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Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Lun 25 Mai - 4:53

141 résultats trouvés pour polar

William McIlvanney

Etranges loyautés

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 5 Images46


Combien de fois n'ai-je pas songé que je ne travaille pas pour ceux qu'il fallait ? Combien de fois n'ai-je pas songé que la source des pires injustices se situe nullement au plan de l'individu, mais bien à ceux des instutions, de la fiscalité et de la politique ? Ce qui m'avait toujours fasciné, c'était au-delà du crime, le réseau sanctifié et encensé d'injustices sociales retranché derrière son légalisme vers lequel pointait faiblement, sans guère de forces, le crime sur lequel j'enquêtais.


Jack Laidlaw est un flic solitaire, abandonné, désespéré, qui n'est plus soutenu que par sa rage contre la société, "comme un vide chargé de colère". Dans ce 3e épisode de la trilogie de William McIlvanney il mène une bien curieuse enquête, celle de savoir ce qu'il est arrivé à son frère, mort à 38 ans, ivre, renversé par une voiture, au terme d'années d'alcoolisme et de décrépitude. Qu'a-t-elle fait, cette société,  à ce jeune homme brillant, droit, plein d 'espoir en l'avenir? Que nous a t'elle fait à tous, quelles trahisons, quelles hypocrisies ont façonné les vies de chacun? Avons nous su choisir les bonnes loyautés?

Nos projets avaient été poussières, poussières de soleil.


Ces questionnements essentiels ne vont pas empêcher le flic philosophe d'aider de son binôme, moins porté sur l'interrogation existentielle, à coffrer de sales personnages à l'avantageuse façade d'homme honnête.

Ce roman très introspectif, écrit brillamment, avec les tripes de la révolte, assaisonné d'un humour vengeur, donne furieusement envie de reprendre la série du départ.

mots-clés : #polar
par topocl
le Dim 14 Mai - 15:25
 
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Sandrine Collette

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 5 Collet11

Six fourmis blanches

Je trouve qu'il faut une certaine dose de courage pour se lancer dans l'écriture d'un énième roman sur la montagne, d'autant plus qu'il s'agit ici d'un thriller. Nous sommes désormais, en tant que lecteur, plus ou moins habitué aux motifs qui parsèment les textes sur les randonnées en haute altitude et à haut risque : la tempête de neige et son blizzard, la perte des repères spatiaux qui s'ensuit, la crevasse qui emporte une partie de la cordée, le blessé qui retarde l'expédition, la nourriture qui s'amenuise et qu'il faut rationner, le refuge espéré qui s'avère être un tas de ruines impraticables… Bref, on connait déjà plus ou moins tout ça et Sandrine Collette reprend un à un ces motifs montagnards pour construire son histoire, y ajoutant deux éléments forfaitaires : une horde d'hommes armés lancés à la poursuite d'un gars du pays et le diable (il n'en fallait sans doute pas moins).

Et ces deux éléments sont les bienvenus pour donner un peu de couleurs et de suspens à une narration au final assez attendue et plus ou moins dénuée de surprises. J'ai malgré tout regretté que Collette ne s'attache pas un peu plus à nous décrire les raisons et l'histoire du rituel sacrificateur albanais (oui, nous sommes dans les montagnes albanaises) qui consiste à balancer des chèvres du haut d'une montagne pour s'attirer les bienfaits des dieux, cela aurait sans doute apporté un peu de profondeur au texte et lui aurait donné une marque, une plus grande originalité. Quant à l'aspect thriller, je ne l'ai pas non plus trouvé particulièrement bien exploité, manquant d'effroi, de terreur, de cette ambiance froide et asphyxiée que l'on peut lire par exemple dans Vertige de Frank Thilliez.

Bref, Six fourmis blanches est une petite déception, dans la mesure où Sandrine Collette semble être une nouvelle voix puissante du thriller français… Ce qui ne m'empêchera pas d'en lire un autre pour me faire une véritable idée sur la question.


mots-clés : #polar
par shanidar
le Jeu 11 Mai - 14:29
 
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Pierre Lemaitre

Travail soigné

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 5 Sans-t10

Tout commence par un fait divers sordide dans un appartement à Courbevoie, au décor apparemment monté de toutes pièces pour l'occasion. Une jeune femme a été sauvagement assassinée après avoir été violée, torturée et mutilée. Une affaire « hors norme ».

C’est le commandant de police Camille Verhœven qui est chargé d’enquêter sur cette affaire.
Verhœven et son équipe (pas nécessaire de les présenter – tout comme la juge – c'est le schéma habituel) font d’abord le lien avec d’autres meurtres non élucidés et tout aussi sordides qui se sont produits à Tremblay où deux jeunes femmes ont subi le même sort qu’à Courbevoie, et en Écosse aussi, avec le même mode opératoire.

Mais ils ont beau se poser les bonnes questions, l’enquête piétine, disent-ils (mais le lecteur aussi).
Le secret de l’enquête n’est pas respecté, il y a des fuites, et la presse s’empare de l’affaire pour en faire ses choux gras. Les journalistes, ce n’est pas la tasse de thé de Verhœven et il le montre bien, surtout à l’un d’eux qui est un petit peu trop collant.

Camille Verhœven et ses sbires découvrent par la suite que l’assassin s’est inspiré des romans noirs de James Ellroy, Brett Easton Ellis, Émile Gaboriau et William McIlvanney pour exécuter son "travail soigné". Ce pervers laisse sa marque sur les scènes de crime, une empreinte de doigt au tampon encreur.

