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Message par Quasimodo Mer 4 Aoû - 14:39

Je dois admettre que tu me donnes envie de réessayer, j'aime particulièrement la citation extraite du discours de 2016 et les deux dernières.
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Message par Tristram Mer 4 Aoû - 14:44

De mon point de vue (mais Topocl et Bix semblaient du même avis à propos de ce livre), Cercas montre là une maîtrise accomplie de l'art du roman et une remarquable approche de la complexité humaine (ce qui est un peu la même chose).

_________________
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Message par bix_229 Mer 4 Aoû - 15:45

En plus, je ne trouve pas qu'il écrive mal. Au contraire son style est approprié à ce qu'il écrit,
suffisamment souple et précis, notamment sa vision de l'Histoire en général et celle de l'Espagne,
tellement chargée de violences et de contradictions.

J'apprécie aussi certaines de ses réflexions. Telle celle-ci, relevée par Marie.

Ecrire ne sert à rien, le langage ne sert à rien, mais il me faut continuer. Ecrire, c'est peut être la seule façon de trouver une illusion aux choses de la vie. Vous avez lu l'éloge funèbre de David Grossman à son fils de 20 ans mort au Liban? Il a écrit un chef d'oeuvre. Je ne veux pas avoir à écrire ce genre de chef d'oeuvre. Plus je vieillis, plus je ne crois qu'en l'honnêteté personnelle. C'est peu.
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Message par topocl Mer 4 Aoû - 17:54

Quasi, en effet celui-là fait beaucoup plus "roman " que ceux que tu as essayé, sans cette part d'autofiction. Et il est "mieux écrit", c'est à dire plutôt d'une écriture moins typiquement cercienne. Si tu veux réessayer, celui-ci est sans doute une bonne idée.

_________________
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Message par Marie Mer 4 Aoû - 21:09

guerreduvietnam - Javier Cercas - Page 4 41fk2d10

J'aime bien Cercas, alors je retransfère, contente de lire que Tristram a eu l'air d'aimer cette lecture.

Anatomie d'un instant
traduit de l'espagnol par Elisabeth Beyer et Alexandar Grujicic
Actes Sud


topocl a écrit:    Je l’ai lâché après la page 60 : j’ai trouvé le prologue très beau, puis entrée dans le livre je me suis dit que ce serait trop compliqué pour moi qui n’y connais rien en histoire contemporaine. [/i]
 
J’ai bien failli faire comme toi, topocl. A de nombreuses reprises, et pour les mêmes raisons. L’histoire de l’Espagne m’est presque tout à fait étrangère et cela me semble une évidence que cette lecture doit être plus facile pour ceux qui en savent un peu plus.
Mais moi aussi, j’aime Javier Cercas, son écriture, son honnêteté intellectuelle qui le pousse à s’interroger constamment ( J’avais trouvé A la vitesse de la lumière une réflexion très intelligente et sensible sur l’écriture )sur les motivations des personnages qu’il étudie. Et les siennes. Son art de passer du général au particulier. Et inversement.
Et puis la critique d'Avadoro, que j'ai relue plusieurs fois, m'a convaincue de ne pas lâcher!

Le titre est particulièrement bien choisi. Tel un anatomiste minutieux, obsédé par une image, Cercas va disséquer , observer, noter, parcourir des centaines de documents, établir des relations, comparer , réfléchir , revenir en arrière, expliquer, recommencer.Pour tenter de rester au plus près de la vérité des faits. De leur contexte et de leurs conséquences historiques. Et de pouvoir se glisser dans la peau des personnages qu’il décrit, à partir de l’instant où il les décrit, un instant plein de violence qu’Avadoro a raconté et dont on voit quelques images ici
Voir la vidéo chez Tristram, la mienne ne marche plus.

Trois hommes ne se sont pas couchés pour éviter les balles donc une mort probable, ce sont eux bien sûr qui vont intéresser Cercas. Et en particulier Adolfo Suarez, le chef du gouvernement sortant , pour lequel Cercas n’éprouvait aucune sympathie .
Dans son prologue, il écrit:
Je l'avais toujours pris pour un arriviste du franquisme qui avait prospéré en courbant l'échine à force de révérences, un homme politique opportuniste, réactionnaire, bigot, superficiel et roué, qui incarnait tout ce que je détestais le plus dans mon pays et que j'identifiais, je le crains, avec mon père, suariste obstiné.


