Des Choses à lire
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Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Mer 20 Jan - 2:45

155 résultats trouvés pour nature

Jim Harrison

En route vers l’Ouest

Regroupe 3 novellas, En route vers l'ouest, La Bête que Dieu oublia d'inventer, J'ai oublié d'aller en Espagne.

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En route vers l'ouest
Où l’on retrouve Chien Brun (C.B.), déjà personnage dans La femme aux lucioles et Julip… Loin de son Michigan natal (pêche, forêts et fraîcheur), il découvre Los Angeles (occasion d’un réjouissant déluge de surprises et méprises), bientôt avec Bob, un scénariste morfal où l’on a reconnu l’auteur soi-même ‒ mais C.B. lui-même, entre pur crétin seulement motivé par le sexe, l’alcool et la bouffe, « autochtone » au rôle de Candide "simple d’esprit", n’a-t-il pas un peu de Big Jim dans son approche du monde ?
« Le plus difficile pour un homme de la campagne débarquant dans une vaste métropole est de comprendre le rapport entre le métier des citadins et l’endroit où ils habitent. »

« Au plus profond des feuillages tout proches du bosquet de bambous, il se demanda si sa propre existence recelait le moindre secret ou si on lisait en lui à livre ouvert comme dans un vieux bouquin de poche tout fripé. Ce doute lui passa rapidement lorsqu’il remarqua que les carpes orange nageaient invariablement dans le sens inverse des aiguilles d’une montre au milieu de leur bassin miniature et ombragé. Sans conteste, ces carpes étaient plus intéressantes à observer que les divagations nombriliques d’un type en proie au doute métaphysique. Comme nous tous, C.B. ignorait les tenants et les aboutissants de l’existence. Soudain, la carpe de tête exécuta un demi-tour tort gracieux et se mit à entraîner son banc dans le sens des aiguilles d’une montre. Là se trouvait sans doute l’une des réponses aux millions de questions que la vie ne posait pas. »

« À la taverne, deux vieux vétérans de la Seconde Guerre mondiale lui avaient confié que, dans l’Europe ou le Japon en ruine, on pouvait faire l’amour en échange d’une barre de chocolat, mais cette transaction lui avait paru tout sauf admirable. Le moins qu’on puisse faire, c’était de rôtir un poulet et de préparer de la purée pour la pauvre fille, avant de lui mitonner un pudding aux pommes avec du sucre brun et beaucoup de beurre. »




La Bête que Dieu oublia d'inventer


Le narrateur, un vieux solitaire un peu aigri, établit un témoignage ‒
« Peut-être les écrivains racontant une histoire procèdent-ils en réalité à l’enquête d’un coroner… »

‒ sur son jeune ami disparu (suicide par natation), Joe, au comportement insensé suite à un traumatisme cérébral (une sorte de perception modifiée/ directe du monde, particulièrement "sauvage", car perdue sa mémoire visuelle il « voyait chaque chose pour la première fois ») :
« Est-il un chien malade qui désire se terrer, un mammifère qui trouve sa sécurité dans le secret, un jeune homme blessé qui tente vaillamment de mettre un peu d’ordre dans toute sa confusion ? »

Ayant « perdu toute une vie de conditionnements et d’habitudes », « Joe est parti à pied pour dresser de nouvelles cartes du monde, ou plutôt du seul monde que ses sens toléraient. »
Il y a nombre de réflexions typiques de la manière de Big Jim, tournant comme souvent chez lui sur handicap/ infirmité/ déficience/ incapacité/ diminution physique.
Que le narrateur soit fort cultivé légitime de nombreuses références érudites, et pas que littéraires ‒ comprenant une quantité confondante d’auteurs que je ne connais guère ‒, comme Le Darwinisme neuronal d’Edelman (qui au passage explicite le fait que nous soyons tous des individus différents).
Cette dimension "métaphysique" du texte en rend la lecture complexe, le fil des péripéties étant lui aussi très riche, avec une profusion de détours anecdotiques qui ne nuisent cependant pas à la cohérence à l’ensemble.
J’ai aussi apprécié les remarques, probables fruits de l’expérience personnelle de l’auteur, concernant les observations interspécifiques (geais, corbeaux, ours).
« J’ai actuellement l’impression que mon réservoir humain est vide et que j’en constitue le sédiment, la couche de saleté amassée au fond, le résidu de mes propres années. »

« Je ne veux pas dire qu’une rivière serait une panacée, seulement que notre cerveau est incapable de maintenir ses structures troublées lorsqu’il se trouve confronté à une rivière. Je pense que c’est la raison non avouée qui pousse tant de gens à pêcher la truite, alors que la plupart sont tellement incompétents qu’ils ont très peu de chance d’attraper un seul poisson sur leur mouche. »

« Assis sur la terrasse en somnolant de temps à autre, j’ai pensé qu’on avait beaucoup de mal à reconnaître la part immense de notre vie consacrée à de monstrueuses conneries. »

« Je monte et descends, je tourne en rond, ainsi que le veut la condition humaine, mais ne peut-on faire un nombre limité de nœuds sur une longueur de corde donnée ? »

« …] j’ai toujours trouvé plus intéressantes les raisons pour lesquelles un homme croit à quelque chose, que ce qu’il croit. Il ne s’agit pas là d’une subtilité, mais d’une flagrante évidence. »

« Mon esprit a tourbillonné un instant à l’idée qu’un toubib doit dire au revoir aux vivants, alors que le croque-mort, lui, n’a pas besoin d’attendre la moindre réponse. »

« L’angoisse provient de la monotonie du train-train, de cette "vie non vécue" dont on parle si souvent, de l’impression d’occlusion qui accompagne tout naturellement une curiosité étouffée, ou une curiosité qui s’est enterrée dans un trou familier. »

« Depuis ma jeunesse j’ai toujours eu le sentiment de rater quelque chose, sans doute parce que c’était la vérité. »





J'ai oublié d'aller en Espagne

Encore un quinquagénaire, un écrivain producteur de brèves biographies à défaut des œuvres qu’il avait rêvées, riche, raté et ridicule.
Peut-être parce que la fascination mâle pour les croupes féminines devient lassante, ou qu’il n’y a là pas d’autre vue sur la nature qu’un aperçu du Mississippi, c’est assez décevant.

