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Irène Nemirovsky

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Message par bix_229 Dim 21 Juil - 20:42

Irène Nemirovsky
(1903-1942)

Irène Nemirovsky Irzone10

Irène Némirovsky est née dans une famille de financiers juifs russes. Son père, Léon Némirovsky, était un des plus riches banquiers de Russie. Mais lorsque la révolution éclate dans le pays en 1917, Léon Némirovsky préfère éloigner sa petite famille du pays en crise et s'installe en France en juillet 1919. Irène reprend alors brillamment ses études et décroche en 1926 sa licence de lettres à la Sorbonne.

1926 est une année clé de la vie de la jeune femme, puisqu'elle publie son premier roman Le Malentendu (même si elle avait déjà publié auparavant quelques contes et nouvelles, et ce dès 1923) et épouse un homme d'affaires juif russe, Michel Epstein. En 1929, elle donne naissance à sa première fille, Denise, et publie la même année David Golder, son premier grand succès, adapté au théâtre et au cinéma. Le Bal, l'année suivante, raconte le passage difficile d'une adolescente à l'âge adulte. L'adaptation au cinéma révèlera Danielle Darrieux. De succès en succès, Irène Némirovsky devient une égérie littéraire, amie de Kessel et Cocteau, et donne naissance en 1937 à sa seconde fille, Elisabeth.

La Seconde Guerre mondiale mettra un terme brutal à ce brillant parcours. En 1938, Irène Némirovsky et Michel Epstein se voient refuser la nationalité française, mais n'envisagent toutefois pas l'exil, persuadés que la France défendrait ses juifs. Ils préfèrent toutefois envoyer leurs deux filles dans le Morvan. Lâchée par ses amis et son éditeur, Irène porte l'étoile jaune. Elle rejoint, accompagné par son mari, ses deux filles dans le petit village où elles étaient cachés. C'est là qu'Irène Némirovsky rédigera le récit de Suite française, persuadée qu'elle allait bientôt mourir.

Elle est arrêtée devant ses enfants par les gendarmes en juillet 1942, et envoyée à Auschwitz, où elle succombera du typhus quelques semaines plus tard. Michel Epstein, qui avait tout tenté pour sauver sa femme, est également déporté en novembre et immédiatement gazé à son arrivée. Ses deux filles sauvent quelques documents, puis sont placées sous la tutelle d'Albin Michel et Robert Esmenard (qui dirigea la maison d'édition) jusqu'à leur majorité.

letournepage.com
Babélio

Bibliographie

romans
- Le malentendu [1926]
- Un enfant prodige [L’Enfant génial, 1927]
- Le bal [1929, sous le pseudonyme de Pierre Nerey]  Pages 1
- David Golder [1929] Pages 1, 2
- Les mouches d'automne [1931], suivi de LA NIANIA [1924] et de NAISSANCE D’UNE RÉVOLUTION [1938]
- L’affaire Courilof (1933)  Pages 1
- Le pion sur l'échiquier (1934)
- Le vin de solitude [1935]  Pages 1
- Jézabel [1936] : Page 2
- La proie [1938]
- Les chiens et les loups [1940]
- Les biens de ce monde [1947]
- Les feux de l'automne [1957]
- Suite française [2004]  Pages 1
- Le maître des âmes [Les Échelles du Levant] [2005]
- Chaleur du sang [2007]  Pages 1

nouvelles
- Dimanche,et autres nouvelles [2000]
- Destinées, et autres nouvelles [2004]
- Les vierges, et autres nouvelles [2009]
- Ida [1934], suivi de La comédie bourgeoise [1932]

oeuvres biographiques
- La vie de Tchekov [1946]

maj le 18/12/2020
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Message par bix_229 Dim 21 Juil - 20:52

Irène Nemirovsky Dimanc10

Dimanche

Dimanche est un recueil posthume des nouvelles d'Irène Nemirowski.
Recueil un peu hétérogène puisque l'auteur n'a pas pu choisir elle-même.
Mais c'est une bonne introduction à l'oeuvre romanesque, et une nouvelle comme Aino est véritablement envoûtante.
Peut-être parce qu'elle m'a semblé autobiographique - comme d'autres nouvelles - et que Nemirowski n'est jamais aussi bonne que lorsqu'elle parle d'elle-même et de ce qu'elle a vécu.


