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Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Ven 10 Juil - 6:24

179 résultats trouvés pour psychologique

Albert Cossery

Mendiants et orgueilleux

Tag psychologique sur Des Choses à lire - Page 6 Mendia10

L'histoire ne m'a pas intéressé plus que cela car elle est secondaire selon moi dans cette oeuvre. Les péripéties s'enchainent de manière quasi-absurde sans fil chronologique précis ni concordance entre les différents évènements. J'ajouterais même que l'élément pertubateur arrive comme une cheveu sur la soupe et cela m'a d'ailleurs rappelé Sukkwan Island au niveau de l'effet de surprise. Récit trés bien mis en scène par le fait de suivre plusieurs personnages à la première personne et ce, successivement. Il n y a pas de liant hormis les personnages qui se connaissent. Du coup c'est un effet agréable car on est transporté d'un point de vue à un autre sans jamais trouver cela compliqué et dérangeant. Ajoutons à cela une fin magnifique avec un dialogue entre Gohar et Nour El Dine qui restera vraiment gravé dans mes souvenirs de par sa précision dans les mots et la clarté des arguments et des sentiments.

Les personnages sont vraiment le coeur de ce roman. Ce sont des personnalités très travaillées avec des descriptions de leurs pensées et de leur caractère très précises voire minutieuses. Nous ne faisons pas que suivre ces personnages, nous finissons par les connaître réellement, à nous prendre d'affection ou de dédain pour eux. Il est rare que des livres ayant d'aussi nombreux passages de description des troubles d'un personnage et de sa façon d'être ne laissent de place à l'ennui dans certains passages. Là ce n'est jamais le cas et c'est un peu logique, dés le début cela nous est annoncé : les personnages ne sont présentés que par leur manière de réfléchir et ce à la première personne donc si l'on accroche les dix premières pages alors le reste sera d'une grande fluidité également.
il est agréable de constater leurs nuances et surtout leurs défauts, leurs failles. Elles sont énervantes mais l'on se prend de compassion et même d'estime par la façon qu'ils ont de les assumer et presque de les revendiquer. Il ne s'agit pas d'un orgeuil déplacé mais d'un sentiment de révolte paisible qui a pour cause leur marginalisation extrême.

Le style est magnifique, non par le vocabulaire qui même s'il est riche reste simple ce que j'apprécie personnellement mais surtout par le rythme des phrases. C'est un rythme tranquille, reposant, agréable à suivre, continuellement paisible ce qui contraste avec le manque liant entre les évènements.
Les dialogues sont plein d'une emphase qui fait sourir et qui m'a rappelé certains dialogues platoniciens avec moultes courbettes et compliments. Les interrogations du policiers font elles-mêmes penser à l'ironie socratique où Gohar serait le meilleur des sophistes sans allusion péjorative.

Un ouvrage superbe que j'avais envie de relire dés que je l'eus fini. Je pense d'ailleurs que je le referais dans quelque temps pour y découvrir de nouvelles choses. Je suis vraiment gâté en ce moment au niveau littéraire cela fait décidément beaucoup de bien.


mots-clés : #psychologique
par Hanta
le Ven 10 Mar - 17:15
 
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Sujet: Albert Cossery
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Ruth Ozeki

En même temps toute la terre et tout le ciel

Tag psychologique sur Des Choses à lire - Page 6 Tylych13

Ayant accepté de ne pas tout comprendre (la physique quantique, la philosophie en rapport avec le temps, certaines considérations géologico-écologiques...) j'ai lu avec un plaisir certain ce   roman  épais mais accueillant, tendre et réfléchi, plein d'humour et d'intelligence.

Ruth Ozeki, écrivain japono-américaine, se met en scène sur son île retirée de Colombie-Britannqiue, en panne d’écriture et recevant comme un message salvateur un petit paquet ramassé sur la plage, dont le mystère va se lever peu à peu. Journal d'une adolescente japonaise en pleine crise existentielle, il offre une ouverture pleine de dynamisme sur un Japon écartelé entre tradition et modernité . C'est ainsi qu'on y croise une nonne bouddhiste centenaire surfant sur le net, ou un pilote kamikaze aux commandes de son avion  bombardier sacrifiant sa vie à l'honneur et aux valeurs patriotiques
L’alternance des deux récits est habilement menée, ménageant interrogations et suspense, avec, pour moi,  une meilleure accroche pour l'histoire japonaise et  ses rebondissements.

Ruth Ozeki, elle-même bouddhiste, a un faible que j'ai volontiers partagé pour la mise à distance, qui est un point commun de bien des personnages : celle de la grand-mère bouddhiste,  de la mère Alzheimer, du père suicidaire, de l'auteur retirée sur son île, de la femme qui regarde un aquarium pendant des heures...  La magie et un certain occultisme rôdent, vecteurs de poésie et de sagesse. Et l'ensemble donne au récit, cependant très ancré dans la réalité, un charme assez envoûtant.

Une initiation à l'univers du bouddhisme, à une autre perception du temps et des êtres, se dessine entre les lignes et  donne sa singularité au roman. J'ai moins aimé les incursions en physique quantique, en géologie, en écologie ..., insuffisamment décryptées,  qui a mon sens ne constituent pas un approfondissement, mais plutôt un survol, un éparpillement, comme un maniérisme dans l'idée d'approcher une espèce d' universalité et d'omniscience, sans y parvenir malheureusement.

Merci à Ouliposuccion!


mots-clés : #psychologique #religion
par topocl
le Dim 5 Mar - 10:26
 
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Sujet: Ruth Ozeki
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Irvin Yalom

[b]Dans le secret des miroirs[/b]

Tag psychologique sur Des Choses à lire - Page 6 Tylych30

Écrivain prometteur, Ginny a tout pour être heureuse mais elle ne l’est pas. De thérapies en thérapies, à peine débarquée de New York là voilà dans le cabinet du très spécial docteur Yalom. Quel stratagème inventera-t-il pour échapper à l’engrenage de l’échec ?

Dans la lignée de Mensonges sur le divan et d’Et Nietzsche a pleuré, Irvin Yalom, psychothérapeute américain, auteur de nombreux romans ou récits, best-sellers dans le monde entier, nous offre ici un livre unique. Nouveau pacte audacieux entre le patient et son médecin.
Dans le secret des miroirs est l’aboutissement littéraire d’une relation inédite : l’histoire de deux êtres qui se rencontrent dans l’intimité d’un  tête-à-tête thérapeutique et qui nous invitent à les connaître comme ils se sont connus.


Je rentre dans ma librairie un jour d’août chercher le nouveau roman de mon psychothérapeute /romancier vénéré et j'avoue que je cache ma jubilation en voyant de loin sur le comptoir "Irvin Yalom".
Jubilation qui n'était pas à son apothéose ...la couverture "dans le secret des miroirs" n'est autre (qu'encore ) une représentation de ....Klimt !
Je me plonge dans ma lecture , avide de ses mots et j'y retrouve bien la plume du psychiatre , intime et unique.