« Il m’est impossible de considérer mon comportement sexuel autrement qu’en termes comiques, même si j’y trouve des motifs d’émerveillement. »

« Ils auraient mieux fait de brûler mes recueils de poésie. Car mes livres appartenaient à une culture qui n’était désormais plus la nôtre. Les idéaux de la jeunesse vous tuent parfois, mais ils méritent de le faire. Les idéaux de la jeunesse sont façonnés à grand-peine par les maîtres des siècles passés, de Gongora à Cela, de Villon à Char, d’Emily Dickinson jusqu’à nous autres, pauvres Bartleby. »

Question : « mon chien incapable, Charley », dans En route vers l'ouest, « mon pathétique clébard Charley », dans La Bête que Dieu oublia d'inventer, seraient-ce des allusions à Mon chien stupide, de John Fante ?


mots-clés : #humour #identite #nature #vieillesse
par Tristram
le Ven 28 Sep - 20:09
 
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Sujet: Jim Harrison
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Anne-Marie Garat

Le Grand Nord Ouest

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15 ans plus tard, Jessie raconte à Bud l'année de ses six ans, et retourne avec lui au Canada dans le Grand Nord Ouest, dans une espèce de pèlerinage, de quête de sens qui se heurte au temps écoulé. Fille choyée d'un nabab d'Hollywood, elle voit son père mort noyé sur la plage le jour de sa fête d'anniversaire. A l'aube de cette année qui va la mener à l'âge de raison, sa mère, une femme fatale fantasque et pleine de secrets, l'emmène sans un mot d'explication dans une folle équipée vers le Grand Nord, ses immensités enneigées, ses indiens animistes. Que fuit-elle? Que cherche-t'elle accrochée tant à ses rêves qu'à ses racines? On va le découvrir au même rythme que Jessie, sans avoir toutes les clés pour autant : cette mère étrange aux identités multiples, grande manipulatrice, gardera sa part de mystère. La petite rouquine (évidemment) connaît là une belle initiation à une vie autre, authentique, à la sagesse, à une certaine dignité auprès d'un vieux couple d'indiens empreints de traditions qu'elle a séduits au premier coup d’œil

C'est bien d'Anne-Marie Garat de nous offrir pour personnages principaux de ce roman du Grand Nord une fillette et sa mère, là où l'on ne croise d'ordinaire que prospecteurs, trappeurs et autre traîne-savates. Il y a aussi ces deux indiens pleins de sagesses, de croyances  de pré-sciences, solidement ancrés dans le territoire qu'on est en train de leur arracher, et qui  transmettent leurs savoirs. Cette épopée aurait du être jubilatoire, mais sans doute du fait du style si spécifique d'Anne-Marie Garat, qui prend ici une boursouflure un peu submergeante (ça grouille un peu trop, c'est une coulée de lave qui ne s'arrête jamais), je ne suis pas pleinement entrée dans ce récit, pourtant plein de poésie, de nature sauvage et de nobles sentiments qui n'excluent pas la facétie. j'ai souvent trouvé ça longuet.

Mots-clés : #aventure #contemythe #enfance #initiatique #lieu #minoriteethnique #nature #relationenfantparent #traditions #voyage
par topocl
le Mer 19 Sep - 10:06
 
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Eric Plamondon

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Taqawan

«  Au Québec, on a tous du sang indien. Si c'est pas dans les veines, c'est sur les mains. »


1981. Les Indiens Mi'gmac de la réserve de Restigouche se révoltent contre les quotas de pêche que le gouvernement veut leur imposer. Les 6 tonnes de saumons qu'ils pêchent annuellement constitueraient une menace pour la ressource. Une vétille pourtant, en comparaison des 800 tonnes prélevées par les pêcheurs sportifs, ou des 3000 tonnes des bateaux-usines qui, eux, ne sont soumis à aucune restriction... Les Indiens sont en fait au cœur d'une bagarre constitutionnelle entre gouvernement fédéral et régional. Ils ne sont qu'un prétexte, mais certains voient là l'occasion de les assujettir un peu plus...
La descente des forces de l'ordre sur la réserve pour saisir les filets est d'une violence inouïe. Ecoeuré par les nombreuses exactions, Yves Leclerc, garde-chasse, démissionne. Peu après, il découvre une jeune indienne mi'gmaq en état de choc après un viol. Avec la complicité d'une jeune enseignante française et d'un vieil ermite indien, Leclerc tente de remettre la jeune fille sur pieds. Mais c'est sans compter sur la menace que représentent ses agresseurs...

Les événements de Restigouche, tristement réels, sont le point de départ de ce drôle de roman hybride, composé de chapitres très courts, qui alternent entre roman noir, récits de chasse ou de pêche, histoire coloniale ou légendes indiennes...
Moins de 200 pages, c'était probablement un peu court pour évoquer tous ces sujets. De fait, l'aspect roman noir, bâclé et peu crédible, en pâtit. C'est un peu dommage, mais ça n'a finalement pas grande importance car l'essence du livre est ailleurs, dans la célébration nostalgique d'une osmose perdue avec la nature, et dans le récit sans fard de la condition des Indiens de Gaspésie. Depuis le XVème siècle,  leur histoire n'a été qu'une longue suite de dépossessions : de leurs terres, de leurs droits, de leurs coutumes, de leurs enfants même. Parqués dans des réserves, les Indiens sont encore, en cette année 1981, victimes du racisme et de l'ostracisme, totalement coupés des québécois « pure laine »  dans un pays qui semble «  préférer essayer d'oublier son histoire plutôt que de la comprendre. »

J'ai appris beaucoup de choses, en lisant Taqawan. Que ce soit sur sur les contradictions québécoises, la privatisation des rivières ou la vie d'un saumon... Roman engagé, tour à tour triste et rageur, sensible et poétique, Taqawan interpelle, et interroge. Malgré quelques bémols déjà évoqués, je ne l'ai pas lâché.  


Mots-clés : #amérindiens #discrimination #nature #violence
par Armor
le Sam 15 Sep - 15:31
 
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Sujet: Eric Plamondon
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William Henry Hudson

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Conseils aux chasseurs de vipères

En commençant par une très belle préface du traducteur, quatre textes assez courts qui ne sont rien d'autres que des observations ou anecdotes d'un bonhomme se baladant dans la nature, pour s'y balader, pour observer les serpents ou les oiseaux. Vraiment trois fois rien et quelques illustrations à l'ancienne, façon 19ème, pour accompagner.

Vraiment trois fois rien et très court mais merveilleusement bien écrit, juste ce qu'il faut de talent narratif à l'humour léger pour rendre vivante toute l'attention de l'observateur. On pourrait appeler ça un émerveillement discret mais ce qui compte surtout c'est que c'est un livre qui fait du bien, un possible ultimate feel good bouquin.

Et mis à part une vie antérieure de biologiste contrarié je peux vous assurer que les oiseaux ou les serpents ce n'est pas plus mon truc que si n'y connaissais rien, mais ce petit livre c'est le pied.


Mots-clés : #nature
par animal
le Sam 15 Sep - 14:00
 
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Sujet: William Henry Hudson
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André Bucher

Le pays qui vient de loin

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Un récit sur la filiation, un récit sur les espoirs déçus, un récit sur l'envoutement que peut créer la nature...

Ce livre, c'est tout cela et tellement davantage.

De la poésie à chaque page tournée, une rencontre en la personne de Samuel qu'on aimerait prolonger, l'envie d'encourager son petit fils dans la décision d'avenir qu'il va prendre...non tu ne te trompes pas même si tu ne choisis pas la facilité, tu choisis la richesse d'une existence partagée avec les arbres, les plantes et les animaux. Et qu'importe si les lumières des tentations superficielles sont loin, tant mieux même, c'est un regard plein que tu as choisi de poser sur l'existence.


Inutile de vous dire combien j'ai aimé cette première rencontre avec l'écriture d'André Bucher mais c'est une découverte qui crée le besoin de la retrouver encore et encore, ce dont je ne vais pas me priver !

Merci Monsieur Bucher pour cette parenthèse de vie que vous offrez.