Mots-clés : #nouvelle
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Message par bix_229 Dim 21 Juil - 21:23

Je reviens avec Le Vin de solitude.
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Message par topocl Lun 22 Juil - 8:50

Suite française

Irène Nemirovsky Proxy193

Celui-là seul connaît les hommes et les femmes qui les a observés en un temps comme celui-ci, pensa t'elle. Celui-là seul se connaît lui-même.

On lit sans un instant de lassitude cet excellent roman choral du genre  « qualité française » peaufinée aux petits oignons. On ne dispose malheureusement que des deux premiers épisodes, cinq  ayant initialement été prévus dans cet ouvrage interrompu pour cause d'assassinat à Auschwitz.

Et autant on regrette les développements manquants, qu'on devine puissamment entrecroisés,  autant cela se lit tout à fait sans sentiment d'inachèvement. L'exode, puis la période de l'occupation allemande, sont l'occasion de montrer la modification des rapports sociaux, variablement apaisés ou attisés, et la complexité des personnalités. Les pages tournent d’elles-mêmes.

Récup 2015


Mots-clés : #deuxiemeguerre

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Message par bix_229 Mer 31 Juil - 17:59

Irène Nemirovsky Le_vin10


Le Vin de solitude. - Albin Michel


"Ou bien « Le Vin du souvenir » ? Le « Vin de solitude » ? Le Vin de solitude est un beau titre et il a de plus l’avantage certain de bien fixer ma pensée sur un point essentiel. En effet, je crois que ce qu’il faut montrer surtout, c’est cette enfant qui pousse ainsi, absolument seule. Bien mettre l’accent sur cette profonde et amère solitude, sur les fantasmagories qui peuplent sa vie, sur l’apparence monstrueuse que cette vie prend pour elle."

Irène Nemirowski


Le titre choisi finalement par Irène Nemirowski définit tout à fait le contenu du livre.
L'histoire d'une enfant puis d'une jeune fille seule. D'une ville à l'autre, de Kiev à Paris.
Le père, banquier, s'imagine compenser une enfance misérable en spéculant et en brassant de l'argent facile.
Absent la plupart du temps, il oublie sa fille qui l'adore.

La mère, -et c'est pire- est futile, égoiste, froide, sauf quand il s'agit de prendre un nouvel amant.

Elle n'aime pas sa fille et ne se prive pas de le lui dire. Ni de l'accabler de reproches méprisants.

Et elle ne lui épargnera jamais la vue de ses amants et de leurs coucheries.

La seule personne qui lui manifeste une vraie tendresse fut la gouvernante française. Mais quand la mère s'en appercevra, elle la chassera.
La guerre puis la révolution mettent la famille en fuite. D'abord à St Petesbourg, puis en Finlande, en Suède avant Paris où la mère a entraîné son dernier amant.
La jeune fille, décide alors de le séduire pour se venger de sa mère. Elle n'ira pas jusqu'au bout lorsque elle se rend compte qu'il ne l'aime plus et que la vengeance la plus cruelle est désormais le temps et l'age.

C'est d'ailleurs un élément fort que cette relation mère/fille.
Je ne me souviens pas avoir lu une relation à la mère aussi violente. Sinon celle de Jules Vallès.


On le sait à présent, le roman est en grande partie autobiographique, et cet antagonisme apparaît dans d'autres romans.
Le Vin de solitude est un travail de mémoire assez extraordinaire. Où il s'agit de restituer des situations, des atmosphère, d'essayer de reproduire ou de repenser des conversations.
Travail de mémoire aussi quand il s'agit de se remémorer les lieux où la famille vécut, le mode de vie où la richesse ne fait jamais oublier la négligence, le manque d’âme, la chaleur humaine.

Et aussi les bouleversements de la guerre et de la révolution bolchevik dont elle est témoin.
Ce qu'on retiendra avant tout, c'est le personnage qu'elle incarne, mélange de sensibilité frustrée, mais aussi d'intelligence, de lucidité, de volonté.
Toute sa vie le manque d'affection constituera une blessure permanente.
Et c'est sans doute pourquoi ce qu' elle a vécu se reflète dans un style incisif, précis, cruel.
Ce roman, au moment où il parut (en 1934) constituait un roman d'apprentissage au féminin, ce qui n'était pas encore très courant à l'époque. Si l'on excepte Colette à qui l'on pense parfois.
Mais Colette, elle, avait une mère qu'elle adorait et c'est déjà une grande différence.

