Des Choses à lire
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Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Mer 20 Jan - 2:43

155 résultats trouvés pour nature

Jef Geraerts

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 Oiseau10

Oiseaux de nuit. - Le Castor astral


Septembre 1943, Carl 13 ans vit à son grand regret les derniers jours de vacances dans la ferme de ses grands parents.
Il connaît un bonheur sans mélange dans la foret. Un bonheur fait de liberté totale et protégée.
Le reste du temps il lit Salambo et  son imagination s'enflamme.

Il rencontre un jour un ado de son age. dépenaillé, turbulent, sauvage. Jos.
Tout les diffrencie, mais ils partagent le même gout pour la nature, les aventures. Ils deviennent amis.
Jos lui fait connaître sa famille, sa mère et sa soeur, des créatures féminines sensuelles et somptueuses.
Ils sont gitans et traités en conséquence. Logés dans une cabane délabrée, hors du village. Mais pas à l'abri de la maveillance des braves gens.
Les femmes sont ravies que Jos ait enfin un ami.
Quant à Carl, il tombe raide amoureux d'Alice, une file de seize ans, encore un peu retenue mais physiquement épanouie.

Tous trois vont vivre des moments magiques de liberté et de sensualité inoubliables.
Des virées fantastiques dans les bois la nuit.
Ils couchent à la belle étoiles dans des meules de foin.
Et Carl et Alice n'en finissent plus de se caresser et de s'embrasser.
L'aventure finira mal.

Le livre n'est pas un roman. L'auteur a rééllement vécu cette folle histoire cinquante ans plus tôt. Elle a bouleversé durablement sa vie et il n'a eu qu'un désir, revivre par l'écriture ce qu'il vécut.
Il ajoute qu'il a connu en quelques jours plus d'évènements que pendant tout le reste de sa vie et avec plus d'intensité.
On le comprend et on le croit.

Et par chance, il a réussi à communiquer cette intensité au lecteur.
J'ai rarement ressenti une telle plénitude et un tel bonheur de mots pour exprimer une aventure totale à un àge où généralement on se contente de la rêver.


mots-clés : #initiatique #nature
par bix_229
le Dim 27 Aoû - 21:25
 
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Sujet: Jef Geraerts
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Thomas McGuane

À la cadence de l'herbe

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 A_la_c10

@ Billiethefall : ce livre passionnera les amateurs de chevaux et de Grand Ouest, mais pas que…

C’est la saga d'une famille : Sunny Jim Whitelaw, propriétaire d’une usine, le patriarche qui a toujours tenu les siens d'une main de fer et qui, venant de mourir, a trouvé le moyen de les maintenir sous sa coupe après sa mort ; Alice, sa femme, qu’il a écrasée comme leurs deux filles, Evelyn et Natalie, ainsi que les deux beaux-fils : Paul, le prédateur plein de charme en qui Jim a reconnu un congénère sans en être dupe, et le modeste, gentil Stuart, perpétuellement brimé tant par son beau-père et employeur que par sa femme Natalie, artificielle et instable, aussi amante de Paul. Et Bill Champion, taiseux cow-boy d'un autre âge, qui s’échine sur un ranch non loin (et presque aussi peu rentable que l’usine, le tout appartenant à un monde condamné), et qui excelle avec chevaux et bovins. Evelyn y passe beaucoup de temps, et le vieux Bill, plus proche de la famille qu’on le croirait, compose avec elle le cœur du roman, en contrepoint du défunt omniprésent et de l’ambitieux Paul.
Le nœud de l'imbroglio, c’est le testament qui lie la disposition de l’héritage ‒ l’affaire familiale, dont la direction est remise à Paul ‒ à la vie en couple de ce dernier avec Evelyn, qui a divorcé dans un effort d’échapper à sa funeste fascination.
La narration de l’intrigue, juxtaposition calculée de séquences sans grand respect de la durée ou du déroulement chronologique des événements, fait monter crescendo l’intérêt du lecteur, d’un aspect, d’une révélation à l’autre (telle la stupéfiante péripétie de la transplantation de rein).
Mais c’est aussi l’observation incisive du monde âpre de ces Américains des grandes plaines sous les contreforts du Montana, laminés par l’évolution économique.
Irrésistibles épisodes du bar avec son chanteur à la manque, du drag queen champêtre bloqué par la neige avec ses parents et s’apprêtant à incinérer le grand-père…

Evelyn au bar :
« Elle regarda son jeune cavalier et se demanda s’il savait déjà qu’aucun remède contre la solitude ne marche, que c’était une sorte de maladie chronique et que tout ce qu’on utilisait comme produit anesthésique se retournait contre vous. »


Jim et Paul :
« Ils avaient en commun une absence totale de sens de l’humour et la conviction que les masses étaient handicapées par leur besoin de ne voir que ce qu’elles voulaient voir. »


Jim :
« Les gens sourient pour inciter les autres à tomber d’accord avec eux. C’est minable. S’ils avaient le moindre cran ou un peu d’autorité, ils s’en ficheraient. »


Bill :
« …] sentir inexorablement qu’il marchait à contretemps, et qu’il vivait dans un pays trop content de le voir se tuer à un métier qui n’existait sans doute déjà plus. »


Stuart préparant son divorce :
« ‒ Je voulais avoir un bébé mais toi tu te demandais quel ait tu aurais en maillot de bain. À la limite, ça pourrait se comprendre, mais tu ne voulais jamais aller nager. Natalie, quand je me serai débarrassé de toi, je vais adopter toute une portée de petits Bulgares, là-bas on te laisse en prendre autant que tu en veux, et je vais les élever et leur payer des études avec ton argent. »


Alice :
« Votre père avait une santé fragile. Il ne faisait pas de sport, et il avait mangé toute sa vie ces énormes steaks persillés de Kansas City. Il m’a avoué un jour avoir mangé plus de bœufs que n’en montre la grande scène de la ruée des bêtes dans La Rivière rouge de John Waine, mais il savait qu’il avait atteint l’âge où il ne pourrait pas dévorer un second troupeau de cette taille. C’était sa façon à lui de se sentir mortel. »

L'intrigue de ce roman rappelle celles de Jim Harrison, ami de l’auteur, et même certaines de Faulkner. Une lecture qui plaira(it) à beaucoup !
Le superbe titre condense le tempo sans précipitation de la nature, et du temps qui s’en va.


mots-clés : #famille #nature
par Tristram
le Ven 25 Aoû - 21:35
 
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Sujet: Thomas McGuane
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Antoine Choplin

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 41u5p210

Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar


Orig. : Français, 2017

CONTENU :
Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar ou comment un jeune cheminot de Trutnov (Tchécoslovaquie) croise sur son chemin Vaclav Havel, comment une amitié se noue entre les deux hommes entre parties d'échecs et bières partagées jusqu'au balcon du Château, place Venceslas, à Prague...Le dernier roman d'Antoine Choplin, inspiré d'une histoire vraie, s'intéresse comme souvent aux humbles et montre comment, parfois, le destin les porte, les fait basculer du côté des justes et les fait participer, presque par hasard, à la grande Histoire… (Texte de l'éditeur)

REMARQUES :
Bien sûr que le nom de Vaclav Havel résonne chez beaucoup d'entre nous, et sûr, qu'ici on le rencontre dans différents étappes de sa vie. Le récit est même encadré par l'apparition de Havel sur le balcon  du château sur le Hradschin (jour de son élection), et puis son travail comme président, accueillant Tomas pour une rencontre ! Mais il est important que Choplin met l'accent surtout sur ce Tomas Kusar, cheminot de métier. On se l'imagine un peu maladroit (n'est-il pas cible de certaines moqueries?), voir « simple » dans le sens qu'il n'est peut-être pas un grand intellectuel. Un moment donné, humilié, il va jusqu'à se laisser emporté par une certaine violence. Néanmoins il est habité par une loyauté, une droiture qui font de lui un proche de Havel. Soi dit en passant que ce récit s'inspire de faits réels.