Mots-clés : {#}contemporain{/#} {#}famille{/#} {#}nature{/#}
par Invité
le Mar 11 Sep - 17:30
 
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Sujet: André Bucher
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Jim Harrison

Un bon jour pour mourir

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Le narrateur, un jeune paumé alcoolo (mais cultivé) rencontre Tim, un jeune rescapé du Vietnam, quant à lui peut-être un peu plus porté sur les "pilules" ; il évoque un barrage qui serait en construction sur le Grand Canyon, et ils décident d’aller le faire exploser. C'est donc un road movie de Key-West (Floride) à Missoula (Montana), en passant prendre au passage la belle et sage Sylvia, qui aime Tim. Ressentant une attirance de plus en plus vive pour cette dernière, le narrateur se demande aussi entre deux excès pourquoi il s’est laissé entraîner dans cette aventure, lui qui est passionné de pêche.
« Je passais mon temps à observer la surface scintillante de l’eau du lagon. Je ne m’en lassais jamais. Qu’y avait-il de mieux à faire ? Boire. Voter. Tomber amoureux ? »

« En observant les autres dans la douce torpeur provoquée par le whisky, je réalisais à quel point mon attachement à la vie était faible. Je n’étais pas impliqué, même en tant que simple observateur, et encore moins en tant que pèlerin. Disons que je n’étais ni dans les tribunes pour voir le match, ni sur le terrain pour jouer. J’étais plutôt dans les sous-sols, observant avec indifférence la structure de base tout entière. »

La situation de la confiante Sylvia (elle-même issue d’une famille rurale fondamentaliste) est pathétique, ainsi placée entre ces deux énergumènes en piteux état :
« Sylvia avait raison, et Tim et moi nous avions tort. Peut-être. Ou du moins, elle faisait partie du groupe de gens étonnamment normaux, qui sont d’ailleurs une surprenante majorité. Nous étions comme des chèvres, en quête d’alcool, de drogue, de dynamite et de promiscuité sporadique, tandis qu’elle était une sorte de déesse au grand cœur, douce, vertueuse, tendre, gentille et fidèle. Cela devait être la culpabilité qui va généralement de pair avec ce genre de déprime. Et puis elle avait l’esprit simple. »

C’est une nouvelle Lost Generation que Big Jim inaugure en se penchant sur la jeunesse égarée d’une autre époque marquée par la guerre, mais aussi les drogues, la culture pop et l’héritage protestant :
« La chanson préférée de Tim était apparemment Get It While You Can de Janis Joplin, que je commençais à redouter. Le désespoir profond que cet air instillait semblait inégalé dans la musique moderne. Des millions de gens écoutent ces chansons, et à moins qu’ils ne soient des débiles profonds, leur humeur en est certainement affectée. »

« D’une certaine manière, j’étais sûr que les gens qui vivaient dans des villes, les Français et les Italiens, étaient moins culpabilisés que nous autres, qui avions grandi dans les marais calvinistes. »

« Tout calviniste continue à faire valoir cette simple allégation : "Dieu l’a voulu ainsi", s’il a encore la foi, ou alors : "Au moins, je suis honnête", quand il ne l’a plus. »

Dans son second roman, Jim Harrison laisse déjà percer sa grande sensibilité à la cuisine :
« Dans les dernières semaines de la grossesse de ma femme, c’était moi qui faisais toutes les courses et je dois dire que les supermarchés surpassent en horreur les stations-service. Rien ne me semblait bon à manger. J’errais dans les allées en pleurant presque, tellement je voulais trouver quelque chose de bon. Cela rendait les employés nerveux – il y avait même quelques réflexions, du genre "Bizarre ce type", "Le Chapelier Fou va faire ses courses", mais cela n’avait rien de drôle. »

Les considérations sur la pêche, les Amérindiens et l’environnement interviennent assez tard dans le livre :
« Et les Nez Percés, qui s’étaient battus sur le sol même où je me tenais, avaient un proverbe : à l’approche de la guerre, ils disaient : "Courage ! C’est un bon jour pour mourir", tout comme les Sioux Miniconjou auraient dit : "Courage ! La terre est la seule chose qui dure." C’est fantastique d’être capable de dire des choses pareilles, et de les penser. »

« C’était dur de penser constamment à l’obligation de trouver un endroit relativement préservé. Pourtant, on pouvait atteindre une zone incroyablement protégée de la côte de l’Équateur et constater que malgré l’étendue infinie du Pacifique, le makaire noir avait pratiquement disparu, après avoir fait les délices des marins japonais au long cours qui le dégustaient en saucisses.
J’étais certainement né trop tard pour en avoir jamais goûté et je savais à quel point il était idiot de faire sauter un seul barrage. Ou cinquante, ou même cent. Mais j’étais persuadé que cela me ferait du bien, et même si ce raisonnement était primitif et stupide, il fallait qu’il en soit ainsi. »

Le réel thème de ce bref roman, dont le narrateur se révèle assez suicidaire et romantique, se trouve bien récapitulé dans la phrase de Rilke placée en exergue :
« Chaque tournant torpide de ce monde engendre des enfants déshérités auxquels rien de ce qui a été, ni de ce qui sera, n’appartient. »

Paru en 1973, il fait penser à Le Gang de la clef à molette d’Edward Abbey (édité en 1975), où de jeunes révoltés envisagent également le sabotage "écologique" d’un barrage.
« Quelqu'un a dit, je crois que c’était un poète russe, que nous n'étions sur cette terre que les ombres de notre imagination. »



mots-clés : #jeunesse #nature #violence
par Tristram
le Lun 10 Sep - 14:58
 
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Sujet: Jim Harrison
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Rick Bass

La Vie des pierres

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Ce recueil de nouvelles commence par Païens (qu’on peut lire intégralement ici https://www.christianbourgois-editeur.com/une-nouvelle.php?Id=191), un superbe texte où contrastent pollution extrême de l’environnement et vigueur de la jeunesse :
« Il restait peut-être un million, ou même seulement cent mille, en tout cas au moins dix mille endroits de ce genre dans le monde à ce moment-là. De minces veines de rêve encore envisageable, des lieux où aucune frontière n'avait été tracée ‒ des endroits avec des gisements de possible à ciel ouvert attendant d'être revendiqués par qui les voudrait, par qui serait prêt à retrousser ses manches, à faire preuve d'imagination. Des endroits encore riches et salubres, même au beau milieu des poisons qui vous pourrissent le cœur et vous dévorent les entrailles.
Pour la première fois cependant, Richard et Kirby commencèrent à se sentir en compétition. L'idée ne s'imposait jamais longtemps ; ils en avaient invariablement honte et réussissaient à la chasser sur commande : mais pour la première fois, elle était là.
L'aigrette tomba lentement en morceaux. Recuite au soleil, battue par les pluies, assiégée par les vents, rongée par les fourmis, elle perdit peu à peu du volume comme si la vie ne la quittait que maintenant ; puis elle continua de se désintégrer jusqu'à ce que ne subsistent que des tas de plumes délavées par le soleil entre les trous et les crevasses du tas de ferraille, et puis aussi quelques plumes éparses qui s'accrochaient encore à la carcasse spectrale de ses propres ossements, gisant tout là-haut au sommet des détritus.
Au fil de cette décomposition, apparurent également les proies qui se trouvaient à l'intérieur, le dernier repas qu'avait fait l'oiseau, et ils découvrirent dans la prison de la cage thoracique toute une collection de squelettes de petits poissons, avec des tas de poussière d'écailles autour qui brillaient comme des grains de sable. Il y avait des grosseurs et des tumeurs, de curieuses déviations dans l'arête centrale de ces poissons, et tandis qu'ils finissaient de pourrir (les mouches se repaissant de leurs restes dans cette cage thoracique ouverte aux quatre vents, comme prises au piège d'une bouteille mais libres d'aller et venir), le limon toxique de leurs cadavres finit de se déliter et laissa sur l'îlot une sorte de résidu métallique brillant, qui formait çà et là comme des traînées de peinture argentée. »