Première allusion à sa propre histoire , que l’on retrouvera, comme l’a dit Avadoro, très brièvement aussi mais de très émouvante façon, à la toute fin du livre, dévoilant la logique de cet ouvrage.

Si c’est bien sûr possible d’étudier la genèse d’un coup d’état, de le décrire, d’en suivre les conséquences dans le temps, est-il vraiment possible de comprendre pourquoi certains n’ont pas le même instinct, la même logique de survie que les autres? C’est là peut être qu’intervient le romancier,et ces pages à la fois complexes et désarmantes, mais aussi magnifiques de sincérité:

Borges a-t-il raison et est-il vrai que tout destin, aussi long et compliqué soit-il, consiste en réalité en un seul instant, celui où un homme sait une fois pour toutes qui il est? Je regarde une nouvelle fois l’image d’Adolfo Suarez dans la soirée du 23 février et, comme si je ne l’avais pas déjà vue des centaines de fois , elle me parait toujours aussi hypnotique et rayonnante, en même temps réelle et irréelle, rigoureusement saturée de sens: les gardes civils en train de tirer sur l’hémicycle, le général Gutierrez Mellado debout à côté de lui, la table du Congrès dépeuplée, les sténographes et les huissiers à terre et Suarez appuyé contre le cuir bleu de son siège de président alors que les balles sifflent autour de lui, seul, statuaire et spectral dans un désert de sièges vides.
C’est une image fugitive. Si je ne me trompe pas, il y a dans les gestes parallèles de Gutiérrez Mellado et Santiago Carillo une logique que nous sentons immédiatement avec l’instinct plutôt que plutôt que l’intelligence, comme s’il s’agissait de deux gestes nécessaires et programmés par l’Histoire et par les deux biographies opposées d’anciens ennemis de guerre. Le geste de Suarez est presque identique au leur, mais en même temps, nous sentons qu’il est différent et plus complexe, ou du moins, c’est ainsi que je le sens, sans doute parce que je sens aussi que son sens complet m’échappe. Il est vrai que c’est un geste de courage et un geste de grâce et un geste de rébellion, un geste souverain de liberté et un geste de comédien, le geste d’un homme fini qui conçoit la politique comme une aventure et qui essaie, tel un agonisant, de se légitimer et qui, pour un moment, semble incarner pleinement la démocratie, un geste d’autorité et un geste de rédemption individuelle et peut être collective, le dernier geste purement politique d’un pur homme politique, et pour cette raison, éminemment violent; tout cela est vrai, mais il est aussi vrai que, pour une raison ou pour une autre, cet inventaire de définitions ne satisfait ni le sentiment, ni l’instinct, ni l’intelligence comme si le geste de Suarez était un geste inépuisable ou inexplicable ou absurde, ou comme s’il contenait un nombre infinis de gestes. Il y a quelques jours, par exemple, je me suis dit que le geste de Suarez n’était pas en réalité un geste de courage, mais un geste de peur…Avant-hier soir, je me suis dit que le geste de Suarez était le geste d’un névrosé, le geste d’un homme qui s’effondre quand la chance lui sourit et qui prend de l’assurance dans l’adversité. . Hier soir, je me suis dit encore autre chose: je me suis dit que j’avais déjà écrit des pages et des pages à propos de Suarez et que je n’avais pas encore dit que Suarez était tout sauf un foutriquet, qu’il était un type sérieux, un type qui faisait honneur à sa parole et à ses actes, un type qui avait fabriqué la démocratie ou qui sentait qu’il l’avait fabriquée et qui dans la soirée du 23 février avait compris que la démocratie dépendait de lui , qui ne s’était pas caché et qui était resté immobile sur son siège alors que les balles sifflaient autour de lui dans l’hémicycle, tel un capitaine qui reste immobile sur le pont de commandement alors que son bateau est en train de sombrer. Et tout à l’heure, après avoir écrit la phrase de Borges au début de ce chapitre, j’ai pensé que le geste de Suarez était un geste borgésien et cette scène, une scène borgésienne parce que je me suis souvenu d’Alan Pauls qui, dans un essai sur Borges, dit que le duel est l’ADN des contes de Borges, son empreinte digitale, et je me suis dit que, contrairement au faux duel que s’étaient inventé autrefois Adolfo Suarez et Santiago Carrillo, cette scène était un duel authentique, c’est-à-dire un duel entre des hommes armés et des hommes qui ne le sont pas, c’est-à -dire une extase , une transe vertigineuse, une hallucination, une seconde extirpée au temps qui passe, «  une suspension du monde » comme dit Pauls, «  un bloc de vie arraché au contexte de la vie », un trou minuscule et éblouissant qui repousse toutes les explications ou peut être les contient toutes, comme si, en effet, il suffisait de savoir regarder pour voir dans cet instant éternel le chiffre exact du 23 février, ou comme si, mystérieusement, dans cet instant éternel, non seulement Suarez, mais aussi tout le pays avait su une fois pour toutes qui il était.

