Des Choses à lire
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Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Mer 20 Jan - 2:44

155 résultats trouvés pour nature

Mario Rigoni Stern

C'est grâce à un certain forum que j'ai découvert cet auteur admirable! Aimé pas juste pour ceci ou cela, mais avant tout peut-être pour le sentiment d'être face à un homme simple, droit, proche de la nature, proche aussi de ses camarades... J'ai encore poursuivi la découverte, mais aujourd'hui je mets ici les notes de ma dernière lecture:
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Lointains hivers

Originale: Inverni lontani (Italien, 1999)

CONTENU :
Souvenirs aux « hivers lointains »...

REMARQUES :
Rigoni Stern, déjà vieillissant, se rappelle d'hivers de sa vie, et cela de sa façon inimitable : concrètement, poètiquemment, réaliste… Ce sont des hivers d'époques différentes de sa vie : aussi bien dans le questionnement du froid vécu et ressenti, de la préparation du bois pour se chaffer l'hiver là-haut dans ses montagnes... Donc, il associe l'hiver avec des sujets comme le bois, le froid, la forêt, les préparatifs d'ordres différents, mais aussi avec la préparation par exemple de son
premier pair de skis, des hivers lors de la deuxième guerre, perdu dans l'Est de l'Europe, des camarades morts à ses cotés.

La préparation pour l'hiver fait partie pour des gens comme Rigoni Stern de la vie annuelle dans ses rythmes naturelles. Ceci le met en grande proximité, encore aujourd'hui, avec une grande partie de l'humanité. L'avons-nous oublié qui poussons souvent juste encore des boutons pour faire monter p. ex. la température de nos habitations ? Donc, l'auteur est (encore) tout proche de la nature, des rythmes imposés, proposés par celle-ci.

J'aime cette façon sobre et poètique à la fois de l'auteur ! Recommandable à l'approche de l'hiver, pour une soirée devant le feu...


mots-clés : #nature
par tom léo
le Jeu 8 Déc - 16:07
 
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Sujet: Mario Rigoni Stern
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Doug Peacock

Mes années grizzlis

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De mon point de vue, peut-être un peu tordue, sauvegarder les ours était une idée révolutionnaire : une tentative pour empêcher notre monde de devenir complètement dingue.


Les pas de Rick Bass m’ont naturellement embarquée chez Peacock, après un petit détour par Pete Fromm.

Cette fois j’ai vu plein d’ ours, là où Rick Bass passait beaucoup de temps à les pister. Je les ai vus car Peacock a un talent descriptif plutôt fort, pour faire vivre sous nos yeux ces grosses masses de muscles et de griffes qui fascinent les humains, mais ne s’offrent qu’à quelques observateurs plus respectueux que les autres, en l'occurrence Peacock, un grand solitaire rageux, qui fuit ses cauchemars du Vietnam.

Ceux de ma génération ont manifesté contre la guerre, libérant ainsi leur conscience. Moi, je me suis retiré dans les bois et j'ai eu recours à du vin de mauvaise qualité pour obliger ma mémoire à s'endormir.


Cette nature sauvage et inhospitalière, la rudesse de la vie au grand air  sont pour lui comme un cocon salvateur.

Lorsque l'on est assis sur le flanc d’une montagne en pleine tempête, à la recherche de ce que certaines personnes considèrent comme l’animal le plus féroce de ce continent, on éprouve une véritable humilité et une étonnante réceptivité.



Peu à peu, au fil du récit, les pages sur la guerre, aussi évocatrices que celles sur l'aventure-grizzli, se font plus rares, même si des traces continuent à ressurgir jusqu'à la fin du récit.

Cette nuit-là, je dormis profondément. Un sentiment de tolérance et de reconnaissance m’avait envahi, dû probablement au fait de vivre avec l'animal le plus dangereux du continent et d’en accepter les risques inhérents. Je n'étais plus celui qui dominait et je me retrouvais étrangement ouvert et vulnérable.



Et ainsi, Peacock passe 20 ans dans les montagnes à fuir la compagnie des hommes, pas tout à fait celle des femmes. Il n’en règle pas moins ses comptes avec l'impérialisme américain, sa dangereuse tendance à dominer et décimer les hommes et les bêtes.

La façon dont nous nous sommes comportés envers les Indiens, les bisons, les loups et les grizzlis correspond à la manière dont nous avons écrit notre histoire selon des voies convergentes, éclaboussées de sang, qui nous ont conduit où nous en sommes à présent. En dépit du léger remords que nous éprouvons aujourd'hui, nous n'avons aucune excuse.


C’est le portrait d'un impressionnant homme unique, qui voit dans son combat pour sauver les grizzlis une lutte pour une espèce humaine plus libre, plus courageuse, plus chaleureuse. Un homme qui donne à voir et à comprendre des animaux emblématiques entre tous.

La forme du récit est celle de brèves annotations mises côte à côte, autour du fil directeur des grizzlis, au fil des saisons, et il ne faut pas en attendre un début et une fin, une progression, mais plutôt l'évocation par petites touches d'une symbiose qui a duré des années entre un homme et la nature. Cette forme m'a finalement un peu lassée, j'ai fini par sauter des passages sur la fin. Il n'en demeure pas moins que Mes années grizzlis restera un livre marquant.



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mots-clés : #autobiographie #guerre #nature
par topocl
le Jeu 8 Déc - 13:32
 
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Tim Flannery

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Au plus secret des îles :

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Des îles il va en être question  tout au long de ce livre, mais est-ce les mêmes que celles de Cook ou de Lapérouse.. ?
Flannery s’est rendu aux Salomon, il n’a pas poussé jusqu’aux Santa Cruz, banlieue orientale des Salomon, et donc pas à Vanikoro. Mais sa description des Salomon, de sa faune, de sa flore est édifiante, elle nous apprend que beaucoup de choses sont encore à decouvrir alors qu’une course contre la montre s’est engagée contre les extractions minières et la déforestation, tandis qu’existent encore des regions inexplorées…
Mais c’est surtout Cook et ses voyages qu’a côtoyé Flannery, son ouvrage est une mise en condition confortable de l’amoureux des voyages d’exploration, un partage de la vision du monde scientifique de terrain passionnant et jubilatoire.
Malheureusement ,( à mon sens, et ce n’est pas un reproche, ce livre nous apportant tant) il y manque un lexique des noms et surtout des photographies des animaux dont il parle. Ce dernier manque représentant un obstacle pour un non scientifique.