Pour enquêter sur le lien entre l'affaire et ces thrillers, ils ont besoin de quelqu’un qui s’y connaît. Ils rencontrent d’abord un enseignant universitaire, spécialisé dans l'univers du polar, puis un libraire qu’ils voudront revoir…
L'enquête avance..., le pas s'accélère.

Et le commandant de police sera vite rattrapé par l’horreur lorsqu’à son tour il va devoir faire face à cet assassin qui lui en réserve une bonne…

Dans ce livre, il reste quelques incohérences. Un exemple : l’histoire se déroule durant le mois d’avril 2003. L’épouse de Camille Verhoeven, la belle Irène, tombe enceinte, d’entrée de jeu. Elle vient de l’apprendre et l’annonce à Camille. Mais son ventre grossit à vue d’œil, et à la fin du livre, donc fin avril, elle n’est pas loin d’accoucher !

Ce que j’en pense : Je suis dérangée par les incohérences dans un récit.
A aucun moment je n’ai ressenti ni peur, ni frisson, ni horreur malgré les scènes sanguinolentes.
Rien de tout ça.
C’est un livre sans prétention, qui reste tout de même bien ficelé, mais qui n’éveille aucune émotion chez la lectrice que je suis.
Mais c’est le premier roman de Pierre Lemaître.



mots-clés : #polar
par Barcarole
le Dim 7 Mai - 21:30
 
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Paula Hawkins

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 5 Paula210

Il s'agit d'un nouveau genre de thriller appelé 'trhiller domestique', c'est-à-dire que toute la tension se situe à l'intérieur d'une famille ou entre des personnes qui se connaissent, laissant de côté l'enquête policière. Le titre le plus cité dans ce genre est Gone Girl (Les Apparences) de Gillian Flynn.

Nous avons donc une jeune femme (30-35 ans) qui prend le train de banlieue la conduisant à Londres tous les matins et tous les soirs pour se rendre à son travail et en revenir. Chaque jour le train stoppe devant une maison dont elle observe régulièrement les habitants : un homme et une femme, un couple harmonieux, qui semble vivre paisiblement. Elle les regarde d'autant plus (et s'imagine d'autant mieux leur vie) qu'elle a vécu un tel bonheur, quelques temps auparavant dans une maison adjacente. Mais pour elle, le bonheur s'est enfui et on découvre au fil du texte dans quel marasme cette jeune femme a sombré.

Le roman est d'un pessimisme assez appuyé, comme si l'amour, la famille, l'amitié ne pouvait aboutir qu'aux mensonges, à la haine et au mépris de soi. Chaque couple cache une part de malaise et sous des allures sereines parvient à peine à masquer les fissures qui l'habitent. Sans parler de notre 'héroïne', alcoolique, désabusée, dépressive et démissionnaire, qui passe la plupart de ses nuits à harceler son ex-mari et qui chaque matin s'éveille en ne sachant plus très bien ce qu'elle a fait la veille.

Et puis, la femme du couple de la maison heureuse, disparaît et Rachel décide de glisser son petit grain de sel dans l'affaire…

Ce roman se lit très vite, sans être forcément génial ou addictif au point de ne pas le lâcher et la focalisation unique sur le personnage de Rachel (même si certains chapitres sont pris en charge par d'autres protagonistes féminins) bloque la narration et invite à de nombreuses scènes répétées, ce qui est un peu dommage. Il n'en reste pas moins que l'écriture d'une grande simplicité et l'action linéaire maintient le lecteur dans une sorte d'attention, qui sans être passionnée, reste présente de bout en bout.



mots-clés : #polar
par shanidar
le Ven 28 Avr - 14:26
 
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Flavio Steimann

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 5 Couv_310

Bajass

quatrième de couverture a écrit:« Amérique. Le mot était sur toutes les lèvres.
De la gueule écumante des hommes ivres, il sortait en titubant dans le noir. Tout en haut dans le fumoir, il circulait de table en table comme un paquet d’actions, prenant l’accent des hommes du monde. Mais tout en bas, dans le ventre du navire, on le trouvait gravé, puis rageusement barré au charbon sur des murs dont la peinture s’écaillait, craché, noir et amer entre les mains calleuses qui l’envoyaient par pelletées dans les trouées de feu, parce que dans l’obscurité de la cale, le sens du voyage importait peu. »

Dans la Suisse des années 1900, où la modernité tarde à arriver, un couple de paysans est retrouvé mort, assassiné à la hache. Appelé sur le lieu du crime, l’enquêteur Albin Gauch se heurte au silence unanime des villageois. Soupçonnant un orphelin que le couple employait comme garçon de ferme et qualifiait de Bajass (“vaurien”), il embarque à sa suite pour New York sur le paquebot Liberté. Les semaines passées à bord de ce miroir grossissant d’une société de classes profondément inégalitaire, théâtre des craintes et des espoirs qu’inspire l’émigration à des Européens fuyant la misère, l’amèneront à désobéir à sa mission policière.


L'arrivée sur les tables de nos librairies d'un nouvel auteur suisse allemand (une première traduction en français) ça mérite bien la curiosité. Enrobé policier et annoncé enfumé par le quatrième de couverture doit on obligatoirement penser à Dürennmatt ? Pourquoi ne pas commencer par là. Non. On comprend vite que c'est noir mais ce n'est pas du réchauffé et il n'y a pas de recherche de la même tonalité.

Pas très joueur Steimann avec son policier vieillissant qui arpente la montagne enneigée, pas très causant non plus. Mais très bien écrit (et traduit, ça doit aller de paire). C'est précis et la vision est plus précise que le lent épuisement ne le fait apparaître directement.