Après avoir lu les premiers textes, je me suis dit que, paradoxalement, chacun d’eux décrivait un état de grâce. J’ai tant goûté cette lecture que je me suis demandé à quel point elle profitait du contraste avec les précédentes, (inutilement ?) cruelles et malsaines.
J’ai particulièrement apprécié chez Bass l'approche sensible du monde vivant (y compris humain et tellurique), sa conscience de vivre la disparition de certaines espèces, la notion du temps géologique, l’absence de tout mysticisme.
Ces textes ne parlent pas directement d’écologie sauf, à mi-ouvrage, Fibre, qui est une sorte de diatribe militante et rageuse pour la survie des espèces sauvages nord-américaines. Le dernier, Géant, en est aussi imprégné :
« …] des grenouilles léopard, luisantes et si élégamment mouchetées, qui sont aujourd’hui en voie de disparition. A l’époque, on en trouvait partout, et personne n’aurait jamais pu imaginer qu’elles puissent un jour simplement ‒ enfin, pas aussi simplement que ça ‒ disparaître. Quel autre élément naturel va ainsi disparaître durant notre vie, n’être plus que souvenir, histoire, conte et héritage, puis fragment d’histoire et d’héritage, puis plus rien, seulement du vent ? »

« Je comprends la nature de l’avidité. Je suis persuadé que c’est là l’essence de la terrible vérité de notre temps : il ne reste plus tout à fait assez de quoi que ce soit. Sauf peut-être d’une chose ‒ douce, et déconnectée de tout ‒, mais je serais incapable de dire laquelle, d’en donner la nature exacte. »

Tous les textes sont poignants de l’enchantement d’univers bientôt disparus.

mots-clés : #nature #nouvelle
par Tristram
le Mer 5 Sep - 19:03
 
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Sujet: Rick Bass
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Paolo Cognetti

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Les huit montagnes


Originale : Le otto montagne, 2016

Texte de l’éditeur a écrit:Pietro est un garçon de la ville, Bruno un enfant des montagnes.  Ils ont 11 ans et tout les sépare. Dès leur rencontre à Grana,  au coeur du val d’Aoste, Bruno initie Pietro aux secrets de la  montagne. Ensemble, ils parcourent alpages, forêts et glaciers,  puisant dans cette nature sauvage les prémices de leur amitié.
Vingt ans plus tard, c’est dans ces mêmes montagnes et auprès  de ce même ami que Pietro tentera de se réconcilier avec son  passé – et son avenir.
Dans une langue pure et poétique, Paolo Cognetti mêle  l’intime à l’universel et signe un grand roman d’apprentissage  et de filiation.


REMARQUES :
On accompagne ces deux enfants/garçons/hommes, l’un de la ville de Milan, l’autre du val d’Aoste, depuis l’âge des 11 ans et toujours en intermittence à travers 12 chapitres en trois parties. Ce sont leur rapports, leur relation qui sont ici au centre, et on passe pour ainsi dire au dessus de la description de pas mal de choses en dehors de cela. Ils se rencontrent quand le jeune Pietro vient régulièrement, d’abord avec sa famille, dans la montagne où sa famille avait acheté, loué une petite maisonnette. Bruno par contre est entièrement enfant des montagnes, proche de la nature et des bêtes, berger à son temps, ne visitant l’école plus tard qu’à travers l’aide des parents de Pietro. Car lui-même a plutôt des relations brouillées dans sa propre famille... Pietro connaîtra son père comme moteur oirratrapable et presque craint dans les sorties prolongées en haute montagne. Il va plus tard s’éloigner de ce père… Donc, il y a raison de voir ces deux aussi dans leur filiations, leurs relations envers leurs parents et les développements dans celles-ci.

Le roman va pas briller par une succession d’événements absolument spectaculaires, donc par l’action. Il y a quelque chose de presque contemplatif qu’on y trouve. Et l’insistance sur cette amitié devient une forme pour parler des choix différents dans la vie : l’un restant attaché littéralement à sa montagne, ne voyageant jamais, sédentaire dans ce sens-là, tandisque Pietro voyagera dans le vaste monde, à la recherche (ou à la fuite???). Deux approches, et parfois on semble pouvoir discerner « le bon choix », mais le livre reste sans jugements, dans un certain sens.

Aussi dans la langue le roman n’est pas « spectaculaire », mais dégage beaucoup de tranquillité. Malgré des scènes pouvant être rudes, reste l’impression d’une certaine quiétude et retenu non-dramatisé. Presque un contraste, mais que j’ai trouvé très agréable.

Le roman n'a pas pour rien reçu le Prix Strega. Il me semble qu'il faut le tenir à l'oeil, ce Paolo Cognetti!


Mots-clés : #amitié #initiatique #nature
par tom léo
le Jeu 30 Aoû - 7:25
 
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Sujet: Paolo Cognetti
Réponses: 19
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Laszlo Krasznahorkai

Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l’ouest par des chemins, à l’est par un cours d’eau.
( titre qui reflète une sagesse de l'univers confucianiste, bouddhiste...: il s'agit du meilleur emplacement pour un bâtiment, un village– merci Tom Léo)

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Sujet : Le petit-Fils du Prince Genji est obsédé par un « jardin caché » vu dans un livre illustré intitulé « Cent beaux jardins ». Malgré tous les savants qu’il a missionnés pour rechercher le dit jardin, ceux-ci n’ont pu lui répondre de façon satisfaisante et de plus le livre a mystérieusement disparu de la bibliothèque. Aussi un jour décide-t-il de découvrir lui-même le jardin qui d’après le peu qu’il en sait pourrait se trouver dans un monastère dédié à Bouddha à proximité de la cité de Kyoto. Il s’ y rend en train jusqu’à la gare de Keihan avec une escorte, laquelle s’adonnera à des libations et oubliera le petit-fils du Prince.

Même si l’histoire………….le conte ? est étonnant  et ses effluves mystérieuses, l’essence même de ce petit livre en est, pour moi, la magie qui s’ élève des magnifiques descriptions ; c’est la création de la terre, un hymne à la beauté, à la vie. Ajout : La beauté du jardin caché c'est sa simplicité ; un tapis de mousse bleu-vert argenté où se dresse 8 splendides Hinokis, émotion !

L’auteur raconte la création d’un arbre inoki à partir du pollen qui s’envole transporté par les vents à la manière d’une aventure, et s’en est une, avec ses obstacles et ses miracles. Puis la croissance de l’arbre que guette aussi de nombreux dangers, notamment les insectes, les maladies, le froid, la chaleur…..  Il raconte aussi les vents, la formation de la terre…..
Mais où se trouve la porte d’entrée sur la propriété du monastère ?