Au travers de Jenny , nous nous y retrouvons tous , avec un degré plus ou moins avancé de la pathologie identifiée.
Peur de l'échec , trouble de la personnalité , incapacité de prise de décision.
Cet échange épistolaire met en scène les multiples turpitudes enfouies , déterrées une à une sous forme d'écrits relatant les pensées et du psychiatre et de sa patiente.
L'audace d'Irvin Yalom , aller à l'encontre de Freud dans sa thérapie , aller à l'encontre de ses acolytes:
Oublier l'acceptation du passé pour y construire son présent et poursuivre un futur meilleur , Irvin Yalom se penche sur l'acceptation de soi au présent , il pousse à la réaction , balaie les retranchements et secoue.
Une lecture que je conseille à toute personne voulant rentrer dans l'intimité d'une analyse pour en savourer ce qui l'en sort : une profonde réflexion sur "soi"

« J’étais Pygmalion, elle était ma Galatée. »

« Elle ne s’appartient pas, rien ne va avec rien – ses cheveux, son sourire, sa voix, sa démarche, son pull, ses chaussures… Tout a été assemblé au hasard
et je sens la possibilité immédiate que tout – cheveux, démarche, membres, jean déchiré, chaussettes militaires –, oui, tout s’envole. Laissant quoi ?
Peut-être juste le sourire. Pas jolie, quelle que soit la manière dont on arrange les parties. Curieusement attirante, cependant. En quelques minutes
elle réussit à me faire savoir que je peux décider de tout, qu’elle s’en remet totalement à moi. Ça m’est égal. À ce stade, ça ne me paraît pas un
fardeau trop lourd. »



mots-clés : #psychologique
par Ouliposuccion
le Jeu 2 Mar - 8:12
 
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Irvin Yalom

Et Nietzsche a pleuré

Tag psychologique sur Des Choses à lire - Page 6 Captur10

Venise, 1882. La belle et impétueuse Lou Salomé aborde le docteur Breuer, ancêtre de la psychanalyse et mentor d’un jeune médecin du nom
de Sigmund Freud, à la terrasse d’un café. Elle vient solliciter son aide pour sortir des affres de la dépression un ami, qui n’est autre que Friedrich
Nietzsche. Le philosophe, malgré la parution du Gai Savoir et de Humain, trop humain, est alors méconnu du grand public et plongé dans un profond
désespoir après l’échec de son ménage à trois avec Lou Andreas-Salomé et Paul Rée.
Poursuivant son exploration romanesque de la psychanalyse, Irvin Yalom imagine la rencontre fictive entre Breuer et Nietzsche, deux personnages
malheureux, deux grands esprits qui, après avoir conclu un pacte, tenteront de se guérir l’un l’autre.
À travers cette partie d’échecs entre Breuer et Nietzsche, c’est à une nouvelle naissance de la psychanalyse que nous convie Irvin Yalom.


une époustouflante dualité entre le Dr Breuer et Friedrich Nietzsche. Ce livre est un dispositif à pensées, une collecte de savoir, un hymne  aux génies.
Au fil des lignes, rien n’est apparence, on retrouve l’excellent Nietzsche au gré des dialogues philosophiques qu’il entretient avec Breuer sans l’ombre d’un bâillement. Le socle littéraire qu’a bâti Irvin Yalom est un piédestal, une fondation qui ne s’écroule à aucun moment.

Et pourtant nous prenons notre envol, Irvin Yalom nous donne des ailes, happés  par la soif de liberté, de connaissance de soi, on se régale de cette philosophie de la vérité, du désespoir, loin de l’ennemie de celle-ci : la crédulité, les troubles psychiques engendrés  par les carcans de l’éthique et de la religion. Un jeu d’échec dans un univers de rois.

Lorsqu'un livre ne fait plus qu’un avec vous-même par son ingéniosité,  que le sommeil a perdu toute grâce à vos yeux, qu’il n’est que le commencement d’un questionnement, je considère alors qu’un auteur a rempli  sa tâche avec brio,  mais lorsqu’il maitrise en plus de ça l’écriture et  chamboule les sens par l’art d’un partage érudit, alors je crie  au chef d’œuvre.
Lisez absolument ce livre !

NB : Cette rencontre entre Breuer et Nietzsche et purement fictive contrairement  au lien qui liait Breuer et Freud .le cas clinique Bertha Pappenheim (Anna O) soigné via la méthode cathartique par le Dr Breuer  et qui est évoqué dans ce roman influença Freud sur son étude sur l’hystérie, ils ont par ailleurs  publié  ensemble « Etudes sur l’hystérie ».


mots-clés : #psychologique
par Ouliposuccion
le Mer 1 Mar - 19:49
 
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Albert Cossery

Mendiants et orgueilleux

Tag psychologique sur Des Choses à lire - Page 6 Mendia10

Gohar est un intellectuel, professeur à l’université du Caire. Un jour, il se rend compte de l’inanité de son enseignement et abandonne tout pour vivre en mendiant dans les quartiers les plus déshérités de la ville indigène.

« Tous ces grands esprits, qu’il avait admiré durant des années, lui apparaissaient à présent comme de vils empoisonneurs, dépourvus de toute autorité. Enseigner la vie sans la vivre était le crime de l’ignorance la plus détestable »


Il habite maintenant une pièce sombre d’une maison en ruines, son seul mobilier consistant en une chaise, lui-même dormant sur une couche de vieux journaux. Ses besoins frugaux, à l’exception du haschich, il les contente avec l’entraide de ses amis. Gohar passe la plus grande partie de son temps à  observer  la vie qui l’entoure, professant un fatalisme heureux, sans se leurrer sur la nature humaine :

"Ce qu’il y a de plus futile en l’homme, pensa-t-il, c’est cette recherche de la dignité. Tous ces gens qui cherchaient à être dignes ! Dignes de quoi ? L’Histoire de l’humanité n’était qu’un long cauchemar sanguinaire qu’à cause de semblables sottises. Comme si le fait d’être vivant n’était pas une dignité en soi. Seuls les morts sont indignes »

«  Gohar s’insurgeait de toute son âme contre la conception d’un univers absurde. En fait, c’était sous le couvert de cette prétendue absurdité du monde que se perpétraient tous les crimes. L’univers n’était pas absurde, il était seulement régi par la plus abominable bande de gredins qui eût jamais souillé le sol de la planète. En vérité, ce monde était d’une cruelle simplicité, mais les grands penseurs à qui avait été dévolue la tâche de l’expliquer aux profanes ne pouvaient se résoudre à l’accepter tel quel, de peur d’être taxés d’esprits primaires. »


De fait Gohar est insensible au remord. Le jeune Yéghen, poète difforme, survit difficilement grâce au trafic de haschic, il  voue une admiration sans borne pour Gohar et sa philosophie n’est pas très éloignée de celle de son maître. Les armes absolues de Yéghen sont le rire et la dérision.
Le troisième compère, El Kordi, est un peu différent. Miséreux également, il bénéficie cependant d’un poste au ministère, travail qu’il sabote délibérément par ferveur révolutionnaire. En effet, El Kordi se veut redresseur de torts et rêve de délivrer la société de l’oppression des puissants. Toutefois, ses bonnes intentions peuvent disparaître subitement lorsqu’il croise une belle jeune femme dans la rue.
Autour du trio gravite un autre personnage Nour El Dine, officier de police inverti. En effet, un crime vient d’être commis. Représentant de l’autorité, il a peur de ces mendiants qu’il ne comprend pas :

« Le spectacle de cette humanité livrée aux loisirs d’une fête perpétuelle le rendait furieusement envieux. Il leur en voulait de leur insouciance, de leur capacité à méconnaître les principes du monde dont les fondements étaient la tristesse et la contrition. Par quels sortilèges échappaient-ils à la commune détresse »


Son incompréhension va grandir lors de la rencontre avec l’homme-tronc qui donne du plaisir à sa femme et qui se permet de chanter au lieu de s’apitoyer sur son sort :

« - Il est réconfortant de savoir, dit Gohar, que même un homme-tronc peut donner du plaisir
- Un pareil monstre !
-  ce monstre possède un avantage sur nous, monsieur l’officier. Il connaît la paix. Il n’a plus rien à perdre. Songe qu’on ne peut plus rien lui enlever.
-  Crois-tu qu’il faille en arriver là pour avoir la paix ?
- Je ne sais pas, dit Gohar. Peut-être qu’il va falloir devenir un homme-tronc pour connaître la paix. Tu te rends compte de l’impuissance du gouvernement devant un homme-tronc ! Que peut-il contre lui ?
- Il peut le faire pendre, dit Nour El Dine.
- Pendre un homme-tronc ! Ah, non, Excellence. Aucun gouvernement n’aurait assez d’humour pour se livrer à un acte pareil. Ce serait vraiment trop beau »




