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Message par bix_229 le Mer 2 Oct - 20:19

J'ajouterai parmi les livres que j'ai lus : Demande à la poussière et
Reves de Bunker Hill.
L'univers de Bandini est en partie autobio et on retrouve tranches
de vie et personnages revisités.
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Message par Arturo le Mer 2 Oct - 21:16

Oui ce sont parmi ses meilleurs à mon goût. Mon préféré est peut-être La route de Los Angeles.
Mais pour Armor, voire Bédou, je conseillerais plutôt les options que j'ai mentionnées plus haut.
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Message par églantine le Mer 2 Oct - 21:18

Et pour moi ? Suspect
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Message par Arturo le Mer 2 Oct - 21:34

Pour toi, c'est trop difficile ! Razz

Spoiler:
Peut-être un des deux que Bix a mentionné.
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Message par Tristram le Ven 3 Jan - 23:10

Les Compagnons de la grappe

John Fante - Page 2 Les_co10


The Brotherhood of the Grape aurait peut-être été mieux traduit par « la fraternité de la vigne », comme il est dit dans le roman lui-même ? La traduction de Brice Matthieussent m’a aussi paru douteuse par endroits (comme ces « briques rouges immaculées »)…
Le narrateur, Henry Molise, est un écrivain quinquagénaire qui évoque ses relations familiales, notamment avec son père, Nick, immigré des Abruzzes, ancien maçon et tailleur de pierre de soixante-seize ans, autoritaire ‒ un tyran domestique ‒, buveur, joueur, coureur et violent. Les rapports entre ce dernier, sa femme et les quatre enfants sont toujours conflictuels, dans une alternance passionnée de haine et d’amour, haute en couleur et typiquement ritale. C’est en fait la même saga familiale que Fante raconte dans ses précédents romans, avec l’exubérance, l’infantilité, la sentimentalité, la rage latines.
« Un peu d’ail écrasé sous ses narines lui fit reprendre conscience, et avec le courage d’une sainte Bernadette elle se mit à vaciller dans la cuisine pour poser du vin et des tartes génoises sur la table, où une discussion de ses problèmes avec papa s’ensuivit. »

« De fait, nous formions un clan impulsif, imprévisible, imbattable pour les décisions prises à chaud et les remords lancinants. »

« Le cimetière de Valhalla grouillait d’anges en marbre blanc sculptés par mon père, les ailes déployées, leurs bras et leurs longs doigts tendus, graves et concentrés comme des oiseaux de proie, figés en une posture menaçante, tels des vautours protégeant leur charogne. Perchés un peu partout, on avait l’impression qu’ils avaient déjà profané les tombes. »