En 2009 la decouverte d'un rat géant, peut être celui que recherchait Flannery..



mots-clés : #insularite #nature #voyage
par Chamaco
le Jeu 8 Déc - 13:29
 
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Pete Fromm

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Indian Creeks

Pete Fromm, un jeune gars de 20 ans comme les autres, qui aime la fête et les copains, et ne rêve que de liberté et de grands espaces… Sans doute pas tout à fait comme les autres :  il  rêve un peu plus fort . En effet, sur un coup de tête, il lâche la fac et accepte un « job d’hiver » où, pendant 7 mois, il vivra seul avec sa chienne Boone, sous une tente, au milieu de l’immensité enneigée, sans moyens de communication (vraiment aucuns), avec comme seul travail la surveillance d’œufs saumons en incubation au fond de la rivière, qui l’ occupe bien un quart d'heure par jour…

Il va découvrir que la liberté, ça se gagne, ça se paye, ça ce mérite… La solitude, l'ennui, l'angoisse, la multiplicité des difficultés pratiques… C'est dur, mais il finit par apprécier . Avec un humour détonnant, il nous décrit ses déboires, ses découragements, sa lutte contre les éléments, ses grandes balades et ses parties de chasse. Il crève de solitude mais n'est pas du genre à se laisser abattre, et peu à peu il se laisse séduire par cette vie de trappeur, ce défi pour survivre, il prend ses distances par rapport à la « civilisation », et, malgré quelques moments où elle exerce encore sur lui une tentation bien compréhensible, il devient lui-même, un homme fort et autonome, il a gagné !

Les dernières pages, une postface qui constitue un épilogue après l'épilogue, racontent avec toujours la même légèreté et le même humour, comment il est ensuite devenu écrivain, puis père de famille, homme heureux se nourrissant de cette expérience, et sachant  transmettre cette histoire où "contre toute attente, le crétin réussit à s'en tirer".

C'est une aventure totalement incroyable au XXe siècle, un truc unique dont il aurait pu revenir fou mais dont il est sorti grandi. Il arrive à décrire l’ennui sans ennuyer une seconde le lecteur, il se passe finalement beaucoup de choses passionnantes dans ce monde solitaire , les paysages sont magnifiques, les animaux fascinants, on est ému, on rit beaucoup (vraiment). C'est une sacrée leçon de vie.

Je vous poste en prime une jolie photo  de couguar (ou puma, ou Lion des neiges), histoire de vous faire envie

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(commentaire rapatrié)



mots-clés : #nature
par topocl
le Mar 6 Déc - 15:17
 
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Kerstin Ekman

Crimes au bord de l’eau

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Le chemin s’est fait petit à petit, déconcertée au début, quoique séduite par des passages d'une beauté parfois terrifiante, interpellée par une ambiance étrange, j'ai mis du temps à me sentir, petit à petit, happée et à ne plus vouloir lâcher le livre. Une belle découverte !

Le microcosme d’un village suédois replié sur ses certitudes déstabilisé pour des décennies par un crime sauvage et inexpliqué. Un village où l’on s’observe, se tait, où chacun suit son chemin comme il peut, sans bienveillance.

Il se rendit compte que Karl-Ake et lui avaient eu une raison d'être ennemis. Une de ces raisons absurdes, tirées par les cheveux, futiles, qui sous-tendait chaque hostilité de village et qui, comme une dentelle, s'élaborait selon un schéma compliqué. Oui, absurde à en être puérile, presque imaginaire. Mais dont la haine était réelle.


Une nature sauvage et hostile : forêts tapissées de lichens, ombre et eau alternativement splendides et terrifiants évoquent les bois de contes de fées où les enfants se perdent. Les bruits et les odeurs. Le soleil qui luit sans fin la nuit de  la Saint Jean. Dans ce décor terrible et magnifique, les dieux nordiques et les croyances ne sont jamais très loin :

Cela arrivait, il avait parfois l'impression de se trouver au pouvoir de Njord, l'antique dieu des vents et des mers, ruisselant sous une pluie battante entourée de brume.


Les hommes y cherchent leur chemin, personnages écartelés, marqués d’un désespoir poisseux, frappés au coin de la peur, du silence et de la solitude.
Ils signent leur empreinte par le sang, le sperme et les coups.

Un sentier avait couru ici. Couru, oui. Un sentier commençait à courir quand herbe  restait couchée. Été après été. À cause des semelles et  des sabots et du poids et de la répétition de ceux-ci, si bien que la myrtille comprenait et restait à l'écart.


Vingt ans après, la civilisation a pris le dessus, croit-on. On a cru trouver une  certaine sécurité, presque une douceur :

Il aurait voulu qu'elle le  rappelle mais il ne souhaitait pas entendre la sonnerie. Seulement la voix qu'il voulait. La voix tout près de son oreille. Les lèvres, en fait. Les lèvres chaudes et la respiration.


Mais les démons qui n’étaient qu’endormis vont ressurgir avec une violence sauvage. On va savoir. Une vérité ordinaire et glaçante, mais à quel prix… Très curieuse vision d'un monde farouche, et une écriture serrée qui ne donne rien, tout est à trouver. Rude et sombre. L’auteur a une espèce de serpe noire, sans concession, sans fioritures à la place du stylo, d’une lucidité à la limite de la cruauté.

Et ils ne seraient tous les cinq ensemble que le temps du week-end. Cinq baraques en muscles. Et l’odeur d’après-rasage et de cigarettes. D’alcool allongée au soda. Avec le scintillement bleuté des matchs sur l'écran dans la pièce aux rideaux tirés. Les démarrages sur les chapeaux de roues. Et le cafard qui éjaculait de temps en temps. Et Gudrun comme une odeur merdique d’encens dans la maison.
D'où vient la haine ?


Dans la première partie du roman, j’ai eu par moments l’impression d’être aussi désemparée que les personnages, tant l’auteur se refuse à donner les clés,  tant il faut chercher, intuiter. Complètement singulier, d’une noirceur désespérante et en ce sens assez envoûtant, ce roman m’a emportée d’abord par petits moments puis dans une grande vague que rien n’arrête.