J’ai pris énormément de plaisir à lire les premiers chapitres au point que je me disais avoir découvert un ouvrage « magique ».  Le début notamment m’a enchanté, lorsque Gohar se réveille envahi par l’eau, pensant à une crue du Nil, puis réalisant qu’il s’agissait de l’eau servant à laver un mort dans la pièce d’à côté ! Sa balade dans le quartier avec ses rencontres amicales dans la foule grouillante sont également réjouissantes :

« Des individus, affalés contre les murs ou bien debout dans des poses immuables, prodiguaient leur inertie séculaire à déjouer la circulation. »  


Puis, le meurtre avec l’enquête policière qui s’ensuit ont quelque peu refroidi mon enthousiasme. J’ai l’impression qu’Albert Cossery n’avait pas besoin de ce genre d’intrigue pour mener sa barque. Avouons toute de même que les derniers chapitres sont à la hauteur des premiers. En conclusion, un excellent livre qui aurait pu être un vrai chef-d’œuvre. Smile


mots-clés : #psychologique #social
par ArenSor
le Mer 1 Mar - 19:09
 
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Ivan Gontcharov

Nymphodora Ivanovna

Tag psychologique sur Des Choses à lire - Page 6 Tdftgf10

Un récit vraiment marquant. L'histoire d'une jeune femme russe perdant son mari fraîchement épousé.. Il y a beaucoup d'émotion dans cette histoire ce qui est assez déroutant car elle est directe, pure et étrangement simple, accessible. Gontcharov nous aide à la ressentir car il s'adresse directement à nous, joue le médiateur en tant que narrateur pour que nous puissions comprendre ce qui a priori nous est étranger.. Il nous explique la psychologie de l'héroïne et lui donne une véracité, une réalité en se jugeant lui, narrateur et auteur incapable de contrôler ni d'anticiper les actions de son personnage. Mélange des genres, drame réaliste, intrigue policière, le récit est accompagné d'un style précis, efficace, et percutant. Un style presque journalistique mais d'une époque où la presse savait écrire.
Je ressors ravi de cette lecture marquante.


mots-clés : #psychologique
par Hanta
le Dim 26 Fév - 12:23
 
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Cormac McCarthy

Tag psychologique sur Des Choses à lire - Page 6 Route111

LA ROUTE


Ce livre est l'histoire d'une fin ou plutôt de ce qui se passe après.
La fin c'est celle de la planète Terre ravagée par un cataclysme sans précédent.

Ils sont deux les personnages de ce livre, à marcher sur une route ou plutot une croûte de glace sale et couverte de cendre.
De la vie ils ne connaissent plus que le froid, la peur, la faim, la solitude, la fatigue et le silence.
Et chaque journée est pire que la précédente.
Ni soleil ni lune ni lumière, juste une opacité glauque obscurcie encore par la neige ou la pluie.
Ils savent tous les deux qu'ils marchent sur un astre mort.
Ils on guetté en vain un signe de vie, une lumière.
Mais il n'y a plus de vie. Juste des soubresauts convulsifs. Les spasmes violents de quelques survivants en sursis, obsédés par l'unique désir de survivre à tout prix.

S'ils marchent encore, les deux, c'est juste pour essayer de se rassurer l'un l'autre.
Mais ils savent.
Le père se souvient encore. d'un temps où le monde était encore vivant et d'une vie absurde mais inestimablement vivable...
Il y pense encore mais s'interdit d' en parler à son fils qui n'a connu que l'enfer où ils s'enfoncent et qui ne connaîtra rien d' autre.

Ils sont merveilleux tous les deux. Ils n'ont plus l'ombre d'un espoir sur l'avenir. Juste la certitude de l'instant et de l'autre.
L'enfant est pur comme peut l'être un enfant de cet âge. Son père lui, doit surmonter tous les démons qui sont au coeur de l'homme.
Il doit sans cesse louvoyer entre la priorité de survivre et celle d' éviter les pires bassesses qui blesseraient l'enfant.
Leur accord est tacite et se lit bien dans les brefs échanges verbaux qui se terminent toujours par ces mots.
D'accord.
D'accord.
Et derrière ces mots, toutes les interrogations, les angoisses, les doutes...

Ce livre ne serait qu'un cauchemar absolu s'il n'y avait la chaleur humaine qui les lie, au delà de la souffrance et de la mort préssentie.
Cette chaleur et cette confiance qui est ce qu'il y a de meilleur dans l'humain et dans toute l'histoire de l'humanité.

Comme Bédoulène, je pense que ce livre est une fable dont le thème serait : l' humanité saura-t-elle survivre à sa propre folie.

Question que se posait aussi cet autre écrivain Stig Dagerman.

Récupéré


mots-clés : #psychologique
par bix_229
le Mar 21 Fév - 15:24
 
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Andrew Sean Greer

L'histoire d'un mariage

Tag psychologique sur Des Choses à lire - Page 6 Tylych17

Holland Cook est un jeune homme d'une grande beauté, à la personnalité mystérieuse. Pearlie tombe amoureuse de lui au premier regard. Séparés par la guerre, ils se retrouvent en 1949 à San Francisco et se marient. Pearlie pense vivre un bonheur tranquille. Quatre ans plus tard, la belle histoire vole en éclats lorsqu'elle reçoit la visite de Charles Drumer, un homme d'affaires qui lui propose un étrange marché.

Dès le début de cette lecture, j’ai repensé au  guide de la femme parfaite datant des années 60 et j’avais sous les yeux le portrait d’une vie acidulée en façade, celle des bonnes mœurs, le masque de la comédie pour cacher la tragédie de l’âme d’un couple dans un San Francisco des années 50 made in Guimauve.
Puis San Francisco s’assombrit  à l’arrivée d’une tierce personne et prend  la couleur d’un enfer, le mythe du mariage  prend l’apparence d’un spectre au rictus méphistophélique  dans ce foyer édulcoré terni  dans lequel on ne rêve plus, trop empreint de non-dits.
« Il a une maladie du cœur » dit-on en parlant de son mari…Affection pour cacher un dysfonctionnement affectif, une attirance qu’on ne nomme pas.
C’est l’histoire d’un pacte entre une épouse et un homme surgissant d’un passé inconnu,  d’une passion qui s’achète, payer les rêves de celle-ci  afin de vivre son besoin de l’autre.
D’un mari qui  survit d’un naufrage dans le pacifique durant la guerre pour finalement vivre une noyade en eaux troubles y plongeant tout l’univers qui gravite autour de lui en orbite.
D’une femme, de ses souvenirs fabriqués  et autant de questions sans réponses sur son mariage aux allures de trou noir d’Hypernova insondable et impénétrable.
D’une guerre dévastatrice inondant  chaque fragment  de l’esprit.  
Au milieu de tout ça, celui qui devrait être notre meilleur ennemi peut parfois devenir notre meilleur ami, un pacte avec celui qui change le cours de notre vie pour sauver celui qu’on aime.

« J’ignore ce qui unit les parties d’un atome, mais, semble-t-il, c’est la souffrance qui lie un être humain à un autre ».


Nous sommes désorientés devant cet abîme d’incertitudes, le précipice menant  à l’enfer d’une prise de conscience,  le néant obscur ou mène les  blessures pour finir dans un gouffre de solitude.
Aimer c’est peut-être ne pas savoir qui est l’autre, laissant la part d’imaginaire accomplir la magie d’une utopie.
La folie est sans aucun doute le moment où nous sommes dans la vérité, honnête avec nous-mêmes.
L’Histoire d’un mariage ou le cheminement de 3 âmes brisées mené par une écriture inquisitrice.
Délicieuse lecture.  