« Mon père n’avait jamais désiré d’enfants. Il avait désiré des poseurs de briques et des tailleurs de pierre. Il a eu un écrivain, un comptable dans une banque, une fille mariée, et un serre-freins. En un sens il a essayé de faire de ses fils des maçons comme on façonne la pierre – en cognant dessus. »
C’est la lecture qui permit à Henry de s’évader de l’emprise paternelle, lui révélant sa vocation :
« Alors c’est arrivé. Une nuit que la pluie tambourinait sur le toit indigné de la cuisine, un grand esprit s’est glissé à jamais dans ma vie. Je tenais son livre entre mes mains tremblantes tandis qu’il me parlait de l’homme et du monde, d’amour et de sagesse, de souffrance et de culpabilité, et j’ai compris que je ne serais plus jamais le même. Il s’appelait Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski. Personne n’en savait autant que lui sur les pères et les fils, les frères et les sœurs, les prêtres et les fripons, la culpabilité et l’innocence. Dostoïevski m’a changé. L’Idiot, les Possédés, les Frères Karamazov, le Joueur. Il m’a bouleversé de fond en comble. J’ai découvert que je pouvais respirer, voir des horizons invisibles. La haine que j’éprouvais pour mon père a fondu. Je me suis mis à l’aimer, cette pauvre épave livrée à ses obsessions et à la souffrance. J’ai aussi découvert mon amour pour ma mère, et pour toute la famille. L’heure était venue de devenir un homme, de quitter San Elmo pour m’ouvrit au monde. Je voulais penser et sentir comme Dostoïevski. Je voulais écrire. »
S’ensuivit une période de vagabondage à Los Angeles, narrée avec humour, avant un piteux retour au foyer où il s’initie à l’écriture.
Mais l’emprise paternelle est telle qu’Henry suit aujourd’hui son père pour l’aider à construire un fumoir de granit dans les montagnes…
« Agenouillés près du torrent, nous avons tété le cruchon en tournant nos visages hâves vers le résultat de nos efforts – une petite bâtisse trapue qui ressemblait à un bunker arabe dans le Sinaï. Ce fumoir était mal fichu et tout de guingois. On aurait dit que les pierres avaient été jetées dans le mur plutôt que posées l’une sur l’autre. Les murs ondulaient comme du linge qui claque au vent, tantôt convexes, tantôt concaves, pleins de bosses et de creux, et puis ils étaient très épais, beaucoup plus épais que ce qu’avait promis papa. Le mortier dégoulinait de partout et maculait la pierre. Malgré tous ces défauts esthétiques, ce fumoir semblait indestructible. […]
Ça ne ressemblait pas du tout à un bâtiment, davantage à une charretée de pierres déversées en vrac. Fatigué, ivre, en proie à des hallucinations, je me suis mis à voir une ancienne tombe indienne. Puis un iceberg. J’ai cligné des yeux et regardé encore. Maintenant c’était un ours polaire. Puis le mont Whitney, puis une formation rocheuse sur la lune. Le brouillard envahissait la clairière tandis que je roulais les tuyaux et rassemblais les outils. Quand j’ai regardé de nouveau la chose, c’était un navire qui avançait lentement dans la brume. »
C’est l’occasion de célébrer le fruit de la vigne, le vrai sang italien.
« Nous pénétrions dans les vignobles d’Angelo Musso, la terre sacrée de mon père et de ses amis. Depuis cinquante ans ils éclusaient le Chianti et les crus authentiques produits par ces collines rocheuses. Ils étaient non seulement les clients d’Angelo, mais aussi ses esclaves, éperdus d’inquiétude quand la récolte s’annonçait mauvaise, car ce vin était le lait de leur seconde enfance, livré une fois par mois à la porte du client en cruchons d’un gallon, tandis que les verres vides étaient rapportés à la propriété.
Tous les cinq ans environ le gel détruisait les vignes ou bien le vin nouveau tournait mystérieusement à l’aigre, et les paisani devaient se rabattre sur une autre marque. Pareille catastrophe semait le désespoir parmi eux, ainsi que l’insomnie et les rhumatismes. Jusqu’au dernier, les clients d’Angelo vivaient dans la terreur qu’il ne mourût avant eux. […]
Angelo Musso était incapable de parler, car dix ans plus tôt on lui avait retiré les cordes vocales à cause d’un cancer. La cendre de ses cigarettes laissait un sillage gris sur le devant de sa chemise bleue, et il toussait par intermittence, car il fumait sans discontinuer ; sur la table, devant lui, étaient posés deux paquets de Camel à côté d’une carafe de vin, d’un briquet et d’un cendrier plein à ras bord. Mon père et la plupart des Italiens qui habitaient depuis longtemps le comté de Placer considéraient Angelo Musso comme un être extraordinaire, un oracle antique qui ne dispensait aucune sagesse, un sage qui ne donnait aucun conseil, un prophète sans prédictions, un dieu qui faisait fermenter le vin le plus magique du monde sur un minuscule vignoble de trente âcres généreusement doté de gros cailloux et de ceps sublimes. Cela faisait de lui un être divin. Son mutisme obligé contribuait aussi à cette métamorphose. Parce qu’il ne pouvait parler, tout le monde venait lui soumettre ses problèmes. Et chacun trouvait sa solution dans les yeux jaunâtres d’Angelo. »
« J’étais fait pour être fils. »

Mots-clés : #famille #immigration #relationenfantparent

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Message par Bédoulène le Sam 4 Jan - 7:57

merci Tristram, trop d'envies, trop peu de temps !