Et pourtant : Qui discernera en lui un homme attentif aux beautés de la nature ? Qui a un regard éveillé qui le font découvrir les rugeosités et beautés d'écorces d'arbrse par exemple ? Ou le chant d'oiseau ? Ou la silhouette d'un arbre dans la lumière déclinante ? Voilà un type de poète « normal »…, qui par ce melange de classes qui avait été possible dans certaines formes dans les circonstances du règime tchècoslovaque, rencontre Havel le dramaturge, acteur, écrivain, dissident. Et Tomas, peut-être pas de tout destiné à devenir militant, entre dans un monde, y participe à sa façon.

Les « quelques jours » dont parle le titre ne renvoient pas à une période ininterrompue très courte, mais décrivent pratiquemment comme exemplaire des jours de rencontres entre Tomas et Havel au fil de leur relation. A chaque fois on monte d'un cran, d'un palier dans un rapprochement, dans une prise de conscience, une participation et dans l'avancement de la cause.

On retrouve avec bonheur le langage soigné, simple et dense à la fois de cet auteur splendide. A découvrir !


mots-clés : #amitié #nature #politique
par tom léo
le Mer 10 Mai - 15:58
 
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Sujet: Antoine Choplin
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Knut Hamsun

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 515ej110

Sous l'étoile d'automne


Originale : Under Høststjærnen (Norvégien, 1906)      

Présentation de l'éditeur - Régis Boyer a écrit:Sous l'étoile d'automne est le premier de trois romans dont le héros, Knut Pedersen - qui porte le nom véritable de Knut Hamsun - est un vagabond en quête de paix intérieure, jaloux d'indépendance et de liberté. La grande nature du Nord, avec sa faune et sa flore profuses, l'éclat de sa lumière irréelle et transfiguratrice, l'immensité de ses étendues comme inviolées où règnent en maîtres le roc, l'arbre et l'eau, fournit aux songeries inlassables de l'éternel passant un cadre à la mesure de sa sensibilité exacerbée.Mais, si l'instable chemine sans trêve, au rythme lent de romans dont le tempo, le vocabulaire, les répétitions s'accordent à la pesante progression de la marche, c'est avant tout pour fuir une invincible tentation d'amour idéal, jamais avouée autrement que par allusions obscures et gestes d'offrandes maladroits : de la jolie demoiselle du presbytère à la belle Mme Falkenberg d'Övrebö, en passant par la petite Olga, ce coeur à donner ne fait que s'immoler vainement, pour un élan de tendresse enfin avouée, pour une parole attentive, un geste à peine esquissé. Le jeu subtil, à peine exprimable, de ces élans retenus, de ces demi-aveux, de ces dons menus où se lit toute la souffrance de passions presque ineffables constitue la trame profonde d'un récit qui, de la sorte, échappe à toute analyse trop anecdotique, dilue la temporalité pour n'en privilégier que quelques temps forts.On songe à Dostoïevski qu'admirait Hamsun, à Thomas Hardy, à Virginia Woolf ou à quelques-unes des grandes sagas islandaises d'autrefois : oeuvres dont la pudeur est la règle d'or, où tout est à lire sur palimpseste. Chez Hamsun, par excellence, l'essentiel est ce qui n'est pas dit, ne se saurait dire, et le véritable vagabondage est alors la quête, par les voies de l'amour, d'un être à la recherche de ce qui, en lui, reste enfoui dans les profondeurs de l'inconscient.


REMARQUES :
"Sous l'étoile d'automne" de Knut Hamsun est en fait le premier tome d'une trilogie qui dans certaines langues est publiée dans un seul volume, en allemand alors sous le titre significatif "Der Wanderer". «Un vagabond joue en sourdine » qu’a présenté bix en haut, est en fait le deuxième roman de ladite trilogie.

Ici nous nous trouvons toute de suite au milieu de cette recherche du narrateur pour la paix intéreure, une forme d'être retiré du monde et de non-attachement. Nous devinons rapidemment, sans qu'il le précise très clairement pendant longtemps, qu'il a déjà vécu des choses lors de sa vie, qu'il connaît même un certain succès « dans le monde », mais qu'il le fuit comme l'aliénant de lui-même. Il n'est plus tout, tout jeune alors.

Il est alors intéressant que, écrit en 1906, cette forme de non-pax dans la ville, voir le monde, était déjà un ressenti qui, peut-être le lie avec nous, ces lecteurs d'aujourd'hui ? Knud Pedersen, le narrateur, est l'Alter Ego, le nom de naissance, de Knut Hamsum, nom de plume.

Il est en chemin, avec des partenaires changeants et ouvrier d'occasion, prêt à tout faire. Il ne fait pas signe de sa vraie identité qu'on sait déjà illustre dans certains cercles. Mais est-ce qu'il peut encore s'arranger avec une vie simple ? Une fois il travaille chez un pasteur, une fois dans une propriété plus grande d'un capitaine. Le feu, allumé par des femmes diverses, habite cet homme ; des histoires commencent, se defont, ou accompagnent le chercheur. Est-ce que cela aboutira en quelque chose de plus stable ? Est-il capable et désireux de se lier (à nouveau) ? Veut-il cela ? Prend-il sa chance, ou laisse-t-il passer l'occasion, les occasions ?

On trouvera quelques descriptions de nature splendides. J'ajoute que ma traduction allemande des années 30 joue avec une langue simple et belle à la fois. Un délice, s'approchant peut-être du maître dans sa langue d'origine ?

C'est tellement dommage qu'à cause de son fanatisme plus tard, et son rapprochement au fascisme, nous ne pouvons plus lire Hamsun complètement innocemment. Mais ce livre-ci est vraiment d'un autre époque, écrit alors en 1906 ! Et j'y vous aucun signe de pensées bizarres ou decevantes. Celui qui aime la littérature nordique, par exemple aussi un Gunnar Gunnarsson, trouvera son bonheur chez ce Hamsun de cet époque.


mots-clés : #nature
par tom léo
le Jeu 27 Avr - 7:12
 
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Sujet: Knut Hamsun
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David Van Reybrouck

Le fléau


Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 Le-fle10


David Van Reybrouck, lors de ses recherches universitaires, découvre que l’écrivain naturaliste sud-africain Eugène Marais, spécialiste des termites, a été plagié par Maurice Maeterlinck, prix Nobel de littérature, qui a écrit un livre sur les termites, La Vie des termites, dont le contenu est quasi identique à celui qu’avait publié Marais. Eugène Marais est sud-africain, Maeterlinck est belge… En Afrique du Sud on parle l’africaans, langue proche du néerlandais, et Maeterlinck peut lire l’africaans puisqu’il lit et parle le néerlandais. Plagier Marais, ni vu ni connu. Qui oserait dire que le grand Maeterlinck eût piraté un confrère de Pretroria ?

« Il n’en reste pas moins que l’on retrouve chez Maeterlinck la théorie de Marais sur l’unité organique de la termitière. Dans un des tout premiers chapitres de La Vie des termites, le prix Nobel présente même cette théorie comme la conclusion de ses travaux. »


A l’époque de Maeterlinck et de Marais, les livres sur les termites, les fourmis, les serpents et les grands singes se vendaient comme des petits pains, et Maeterlinck a battu des records de vente avec son livre sur les termites.