Mots-clés : #autobiographie #exil #famille #premiereguerre #revolution #solitude
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Message par simla Dim 8 Nov - 2:37

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Suite Française

Trouvé dans une brocante de livres et acheté au hasard.....encore une super bonne pioche !

Quatrième de couverture :


Écrit dans le feu de l'Histoire, Suite française dépeint presque en direct l'exode de juin 1940, qui brassa dans un désordre tragique des familles françaises de toute sorte, des plus huppées aux plus modestes. Avec bonheur, Irène Némirovsky traque les innombrables petites lâchetés et les fragiles élans de solidarité d'une population en déroute. Cocottes larguées par leur amant, grands bourgeois dégoûtés par la populace, blessés abandonnés dans des fermes engorgent les routes de France bombardées au hasard… Peu à peu l'ennemi prend possession d'un pays inerte et apeuré. Comme tant d'autres, le village de Bussy est alors contraint d'accueillir des troupes allemandes. Exacerbées par la présence de l'occupant, les tensions sociales et les frustrations des habitants se réveillent…

Roman bouleversant, intimiste, implacable, dévoilant avec une extraordinaire lucidité l'âme de chaque Français pendant l'Occupation, enrichi de notes et de la correspondance d'Irène Némirovsky, Suite française ressuscite d'une plume brillante et intuitive un pan à vif de notre mémoire.


J'ai énormément aimé...quel talent...quelle brillante analyse des travers des humains, souvent pas glorieux.

Lucile, jeune bourgeoise provinciale dont le mari (pas aimé) est à la guerre, sous la coupe de sa belle-mère, qui n'en peut plus de sa servitude....


Qu'ils aillent où ils veulent; moi, je ferai ce que je voudrai. Je veux être libre. Je demande moins la liberté extérieure, celle de voyager, de quitter cette maison (quoique ce serait un bonheur inimaginable !), que d'être libre intérieurement, choisir ma direction à moi, m'y tenir, ne pas suivre l'essaim. Je hais cet esprit communautaire dont on nous rabat les oreilles. Les Allemands, les Français, les gaullistes s'entendent tous sur un point: il faut vivre, penser, aimer avec les autres, en fonction d'un État, d'un pays, d'un parti. Oh, mon Dieu ! je ne veux pas ! Je suis une pauvre femme inutile; je ne ne sais rien mais je veux être libre ! Des esclaves nous devenons, pensa-t-elle encore; la guerre nous envoie ici ou là, nous prive de bien-être, nous enlève le pain de la bouche; qu'on me laisse au moins le droit de juger mon destin, de me moquer de lui, de le braver, de lui échapper si je peux. Un esclave ? Cela vaut mieux qu'un chien qui se croit libre quand il trotte derrière son maître. Ils ne sont même pas conscients de leur esclavage, (...) et moi je leur ressemblerais si la pitié, la solidarité, "l'esprit de la ruche" me forçaient à repousser le bonheur."



L'exode et l'occupation allemande vus par le biais de plusieurs familles, grands bourgeois, artistes, paysans....quel état des lieux  !!!!

Et malgré les années qui ont passé, on se rend bien compte que les mentalités n'ont guère évolué....

Que de mesquineries, de rancoeurs, de jalousies, de mépris de classe....

Bref, un excellent roman que l'on lit en n'oubliant pas un instant la triste fin de cette talentueuse écrivaine. Crying or Very sad
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Message par topocl Dim 8 Nov - 9:30

Ha oui, simla, c'est un excellent souvenir, Suite française!

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Message par Bédoulène Dim 8 Nov - 11:11

merci Simla, je devrais m'intéresser à cette auteure

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Message par simla Mar 10 Nov - 8:34

Oui Topocl, j'ai vu que tu avais apprécié....je ne vais pas l'oublier de sitôt....je vais d'ailleurs essayer de trouver d'autres livres d'elle. Bédoulène, tu ne seras pas déçue Wink
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Message par bix_229 Mar 10 Nov - 11:44

Merci Simla, je ne vais pas tarder à le lire.
Je crois que Le Vin de solitude devrait te plaire.
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Message par simla Dim 22 Nov - 4:54

Irène Nemirovsky 4171h610

David Golder

Quatrième de couverture.
"Ruiné, malade, abandonné de tous ceux dont il pensait être aimé, David Golder n'a pas dit son dernier mot. Une occasion s'offre à lui de redevenir riche : il se lance à corps perdu dans cette dernière aventure.