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Message par Arturo le Sam 4 Jan - 8:32

J'ai pour projet de relire tout Fante en VO. Smile
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Message par Bédoulène le Sam 4 Jan - 9:25

je suis sure que tu y arriveras ! Smile

tu devrais nous faire suivre ta progression dans ton fil "les chemins de lecture"

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Message par Nadine le Dim 12 Juil - 17:49

Oh, j'esperais lire Tom Leo bounce .
Patience donc Smile
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Message par Nadine le Dim 12 Juil - 17:52

Eglantine, moi je te conseille Ask the dust. Demande à la poussière. C'est celui que je préférais, jeune fille. Je ne m'en souviens plus, ni des autres, mais je l'avais relu 3 fois. Sur 5 ans.
Il doit avoir quelque chose !!
Je crois qu'il est "romantique". Et son titre est envoutant.
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Message par Tristram le Dim 12 Juil - 19:01

Je plussoie, le titre déjà ; je le relirais bien, tiens, quitte à le faire tomber de son piédestal, tel un vulgaire... démodé...

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Message par tom léo le Lun 13 Juil - 22:32

John Fante - Page 2 51wuj510

Mon chien Stupide


Originale : My dog Stupid (Anglais/Etats-Unis, paru posthume en 1985)

CONTENU :
Un énorme chien à tête d'ours, obsédé et très mal élevé, débarque un soir dans la vie d'Henry J. Molise, auteur quinquagénaire raté et désabusé qui n'a qu'une envie : tout plaquer et s'envoler loin de sa famille qui le rend fou. Malgré l'affection d'Henry pour la bête, sa femme Harriet et ses quatre enfants restent méfiants à l'égard de ce canidé indomptable. Dans la coquette banlieue californienne de Point Dume, au bord du Pacifique, ce monstre attachant s'apprête à semer un innommable chaos.

REMARQUES :
Avec ce resumé on n’a encore rien dit, car l’essentiel ici consiste bien dans le style de l’auteur, sa langue parfois (trop) directe et son balancement entre humour noir et mélancolie. Le chien paraît pas seulement comme un monstre énorme, mais aussi un petit obsedé (selon les observateurs) qui essaie parfois en vain de « monter » la gente masculin autour. On peut en rire, on peut aussi en être gêné un peu. Dans une partie au milieu le chien disparaît légèrement quand les quatre enfants, adolescents, jeunes adultes de Henry et Harriet sont sur l’avant de la scène. Leur façon de se comporter – et la façon des parents de se laisser faire – est un peu étonnant. Une sorte de  compagnonnage qui a l’air déplacé parfois ? A chacun son truc. Parfois Henry se resigne, parfois il se rêve loin de cette maison, en Italie.

Dans les 25 chapitres  Fante travaille avec pas mal de références autobiographiques. Cela commence avec les lieux près de Los Angeles, la carrière de Henry de descendance italienne, voir même le nom de son agent.

Donc, une sorte de comédie avec certaines virements dans la mélancolie. Pas tous les choix de langage et de sujets devraient réjouir chacun, mais c’est assurement une langue bien particulière. Pas trop étonnant qu’avec Charles Bukowski ils formaient un couple d’amis très proche...

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Message par Bédoulène le Mar 14 Juil - 10:20

merci Tom Léo, c'est décidé, avec ton commentaire et l'encouragement de Quasi, je lirai ce livre !

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Message par Quasimodo le Mar 14 Juil - 10:34

@tom léo a écrit:On peut en rire, on peut aussi en être gêné un peu.
C'est vrai, mais heureusement ce n'est pas l'essentiel.

Après avoir fini ce livre, je n'ai rien lu pendant quelques jours, car rien ne me paraissait assez savoureux ni assez passionnant. Pourtant, je partais avec un a priori négatif...

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