Je ne sais pas: je pourrais peut-être prolonger indéfiniment ce livre et tirer une infinité de sens du geste de Suarez sans en épuiser le sens ou sans frôler ou entrevoir son sens réel. Je ne sais pas. Je me dis parfois que tout cela n’est qu’une erreur, une élucubration ajoutée aux innombrables élucubrations qui existent autour du 23 février, la dernière et la plus insidieuse: si on accepte l’idée que ce qui est réellement énigmatique n’est pas ce qui n’a été vu de personne, mais ce que tout le monde a vu et que personne n’arrive à comprendre complètement, alors que le geste de Suarez ne contient peut être aucun secret ni aucun sens réel, ou du moins pas plus que ceux contenus dans tout autre geste , tous inépuisables ou inexplicables ou absurdes, telles des flèches tirées dans des directions infinies.
Mais parfois , en réalité la plupart du temps, je me dis que tel n’est pas le cas: les gestes de Gutiérrez Mellado et de Santiago Carrillo sont limpides, ils sont épuisables, explicables, intelligibles, c’est du moins ce que nous ressentons; le geste de Suarez ne l’est pas: si on se demande pas ce qu’il signifie, on comprend ce qu’il signifie; mais si on se demande ce qu’il signifie , on ne comprend pas ce qu’il signifie. C’est pourquoi le geste de Suarez n’est pas un geste limpide, mais un geste transparent: un geste porteur de sens car en soi, il ne signifie rien, un geste qui ne contient rien mais à travers lequel, comme à travers une vitre, nous nous sentons capables de tout voir- nous pourrions voir Adolfo Suarez, le 23 février, l’histoire récente de l’Espagne, peut être un visage qui est notre véritable visage- un geste d’autant plus troublant que son secret le plus enfoui consiste dans le fond à ne pas avoir de secret. A moins, bien évidemment, qu’avant d’être une erreur ou une bonne réponse, tout cela ne soit qu’un grand malentendu, et qu’interroger le sens du geste de Suarez ne revienne pas à formuler une question légitime, ou une fausse question, ou une question sans réponse, mais uniquement à formuler une question essentiellement ironique dont la véritable réponse est la question elle-même . A moins, je veux dire, que le défi que je me suis lancé au moment d’écrire ce livre, en essayant de répondre par la réalité à ce que je n’avais pas su et à quoi je n’avais pas voulu répondre par la fiction, ne soit pas un défi perdu d’avance , et que la réponse à cette question- la seule réponse possible à cette question- ne soit pas un roman.


C’est long? Oui.. Le livre est très long à lire, très dense, touffu, il y a de nombreux moments où je me suis sentie dépassée et perdue. Mais , de ce fouillis de points de vue, de faits réels, de suppositions , finit par émerger un récit que l’on lit comme un roman, brillant, et finalement assez passionnant.
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Message par églantine Ven 27 Aoû - 14:32

