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Wolfgang Büscher

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Message par tom léo le Jeu 28 Nov - 7:22

Wolfgang Büscher
né en 1951


Wolfgang Büscher Autor-10

près de Kassel/Allemagne, est un journaliste, auteur et promeneur. Il écrivit pendant des années pour « Die Zeit », le « Süddeutsche Zeitung », le « Frankfurter Allgemeine Zeitung » et pour le magazine Geo. Il réçut des nombreux prix en Allemagne.

OEUVRE :

Drei Stunden Null. Deutsche Abenteuer/Allemagne, trois années zéro, 1998
Berlin-Moskau. Eine Reise zu Fuß/Berlin-Moscou, un voyage à pied, 2003
Deutschland, eine Reise/Allemagne, un voyage, 2005
Asiatische Absencen, 2008
Hartland: Zu Fuß durch Amerika/Loin de la mer: A pied à travers les Grandes Plaines, 2011
Ein Frühling in Jerusalem/Un printemps à Jérusalem 2014
avec/mit Christine Kensche, Uwe Schmitt: Acht deutsche Sommer, 2016
Heimkehr, 2020
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Message par tom léo le Jeu 28 Nov - 7:40

Wolfgang Büscher 41jpb610

Berlin-Moscou, un voyage à pied


Originale : Berlin - Moskau. Eine Reise zu Fuß (allemand)  

C’est par le titre que j’étais attiré par ce livre, et j’ai découvert un grand voyageur ! Voici mon commentaire pour ce livre :

CONTENU: Le titre l’indique bien: un voyage à pied de Berlin à Moscou, ceci en trois mois et sur les traces des troupes d’invasions aussi bien celles de Napoléon et aussi celles de l’offensive allemande pendant la deuxième guerre mondiale. Parmi ces soldats là, la personne du grand-père de l’auteur qui est tombé quelque part sur le chemin et que Wolfgang Büscher n’a jamais connu. L’auteur traverse la Pologne au milieu de l’été, puis la Biélorussie pour arriver au début d’hiver à Moscou.

OPINION: Büscher ne veut pas nous donner un récit parfait avec des détails exactes de chaque jour, mais selon moi les impressions et rencontres racontées dans ce récit veulent plutôt dévoiler une atmosphère, dans laquelle on plonge peu à peu si loin des chemins parcourus par les touristes on s’avance – encore plus à pied ! – vers l’Est ! Cet « Est » recule toujours plus, chacun voyant « l’Est » encore plus à l’Est…jusqu’à Moscou. Bien sûr, nous apprenons beaucoup de choses, faisons la connaissance de gens intéressants, fascinants avec leurs histoires, mais l’essentiel me paraît encore au-délà de cela.

Qu’on ne s’attende pas à des descriptions romantiques ! Mais à celui qui aimerait pressentir quelque chose de la réalité, de l’ambiance à l’Est de Berlin, je recommande profondément ce livre. Il s’y trouvera confronté avec les données difficiles, mais il comprendra peut-être quelque chose de l’être humain. Büscher sait décrire les pays traversés dans leurs contradictions fondées dans le cours de l’histoire et des mentalités différentes. Si nous autres, on n’y voit pas la vie en rose, je me demande si ce n’est pas plutôt notre problème. L’auteur partage ce que ces pays ont réveillés en lui, des choses profondes.

Après mes propres voyages en Russie et en Pologne, et des contacts avec des gens de ces pays, je ne peux que dire oui à ces intuitions et analyses. Mais la solution des soi-disant « problèmes » à l’Est ne va probablement pas se trouver dans une occidentalisation en outrance et de les mesurer éternellement de notre point de vue, mais serait plutôt une recherche de son identité en l’approfondissant.


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Message par Bédoulène le Jeu 28 Nov - 11:16

merci Léo ! c'est noté !

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Message par Quasimodo le Jeu 28 Nov - 14:29

Pareil. Je crois reconnaître l'une de ces lectures qui infusent lentement et impriment durablement.

Tu aurais un petit extrait ?

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Message par tom léo le Jeu 28 Nov - 15:35

@Quasimodo a écrit:Pareil. Je crois reconnaître l'une de ces lectures qui infusent lentement et impriment durablement.
Tu aurais un petit extrait ?