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mots-clés : #nature
par topocl
le Mar 6 Déc - 14:57
 
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Rick Bass

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La vie des pierres
Originale : The Lives of Rocks (Anglais/E-U, 2006)

Je partage l'enthousiasme pour Rick Bass dont j'ai lu jusqu'à maintenant quatre ou cinq livres. Mes premières découvertes étaient des recueils de nouvelles que j'ai énormément apprécié. C'était vraiment une «autre» lecture! Voici le premier recueil lu il y a quelque temps :

CONTENU :

Recueil de dix nouvelles de 6 à 70 pages de longueur, qui mettent quasiment toujours en relation des personnes entre eux d'un coté, et dans leurs rapports avec la nature et le difficile équilibre écologique. En détail :

- l'amitié entre deux garçons (Richard et Kirby) et avec Annie. Ils se rencontrent la plupart du temps à l'ombre de bâtiments industriels de la pétrochimie et au bord d'un fleuve pollué. C'est là qu'ils jouent leurs jeux, par exemple avec une grue abandonnée

- le premier élan/cerf chassé et tué par une jeune fille. Deux fermiers plus murs lui montrent comment dépecer la bête : un acte presque mythique d'un savoir faire et le début d'une complicité

- un couple divorcé où c'est la mère qui s'occupe des enfants. Le père, alcoolique, est plein d'admiration pour son cadet, l'observe de loin, cherche sa proximité

- la sortie en kayak de deux amoureux : moment d'une liberté et d'amour immense en pleine nature

- Jyl récupère après son cancer dans la solitude des montagnes et sa maison isolée. Ses prochains voisins : une famille intégriste, occupée de jour et de nuit. Deux des enfants viennent s'occuper un peu d'elle. Début d'une amitié ?

- Transition de quelqu'un de l'état de celui qui «a pris tout le temps» vers quelqu'un qui veut donner et être un militant pour la sauvegarde de sa vallée sauvage (par ailleurs la vallée de l'auteur!). Probablement parmi les récits les plus autobiographiques ?!

- Mètre par mètre un jeune couple avance à travers une tempête avec des vents très forts sur la route encombrée par les arbres tombés, pour aller en ville : elle devrait s'y rendre pour accoucher

- deux amis essaient avec enthousiasme mais aussi un peu d'amateurisme de monter une ferme de bétail. Nouvelle assez drolatique où ils vont tomber sur un vendeur d'un espèce rare...

- deux frères : Sam et le narrateur Jackie. Sam est assez entreprenant et entame une relation avec la professeur de Jackie, d'une dizaine d'année plus âgée...

- encore une fois deux frères : l'un avec un caractère d'exploiteur, avide, affamé à l'argent et la grandeur. Le narrateur par contre paraît d'un naturel rêveur, poétique, proche de la nature. Lors de vacances familiales il devient témoin d'un phénomène devenu après presque inexistant : une sorte de raz-de-marée d'eau douce dans le golfe de Mexique après de fortes pluie en montagnes.


REMARQUES :

Dans notre bibliothèque j'avais par deux reprises ce livre dans les mains avant de ne le prendre finalement à cause de la 4ème de couverture attirante (Christian Bourgeois). Non, je ne le connaissais pas avant. Et que je le dise toute de suite : quelle excellente choix, quel beau livre. Toutes ces nouvelles m'ont plu, avec mention spécial pour « La vie des pierres » ?! On y trouve une langue soignée, mais avant tout un contenu qui lie une conscience écologique (sans idéologie) avec une bonne dose d'humour et une connaissance de relations entre humains, et de l'être humain avec son impacte dans la nature.

Dans toutes ses nouvelles paraissent plus ou moins tardivement un problème, un phénomène, un fait de la nature, de l'ordre de l'écologie : le fragile équilibre entre les différents vecteurs et acteurs dans et de la nature. Celle-ci est d'un coté dotée de quelque chose d'immuable, de majestueuse, d'éternelle (les rochers!!! De là peut-être la forte et sensible attirance pour la géologie qui est à plusieurs reprises le métier de protagonistes des nouvelles ET aussi le métier d'origine de Rick Bass?). Mais dans ses formes de vie elle est fragile, soumise à l'ingérence, menacée par l'exploitation par les hommes.

Alors transparaît des fois très distinctement la révolte de l'auteur, de Rick Bass, et on devine son militantisme pour la cause écologique. Écriture et vie semblent se compléter en sa vie. Malgré la résignation des fois possible face à la tâche, il n'accuse pas juste et simplement, il ne semble pas devenir amère à l'extrême et «imbuvable». Des fois je sentais plutôt une forme de profonde mélancolie, une forme de tristesse ou nostalgie qui pourtant ne baissent pas les bras. Pour lui la nature dans toutes ses dimensions (faune, flore et minéralogique) n'est pas seulement une entité à respecter pour des besoins égoïstes, mais aussi des valeurs en soi, détenteur d'une forme de grandeur, voir de dignité, de «vie». Cela ne peut que provoquer en nous une forme d'humilité et de respect profond (en allemand on dirait «Ehrfurcht»).

Parfois nous nous trouvons dans ses nouvelles dans des situations où d'autres auteurs auraient à coup sûr choisi une fin spectaculaire, catastrophique, etc. Rien de tel chez Rick Bass. Il n'a pas besoin de ces artifices. On trouve malgré la gravité de certains propos une forme d'humour et bizarrement même de légèreté qui rendent la lecture tellement agréable. Il utilise ce faisant une langue concrète, descriptive, pas de tout, à mon avis, «de facture ou d'apparence intello». Donc une très belle découverte qui a mené peut-être vers d'autres lectures!



mots-clés : #nouvelle #nature
par tom léo
le Lun 5 Déc - 16:51
 
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Sujet: Rick Bass
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Rick Bass

Tu peux tenter celui-ci, aussi:

Le livre de Yaak

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Certains trouvent l’être qui comblera leur vie, Rick Bass, lui, a trouvé le lieu qui comble sa vie, lui donne accès à la sérénité, en complète adéquation avec lui-même : c'est la vallée de Yaak, une vallée sauvage du Montana, où il vit depuis 20 ans, en compagnie de quelques autres originaux, non loin de grizzlis, de loups, de coyotes, d’élans :





Depuis 20 ans, il œuvre pour la protection de ce lieu magique. Le raconter fait parti de son combat. Et c'est un merveilleux conteur :  il donne une âme à cette vallée, nous introduit dans l'intimité des forêts, des animaux, nous communique sa passion et son respect pour ces terres sauvages :



Un petit ouvrage tout en  simplicité , d’une nécessité fondamentale dans un combat pour rester à l'écoute de la nature, d’où nous venons, et donc de nous-mêmes :




C'est beau, passionnant, instructif, et plus qu’émouvant :



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mots-clés : #nature
par topocl
le Lun 5 Déc - 10:49
 
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Sujet: Rick Bass
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Rick Bass

@Nadine a écrit:Une amie me l'a toujours chaudement recommandé. J'ai du coup lu Winter, qu'elle avait eue la gentillesse de m'offrir. j'aimerais bien avoir ton retour sur ce titre là ?