Peinture sans complaisance du monde de l'argent, tragédie d'un vieil homme mal aimé, fable morale, David Golder est un roman d 'une remarquable puissance".

Premier roman d'Irène Nemirovsky, paru en 1929, elle avait 26 ans !!! Quelle maîtrise..superbement écrit....Un tableau sans complaisance d'un certain milieu, celui des affaires, son père banquier lui-même l'a peut-être inspirée ? On voit bien qu'elle connaît parfaitement cette classe de bourgeois, obsédée par l'argent, le paraître....Si elle n'avait pas été juive elle-même on aurait pu la taxer d'antisémitisme....elle dresse un tableau sans complaisance de cette avidité, cet amour de l'argent, leur raison de vivre !


"Soifer, un vieux Juif allemand qu'il avait connu autrefois en Silésie, puis perdu de vue et retrouvé quelques mois auparavant, venait jouer avec lui aux cartes. [...]Il possédait dans un coffre fort à Londres des diamants, des perles admirables, des émeraudes si belles qu'autrefois Gloria elle-même n'en possédait pas de pareilles. Avec cela il était d'une avarice qui confinait à la folie. Il habitait un meublé sordide, dans une rue sombre de Passy. Jamais il n'était monté dans un taxi, même lorsqu'un ami s'offrait à le payer : "Je ne désire pas, disait-il, prendre des habitudes de luxe que je ne puis me permettre". Il attendait l'autobus sous la pluie, l'hiver, des heures entières ; il les laissait passer les uns après les autres, quand la deuxième classe était au complet. Toute sa vie il avait marché sur la pointe des pieds pour faire durer ses chaussures davantage. Depuis quelques années, comme il avait perdu toutes ses dents, il ne mangeait plus que des bouillies, des légumes écrasés afin d'éviter la dépense d'un râtelier."

Son épouse, Gloria, qui redoute la mort et la ruine de David...au cours d'une confrontation :


"Mais rappelle-toi Nicolas Lévy, Porjès, tant d'autres qui remuaient des fortunes immenses, et quand ils étaient morts, qu'est-ce qui restait à leurs veuves ? Un découvert en banques. Et bien, moi, je ne veux pas que ça m'arrive, tu entends bien ? Arrange-toi. Pour commencer, mets cette maison à mon nom.".... " Brute ! ...Brute! Chien ! ... Tu n'as pas changé !... Va !...Tu es bien resté le même !... Le petit Juif, qui vendait des chiffons et de la ferraille, à New York, avec ton sac sur le dos. Tu te rappelles ? Tu te rappelles ?
-


David :

Et, toi, tu te rappelles Kichinief, et la boutique de ton père, l'usurier, dans la rue Juive ? ....... Tu ne t'appelais pas Gloria dans ce temps là ? Hein ... Havké ! ...Havké ! ..."...

Il hurlait le nom en yddish, comme une injure, en levant le poing. Elle le saisit aux épaules, étouffant ses cris, lui enfonçant la tête entre ses seins.


Tais-toi, tais-toi ! Brute ! Goujat ! Les domestiques qui sont là, les domestiques qui écoutent ! Je ne te pardonnerai jamais ! Tais-toi, je te tue, tais-toi !

Mais tout à coup elle le lâcha, gémit : la vieille bouche mordait sauvagement la chair entre les perles. Golder criait avec des yeux sanglants de chien enragé :


Tu oses ! Tu oses réclamer ! Tu n'as rien ! Et ça ! Et ça ? Et ça ?

Il se secouait furieusement le lourd collier, tordant le fil entre ses doigts. Elle lui enfonçait les ongles dans les mains, mais il tenait bon. Il suffoquait, hurlait :

" Ça, ma fille, ça vaut un million ! ... Et  tes émeraudes ? Tes colliers. Tes bracelets ? Tes bagues ? ...Tout ce que tu as, tout ce que je ne t'ai pas assuré une fortune ! ... Regarde-toi donc, couverte de bijoux, crevant d'argent que tu m'as extorqué, volé ! ... Toi, Havké ! ... Mais quand je t'ai prise, tu étais une pauvre, une misérable fille rappelle-toi, rappelle-toi !"

