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Eduardo Mendoza

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Message par topocl Ven 20 Oct - 16:51

Eduardo Mendoza
Né le 1943


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Eduardo Mendoza, né le 11 janvier 1943 à Barcelone, est un écrivain espagnol,

Fils de magistrat, il suit sa scolarité dans un collège tenu par les frères Maristes. Après des études de droit, il étudie la sociologie à Londres entre 1966 et 1967. Il travaille comme avocat, mais en 1973 il part pour New York où il est traducteur à l'ONU.

En 1995 il reçoit la Creu de Sant Jordi, distinction décernée par la Generalitat de Catalogne.

À partir de 1995, il donne des cours de traduction à l'université Pompeu Fabra de Barcelone.

Le 30 novembre 2016, il reçoit le prestigieux prix Cervantès pour l'ensemble de son œuvre.

Œuvre en français

Romans
- La Vérité sur l'affaire Savolta (La Verdad sobre el caso Savolta, 1975)  
- Le Mystère de la crypte ensorcelée (El Misterio de la cripta embrujada, 1979)    
- Le Labyrinthe aux olives (El Laberinto de las aceitunas, 1982)    
- La Ville des prodiges (La Ciudad de los prodigios, 1986) : Page 1   
- L'île enchantée (La Isla inaudita, 1989)    
- Sans nouvelles de Gurb (Sin noticias de Gurb, 1991)    
- L'Année du déluge (El Año del diluvio, 1992)    
- Une comédie légère (Una comedia ligera, 1996)    
- L'Artiste des dames (La Aventura del tocador de señoras, 2001)    
- Le Dernier Voyage d'Horatio II (El Último Trayecto de Horacio Dos, 2002)    
- Mauricio, ou Les Élections sentimentales (Mauricio o las elecciones primarias, 2006)    
- Les Aventures miraculeuses de Pomponius Flatus (El Asombroso Viaje de Pomponio Flato, 2008)  
- Bataille de chats (Riñas de gatos. Madrid-1936, 2010)  
- La Grande Embrouille (El enredo de la bolsa y la vida, 2012)    
- Les Égarements de mademoiselle Baxter (El secreto de la modelo extraviada, 2015)  
 
Essais
- Un balcon sur les Andes (Barcelona modernista, 1989)

Autres publications
- Trois Vies de saints (Tres vidas de santos, 2009)    

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Message par topocl Ven 20 Oct - 17:12

La ville des prodiges

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Onofre Bouvila a 13 ans quand il débarque à Barcelone, fuyant les désillusions de la vie campagnarde. Parti de rien, grâce à la ruse, à son charisme et à son absence totale de scrupules, il va devenir l'homme le plus riche d'Espagne, Il ne recule ni devant les commerces et trafics véreux, ni devant  la corruption à grande échelle, l'intimidation ou le  crime. Déloyal, gorgé de plaisirs et de vanité il échoue dans son épanouissement sentimental et existentiel.
L'histoire se déroule entre 1888 et 1929, dates des Exposition Universelles de Barcelone, et, en même temps que le  parcours d'un homme, c'est l'occasion de découvrir l'émergence d'une cité, son développement économique et politique, à travers ses bas-fonds et ses intrigues, l'essor du banditisme accompagnant celui du capitalisme.

Cela pouvait être assez drôle de lire ce livre dont  Barcelone est l'un des deux principaux personnages, à l'heure des événements politiques espagnols actuels. En effet, l'opposition entre la Catalogne et le gouvernement ne semble pas dater d'aujourd"hui…

J'attendais un roman historique, j' ai été servie. Et certes, je ne me  suis pas totalement ennuyée, cependant  j'ai eu du mal à m'intéresser aux entreprises de cet homme chez qui rien n'est à sauver. Quant à l'épopée barcelonnaise, la recherche du détail n'empêche pas l’éparpillement et une certaine superficialité. J'ai souvent pensé   au Parfum de Patrick Süskind, mais avec des regrets : mon attente a été déçue par quelque chose de  besogneux, un manque de folie et d'inventivité derrière la profusion.

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Message par églantine Ven 20 Oct - 18:17

Je m'y attendais.
Si d'aventure j'eus envie de le relire , voilà de quoi me faire fuir.  Razz
Du reste.... Vu mon état de l'époque, je crois que j'aurais été capable de m'emporter pour n'importe quoi.
Ceci étant , les choses bougent et souvent je me surprends à détester ce que j'ai pu adorer.
Spontanément me vient Nancy Houston dans la gamme.
Je continue à pédaler. clown
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Message par Bédoulène Ven 20 Oct - 21:30

églantine tu as lu d'autres livres de l'auteur ?

merci topocl !