Ce n'est pas non plus vraiment un révision de littérature prolétarienne, l'époque et la traversée de l'Atlantique ne doivent pas non plus nous tromper là-dessus. Il est actuel, sans forcer le propos, ce fonctionnaire pas modèle mais certainement efficace, actuel et fatigué.

Bonne lecture. Un texte à la fois très accessible et très solide et bien édité (par Agone).

Recommandation.


mots-clés : #polar #social
par animal
le Mer 26 Avr - 22:00
 
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Gérard Delteil

Pourquoi presque ? Ultime récup', pour la suite il me faudra des lectures fraîches !

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 5 97820711

Riot gun

Ne pas se laisser abuser par la couverture, qui colle tout de même pas si mal au bouquin, on ne déménage pas de l'autre côté de l'Atlantique pour des effets exotiques. France, années 80, un bonhomme au chômage avec une bonne occasion qui tourne au désastre. De directeur adjoint dans une entreprise de sécurité il se retrouve en cavale, poursuivi pour meurtre.

Je n'en dirai pas trop pour préserver une certaine fraîcheur à cette histoire qui se dévore si vous avez la bonne idée de vous laisser tenter. Quelques jours de fuite et d'enquête, traversés à fond de train en s'accrochant à des détails très vivants et en déroulant un scénario classique mais précis. Avec ça on serait déjà pas mal, à pouvoir frétiller des doigts de pieds sous la couette et à repousser l'heure d'éteindre la lumière.

En plus il y a ces détails accrocheurs, on croirait une solide série B qui refuse les excès pour rester percutante, il y a le fond de la trame entre boites de sécurité, police, institutions, syndicats et marchands de viande. Et pour tout ça en un poil moins de deux cent pages on n'est pas trop surpris de lire qu'il a aussi enquêté comme journaliste sur le sujet.

C'était ma deuxième pioche, au hasard presque (je voulais des polars français) dans une sympathique petite librairie parisienne et je ne la regrette pas.

C'est un genre mais c'est concret et sous cette forme je peux concevoir qu'on s'en nourrisse avec avidité. Avec ou sans CX et Tour Montparnasse, à coup sûr j'y reviendrai...

Extrait pour l'ambiance :
Je jetai un oeil dans le rétroviseur. La CX avait emprunté le même chemin, mais elle se trouvait assez loin derrière. Après avoir brûlé deux feux rouges, je ne vis plus mes poursuivants. Les chances qu'ils aient relevé le numéro de la Golf semblaient faibles. Ce rodéo n'avait duré que quelques secondes. Se retourner, viser, tirer et lire en même temps, ça devait être coton.
Je m'arrêtai dans une grande surface pour acheter de la bouffe et rentrai dans le pavillon des Maillard. Les abords de la baraque étaient calmes. Les flics n'avaient pas tendu de souricière, comme ils l'auraient fait s'ils avaient identifié la voiture. J'examinai la carrosserie de la Golf : la balle avait traversé la portière et s'était enfoncée dans le siège. Ça faisait un petit trou rond, bien net, dans le skaï. Le type avait tiré trop haut s'il visait les pneus, ou trop bas s'il voulait me descendre.
Cette poursuite m'avait coupé l'appétit. Je me contentai de grignoter quelques chips et des gâteaux secs devant la télé. Le chat s'installa sur mes genoux. Le bulletin d'information était consacré à une catastrophe ferroviaire et ne faisait pas allusion à la Sopavidé. Pour les médias, cette histoire était classée. Un polar de Molinaro avec Mireille Darc succéda aux spots de pub. Je n'avais pas la tête à le regarder. Les événements de l'après-midi me tarabustaient.



mots-clés : #polar
par animal
le Jeu 13 Avr - 13:17
 
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Gérard Delteil

Nouvelle récup mi-SF mi-polar :

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 5 Magazi10

Balles de charité

Même qualités que Riot gun. On profite cette fois encore d'un type moyen genre cadre moyen, peut-être encore plus moyen que celui de Riot gun avec pas forcément beaucoup de scrupules et besoin d'avoir son chèque à la fin du mois.

Surtout que dans un futur proche si on n'a pas de sous on se retrouve déclassé et parqué dans des ghettos. Notre bonhomme travaille pour la Compagnie du Christ une grosse entreprise d'humanitaire parmi d'autres qui se livrent à une lutte sans merci pour avoir le plus gros des marchés. Vous voyez le genre ? Vous pouvez ajouter quelques boites plus conventionnelles comme des grosses boites d'industrie électronique qui détiendrait des quartiers ou villes entières sur un fond de magouilles bien rustiques.

Très efficace dans le déroulement de l'action et dans l'exposition de ce panorama SF franchouillard de région parisienne, solidement noir et grinçant mais certainement plus désabusé que cynique. Tout se passe encore une fois sans que soit jouée la carte des excès techniques ou des prouesses de gros bras ou de gros cerveaux.

Un portrait d'une société à plusieurs vitesses avec sa dose de centre commerciaux et de clinquant creux atroce mordant et réussi, un excellent moment de lecture dans son genre, j'en redemande !

Et savoir qu'on doit bien avoir quelques autres titres à lire pour peu qu'on pense à mettre la main dessus ça fait du bien.


mots-clés : #polar #romananticipation
par animal
le Mer 12 Avr - 21:33
 
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Juli Zeh

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 5 Julize11

L'Ultime Question , traduit de l'allemand par : Brigitte HÉBERT, Jean-Claude COLBUS

Après un premier chapitre un peu pesant, qui aurait sans doute gagné à être légèrement aminci, Juli Zeh propose un roman totalement atypique, énigmatique, mélangeant intelligemment physique quantique, mondes parallèles, vie de couple, amitié, paternité et crime. Loin d'être un entrelacs incompréhensible de notions physiques ou logiques plus complexes les unes que les autres, le roman ouvre de grands espaces de compréhensions, de réflexions et d'interrogations, dans des domaines qui, s'ils ne nous semblent pas très familiers restent accessibles.