« Nous croyons connaitre ceux que nous aimons. Nos maris, nos femmes. Nous les connaissons, nous nous identifions à eux, parfois, séparés lors d’une soirée en bonne compagnie, nous nous surprenons à exprimer leurs opinions, leurs goûts culinaires ou littéraires, à raconter une anecdote qui ne sort pas de notre mémoire mais de la leur.
Nous observons leurs tics dans la conversation ou au volant, dans la manière de s’habiller et celle d’effleurer leur café avec un morceau de sucre qu’ils regardent virer du blanc au brun avant de le lâcher dans la tasse, satisfaits. Mon mari faisait cela tous les matins et je l’observais, j’étais une épouse vigilante.
Nous croyons les connaitre. Nous croyons les aimer. Mais ce que nous aimons ce révèle n’être qu’une traduction approximative, notre propre traduction d’une langue mal connue.
Nous tentons d’y apercevoir l’original le mari ou la femme véritables, mais nous n’y parvenons jamais. Nous avons tout vu. Mais qu’avons-nous vraiment compris ?
 



mots-clés : #psychologique
par Ouliposuccion
le Mar 21 Fév - 13:21
 
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Sujet: Andrew Sean Greer
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Peter Cameron

Un jour cette douleur te servira

Tag psychologique sur Des Choses à lire - Page 6 Rhydhd10

Au début du livre, après ce titre qui évoque une tragédie antique, on est plutôt surpris de la légèreté qui, dans une grande acuité d'observation, évoque plutôt une comédie alerte. Ce n'est que peu à peu que les angoisses et le drame s'insinuent, mais il y a toujours ce recul de l’humour, de la tendresse pour ses personnages. La dérision (le monde de l’art contemporain par exemple) reste toujours affectueuse. James Peter Cameron a un sens de la formule, qui émaille son  texte sans pour autant tomber dans l'aphorisme .

Les gens se figurent toujours que s’ils trouvent des arguments pour prouver qu'ils ont raison, on changera d'avis.


Ce roman séduit par la description de James, cet adolescent qui a un profond besoin de silence et de solitude, au point que cela le gêne dans sa communication avec les autres, mais le rend sans doute fort puisqu' il échappe au besoin de se rendre aimable, de séduire, d’avoir besoin du jugement favorable de l'autre. On est en même temps déchiré pour ce pauvre James, mais épaté de sa capacité à garder la tête hors de l’eau. J’ adore ce gamin, même si j’ imagine qu'il doit être assez difficile à supporter dans la vraie vie Je connais quelqu'un qui fonctionne exactement comme ça (en moins malheureux), j’ai une partie en moi qui y ressemble,  et je trouve que ce type de profil est rarement dépeint en littérature, dans une société où le relationnel, la communication, sont mis en exergue comme une espèce de postulat définitif (où le récapitulatif du nombre de ses amis est la base-même de l’image qu’on a  de soi).

Être seul constitue pour moi un besoin fondamental, comme la nourriture et l'eau, mais je me rends compte qu'il n'en va pas de même pour les autres. Mes compagnons de chambre paraissaient enchantés de la vie en commun dans le style on pète, on se fume un joint, et il se fichaient visiblement de ne jamais jouir de la solitude. Pour me sentir tout à fait moi-même, il faut que je sois seul. Communiquer avec les autres ne me vient pas spontanément ; c'est une contrainte qui me coûte un effort et donc, comme cela ne vient pas spontanément, je n'ai pas l'impression d'être tout à fait moi-même lorsque je fournis cet effort. Avec les membres de ma famille, je suis assez à l'aise, mais même là ça devient par moments une contrainte de ne pas me trouver seul


Plaisant aussi, c'est que, si on voit James et ses proches (ses parents, sa sœur) dans l’incapacité de gérer leur propre vie : ils courent désespérément après leurs amours impossibles, se comportent souvent en égoïste parfait, cependant, ils restent fondamentalement sympathiques, attentifs à l'autre dans leur détresse, complètemen,t maladroitement, certes, mais attentif quand même. Je trouve que beaucoup d'amour réunit ces quatre personnages qui devraient avoir la vie facile, mais se la compliquent perpétuellement, ils semblent partir chacun de leur côté mais un fil les retient.

Il me paraît à peu près évident que chacun retrouve dans cette histoire des choses qu'il a vécues étant adolescent, avec plus ou moins d'intensité, (et qu'il a peut-être revécu avec ses propres enfants adolescents) : cette solitude, cette incommunicabilité, cette impression d'être incompris, cette angoisse à entrer dans le monde des adultes, avec tout ce qu’il a de rebutant, ce refus des compromis, où il semble que faire le premier pas fait entrer dans un monde où on ne maîtrisera plus rien, où tout sera définitif sans échappatoire et prendre un chemin de traverse sera impossible. James prend finalement sa décision, à partir du moment où sa grand-mère lui propose d'autres pistes, où il comprend que l’ université n'est pas un chemin tout tracé par ses parents, contre lequel il faut se dresser, mais un choix qu'il assume lui-même puisqu'il n'est plus contraint.

Je vais émettre quelques réserves (ça sera moins louche) : j'ai trouvé que les 2 personnages tutélaires de James, la psy et la grand-mère était trop peu fouillés.
La psy est vraiment archétypale, avec tous les défauts qu'on retrouve toujours chez les psys dans la littérature (mais peut-être aussi dans la réalité ? ? Je n'en ai jamais rencontré en tant que thérapeute). Quant à la grand-mère, elle est un tout petit peu trop parfaite et  compréhensive. Mais tout cela n'est que détail, dans un roman gai et profond, d'une grande finesse psychologique sans être du tout psychologisant, parfois tordant, souvent émouvant où tout est subtilement dosé (je trouve que ce mot subtil lui va comme un gant)

(commentaire récupéré)


mots-clés : #initiatique #psychologique
par topocl
le Dim 19 Fév - 13:00
 
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Sujet: Peter Cameron
Réponses: 4
Vues: 490

Stefan Zweig

Lettre d'une inconnue

Tag psychologique sur Des Choses à lire - Page 6 Tylych11

« C’est depuis cette seconde que je t’ai aimé. Je sais que les femmes t’ont souvent dit ce mot, à toi leur enfant gâté. Mais crois-moi, personne ne t’a aimé aussi fort – comme une esclave, comme un chien –, avec autant de dévouement que cet être que j’étais alors et que pour toi je suis restée. Rien sur la terre ne ressemble à l’amour inaperçu d’une enfant retirée dans l’ombre ; cet amour est si désintéressé, si humble, si soumis, si attentif et si passionné que jamais il ne pourra être égalé par l’amour, fait de désir, et, malgré tout, exigeant, d’une femme épanouie. »

Un amour total, passionnel, désintéressé, tapi dans l’ombre, n’attendant rien en retour que de pouvoir le confesser. Une blessure vive, la perte d’un enfant, symbole de cet amour que le temps n’a su effacer ni entamer. L’être aimé objet d’une admiration infinie mais lucide. Une déclaration fanatique, fiévreuse, pleine de tendresse et de folie. La voix d’une femme qui se meurt doucement, sans s’apitoyer sur elle-même, tout entière tournée vers celui qu’elle admire plus que tout. La voix d’une femme qui s’est donnée tout entière à un homme, qui jamais ne l’a reconnue. Avec Lettre d’une inconnue, Stefan Zweig pousse plus loin encore l’analyse du sentiment amoureux et de ses ravages, en nous offrant un cri déchirant d’une profonde humanité. Ici nulle confusion des sentiments : la passion est absolue


Un texte magnifique tout autant que l’écriture, néanmoins, j'attendais bien plus de cette lecture.
Touchée, mais pas submergée d'émotions.
Il m'est paru impensable de vivre une telle vie dans l'ignorance de l'être aimé, d'accumuler autant de souffrances et de s'excuser encore de le troubler ...
Etre un homme vivant sur le même palier qu'une enfant durant des années et de ne pas reconnaître la femme qu'elle devint après l'avoir mise dans son lit me laisse dubitative.  
Je n’ai tout simplement pas trouvé ce texte crédible.
Envoyer cette lettre alors que durant toute une vie on a eu de cesse de vouloir protéger son secret, refuser de  troubler, pour finalement envoyer une bombe dont le destinataire n’aura jamais de réponse…
Bon…lecture agréable, le genre d’abnégation qu’on ne lit que dans les livres.


mots-clés : #psychologique
par Ouliposuccion
le Mar 14 Fév - 22:50
 
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Sujet: Stefan Zweig
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Atiq Rahimi

Terre et cendres

Tag psychologique sur Des Choses à lire - Page 6 Tylyc110

Un pont, une rivière asséchée dans un paysage grandiose et désolé, la guérite d'un gardien mal luné, une route qui se perd à l'horizon, un marchand qui pense le monde, un vieillard, un petit enfant, et puis l'attente. Rien ne bouge ou presque.