Van Reybrouck, intéressé par cette affaire, expose tout d’abord une hypothèse sur le plagiat du livre de Marais par Maeterlinck qui, paraît-il n'est pas une lumière. Il veut des preuves. Il décide donc de partir en Afrique du Sud pour mener l’enquête.

Nous voilà donc partis avec lui en voyage, en avion, en autocar, en train ou dans une vieille guimbarde qui tombe en panne. Au fur et à mesure de son enquête, il découvre l’Afrique du Sud, sa population, la pauvreté et le racisme, mais aussi des régions agréables à voir, d’autres plus rudes, tels ces paysages désertiques, plats, des territoires sans lieux :

« La station-service est un endroit lugubre, un successeur indigne des ces auberges où, autrefois, l’on dételait les chevaux pour leur donner un sac d’avoine. Je fais les cent pas sur l’asphalte craquelé. Comme je n’ai aucune envie de me nourrir d’un hamburger spongieux ou d’un malheureux triangle de pizza, je me dirige nonchalamment vers une boucherie située de l’autre côté de la rue. »


Il fait des rencontres au gré de son périple, de personnages intéressants, d’autres originaux, qui vont le guider, lui donner des pistes pour aller de l’avant dans son enquête.
Le lecteur découvre également la langue de l’Afrique du Sud, l’africaans, faite de plusieurs langues, dont le néerlandais, de langues locales, et les dialectes et autres langues parlées. L’Apartheid puis la Réconciliation font partie du passé, mais ça c’est en théorie. Le racisme est plus que jamais encore très prégnant, des métiers ou activités sont réservés aux Noirs, d’autres accessibles seulement aux Blancs, des insultes fusent, destinées aux Noirs, les Blancs ne se mélangent pas. Dans les contrées plus reculées, c’est encore pire qu’en ville, le racisme est franc et massif, tandis que dans les villes il apparaît plus masqué, plus hypocrite. Van Reybrouck est choqué. Il culpabilise aussi…

Au fur et à mesure de l’avancée du livre, l’auteur évoque ses recherches faites à Gand, en Belgique, la consultation des différentes archives dans des institutions diverses qui l’ont mené à aller sur le terrain pour vérifier si Maeterlinck a pillé Marais. Car ce plagiat est bien difficile à avaler pour David Van Reybrouck.

Van Reybrouck qui est l’auteur et également le narrateur, puisqu’il s’agit d’une histoire vécue (une non-fiction), nous décrit aussi, tel un entomologiste, la vie des termites dans leur termitière, leur rôle, leur morphologie. Ordre, obéissance sont de rigueur…, ces colonies sont encore plus sophistiquées que celles des fourmis ou des abeilles. Pour les entomologistes et pour Maeterlinck, ces petits insectes sociaux, c’est l’Homo sovieticus. L’équation est la suivante : termites = totalitarisme.

Malgré leur grande diversité, tous les termites ont en commun une organisation sociale rigide. Ils ont élaboré une société dans laquelle certaines castes spécifiques remplissent des tâches bien précises. Il y a ainsi des termites-ouvriers, des termites-soldats et un couple royal. Les ouvriers, aveugles et stériles, forment la plus grosse partie de la colonie et accomplissent l’essentiel du travail. Ils se déplacent dans des galeries et des tunnels souterrains et effectuent des razzias afin de rassembler des vivres pour nourrir le reste de la communauté…

Ce livre est riche et très intéressant : la description d’un voyage lointain, une leçon d’entomologie très divertissante, un environnement politico-social de l’Afrique du Sud, les recherches sur les textes des deux scientifiques, les témoignages, et beaucoup d’autres événements encore.

S’il part avec un but précis, Van Reybrouck reviendra-t-il avec une réponse ? Le but de ce voyage ne sera peut-être pas celui qu’il avait envisagé en partant.

Agréable lecture, je recommande vivement ce livre !


mots-clés : #nature #segregation #voyage
par Barcarole
le Jeu 30 Mar - 12:58
 
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Sujet: David Van Reybrouck
Réponses: 16
Vues: 890

Amanda Coplin

L'homme du verger

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C'est un homme qui a vécu seul , de nombreuses années , à l'aube du XXème siècle dans une vallée isolée de l'Oregon, apportant ses soins attentifs à ses vergers. Le jour où deux gamines, toutes deux enceintes, viennent roder vers chez lui, cela réveille sans doute la blessure de sa jeune soeur jadis disparue, et il tente peu à peu de les apprivoiser, de leur apporter le soutien qu'elles en veulent pas forcément. Toute sa vie va être désormais lié à elles, et à l'enfant qui survit, dans une dévotion fervente où sa bonté intérieure se révèle.

Amanda Coplin nous livre au fil d'une quinzaine d'années leurs relations à la fois  complexes et touchantes, dans cette nature lumineuse et apaisante, par petites touches discrètes , sensibles, où l'amour affleure sous les silences.
C'est un livre doux et paisible, malgré des péripéties douloureuses, attachant, auquel il manque peut-être une petite étincelle.

(commentaire récupéré)


mots-clés : #psychologique #nature
par topocl
le Sam 25 Mar - 14:04
 
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Sujet: Amanda Coplin
Réponses: 7
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Joseph Conrad

Le flibustier
Titre original: The Rover.
Roman, écrit en 1922, publié en 1923, 275 pages environ.
Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 1598x110
Huile sur carton d'Élie Bernadac

Le dernier roman de Conrad, correspondant sans doute à son vieux projet caressé, au moins depuis 1902, d'un roman qui fût méditerranéen et napoléonien. Pour l'anecdote, son premier titre en traduction française fut "Le frère-de-la-côte", titre validé par Conrad, au cas où vous tomberiez sur une très ancienne édition.

Les nombreux amateurs de Conrad de ce forum le savent, le "on-dit" en vigueur prétend que le meilleur de Conrad fut écrit avant 1910, et je me rends tout à fait à cette opinion.

Du coup, les ouvrages postérieurs à 1910 sont parfois un peu laissés dans l'ombre.
On peut avoir quelques bonnes surprises, comme avec Le flibustier, que j'ai trouvé très plaisant, émouvant, et plutôt profond, riche en matière.

La note de postface précise que l'édition originale est truffée de gallicismes, et pas mal de mots, voire de phrases en français y figurent, ce qui doit être un peu crevant pour qui le lit en anglais: quant à rendre ces gallicismes...en français, les traducteurs ont dû s'en voir de belles, ça doit être à peu près impossible.

L'histoire ? Sans trop déflorer, ce livre fait, je crois, partie de ceux dans lesquels il faut entrer sans trop savoir ce qu'il y aura après la page de garde:
Un vieux coureur de mers, Peyrol, au passé plus que trouble, débarque à Marseille à bord d'un bateau pris à l'ennemi anglais, pendant la révolution française. Au lieu d'être accueilli en héros, il l'est fraîchement, les autorités se montrent soupçonneuses. Il part alors se faire oublier dans sa campagne natale, une presqu'île proche de Toulon, isolée par un marais...

Le rythme est un peu languide, il y a une touffeur toute méditerranéenne et estivale dans ces pages.
Le déroulé a une ou deux phases de confusion, curieux cela chez Conrad.
Les caractères sont lentement peints, et c'est très bien fait -toujours un peu contradictoires, les personnages Conradiens- peut-être quelques personnages, pourtant pas loin de compter parmi les principaux (Réal, Scevola, Michel, etc...) auraient mérité un traitement plus fouillé.   

Une part d'autobiographie aussi, comme un retour (c'est là que Conrad débuta dans le métier de marin).
Le sort de la tartane, le sort de Peyrol, le sort de Conrad au soir de sa vie alors qu'il l'écrivait, tout ceci densifie ces pages, pourtant jamais empesées, même en cas de situations figées (observations, guet, etc...).