D'autant plus que Juli Zeh parvient à donner beaucoup de relief et d'intensité à ses personnages et aux relations, troubles, ambiguës, sensibles qu'ils vivent les uns par rapport aux autres. Les deux personnages masculins sont des scientifiques qui ont fait toutes leurs études ensemble et s'entendent merveilleusement bien, jusqu'au jour où non seulement Sebastian décide de se marier mais aussi de renoncer à la physique quantique et d'explorer la possibilité de l'existence de mondes parallèles. Pour Oskar la rupture est nette et même si chaque mois il vient dîner chez le couple formé par Sebastian, la merveilleuse Maike et leur petit garçon, Oskar ne peut s'empêcher de reprocher à son ami (qui est sans aucun doute pour lui beaucoup plus qu'un ami) de renoncer à faire des choix dans la vie réelle estimant que chaque bifurcation peut être corrigée dans un autre monde. A force, Sebastian se complait dans une forme d'atermoiement continu qui lasse et qui agace Oskar à la personnalité écrasante.

A la fin de la soirée, exaspéré, Oskar propose un duel télévisuel à Sebastian pour tenter de lui brûler les ailes ou de le faire agir.

Le lendemain du duel, un enfant disparaît et un homme meurt.

Apparait alors la figure éminemment fascinante d'un commissaire pas vraiment de ce monde, à la fois détaché de toute matérialité et en même temps en phase avec les préoccupations les plus sensibles de nos protagonistes. L'énigmatique Schilf, à la fois attendrissant et délétère devient alors le pivot d'une narration qui bien loin de divaguer rassemble un à un les fils épars de l'intrigue pour aboutir à une conclusion qui, quoique lente à venir, apaise et séduit.  

Tout comme séduit la plume de Juli Zeh, extrêmement agréable à lire et qui donne terriblement envie d'aller visiter Fribourg (oui).

Peu après l'envol, quand on s'élève vers le nord-est, Fribourg ressemble moins à une ville qu'à une tapisserie multicolore : masse confuse aux reflets chatoyants. Personne ne saurait dire s'il fait partie d'elle ou si elle fait partie de lui. Une mosaïque de toits sur laquelle le soleil matinal déverse en abondance ses nuances dorées. Entre eux le ruban sinueux du vif-argent de la Dreisam. L'air bleu porte comme de l'eau. Les montagnes rappellent les oiseaux.

(...)


J'ai donc été particulièrement séduite par l'inventivité et l'originalité de ce roman, son décalage, l'attention portée aux attitudes des uns et des autres qui dessinent parfois mieux que des mots les liens et les exaspérations.



mots-clés : #polar #science
par shanidar
le Mer 12 Avr - 16:50
 
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Lars Kepler

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 5 Lars310

Le Pacte , trad. Hege ROEL ROUSSON

600 pages écrites sous tension, qui s'avalent sans même que le lecteur s'en rende compte, avec un art parfait du tempo et du suspens.

Trois personnes sont sur un bateau. L'une meurt noyée sans être mouillée et les deux autres parviennent à échapper de justesse à leur agresseur. Un tueur. Payé pour aller au bout de son contrat.
Le même jour, le corps de Carl Palmcrona est retrouvé pendu dans son appartement (suicide ou meurtre déguisé ?). L'homme est chargé de valider les contrats d'armement de la Suède.
Quel est le lien entre les deux affaires ?

C'est à Joona Linna que l'enquête est confié et il se voit épauler par une elfe en la personne de Saga Bauer. A eux deux (et quelques autres), ils vont précipiter le lecteur dans une course contre la montre haletante et parfaitement maîtrisée.

Je me suis vraiment régalée à lire ce roman écrit d'une traite, totalement addictif et qui ne se laisse jamais prendre en défaut. On est dedans, totalement immergé, comme si on suivait pas à pas l'ombre de Joona Linna, dont le personnage à la fois attachant et terriblement intuitif n'empêche pas les auteurs de travailler allègrement les autres personnages. Un très beau travail de composition où les lignes de vie et de mort se mélangent pour former un texte très bien rythmé.

D'ailleurs, la musique est très présente dans ce roman qui porte le titre de : Paganinikontraktet (Le Contrat-Le Pacte Paganini) ce qui est bien loin de me déplaire. Car si le couple Lars Kepler réussit à écrire un thriller parfait, il n'hésite pas à ouvrir des portes (parfois inattendues) sur des questions aussi vastes que la vente d'armes et les hypocrisies politiques qui les accompagnent, la problématique des groupuscules extrémistes, la misogynie de certains milieux policiers, tout en n'oubliant jamais de faire en sorte que les personnages est un fond, des doutes, des liens complexes, des rêves et des failles.


Un Régal !


mots-clés : #polar
par shanidar
le Mar 11 Avr - 15:59
 
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Lars Kepler

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 5 Kepler10

L'Hypnotiseur , trad. Hege ROEL ROUSSON, Pascale ROSIER

Première enquête de l'inspecteur Joona Linna, en compagnie d'un hypnotiseur qui depuis dix ans a renoncé à sa pratique et qui se voit obliger (pour sauver la sœur d'un enfant sauvagement attaqué et dont le reste de la famille est morte poignardée) de revenir à l'hypnose. Suite à cette séance les vies de Erich Maria Bark, de sa femme Simone et de son fils Benjamin vont être totalement bouleversées, car, sachez le, on ne parcourt pas impunément les abysses d'êtres détruits, violents et suicidaires.