guerreduvietnam - Javier Cercas - Page 4 41-rw510


Javier Cercas décide pour ce dernier opus de s'aventurer dans une contrée inabordée par sa plume jusqu'alors avec un polar plutôt bien troussé !
Une saison consacrée à la découverte du genre pour moi .
Hormis un plaisir facile et quelquefois soporifique tant la banalité des intrigues finit par éculer ma curiosité ,  mon incursion dans le genre risque fort de se terminer plus tôt que prévu   .
Meurtres , enquêtes, résolutions , un contexte social et/ou géographique agrémentant un peu la sauce et" envoyé c'est pesé ", un de plus sur les têtes de gondole  ...
Alors pour se distinguer parmi cette abondance de productions , il en faut du talent : d'aucuns sauront sortir du peloton par leur griffe , d'autres par l'attachement du lecteur à un enquêteur en produisant une série , certains sauront rallier les deux et rentrer dans les classiques ( L'inimitable et unique Simenon ) ...
Cercas évidemment ne brillera pas par son style littéraire : brouillon souvent ,  journalistique ( n'oublions-pas qu'il est avant tout un chroniqueur au journal " El pais") , désordonné, foisonnant et redondant ... Mais tout comme Carrère qui écrit comme un cochon ( Chut ) , voilà un homme qui a des choses à dire , et pas des moindres ... Cependant , loin de tourner autour de son nombril  contrairement à Carrère( pas toujours... Rappelons-nous l'excellent "L'adversaire") , ses thématiques quasi obsessionnelles tournent autour de la douloureuse histoire de son pays , du sens de la vérité , de l'identité, la justice  etc ...
Alors oui , il sera bien question d'un meurtre , d'une enquête , et tout le tsoin-tsoin classique d'un polar convenu et les amateurs du genre ne seront pas déstabilisés .
Classiquement aussi le microcosme sociétal est utilisé , ce qui lui permet de nous faire voyager sur ces Terra Alta , région située au sud de La Catalogne , terre aride et sans grand attrait, mais aussi et surtout marquée par l'histoire récente avec la sanglante bataille de l'EBRE  .
On y retrouvera Melchor , ancien délinquant en quête de résilience , devenu policier par souci non pas de rachat mais de vengeance , Melchor, le gamin des rues de Barcelonne,  élevé à la" vas-y que je te pousse ",  immergé brutalement sur ces terres inconnues accompagné de son vade-mecum" Les misérables " , puisant inlassablement des réponses auprès de Victor Hugo et s'identifiant à Jabert  , " ce faux-méchant" selon son regard d'écorché avec une finesse d'analyse amputée par des carences culturelles .  
Melchor , personnalité toute de guingois , cherchant des accroches pour appréhender le monde , se réfugiant auprès de son livre doudou , sa bible, compagnon de route  .
Melchor et ses blessures évoluant à l'instinct primitif , sens en éveil tentant d'intellectualiser ses ressentis .
Et en échos , une société toute aussi meurtrie , par l'histoire , cette grande histoire s'infiltrant insidieusement dans l'inconscient collectif , cette grande histoire effaçant la plus petite , celle des petites luttes intestines inhérentes à ces terroirs repliés sur eux-mêmes produisant des bombes à retardement (car la loi de cause à effet , personne ni rien n' y échappe ).
A travers une banale histoire de meurtre , Cercàs reprend ses thèmes de prédilection et construit un polar intelligent et finement équilibré entre l'intrigue et la dimension d'ouverture .

Indulgente je suis peut-être ...Mais après toutes les daubes que je me suis enfilées ces derniers temps dans ce registre , Cercas s'échappe un chouilla du peloton .

Salut les amis à qui je pense . BEAUCOUP .
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Message par bix_229 Ven 27 Aoû - 15:25

Nous aussi Eglantine on pense beaucoup à toi. Il manque quelque chose d'essentiel et de sensible quand tu n'es pas là... guerreduvietnam - Javier Cercas - Page 4 1304972969
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Message par topocl Ven 27 Aoû - 16:00

Je poste sans même lire l'avis d'églantine mon commentaire que je viens de terminer, et je verrai à y revenir après s'il y a lieu.
(Et coucou, bisous, c’est chouette, à bientôt, églantine ! Finalement s'il nous vaut une visite, ce livre vaut de l'or! Et dire qu'on le lisait ensemble sans que je le sache...)

Terra Alta

C’est un polar un peu atypique dont il est difficile de parler car, comme je l’ai dit ailleurs, la clé appairait aux toutes dernières pages, et avant ça patine un peu (mais pas trop quand même)

Certes Javier Cercas n’est pas un perdreau de l’année et il maîtrise donc parfaitement les règles du récit, même policier, et les allers et retours temporels (alors même que finalement ce sera un passé encore plus lointain qui va donner le vrai sens).

Donc pendant l’essentiel du temps, on a entre les mains un livre qui se tient plutôt même si le style rejoint parfois celui du reportage sur la brigade criminelle de Gandesa (j’ai souvent pensé à l’excellente BD Immersion au coeur du 36, quai des Orfèvres, de Raynal Pellicer et Titwane).