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Message par topocl Sam 21 Oct - 8:24

églantine a écrit:Je m'y attendais.
Si d'aventure j'eus envie de le relire , voilà de quoi me faire fuir.  Razz
Du reste.... Vu mon état de l'époque, je crois que j'aurais été capable de m'emporter pour n'importe quoi.
Ceci étant , les choses bougent et souvent je me surprends à détester ce que j'ai pu adorer.
Spontanément me vient Nancy Houston dans la gamme.
Je continue à pédaler. clown
C'est justement ce genre de considérations (l'enthousiasme/les erreurs de jeunesse, l'attente autre au fil de notre évolution, l'apprentissage que nous avons fait en lisant au fil des ans...) qui me ferait hésiter à relire un livre comme Le Parfum de Süskind.

Bédoulène, s'il n'y avait tant à lire, celui-ci me tenterait:
"Son premier roman paraît peu avant la mort de Franco et reçoit le Prix de la Critique. Centré sur la répression des anarchistes en Catalogne dans les années 1910, La Vérité sur l'affaire Savolta est publiée en 1975."

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Message par Pinky Lun 3 Jan - 14:19

Le mystère de la crypte ensorcelée

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On m’a offert ce livre à Noël. Pour aider au choix du cadeau, le libraire avait comme seule information que j’aimais Wodehouse. Il a donc jugé que Le mystère de la crypte ensorcelée devrait me plaire. Cela a été le cas. C’est un livre court, environ 180 pages, que je n’ai pas lâché. Un policier façon Un privé à Babylone de Brautigan ; c’est-à-dire enchaînant les péripéties les plus improbables dans un Barcelone juste sorti du franquisme. Un pensionnaire d’asile psychiatrique est chargé d’éclaircir la disparition de jeunes élèves d’une pension chic tenue par des nonnes. Il y joue sa «libération».  Le protagoniste et narrateur est crasseux, roublard et finalement assez astucieux. Il faut accepter cet univers plutôt déglingué pour prendre plaisir au récit et à ses rebondissements. Je ne connais pas assez la littérature hispanique, mais il semble bien, d’après une amie d’origine espagnole, que ce livre soit assez représentatif du picaresque que l’on peut parfois y retrouver.
« Mademoiselle Peraplana, bredouillai-je, nous n’avons que quelques instants. Essayez de m’écouter avec toute votre attention. Je ne suis pas un coursier de la joaillerie Sugranes, je ne crois même pas qu’il existe aucune firme de ce nom. Ce paquet contient seulement des boîtes de conserve vides et n’a d’autre fonction que de me permettre d’entrer dans votre maison, une violation que j’ai osé commettre pour pouvoir parler en privé avec vous. Vous n’avez rien à craindre de moi. Je suis un ex-délinquant, libre depuis seulement hier. La police me recherche pour m’enfermer à nouveau à l’asile parce qu’elle croit que je suis mêlé à la mort d’un homme ou, qui sait, de deux, si les types à mitraillettes ont touché le jardinier. Je suis impliqué dans une affaire de drogues : cocaïne, amphétamines, acide. Et si ma pauvre putain de sœur est en taule, c’est par ma faute. Vous pouvez voir dans quelle dramatique trame je me trouve. Je répète que vous n’avez rien à craindre : je ne suis pas fou comme on le prétend, et je ne suis pas, non plus, un criminel. Il est certain que je sens un peu des aisselles, le vin et les ordures, mais tout ceci a une explication raisonnable que je vous donnerais avec tout mon cœur si je disposais d’un peu de temps, ce dont, par malheur, je ne dispose pas. Vous me suivez ? »

« La conversation paraissait la réconforter, car elle cessa de pleurer et recomposa le coloris de son visage à l’aide d’une petite boîte oblongue qui contenait un miroir et une houppette poudreuse. Je me souvins que ma sœur, elle, s’appliquait des cosmétiques avec un morceau de serpillière, et je me fis la réflexion que les différences sociales sont patentes dans les détails les plus futiles comme dans les plus subtils. »


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Message par Pinky Jeu 20 Jan - 15:54

Trois vies de saints

Eduardo Mendoza 418xnt10

Le livre regroupe trois nouvelles. Chacune présente un saint à sa manière.  On retrouve l’humour de Mendoza ; un humour jamais gratuit au service d’une critique sociale voire d’un recul par rapport aux aléas de l’existence.