Il imagina, avec une espère de sombre humour, Gloria, telle qu'il l'avait vue venir tant de fois, vers lui, dans l'allée, se hâtant, le corps balancé sur des talons trop hauts, la main levée en écran devant son vieux visage peint qui fondait dans la lumière étincelante... Elle dirait 'Hello ! David, comment vont les affaires ?' et 'Comment vas-tu ?' mais seule la première question appellerait une réponse... Plus tard la cohue brillante de de Biarritz envahirait la maison. Ces têtes... Elles lui soulevaient le coeur quand il y pensait... Tous les escrocs, les souteneurs, les vieilles grues de la terre... Et cela boirait, mangerait, se soûlerait toute la nuit à ses frais. Une cour de chiens avides...


On plaint et on s'attache malgré tout à cet homme, dont l'honnêteté est sans doute discutable, de se retrouver soudain seul face à sa dégringolade.... le portrait de la femme de David a-t-il quelques points communs avec celui de la mère de la narratrice qui, semblerait-il, entretenait avec sa fille des rapports très distants...???

Ceci dit, c'est un court roman, 191 pages qui se lit d'une traite. J'ai beaucoup aimé, évidemment, pas très réjouissant....c'est le moins qu'on puisse dire  Wink


Dernière édition par simla le Dim 22 Nov - 7:04, édité 1 fois
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Message par simla Dim 22 Nov - 6:46

Irène Nemirovsky 412swx10

L'AFFAIRE COURILOF

Quatrième de couverture

"Léon M... a reçu l'ordre d'exécuter Valerian Alexandrovitch Courilof, ministre de l'Instruction publique du tsar Nicolas II. Mais ses chefs attendent le moment propice : l'attentat doit porter un coup fatal au régime impérial. Sous la fausse identité de Marcel Legrand, médecin suisse, le jeune terroriste entre au service de Courilof. Les jours du ministre, atteint d'un cancer du foie, sont comptés. Il n'est plus alors aussi aisé d'assassiner un homme qui inspire plus de pitié que de haine...

Roman terrible, fresque au vitriol d'une Russie où corruption et complot font bon ménage, fable désabusée et cynique sur la vanité du pouvoir, L'Affaire Courilof est une œuvre dont on sort ébranlé et meurtri. Qui a mieux écrit que l'auteur du Bal et de David Golder la solitude et la désespérance ?"

179 pages, un court roman sur cette terrible période : la lutte des bolchéviques contre le pouvoir en place, le Tzar Nicolas II..... les meurtres de part et d'autre, les exécutions, les complots...

Léon M....22 ans, reçoit donc l'ordre d'exécuter Courilof, mais une fois entré à son service comme médecin suisse, il devra patienter de long mois pour saisir l'occasion idéale, une bombe dans un endroit public afin de marquer les esprits....et durant ce temps, évidemment, il développe peu à peu envers Courilof de la pitié, de la compassion, en fait tout n'est pas si simple...

Courilof, après le décès de sa première femme, a épousé une artiste parisienne, à laquelle le lie une profonde tendresse, malgré la réprobation de la cour....

Extraits :

" Moi, dit Courilof d'un accent de sincérité qui me frappa, je l'ai aimée autrefois ; vous savez combien de folies j'ai pu faire pour elle. Mais cela ne peut pas se comparer au sentiment que j'éprouve à présent. Dans la vie, je suis seul, Alexandre Alexandrovitch, nous sommes tous seuls. Plus haut nous nous trouvons placés, plus complète est notre solitude. En elle, Dieu m'a donné une amie. J'ai beaucoup de défauts, l'homme est un tissu de fautes et de misères, mais je suis loyal. Je n'abandonne pas mes amis."
------------------------

"Enfin, le prince se souvint de moi, me fit appeler et me demanda un remède pour la toux chronique dont il souffrait. Je lui montrai sa cigarette et dis qu'il ne fallait pas fumer.
Il se mit à rire.
- Cette jeunesse va toujours aux extrêmes. On peut ôter la vie aux hommes, mais non leurs passions."


----------------------

Les hommes, les hommes, répétait Courilof, les ministres, les princes, quels pantins que tout cela! Le pouvoir réel est aux mains de fous ou d'enfants, qui ne savent même pas le reconnaître quand ils le tiennent, et le reste des mortels poursuit une ombre ! ...


Il n'y a pas d'homme bon qui n'ait commis dans sa vie une action cruelle, ni de méchant qui n'ait eu un mouvement de bonté".