On a donc un hypnotiseur qui n'hypnotise plus, une famille pleine de fissures qui se construit autour de Benjamin, l'enfant hémophile et d'un flic (Joona) qui prétend avoir toujours raison (et qui aime bien qu'on le lui dise).

Ce roman qui a pour cadre la cellule familiale prête à exploser est également un roman des profondeurs, celles que l'on découvre dans la seconde partie du récit, lorsque le lecteur revient dix ans en arrière pour découvrir les patients de Bark et les raisons qui lui ont fait arrêter l'hypnose…

Naviguant entre enfants tueurs, folles furieuses hystériques et nymphomanes, enquêtes parallèles et famille maltraitante, la foule des personnages, des intrigues, des événements se déroule le long de 650 pages qui se dévorent. Oui. Même si parfois la narration semble flotter dans une sorte d'entre-deux bizarre, de jusant, de fausse activité, même si parfois le lecteur se demande qu'elle est la place de la police dans la vie suédoise (ne sont-ils donc que deux ou trois plus ou moins incompétents et que l'on rechigne à appeler ?), ainsi que celles des institutions psychiatriques (a-t-on réellement relâché des patients violents sous prétexte d'une guérison qui arrangeait les budgets de l'Etat ?), mais c'est peut-être justement dans ce flottement, dans cette vacance que le lecteur trouve tout l'intérêt de cette lecture. Comme si les auteurs ne désiraient pas imposer des vérités mais plutôt soulever des questions.


Ce premier opus, sans doute pas totalement réussi (le fait d'écrire à deux mains créant peut-être ce flottement narratif) mais malgré tout très intrigant, a au moins le mérite de ne pas proposer l'histoire d'un flic surpuissant physiquement et intellectuellement mais plutôt un intuitif et des personnages vraiment attachants parce que en proie aux doutes, aux infidélités et aux mensonges ; aux petites lâchetés quotidiennes qui pourrissent lentement les existences...


mots-clés : #polar
par shanidar
le Mar 11 Avr - 15:55
 
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Lars Kepler

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 5 Lars210

Le Marchand de sable , trad. Lena Grumbach

Une chouette découverte.

Un texte qui va à l'essentiel. Pas de perte d'informations, tout ce qui est écrit est nécessaire, le reste est totalement absent. On se fout de savoir ce que les personnages mangent ou à quelle heure ils se brossent les dents, cela ne fait tout simplement pas partie de l'histoire. L'histoire n'est d'ailleurs pas une histoire mais un ensemble de faisceaux liés les uns aux autres qui font progressivement monter la tension du lecteur jusqu'à l'insoutenable (ou presque). J'ai plus d'une fois retenu ma respiration à la lecture de certains passages. Mais attention, ici pas de descriptions scabreuses, ni de plaies sanguinolentes, pas d'horreurs impensables, les auteurs ne font pas dans le gore mais peu à peu encerclent le lecteur. L'écriture n'a rien de folichon, les rares facilités concernent essentiellement les bulletins météorologiques qui parsèment le texte (il neige, il gèle, il fait froid…) mais ce resserrement sur l'histoire est un pur bonheur de lecture.

Il s'agit d'un roman mettant en scène un personnage violent, un tueur découvert plus ou moins par hasard par Joona Linna, un flic qui n'a rien d'un salaud, d'un alcoolique ou d'un baroudeur (il fait son job et c'est tout). Les auteurs ne s'arrêtent jamais sur les états d'âme des uns ou des autres, à moins que cela ne serve directement l'intrigue, son avancée. Jurek Walter, ce tueur, est emprisonné dans une cellule spéciale d'un hôpital psychiatrique car il est considéré comme un psychotique éminemment dangereux (le chef du service se met des bouchons d'oreille quand il doit entrer dans sa cellule !). Mais… Treize ans après sa disparition, Michael est retrouvé sur une voie de chemin de fer. Il souffre de malnutrition et de légionellose pourtant il est vivant et malgré ses treize années d'enferment (de l'âge de dix à vingt-trois ans) il n'a pas complètement perdu l'esprit. Sa sœur, Felicia est encore entre les mains de celui qu'il appelle comme dans les contes de l'enfance : Le Marchand de sable… Or si ce Marchand de sable existe, alors c'est que Jurek a un complice qui continue son œuvre machiavélique (enlever des êtres humains et les enfermer pendant de longues années sans autres sévices que cet enfermement).

Pour faire parler Jurek, une jeune flic va devoir intégrer l'hôpital en se faisant passer pour une patiente violente.

Le reste est à l'avenant ! Une très grande efficacité pour un roman qui se lit dans la fièvre et l'attente. La fin tarde un peu à venir mais de bout en bout l'ambiance glaçante reste convaincante.


mots-clés : #polar
par shanidar
le Mar 11 Avr - 15:51
 
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Gérard Delteil

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 5 Savona11

La conjuration florentine
Le pape Alexandre VI Borgia a décidé de se débarrasser du moine Savonarole, qui dénonce la corruption du Vatican. Il missionne un jeune novice, Stefano Arezzi, dont la foi frise le fanatisme. Mais Stefano découvre Florence, ses charmes, ses mœurs et ses complots. Il y rencontrera la belle et influente Antonella, le jeune Machiavel, et Savonarole lui-même dont le charisme le fera douter de ses certitudes


Thriller historique qui m'a permis de découvrir un morceau de cette histoire à laquelle je ne connais rien qui donne une toile de fond très pittoresque qui réveillera sans doute des curiosités et imaginations endormies. Ruelles, places, cathédrales, Italie, Renaissance, ...