Pas mal de chose paraissent un peu lourdes, l’atypie du personnage principal, Melchor, fils de prostituée, ancien voyou et devenu flic après l’illumination de la lecture des Misérables (un bagnard devenu un homme bon, un flic vicelard qui renonce à être implacable) fait un peu douter. Un peu naïve cette façon que la vie du héros suive à tel point l’œuvre du livre, ce côté livre salvateur. Mais après tout c’est un polar qui veut se donner des lettres de noblesse, alors, pourquoi pas ?

Donc bon, ça se lit quand même bien à ce détail près que pour du Cercas, on est un peu déçue.

Et puis, il ne faut pas s’étonner (puisque justement, c’est quand même bien du Cercas) que la raison de tout cela tienne à une histoire sordide en rapport avec la Grand Histoire (je n’en dis pas plus même on s’en doute -et l’attend - depuis le début), à une histoire de vengeance terrible et de doute non moins terrible : les fameuses dix dernières pages où l’auteur retrouve ses questionnements sans réponse, son esprit tourmenté, ses ambiguïtés à discerner le bien et le mal, la justice et l’injustice, et aussi du même coup son habituel style haché et incantatoire, qui avait pu en rebuter certain.

Tout cela n’en fait pas un roman époustouflant, mais le plaisir de retrouver notre vieil ami Cercas est quand même là, bien qu’il s’épanouisse tardivement, et que ce ne soit pas pour lui la super-forme. Je ne découragerai pas de le lire, mais je le déconseillerais en première approche de Cercas, qui risquerait d’en être déjugé .


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Message par Bédoulène Ven 27 Aoû - 18:17

merci églantine, contente de te lire !

merci topocl, me reste plus qu'à lire le livre Smile

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Message par topocl Ven 27 Aoû - 20:49

Tu es plus généreuse que moi, églantine, ça ne m'étonne pas Very Happy ! Oui, lisez-le malgré mes chipotages!

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Message par Bédoulène Lun 3 Jan - 16:47

un film sur Netflix tiré du lire "la lois des frontières", vu hier me conduit sur le fil d'auteur et je note pour plus tard cette lecture

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Message par Tristram Mer 4 Jan - 12:02

Le point aveugle

guerreduvietnam - Javier Cercas - Page 4 Le_poi10

Recueil de cinq conférences de Cercas sur le roman, d’un point de vue expliqué dans son prologue :
« …] de même que le cerveau couvre le point aveugle de l’œil et parvient ainsi à voir là où de fait il ne voit pas, le lecteur couvre le point aveugle du roman et réussit à connaître ce que de fait il ne connaît pas, à arriver là où, seul, le roman ne pourrait jamais arriver.
Les réponses des romans du point aveugle – ces réponses sans réponse ou sans réponse claire – sont pour moi les seules réponses véritablement littéraires, ou pour le moins les seules que proposent les bons romans. Le roman n’est pas un genre responsif mais interrogatif : écrire un roman consiste à se poser une question complexe et à la formuler de la manière la plus complexe possible, et ce, non pour y répondre ou pour y répondre de manière claire et certaine ; écrire un roman consiste à plonger dans une énigme pour la rendre insoluble, non pour la déchiffrer (à moins que la rendre insoluble soit, précisément, la seule manière de la déchiffrer). Cette énigme, c’est le point aveugle, et le meilleur que ces romans ont à dire, ils le disent à travers elle : à travers ce silence pléthorique de sens, cette cécité visionnaire, cette obscurité radiante, cette ambiguïté sans solution. Ce point aveugle, c’est ce que nous sommes. »
Se basant sur certains de ses propres romans et sur les plus marquants depuis et y compris Don Quichotte, passant par Borges, Kundera, Melville, Henry James, Vargas Llosa, Lampedusa, Carrère et Coetzee entr’autres, Cercas développe de façon claire et éclairante une analyse du genre qui m’a paru fort pertinente, formulant ce que le lecteur contemporain peut pressentir sans toujours l’expliciter.
« …] un écrivain en général – et un romancier en particulier – est avant tout quelqu’un concerné par la forme, quelqu’un qui sent que, dans la littérature, la forme est le fond et que c’est uniquement par la forme – par la réécriture et la réélaboration virtuellement infinie des phrases et de la structure d’un livre – qu’on parvient à accéder à une vérité qui à défaut resterait inaccessible. » I, 6
Le roman est un questionnement qui reste ouvert, comme aurait peut-être dit Umberto Eco : il ne tranche pas, mais crée le doute.
« …] la réponse à la question est qu’il n’y a pas de réponse ; c’est-à-dire que la réponse est la recherche même d’une réponse, la question même, le livre même. » I, 6

