Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Jeu 9 Juil - 8:05

66 résultats trouvés pour solitude

Clara Dupont-Monod

Nestor rend les armes

Tag solitude sur Des Choses à lire - Page 4 Cvt_ne10

Au début je dois bien le dire, je n'ai pas du tout aimé. Et quand on aime pas le début d'un récit de petite taille, l'on se dit que l'impression du début n'aura pas le temps de changer.
Le souci étant que je ne sais pas du tout pourquoi cela ne m'a pas plu au premier abord. Peut être une question de contexte je ne sais pas.
J'ai persisté et c'est là que je me dis qu'il faut finir le plus possible les ouvrages que l'on commence car l'on peut être finalement agréablement surpris.
C'est une jolie histoire, triste, mais jolie. Les personnages sont attachants, Nestor est une douleur ambulante et on peut le comprendre, lorsque l'on prend conscience de la globalité de son existence.
Paradoxalement à sa corpulence c'est un personnage qui ne prend pas de place, qui rétrécit au fur et à mesure et c'est une impression troublante que le style de l'auteur, performant sur ce point, utilise parfaitement.
Mais il y a un bémol. Ce style, performant, n'a rien de particulier, je ne sais pas si en lisant un autre livre de cette auteure et si on m'en cache la couverture, je serais dans la capacité de reconnaître qui l'a écrit. Il n'y a rien de spécifique et je trouve cela gênant. C'est propre, académique, un peu facile peut être.
Le récit est typique de ce que je trouve dommage en littérature française actuelle, peut être héritée du nouveau roman : tout tourne autour, tout est articulé autour d'un quotidien de personnages qui ont des problèmes et si ces ouvrages ne sont pas sauvés par un style atypique ou original alors ils peuvent se confondre aisément. C'est un récit de l'actualité individuelle, il n'y a pas de thématique transcendante, pas d'environnement global, un narrateur trop neutre, et la seule originalité réside dans les trois fins proposées que le lecteur peut choisir. Ce sont d'ailleurs des fins qui auraient pu être complémentaires elles ne proposent pas de directions fatalement différentes.
C'est donc une lecture mitigée, elle ne fut pas désagréable, le livre possède quelques qualités mais je ne suis pas certain de m'en souvenir la semaine prochaine.


mots-clés : #solitude
par Hanta
le Sam 6 Mai - 23:28
 
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Sujet: Clara Dupont-Monod
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Karel Schoeman

Tag solitude sur Des Choses à lire - Page 4 51gphk10

La saison des adieux ( Afskeid en Vertrek)
Traduit de l'afrikaans par Pierre Marie Finkelstein

Karel Schoeman est un écrivain fidèle au vieux parler de source batave, l'afrikaans.Même si c'est un intellectuel polyglotte, il a traduit Schiller, Schnitzler et Tchekhov.

Les années 70, au Cap. Il pleut, il ne fait que pleuvoir, et la ville glisse lentement dans les ténèbres.. Ces ténèbres, on ne sait pas tellement bien ce que c'est ,en fait, car les personnages du livre ne veulent surtout pas le voir. Ils appartiennent à la communauté blanche, recroquevillée sur elle-même, désarçonnée par les changements autour d'elle, et dont la plupart des membres n'a plus qu'une envie, partir.

Et dans cette communauté, un petit groupe d'intellectuels cherche encore à faire semblant , dans de tristes réunions mondaines où presque tous -même un journaliste...- vivent dans un déni complet de la tragédie de leur pays. Presque tous car un écrivain, poète,un des seuls à exercer sa lucidité, va apprendre le détachement , la solitude et le renoncement.