Pardon: j'ai lu en allemand (bien sûr) et devrais ainsi traduire par moi-même. Mais coté littérature de voyage: oui, c'est vraiment très bien! Il était même, si mes souvenirs sont bien, au festival de Saint Mâlo?! En Allemagne - dans cette domaine - il est considéré comme le meilleur.
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Message par tom léo le Jeu 28 Nov - 15:41

Wolfgang Büscher 41w-x810

Allemagne, un voyage


Original: Deutschland, eine Reise (Allemand, 2005)

Le voilà, notre voyageur sur les routes et chemins en Allemagne. En 2005 cela fût un vrai « bestseller » chez nous, mais aussi dans la distance on va pouvoir apprécier ce livre. C’est surtout à pieds, mais aussi en bateau, train et bus (rarement en voiture et comme auto-stoppeur) qu’il fait dans le vrai sens du terme le tour de l’Allemagne. Il démarre là, où le Rhin s’apprête à entrer aux Pays-Bas et poursuit son chemin dans le sens des aiguilles d’une montre. Il est toujours proche des frontières, faisant des fois aussi des incursions au pays limitrophe. Mais est-ce que ces zones aux frontières, dans le contact parfois avec l’autre, ou une frontière ancienne ou nouvelle, ne sont pas des lieux particuliers pour mesurer l’atmosphère d’un pays? Le voyage le mènera aussi bien par des villes et places connus (Brême, Dresde, Lac de Constance, Aix-la Chapelle) qu’aussi des lieux retirés et loin de tout, oui, et souvent oubliés.  Mais tous ces lieux, les histoires, racontées avec une certaine poésie, autour d’événements locaux et de personnes rencontrées, nous montrent des facettes multiples de l’Allemagne. Des visages presque insoupçonnés, l’atmosphère et le poids (ou la légèreté) de l’histoire.

Il ne suffit pas juste de se déplacer. Mais Büscher a la sensibilité intérieure pour bien voir et écouter, pour se rendre disponible aux rencontres du hasard avec les personnes rencontrées. Certains récits paraissent presque un peu irréels, ou « arrangés », mais celui qui a voyagé sait qu’on peut vivre des choses invraisemblables.

Une lecture qui peut donner à des non-Allemands (comme il avait fasciné les lecteurs allemands!) une idée de certaines facettes de notre pays. Certainement il y a des noms qui évoquent pour un Allemand toute de suite une histoire – est-ce que cela sera toujours le cas pour un étranger ? Ainsi, en passant, on apprend beaucoup et cela rappelle des bons souvenirs des grands écrivains voyageurs. Mais certainement il y a aussi un coté contemplatif et poétique, qui peut séduire.

Une recommandation!


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Message par Tristram le Jeu 28 Nov - 15:56

Cet aspect "suivi des frontières" me ramentois Rumiz _ il me semble d'ailleurs que Büscher pourrait être "rangé" avec lui dans Nature et voyages.
Tu connais Rumiz, Tom ?

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Message par tom léo le Jeu 28 Nov - 16:01

@Tristram a écrit:Cet aspect "suivi des frontières" me ramentois Rumiz _ il me semble d'ailleurs que Büscher pourrait être "rangé" avec lui dans Nature et voyages.
Tu connais Rumiz, Tom ?

Oui, cette classification pourrait être juste. Je connais Rumiz juste par des commentaires et par l'existence d'un de ses livres sur ma PAL; Mais..., quand lire??? Je me sens attiré par Rumiz aussi, bien sûr. Ainsi que d'un livre comme Danube de Claudio Magris et... et...
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Message par bix_229 le Jeu 28 Nov - 16:13

Wolfgang Büscher 41w-x810

Wolfgang BUSCHER. - Allemagne, un voyage. - Paris : L'Esprit des Péninsules. - 2006.