« …et tandis qu’il avançait obstinément, à la recherche de l’entrée, il eut le sentiment que cette étrange longueur, que cette cloison immuablement hermétique et uniforme, là sur sa gauche, n’étaient pas simplement là pour délimiter un immense territoire, mais pour lui faire prendre conscience d’une chose, il ne s’agissait pas d’une clôture, mais la mesure intrinsèque de quelque chose dont l’évocation à travers ce mur cherchait à prévenir le nouvel arrivant que celui-ci aurait bientôt besoin d’autres unités de mesure que celles auxquelles il était habitué, d’autres échelles de valeurs pour s’orienter, que celles qui avaient jusqu’ici encadré sa vie. »

Ce monastère et  le « jardin caché » qu’ il abrite  et que le petit-fils du Prince ne trouvera pas, existent-t-ils ?  ou  bien sont-ils dans un lieu hors d’atteinte où par exemple le chien continue de marcher dans sa mort ?

La sculpture de Boudha au regard détourné comme pour ne pas voir le monde protège-t-il ce lieu  en le cachant à la vue des hommes ?  (imagination ou certitude du sculpteur ?)
Je n’ai pas su voir les messages, s’il y en a, d’ ailleurs les 8 inokis du jardin caché n’ont pas de message pour les hommes, lesquels ne le comprendraient  pas.

Les chiffres ont certainement une portée (la roue du dharma bouddhique ?)  8 inokis, 13 poissons, 4 pavillons etc…. et les chiffres qui couvrent totalement les nombreuses pages d’un livre lu par le moine supérieur (que l’on ne verra jamais) qui pose la question de l’ existence de l’infini, de l’immortalité .

Mais ……………….comment arrive-t-on  et part-t- on de ce lieu puisqu’ à  la gare qui le dessert « nul ne descendit, nul ne monta du train » ?

Le petit-fils du Prince Genji ( lequel atteint de super-émotivité qui occasionne des malaises, récupère en buvant un verre d’eau ; eau source de vie ) est-il vraiment venu dans le monastère, comme le lecteur le voit ? en est-il reparti ?

*************

Y-a-t-il une morale à ce livre ? chercher au-delà  ce que l’on voit ? ce que l'on voit est-ce la réalité ?
Mais surtout croire en la vie.

Toute l’histoire est  rythmée sur le Temps, tout se réalise à son heure : patience.

Je me perds en conjectures et beaucoup de symboles m’ont sûrement échappés mais j’ai apprécié la visite de ce monastère en compagnie du petit-fils du Prince Genji, et surtout les descriptions magnifiques qu’elles soient poétiques ou techniques (un très intéressant passage sur la fabrication des sutras sur bambous, puis sur papier).

L’architecture aussi est très importante et symbolique dans la composition des pavillons, sanctuaire et autres bâtiments.

La dernière page tournée j’ai le sentiment d’avoir vécu un moment magique de littérature.

La conclusion de l’histoire est peut-être dans  la phrase en exergue : Personne ne l’a vu deux fois.

Extraits

A propos de la statue de Bouddha : « La réalité était radicalement différente, et il suffisait de la voir une seule fois pour savoir : s’il avait détourné son beau regard, c’était pour ne pas être obligé de remarquer, s’étendant devant lui dans trois directions : ce monde pourri. »

A propos des sutras : ….et durant des siècles on s’amusa à décliner à l’infini ce petit ruban, en mettant l’accent sur le coloris, soit sur la noblesse de la matière employée, soit sur le nœud lui-même, exécuté avec autant de raffinement que de fantaisie. »

« …quand soudain, une image jaillit en son esprit…pour s’évanouir aussitôt, une image si fugace qu’il fut incapable d’en discerner le contenu, elle avait glissé à travers lui, avait jailli et s’était éteinte, il était assis devant la table du sanctuaire intérieur, et tout son corps s’était raidi au moment de l’apparition de cette image, et de sa disparition, elle était si vite arrivée et si vite repartie qu’il avait pu saisir son importance, son poids, mais rien de son contenu… »

mots-clés : #contemythe #lieu #nature #philosophique
par Bédoulène
le Lun 9 Juil - 9:57
 
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Sujet: Laszlo Krasznahorkai
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Sergueï Essénine

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 4 00492710

La ravine

Comment ne pas trop se planter. L'écriture a quelque chose de très morcelé en nous faisant passer de personnages à d'autres qui voisinent avant de revenir aux précédents. La nature succède aux regroupements et aux isolements, les âges aussi.

Une poésie en prose directe quoique elliptique, avec des accents crépusculaires mais une grande force lumineuse. Des tourments sourds et des souffrances très concrètes dans la vie de ces gens denses qui vivent dans cette "ravine", ces bois et ces champs. Des vies simples, élémentaires baignées de l'étrange douceur de ce texte très particulier à la puissance évocatrice rare.

Quand vous lisez ce livre vous n'êtes pas ailleurs que dedans !

mots-clés : #amour #nature #poésie #ruralité #social
par animal
le Dim 1 Juil - 21:57
 
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Sujet: Sergueï Essénine
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Paolo Cognetti

Merci pour le fil, tom léo !  cheers


J'avais lu Le Garçon sauvage, alors je remets,ici, le commentaire que j'en avais fait.

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 4 P_cogn10


Le Garçon sauvage commence sur un hiver particulier : Paolo Cognetti, 30 ans, étouffe dans sa vie milanaise et ne parvient plus à écrire. Pour retrouver de l'air, il part vivre un été dans le Val d'Aoste. Là, il parcourt les sommets, suspendu entre l'enfance et l'âge adulte, renouant avec la liberté et l'inspiration. Il plonge au cœur de la vie sauvage qui peuple encore la montagne, découvre l'isolement des sommets, avant d'entamer sa désalpe, réconcilié avec l'existence. Néanmoins, ce séjour initiatique ne parvient pas à l'affranchir totalement du genre humain : " je pourrais me libérer de tout, sauf de la solitude. "

Quatrième de couverture



J'ai mis très longtemps pour venir poser ma critique,ici, car je sais que mes mots seront fades devant tout ce que m'a donné ce livre...
En ouvrant les premières pages, j'a découvert que ce livre était dédié à Chris McCandless "Alex" et je me suis dit qu'il allait forcément m'emporter...Il m'a aussi fait désirer d'autres lectures car la place des livres est au début du récit,très présente.
J'ai donc fait un voyage,une retraite; j'ai quitté le bourdonnement de la vie pour m'installer au coeur de la montagne, en pleine nature.
Et j'ai vécu le quotidien du narrateur dans sa quête de solitude....
Je n'en dirai pas plus car je pense que c'est un livre que chacun doit rencontrer à sa manière : je suis certaine de le relire, de le laisser à portée de main pour venir y "piocher" un chapitre, un peu comme on lirait une nouvelle car il peut aussi se découvrir comme ce genre de recueil.


mots-clés : {#}initiatique{/#} {#}nature{/#} {#}solitude{/#}
par Invité
le Mar 19 Juin - 21:31
 
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Sujet: Paolo Cognetti
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Anne Marie Lon

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 4 Noces-10

Noces tardives

A 84 ans, Edith Tennesen est une vieille dame digne et qui aime la vie.
A 25 ans, elle a délibérément abandonné une carrière universitaire pour se consacrer aux enfants orphelins abandonnés dans un refuge.
Elle s'y est épanouie et n'est partie qu'à regret, "remerciée" avec mépris pour ses bons et loyaux services par une direction préoccupée par la modernité.

Retirée dans sa maison, elle vit selon un rituel bien réglé.
Un jour d'été torride, elle met fin aux habitudes en décidant spontanément d'aller cueillir des fleurs sauvages en forêt.
Pour elle-même mais aussi pour sa  grand-mère maternelle, affectueuse et non conformiste, morte depuis longtemps mais toujours chère à son cœur.