Ceux qui avaient frappé autrui furent frappés à leur tour, ceux qui avaient fait tomber autrui trébuchaient et tombaient à leur tour; soudain nous comprîmes que ce sang sur nos mains était le nôtre et plus celui des autres. Les gens gisaient à terre dans la position qu'ils avaient en tombant et nous, qui errions parmi les cadavres en hésitant afin de ramasser les vêtements épars ,nous rendions compte avec surprise que cette veste était la nôtre, que ces chaussures étaient à notre pointure: pour la première fois, ces visages que nous voyions, tombés face contre terre, le nez dans la poussière, nous étaient familiers; désormais,ces visages étaient les nôtres. De quel droit pensions nous que nous serions les seuls à être épargnés?
Nous apprîmes l'humiliation et nous apprîmes aussi à être humbles, à courber l'échine, à chercher parmi les cadavres , à nous traîner au-delà des barbelés des postes de contrôle,à attendre dans des files interminables dans les halls de gare et sur les quais; enfin, du moins le croyons- nous. Laissez-nous espérer que nous avons appris à réfléchir, à comprendre, que nous avons appris la pitié et la compréhension, sans quoi nous n'aurions rien appris, et tout aurait été vain.



Ce n'est pas la violence de Coetzee,mais la puissance du texte est la même, c'est extrêmement mélancolique et triste, magnifiquement écrit ( avec là aussi une mention pour le traducteur!)


mots-clés : #regimeautoritaire #solitude #violence
par Marie
le Mar 21 Fév - 1:22
 
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Sujet: Karel Schoeman
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Per Petterson

Pas facile de voler des chevaux

Tag solitude sur Des Choses à lire - Page 4 Images12

Ce livre se construit sur le thème assez classique de l'homme au crépuscule de sa vie, qui tire un trait, se retire dans la solitude, dans l'espoir d'une vieillesse sereine, basée sur l'amour de la nature et le travail manuel,. Il reconnaît en son voisin un garçon qu'il a connu lors de l’ été de ses 15 ans, en 1948, lequel fut bien particulier pour lui, et les souvenirs remontent peu à peu. Entre promenades et travaux campagnards, il nous raconte ce fameux été qui fut sans doute le dernier de son enfance , ses joies et ses bouleversements.

Il ne faut pas chercher une cohérence, un départ et une fin, ou des réponses dans cette démarche. Il faut aimer la nature, le travail des hommes, les lumières et les odeurs. Il n'y a pas de but : c'est comme dans la vie il n'y a que la cohérence d'une personne, qui se construit, puis vieillit. J'ai beaucoup aimé la lecture au fil des pages : une écriture fluide, des descriptions, une façon de voir la vie donnent un réel plaisir de l'instant au lecteur. Mais d'une certaine façon j’ai trouvé que le livre manquait de sens, les faits sont là, les pistes n'aboutissent à rien. Il y a une façon de ne pas tout livrer qui me déstabilise. Et cela laisse, une fois le livre fermé, une certaine insatisfaction.

Toute ma vie j’ai désiré vivre seul dans un endroit comme celui-ci. Même quand la vie était belle, et elle l’a souvent été. Ça, je peux l'affirmer. Qu’elle l’a souvent été. J'ai eu de la chance. Mais même dans ces moments-là, au milieu d'une étreinte par exemple, quand on me murmurait à l'oreille les mots que je voulais entendre, j'ai parfois ressenti un brusque désir d'être loin, dans un endroit où tout ne serait que silence. Pendant des années, je n'y ai pas pensé, mais ce désir était quand même présent. Et maintenant je vis ici, et tout ressemble presque à ce que j'avais imaginé.


Les gens aiment bien qu'on leur raconte des choses avec modestie et sur le ton de la confidence, mais sans trop se livrer. Ainsi ils pensent vous connaître, mais ce n'est pas vrai. Ils connaissent des choses sur vous, ils ont appris certains détails, mais ils ne savent rien de vos sentiments ni de vos pensées, ils ignorent comment les événements de votre vie et les décisions que vous avez été amené à prendre ont fait de vous celui que vous êtes. Ils se contentent de vous attribuer leurs propres sentiments et leurs propres pensées ; avec leurs suppositions, ils construisent une vie qui n'a pas grand-chose à voir avec la vôtre. Et vous êtes en sécurité.