A pied, en car, en stop et en bateau, Wolfgang Buscher fait en 2OO5 le tour d'un pays qui est le sien, l'Allemagne : 3 500 km environ.
Un pays qu'il croyait connaître, mais qu'il ne connait pas et qui n'existe que parce qu'il s'intéresse à lui.
Dans ce pays, il y a, à l'est, un pays fantôme l'ex RDA, et puis aussi les vestiges du nazisme, d'autant plus présents qu'ils sont occultés.
En le lisant, on a parfois l'impression qu'il ne se sent jamais aussi bien que lorsqu'il est seul dans la nature, même parfois s'il s'égare sur des chemins qui ne mènent nulle part. Ou alors lorsque, au cours d'une rencontre, quelqu'un le choisit pour lui faire don de quelques souvenirs, ou d'un témoignage capital dont il devient le gérant.
De temps en temps, il franchit -clandestinement- une frontière, comme pour s'assurer de son peu de réalité.
Buscher sait voir, écouter et observer. S'immerger dans la réalité de son voyage. S'effacer derrière les paysages et les personnages qu'il rencontre.
Et c'est sans doute pour cela qu'on a plaisir à l'accompagner.

"Ecouter les autres était devenu une mauvaise habitude -dont j'avais honte quand quelqu'un, en remarquant que sa conversation avait un témoin, me lançait un regard furieux ou désarmé. J'étais aussi désarmé que lui ; c'était comme si je me réveillais en sursaut d'un rêve. Mais bientôt je recommençais à écouter. Sans être envahi par la mauvaise conscience. Je n'étais qu'un esprit en errance qui scrutait des ames et des lieux étrangers." P. 139

"La lumière venait de s'allumer lorsque j'arrivai à Franzensbad. J'allai à l'Imperial et pris une chambre avec vue sur le parc. L'hôtel était très blanc, très calme. Une fontaine gargouillait, des voix basses me parvenaient du foyer mais en traversant les couloirs, les étages, en passant devant les colonnes et les pilastres blancs, je ne croisai âme qui vive. Un téléphone sonna longuement dans une chambre sans que personne ne réponde.
Le bar était ouvert, jetant un regard circulaire, je vis que j'étais seul. Dans la vitrine réfrigérée, il y avait un rosé de Californie à côté d'un mousseux de Bohème, il y avait du Jagermeister et de la Tequila, des amandes salées et de la musique de variété irlandaise." P. 142
.
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Message par Quasimodo le Jeu 28 Nov - 16:15

@tom léo a écrit:Une lecture qui peut donner à des non-Allemands (comme il avait fasciné les lecteurs allemands!) une idée de certaines facettes de notre pays. Certainement il y a des noms qui évoquent pour un Allemand toute de suite une histoire – est-ce que cela sera toujours le cas pour un étranger ?
C'est engageant ! Et tout à fait dans ma dynamique actuelle : j'assiste à un cours sur l'histoire culturelle et politique de l'Allemagne, dans sa relation avec la culture française et à travers la création des principaux mythes germaniques : harmonie et influence réciproque d'une part, violent rejet d'origine identitaire d'autre part. Cela implique de nombreux allers-retours entre les deux cultures, et cette mise en rapport me passionne !

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Message par bix_229 le Jeu 28 Nov - 16:24

Je voudrais rajouter un Post scriptum, tellement je trouve ce livre intéressant et n'ai pas l'impression de lui avoir rendu justice...
Je voudrais rajouter que ce livre est rempli de souvenirs, personnels ou non. De traces, de blessures non cicatrisées et occasionnées par la 2e Guerre Mondiale.
Des bombardements insensées et injustifiables par les américains au cours de l'année 1945. Alors que la guerre était pratiquement gagnée, la plupart des grandes villes allemandes furent rasées, faisant des milliers de victimes civiles. Plus qu'à Hiroshima et Nagazaki.
(Enzensberger, Sebald et Dagerman en parlent et bien.)
De l'ile de Helgoland, que les Britanniques eurent l'idée délirante d'anéantir. En 1947, 2 ans après la guerre, et les habitants ayant été exilés, 6700 tonnes de bombes furent déversées sur l'île... Qui continua à flotter. Les habitants furent autorisés à y retourner en 1952.
Buscher nous parle de fantômes, vivants ou non, du magnétique docteur Mesmer qui passionna toute l'Europe. De Wilhelm Cordier qui fonda une secte en Argentine, parce qu'il avait été profondément écoeuré par la destruction de sa ville en 1945.
Et de mille autres choses. Souvent avec poésie. Jamais avec emphase.

