères de la vie, une initiation à comprendre que la vie et la mort sont complexes, que le bien et le mal sont étroitement enchevêtrés. La phrase de Michela Murgia est ample et mélodieuse, elle donne son poids à la tragédie universelle comme à l'humble paix du quotidien.

mots-clés : #lieu #mort #relationenfantparent
par topocl
le Dim 3 Déc 2017 - 14:22
 
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Sujet: Michela Murgia
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Michela Murgia

"Quand s'achève le deuil, Tzia?"
La vieille femme n'avait même pas pris la peine de détourner les yeux du tablier auquel elle mettait la dernière main.
"Quelle question... le deuil s'achève quand s'achève le chagrin.
- Alors on prend le deuil pour montrer son chagrin... avait commenté Maria, croyant avoir compris, tandis que la conversation s'estompait déjà dans le lent silence du fil et de l'aiguille.
- Non, Maria. Le chagrin est nu. Le noir sert à le couvrir, non à l'exhiber."



Ainsi s' exprime Maria enfant à Tzia Bonaria Urrai.
"Fillus de anima. C'est ainsi qu' on appelle les enfants doublement engendré, de la pauvreté d'une femme de la stérilité d'une autre. De ce second accouchement était née Maria Listru, fruit tardif de l' ame de Bonaria Urrai."

C'est ainsi, en toute connaissance de cause que Tzia Bonaria Urrai adoptera Maria, six ans, une file en surnombre dans une famille très pauvre et déjà amplement pourvue d'enfants.
On est dans les années 50 dans un pauvre village de Sardaigne, où subsistent encore des coutumes et des rites qui ont force de lois. Plus que la religion et beaucoup plus anciens qu'elle.

Tzia Urrai est couturière de son métier et quand elle prend la mesure d'un client, elle sait tout de suite à qui elle a affaire.
Elle a aussi une autre tache, qu'elle tait à Maria par crainte d'être incomprise.
De fait, Maria apprendra la vérité trop tôt dans sa vie, et se séparera d elle pendant quelques années. Soupçonnant sa mère adoptive d' une faute qu'elle lui cache.

Cruelle séparation pour toutes deux puisqu'elles s'aiment profondément, se respectent, se comprennent avec ou sans mots.

Un jour, elle est prévenue par une amie du village que sa mère adoptive est en train de mourir.
Elle revient immédiatement  s'occupe de Bonaria avec le soin et l' affection d' une fille pour sa mère.
Bonaria s'affaiblit de plus en plus. Bientôt, elle n'a plus que la peau sur les os. Mais elle ne meurt pas.

Maria essaie de savoir ce qui la retient ainsi en vie.
Mais Bonaria est à moitié paralysée et ne peut plus s'exprimer.
Maria pense que c'est parce qu'elle a contractée une dette dont elle ne s'est pas acquittée si elle ne meurt pas.
Mais un jour, un ami d'enfance qu'elle connait et apprécie lui dit durement "qu'elle est devenue arrogante avec les péchés des autres", lui demandant s'il lui était seulement venu à l'idée qu'il n'y avait rien à pardonner...
En un instant, Maria comprend tout, et c est avec sérénité et douceur qu'elle rend à Bonaria l'ultime service qu' elle pouvait attendre.

Tel est ce récit, âpre et sans concession, mais où domine la tendresse. Et qui touche à une question fondamentale et éternelle sur le passage de la vie à la mort.
Dans ces moments ultimes où le corps est abandonné à la souffrance au point de n'être plus que souffrance seule.

Tag mort sur Des Choses à lire - Page 4 Accaba10


mots-clés : #lieu #mort #relationenfantparent #traditions
par bix_229
le Lun 27 Nov 2017 - 16:00
 
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Sujet: Michela Murgia
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Michela Murgia

Tag mort sur Des Choses à lire - Page 4 Cvt_ac10

Accabadora

Je viens de terminer[i] Accabadora et j'ai été  saisi par la grande force de ce livre qui met l' accent sur une question fondamentale et éternelle. Celle de la mort.

Je sais que beaucoup ont lu et apprécié ce livre et j'y reviendrai.
Et j'invite ceux qui l'ont lu à rajouter leur grain de sel.


mots-clés : #mort #traditions
par bix_229
le Dim 26 Nov 2017 - 22:20
 
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Sujet: Michela Murgia
Réponses: 13
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Samuel Joseph Agnon

A la Fleur de l'âge

Tag mort sur Des Choses à lire - Page 4 A_la_f10

« A la fleur de l’âge » est un court roman qui ressemble à un conte. L’action se passe dans une communauté juive de Galicie, probablement au début du XXe siècle, mais peu d’éléments ancrent la temporalité du récit. De même, les événements se passent en milieu clos, quasiment dans une famille, profondément religieuse et respectueuse du rituel hébraïque.