« En somme : s’il est possible de définir le roman comme un genre qui persiste à protéger les questions des réponses, autrement dit, comme un genre qui fuit les réponses claires, imposées et certaines et qui n’accepte de formuler que des questions auxquelles il n’y a pas de réponse ou bien des questions appelant des réponses ambiguës, complexes et plurielles, essentiellement ironiques [… » I, 6
Cercas donne une définition caractéristique de la littérature qui l’intéresse, par rapport aux prédécesseurs.
« Quoi qu’il en soit, l’objectif d’Anatomie d’un instant est celui qui, de façon consciente ou inconsciente, anime les romans que j’ai mentionnés, ou simplement tout roman sérieux : contribuer à étendre le champ d’action du genre en colonisant de nouveaux territoires ou en achevant de coloniser ceux découverts par Cervantès, essayer de dévoiler ou de développer de nouvelles possibilités pour le roman, le renouveler ou le refonder, provoquer la énième transformation de ce genre omnivore et mutant, satisfaire, en définitive, l’ambition insensée de tout romancier, qui consiste à porter le roman à un niveau que le genre ne connaissait pas avant lui, le dotant d’une forme nouvelle, qui diffère de celle dont le romancier a hérité. » I, 8

« …] le roman n’est pas un divertissement (ou il n’est pas que cela) ; il est avant tout un outil de recherche existentielle, un outil de connaissance de la nature humaine. » I, 9

« La découverte de Kafka n’annule pas celle de Cervantès, comme la découverte de l’Australie n’annule pas celle de l’Amérique : celle-ci complète la carte du monde ; celle-là, la carte de l’homme. » I, 9

« ...] la nouveauté se trouve dans l’ancien et écrire consiste à relire constamment le vieux à la recherche du nouveau. » Épilogue
On comprend mieux comment le renouvellement de la forme est essentiel dans l’histoire du roman.
« …] de même, utilisant de vieilles formes, le roman est condamné à dire de vieilles choses ; c’est seulement en s’appropriant de nouvelles formes qu’il pourra dire de nouvelles choses. D’où l’impératif d’innovation formelle. » I, 9

« Le roman a besoin de changer, de revêtir un aspect qu’il n’a jamais revêtu, d’être là où il n’a jamais été, de conquérir des territoires vierges, afin de dire ce que personne n’a encore dit et ce que personne à part lui ne peut dire. C’est un mensonge, je le répète, que de prétendre que les romans servent seulement à passer un moment, à tuer le temps ; au contraire : ils servent à faire vivre le temps, pour le rendre plus intense et moins trivial. Mais surtout, ils servent à changer la perception du monde ; c’est-à-dire qu’ils servent à changer le monde. Le roman a besoin de se renouveler pour dire des vérités nouvelles ; il a besoin de changer pour nous changer : pour nous rendre tels que nous n’avons jamais été. » I, 9
Cercas précise le « point aveugle » des romans qui en possèdent un, c'est-à-dire les romans "expérimentaux" en quelque sorte, non réalistes.
« Don Quichotte est-il fou, oui ou non ? Nous ne le savons pas ; ou, si l’on veut, don Quichotte est à la fois fou et ne l’est pas : cette contradiction, cette ironie, cette ambiguïté fondamentale, irréductible, constituent le point aveugle du Quichotte. » II
Cercas rappelle le rôle fondamental du lecteur.
« Un livre n’existe pas par lui-même, mais uniquement dans la mesure où quelqu’un le lit ; un livre sans lecteurs n’est qu’un tas de lettres mortes et c’est quand nous autres lecteurs l’ouvrons et commençons à le lire qu’une magie perpétuelle s’opère et que la lettre ressuscite, dotée d’une vie nouvelle. Nouvelle et, bien entendu, à chaque fois différente. Un livre n’est, en somme, qu’une partition que chacun interprète à sa manière : plus la partition est réussie, plus elle autorise et suscite de brillantes et multiples interprétations ; c’est pourquoi il y a, virtuellement, autant de Quichotte que de lecteurs du Quichotte. En définitive, c’est le lecteur, et pas seulement l’écrivain, qui crée le livre. » II
Le roman comme « arme » :
« Tout cela me semble recevable, mais ne suffit pas à expliquer la méfiance et le désir d’interdiction et de contrôle qui ont poursuivi le roman au long de son histoire. La principale raison est ailleurs : les ambiguïtés, les ironies, les équivoques et les certitudes fuyantes et contradictoires qui constituent le nerf des romans – et surtout des romans du point aveugle, qui leur sont entièrement dédiés – agacent et déconcertent les dogmatiques et les révoltent parce qu’ils sentent ou ont à juste titre l’impression qu’ils représentent une offensive en règle contre les certitudes sans faille et les vérités éternelles qui leur permettent de maintenir leur statut. » Épilogue
Le terme « polyédrique » est souvent employé ; je suppose qu’il signifie "ayant plusieurs facettes" (on trouve « polyfacétique » dans la traduction de son discours de lauréat du prix du Livre européen 2016).
Il y a beaucoup de vérité dans cette théorie, mais mon reproche serait qu’elle est trop univoque ; il y a tant d’autres choses dans les œuvres littéraires !