Nous sommes en Afghanistan, pendant la guerre contre l'Union soviétique. Le vieil homme vient annoncer à son fils qui travaille à la mine, le père du petit, qu'au village tous sont morts sous un bombardement. Il parle, il pense : enfer des souvenirs, des attentes, des remords, des conjectures, des soupçons... Cette parole nue dit toute l'horreur d'une souffrance qui cherche sa raison.


Toujours ce silence et ces paysages qui défilent , aussi beaux qu'ils sont souffrance.
Un texte d'une pureté magnifique qui nous mène vers un trouble indescriptible , un hommage à la vie, initiatique , au temps qui passe sur le non-dit , sur les âmes confuses en plein désarroi quand gronde l'agitation d'un l'Afghanistan secoué et ébranlé.
C'est en accompagnant ce grand-père et ce garçon que naît l'émoi et l'éblouissement au cœur d'un texte remarquable sous fond de malaise vertigineux.
Fascinant.


mots-clés : #guerre #psychologique
par Ouliposuccion
le Sam 4 Fév - 8:37
 
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Sujet: Atiq Rahimi
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Atiq Rahimi

Syngué Sabour,pierre de patience

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En persan, Syngué sabour est le nom d’une pierre noire magique, une pierre de patience, qui accueille la détresse de ceux qui se confient à elle. Certains, dans ce livre en tout cas, disent même que c’est elle qui est à La Mecque, et autour de quoi tournent les millions de pèlerins. Le jour où elle explosera d’avoir ainsi reçu trop de malheur, ce sera l’Apocalypse.
Mais ici, la Syngué sabour, c’est un homme allongé, comme décérébré après qu’une balle se soit logée dans sa nuque sans pour autant le tuer. Sa femme est auprès de lui. Elle lui en veut de l’avoir sacrifiée à la guerre, de n’avoir jamais résisté à l’appel des armes, d’avoir été un héros, et pour ce résultat : n’être plus à la suite d’une rixe banale qu’un légume. Pourtant elle le soigne, et elle lui parle. Elle lui parle même de plus en plus. Tandis que dans les rues les factions s’affrontent, tandis que des soldats pillent et tuent alentour, elle parle, elle dévide sa litanie sans jamais savoir si son mari l’entend et la comprend. Et c’est une extraordinaire confession sans retenue par quoi elle se libère de l’oppression conjugale, sociale, religieuse, allant jusqu’à révéler d’impensables secrets dans le contexte d’un pays semblable à l’Afghanistan. À la fin du livre cette Syngué sabour explosera...
Avec ce roman, directement écrit en français, Atiq Rahimi retrouve une forme de réalisme très proche de Terre et cendres avec une écriture qui, sèche et précise, sait aussi devenir par moments lyrique, emportée. Cependant, plus directement que dans ses précédents livres, et comme de l’intérieur, il décrit avec beaucoup d’audace, la réalité oppressante, au quotidien et plus précisément au quotidien féminin, d’une certaine conception de l’Islam.


un livre que l'on referme afin de mieux écouter le silence pour un ultime hommage à cette écriture dépouillée et si admirable.
Pas besoin de beaucoup de mots ni de grandes envolées pour décrire ce texte merveilleux.
Le style Rahimi est d'une justesse à vous glacer le sang , conteur d'un Afghanistan si cruel et si chaleureux.

mots-clé : #conditionfeminine #psychologique
par Ouliposuccion
le Sam 4 Fév - 8:32
 
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Sujet: Atiq Rahimi
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Yasunari KAWABATA

Les belles endormies

Tag psychologique sur Des Choses à lire - Page 6 T-l-ch14

Dans quel monde entrait le vieil Eguchi lorsqu'il franchissait le seuil des Belles Endormies ? Ce roman, publié en 1961, décrit la quête des vieillards en mal des plaisirs. Dans une mystérieuse demeure, ils viennent passer une nuit aux côtés d'adolescentes endormies sous l'effet de puissants narcotiques. Pour Eguchi ces nuits passées dans la chambre des voluptés lui permettront de se ressouvenir des femmes de son passé, et de se plonger dans de longues méditations. Pour atteindre, qui sait, au seuil de la mort, à la douceur de l'enfance et au pardon de ses fautes.


Il est des écrivains qu'on oublie pas , ceux qui nous troublent à la première lecture par la splendeur et la puissance des mots , par la sensualité et la poésie qui laissent un sillage à tout jamais , par la délicatesse et la fragilité qu'ils émanent; Yasunari Kawabata est de cette trempe.
Bien plus qu'un écrivain , il est un illusionniste que sa magie met en lumière , la clarté de la pureté des sens qu'il met en éveil auprès des jeunes endormies est un hymne à la beauté. Les réminiscences des femmes qui ont marqué la vie d'un homme qui n'en n'est plus un sont un flot de volupté et d'érotisme. De l'amour des femmes c'est l'ivresse des sensations qui inonde ces pages entreprenant le parcours autrefois viril d'un vieil homme qui revient s'abreuver à la source du désir.
Une grâce qui rayonne dans cet exil du vieillissement.
Une ode à la féminité.
Magistral.

Il était évident que la fille ne dormait là que par amour de l'argent. Cependant, pour les vieillards qui payaient, s'étendre aux côtés d'une fille comme celle-ci était certainement une joie sans pareille au monde. Du fait que jamais elle ne se réveillait, les vieux clients s'épargnaient la honte du sentiment d'infériorité propre à la décrépitude de l'âge, et trouvaient la liberté de s'abandonner sans réserve à leur imagination et à leurs souvenirs relatifs aux femmes. Était-ce pour cela qu'ils acceptaient de payer sans regret bien plus cher que pour une femme éveillée ?


Cependant le vieillard se demandait distraitement comment il avait pu se faire que le sein de la femelle humaine, seule parmi tous les animaux, avait, au terme d'une longue évolution, pris une forme si belle. Le beauté atteinte par les seins de la femme n'était-elle point la gloire la plus resplendissante de l'évolution de l'humanité ?



mots-clés : #psychologique
par Ouliposuccion
le Dim 29 Jan - 11:30
 
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Sujet: Yasunari KAWABATA
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David Grossman

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Tombé hors du temps
traduit par Emmanuel Moses

Dans beaucoup de langues, il n'existe pas de mots pour qualifier ceux qui ont perdu un enfant. Parce que ce n'est pas dicible?Le mot existe en hébreu, mais qu'est-ce qu'un simple mot pour faire part du tsunami d'émotions qui nous noie à un instant donné, et dont les vagues ne cesseront jamais de nous submerger au fil du temps ( eux sont " tombés hors du temps", très belle image) jusqu'à notre propre mort, même si leur violence diminue.
David Grossman a donc perdu son fils, Uri, pendant qu'il écrivait un livre au titre prémonitoire, Une femme fuyant l'annonce.
Il est resté longtemps, tel le centaure-écrivain du texte, à chercher " les mots pour le dire".
Est ce que ces mots existent?
Il existe en tout cas une imposante littérature du deuil . Et dans celle-ci, beaucoup de livres , tous dignes d'intérêts, témoignant de la perte d'un enfant. Des parents qui ont cherché aussi à communiquer leur immense douleur.
Victor Hugo avait aussi écrit de la poésie , Demain dès l'aube, pour sa fille Léopoldine.
Un musicien s'exprimera par la musique , tel Mahler dans ses déchirants Kindertotenlieder.
Un écrivain cherchera les mots, d'autres ont creusé encore et encore dans toute leur oeuvre , et je pense à Philippe Forest,  l'incompréhension devant cette injustice suprême qu'est la mort d'un enfant.