La jeune Tirtza assiste à la mort de sa mère, emportée dans la fleur de l’âge. Elle reste seule avec son père, la servante et Mintchy, la meilleure amie de sa mère, toutes deux se sont connues dans la classe où professait Akavia Mazal… l’énigmatique poète Mazal !

« A la fleur de l’âge » est un roman d’une concision et d’une pudeur rares. Tout est suggéré avec une extrême délicatesse, ce qui fait ressentir plus vivement la violence des passions qui animent le personnage central et en cascade, beaucoup d’autres. Un beau portrait de femme.

Agnon ayant eu successivement la nationalité austro-hongroise, allemande, palestinienne sous mandat anglais et israélienne, je l'ai placé dans cette dernière nationalité.

mots-clés : #mort #traditions
par ArenSor
le Dim 26 Nov 2017 - 18:55
 
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Sujet: Samuel Joseph Agnon
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Ivan Alekseïevitch Bounine

L’amour de Mitia

Tag mort sur Des Choses à lire - Page 4 L_amou10

Ou les affres de la jalousie chez Mitia, étudiant moscovite amoureux d’une belle comédienne en herbe, jeune ingénue un peu suspecte d’émancipation. De vagues dissonances dans leur relation l’alarment ‒ petits signes imprécis de la rupture ?

« Mitia accompagnait Katia au théâtre, au concert, il se rendait chez elle et y demeurait jusqu'à deux heures du matin. Elle passait aussi parfois chez lui, dans son meublé de la Moltchanovka, et leurs rendez-vous s'écoulaient tout entiers dans le lourd enivrement des baisers. Cependant Mitia ne pouvait se défaire de l'idée qu'une chose terrible s'était enclenchée tout soudain, qu'un changement s'était produit, qu'une transformation s'opérait peu à peu en Katia, dans son attitude envers lui. »


Plongée dans l’angoisse de la séparation, qu’un épisode de diversion plutôt sordide ne fait qu’aggraver, pour le malheureux reparti chez lui.
Intéressant rapprochement de l’obsession pour son amante absente avec la prégnance de la mort suite au décès du père : sa perception de son environnement est métamorphosée lors de chacune de ces expériences majeures, ayant lieu au printemps qui transfigure le monde.
Description psychologique minutieuse d’un drame romantique, en regard avec celle de la campagne russe.


mots-clés : #mort #nature #psychologique
par Tristram
le Lun 20 Nov 2017 - 20:13
 
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Sujet: Ivan Alekseïevitch Bounine
Réponses: 13
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William Faulkner

Tandis que j’agonise
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L’histoire : Mrs Burden mère de famille de 5 enfants agonise. L’un de ses enfants menuisier confectionne son cercueil et elle en apprécie le choix des planches qu’il lui soumet à travers la fenêtre de la chambre.
La vie difficile de cette famille de paysans leur a forgé un caractère dur, orgueilleux, tenace.
Après le décès de la mère, le père et ses enfants partent pour un long chemin enterrer celle-ci à Jefferson selon son vœu et la promesse du père. Le voyage de plusieurs jours se déroule sur la charrette portant le cercueil et se révèle pénible. Les obstacles qui se dressent devant eux : rivières en crue, perte des mulets, incendie d’une grange, blessure d’un des fils, manque de finances, charognards, ne les arrêteront pourtant pas.

Une histoire d'un réalisme cru et le devoir d'une promesse.

extraits dont une illustration

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"Je peux lui dire que ce n'est pas donné à tout le monde de pouvoir manger ses fautes"

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commentaire rapatrié


mots-clés : #mort
par Bédoulène
le Dim 5 Nov 2017 - 8:45
 
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Sujet: William Faulkner
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Gunnar Gunnarsson

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J'avais beaucoup aimé cette lecture (merci encore Aventin) :

Le jeu des brins de paille et vaisseaux dans le ciel

  Souvenirs d'enfance dans les herbes islandaises. Souvenirs d'enfance racontés proches du point de vue de l'enfant qui est notre guide et narrateur. Donc exercice périlleux... mais réussite complète. On ne tarde en effet pas à se laisser prendre par la main et à regarder par ces yeux d'enfant.