Malheureusement, une mauvaise chute l'immobilise au cours de sa promenade.
Et elle réalise rapidement qu'elle est seule et abandonnée à elle-même.
Au début, elle est sensible à tout ce qui l'entoure, d'autant plus sensible qu'elle est au niveau du sol, des plantes des fleurs et des animaux.

Elle revisite ses souvenirs, essayant de faire un bilan de sa vie passé.
Mais le temps passe et s'étire à n'en plus finir.
Elle est tenaillée par la faim et la soif.
Elle y pallie au mieux avec un régime d'ermite au désert.
Mais les nécessités organiques de son corps lui imposent une souffrance autre que physique.

Couchée au milieu des herbes, elle va passer six jours et six nuits en compagnie des animaux de passage et qui l'observent avec curiosité.
Et aussi d'une myriade d'insectes qui peu à peu prennent possession de son corps.
La pensée d'une mort imminente s'impose à elle.
Et elle essaie de s'habituer à l' idée.

L'attente est interminable pour la vieille dame. Elle finit par le devenir aussi pour le lecteur.
L'auteur n'a pu ou su terminer son livre, oubliant que, parfois, la sobriété et la brièveté sont les façons les plus efficaces de mettre fin à l'attente.
Anne Marie Lon s'est inspirée d'un fait divers. Le pari était beau de le romancer.
Pari à moitié réussi.


mots-clés : #mort #nature #vieillesse
par bix_229
le Mer 6 Juin - 20:21
 
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Sujet: Anne Marie Lon
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J.A. Baker

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 4 41f1v310

Le pèlerin

Recommandé par bix, recommandé par le libraire, recommandé par Werner Herzog dans une interview... Le drôle de livre tient du mythe tout en se faisant assez discret (avec la bonne nouvelle d'une nouvelle publication en 2011 en Angleterre avec un autre texte : The Hill of Summer). C'est le folio que j'ai lu. Autant passer par l'ombre pour commencer : les phrases ont parfois une drôle de tête : texte original, traduction ? Ce n'est heureusement pas si important dans le cas présent (bien qu'il puisse y avoir une tentation pour la version originale...).

Il s'agit d'une œuvre de non-fiction, d'un journal d'une "saison", du mois d'Octobre au mois d'Avril, passée à observer et approcher le faucon pèlerin, quelques-uns en fait, sur la côte est de l'Angleterre. Quelques pages introduisent le livre : présentation des oiseaux : faucons et autres, quelques chiffres relevés des observations et les bribes qui situent définitivement le texte dans sa période moderne : les oiseaux sont de moins en moins nombreux, l'activité humaine apparaît ici directement. Et c'est une de ses très rares présences dans le livre.

Entrées datées du jour, notes sur la journée : météo, oiseaux et autres animaux parfois, apparition possible d'un faucon, observation du vol, de la chasse. De jour en jour les notes se suivent et se ressemblent. Le ciel, l'attente, les vols et les cris des oiseaux, le vol du faucon et ses piquées meurtrières, l'observation des dépouilles. La mer, le ciel, la saison.

Il passe par la tête comme l'idée que c'est une forme abrupte de nature writing, un émerveillement lucide du factuel, malgré une omniprésence de la mort dans cette nature très proche mais qui se révèle terriblement étrangère. Pas tant pour notre bonhomme d'ailleurs qui s'oublie dans ces lignes, quoique, que pour le lecteur. L'attente, les heures dehors, le déroulement de la journée, d'une saison, les rythmes des oiseaux, des animaux, des marées.

Et puis le lien entre l'homme et cet oiseau particulier. Les jours passent et l'homme s'approche, devenant moins homme, essayant de ne plus l'être pour approcher. L'insistance de la peur, celle de l'oiseau, des proies, de l'homme aussi. Les mimétismes et les ressemblances dans les comportements des oiseaux : imitations de vols d'une autres espèces ou simples ressemblances, répétitions...

D'une certaine façon rien ne se passe et l'homme disparait comme rarement sans pour autant pouvoir disparaitre totalement même en se levant avant le soleil et en ne quittant le territoire de son observation qu'à la nuit tombée. On a beau le dire et le penser l'effet d'une telle lecture est à part. Mur d'incompréhension, de fascination et d'émerveillement. Une acceptation, une fusion pacifique avec la part violente, brutale de la nature dans toute son immédiateté et en même temps un regard, une beauté presque infinie de si peu.  Les descriptions sont-elles si lyriques ? je ne sais pas, on ne le dirait pas, il y a de l'humidité, du froid, du temps, une décomposition, un oubli primitif dans ce texte qui ne pose pas la question de l'évocation lyrique de la nature.

C'est presque asocial comme bouquin, comme expérience. Une expérience pourtant écrite et partagée. Lecture marquante.

Extrait :
9 janvier. Le premier jour ensoleillé de cette année. Le jour le plus radieux et le plus froid que j'aie jamais connu. Au nord du gué, un héron se tenait debout, enfoncé dans la neige jusqu'aux genoux. Le vent violent ne l'ébranlait pas, n'ébouriffait pas ses longues plumes grises. Majestueux, mort de froid, il bravait le vent dans son fragile sarcophage de glace. Déjà des dynasties entières semblaient nous séparer. Je lui ai survécu comme le singe baragouineur a survécu au dinosaure.
Une poule d'eau chancelante traversa la glace du torrent, à petits pas feutrés et arthritiques; la démarche de l'agonie, dans toute sa drôlerie pathétique. Des bouvreuils se nourrissant de bourgeons bariolaient la blancheur des vergers. Des bécasses jaillirent des douves dans un sillage de neiges ramollies.
A une heure de l'après-midi, une pipistrelle voltigeait au-dessus du chemin creux. Elle se tortillait et plongeait comme pour attraper des insectes. Elle était bien la seule à pouvoir voler par ce froid. Peut-être avait-elle été réveillée par le soleil pour chasser en rêvant à l'été.
Les champs blancs étaient jonchés de grappes d'oiseaux; on y reconnaissait les contours rebondis des canards sauvages, des poules d'eau, des perdrix; les silhouettes plus étroites des bécasses et des pigeons; les virgules et les vermicelles qu'étaient les merles, les grives, les pinsons et les alouettes. Impossible de se cacher. Plus de problèmes pour le faucon. Sous ses yeux s'étalent des cartes géographiques noir sur blanc, craquelures sur une pellicule muette. Tout ce qui est noir et bouge est à abattre.
Le tiercelet piqua dans le vent et remonta à la crête d'une énorme vague d'oiseaux. En pénétrant au cœur de cette vague, faisant taire ses battements d'ailes, il entraîna les oiseaux dans la neige. Un ramier se laissa emporter par le faucon, balancé mollement dans le piège de sa serre, répandant des plumes rouges et de lents ruissellements de sang.


récup.

mots-clés : #ecologie #nature
par animal
le Mar 8 Mai - 20:11
 
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Sujet: J.A. Baker
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Ron Rash

Le monde à l’endroit

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 4 Proxy_35

Dans les Appalaches, ceux qui cultivent le tabac vivent pas loin de la misère, ceux qui s'y refusent partent à la dérive. Travis, 17 ans, élevé par un père qui ne cherche qu’à le mater, rejeté par le système scolaire, cache son intelligence en traînant avec ses copains, conduisant son pick-up, travaillant au magasin du coin ; il s'épanouit au contact d'une nature sauvage, et pratique la pêche comme un sacerdoce. Un jour, une bibliothécaire lui a passé  quelques livres, semant une  petite graine…

Le destin le fait rencontrer Leonard un dealer paumé, buveur de bière, tireur d’élite, qui traîne derrière lui une toxicomane et on le verrait bien partir sur un mauvais chemin, ce gamin  qui sait être alternativement réfléchi et  impulsif . Le  mobile home de Leonard est bourré de livres, son passé plutôt chargé , et il va mener peu à peu Travis sur les chemins de la connaissance et de l’estime de soi. Ils partagent une fascination répulsion sur les ravages que la guerre de Sécession a semés et qui continuent à marquer les esprits, et nous partageons leurs sentiments à travers les extraits datant de 1863 du journal d’un médecin qui l’a vécue, que Ron Rash nous livre par petits morceaux intercalés entre les chapitres.