Je l'ai beaucoup aimé, Winter :

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J'ai adoré Winter, où Rick Bass raconte comment, à 29 ans, il fait le choix de vivre avec sa compagne dans la vallée du Yaak, sauvage, retirée, resplendissante, loin des hommes, fermée par la neige en hiver, à écrire et stocker son bois :

C'était comme de partir au combat, ou de tomber amoureux, ou d'émerger d'un rêve délicieux, ou d'y sombrer : comme de marcher dans de l'eau froide par un jour d'automne.


Comment cette expérience l'a transformé, bonifié, l'a inscrit dans sa lignée :

je suis l'homme le plus riche du monde


Il raconte cela avec une  poésie chatoyante :

Il n'y a rien de plus excitant que le vent. Si, un nouvel amour - et puis le vent. Mais le vent a toujours été là. Avant même de connaître l'amour, vous connaissiez le vent. Le vent était capable de vous griser quand vous étiez petit, et il le peut encore, il ne s'en privera pas.


...un humour léger :

Peut-être va-t-il tomber toute la neige du monde, ensevelissant tout, le silence total, et ensuite je ressortirai au printemps différent, plus propre, pas tellement régénéré que renforcé. Je rirai d'un plus grand nombre de choses, et je ne m'emporterai plus autant contre la décadence, la paresse, la tricherie et le temps volé, la vérité volée, en commençant par le président et en descendant tous les degrés de l'échelle jusqu'à l'épicier du coin.


J'ai été embarquée dans ces aventures qui n'en sont pas, cette solitude revendiquée :

Je commence me dissocier de la race humaine. Je ne voudrais pas passer pour un malotru - mais ça me plaît. Ça me plaît  même tellement que ça me fait un petit peu peur. C'est un peu comme si en baissant les yeux vers ma main, je voyais pousser un début de fourrure.


...ce froid qui pénètre tout, cet émerveillant silence :

Hier matin, je suis allé chercher Elizabeth au train, avant l'aube. Tout le monde devrait faire ça au moins une fois dans sa vie : attendre ainsi, dans l'obscurité. J'entendais des oies sauvages survoler les montagnes, en route vers le sud. C'est quelque chose de merveilleux, d'attendre tout simplement, que le train est en retard - il aurait dû être là à quatre heures trente du matin - et que l'on sait qu'il va arriver, et qu'on voit tout à coup luire ses phares.


Sans oublier :

J'avais l'habitude de penser que c'était mal, que c'était une faiblesse que d'avoir besoin d'être au milieu de la nature sauvage pour être heureux - loin de la plupart des choses. À présent, je commence à m'apercevoir que sa n'entre même pas en ligne de compte - que ce soit bien ou mal,une faiblesse ou une force, ça n'a aucune importance. Je suis comme je suis.


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mots-clés : #autobiographie #nature
par topocl
le Lun 5 Déc - 10:36
 
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Rick Bass

Les derniers grizzlys  

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Quel est notre devoir ? Vivre une vraie vie


C’est aussi simple et difficile que cela. Ce qu’il y a de bien en Amérique, c’est qu'il n'y a pas que des pro-Romney et des pro-Obama, pas que des frénétiques de la consommation et des allumés de la jouissance accélérée, il y a aussi des types comme Rick Bass, qui montent dans leur pick-up pourri  pour s'immerger dans les immensités sauvages du Colorado, apprécient « De remuer des braises avec un bâton. De contempler les flammes d'un feu de camp. ».

À chaque fois que je me rends en montagne, je m'efforce d'emporter le sac le plus lourd possible parce que je sais que bientôt je serai vieux et incapable de porter un pareil chargement. Je veux tout faire, tout voir, tout goûter, tout sentir, tout imaginer.


Des « doux dingues » qui s'excitent à rencontrer une crotte d’ours, n'ont même pas besoin de croiser réellement l'ours pour planer, qui mènent, en quelque sorte «un combat contre l'arrogance». Suivre Rick Bass dans Les derniers grizzlys, c'est ressentir à chaque instant la beauté transcendante de la nature, partager avec lui ses émotions, ses courbatures, ses peurs, sa fatigue, ses réflexions, son combat d'un optimisme déterminé pour la préservation et le respect de la vie, contre les ravages d'une civilisation insouciante :

Quelle importance ont nos vies ? Quelle importance a une espèce qui survit ? Aux yeux de Dieu, comme de l'esprit de ces montagnes, l'homme ne se distingue pas de l’ours. Il y a plus qu'une simple métaphore dans l'idée qu'il se pourrait bien que nous soyons aussi à la recherche de nous-mêmes.


À sentir mon coeur battre devant ces évocations de paysages sublimes, cette pensée d'une intelligence réfléchie, cette grande douceur à appréhender et respecter le monde qui nous entoure, sa mise en application avec une simplicité et une humilité qui ressortent à chaque page, je me suis un peu sentie comme ces «grands sportifs», qui ont pour seul sport de regarder le foot à la télé : ça me plaît, ça m'emballe, mais, moi, qu'est-ce que je fais, douillettement assise à lire mon bouquin? Et puis, Rick Bass ne parle pas que de la nature, de l'écologie, il parle aussi du tranquille bonheur d'être un homme :

C’est étrange de se retrouver assis sous la véranda à l'arrière de la maison de Georges Fischer, à Salt LakeCity, en ce beau samedi d juin de l'année suivante, avec notre bébé Mary Katherine. Élisabeth, ma femme, est là aussi, qui boit une bière. Le soleil brille, le ciel est parfaitement bleu. Et cette nouvelle famille donne à toute chose un aspect miraculeux.


J'aime marcher seul. C'est aussi différent de la marche avec un ami que, disons, soulever des rochers est différent de soulever des haltères. On pense à tout autres choses. Votre propre rythme et le rythme du jour ne sont plus les mêmes. Marcher seul me donne le sentiment d'être « ailleurs », comme détaché. J'aime la façon dont une belle journée s'étire en longueur quand on en dispose pour soi seul. On peut gravir la pente la plus raide à son propre rythme. On peut escalader la montagne en suivant les chemins de traverse, au gré de sa fantaisie, en s'arrêtant pour observer un détail ou rien du tout, libre aussi d'envisager des idées les plus saugrenues, les plus ridicules, pour s'apercevoir, arrivé au sommet, que ces idées étaient moins décousues qu'elles n'en avaient l'air et qu'une fois rassemblées elles constituent un nouveau point de vue, une découverte.