  Ce qui veut dire que le talent de l'auteur pour la narration est tel qu'on ne se pose pas la question de savoir si l'on flirte avec la perfection ou non. De petit événement de la ferme en petite histoire de "Vieille Bega", Uggi notre gamin nous fait faire connaissance avec sa découverte du monde qui pour nous prend des allures de redécouverte.

  Il faut s'imaginer à lire une écriture mesurée, égale, fluide qui montre et raconte sans cesse pour dévoiler petit à petit un entourage et une naissance à soi. Les préoccupations sont d'enfant : être fort, à la hauteur du père mais juste et droit, s'amuser, imaginer mais bien montrées depuis l'adulte, sans niaiserie mais avec toute la douceur requise. Une nostalgie chaleureuse berce ces années qui font courir après un morceau de sucre, des fleurs ou un animal, la douceur du tissu familial au sens large et avec les "domestiques"... toute une confiance qui fait vivre un épanouissement chaleureux.

  D'autant plus précieux que tous ces événements et histoires si contés d'un ton léger n'en esquissent pas moins quelques dilemmes et questionnement moraux et les ombres de la vie et de la mort qui peuplent les aléas de l'existence terrestre. L'exercice de conscience se révélant d'autant plus touchant qu'aidé par la subtilité formelle de ces deux épisodes.

  Touchant aussi parce que ce regard conscient de lui-même et de ses rêves comme de ses très concrètes limites est fixé quand ce n'est pas sur ces vaisseaux dans le ciel que l'on n'entrevoit qu'assez tardivement en tant que tels sur l'entourage, les personnes, leurs beautés et leurs faiblesses et avec le plus souvent un voile sur les défauts. Et on s'amuse aussi à suivre ces tendres descriptions pleines d'empathie et de séductions diverses.

  Et dans la balance de l'expérience l'équilibre se fait entre les tensions et la sérénité, la confiance et la générosité du partage (par le récit, l'écriture) et sur un fond de nature omniprésente, rude et généreuse elle aussi, incertaine, méconnue. Quelque chose reste à portée mais méconnaissable et après il y a encore la mer.

  Et l'indéfectible amour pour cette figure de la mère qui sert d'ancrage à tous ces épisodes d'apprentissage parfois remuant, parfois silencieux et solitaire. Et quel plaisir que de pouvoir se plonger et replonger quelques jours dans une unité, une joie de lecteur comme neuf qui tout familiarisé et attaché qu'il devienne n'en finit pas lui non plus de tout simplement s'émerveiller.

  En conclusion je partage parfaitement l'enthousiasme pour cette petite merveille inestimable (comme souvent les petites merveilles). C'est une très belle façon de commencer son année de lecteur confiant.

 Très très beau, très subtil et pleinement élémentaire. J'associe ce genre de lecture au plus évident plaisir de lecteur, peut-être une des sensations qu'entre toutes je préfère. On est ailleurs le temps de la lecture, un peu ailleurs entre les moments de la lecture et encore ce n'est pas que ça.

(Récup).


mots-clés : #autobiographie #enfance #famille #mort
par animal
le Mer 1 Nov 2017 - 10:06
 
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Sujet: Gunnar Gunnarsson
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Marie de Hennezel

La mort intime.

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si la maladie est une ennemie à combattre, la mort, elle, n'en est pas une.


Marie de Hennezel rapporte ici, en épisodes de vie/mort entrecroisés, sous une forme accessible à tous quoique exigeante,  son expérience dans le premier service de soins palliatifs, dans un service de patients atteints du SIDA, ou dans sa vie personnelle. Marie de Hennezel comprend vite que la réserve et l'absence d'empathie de la psychanalyse ne sont ici qu'un bagage superflu, elle se forme à l’haptonomie.

La vie m'a appris trois choses : la première est que je n'éviterai ni ma mort ni celle de mes proches. La deuxième est que l'être humain ne se réduit pas à ce que nous voyons ou croyons voir. Il est toujours infiniment plus grand, plus profond que nos jugements étroits ne peuvent le dire. Il n'a, enfin, jamais dit son dernier mot, toujours en devenir, en puissance de s'accomplir, capable de  transformer à travers les crises et les épreuves de sa vie.


On est en 1995, ne l'oublions pas, la médecine, dans ses aspects techniques, humains et juridiques, a énormément évolué depuis. Mais le propos général reste parfaitement d'actualité, car la mort, elle, est toujours là: comment accompagner les patients en fin de vie, comment vivre sa mort, spiritualité ou pas,  pour qu'elle soit un acte de vie.