La baleine.
Une longue nouvelle de plus de 100 pages, presque un roman court. Une famille espagnole reçoit un évêque d’Amérique centrale lors du Congrès eucharistique en 1952 à Barcelone. Les relations entre la sœur ainée Conchita et ses frères nous est contée par le fils d’un des frères alors juste adolescent.
Le sort de l’évêque à la suite d’une révolution fasciste dans son pays devient vite problématique dans cette famille de la bourgeoisie barcelonaise.

« Dans ces conditions, la présence permanente sous son toit d’un étranger accusé de connivence avec les éléments révolutionnaires était intolérable, comme il l’expliqua à sa femme, laquelle, après avoir rappelé qu’elle s’était bornée à répondre à la demande de l’archevêché en hébergeant un invité qu’on ne lui avait pas donné la possibilité de choisir, et que les événements survenus dans le pays de l’évêque Putucas échappaient totalement à ses prévisions et, naturellement, à sa capacité de décision, fit voir à son mari qu’ils ne pouvaient pas non plus jeter à la rue un individu qui, quelles qu’en soient les raisons, se trouvait dans une situation d’abandon le condamnant à l’indigence, ce à quoi mon oncle, qui finissait en général par donner raison à sa femme, non parce qu’il la craignait mais parce qu’il reconnaissait son bon sens et son esprit pratique en même temps que la solidité des principes qui fondaient ses propos, répondit tranquillement et posément, tout en prenant le journal sur la table et en s’enfonçant dans son fauteuil :
- Tout ça me paraît très juste. Fais du mieux que tu pourras.
Il ouvrit le journal, chercha la page des sports et, avant de disparaître derrière les feuilles déployées, ajouta sur le même ton :
- Mais d’ici vingt quatre heures, cet Indien de merde doit être parti de chez nous. »

La fin de Dubslav
Le fils d’une spécialiste en ophtalmologie et d’un chirurgien yougoslave qui ne l’a pas reconnu prénommé comme lui Dubslav, part dans un pays désertique d’Afrique sur lequel il a vu un documentaire à la télévision. Il arrive dans le village concerné mais doit repartir pour les obsèques de sa mère et assisté à la remise du prix international de la recherche qui devait couronner sa carrière.
Pour trouver un moyen rapide de rentrer en Europe, Dubslav fait appel au sorcier du village.

« Le sorcier, habitué aux brusques dépressions de Dubslav, lui proposa une solution intermédiaire. S’il se hâtait et ne butait sur aucun obstacle, peut-être pourrait-il arriver en deux jours à Bruxelles, où devait avoir lieu la remise du prix, et le recevoir au nom de sa défunte mère. »

Il prend la parole lors de la remise du prix

« Quant à ma propre personne, je n’ai pas grand-chose à vous dire. Je suis un homme absurde. J’ai été conçu de façon absurde et toute ma vie a été consacrée à développer et perfectionner cette absurdité. »


Le malentendu

Une professeure enseigne en prison la lecture littéraire et la rédaction.
« Mais elle n’était pas non plus cynique et croyait qu’en inculquant le goût de la lecture à quelques-uns de ces individus abandonnés et désorientés, sans structures morales ni critères d’aucune sorte, elle contribuerait à améliorer leur condition. Comment le goût de la lecture pourrait conduire à cet effet bénéfique, elle n’aurait pas su l’expliquer, y compris à elle-même, mais elle vivait avec cet espoir et travaillait avec cette conviction, tandis que les prisonniers, assis face à sa table, ne faisaient pas le plus léger effort pour dissimuler leur ennui et leurs bâillements. »

Un détenu se prend d’un intérêt de plus en plus important pour la littérature si bien qu’elle doit lui fournir des livres de sa propre bibliothèque. Les commentaires du détenu sur ses lectures ne manquent pas de sel :

« De retour de vacances, elle trouva une lettre provenant de la prison, contenant quelques mots écrits à la va-vite qui disaient : « Chère Madame Fornillos, j’ai reçu les livres il y a quelques jours. J’ai lu les trois premiers, et je commence A l’ombre des jeunes filles en fleurs. Ça au moins, c’est un type qui sait écrire ! Bien à vous, Antonin Cabrales Pellejero. »