Un homme qui tout à la fois pense et s’émeut, réfléchit et ressent :

Puisqu'il existe des hommes et des femmes capables de se remplir le cœur et l'esprit des infinies connexions du savoir intellectuel, il doit sûrement exister des sauvages qui, de la même façon, doivent parvenir à maîtriser les nuances infinies de l'intelligence naturelle. Aujourd'hui je me sens l'un de ces sauvages.


(commentaire rapatrié)


mots-clés : #nature
par topocl
le Lun 5 Déc - 10:02
 
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Sujet: Rick Bass
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Mario Rigoni Stern

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Sentiers sous la neige,

]une lecture à laquelle je suis très sensible.

Ce livre c'est le parcours de vies d'hommes simples construits d'humanité. Mario R.S. est en symbiose avec la Nature ; la connaissance et l'amour de ce qui vit dans ces montagnes : humains, végétaux, animaux, le respect de tout.
Des joies simples comme marcher, observer, jouir de la nature, manger du fromage, de la polenta, boire du vin, planter son jardin et savoir payer son tribut à la Nature.
Même les guerres qui sont passées n'aliènent pas les souvenirs de MRS quant à ces montagnes.
Que de poésie, que d'intimité dans son écriture.

Et j'ajoute que l'odeur et la saveur de la Polenta me sont venus aux narines et au palais, une incitation à laquelle je vais céder ; j'ai juste à ouvrir mon placard !

Une envie de connaître cette région et ces différentes neiges nommées.
Je continuerai ma découverte de MRS car un homme qui parle aux oiseaux et qui promène avec ses défunts amis me parle au coeur.

Anecdote : je me plais à penser que le pot de miel dont je suis friande a été élaboré par un descendant de l'auteur  (cf le titre de son essai)  Smile  

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Extraits


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"message rapatrié"

mots-clés : #nature
par Bédoulène
le Dim 4 Déc - 11:18
 
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Sujet: Mario Rigoni Stern
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Céline Minard

Céline Minard,  Le Grand Jeu

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Si j'avais été élevée non à voir mais à croiser, analyser, décrypter, expérimenter l'environnement- et mes perspectives d'évolution en son sein, je crois que je serais plus efficiente à tous les niveaux, y compris émotionnels. Seulement, je n'ai pas rencontré la langue qui m'aurait décillée sur ces enjeux.

C'est le premier point du livre qui m'a passionnée. Cette langue decille cette possibilité.
Pour mettre en scène cet aspect, Minard a choisi de faire évoluer son héroine dans une vallée bien perdue , à une altitude bien marquée. Le champ lexical de cet environnement allié à celui , technique, de la varappe mettent très bien en scène ces enjeux je dirais hyper-pragmatiques.

Ya pas grand chose, mais il y a beaucoup à faire, à commencer par se créer des pistes sur ce territoire. Comme si l'arpenter était déjà en soi, et en vase clos, une évidence à garantir.

(Entre nous rien que ce postulat se pose là .Je trouve. )

Le deuxième point qui m'a beaucoup nourrie :
Minard nous embarque dans ce "savoir être",
on s'y sent un peu platement embarqué d'ailleurs; la rigueur cognitive de cette femme tente ma dérobade.
MAIS :

une scène fondamentale clôt la leçon pratique :
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, à ce stade de la lecture, si l'on est toujours volontaire à la suivre, on a compris les repères pris. On a cheminé avec elle, on est passé et repassé là. On se demandait pourquoi d'ailleurs mais on va comprendre. Chapeau.
Sur un plan philosophique (je pense que c'est sur ce plan là?) se pose soudain la question de notre version du monde, subjectivement construite.


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. Qui veut vous tromper ainsi ? Quand crûtes vous avoir acquis votre prise au réel ?


Troisieme point  :

Minard peint très très très bien ce qui se passe en soi. En toi. En nous. Ce mouvement en soi pour soi, nous tous seuls avec nous même. Elle le peint, et surtout le met en scène grâce au rythme même de sa prose et des épisodes qu'elle lui soumet.
Parce que l'on s'ennuierait presque à suivre la récurrence des  jalons psychiques, les trois ou quatre points de rupture de ceux-ci, soit choisis, soit arrachés avec effort, soit imposés par l'environnement sont extatiques.
Cette écrivaine est maître de sa prose et de son cheminement.
J'ai donc rencontré, en suivant son fil, une image magnifique de ce qu'est un mouvement d'âme.

Je suis très intéressée par le rapport que le corps entretient avec l'esprit, et ce livre en est une description autant qu'une exploration magistrale. La prose en est factuelle, pour la plus grande part, à l'image de la situation narrative, certains lecteurs n'y trouveront pas leur nid préféré, pas question cette fois de se laisser porter par le style sans visualiser ou analyser ce qui est dit. C'est exigeant, pas de fioritures , ou très peu.

Le quatrième point que je soulignerais :
je comprends mieux la nature des foisonnements farfelus que Minard nous offre à travers tous les livres que j'ai lu d'elle. Son personnage use parfois de psychotropes, et il me semble, pour le peu que je connaisse de ces domaines, qu'elle en extrait assez justement l'apport singulier. Cela permet de forcir les schèmes de l'âme qu'elle dépeint. Et la petite folie qui apparait parfois dans les épisodes narratifs sont leur fruit certain, qu'il faut admettre. Ils sont jubilatoires, en tous cas.

Ainsi donc ces quatre "plot'points" que j'ai trouvé à partager sur cette lecture.
Certaine manière de Céline Minard m'aura moins plu qu'autres occasions, mais tout comme certains amis, très chers, peuvent nous enquiquiner alors même qu' ils nous semblent irremplaçables. Je serais bien ingrate de lui reprocher que ce qui l'éclate un max ne fasse pas partie de ma cosmogonie. Parce qu'elle est une passeuse précieuse , un esprit pointu.