Maintenant, au cinéma, il n'y a plus que des idées. Des idées bien minces et quelque chose qu'on voudrait faire passer pour de l'humour. Tout est censé être si drôle. Mais j'ai horreur de me laisser divertir, je n'ai plus assez de temps pour ça


(commentaire récupéré)

mots-clés : #initiatique #nature #solitude #vieillesse
par topocl
le Dim 1 Jan - 17:39
 
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Sujet: Per Petterson
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Richard Ford

Tag solitude sur Des Choses à lire - Page 4 41msgo10

UN WEEK-END DANS LE MICHIGAN

Dans ce premier livre d’une trilogie nous faisons connaissance avec Franck Bascombe (la trentaine) journaliste sportif, récemment divorcé, père de 2 enfants vivant avec son ex-femme à laquelle la perte de leur fils aîné le lie pour toujours.
Franck a des liaisons courtes avec de nombreuses femmes, mais en amour comme en toute chose il n’aime pas les complications. Il pratique l’oubli comme une protection quant à ce qui pourrait survenir de dommageable dans sa vie. Il vit l’existence d’un homme aisé sans contrainte; son métier le satisfait alors qu’il avait les capacités pour devenir écrivain.
Ce W.E pascal dont il attendait tant de bonheur, de joies simples se délite au fil des heures et certains faits se révèlent irréversibles.

Ce récit sur 3 jours est très révélateur de la vie de cette tranche de la population et de ces villes. À deux ou 3 propos le problème du racisme affleure.
L’auteur dresse le portrait d’un homme banal en somme avec ses faiblesses : le personnage fait preuve de cynisme, d’indifférence, il s’ennuie dans cette vie banale qui génère un certain fatalisme. Mais parce qu’il aime ses enfants, que la perte de son fils le bouleverse toujours, que son mariage a éclaté, et qu'il sait espérer et rêver, notre sympathie lui est accordée.

Une remarque : tout au long de ce récit Franck nomme son ex-femme X mais cet anonymat ne s’accorde pas avec les liens qui le lient encore à elle. L’auteur peut aussi bien emmener la disparition de X dans la suite ou au contraire la faire réapparaître pour un nouveau départ du couple ( ?) (à suivre dans le prochain livre).

Tous les personnages sont approfondis et installés justement. Je retrouverai Franck Bascombe dans le second livre 10 ans plus tard.

Extraits :

Tag solitude sur Des Choses à lire - Page 4 R_110
Tag solitude sur Des Choses à lire - Page 4 R210
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(message rapatrié)


mots-clés : #psychologique #solitude
par Bédoulène
le Sam 31 Déc - 18:21
 
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Sujet: Richard Ford
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Hubert Mingarelli

La route de Beit Zera

Tag solitude sur Des Choses à lire - Page 4 Lemur10

Dans ce roman très beau, très tendre, très triste, Hubert Mingarelli nous raconte l'histoire d'un homme, déjà vieux, habitant dans une maison en pleine forêt, accompagné d'une chienne vieillissante, une chienne qui jour après jour perd ses forces alors que Stepan regarde avec amour et attention à la fois les oiseaux dans les arbres et la traîne blanche que laisse un avion dans le ciel. On sent chez cet homme un désespoir latent, une absence, celle du fils parti de l'autre côté du monde et une solitude palpable, qui chaque jour le met à l'épreuve de lui-même. Jusqu'au jour où un jeune enfant, un enfant arabe, c'est-à-dire l'enfant de ses ennemis surgit entre deux eucalyptus et adosse son propre mutisme à celui du vieil homme. Mais Amghar ne vient pas pour Stepan, il vient pour la chienne, celle que la mort attend, celle avec qui les mots sont inutiles.