Je vais continuer à chercher des romans de cette écrivaine de grand talent, mais je ne peux m'empêcher à chaque lecture de songer à son horrible fin.... Crying or Very sad
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Message par Aventin Dim 22 Nov - 6:57

Merci beaucoup Simla, tu donnes envie !
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Message par Bédoulène Dim 22 Nov - 16:01

oh oui ! je m'étais promis une lecture de cette auteure (mais je fais tellement de promesses aux auteurs que le temps emporte)

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Message par simla Dim 22 Nov - 23:57

Bédoulène, les promesses n'engagent que ceux qui y croient Irène Nemirovsky 1390083676 Irène Nemirovsky 1390083676
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Message par simla Sam 5 Déc - 5:24

Irène Nemirovsky 41gdyq10


LE BAL


Quatrième de couverture.

"Récemment passés de la gêne à l'opulence, M. et Mme Kampf décident de donner un bal. Leur fille, Antoinette, qui vient d'avoir quinze ans, rêvant d'y assister.  Mais Mme Kampf, peu soucieuse de présenter à ses admirateurs une fille déjà si grande, oppose un refus formel. Antoinette ne préméditera pas sa vengeance : elle l'accomplira d'un geste, dans un état second. Elle sera terrible....."



Un petit bijou de 109 pages qui se lit d'une traite. Le conflit mère/fille ....une mère vaniteuse, orgueilleuse, méprisante, cruelle, dépourvue de toute tendresse maternelle..et un père préoccupé de ses placements boursiers....et cette malheureuse Antoinette lucide, avide d'amour, qui vit entre ces deux parvenus....ses tourments d'adolescente....très bien décrits.


Par moments, elle haïssait tellement les grandes personnes qu’elle aurait voulu les tuer, les défigurer, ou bien crier : « Non, tu m’embêtes », en frappant du pied [...]

Et un jour… pour la première fois, ce jour-là elle avait désiré mourir… au coin d’une rue, pendant une scène, cette phrase emportée, criée si fort que des passants s’étaient retournés : "Tu veux une gifle ? Oui ? " et la brûlure d’un soufflet… En pleine rue… Elle avait onze ans, elle était grande pour son âge… Les passants, les grandes personnes, cela, ce n’était rien… Mais, au même instant, des garçons sortaient de l’école et ils avaient ri en la regardant : "Eh bien, ma vieille…" Oh ! ce ricanement qui la poursuivait tandis qu’elle marchait, la tête baissée, dans la rue noire d’automne… les lumières dansaient à travers ses larmes. "Tu n’as pas fini de pleurnicher ? Oh, quel caractère !... Quand je te corrige, c’est pour ton bien, n’est-ce pas ? Ah ! et puis, ne recommence pas à m’énerver, je te conseille…" Sales gens…



La vengeance est plat qui se mange froid....ce petit livre en est la parfaite démonstration. Razz
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Message par Bédoulène Sam 5 Déc - 10:02

merci Simla l (j'y arriverai à lire cette auteure)

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Irène Nemirovsky Empty Re: Irène Nemirovsky

Message par bix_229 Sam 5 Déc - 14:44

Bel enthousiasme, Simla ! Bravo Wink
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Message par simla Dim 6 Déc - 7:50

Irène Nemirovsky 71he7k10
CHALEUR DU SANG

Quatrième de couverture :

Dans un hameau du centre de la France, au début des années 1930, un vieil homme se souvient. Après avoir beaucoup voyagé dans sa jeunesse, Silvio se tient à l'écart, observant la comédie humaine des campagnes, le cours tranquille des vies paysannes brusquement secoué par la mort et les passions amoureuses.

Devant lui, François et Hélène Érard racontent leur première et fugitive rencontre, le mariage d'Hélène avec un vieux et riche propriétaire, son veuvage, son attente, leurs retrouvailles. Lorsque leur fille Colette épouse Jean Dorin, la voie d'un bonheur tranquille semble tracée. Mais quelques mois plus tard, c'est le drame.

L'un après l'autre, les lourds secrets qui unissent malgré eux les protagonistes de cette intrigue vont resurgir dans le récit de Silvio, jusqu'à une ultime et troublante révélation."

"Situé dans le village même où Irène Némirovsky écrira Suite française, mais entrepris dès 1937, ce drame familial conduit comme une enquête policière raconte la tempête des pulsions dans le vase clos d'une société trop lisse. Complet et totalement inédit, ce nouveau roman d'Irène Némirovsky refait surface près de soixante-dix ans après sa composition."

Une fois de plus, je suis bluffée par le talent, les capacités d'analyse de l'âme humaine de cette auteure, quelle finesse !