#aide à vivre.



mots-clés : #nature
par Nadine
le Sam 3 Déc - 10:09
 
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Sujet: Céline Minard
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Jean Malaurie

Jean Malaurie

Né en 1922

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 8 Jean_m10

Jean Malaurie, né le 22 décembre 1922 à Mayence (Allemagne)1, est un ethno-historien, géographe/physicien et écrivain français2. Il est directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, et également le directeur et fondateur de la collection Terre Humaine aux éditions Plon. (wikipedia)


Bibliographie


Hoggar, Touareg, Journal d’une exploration géographique1954.
Les Derniers Rois de Thulé, avec les Esquimaux polaires, face à leur destin
Hummocks I et II
L’Appel du Nord
L’Allée des baleines,
Terre Humaine : cinquante ans d'une collection, entretien de Mauricette Berne et Pierrette Crouzet avec Jean Malaurie






*


"les derniers Rois de Thulé" (enfin)

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 8 51o-rm10

Ma première réaction après avoir feuilleté du pouce  et être tombée sur un dessin de piège à renard dont la légende précisait l'agonie de la bête, a été la crainte de ne pouvoir lire le livre si l'auteur s'appesantissait sur de telles descriptions.

Bien m'a pris de vouloir assumer mon engagement pour cette lecture.

Au-delà de l'aventure de cette expédition géographique, c'est bien la connaissance , l'histoire et l'avenir de ce peuple Groënlandais qui donnent à ce livre son intérêt, son humanité. Toutes les actions de ses Hommes qui se nomment eux-mêmes "animaux humains" sont justifiées par le climat, la Nature de ces lieux où ils vivent. Adapter leur vie aux cycles de la nature dans toutes ses composantes (faune, flore...) est leur unique moyen de survie. Ce Peuple respectent son environnement.
Les esquimaux sont durs avec les animaux (y compris leurs chiens indipensables) comme ils le sont avec eux-mêmes. Leurs actions les plus radicales, les plus monstrueuses parfois n'étaient dictées que par la nécessité.
Vivre en communauté est essentiel pour les Inouits.Ils pratiquent la religion, mais reconnaissent toujours les pouvoirs des chamans. Les mythes génèrent des règles strictes de vie et au Groënland (comme souvent dans d'autres pays) ce sont les femmes qui sont l'objet du plus grand nombre de tabous.

L'auteur nous relatent des évènements anciens utiles pour la compréhension de l'état de ces esquimaux et de leur évolution. Ressort de ces récits l'attitude indigne de certains "blancs" qui ont utilisé et même abusé de la disponibilité, habileté, dévouement des esquimaux pour leurs expéditions.

L'installation d'une grande base Américaine en juillet 54 bouleverse la petite ville de Thulé et les esquimaux se déportent 200 kms à l'intérieur des terres pour échapper à cette ville qui leur est imposée et qui leur dérobe leurs ressources.

L'écriture est prenante et ne manque pas de poésie, et l'humanisme est délivré par la compréhension, la reconnaissance et l'amitié accordées par l'auteur à ce Peuple. Les dessins naïfs illustrant ce livre et les nombreuses notes sont des plus intéressants.

l'attitude de Jean Malaurie l'honore.


mots-clés : #autobiographie #minoriteethnique #nature #voyage
par Bédoulène
le Ven 2 Déc - 23:16
 
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Sujet: Jean Malaurie
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Jean Giono

Que ma joie demeure est une des grandes lectures de ma jeunesse!

Un roi sans divertissement

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 8 Images72

Je suis partie comme dans une ballade fabuleuse en pleine nature, simplement envahie par la beauté du site et la rencontre d’hommes simples, totalement intégrés dans ce paysage majestueux, cette époque, cette ruralité à la fois rude et bienheureuse. L’œil de Giono, sa verve à la fois tranquille et pateline, c'était une grande jouissance de lecture. La peur régnait, certes, mais tout était en place. Le récit généreux, la phrase savoureuse.. Tout baignait.

Et puis, petit à petit , tout cela m'est parti dans les doigts. Le récit est passé du nous au je, le texte en a perdu en richesse et en vivacité. Langlois, revenu, victorieux du monstre et des loups est devenu « austère et cassant », fascinant, certes, mais tellement lointain, tellement insaisissable, personne n'y comprenait plus rien... et si cela ne gênait guère les villageois ensorcelés par cet homme hautain, pour moi j'avançais précautionneusement, comptant sur un dénouement qui me rendrait à mon bonheur. .. Et ce ne fut vraiment pas le cas : mon encombrante rationalité a été déstabilisée par tout ce mystère, cet homme pour lequel on n'a au final aucune clé (sont elles restées dans la poche de Giono, ou n'ai-je pas su les trouver ?).

Je me demande si , une fois n’est pas coutume, le film ne m'irait pas mieux.

Il n'en demeure pas moins que Giono me convainc, une fois de plus, par son écriture magique, sa proximité des hommes et des paysages.


(commentaire rapatrié)


mots-clés : #nature #violence
par topocl
le Ven 2 Déc - 17:25
 
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Sujet: Jean Giono
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Jean Giono

Jean Giono (1895-1970)

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 8 Giono10

Jean Giono, né le 30 mars 1895 à Manosque et mort le 9 octobre 1970 dans la même ville, est un écrivain français. Un grand nombre de ses ouvrages ont pour cadre le monde paysan provençal. Inspirée par son imagination et ses visions de la Grèce antique, son œuvre romanesque dépeint la condition de l'homme dans le monde, face aux questions morales et métaphysiques et possède une portée universelle.

Il devint l'ami de Lucien Jacques, d'André Gide et de Jean Guéhenno, des peintres Georges Gimel et Serge Fiorio, ce dernier étant son cousin issu de germain. Il resta néanmoins en marge de tous les courants de littérature de son temps.