Et puis il y a beaucoup de témoignages, David Grossman a reçu beaucoup de lettres de témoignages , et c'est peut être l'origine de ce conte tragique ," récit pour voix".

Un duché, avec son Duc et sa duchesse, un chroniqueur, la voix off, chargé de rapporter au Duc les actions des habitants.
Et puis un homme et sa femme. Cinq ans se sont écoulés depuis la mort du fils. Et, soudain, l'homme se lève et se met à marcher. Parce qu'il le faut.
La femme ne le suit pas, elle semble, elle, avoir parcouru pendant ces cinq ans, le chemin du deuil et ses étapes:
Mais nous nous le sommes promis
Nous en avons fait le serment
Nous serons, nous aurons le mal
De lui, il nous manquera
Et nous vivrons.
Alors que se passe-t-il, maintenant,
Que s'est-il passé tout d'un coup
Pour que tu déchires tout
Comme ça?"


Mais, à la suite de l'homme, d'autres voix se lèvent d'un peu partout dans ce Duché ( même celle du Duc, de sa femme et du chroniqueur de la ville..) et on s'aperçoit que ce lieu ne regroupe que des parents en deuil. Ils sont tous différents, s'expriment de manière différente ( tout n'est pas poésie, dans le texte) et ont chacun leur histoire. Dont ils n'ont pas pu parler. Et la parole d'un homme libère la leur, et cela devient un choeur, très dissonant au départ, mais comme dans tous les choeurs, leurs voix vont se rejoindre et se répondre, chacun trouvant à sa manière les mots pour le dire.
En fait, on retrouve très bien les cinq étapes du deuil , telles que décrites cliniquement:
La sidération, ou le déni: pendant 5 ans ( plus pour d'autres), ils n'en ont pas parlé.
La colère: l'homme se lève et part, le " ce n'est pas possible"
Le marchandage: les revoir, une fois..
La dépression: ici, la muraille à laquelle ils se heurtent
L'acceptation et la parole possible qui implique de réaliser :

"
Je veux apprendre à séparer
La mémoire
De la douleur. du moins en partie,
Autant que possible, afin que tout le passé
Ne soit pas à ce point imprégné de douleur.

"

Il faut accepter de se laisser porter par ce texte , déconcertant au départ, de l'arrêter, d'y revenir, il est vraiment déchirant. Et magnifique.
Un grand bravo aussi au traducteur,Emmanuel Moses.

récup


mots-clés : #psychologique
par Marie
le Jeu 26 Jan - 2:59
 
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Sujet: David Grossman
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Chang-rae Lee

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Les sombres feux du passé

Monsieur Hata est l'incarnation même du rêve américain. Japonais d'origine coréenne, il est parvenu à s'intégrer parfaitement dans la petite ville de Bedley Run, où il est un  commerçant respecté et  l'heureux propriétaire d'une maison cossue qui suscite bien des convoitises. Vient l'heure de la retraite, et avec le désœuvrement, de l'introspection. L'occasion pour le vieil homme de se pencher, par exemple, sur la place qui est la sienne dans cette ville  où il a tant œuvré pour  se faire accepter :

Même avec une cheminée couverte de cartes de vœux, je sens que la mémoire collective est ici plus courte que je n'aimerais le croire, et s'abrège de plus en plus. De « ce bon docteur Hata », je suis devenu « ce brave retraité », pour passer à « qui est donc ce vieil Asiatique ? », phrase  que j'ai entendu chuchoter l'été dernier pendant que je payais à la caisse du nouveau restaurant de Church Street – remarque sans malice ni vilain préjugé, mais qui m'a tout de même laissé perplexe. Car, quoique je sois convaincu que ce genre de triste effacement atteint n'importe quel homme ou femme qui vieillit, même ceux qui avaient une certaine position dans la ville, je commence à soupçonner que, dans mon cas, il ne s'agit pas seulement de l'érosion du temps et de la place qu'on attribue à la vieillesse dans la vie moderne, mais plutôt du fait persistant et immuable de ce que je suis, sinon de qui je suis ; de la simple permanence de mon visage.


Certains événements que je ne dévoilerai pas vont ouvrir la vanne des souvenirs que Monsieur Hata gardaient soigneusement enfouis,  lézardant le masque des apparences  et nous révélant un être infiniment plus complexe qu'il ne le laissait paraître.
Pourquoi cet homme, célibataire endurci, a-t-il voulu à toute force adopter une petite coréenne ? Une petite Sunny que, malgré sa coupable indulgence, il n'est jamais parvenu à apprivoiser tout à fait, assistant impuissant à l'inexorable délitement de leurs relations... Une plongée dans les errements les plus graves de l'adolescence qui nous est narrée par un père à la fois totalement impliqué et bizarrement détaché ; sentiment de lectrice que je peine à retranscrire…

Le retour sur lui-même qu'effectue cet homme est un récit grave, douloureux, tendre aussi, traversé de beaux moments d'humanité. Infiniment poignant dans sa retenue. Avec lui le lecteur plonge au plus profond des souvenirs, jusqu'à se retrouver confronté à toute l'horreur des comportements humains en temps de guerre. L'attente de la défaite dans un camp d'hommes à cran, incapable désormais de cacher leurs déviances et leur cruauté...
C'est là, auprès de soi-disant volontaires qui n'étaient en fait que des femmes arrachées à leurs familles pour servir, dans les pires conditions, de filles à soldats,  que le lecteur finira par débusquer le nœud du problème, l'événement autour duquel il tournait depuis de nombreuses pages, l'évidente source de bien des comportements futurs de Monsieur Hata…

Les questions que le lecteur se pose, de plus en plus nombreuses au fil des pages, sur cet homme qui toute sa vie chercha à se faire accepter et à réparer quelque chose, trouveront en partie leur réponse dans ce récit triste et tendre comme l'est la vie. Mais la vérité des êtres nous échappe ; jusqu'au bout, Monsieur Hata et Sunny conserveront  une part de leur mystère…

Une lecture très riche et très forte que celle de ce livre.

Au fond, mon désaccord avec Mary Burns – ou son désaccord avec moi – tenait à ce que, malgré ma décision de rester célibataire toute ma vie, j'aie continué de tergiverser dans mes idées et dans mes actes, au point même de lui demander un soir si elle ne voulait pas vendre sa maison pour venir s'installer chez moi. Nous étions assis l'un près de l'autre dans le salon, devant une bonne flambée, en sirotant notre thé coutumier. Quand je lui ai déclaré ça, elle a soudain posé sa tasse, son expression d'habitude impassible s'est d'abord figée d'étonnement puis s'est illuminée de joie, et j'ai compris alors que j'avais fait une énorme bourde. Dans le silence qui a suivi, j'ai pressenti la décomposition, une crise froide et grave, comme si quelque chose était en train de mourir dans un coin de la pièce, invisible, et sans un mot. Je n'ai cependant pas retiré ma proposition, ni sur le moment, ni les jours suivants, mais je ne l'ai pas renouvelée ; j'espérais simplement qu'elle viendrait peu à peu à expiration. Et bien sûr elle a expiré, sans autre discussion, et presque de la façon que j'aurais souhaitée.