Ca a l’air simple , comme ça, mais ça ne l’est pas . Les vieux fantômes les rattrapent, la fatalité n’a pas dit son dernier mot, la vie est un perpétuel danger

Et puis il y a la nature, une nature omniprésent et fascinante qui est le recours de chacun , dans des descriptions superbes de précision et de lumière. Elle est à elle seule un personnage, le seul personnage non torturé de ce roman bien noir. Et on se dit qu’elle est la seule gagnante.

Le temps frais donnait toujours un aspect plus net aux montagnes, comme si elles étaient découpées au ciseau dans du papier à dessin. Le paysage tel un destin. Leonard avait gardé cette formule en tête depuis des années, sont pourtant réussir à se souvenir de son contexte, ni savoir d'où elle sortait. Mais il savait ce que cela signifiait ici, le sentiment de l'enfermement, des limites humaines.


Mais c'était agréable, aussi, d’être simplement dans un pick-up qui n'allait nulle part. De ne pas avoir à faire quelque chose sinon être assis et sentir le soleil


Récup 2012

mots-clés : #nature #polar
par topocl
le Mer 25 Avr - 13:05
 
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Sujet: Ron Rash
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René Daumal

Le Mont analogue
Roman d’aventures alpines, non euclidiennes et symboliquement authentiques

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 4 Mont_a10

Le sous-titre dit beaucoup. Il s’agit donc d’alpinisme, d’aventures, de théories pataphysico-scientifiques, de recherche spirituelle, voire mystique. Mélanger le tout et vous obtenez Le Mont Analogue.

Plantons le décor :
Le narrateur, analysant d’anciennes mythologies, pose l’hypothèse de l’existence dans le monde d’une montagne gigantesque, encore inconnue, unissant la Terre et le Ciel, c’est le fameux mont Analogue .
Il est pris au mot par un certain Sogol (anagramme révélateur), alpiniste, ancien moine, mathématicien, inventeurs d’inventions absurdes et inutiles.

J’inventais aussitôt des appareils  ahurissants : un stylo qui bavait ou éclaboussait tous les cinq ou dix minutes, à l’usage des écrivains qui ont la plume trop facile…


Pas facile de rendre visite à l’appartement de Sobol, il faut y monter et y descendre en rappel.
Les deux compères décident de réunir une équipe de choc, tous fondus d’alpinisme mais possédant d’autres talents,  pour aller à la découverte du mont Analogue. Le passage ci-dessous se ressent d’un sentiment antiallemand (nous sommes pendant la guerre !) :

Bien qu’italien d’origine, il appartenait à une école d’alpinisme que l’on pourrait –grosso modo- appeler « l’école allemande ». On pourrait ainsi résumer la méthode de cette école : on attaque la face la plus abrupte de la montagne, par le couloir le plus pourri et le plus mitraillé par les chutes de pierre, et l’on monte vers le sommet tout droit, sans se permettre de chercher des détours plus commodes à gauche ou à droite ; en général on se fait tuer, mais, un jour ou l’autre, une cordée nationale arrive vivante à la cime.


Après de multiples calculs mathématiques, Sobol arrive à la conclusion que le mont Analogue n’a pas encore été découvert car caché dans une courbure de l’espace-temps (les théories d’Einstein sont assez récentes !). Il le situe assez précisément grâce au calcul de la répartition des masses et possède une théorie toute particulière pour y accéder.

Après une longue navigation, l’expédition aborde aux rivages du mont Analogue et découvrent un pays bien étrange… Un premier camp de base et établie mais en pénétrant plus loin… le roman s’arrête là en raison de la maladie et de la mort de l’auteur

La nuit se tassait encore autour de nous, au bas des sapins dont les cimes traçaient leur haute écriture sur le ciel déjà de perle ; puis, bas entre les troncs, des rougeurs s’allumèrent, et plusieurs d’entre nous virent s’ouvrir au ciel le bleu délavé des yeux de leurs grand-mères.


« Le Mont Analogue » est un ouvrage hétéroclite, à la fois potache, récit d’aventures, fable pré-écologique et apprentissage spirituel.

Encore faut-il que cette brave Physique mette en œuvre toute sa vieille astuce bretonne pour réunir sur ma table les éléments d’un repas ou n’entrent ni sulfate de baryte, ni gélatine, ni acide borique, ni acide sulfureux, ni aldéhyde formique, ni autres drogues de l’industrie alimentaire contemporaine. Un bon pot au feu vaut tout de même mieux qu’une philosophie menteuse.


Bien sûr, gravir le mont est se débarrasser de la technologie (les protagonistes abandonnent rapidement tout l’appareillage scientifique et technologique apporté), revenir vers la nature, retrouver des modes de pensées et des relations plus authentiques.

Le mont Analogue, c’est un peu un retour vers le Paradis perdu.
Pas étonnant que le livre ait connu un franc succès dans les années 60-70 avec le phénomène hippie et autres mouvements de nature semblable. A. Jororowsky s’est inspiré du livre pour le film « La Montagne sacrée » (pas vu).

Il faut tout de même souligner que le roman de Daumal souffre beaucoup de son inachèvement.  Je suis persuadé que l’auteur serait revenu sur certaines incohérences et maladresses. « Le Mont Analogue » aurait  été peut-être un grand livre. Nous nous consolerons en lisant aujourd’hui un « work in progress »…

Je termine par une citation plaisante :

L’expression satisfaite du docteur Beaver, chaque fois qu’il mangeait du hareng, me rendait hargneux. »


C’est un livre pour nos montagnards, églantine et Aventin  Very Happy


mots-clés : #alpinisme #aventure #nature
par ArenSor
le Mar 27 Mar - 10:43
 
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Sujet: René Daumal
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Horacio Quiroga

Contes d'amour de folie et de mort

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 4 Contes10


Epuisant. J'ai la sensation d'être passé par une succession d'états fiévreux et hallucinatoires; d'avoir longtemps erré par une forêt obscure et sauvage qui entendait me garder captif; ou plutôt de sortir, grelottant, d'une tourbière dans laquelle je m'étais englué.
Quelqu'un a-t-il un rhume, une écharde dans le doigt ? Ce n'est pas bon. Chez Quiroga, c'est même une condamnation à mort.
Le drame vient d'un non-dit qui corrompt, d'un trouble constitutif de l'écriture même, une frustration qui étouffe les personnages comme de l'intérieur : une fièvre qui couve lentement, infecte, et détruit sans que rien ne puisse être expliqué ni ne soit résolu.
Les hommes sont animalisés, et la compassion à leur égard est presque interdite. @Armor, tu trouves que les caractères manquent de complexité. Peut-être ! c'est une monstruosité nue qui est révélée, un dépouillement des qualités d'être humain, les personnages paraissent souvent des valeurs immuables qui participent à ce tableau de cauchemar.