[b]Bibliographie[/b]

Colline, 1929
Un de Baumugnes, 1929
Regain, 1930
Naissance de l'Odyssée, 1930
Le Grand Troupeau, 1931 : Page 1
Jean le Bleu, 1932 Page 3
Solitude de la pitié, 1932
Le Chant du monde, 1934
Que ma joie demeure, 1936
Refus d'Obéissance, 1937
Batailles dans la montagne, 1937 : Page 1
Pour saluer Melville, 1941 : Page 2
L'Eau vive, 1943 (Rondeur des Jours et l'Oiseau bagué -1973)
Un roi sans divertissement, 1947 (extraits) : Page 1, 4, 6
Noé, 1947
Fragments d'un paradis, 1948
Mort d'un personnage, 1949
Les Âmes fortes, 1949 : Page 1
Les Grands Chemins, 1951 : Page 1
Le Hussard sur le toit, 1951
Le Moulin de Pologne, 1952
L'Homme qui plantait des arbres, 1953
Le Bonheur fou, 1957
Angelo, 1958 : Page 5
Hortense ou l'Eau vive (avec Jean Allioux), 1958
Deux cavaliers de l'orage, 1965
Le Déserteur, 1966 (le Déserteur et autres récits, 1973) : Page 1
Ennemonde et autres caractères, 1968
L'Iris de Suse, 1970
Les Récits de la demi-brigade, 1972 : Page 2
Faust au village, 1977
L'Homme qui plantait des arbres (illustrations de Willi Glasauer), 1983
Le Bestiaire, 1991
Le prélude de Pan : Page 4
L'esclave : Page 4

Essai
1955 Notes sur l'affaire Dominici suivi d' Essai sur le caractère des personnages : Page 2
De Homère à Machiavel (divers textes sur la littérature)
De Monluc à la Série Noire (divers textes sur la littérature) : Page 5

Récits inachevés
Angélique, 1980 : Page 5
Cœurs, passions, caractères, 1982 : Page 4
Caractères, 1983
Dragoon, 1982
Olympe, 1982

màj le 17/08/2020


Jean Giono (1/4) Se retirer du mal

Jean Giono (2/4) L’idéal d’un au-delà du roman
Jean Giono (3/4) Le toit de l’écriture
Jean Giono (4/4) Des paysages personnages



                                         
        ***





"Batailles dans la montagne »

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 8 41vbhc11






La bataille de la montagne entre  toutes ses composantes et celle des Hommes qui se  défendent.

La Montagne se présente , dans ces descriptions, inamicale, agressive et monstrueuse ; son ossature ressemble d’ailleurs à celle du Léviathan et les hommes se retrouvent comme Jacob, selon les paroles de Clément Bourrache ( le porte-paroles du Pasteur, dans les 4 villages de la vallée) qui n’est pas apprécié par les habitants car « il se servait injustement de la parole de Dieu » et déversait à toute heure des sentences de reproche et sanction.
A rapprocher de ce que dit Giono dans d’autres livres
Spoiler:

La religion? Elle a failli à ses devoirs. Elle est le soutien naturel de cette société qui traîne le malheur sur la terre comme une herse de fer. Elle est comme ces hautes flammes du soleil qui se détachent de la masse de feu et roulent dans l'espace, se refroidissant en mondes noirs qui s'éloignent de l'astre générateur et plongent dans les abîmes. Il y a bien longtemps que la religion n'a plus aucun rapport avec Dieu.
La ville des hirondelles, In L'Oiseau bagué.
Gallimard/Folio, 1943, p.43.
et  

J'ai toujours lu la Bible comme un livre de littérature, un livre d'histoire ou un livre de poèmes ou un livre de chroniques. Je ne l'ai jamais lu comme un livre religieux.
Jean Carrière. Jean Giono.
Besançon: La Manufacture, 1991, p.111.


L’ atmosphère de la journée rappelle par sa nature  celle où un drame s’est déroulé il y a des années ; les animaux ne s’y trompent pas. Toute vie paiera le prix, tous seront essentiels dans cette lutte ; les premières dissensions s’évanouiront à mesure que la tragédie montera en puissance. Les êtres se découvriront et chacun dans sa force ou sa faiblesse participera à construire une entité.
Cette entité soutiendra celui qui portera la délivrance. Ils seront onze à l’accompagner dans le dernier acte. Ils se retrouveront à douze, peut-être comme les disciples ; même si l’on tient compte des citations de Giono, il me semble que ce chiffre n’est pas fortuit ?
Le prénom du « sauveur » Saint-Jean  me confirme dans cette supposition, mais  ce n’est qu’une idée personnelle.   Mais Jean, forestier de son métier, a tout d’un être sain d’esprit, de nature, il sera l’homme providentiel que n’hésitera pas d’ailleurs à suivre confiante  une fillette.
Saint-Jean se servira honnêtement de l’amitié et de l’amour qui lui sont donnés, il acceptera tout en protégeant.
Il y a dans ce récit, tous les simples gestes qui contribueront à installer progressivement l’espoir, une poignée de sel dans la soupe, du foin pour litière au blessé, le vin partagé qui enivre la peur et la douleur.
La montagne  vomit des années de digestion  dans la vallée, c’est horrible mais c’est aussi terrible pour elle, la délivrance des homes sera aussi la sienne . Les couleurs, les bruits, les odeurs la rendront à nouveau belle, même si les villageois savent combien elle peut être cruelle ; ils resteront y vivre car, malgré tout ils l’aiment leur montagne.
C’est d’ailleurs ce qu’ ils disent à un de la basse vallée qui a cru pouvoir vivre dans la plus haute maison du territoire : « Ah ! Ne dis pas de mal de notre montagne, elle a ses gueules. Mange tes cerises et que le bon dieu t’accompagne ! ».

Encore une fois et intensément, les descriptions de Giono sont somptueuses, efficaces,  même dans
l’ insoutenable. Les métaphores également qui renforcent ces descriptions, les construisent.
Quant aux dialogues, combien révélateurs sur les personnages, intenses. Celui entre Boromé et Saint-Jean est digne et franc comme le sont ces deux hommes , l’ amour qu’il révèle est d’autant puissant que les voix sont intimes.
Que de tensions dans ce récit, le duel entre Saint-Jean et le taureau, la dynamite portée au corps et la nuit qui toujours est obstacle.
Les nuits d’ailleurs participent de la trame  dans les récits de Giono.
Que dire de plus, sinon que j’ai encore beaucoup de plaisir de lectures.


Je reviens sur Batailles dans la Montagne :

L'espace vallée étant inondé, les sauvetages se sont par radeau, donc on pense bien sur au radeau de la Méduse.

quant à l'expédition de Saint-Jean et Marie, la fillette pour aller chercher la dynamite ?

La débâcle des corps ensevelis, rappel biblique ?

sur la fin, je pense que comme la fillette nous n'aurons pas la réponse mais le choix d'imaginer et puisqu'il parle de chance, je me dit qu'il part sur un bon chemin.

D'après ce que dit l'une des filles de Giono, son père aimait beaucoup imaginer, un seul mot lui suffisait faisons de même  sourire[/url]


mots-clés : #contemythe #nature
par Bédoulène
le Ven 2 Déc - 17:10
 
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Sujet: Jean Giono
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Maurice Chappaz

Maurice Chappaz (1916-2009)

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 8 Chappa10

Né à Lausanne, aîné des dix enfants de l'avocat Henri Chappaz et neveu du Conseiller d'Etat Maurice Troillet, Maurice Chappaz passe son enfance à Martigny et à l'Abbaye du Châble, dans la maison familiale de sa mère. Il fait ses classes à l'abbaye de Saint-Maurice, où il obtient une maturité classique.