L'intrigue est bien menée et jusqu'à la fin, on ne soupçonne rien...j'aime beaucoup ce titre et sa réflexion... "Chaleur du sang"  en fait, l'impulsivité de la jeunesse, folie des hormones, le monde n'est pas trop grand pour nous lorsqu'on est jeune..on est capable de tout...et de nombreuses années plus tard, il est vrai qu'on se dit : c'est bien moi qui ai fait tout ça ? Comme cela a-t-il été possible ? La chaleur du sang, l'ardeur de la jeunesse, la folie qui nous prend...notamment amoureuse...quels moments merveilleux...si bien décrits. Je comprends d'autant mieux que je suis partie sac à dos courir le vaste monde et que ma mère s'étonnait de mes envies de voyage....."jamais contente là où tu es..tu crois que c'est mieux ailleurs ? ".... Wink

Silvio  :

Voici, je voudrais la décrire. Je ne peux pas. Sans doute, dès le début, je l’ai regardée de trop près comme tout ce que l’on convoite ; connaissez-vous la forme et la couleur du fruit que vous portez à vos dents ? Les femmes que l’on a aimées, comme je l’ai aimée, il semble que dès le premier jour on les ait vues à la distance d’un baiser.

La nuit vient… alors ? on ne peut appeler cela la nuit : l’azur du jour se trouble, et verdit, et toutes les couleurs graduellement se retirent du monde visible, ne laissant qu’une nuance intermédiaire entre le gris de perle et le gris de fer. Mais tous les contours sont d’une parfaite netteté ; le puits, les cerisiers, le petit mur bas, la forêt et la tête du chat qui joue à mes pieds et mord mon sabot. C’est l’heure où la bonne rentre chez elle ; elle allume la lampe dans la cuisine, et cette lumière fait entrer instantanément toutes choses dans une nuit profonde.

Je n'avais plus de père, et ma mère n'a pas pu me retenir. "C'est comme une maladie" disait-elle épouvantée, quand je la suppliais de me donner de l'argent et de me laisser partir, "attends un peu, ça passera".*

Elle disait encore :

" En somme, tu fais comme le fils Gonin, et le fils Charles qui veulent être ouvriers en ville, qui savent qu'ils seront moins heureux qu'ici, qui me répondent, quand je les raisonne : "Ca fera du changement".
Et, en effet, c'était bien ce que je voulais : le changement ! Mon sang s'allumait en pensant à tout ce vaste monde qui vivait tandis que je demeurais ici. Je suis parti, et maintenant je ne peux pas comprendre quel démon me poussait de ma maison, moi sauvage et sédentaire. Colette Dorin m'a dit une fois, je me souviens, que je ressemble à un faune : un vieux faune vraiment, qui ne court plus les nymphes, qui se cache au coin de son feu. Et comment décrire les plaisirs que j'y trouve ? Je jouis de choses simples et qui sont à ma portée : un bon repas, un bon vin, ce carnet où je me procure, en y griffonnant, une joie sarcastique et secrète ; par-dessus tout la divine solitude. Que me faut-il de plus ? Mais à vingt ans, comme je brûlais !.....Comment s'allume en nous ce feu ? il dévore tout, en quelques mois, quelques années, en quelques heures parfois, puis s'éteint. Après, vous pouvez dénombrer ses ravages. Vous vous trouvez lié à une femme que vous n'aimez plus, ou, comme moi, vous êtes ruiné, ou, né pour être épicier, vous avez voulu vous faire peintre et vous finissez vos jours à l'hôpital. Qui n'a pas eu sa vie étrangement déformée et courbée par ce feu dans un sens contraire à sa nature profonde? Si bien que nous sommes tous plus ou moins semblables à ces branches qui brûlent dans ma cheminée et que les flammes tordent comme elles veulent ; j'ai sans doute tort de généraliser ; il y a des gens qui sont à vingt ans parfaitement sages, mais je préfère ma folie passée à leur sagesse."  .




Bon, encore un roman qui se lit d'une traite, 161 pages...heureusement récupéré par sa fille....quel bonheur !Smile

Mots-clés : #amour #relationdecouple #ruralité
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Message par topocl Dim 6 Déc - 9:25

Houla, simla, mais c'est de l'addiction Very Happy !
Mais la drogue est douce, je te l'accorde (et je note au fur et à mesure!).

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Etre dans le vent, c'est l'histoire d'une feuille morte.
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