Et le cocktail attendu du thriller : du mystère, du suspens, de l'action, du poison, une femme fatale, des trahisons et des doubles jeux. Pas mal de branches auxquelles se raccrocher et ce n'est pas plus mal. Je reconnais un intérêt fluctuant (c'est que j'ai été plus motivé par mes autres lectures de l'auteur et que ce n'est pas une période qui m'attire a priori) et ce métier a l'air parfois rustique du thriller, la mécanique apparente du genre m'a quand même fait avaler des pages par dizaine avec plaisir !

Ce n'est pas non plus un divertissement écrit "dans le vide", Gérard Delteil donne en postface ses sources et éclaire sur ce qu'il a inventé et les versions historiques qu'il a retenues pour écrire son livre. C'est un vrai plus.

Mais le plus intéressant, et un de ses points forts pour ce que j'ai lu de lui, c'est la manière dont il fait évoluer son Stefano vers moins de crédulité et moins d'intransigeance au fur et à mesure qu'il lui fait découvrir des complexités humaines en plus d'oppositions qui sont autant sociales que morales. Plus que par les personnages du jeu politique c'est par cet aspect qu'on peut dire thriller politique. L'actualité de la question de la foi, de son usage politique, celle de l'opposition des puissants et des faibles, des moyens du gouvernement, de l'équité ? la troublante énigme de la croyance et de l'espoir... Le miracle est espéré, instrumentalisé. Cette facette là du récit est pas mal fichue vivante et m'a bien plu.


mots-clés : #historique #polar
par animal
le Ven 7 Avr - 16:09
 
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Deon Meyer

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 5 Pic1010

le Pic du Diable

Il s'agit de 3 personnages, une prostituée Christine, un inspecteur de police alcoolique Benny et un ancien combattant anti-apartheid Thobela qui chacun raconte leur histoire.

Les agissements de ces trois personnages vont s'entremêler dans des évènements tragiques
Les enquêtes pour meurtres, kidnapping se succèdent et sont autant de missions pour Benny. Il sera atteint personnellement à travers sa famille mais le lecteur l'a découvert ; c'est le meilleur inspecteur de la Criminelle.
Les personnages se déplaçant, les paysages très différents de cette région d'Afrique du Sud se révèlent par moment et de même l'ambiance post-apartheid où comme le répète l'inspecteur s' est installée la période de la discrimination positive tant dans la société qu'au commissariat.
La criminalité s'enfle à la même cadence que le sida et les quartiers pauvres sont encore ceux des Noirs ; la situation géographique du Cap est providentielle pour les trafiquants de drogue.
Après plusieurs années de fonction dans cette difficile situation, l'alcoolisme de l'Inspecteur est plus une protection qu'un vice?



Dans la première partie le chassé-croisé construit de phases courtes et rapides, donne au récit beaucoup de dynamisme plus loin les personnages et les évènements sont plus fouillés et s'imbriquent dans un rythme soutenu, malgré quelques pauses qui permettent d'assurer les enjeux des uns et des autres, avec d'inévitables surprises qui consolident le récit.

Une agréable lecture qui tient en haleine, que j'ai appréciée et qui m'incitera à lire d'autres polars.

(message récupéré)


mots-clés : #polar
par Bédoulène
le Dim 2 Avr - 11:44
 
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Sujet: Deon Meyer
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J.P. Delaney (pseudonyme de Tony Strong)

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 5 Davant10

Avertissement : Ne lisez pas la 4ème de couverture

Le livre commence ainsi :

1. Dressez la liste de tous les objets qui vous semblent indispensables.

C'est  un examen d'aptitude à ?.................. vivre dans une maison.

C'est à dire, serez-vous le ou la  locataire à qui le propriétaire (un architecte de renom) accepte de louer la maison ?

Répondez aux nombreuses questions qui vous sont posées, acceptez-vous les conditions et exigences draconiennes qui vous permettraient de vivre dans cette maison "idéale" sur concept "minimaliste" selon la vision de l'architecte ?

3. Vous êtes responsable d'un accident de la route. L' autre conducteur/conductrice est désorienté (e) et semble croire qu'il/elle est à l'origine de la collision. Dites-vous à la police que c'était sa faute ou la vôtre ?

Sa faute
Votre faute




23. Seriez-vous prêt (e) à vous sacrifier pour sauver dix inconnus innocents ?

25. Face à des personnes obèses, vous éprouvez :

a) de la tristesse
b) de l'agacement


etc, etc..............

Il n'est pas utile que je vous en dise plus, à vous de savoir si vous acceptez le "contrat" lecture !


La présentation et  l'intrigue sont  inventives.
Le lecteur découvre et entend deux voix en alternance, celle d' Emma et celle de Jane. Leur profil psychologique se dévoile au fil des jours dans cette maison étrange qui influe  sur le comportement des habitants, les conditionne.
Mais ils ont accepté le contrat qui les lie et que leur rappellent les "mises à jours" auxquelles ils doivent répondre sous peine de rupture dudit contrat.


Je trouve ce polar psychologique intéressant, accrocheur.