(Ancien commentaire remanié)


mots-clés : #immigration #psychologique
par Armor
le Mar 24 Jan - 17:27
 
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David Grossman

Une femme fuyant l'annonce

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Ora, une femme séparée depuis peu de son mari Ilan, quitte son foyer de Jérusalem et fuit la nouvelle tant redoutée : la mort de son second fils, Ofer, qui, sur le point de terminer son service militaire, s’est porté volontaire pour « une opération d'envergure » de vingt-huit jours dans une ville palestinienne. Comme pour conjurer le sort, elle décide de s’absenter durant cette période : tant que les messagers de la mort ne la trouveront pas, son fils sera sauf. La randonnée en Galilée qu’elle avait prévue avec Ofer, elle l’entreprend avec Avram, son amour de jeunesse, pour lui raconter son fils. Elle espère protéger son enfant par la trame des mots qui dessinent sa vie depuis son premier souffle, et lui éviter ainsi le dernier.

À travers le destin bouleversant d’une famille qui tente à tout prix de préserver ses valeurs et ses liens affectifs, l’auteur nous relate l’histoire de son pays de 1967 à nos jours et décrit avec une force incomparable les répercussions de cet état de guerre permanent sur la psyché des Israéliens, leurs angoisses, leurs doutes, mais aussi la vitalité, l’engagement, et l’amour sous toutes ses formes.  


Dès le prologue, on constate une puissance narrative, David Grossman ne fait pas qu’écrire et conter, il transbahute son lecteur sur un terrain miné qui tord les tripes. Il ressort de chaque personnage une extraordinaire humanité, une sensibilité singulière, un esprit divin.   Je n’ai pu me détacher de ce chef d’œuvre à la construction si parfaite qu’elle en est bien rare. Comment aborder le conflit Israélo-Palestinien sans tomber dans une gigantesque lourdeur ? C’est un homme ayant perdu son enfant tombé au Liban qui nous offre ce texte colossal, sans trébucher dans le sentimentaliste, juste un hymne admirable, une éloquence  de toute beauté. Un conflit abordé au travers d’une mère, Ora, fuyant de chez elle afin d’éviter l’éventuelle annonce des messagers de la mort alors que son fils s’est porté volontaire pour se battre, une manière de conjurer le sort  ne pouvant se résoudre à l’attendre. Pas d’annonce, pas de mort. C’est en ayant le ventre lacéré par ses entrailles que débute une élégie maternelle lors de son voyage en Galilée avec l’un de ses  amours de jeunesse, une introspection du destin de trois personnes brutalisées par un combat survivant dans la noirceur des sévices moraux et physiques. Ora  ou l’aura absolue, souveraine dans son royaume d’Israël fait de cendres et de  poussières, d’une force  admirable, les étincelles  d’une souffrance immarcescible. De cette guerre qui consume, incendie les âmes, calcine les espérances jaillit ce roman flamboyant , éblouissant.
Un livre  monumental et d’une profonde maîtrise dont on ne ressort pas indemne face à l’évidence que la guerre coule dans les veines, nourrit dès la plus jeune enfance  ceux d’une « terre promise », mais à qui ?


" En l’écoutant bredouiller des explications, les yeux baissés, Ora découvrit avec horreur que personne ne lui avait demandé de rempiler. Officiellement, il était libéré de ses obligations militaires et redevenu un civil. C’était son initiative, admit Ofer, le front buté, virant à l’écarlate, il n’allait pas manquer l’aubaine ! Pas question ! « Durant trois ans, j’en ai bavé pour me préparer à ce genre d’opération. » Trois années de barrages et de patrouilles, au cours desquelles il s’était fait matraquer à coups de pierres par les gamins des villages palestiniens ou des colonies, sans parler du fait qu’il n’était pas monté dans un tank depuis six mois, et maintenant, avec la déveine qui le caractérisait, il allait louper une expédition pareille avec trois unités blindées ! Il en avait les larmes aux yeux. On aurait dit qu’il lui demandait la permission de rentrer tard d’une soirée avec ses camarades de classe. Comment pourrait-il se prélasser à la maison ou se promener en Galilée pendant que ses camarades iraient au casse-pipe ? Bref, elle comprit qu’il s’était porté volontaire de son propre chef, pour vingt-huit jours."






mots-clés : #conflitisraelopalestinien #guerre #psychologique #voyage
par Ouliposuccion
le Mar 24 Jan - 17:23
 
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Sujet: David Grossman
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Paul Auster

Paul Auster
(Né en 1947)


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Paul Auster est un écrivain américain né le 3 février 1947 à Newark, New Jersey, aux États-Unis. Une partie de son œuvre évoque la ville de New York, notamment le quartier de Brooklyn où il vit. D'abord traducteur de poètes français, il écrit des poèmes avant de se tourner vers le roman et à partir des années 1990 de réaliser aussi quelques films. L'œuvre de Paul Auster se situe dans le mouvement du post-modernisme. Il est par excellence l'écrivain du hasard et de la contingence. Il traque au quotidien les bifurcations issues d'événements apparemment anodins. C'est ce que racontent La Musique du hasard, et surtout Léviathan dans une exceptionnelle scène centrale. Son style en apparence très dépouillé, travaillé au fil de ses œuvres poétiques, cache une architecture narrative complexe, faite de digressions exagérées, mais toujours pertinentes, d'histoires dans l'histoire et de trompe-l'œil (Le Noël d'Auggie Wren).  Il décrit aussi la perte, la dépossession, le rapport à l'argent, l'errance (dans Moon Palace, le personnage principal se nomme symboliquement Marco Stanley Fogg). Il s'interroge aussi sur l'identité, notamment dans la Trilogie new-yorkaise où l'un des personnages (qui n'est pas le narrateur) porte son nom, dans Léviathan, dont le narrateur a ses initiales (Peter Aaron) et rencontre une femme nommée Iris (anagramme du prénom de sa propre épouse Siri), ou dans La Nuit de l'oracle et Dans le scriptorium, dans lequel un personnage porte le nom de Trause (anagramme d'Auster).



Ouvrages traduits en français :

Trilogie new-yorkaise
1. La Cité de verre,  City of Glass, 1985)
2. Revenants,  Ghosts, 1986)
3. La Chambre dérobée,  The Locked Room, 1986)

Romans indépendants
Fausse Balle,  (Squeeze Play, 1982)
Sous le nom de Paul Benjamin.
Le Voyage d'Anna Blume,  (In the Country of Last Things, 1987)
Moon Palace,  (Moon Palace, 1989)
La Musique du hasard, (The Music of Chance, 1990)
Léviathan, (Leviathan, 1992)
Mr. Vertigo,  (Mr. Vertigo, 1994) : Page 2
Tombouctou,  (Timbuktu, 1999)
Le Livre des illusions, (The Book of Illusions, 2002) ; Page 5
La Nuit de l'oracle,  (Oracle Night, 2003)
Brooklyn Follies,  (The Brooklyn Follies, 2005)
Dans le scriptorium, (Travels in the Scriptorium, 2006)
Seul dans le noir,  (Man in the Dark, 2008) : Page 2
Invisible, (Invisible, 2009) : Page 1
Sunset Park,  (Sunset Park, 2010) : Page 1, 6
Ici & Maintenant (correspondances) : Page 1
Excursions dans la zone intérieure 2014 : Page 5
4 3 2 1 , (2018) : Pages 2, 3, 4

màj le 23/10/2019


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Invisible  roman paru en 2009.

Du Paul Auster pur jus, remarquablement écrit comme toujours.

«New York, 1967 : un jeune aspirant poète rencontre un énigmatique mécène français et sa sulfureuse maîtresse. Un meurtre scelle bientôt, de New York à Paris, cette communauté de destins placés sous le double signe du désir charnel et de la quête éperdue de justice.»