Dès 1937 il entreprend à Lausanne des études de droit, qu'il abandonne en 1940 pour s'inscrire à Genève à la faculté des lettres. La même année, Un homme qui vivait couché sur un banc lui vaut le Prix de la «Suisse Romande». Gustave Roud et Charles-Ferdinand Ramuz l'encouragent. La mobilisation de 1939-45 met un terme définitif à ses études. Durant cette période, Chappaz découvre sa vocation littéraire. En 1947 il épouse S. Corinna Bille, avec qui il aura trois enfants. Pour gagner de quoi vivre, il travaille dans les vignes de son oncle à Fully, puis sur le chantier de la Grande Dixence en qualité d'assistant géomètre entre 1955 e il 1957. De 1959 à 1971, il collabore au mensuel «Treize étoiles». En 1979, à la mort de S. Corinna Bille, il s'établit au Châble. Il se remarie en 1992, et vit entre Le Châble, Veyras et le Vallon de Réchy. Défenseur acharné du patrimoine naturel et de la vie traditionnelle du Valais, il a en outre beaucoup voyagé : Entre 1969 et 1990 il a visité la Laponie, le Népal, le Tibet, le Monte Athos, la Russie, Abidjan, la Chine, le Liban, la Norvège, le Québec et New York.

Il a reçu de nombreuses distinctions littéraires, parmi lesquelles le Prix Lambert en 1953, le Prix de l'Etat du Valais pour l'ensemble de son ouvre en 1985, le Grand Prix Schiller et la Bourse Goncourt de poésie en 1997. En 2001, l'ambassadeur de France à Berne l'a décoré Commandeur de l'Ordre des Arts et des Lettres, consacrant la dimension francophone et internationale de son ouvre. Les manuscrits et une riche documentation autour de Maurice Chappaz et S. Corinna Bille sont déposés aux Archives Littéraires Suisses à Berne.

Parmi les nombreuses publications à son sujet, (par Jean-Paul Paccolat, Christophe Carraud notamment) on peut signaler plus récemment: Philippe Jaccottet, Pour Maurice Chappaz (Montpellier, Fata Morgana, 2006) ; l'ouvrage collectif Per Maurice Chappaz (a cura di Flavio Catenazzi e Alessandra Moretti Rigamonti, Locarno, Dadò, 2006). Plusieurs documentaires de télévision lui ont été consacrés, en particulier ceux de Mürra Zabel ( Wallis : ein verlorenes Biotop , 1988; Poesie und Politik , 1998), Bertil Galland ( Plans-fixes , n° 1014, 1997), Jean-Noël Christiani e Jérôme Meizoz ( Les hommes-livres: Maurice Chappaz , Arte/INA, 2001). En 2006 la Radio suisse romande a publié un cd-audio, avec des interviews et des lectures tirées de ses archives ( Maurice Chappaz: un figure, une voix ).

source : culturactif.ch

Bibliographie

Les Grandes Journées de printemps, 1944
Grand Saint-Bernard, 80 photographies d'Oscar Darbellay, 1953
Testament du Haut-Rhône, 1953 : Page 1
Le Valais au gosier de grive, 1960 : Page 1
Les Géorgiques
Chant de la Grande Dixence, 1965 : Page 1
Un homme qui vivait couché sur un banc, 1966
Office des morts, 1966
Tendres Campagnes, 1966
Verdures de la nuit, 1966
Le Match Valais-Judée, [2e éd.], dessins d'Étienne Delessert, 1969
La Tentation de l'Orient : lettres autour du monde, 1970
La Haute route, suivi du Journal des 4 000, 1974
Lötschental secret : les photographies historiques d'Albert Nyfeler, ill. d'A. Nyfeler, Lausanne, 1975
Les Maquereaux des cimes blanches, 1976 : Page 1
Portrait des Valaisans : en légende et en vérité, [5e éd.], 1976
Adieu à Gustave Roud, avec Philippe Jaccottet et Jacques Chessex, 1977
Pages choisies : avec un inédit, 1977
Poésie, préface de Marcel Raymond, 1980
À rire et à mourir : récits, paraboles et chansons du lointain pays, 1983
Les Maquereaux des cimes blanches, précédé de La Haine du passé, 1984
Journal des 4000, ill. de Claire Colmet Daâge, 1985
Le Livre de C, [nouv. éd. revue], 1987
Le Garçon qui croyait au paradis, récit, 1989
La Veillée des Vikings, récits, 1990
Les Idylles
Journal de l'année 1984 : écriture et errance, 1996
La Tentation de l'Orient : lettres autour du monde, M. Chappaz et Jean-Marc Lovay, 1997
Bienheureux les lacs, ill. de Gérard Palézieux, 1998
Partir à vingt ans, préf. de Jean Starobinski, 1999
Évangile selon Judas, récit, 2001
Le Voyage en Savoie : du renard à l'eubage, photos et réal. graphique Matthieu Gétaz, 2001
À-Dieu-vat !, entretiens avec Jérôme Meizoz, Sierre, 2003
La Pipe qui prie & fume, avec 26 reprod. de monotypes de Pierre-Yves Gabioud, 2008
Journal Intime d'un Pays, Maurice Chappaz, 2011
Orphées noirs, Leo Frobenius et Maurice Chappaz, 2006
Hors de l'Eglise, pas de salut, 2007

Correspondance
Le Gagne-pain du songe : correspondance 1928-1961, M. Chappaz et Maurice Troillet, 1991
Se reconnaître poète ? : correspondance 1935-1953, M. Chappaz et Gilbert Rossa, 2007
Autour de liberté à l'aube. Correspondance 1967-1972, Alexandre Voisard et Maurice Chappaz, 2010
Jours fastes. Correspondance 1942-1979.



màj le 12/11/2017



Une très grosse impression récente pour un auteur à côté duquel on peut passer. Une écriture puissante, riche, de la détermination. Ca me fait plaisir d'ouvrir ce fil comme premier fil d'auteur ici.

Je vais aller à la pêche aux anciens avis...

mots-clés : #nature #poésie #politique
par animal
le Ven 2 Déc - 13:26
 
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Sujet: Maurice Chappaz
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