N.B. Il faut absolument lire la page remerciements qui nous renseigne sur l'auteur.



mots-clés : #polar
par Bédoulène
le Dim 2 Avr - 10:27
 
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Sujet: J.P. Delaney (pseudonyme de Tony Strong)
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Carlo Emilio Gadda

L’Affreux Pastis de la rue des Merles

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 5 51lo1s10

Synopsis:
Rome, 1927. Dans la riche et populaire rue Merulana, 219, escalier A, troisième étage, la comtesse Zelaméo, un certain lundi 14 mars, se voit dérober ses bijoux par un beau plombier qui, pour comble, omet de lui faire subir les derniers outrages. Tandis que l'inspecteur Ingravallo enquête, on découvre, toujours au troisième, porte en face, le jeudi 17, une femme égorgée. Avec toute une généalogie de " nièces " saisonnières, dans laquelle s'égarer, autour.
Le lecteur suivra de lui-même les péripéties de l'enquête et découvrira - peut-être - les coupables. Mais il faut l'avertir des savoureuses aventures littéraires et morales que Gadda lui réserve.
Dans ce " Pastis ", il y a tout. Et d'abord toutes les langues : chaque personnage parle dans le dialecte de sa région, avec l'argot de son métier, avec les inflexions propres à son caractère ; chaque objet même est dit dans la langue, lâche ou pompeuse, qui convient à son style. Bref, c'est Babel. Tous les tons ensuite : la farce quand il s'agit du peuple, l'invective pour Mussolini, la pitié devant la faiblesse, l'épopée face à l'absurde, et puis, pour le plaisir, la rhétorique et le pastiche, un peu partout. En un mot, le Baroque.
Un baroque printanier, tout souffrant de désir. Derrière chaque décision, chaque geste, chaque pensée, il y a, obstinée, la présence du sexe. Et toutes les métaphores du " Pastis " s'organisent autour de cet archétype premier : la fécondation. Pour le coup, nous voici au mythe des origines. La race des Romains commence, comme on sait, avec certain rapt des Sabines et ce n'est certes pas un hasard si le cours de l'enquête fait remonter Gadda depuis la rue des Merles jusqu'aux filles des coteaux sabins : ce récit goguenard est aussi une somme.


Place au Audiard italien ! Oui oui, je me suis cru en train de visionner les grandes scènes des Tontons flingueurs ou du Clan des Siciliens. Argot truculent que la nouvelle traduction reproduit fidèlement qui nous séduit à chaque mot et chaque page. On rit beaucoup, on s'émerveille devant ce langage quasiment disparu hélas. Au cours de ce pseudo polar comique on se retrouve immergé dans l'Italie un peu grandiloquente, un peu caricaturale mais qui dévoile au fur et à mesure un très grand charme.
L'auteur nous happe littéralement dans un récit sans nécessairement d'objet précis mais en nous faisant voyager dans une époque, dans un pays, dans une culture que les personnages mettent fortement en valeur. Un immense coup de coeur.


mots-clés : #polar
par Hanta
le Ven 24 Mar - 19:39
 
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Sujet: Carlo Emilio Gadda
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Pavel Kohout

L'heure étoilée du meurtrier

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 5 Desrfd10

quatrième de couverture : En février 1945, les bombardements des Alliés se succèdent sur Prague pour faire plier les Allemands... Le corps de la veuve d’un dignitaire nazi est retrouvé horriblement mutilé. Pour des raisons politiques, Morava, jeune policier tchèque, et Buback, inspecteur chevronné de la Gestapo, sont obligés de s’associer pour mener l’enquête. Les voilà lancés sur la piste d’un meurtrier psychopathe, une terrifiante poursuite qui va bouleverser leurs vies.

Tandis que les Allemands tentent de retarder l’inéluctable et que les communistes s’apprêtent à s’emparer du pouvoir, les deux hommes apprennent à se connaître et à s’estimer. Autour d’eux le monde s’écroule et le chaos s’installe.


Avis :

Bon petit polar au coeur du Prague de la fin de la guerre où une véritable anthropologie du peuple tchèque est mis en avant au travers d'une enquête bien ficelée. Les crimes sont particulièrement morbides et le questionnement entre crimes de guerre et crime tout court est très intéressant.
Les personnages sont bien représentés dans ce contexte de fin de guerre, beaucoup d'emphase romantique contrasté avec un fort désespoir dans certaines situations, j'ai trouvé que Kohout savait excellemment gérer les sentiments de ses personnages. Cela change du polar nordique ou du moins d'un certain type où le personnage possède un état émotionnel prédominant sur tout le reste.
De belles descriptions de Prague avec certains lieux que je connais donc cela m'a fait du bien de les retrouver.
Style simple, des fois un peu trop c'est le seul bémol mais il ne remet pas en cause la qualité de l'histoire.
J'ajoute l'expression superbe de certains dilemmes que les personnages ont en eux, très réalistes, cela fait du bien de voir "monsieur tout le monde" dans un livre, qui partage nos doutes et nos questions qu'il soit policier ou non.
Une belle oeuvre du genre policier.


mots-clés : #deuxiemeguerre #polar
par Hanta
le Dim 26 Fév - 18:18
 
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Sujet: Pavel Kohout
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S.J Watson

Avant d'aller dormir

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 5 Tylych24

A la suite d’un accident survenu une vingtaine d’années plus tôt, Christine est aujourd’hui affectée d’un cas très rare d’amnésie : chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune femme célibataire ayant la vie devant elle, avant de découvrir qu’elle a en fait 47 ans et qu’elle est mariée depuis vingt ans. Son dernier espoir réside dans son nouveau médecin, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime afin qu’elle puisse se souvenir de ce qui lui arrive au quotidien et ainsi reconstituer peu à peu son existence. Quand elle commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, Christine est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer. Très vite elle va devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé… et sur son présent.