Le recueil est d'une profonde unité, duquel les divers arcs se rejoignent et s'agrègent en un espace compact. Ambiguïté, hallucination, dégénération, stérilité; un peu d'espoir (bien peu).
C'est une grande écriture, sobre, essentielle. Celle de Goethe me fait penser à une sève irriguante, celle de Quiroga à un fruit décomposé. Tantôt on pressent des parentés avec Sabato, tantôt les contours de Kafka se dessinent; parfois, au-delà de la sécheresse, se modulent des accents d'un romantisme sombre (quoique sans délit de lyrisme exacerbé).

Il faut plutôt être en forme, mais je le trouve incontournable.


mots-clés : #fantastique #mort #nature #nouvelle
par Quasimodo
le Lun 26 Mar - 21:36
 
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Sujet: Horacio Quiroga
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Jean Rolin

Le traquet kurde.

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 4 Proxy_14

Jean Rolin a plein de cordes à son arc, et aujourd'hui il sort celle de l’ornithologue, qui pourrait fort bien lui valoir une invitation personnelle à dîner un mercredi chez Brochant .
Le traquet kurde est l’occasion pour lui cette fois de ces déambulations littéraires et voyageuses qu'il affectionne.

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 4 Traque10

Il nous emmène  d'abord à l'île d'Ouessant, rendez-vous des ornithologues professionnels et amateurs, dont il trace un portrait à la tendre ironie (chacun cochant scrupuleusement sur son relevé les espèces à mesure qu’observées, comme nous-même cochons les livres lus sur notre LAL). On le retrouve en Angleterre dans un portrait hallucinant des collections ornithologiques du Bristish Museum (oiseaux naturalisés, oeufs et poux d'oiseaux) et d'où il évoque certains ornithologues britanniques "célèbres" du XIXèle siècle, le peu sympathique Meinertzhagen , tout à la fois voleur et mythomane, et d'autres encore plus obscure et moins "séduisants". Puis le voila parti en Irak et Turquie, à quelques kilomètres des combats de Mossoul, où il est assez curieux de le voir, avec son humour feutré habituel, traquer le traquet, mais aussi le bruant mélanocéphale, l'iranie à gorge blanche ou la sitelle de Neumayer, toutes appellations aussi poétiques que scientifiques dont il se délecte manifestement.

C'est assez fouillis, plutôt superficiel , les habituelles digressions tournent plutôt à la dispersion et je n'aurais sans doute guère goûté l'exercice si je n'avais pas eu un faible personnel pour l'auteur.


mots-clés : #nature
par topocl
le Sam 24 Mar - 18:18
 
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Sujet: Jean Rolin
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Olivier Pinalie

Chronique d'un Jardin Solidaire

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 4 51in-c10

C'est un jardin collectif qui tient plus du jardin d'agrément que du potager, où chacun peut cependant planter ce qui lui chante. Notre projet est autant esthétique que politique, mais il y est plus question d'agitation que d'ordre.


Parce qu'il est un urbain libertaire qui a toujours aimé les jardins, un beau jour de mai 2000, Olivier Pinalie investit un terrain vague de 3000 mètres carrés du 20ème arrondissement de Paris, tout seul et sans autorisation, pour en faire un « jardin solidaire », par ce que « on ne peut pas partager que la misère ».

Il rencontre  beaucoup de scepticisme, éveille  quelques curiosités, rencontre quelques sympathisants.
Peu à peu, des volontaires le rejoignent, et au fil des mois, avec quelques brouettes et beaucoup d'enthousiasme, les gravats s'évacuent, pour laisser place à des plantations joyeusement sa inorganisée. Certains donnent de leur temps, d'autres offrent des arbres ou des bulbes à planter, quelqu'un propose sa canalisation d'eau.

Les enfants du quartier viennent rendre visite, les squatters voisins commencent à s'apprivoiser, et, opiniâtre, d'enthousiasme en événements, la petite équipe arrive  transformer ce lieu inhospitalier en un espace collectif, autonome, ouvert à tous, dont l'esprit de base est la liberté.

Pas si simple face aux voisins réticents,  aux flics insistants et au maire méprisant, mais cahin-caha, drainant peu à peu visiteurs et jardinier amateurs, récupérant quelques subventions, ce lieu va devenir le centre d'un quartier populaire, multiculturel, oublié, jusqu'à ce qu'il soit récupéré par la mairie pour la construction d'un gymnase.

C'est un petit bouquin absolument épatant, présenté sous forme de journal, optimiste malgré chaque final, qui montre comment on peut réussir, créer une niche urbaine dans un monde capitaliste et rejetant,  des plantes, faire rencontre des populations qui ne se connaissent pas, « rendre au désir un territoire qui lui soit propre".


mots-clés : #nature #politique #social
par topocl
le Mar 6 Mar - 17:02
 
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Sujet: Olivier Pinalie
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Peter Wohlleben

@topocl a écrit:La vie secrète des arbres,
ce qu'ils ressentent,
comment ils communiquent


Tag nature sur Des Choses à lire - Page 4 Image105


Cet ouvrage est  un best-seller, pas étonnant, car on y apprend des choses renversantes sur les arbres, qu'on ne pourra plus jamais considérer comme un tronc et quelques feuilles, et les forêts, vivier collectif hautement élaboré.
C'est très instructif, plein de choses inattendues et qui bousculent nos préjugés.
Cela n'en reste pas moins assez bavard, assez brouillon, assez répétitif, et le petit côté anthropomorphe gnangnan qui m'a irritée explique sans doute une partie de son succès.

( savoir )
mots-clés : #ecologie #nature

Alors ça correspond à ce que j'ai ressenti avec le film .
par églantine
le Dim 4 Mar - 19:32
 
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Sujet: Peter Wohlleben
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Peter Wohlleben

La vie secrète des arbres,
ce qu'ils ressentent,
comment ils communiquent


Tag nature sur Des Choses à lire - Page 4 Image105


Cet ouvrage est  un best-seller, pas étonnant, car on y apprend des choses renversantes sur les arbres, qu'on ne pourra plus jamais considérer comme un tronc et quelques feuilles, et les forêts, vivier collectif hautement élaboré.
C'est très instructif, plein de choses inattendues et qui bousculent nos préjugés.
Cela n'en reste pas moins assez bavard, assez brouillon, assez répétitif, et le petit côté anthropomorphe gnangnan qui m'a irritée explique sans doute une partie de son succès.
Il serait dommage que ces réserves fassent reculer devant la lecture de ce livre rapide à lire, qui raconte un certain nombre de choses passionnantes, et ne peut que nous ouvrir l'esprit, l'envie de découverte, et les chemins forestiers.

( savoir )
mots-clés : #ecologie #nature #science
par topocl
le Dim 4 Mar - 17:36
 
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Sujet: Peter Wohlleben
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Vues: 645

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