Le regard extérieur ("anglais", ou Conradien ?) sur la violence aveugle du lieu et de l'époque, couplé à la dimension historique (révolution française puis époque napoléonienne) servent particulièrement bien le rendu romanesque.

Les descriptions côtières, marines et de navigation sont un pur régal, servi par un virtuose (mais ça, vous vous en doutiez).
Et le final est époustouflant.

Bref: un Conrad assez original, qui m'a bien accroché...


mots-clés : #nature #revolution
par Aventin
le Ven 17 Mar - 22:24
 
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Sujet: Joseph Conrad
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Richard Adams

Watership Down.

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C'est une histoire que Richard Adams a inventée puis enrichie au fil des jours pour ses filles, et que celles-ci l'ont poussé à publier. Comme dans toute histoire de ce genre, le manuscrit a été refusé par un certain nombre d'éditeurs avant de connaître un succès international avec plus d'un million d'exemplaires vendus. Cela  a permis à Richard Adams de quitter son poste de ministre de l'environnement et de se consacrer à l'écriture.

Un groupe de lapins abandonne sa colonie, menacée par des promoteurs immobiliers. S'ensuit une longue déambulation à la recherche d'un nouvel emplacement pour  loger sa garenne, avec tout ce qu'il faut de péripéties :  poursuite par les anciens, intempéries, territoires hostiles, prédateurs animaux ou humains… Ils finissent par s'installer à Watership Down, lieu idéal, où ils réalisent enfin que, entre mâles, ils ne vont pas aller bien loin… Il décident de se tourner vers une garenne voisine, qui s'avère un effroyable régime totalitaire. Et c'est reparti : espionnage, infiltration, ruses, combats…

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On s'attache très vite aux "personnages" , qui comme il se doit dans ce genre littéraire, sont assez archétypaux :Hazel le chef bon et courageux, son frère Fyzeer vaguement devin dont les prédictions vont mener la trompe, Bigwig le rageux combatif, Pipkin le gentil timide etc... On apprend plein de choses sur les lapins car, s'ils sont doués de la parole,  il s'agit bien de vrais lapins et non pas comme  dans Beatrix Potter d'images de l'homme passant le balai et portant culotte.  C'est tout à fait moral : la   solidarité, l'amitié, la persévérance, l'honnêteté finissent par l'emporter.

Cela se lit avec d'autant plus de sérénité qu'on sait très bien que tout finira bien. Dans le genre littérature convenant aussi bien aux adultes qu'aux enfants,ce récit ne vaut ni  Le seigneur des anneaux, ni l’Iliade et l'Odyssée, dont il n'a pas les mêmes prétentions littéraires, malgré de belles descriptions de nature sauvage anglaise. L'aspect épopée animalière l'emporte nettement sur le fable politique. Mais c'est tout à fait drôle et choupi, sympathique et agréable à lire.

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mots-clés : #contemythe #nature
par topocl
le Ven 17 Fév - 9:13
 
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Sujet: Richard Adams
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Vues: 497

David Vann

Désolations

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Deuxième livre que je lis de cet auteur après Sukkwan Island et seconde fois où je prends un plaisir certain grâce à David Vann. En Alaska nous suivons les réflexions et les moments cruciaux d'une famille et de leurs conjoints. Inutile d'en dire plus il ne faut pas dévoiler l'évolution du récit.
Roman chorale en contraste avec Sukkwan Island qui était en quelque sorte un huis clos à ciel ouvert, nous assistons avec une certaine distance à des situations et des pensées complexes de personnages qui en viennent à devoir faire des choix décisifs. Toujours avec un style simple et efficace David Vann a réussi à me plonger dans cette histoire, à me décrire la complexité de la psychologie de chaque personnage qui ont tous une importance fondamentale. On les plaint, on les soutient, on les condamne et tout ceci spontanément sans vraiment parvenir à un jugement définitif ou à un avis arrêté. J'ai pensé aux Corrections de Franzen car il existe aussi ici une certaine approche sociologique qui est très intéressante. Une certaine critique de la classe aisée, une critique du rapport à la nature, une critique du rapport à l'argent également. Tout ceci ponctué par des descriptions agréables des paysages de l'Alaska. Une vraie réussite.


mots-clés : #nature #famille
par Hanta
le Ven 10 Fév - 23:55
 
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Sujet: David Vann
Réponses: 12
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Sylvain Tesson

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Dans les forêts de Sibérie


CONTENU:
Rêve longtemps chérie de Sylvain Tesson que de chercher l’écart pour voir si on arrivait à se supporter soi-même et si on a une vie intérieure. Et je pense bien que c’est un rêve partagée, sinon comment expliquer un certain succès de ce livre ? N’y-a-t-il pas chez beaucoup un désir de révolte face au rouleau compresseur par les impressions nombreuses et quotidiennes avec les médias et le bruit de ce monde nous étourdissent ? C’est la première fois que ce grand voyageur un peu spéciale, et escaladeur de cathédrales et autres monuments, cherche une forme d’existence, d’aventure plus liée à une certaine stabilité, pour ainsi dire une aventure sédentaire. Donc, il acquit une baraque au bord du Baïkal, le plus grand reservoir d’eau douce au monde. Bien muni de livres, d’outils, de cigares et avant tout de Vodka, il y vécut de Fèvrier au Juillet 2010 et expérimenta soi-même et le monde autrement : une autre relation au temps, à l’efficacité, à l’existence gratuite au milieu d’une nature apparemment sans limites.

REMARQUES:
Un perspectif qui a de quoi m’enchanter mais que je n’arrive à réaliser très approximativement. Mais après quelques expériences de lecture de Tesson dans le passé je m’approchais de ce livre avec des sentiments mélangés.

Comme déjà vu dans le passé, l’auteur trouve un langage souvent très poètique, et aussi des expressions (voir des « formules ») très à propos face au vécu. Pas étonnant que le livre fût bien accueilli. Alors ma propre attitude sceptique ne devrait pas empêcher d’autres de la lecture : Vous pourriez passer à coté d’un livre vous reservant quelques découvertes et possibilités d’élargir l’horizon. Mais en ce qui me concerne je restais et reste sceptique. Je m’explique un peu :

- la solitude tant chantée par Tesson n’est pas forcement à mettre en égal avec isolement. Par ailleurs : est-ce qu’il a vécu uniquemment dans cette solitude qu’il théorise si souvent ? Avec un sourire on verra combien de fois(pratiquemment chaque semaine?) il reçoit de la visite ou s’en va visiter des voisins ou la ville (une fois)

- eh bien : la simplicité, aussi bien tant chantée, n’est pas si évident non plus : Tesson arrive avec un camion de provisions, donc de « sécurité », des boîtes de cigares, de vodka, un panneau solaire et un ordinateur etc. Est-ce qu’avec ces et ses sécurités il arrive vraiment de s’approcher de cette autre simplicité, pas choisie, des habitants ? Et oublions le billet d’avion de retour, une fois l’aventure terminée (comme quelqu’un remarqua justement)...

- dans d’autres ouvrages, reservés aux voyages, il se désignait volontiers comme le « Wanderer ». En parallèle on trouve ici l'auto-portrait et l'ideal dans « l'ermite » (dans la troisième personne singulier!). Est-ce qu'il suffit pour ce faire de vivre comme il le décrit ? Il prend des comparaisons avec des grandes figures de l'érémitisme : les pères du désert, en Russie par exemple spécialement un Saint Séraphim de Sarov. Mais est-ce qu'on peut vraiment le mettre dans cette parenté et dans le même panier ? Au moins difficilement. Car leurs vies ne consistaient justement pas dans une pure fuite du monde (si soulignée par l'auteur), une seule recherche d'isolement, mais contenait une recherche de proximité de Dieu, d'une communion donc. Si on peut le comprendre ou non.