C'est à une sorte de jeu de cache-cache géant que nous invite Mingarelli, mais un cache-cache adulte, celui d'un vieil homme qui tour à tour se montre orgueilleux et peureux, silencieux puis bavard, meurtri et joyeux, colérique et attentif, tendre et triste à la fois. Celui qui remonte le moral de son copain Samuelson, pleurant comme un veau sur ses malheurs passés et celui qui regardant sa chienne sait qu'il faudra en finir avec sa décrépitude. Celui qui serre très fort son fils dans ses bras, qui lui écrit chaque jour une lettre à heure fixe, qui a construit sa vie autour d'un vide, d'une crevasse et d'un cri ravalé, un hurlement coincé dans la gorge, un aboiement de rage. Pourtant la colère, il l'exprime parfois, parfois aussi l'énervement ou le désintérêt mais la douleur, comment la dire en dehors de ce gémissement rentré, de ce grognement inaudible, de ce grondement inarticulé ? C'est dans ce cri interdit que le personnage de Stepan bouleverse le lecteur, dans sa relation quasiment fusionnelle avec sa chienne, dans le geste sacrificiel qu'il doit commettre que se tisse le lien entre l'homme et celui qui le découvre. Le lecteur, prisonnier des lentes répétitions qui donnent au livre une sorte de rythmique, comme un gospel, une incantation sourde, une marche funèbre derrière laquelle on avance en se balançant d'un pied sur l'autre, en tentant de ne pas effrayer l'enfant, ni la chienne, ni le vieil homme, c'est dans cette atmosphère de recueillement et de silence que le lecteur est tout à coup sidéré par la justesse de ce qui est dit, par la tristesse foudroyante qui émane de ce texte d'une beauté dense, sylvestre, rapace.

J'ai été profondément touchée par ce roman. Profondément attristée par ce que nous raconte Mingarelli, sans jamais verser dans le pathos, mais en chantant à la fois le requiem des peuples qui se haïssent et en marquant le long silence qui suit un chant funèbre avant les applaudissements. C'est dans cet interstice que Mingarelli parvient à glisser toute son humanité.



mots-clés : #conflitisraelopalestinien #solitude
par shanidar
le Lun 5 Déc - 16:59
 
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Sujet: Hubert Mingarelli
Réponses: 37
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Bohumil Hrabal

Une trop bruyante solitude


Tag solitude sur Des Choses à lire - Page 4 Tylych11


Un livre magnifique, un chef d’œuvre, l’un des livres les plus importants de la littérature tchèque. Peut être le livre que j’emmènerais sur une île déserte. Longtemps que je le lis et que je le relis. Longtemps qu’il continue de me toucher. Un langage simple utilisé par l’écorché vif qu’est cet écrivain tchèque, celui qui parle de petits rien pour les magnifier, qui décrit sa vie pour la fantasmer, qui combat par un phrasé grandiose. L’émotion frappe, elle choque, elle nous tire de notre torpeur. Cet amour du livre et cette détestation de la bêtise humaine caractérisée par une soif de progrès au détriment de la tradition, ce combat contre l’inculture et le « tout-politique » de sombres époques nous fait réfléchir et nous bouleverse. Un style simple certes mais terriblement séduisant dans son articulation avec une ponctuation maîtrisée, ce qui est rare, une utilisation du point-virgule en l’occurrence qui est habituellement inappropriée et qui là ajoute une cadence et un rythme intéressants.

Bohumil Hrabal déclarait qu’il «a existé pour écrire Une trop bruyante solitude». Je suis content qu’il ait existé car il me semble être né pour lire ce livre. Je crois en fait que ce livre concerne tout lecteur, toute personne intéressée par l’éveil de la conscience, la curiosité et l’étonnement philosophique. Un grand roman, écrit par un grand homme. Longtemps j’ai aimé lire, grâce à ce livre la lecture est une passion. C’est ce genre d’écrivain pour qui j’ai de l’admiration, un écrivain qui m’impressionne par sa simplicité et son talent et qui arrive à me transformer alors que je connais son ouvrage par cœur.


mots-clés : #regimeautoritaire #solitude
par Hanta
le Sam 3 Déc - 23:27
 
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Sujet: Bohumil Hrabal
Réponses: 21
Vues: 1242

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