Après avoir entendu une excellente critique sur ce livre, je me suis lancée à mon tour.
Il est une loi pour le polar qui diffère de la littérature, celle de l'écriture...nous passons sur une stylistique peu recherchée pour en savourer l'intrigue.
Malheureusement , en ce qui concerne la trame j'avoue avoir été prise au dépourvu . En plus des passages récurrents et lassants, c'est une histoire cousue de fil blanc, une machination dont nous connaissons les rouages bien avant la fin. Il m'a laissé un goût de série télévisée américaine que l'on regarde sans même s'en rendre compte, on ne deskotche pas mais on en retire pas grand chose, on attend juste patiemment la chute qu'on devine relativement vite.
En conclusion, je ne fais pas partie des personnes le recevant comme une révélation du thriller, je le conseille tout juste pour la plage entre deux mots croisés.
_________________


mots-clés : #polar
par Ouliposuccion
le Dim 26 Fév - 11:32
 
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Jean Patrick Manchette

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 5 51mp5j10

La position du tireur couché

Tout comme dans Fatale qui m'a moins plu, le roman s'ouvre sur une certaine austérité quant au personnage planté. On est nettement dans l'hiver de l'âme, et les décors sont mornes.
Mornes à souhait, on est ferré, on est intrigué par ce déroulement méthodique de la situation d'entrée posée : un homme à abattre.
Mais contrairement à Fatale, et tout comme Le petit bleu de la côte Ouest, les personnages secondaires sont plantés avec un exotisme gourmand, peut-être parce que l'évolution du tueur se fait dans des domaines moins bourgeois, toujours, les traits sont dépeinds avec un décalage propre à manchette apparemment.

J'ai mis davantage de temps à vraiment exhulter qu'avec Le petit bleu, pourtant. Mais c'est un très bon roman noir, sec et drôle, qui joue des ressorts très spécifiques de la surenchère et de l'iexorable. Des tueurs veulent tuer le tueur, et sa marge de manoeuvre est ténue, c'est un processus implacable, qu'on intègre sans faire baisser la tension.

J'aime beaucoup la manière de Manchette dans ses dialogues. Il plante les liens, l'affection, l'air de rien, la veulerie. C'est magnifique.

Je retrouve ce qui chez Vargas, Audiard, ou Simenon séduit : une époque dépeinte l'air de rien, par les objets, les habits, l'état d'esprit, le champ lexical. ici c'est la parenthèse des années 70/80, une certaine désinvolture, et sensualité, aussi.

L'action est bien ficelée, on a quelques déroulés inattendus ou insoupçonnés, c'est bien.

Je le conseille.


mots-clés : #polar
par Nadine
le Sam 25 Fév - 9:51
 
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Sujet: Jean Patrick Manchette
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QIU Xiaolong

J'ai lu Les courants fourbes du lac tai

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 5 Tylych27

Après sa lecture je me souviens avoir regardé mon livre l'air dubitatif .Où est le Qiu Xiaolong et le vénérable inspecteur Chen dont j'ai tant entendu parler?
J'ai pallié le manque de noirceur et d'intrigue associés au polar par un goût amer de déception.Les personnages ne sont pas creusés mais à défaut sonnent creux.
L'intrigue ( ou ce qui devrait être une intrigue ) est soporifique à souhait.
La noirceur , oui , il' y en a ! les eaux du lac...
Petite note positive qui a sauvé ce livre de la noyade , la poésie chinoise distribuée au gré des pages.
Conclusion: Je ne l'ai pas conseillé.
Cependant, après multiples avis recueillis qui vont dans ton sens sur ses polars antérieurs , je vais retourner à la rencontre de L'inspecteur Chen en espérant que "les courants fourbes du lac tai" ne soit qu'une erreur de parcours...


mots-clés : #polar #corruption #regimeautoritaire
par Ouliposuccion
le Ven 24 Fév - 17:42
 
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Sujet: QIU Xiaolong
Réponses: 10
Vues: 791

Jean-Christophe Grangé

Le serment des limbes

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 5 Tylych15

Quand Mathieu Durey, flic à la brigade criminelle de Paris apprend que Luc, son meilleur ami, flic lui aussi, a tenté de se suicider, il n'a de cesse de comprendre ce geste.
Il découvre que Luc travaillait en secret sur une série de meurtres aux quatre coins de l'Europe, dont les auteurs orchestrent la décomposition des corps des victimes et s'appuient sur la symbolique satanique.
Les meurtriers ont un point en commun : ils ont tous, des années plus tôt, frolé la mort et vécu une «Near Death Experience».
Peu à peu, une vérité stupéfiante se révèle : ces tueurs sont des «miraculés du Diable» et agissent pour lui.
Mathieu saura-t-il préserver sa vie, ses choix, dans cette enquête qui le confronte à la réalité du Diable ?

Pour une première approche de Grangé , je suis comblée , je voulais un polar , frissonner , être malmenée , sombrer dans les limbes de la noirceur…Et c’est diablement bien réussi !
Le mal contre le bien, le religieux et le malin m’ont  fait verser dans un monde  fait d’éclaboussures incandescentes, je me suis littéralement noyée au beau milieu  du paradoxe  faustien, de  la symbolique satanique, de l’anxiété sous ces lignes évoquant cette atmosphère moribonde.  
C’est dans un univers d’isolement, ténébreux, à l’ombre de tout éclair de clairvoyance  que Grangé  nous mène avec brio au beau milieu d’une intrigue sans relâche, toujours plus imaginative et insoutenable.
Si les « sans lumières » sont au rendez-vous, pour ma part, j’ai été suffisamment éclairée pour  savoir que je récidiverai le plaisir « grangé »


mots-clés : #polar
par Ouliposuccion
le Dim 19 Fév - 13:09
 
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Sujet: Jean-Christophe Grangé
Réponses: 9
Vues: 413

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