- plusieurs fois Tesson tombe dans la tentation (propre à un certain type d'aventurier?) de juger les autres, voir de les mépriser. Alors on juge ce dans quoi on est soi-même plus ou moins consciemment impliqué : une appartenance au monde. Il se construit un image de supériorité. Ainsi par exemple il juge les chasseurs, mais il mange ses saucisses des conserves... Il parle de la nature intouchée... et jette ses bouteilles de vodka etc. Dans certains passages - sans néanmoins atteindre la même amertume, ici bien remplacée par une poèsie – il me rappelait Mariusz Wilk, un autre réfugié du monde, ayant l'inclination de juger, voir dénoncer.

Bref, c'est terrible : j'aimerais tant être plus positif sur ce livre qui contient des bribes justes et désirées par beaucoup d'entre nous, mais cela m'est difficile de ne pas être et rester sceptique. C'est dommâge quelque part, mais ce trop de pathos me rendait la lecture peu agréable et j'arrêtais en cours de route...

Mais ne vous laisser pas trop influencer et jugez vous-mêmes.


mots-clés : #nature
par tom léo
le Lun 6 Fév - 17:46
 
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Sujet: Sylvain Tesson
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Annie Proulx


Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 97822416

C'est très bien comme ça

Livre de nouvelles (9)


A travers ces histoires c'est une déclaration d'amour que fait l'auteure au Wyoming et à ses habitants. Elle nous montre la beauté et l'âpreté de cette région. On comprend son intérêt pour les désordres climatiques , l'attention qu'elle porte aux vulnérables , aux malchanceux  ; l'importance de la famille.

Pour une belle photo, par un terrible hiver, par une plante macrophage, un pas mal assuré, une ruade de cheval, une porte mal fermée ; la mort fait sa cueillette.

Le Wyoming, une force de la Nature, le Diable l'a compris qui y a élu domicile.


Il y a de l'humour, de l'empathie dans son écriture flamboyante mais surtout un réalisme envoutant.

c'était une très bonne rencontre avec cette auteure.


Extraits :

Elle croyait que le désir sexuel s'affaiblissait avec l'âge, or les vieilles biques rivalisaient pour les faveurs de paralytiques aux bras tremblotants. Les hommes, eux, avaient l'embarras du choix entre l'informes robes d'intérieur et des squelettes aux toilettes fleuries."

"A l'époque où il tentait de se faire élire à l'assemblée législative avec ses idées révolutionnaires, un vieux propriétaire de ranch fort respecté l'avait pris à part et lui avait dit, en soulignant chaque mot , qu'il n'y avait rien à changer au Wyoming : c'était très bien comme ça. Peu à peu il comprit la vérité de cette affirmation."

"Vers midi, la piste se perdit dans une véritable explosion de fleurs sauvages - ancolies, penstémons, clarkies, mourons, castillèles. Cette prairie alpestre et les quelques banquettes de neige encastrées dans les fentes des pentes exposées au nord charmèrent Catlin qui regarda le petit lac qu'elle surplombait."

"Mizpah Fur, le coeur brisé, et souffrant de sa solitude, fixa alors son attention sur une chose inanimée, un massif d'armoise qui au crépuscule penait l'apparence d'un enfant tendant les mains en l'air pitoyablement comme s'il demandait à être soulevé du sol."
Mizpah l'entoura en son milieu d'une bande d'étoffe rouge et elle ressembla plus que jamais à un enfant aux bras tendu vers le ciel."


mots-clés : #nouvelle #nature
par Bédoulène
le Sam 4 Fév - 0:23
 
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Sujet: Annie Proulx
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Patrick Chamoiseau

L'Esclave vieil homme et le molosse

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 L_escl10

Venant de relire ce roman (récit plutôt ?), racheté par oubli de l’avoir déjà lu, il me servira d’introduction à l’œuvre d’un auteur dont je peux affirmer sans gros risque de me tromper qu’il est un des plus grands écrivains francophones de notre époque. Son écriture, d’une forte originalité mais puissamment enracinée dans l’héritage créole (oralité, merveilleux), le place dans la lignée de Rabelais (dixit Milan Kundera ‒ il semble que les deux auteurs se fréquentent) ; elle participe beaucoup de ses racines, l’antan, mais s’engage résolument dans une invention créatrice forte.
Sa prose lyrique de « Marqueur de paroles » est truffée d’heureux créolismes qui n’entravent pas la lecture, surtout si on a le français désuet en mémoire, à défaut des créoles issus du français ; je conseille cependant de recourir à un dictionnaire de martiniquais, comme Potomitan, pour en tirer tout le jus.
Mon coup de cœur initial a été Texaco ; je recommande aussi ses textes sur l’enfance.

Cet ouvrage relativement bref, rythmé en sept cadences, porte sur l’esclavage, ce topos obsédant des Antilles-Guyane : l’esclave vieil homme, au terme d’une vie de servitude à l’apparence placide mais secouée de « décharges » cachées (coups de folie, crises de révolte, impulsions de fuite), marronne finalement, et le Maître-béké de la plantation lâche sur lui son monstrueux molosse, un peu son double (qui a subi le même traumatisme du voyage en cale sur la mer haïe). Course aveugle et hallucinée dans les Grands-bois du vieil homme qui fut esclave. Rencontre terrible avec l’Innommable ‒ la bête-longue (serpent) ‒, avec un trou d’eau, une pierre gravée caraïbe. Vécu du flair du féroce poursuivant, tandis que le maître tente de suivre, conquérant livré à lui-même et au doute. Cela se termine par des os (en filigrane dans tout le récit), témoignage et genèse…

Cadences 3. « Eaux » a écrit:« Le noir, inconsolable, lui divulgua la texture de l’humus, les âges enchevêtrés, les eaux reines, la force pensive des troncs, l’allant d’une sève au secret des présences végétales. Cette indistinction s’alimenta d’une profusion portée d’un seul élan. Et élan désormais le soutint »
« Il écouta pour tout de bon le faux silence du sol, les grouillements d’herbes-champignons, le fouissement des racines, les ahans denses des roches, le clair des sources diffus comme des soupirs de cuivre. »


Cadences 4. « Lunaire » a écrit:« Des variations infimes sollicitèrent son derme : l’aura terreuse des grands arbres ; l’aigu raidissant d’un tombant de clarté ; l’aisselle océane d’une ravine ; le silence momifié où des fougères exhalent l’odeur de la mort éternelle et de la vie têtue. »
« Rien ne remue l’autour. les arbres mâchonnent un fond d’éternité. L’air trop fermenté sédimente sur lui une petite peau gluante. […]
Que l’omnisciente prière des grands arbres, la respiration des broussailles, la tremblée des insectes. Des germinations nouées au silence immuable. »



mots-clés : #esclavage #nature
par Tristram
le Mar 24 Jan - 17:05
 
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Sujet: Patrick Chamoiseau
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Dan O'Brien

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 97828410

Je lis Rites d' automne et je découvre un auteur selon mon coeur.
Comme Edward Abbey,  Dan O' Brien est un écologiste né. Et qui ne sa paie pas de mots.
Installé dans son ranch du Dakota du Sud, un lieu qu'il a choisi à un moment de sa vie, il s'est occupé de la réintroduction d' espèces en voie de disparition. Et notamment du faucon pélerin voué à  l'extinction. A cause des pesticides mais aussi des chasseurs. Comme en France il n' y a pas si longtemps, les rapaces étaient considérés comme des "nuisibles" et détruits en tant que tels.
Ce récit est une somptueuse évocation des grands espaces de l'Ouest, de sa faune et de sa flore.