Dans Une mort intime, elle nous fait partager le chemin vers la mort d'une poignée patients, qui permettent d’illustrer son propos: il ne s'agit pas d’accompagner un corps souffrant, mais une personne qui est là jusqu’au dernier instant.

ceux qu'on appelle des "mourants" mais qui sont bien des "vivants jusqu’au bout.


Cette gageur est pleinement réussie: ses "personnages " existent, ils sont là avec leur personnalité, leurs angoisses, leurs forces et leurs faiblesses, vivants. Et on est impressionné de cet accompagnement profondément humain, épris de vérité comme de tendresse, qui leur permet de passer ce cap dans le meilleur confort possible, parfois même comme une épiphanie.

L'ouvrage est assez court, ce qui est judicieux car la lecture est si "émotionnelle" devant ces situations impitoyables, qu'il aurait sans doute été difficile d'en lire beaucoup plus. Sans qu'elle ne joue jamais sur le pathos, on est perpétuellement renvoyé à ses représentations et fantasmes personnels, à des  vécus plus ou moins douloureux. Au-delà de cette expérience personnelle qui constitue comme un terreau, Marie de Hennezel nous emmène doucement mais fermement vers l'introspection et la réflexion. Ce sont les buts réels de  cet ouvrage : la remise en question du lecteur, de son rapport à la mort, la sienne comme  celle des autres, la levée d'un tabou qui quoi qu'on en dise crânement  nous emprisonne tous. C'est pleinement réussi, j'ai découvert des choses en moi, j'ai l'impression réelle d'avoir fait un pas constructif.

C'est une lecture dure, mais il ne faut pas hésiter à s'y confronter (juste un bémol, qu'elle n'ait pas parlé aussi de ses échecs).




mots-clés : #medecine #mort
par topocl
le Lun 30 Oct 2017 - 11:03
 
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Sujet: Marie de Hennezel
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Andrzej Stasiuk

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Un vague sentiment de perte

Un petit livre , moins d'une centaine de pages, et qui regroupe quatre nouvelles ayant toutes le point commun de parler de la mort : celle qui est déjà passée, celle que l'on sait venir, celle qu'on refuse de reconnaître.

La première nouvelle "raconte" la grand-mère de l'écrivain et sa vie partagée avec les esprits de ceux qui sont partis : c'est presque un conte.
La dernière est plus longue , la moitié du livre , et donne la possibilité au narrateur de se souvenir du passé et d'évoquer une manière de vivre qu'il a souhaité quitter et qu'il évoque cependant avec une certaine nostalgie, que des paysages autrefois familiers maintes fois observés.

Il y a aussi l'évocation d'une chienne âgée qui qui permet de poser de nombreuses questions concernant la fin d'une vie.


Pour autant,même si la tristesse nous habite, une fois la dernière page tournée, il reste également l'émotion de ces moments partagés et de ces réflexions qui sont aussi nôtres!

Une très belle rencontre avec un auteur. Aux dires de la personne qui m'a conseillé ce livre, il est différent de ses autres écrits par sa mélancolie.

Mots-clés : {#}mort{/#} {#}nouvelle{/#}
par Invité
le Mer 4 Oct 2017 - 21:34
 
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Sujet: Andrzej Stasiuk
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Jean-Louis Baudry

Les corps vulnérables

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Ouvrage que j'ai consciencieusement dévoré. une des plus belles et longues déclarations d'amour à un être disparu qui m'ait été donné de lire.
Sous forme de journal intime, on apprend à découvrir cette femme, épouse de l'auteur, ce couple si uni, si fusionnel et pourtant si pudique dans l'élancement des passions.
Déclaration délicate, récit d'une vie à deux, que l'auteur refuse de voir se clore, que l'auteur veut poursuivre par le passage de la vie au papier, j'ai été ému du début à la fin par tant de sincérité et de joliesse.

Ouvrage édité à titre posthume je ne suis pas certain que l'auteur aurait souhaité qu'il soit édité, je ne sais pas à vrai dire certains passages laissent penser l'inverse.

C'est le premier texte que je lis de cet auteur que je ne connaissais pas du tout, la lecture est facile même si cela demeure long. Le style est très classique, académique mais il sert de cadre à des émotions parfois écorchées parfois trop timides. Ce style permet ainsi un équilibre, une fondation solide.

Un livre d'une grande émotion et d'une beauté certaine.

Mots-clés : #mort
par Hanta
le Mer 4 Oct 2017 - 15:33
 
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Sujet: Jean-Louis Baudry
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