\Mots-clés : #ecriture #essai

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Message par Bédoulène Mer 4 Jan - 15:30

mais son point de vue permet peut-être de disgresser sur ceux des autres auteurs et par cela lecteurs ?

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Message par Tristram Mer 4 Jan - 16:15

Tout à fait ! Depuis le fil La littérature c'est koi ?, j'ai bien compris que la définition n'est pas univoque !

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Message par Chamaco Mer 4 Jan - 20:41

Bédoulène a écrit:un film sur Netflix tiré du lire "la lois des frontières", vu hier me conduit sur le fil d'auteur et je note pour plus tard cette lecture

Même reaction j'ai mis le film en "favoris" sur Netflix et selon je reviendrai sur ses bouquins...
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Message par topocl Jeu 5 Jan - 16:21

Indépendance

Il s’agit de la suite de Terra Alta ( que je conseille vivement de lire en premier, les deux livres sont très imbriqués).

Sur l’aspect politique qui, je dois le dire que les problèmes de l’indépendance de la Catalogne m’échappent complètement. Il faut donc prendre un peu patience sur les détails car Cerca est comme souvent plutôt bavard. Et ce polar pourrait d’ailleurs s’inscrire dans n’importe quelle scène politique mettant en scène l’argent, le pouvoir et le sexe, les trois mamelles de notre monde.

J’ai retrouvé avec plaisir Melchor le flic fils de prostituée, ex-taulard, amoureux des Misérables de Hugo, vengeur définitif (de sa mère, de sa femme et de tous les opprimés) et toute une équipe de flic plutôt bien campés.

J’ai apprécié l’astuce narrative de Cercas, qui est un malin, nous livre des bribes de solution au fur et à mesure que l’énigme avance, dans une chronologie éclatée (car bien sûr ce n’est pas l’intrigue qui compte le plus : ça doit avoir à voir avec ce dont tristram parle dans son comm de Le point aveugle).
Et j’ai adoré qu’il insère son premier opus comme élément narratif à l’intérieur de ce deuxième tome (tout le monde l’a lu sauf Melchor) pour une belle variation sur la fiction, la vérité et le mensonge.

Bref, plein de chose m’ont plu et le final est éblouissant. Des dialogues un petit peu plus concentrés auraient fini d’emporter ma totale adhésion.

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Message par Tristram Jeu 5 Jan - 16:35

Merci ! J'ai trouvé Terra Alta (recherché malgré ton commentaire mi-figue mi-raison), et ce sera ma prochaine lecture de Cercas, avant Indépendance j'espère.

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Message par Bédoulène Jeu 5 Jan - 18:13

merci topocl, je note les 2 tomes

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Message par Chamaco Sam 7 Jan - 3:58

J'ai aimé le film "la loi des frontieres" il m'a replongé dans les années 70 à cette periode où votre vie peut basculer selon les frequentations, une histoire en "clair obscur", le rôle du père dans les scenes finales, beaucoup de fraicheur dans la noirceur de l'histoire...Cela m'a donné envie de remettre le Chattam sur une etagere (que je n'ai pas) et de prendre un Cercas, lequel conseillez vous pour commencer..?
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Message par topocl Sam 7 Jan - 8:47

Les soldats de Salamine?

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