Attaché affectivement à une femelle de faucon pélerin qu'il a sauvée de justesse, il entreprend un voyage de la frontière canadienne au golfe du Mexique.
Aidé par un ami, ses deux chiens, il lui apprend à chasser en autonomie partielle, avec l' idée profondément ancrée en lui de la rendre à la liberté.
C'est une pensée généreuse en soi, mais difficile à réaliser.

Ce lien profond avec la nature et avec un animal qu'il respecte et admire profondément est émouvant. Il y a chez O'Brien, ce lien qu'on commence à redécouvrir avec le milieu animal dont nous faisons partie. Mais que nous avons renié, méprisé, sous estimé.

Il revient plusieurs fois sur les premiers occupants du territoire, les Amérindiens et notamment à  Crazy Horse, un peronnage profondément charismatique, et  qui eut un rôle déterminant sur les peuples indiens qui s'opposaient à l'invasion de leurs terres.

Un très beau livre !


mots-clés : #nature
par bix_229
le Dim 22 Jan - 18:15
 
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Sujet: Dan O'Brien
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Bill Bryson

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 Images49

PROMENONS NOUS DANS LES BOIS

J'ai dit ailleurs tout le bien que je pensais de ce livre. À la fois le livre d'un naturaliste averti.
Mais un mélange indissociable d'humour, de fantaisie et aussi de vraies connaissances sur ce dont il parle. Juste un passage qui m'a beaucoup interessé sur l'arbre en général, après que Bryson ait évoqué l'évolution du Chemin des Apalaches et notamment de la disparition d'espèces animales et végétales. Comme ce tilleul géant détruit par une maladie  :

«Malgré sa taille imposante, un arbre est un être remarquablement fragile. Sa vie repose sur trois couches de tissus internes superposés, épais comme des feuilles de papier : le phloème, le xylène et le cambium. Situés juste sous l'écorce, ils forment ensemble une enveloppe humide autour du coeur plus sec. Quelle que soit la hauteur atteinte par l' arbre, ces couches ne représentent que quelques kilos de cellules vivantes chichement réparties des racines aux feuilles: avec zèle, elles réalisent tout le processus scientifique et mécanique sophistiqué  indispensable à la survie du végétal. L'efficacité avec laquelle elles accomplissent leur mission est une des merveilles de la nature ; en silence, l'air de rien, chaque arbre de la foret draine de ses racines à ses feuilles d'énormes volumes d'eau, plusieurs centaines de litres dans le cas d'un grand individu par une chaude journée. Cette eau s'évapore ensuite dans l'atmosphère.
Imaginez la débauche de machinerie qui serait nécessaire à une brigade de pompiers pour propulser verticalement autant de liquide. Et phloème, xylène et cambium ont encore bien d'autres talents à leur actif.»



mots-clés : #humour #nature #voyage
par bix_229
le Ven 6 Jan - 16:20
 
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Per Petterson

Pas facile de voler des chevaux

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Ce livre se construit sur le thème assez classique de l'homme au crépuscule de sa vie, qui tire un trait, se retire dans la solitude, dans l'espoir d'une vieillesse sereine, basée sur l'amour de la nature et le travail manuel,. Il reconnaît en son voisin un garçon qu'il a connu lors de l’ été de ses 15 ans, en 1948, lequel fut bien particulier pour lui, et les souvenirs remontent peu à peu. Entre promenades et travaux campagnards, il nous raconte ce fameux été qui fut sans doute le dernier de son enfance , ses joies et ses bouleversements.

Il ne faut pas chercher une cohérence, un départ et une fin, ou des réponses dans cette démarche. Il faut aimer la nature, le travail des hommes, les lumières et les odeurs. Il n'y a pas de but : c'est comme dans la vie il n'y a que la cohérence d'une personne, qui se construit, puis vieillit. J'ai beaucoup aimé la lecture au fil des pages : une écriture fluide, des descriptions, une façon de voir la vie donnent un réel plaisir de l'instant au lecteur. Mais d'une certaine façon j’ai trouvé que le livre manquait de sens, les faits sont là, les pistes n'aboutissent à rien. Il y a une façon de ne pas tout livrer qui me déstabilise. Et cela laisse, une fois le livre fermé, une certaine insatisfaction.

Toute ma vie j’ai désiré vivre seul dans un endroit comme celui-ci. Même quand la vie était belle, et elle l’a souvent été. Ça, je peux l'affirmer. Qu’elle l’a souvent été. J'ai eu de la chance. Mais même dans ces moments-là, au milieu d'une étreinte par exemple, quand on me murmurait à l'oreille les mots que je voulais entendre, j'ai parfois ressenti un brusque désir d'être loin, dans un endroit où tout ne serait que silence. Pendant des années, je n'y ai pas pensé, mais ce désir était quand même présent. Et maintenant je vis ici, et tout ressemble presque à ce que j'avais imaginé.


Les gens aiment bien qu'on leur raconte des choses avec modestie et sur le ton de la confidence, mais sans trop se livrer. Ainsi ils pensent vous connaître, mais ce n'est pas vrai. Ils connaissent des choses sur vous, ils ont appris certains détails, mais ils ne savent rien de vos sentiments ni de vos pensées, ils ignorent comment les événements de votre vie et les décisions que vous avez été amené à prendre ont fait de vous celui que vous êtes. Ils se contentent de vous attribuer leurs propres sentiments et leurs propres pensées ; avec leurs suppositions, ils construisent une vie qui n'a pas grand-chose à voir avec la vôtre. Et vous êtes en sécurité.


Maintenant, au cinéma, il n'y a plus que des idées. Des idées bien minces et quelque chose qu'on voudrait faire passer pour de l'humour. Tout est censé être si drôle. Mais j'ai horreur de me laisser divertir, je n'ai plus assez de temps pour ça


(commentaire récupéré)

mots-clés : #initiatique #nature #solitude #vieillesse
par topocl
le Dim 1 Jan - 17:39
 
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Sujet: Per Petterson
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Lafcadio Hearn

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 00710010

Kwaïdan

Je connais si peu  la culture Japonaise, mais d'après les nombreux contes et légendes qui figurent dans ce livre je pense que la puissance des Morts (fantômes ou autres) est reconnue, qu'il s'agisse d'esprits malins (le plus souvent) ou aimables (notamment par Amour).

Le 16ème jour est souvent évoqué, il semble bénéfique ; un extrait

"Après l'enterrement d'O-Sodé, les parents d'O-Tsuyu plantèrent un jeune cerisier, le plus beau qu'ils purent trouver, dans le jardin de Qaihjöji. L'arbre grandit et s'épanouit. Le seizième jour de la deuxième lune de l'année suivante, jour anniversaire de la mort d'O-Sodé, il fleurit de manière miraculeuse.
Et chaque année depuis deux cent cinquante-quatre ans, il continue à fleurir, toujours le seizième jour de la deuxième lune, et ses fleurs, roses et blanches, sont semblables aux mamelons d'une femme où perle une goutte de lait. Les habitants de la région ont appelé cet arbre Ubazakura, le "Cerisier de la Nourrice".

"Le vieil homme pleura désespérement son arbre chéri. Ces bons voisins lui procurèrent un jeune plant de cerisier magnifique et le plantèrent dans son jardin dans l'espoir de le consoler. Il les remercia chaleureusement et feignit d'oublier son chagrin. En réalité, son coeur était gonflé de tristesse, car il avait tant aimé le vieil arbre que rien ne pouvait le consoler de sa perte.
Finalement il lui vint une heureuse idée : il se souvient d'un moyen par lequel l'arbre condamné pourrait reprendre vie. C'était le seizième jour du premier mois.
Il se rendit seul dans son jardin, s'inclina devant l'arbre sec et s'adressa à lui en ces termes :
A présent, daigne refleurir une fois de plus, je t'en conjure, Ô beau cerisier, car je vais mourir à ta place. ..............
Et chaque année, il refleurit encore, le seizième jour du premier mois, à la saison des neiges."