Superbe variation sur L'ère du soupçon, Invisible explore, sur plus de trois décennies, les méandres psychiques de protagonistes immergés dans des relations complexes et tourmentées..." dixit la quatrième de couverture... Je ne saurais mieux dire, une remarquable construction narrative.  On suit avec un intense intérêt les aventures d'Adam, jeune étudiant séduisant et idéaliste confronté à un personnage cynique, Born, professeur en poste pour une année dans un établissement prestigieux et à sa compagne Margot , séduisante jeune femme dont il tombe vite sinon amoureux.... du moins sous le charme. Tous deux français, rencontré au cours d'une soirée...qui vont jouer un rôle certain dans son destin... On croit que tout est joué au fil du récit... et bien non... toujours une surprise... génial ! Smile


mots-clés : #psychologique
par simla
le Ven 20 Jan - 5:28
 
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Sujet: Paul Auster
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Conrad Aiken

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UN COEUR POUR LES DIEUX DU MEXIQUE
Edité par La Table ronde/La Petite Vermillon

Deux hommes et une femme quittent les États-Unis pour aller au Mexique. Ce roman est l'histoire de ce voyage.
Les deux hommes aiment cette femme depuis longtemps, mais les aléas de la vie l'ont écartée de leur existence sinon de leur mémoire.
Condamnée à mourir à brève échéance, elle décide d'aller au Mexique avec eux. Et ce voyage avec l'amour et avec la mort se transforme vite en cauchemar. Comme si la mort, délaissant les paysages avait déjà frappé les humains, les transformant en fantômes ou en zombies.

Ce qui m'a ému dans ce livre, c'est le portrait d'une femme comme il en existe de temps en temps dans la fiction comme dans la vie.

"... De type nordique, très blonde ; des yeux bleu gentiane, si ça peut vous dire quelque chose - les plus bleus que vous ayez jamais vus. Mais sur le plan prosaïque, on ne sait pas très bien la décrire, car ce qu'on remarque essentiellement dans son visage, c'est la mobilité, la luminosité. L'énergie et le courage. Son rire est simplement délicieux ; en riant, elle détourne toujours un peu, très peu, son visage, mais sans vous quitter des yeux, à la fois timide et éclatante. Elle est timide. Mais la timidité lui donne une brusquerie, une hardiesse charmantes. On sent en elle un besoin de regarder et de dire la vérité, d'exprimer ses sentiments et c'est ce qu' elle fait. Mon Dieu quelle sincérité ! J'ai souvent pensé, vous savez, qu'elle est l'être le plus transparent que j'aie... Mais en fait la chose la plus étonnante chez elle, et pourtant évidente en même temps, c'est qu'elle fait partie de ces êtres rares qu'on ne peut s'empêcher d'aimer, tout simplement."

Et puis il y a dans ce livre une intensité dramatique à cause de la mort attendue, et de la révolte et de l'amertume des survivants.
Ce livre-là est romantique et les sentiments évoqués deviennent merveilleusement crédibles sous les yeux fascinés du narrateur…

(Message récupéré)

mots-clés : #psychologique #voyage
par bix_229
le Mer 11 Jan - 16:30
 
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Thomas Savage

Tag psychologique sur Des Choses à lire - Page 6 Savage10

LE POUVOIR DU CHIEN

Publié aux États-Unis en 1967, et resté étrangement méconnu pendant des décennies, la redécouverte d'un chef-d'oeuvre de la littérature américaine contemporaine et d'un roman emblématique du catalogue Belfond. Grand sondeur des méandres tortueux de l'âme humaine, Thomas Savage retrace la lente dégradation des relations entre deux frères issus d'une riche famille d'éleveurs du Montana, dont le quotidien rude et laborieux est soudain bouleversé par l'arrivée d'une femme.

« Les ombres de Steinbeck et de Tennessee Williams planent dans le ciel de Thomas Savage et l'Ouest, le vrai, est une nouvelle fois terre de littérature. »
Pierre Sorgue, Télérama

En évoquant la lente dégradation des relations entre deux frères, que vient troubler l'arrivée d'une femme, Thomas Savage signe un huis clos d'une rare intensité psychologique, un western littéraire d'avant-garde qui scandalisa la critique lors de sa sortie en 1967 pour avoir porté atteinte au mythe du rude et viril cow-boy de l'Ouest.
Inexplicablement resté dans les limbes de l'édition pendant de longues décennies, redécouvert à la fin des années 1990, Le Pouvoir du chien est aujourd'hui reconnu comme un chef-d'oeuvre de la littérature américaine du xxe siècle.
À lire ou à relire d'urgence.

Belfond

J'ai lu tout ce qui était traduit de Savage, c'est peu. Et c'est depuis plus de dix ans.
Souvenir très positif de ce livre.


mots-clés : #identitesexuelle #psychologique
par bix_229
le Mar 10 Jan - 17:04
 
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Claudia Piñeiro

Elena et le roi détrôné

Tag psychologique sur Des Choses à lire - Page 6 Image310

Pour une fois, j’en veux à Actes Sud. Ce roman n’a rien d’une littérature policière, contrairement à ce que dit le 4ème de couverture. Et le titre français est un abus, voulant donner un autre ton au livre que le titre original « Elena sabe » (Elena sait) .
On comprend que « Elena et le roi détrôné » avec  un air de tragédie antique, ait séduit pour ce livre qui parle de vie et de mort, de dette et de filiation. (Il s’explique par le cerveau d’Elena qui est « un roi détrôné, qui ne s’est pas aperçu qu’il ne gouvernait plus »).

Mais  lire le livre à la lumière du titre original lui donne un sens plus prosaïque, plus humble,  qui ne me déplaît pas. Elena sait . Elena est quelqu’un qui sait, quelqu’un qui ne questionne pas (ou mal), et avance. Elle est atteinte de maladie de Parkinson. On la suit au fil d’une journée, les assaut de la maladie rythmés pas les prises de médicaments, lesquelles accordent un répit. Claudia Pineiro nous livre une description scrupuleuse, quasi obsessionnelle de la maladie qui envahit le corps, fige tous les instants en un combat toujours recommencé, amène Elena à des ressassements taraudants. Elena est à la merci de la maladie, ce démon « cette salope » dit-elle, qui lui dicte une vie réduite à s’observer.

Au-delà de l’émotion que peut donner cette description d’un quotidien impitoyable, Elena est donc quelqu’un qui sait. Ou plutôt qui croit savoir. Elle croit savoir que sa fille Rita, n’est qu’une catholique froide et revêche, sans affect et sans vie personnelle. Qu’elle ne peut donc pas s’être suicidée, pendue au bout d’une corde à une poutre de l’église comme le prétend la police. Elle croit savoir qu’Isabel, qu’elle a  empêchée d’avorter il y a vingt ans de cela, lui doit une fière chandelle. Et qu’elle ne peut lui refuser de l’aider à prouver « l’innocence »  de Rita. Que d’ailleurs la maladie lui donne ce droit d’exiger. Elle va apprendre au bout d’un long voyage en train puis en taxi à travers la ville, mené avec obstination malgré la maladie, que la vie n’est pas toujours ce que l’on croit, que les droits, les devoirs et l’amour ne se commandent pas, ne se décident pas unilatéralement.

Ce livre propose une description de l’intérieur de la maladie de Parkinson, vraiment bien rendue , mais aussi des ravages de toute maladie (le handicap, la culpabilité, la honte, la dépendance, mais aussi l’arrogance que cela donne parfois). Mais aussi une histoire de vie et de mort, d’amour mal exprimé, de vengeance peut-être face à une vie qui n’a pas donné tout ce qu’on en attendait.
Une héroïne qu’on suit à petits pas, comme elle marche elle-même , qu’on découvre peu à peu, qui, butée et déterminée, veut vivre, quoi qu’il arrive,  et est prête à beaucoup pour cela, même à certains mensonges. On apprend dans ce livre qu’à trop savoir, on se trompe souvent.

(commentaire récupéré)



mots-clés : #psychologique #pathologie
par topocl
le Sam 7 Jan - 10:15
 
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