En conclusion, j'ai apprécié la variété des sujets abordés et cet humour qui semble ne pas y toucher.
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Message par Tristram Jeu 20 Jan - 16:16

Le mystère de la crypte ensorcelée

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Effectivement picaresque, et qui m’a ramentu, outre Don Quichotte, Six problèmes pour Don Isidro Parodi, de Borges et Casares (et même Gadda, ce qui peut être douteux puisque j’ai aussi pensé à mes pommes de terre sautées qui mijotaient dans une marmite en fonte). On est en 1965, « ère prépostfranquiste », et c’est un régal désopilant de reprises des poncifs du genre comme de cette époque.
« Nous avons besoin pour cela d’une personne qui connaisse les ambiances les moins reluisantes de notre société, une personne dont le nom puisse être éclaboussé sans préjudice pour nulle autre, capable d’effectuer le travail à notre place et de laquelle, le moment venu, nous puissions nous débarrasser sans encombre. »

« Je me mis donc au lit avec cette idée consolante et tentai de m’endormir en ressassant l’heure à laquelle je voulais me réveiller : car je sais que le subconscient, en plus de dénaturer notre enfance, déformer nos attachements, nous rappeler ce que nous sommes anxieux d’oublier, nous révéler ce que notre condition a d’abject, en bref, nous démolir la vie, fait aussi office de réveil quand on en a envie, comme par une sorte de compensation. »

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Message par Nadine Jeu 20 Jan - 16:36

Une salve de Mendoza ! Beau hasard, Pinky et Tristam.
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Message par Pinky Mer 26 Jan - 15:14

Tout à fait d'accord avec les citations de Tristram pour présenter l'état d'esprit de l'auteur, entre humour et critique politique.

Pour continuer avec Trois vies de saints (avec toute la dérision que cela suppose dans une Espagne très catholique) et apporter aussi un éclairage complémentaire sur l'état d'esprit de Mendoza sur le franquisme. Un portrait nuancé de la tante Conchita qui semblait "confite en dévotion" dans la nouvelle Baleine :

D’après ce que j’ai pu apprendre petit à petit et de façon incomplète, la tante Conchita  n’avait pas été spécialement pieuse dans sa jeunesse. Elle aimait lire des romans, écouter de la musique et aller au bal.
[…]
La guerre avait détruit les rêves qu’elle avait pu nourrir et lui avait fait perdre toute confiance en l’avenir. Paradoxalement, les avatars du conflit lui donnèrent un mari en la personne de l’oncle Agustin Voralcamps. Certes, il ne répondait pas à toutes ses attentes, mais elle s’attacha à lui parce que la personnalité, l’attitude et la fortune de son prétendant lui offraient la possibilité de réaliser le projet qu’elle s’était forgé de façon inconsciente, mais avec une grande détermination. Dès qu’elle fut assurée d’une existence libre de soucis, elle employa toute son énergie à immobiliser le monde, car son expérience lui avait appris à considérer la moindre altération comme un grave danger et une terrible menace. Pour parvenir à ce résultat elle renonça, adulte, à tout ce qu’elle avait aimé dans sa jeunesse. [ …] Sa seule source de satisfaction était d’avoir créé un mécanisme parfait qui restait invariable dans un vide parfait.
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Message par Bédoulène Mer 26 Jan - 15:25

merci Pinky !

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Message par Tristram Mer 26 Jan - 15:41

Je compte faire de Sans nouvelles de Gurb ma prochaine visite chez Eduardo Mendoza !

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Message par Louvaluna Ven 28 Jan - 14:44

De très bons souvenirs de lectures, Mendoza. "Les aventures miraculeuses de Pomponius Flatus" sous le coude...
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Message par Pinky Mar 1 Fév - 17:33

Sans nouvelles de Gurb

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Comment présenter ce qui semble une sorte de délire jubilatoire : deux extra-terrestres arrivent dans une capsule spatiale à Barcelone pour en étudier les habitants. Le narrateur qui tient son journal recherche son co équipier Gurb qui lui a faussé compagnie dès l’arrivée. Le récit de ses aventures de plus en plus déjantées sont l’occasion de pointer quelques travers de nos existences. Gurb sera retrouvé dans des circonstances que je ne développerai pas pour ne pas trahir le suspense, l’occasion d’évoquer la société underground chère à Almodovar.
On peut penser à Galon et Galaxies une des nouvelles de Comment voyager avec un saumon d’Eco mais en plus long et plus délirant ou à L’attaque de la moussaka géante, film de Panos H. Koutros, 1999. Pour ceux qui ne connaîtraient pas le film, je donne le synopsis proposé par Wikipédia :
« Une portion de moussaka, par l'intervention d'une soucoupe volante, se transforme en monstre géant qui envahit les rues d'Athènes, tuant au hasard dans les rues. ».
Comme pour notre livre, derrière le grotesque, l’énorme, se cache une critique sociale et politique mais aussi un vrai plaisir de « déconner ».