Il y a de la poésie, de la magie, de la morale dans ces contes ; flotte le parfum des cerisiers, le vol des papillons.

En fin de livre l'auteur présente une étude sur certains insectes, notamment les papillons, les fourmis et les moustiques. C'est très intéressant car il y a comparaison sur leur mode de vie, leur évolution par rapport à notre société d'Humains. De quoi réfléchir.

"Le seul fait que notre société s'entoure de commandements religieux et lois morales ne prouve-t-il pas que nous n'en sommes encore qu'à un degré très primitif de l'évolution sociale ?"

mais inquiéter aussi (? !)

"Il ne me paraît donc pas improbable qu'une humanité plus évoluée et plus haute sacrifie avec joie l'essentiel de sa vie sexuelle pour le bien commun, surtout si l'on prend en considération certains avantages que l'on peut y gagner, notamment une prolongation importante de la durée de la vie humaine. Les éléments supérieurs d'une humanité qui contrôlerait la vie sexuelle selon le modèle naturel fourni par les fourmis, pourraient peut-être alors réaliser le rêve ancestral de vivre mille ans!"

Je note que l'auteur n'était pas encore assez évolué car il a eu 4 enfants      
C'était une bonne lecture.


mots-clés : #contemythe #nature
par Bédoulène
le Dim 1 Jan - 1:25
 
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Peter Matthiessen

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 41s24q10

Le Léopard des neiges

Je conseille volontiers Le Léopard des neiges à ceux qui aiment les "vrais" récits de voyage, l’aventure dans l’Himalaya, les contraintes et les risques de tels périples, la beauté, les risques de ce type d’expédition comme on n’en fait plus beaucoup aujourd’hui...

Le Léopard des neiges de Peter Matthiessen est le récit fait par l’auteur d’une expédition de trois mois dans l’Himalaya. Il accompagne le zoologiste George Schaller, l’initiateur et "patron" du voyage. Ils vont parcourir depuis le Népal dans la région du Dolpo, jusqu’à Shey au Tibet, des régions perdues, franchir des hautes chaînes de montagne comme le Kanjiroba ou le Dhaulagiri, traverser des petits villages retranchés en altitude.

Matthiessen est donc l’invité de Schaller, venu étudier les bharals, sorte de mouflons entre l’ovin et le caprin et, sans trop y croire, rencontrer le légendaire et rarissime léopard des neiges.

Chacun des deux mène sa vie, accompagnés des sherpas et guides qui parfois agacent, tantôt chaleureux, confiants et admirables, tantôt semblant prêts à tout abandonner en échange de roupies pour survivre. Une amitié est née avec ces hommes si précieux dans l’expédition que la vie de tous dépend d’eux, qui doivent porter les lourdes charges, guider le groupe sur des chemins escarpés et dangereux jusqu’à 6 000 mètres d’altitude où l’air est rare et glacial, les paysages époustouflants.

Matthiessen ne parle pas beaucoup de son coéquipier Georges Schaller sauf pour se plaindre parfois de ses exigences, de son comportement glacial et renfermé mais aussitôt dit, il se ravise et comprend qu’il s’agit de respect d’un homme discret pour l’intimité des autres. Leur but est différent, Schaller est un zoologiste en mission, il est en exploration ; Peter Matthiessen est quant à lui dans une quête spirituelle bien que non définie comme telle, après la mort de sa femme, et à la recherche de l’"éveil", malgré les recommandations de son maître Zen Sohen Roshi : « n’attends rien » (de ce voyage).

Matthiessen est bouddhiste, tout comme les sherpas qui accompagnent l’expédition. Chaque jour, il nous confie ses impressions quotidiennes, décrit les étapes qui sont enfin franchies, les camps de base sommaires, les paysages dans la neige imprégnés de yin-yang, les pics vierges scintillant dans la lumière, la glace et le ciel bleu lavande, les chants des populations locales (tels les Ring-mos), les ravins vertigineux et les cols ou les passages à quatre pattes agrippé aux parois ! Sur chaque rocher, on entend le om mani padme hum, mantra bouddhiste en écho aux moulins à prières, les drapeaux qui claquent au vent et dispersent les prières à chaque passage de col, ou encore écrits sur un stupa… Il nous explique en action, dans ce livre, la philosophie des bouddhistes tibétains, lui le bouddhiste zen, la signification des fresques, des décorations, des croyances, des symboles, des mots.

Ce récit de voyage est une véritable bouffée d’air bien frais, paisible et enchanteresse malgré le danger, qui ravive notre fibre spirituelle, que nous avons tapie au fond de nous ! Immergée dans la philosophie bouddhiste-en-acte, j’ai vraiment aimé, c’était pour moi une méditation et la découverte de paysages splendides et impressionnants.


mots-clés : #autobiographie #journal #nature #religion #spiritualité #voyage
par Barcarole
le Ven 30 Déc - 12:27
 
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Sujet: Peter Matthiessen
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Henning Mankell

Les chaussures italiennes

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Depuis douze ans, Fredrik Wellin vit sur une île suédoise, dans la maison qui appartenait autrefois à ses grands-parents, perdu au milieu de la glace et de la neige. Son seul contact avec le monde extérieur est le facteur, qui vient trois fois par semaine dans son hydravion, n'apportant jamais aucun courrier. Pour cet ancien chirurgien, cet isolement glacé est sa protection face à la vie qu'il a voulu fuir, parce qu'il y a douze ans justement, une catastrophe est survenue. Il observe les oiseaux, nourrit son chat et son chien, note d’anodins petits faits quotidiens dans son journal, et la vie passe ainsi… Au moins elle ne risque pas de le blesser.

 
 Dans les villes, on ne voit plus les étoiles, c'est pour ça que j'habite ici. Quand j'étais en ville, le silence me manquait, mais plus encore la lumière des étoiles. Je ne comprends pas comment personne ne s'aperçoit que nous avons dans ce pays des ressources naturelles fantastiques qui n’attendent que d'être exploitées. Qui vend le silence comme on vend le bois ou le fer ?
   Je comprenais ce qu'elle voulait dire. Pour beaucoup de gens, le silence, la nuit étoilée, peut-être aussi la solitude n'étaient plus des biens accessibles. J’ai pensé que Louise me ressemblait peut-être, malgré tout.



Mais Hariett, un amour de jeunesse qu'il avait autrefois abandonnée dans des circonstances pas très flatteuses pour lui, vient le sortir de sa retraite paresseuse. Il va lui falloir se confronter au monde, à la réalité, aux émotions qui font que la vie est à la fois heureuse et douloureuse,. Elle est sacrément décidée, Hariett, malgré son cancer en phase terminale et son déambulateur…

Ce retour au monde l'amène à des rencontres. Des femmes (sur lesquelles je ne dirai pas plus), qui contrairement à lui, ont choisi leur destin, ont trouvé à se protéger autrement que dans le retrait.


   « - Pourquoi n'y a-t-il personne de normal ici ? Pourquoi tous les gens sont-ils si étranges ? (…)
   - Il n'y a pas de gens normaux. C'est une fausse image du monde, une idée que les politiques veulent nous faire avaler. L’idée que nous ferions partie d'une masse infinie de gens ordinaires, qui n'ont ni la possibilité ni la volonté d'affirmer leur différence. Le citoyen lambda, l'homme de la rue, tout ça - c'est du flan. Ca n' existe pas. C'est juste une excuse que se donnent nos dirigeants pour nous mépriser. »


Il apprend qu'on peut exister sans fuir la responsabilité et les sentiments. Quoique fasciné par ce qu'il rencontre, il adopte une fois de plus sa technique favorite de la fuite, pour se retrouver à nouveau seul, isolé dans son île, décontenancé, mais tenté cette fois-ci par le monde extérieur

   « Comment j'allais me débrouiller avec ma vie, après tout ce qui s'était passé, je n'en avais aucune idée.
   Là, tout à coup, sur la jetée, j'ai fondu en larmes. Chacune de mes portes intérieures battait au vent, et ce vent, me semblait-il ne cessait de gagner en puissance. »

Et ce monde auquel il s’est confronté le rattrape peu à peu, des liens se tissent, douloureux ou réconfortants, mais au moins des liens sont là, des chemins se présentent, des décisions sont à prendre. Il est confronté à la vie, à la souffrance et à la mort, c'est peut-être douloureux mais il redevient maître de ses choix.

   « J'ai vu ma vie.
   J'étais parvenu à ce point de l'existence. Il restait peut-être un ou deux carrefours en perspective, mais pas beaucoup plus. Et pas beaucoup de temps. »


Les personnages de Henning Mankell refusent tous notre monde moderne et violent, chacun à sa façon. Fredrik n'est pas le plus adroit, ni le plus sympathique, c'est un perdant, un rustre déboussolé, auquel les femmes ouvrent peu à peu les yeux. Ce livre nous parle de lâcheté, du pardon, de la solitude et de la mort. D’un certain cheminement que l'on peut faire pour se réconcilier avec soi-même, sans pour autant devenir un héros et trouver des solutions à tout. Pas forcément trouver la paix, mais souffrir un peu moins, s’ouvrir à l'autre. La nature sauvage est un refuge, une nourriture pour l’homme égaré. Fredrik a trouvé ce bout du monde perdu dans les glaces, cette maison de l'enfance qu’il croyait être un rempart face a ses propres vérités. Il a bien failli se perdre lui-même ; les femmes déterminées qu'il rencontre lui montreront qu’un rapprochement est possible avec lui-même et les autres. Malgré les erreurs, malgré la douleur de vivre parfois, il faut savoir accueillir des émotions autres que celles du vent qui passe. La vie reste une impasse mais on aura su la rendre plus légère.

Les chaussures italiennes est le roman d'éducation d'un homme adulte, qui a failli, s'est puni lui-même, mais va entrer dans la vieillesse après que des femmes l’aient non pas sauvé, mais apaisé.

(commentaire récupéré)


mots-clés : #insularite #nature #psychologique
par topocl
le Ven 30 Déc - 10:53
 
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Jim Harrison

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Dalva

Une lecture qui m'a intéressée

- par son rapport avec les Indiens Sioux, certains faits qui m'étaient inconnus, ce qui n'a pas amélioré mon opinion sur le gouvernement US, le comportement de beaucoup de "Blancs" de l'époque ( leur situation n'est à ce jour toujours pas enviable)

- Les personnages sont tous bien campés, de la faiblesse de Michael à la force de Dalva, du grand-père ; la fidélité de Linquisd et Frieda ; la force paisible et efficace  de Paul et Naomi ; l'affection constante de Rachel pour le Gd-père......

- Les descriptions de la faune et la Nature : le bruit de l'eau, du vent, les longues marches et chevauchées salvatrices   de Dalva

- L'histoire d'amour dramatique de Dalva et Duane, ses aventures ensuite, les amitiés,

- Malgré leur statut de "riches" l'auteur nous fait découvrir des hommes et des femmes généreux et surtout une famille !

- Alors que Dalva pourrait ne pas pardonner à ceux qui lui ont "enlevé" son enfant, elle accorde toute son affection au grand-père (mais vu le lien unissant Dalva et Duane on comprend sa décision) et à plusieurs reprises elle agit, parce que cela fait plaisir à Naomi, sa mère (qui ne connaissait pas leur lien) mais qu'elle nomme par son prénom (c'est ce qui m'a interpellée, rebellion ? punition ?)

- la décision de Dalva de demeurer à la ferme

- la découverte de son Fils !

Une écriture prenante et enivrante comme  l'air des grands espaces , et pimentée avec les passages plus crus mais qui se prêtent à la situation.

Une première rencontre réussie, je note un prochain RV  

rivière Niobrara

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 Riviyr10

Ballands

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 Ballan10

région de Buffalo

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(message rapatrié)


mots-clés : #famille #minoriteethnique #nature
par Bédoulène
le Mar 27 Déc - 7:56
 
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Sujet: Jim Harrison
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Amitav GHOSH

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Le pays des marées

Si près de Calcutta, et si loin des paillettes de Bollywood... Le pays des marées, lieu de rencontre du fleuve et des bras de mer. La nature y est omniprésente, imposant sa loi aux hommes ; parfois généreuse, et si souvent hostile. Avec ses paysages changeants aux grée des marées, quand l'eau recouvre quasiment toute la terre et que le sel s'infiltre en elle, rendant le sol infertile. Ses tempêtes qui hantent les souvenirs et imprègnent de leur marque les éphémères constructions humaines. Et sa jungle impénétrable, dans laquelle rôde l'insaisissable tigre mangeur d'hommes, celui dont on ne prononce jamais le nom. Celui dont on dit que celui qui l'aperçoit est déjà mort. Celui qui, aidé par le redoutable crocodile du fleuve, fait tant de veuves dans le pays des marées.
Pourtant, ceux qui sont nés là n'imaginent pas vivre ailleurs qu'ici, entre jungle et mangrove, sous la protection de Bon Bibi.

Instamment convié par sa tante qui a retrouvé de mystérieux cahiers écrits par son oncle 20 ans plus tôt, Kanai est de retour sur l'île de Lusibari, qu'il n'a pas revue de puis son enfance ... Il n'imagine pas alors que la plume de cet oncle et celle de Rilke lui donnent rendez-vous avec son passé, avec l'histoire du pays des marées, et que ce voyage de quelques jours entrepris à contrecoeur va se révéler bien plus riche qu'il ne l'aurait cru...
Lusibari accueille aussi depuis peu Piya, une jeune scientifique américaine ; elle est là pour étudier les derniers dauphins du fleuve, les mystérieuses orcelles. Son destin va rencontrer celui de Kanai, celui des habitants de Lusibari et celui de Fokir, l'insaisissable pêcheur qui connaît les moindres méandres du fleuve comme s'il en était le fils.

Décrire l'intrigue ôterait une grande partie du plaisir, aussi je n'en dirai pas plus. Au fil du récit, passé et présent vont s'entremêler, éclairant d'un jour nouveau le destin de ces êtres réunis de façon improbable dans une nature indomptable.
Si j'ai été intéressée dès le départ, je n'ai réellement été happée qu'au bout de 150 pages d'un texte qui en compte près de 500. Le style d'Amitav Ghosh ne contient pas de fulgurances, mais si comme pour moi la magie opère, vous serez conquis par son indéniable talent de conteur.
Au fur et à mesure que le puzzle se construit et que les histoires s'entremêlent, le charme opère de plus en plus ; grâce à la plume évocatrice de l'auteur, vous visualisez vraiment cet envoûtant pays des marées. Et vous sortez de ce livre bien plus marqué(e) que les premières pages ne vous l'auraient laissé penser…

(Ancien commentaire remanié)


mots-clés : #nature
par Armor
le Dim 25 Déc - 20:48
 
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Sujet: Amitav GHOSH
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