Extraits
Le 12
13h50. Je me présente dix minutes avant la fermeture dans une succursale du Crédit Agricole de la Sierra Morena et manifeste mon désir d’ouvrir un compte. Pour inspirer confiance, j’ai pris l’apparence de Sa Sainteté Pie XII, d’heureuse mémoire.
21h50 Tandis que je me livre à ces réflexions, le serveur me remplit mon verre et, le temps que je m’en rende compte, j’ai déjà un demi-litre de clairet dans le corps. J’entreprends l’analyse de la composition chimique du vin (cent six éléments, dont aucun ne dérive du raisin) mais arrivé au trinitrotoluène, je décide d’abandonner mon investigation. Le serveur remplit mon verre.
......
13h59
L’ouverture du compte courant est chose faite. Juste une seconde avant la clôture des opérations du jour, je transmets des instructions à l’ordinateur pour qu’il ajoute quatorze zéros au solde. Instructions exécutées. Je sors de la banque. On dirait que le soleil va se montrer.

Le 15,
23h30 Le Liceo est certainement la première salle d’Espagne et l’une des meilleures d’Europe. Elle souffre néanmoins d’une crise financière chronique qui se répercute souvent sur la qualité des spectacles musicaux que l’on y donne. Ce soir, justement, le programme informe que l’orchestre et les chœurs n’ont pu jouer pour cause de désaccord sur les cachets. La chorale des machinistes qui les remplace a fait ce qu’il était humainement possible, mais Boris Godounov s’en est trouvé handicapé.
24h. Je rentre chez moi. .Toujours sans nouvelles de Gurb. Pyjama, dents, petit Jésus, et dodo.

Préparation pour un rendez-vous galant
Le 21
16h30 Pour me mettre dans l’ambiance du lieu où vont me mener mes pas (et ma volonté inébranlable) je décide d’adopter l’apparence de Gilbert Bécaud en tortue Ninja. Je sors dans la rue où je sème l’admiration et l’effroi.
17h00 A des fins didactiques, j’entre dans un cinéma à salles multiples pour voir le dernier film d’Arnold Schwarzenegger Je suis surpris (agréablement) de découvrir que le film a été financé par La Generalitat de Catalogne et qu’il se passe entièrement ) Sant Llorenç de Mounouys. Je n’exclus pas la possibilité de m’être trompé de salle.

Je pense que le ton est donné, sans doute pas de la très grande littérature mais un moment pour voir la réalité autrement, en total décalage. On pourrait évoquer les Lettres persanes mais est-ce bien raisonnable ?
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Message par Bédoulène Mar 1 Fév - 18:08

merci Pinky, pas encore frotté à cet auteur, mais c'est dans l'idée !

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Message par Tristram Ven 4 Fév - 13:01

J'ai lu Sans nouvelles de Gurb, et ne peut ajouter qu'un extrait au commentaire de Pinky :
« 11 h. 00 Je rentre chez moi en métro. Pendant le trajet, j’observe les jeunes femmes qui montent et qui descendent. En choisir une ne va pas être si facile, vu que ça implique de renoncer aux autres et que mes goûts sont très éclectiques. »

« Question : quand un homme doit-il respecter une femme ? Réponse : lorsqu’il ne peut mettre en doute ses qualités morales, sa condition sociale, la décence de sa mise et son hygiène intime. Dans les autres cas, le recours à la violence est laissé à l’appréciation de chacun. »

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Message par Bédoulène Ven 4 Fév - 13:53

je m'insurge contre le 2ème extrait. "toute femme doit être respectée".

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Message par Tristram Ven 4 Fév - 13:58

Pour mémoire, c'est un extraterrestre qui essaie de comprendre nos us et coutumes...

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Message par Bédoulène Ven 4 Fév - 14:03

et bien il faut lui expliquer Wink

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