"L'air sentait la mer lorsque j'arrivai à Leer. La ville ruisselait d'humidité, les réverbères, dans les ruelles, avaient un halo comme la lune par une nuit brumeuse, la mer devait être toute proche. Dès que j'eus quitté la rue principale et ses rares passants, ses lumières, la certitude de me trouver ce jour de cette année à marcher dans ces rues s'évanouit. Un visiteur du soir à l'époque d'Eichendorff ne se serait pas tenu autrement dans le silence de ces églises sombres. De temps à autre, j'entendais des voix, des pas.
Au port des hommes s'affairaient bruyamment à leur bateau. Le son clair d'une cloche me fit tressaillir. Je n'aurais pas été étonné de sentir tout à coup, provenant d'une niche, l'haleine de tabac acre d'un marin mort-vivant, condamné à errer sans trouver le repos."


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Message par animal le Jeu 28 Nov - 22:26

Merci pour les extraits aussi. Wolfgang Büscher 1252659054

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Message par tom léo le Ven 29 Nov - 16:41

Avec le fil existant, j’ose présenter un livre pas encore traduit, avec l’espoir de traductions à venir : un autre récueil de récits, d’impressions de voyages, publié en allemand sous le titre de

Asiatische Absencen



Donc, quelque chose comme „Absences asiatiques“. (Originale : Allemand, 2008)

CONTENU:
L’Asie – c’est pour l’auteur le radicalement autre. L’Inde, le Cambodge, l’Himalaya, Tokyo, la Chine – être sur la route entre rêve et oubli, des fois dans une perception aiguisée. Une fois, tombée dans une fièvre, on l’amène dans un hôpital colonial délabré, où il oscille entre l’état éveillé et la fièvre… Puis une visite dans un palais, où le propriétaire donne des concerts de Sitar pour des singes… Montée d’une montagne au Himalaya, où des schamanes se rencontrent et offrent des sacrifices… etc.
(Source : aussi Rowohlt)

OPINION:
„Absences“ – est-ce que ce mot revêt des multiples sens dans ce livre ? Absence d’Europe, donc présence en Asie, mais aussi une certaine forme d’absence de soi-même par le biais de l’expérience du tout autre, de pays, de coutumes si différents qu’on n’arrive plus bien à distinguer la réalité de l’imagination, le réel du rêve. Presque toutes ces histoires (sept) ont cet effet étrange d’une aliénation, d’une autre façon d’être présent au monde. Où sont les frontières ?

Jusqu’à ce livre-là j’avais fait connaissance de Büscher par deux récits bien européens, voir allemands (voir en haut). Il y était – c’est bien compréhensible – plus aisé pour un Européen de s’y retrouver. N’étaient-ils pas plus abordables, réels? Ce livre-ci me semble nettement plus « exotique ». Trop exotique? A chacun de juger. Non, ce n’est pas le fait de la diversité, de la différence qui me fait peur, surtout en Asie, mais à coté de tous ces descriptions du cadre si différent, j’aurais bien aimé trouver cette palette d’expérience qui nous font nous ressembler au-délà des continents et se sentir proche et frères en humanité...
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Message par Tristram le Ven 29 Nov - 16:52

Merci Tom : si ça pouvait décider des éditeurs !
Tous différents sans être radicalement étrangers, c'est un peu ça l'idée, non ?

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Message par tom léo le Ven 29 Nov - 17:01

@Tristram a écrit:Merci Tom : si ça pouvait décider des éditeurs !
Tous différents sans être radicalement étrangers, c'est un peu ça l'idée, non ?

CELA serait mon souhait, mais en le lisant dans ce livre précis, on était souvent dans une sorte d'étrangeté, distance, aliénation même? Mais le ressenti pourrait être différent, bien sûr!
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Message par Nadine le Mer 4 Déc - 22:17

Tom Léo, Bix, vous donnez envie de lire Allemagne , un voyage. Merci à vous deux
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Message par tom léo le Ven 6 Déc - 16:06

Un printemps à Jérusalem

Wolfgang Büscher 12746810


Originale : Allemande, 2014

CONTENU :
Büscher à Jérusalem : deux mois il a vécu dans la vieille ville, d’abord dans une auberge arabe près de la porte de Jaffa, puis dans un mini-quartier grècque des temps des croisades. Être là, tout simplement, et se mouvoir dans les traces de deux mille ans. Un lieu spécial, si chargé d’histoire, de réligion, politique.

REMARQUES :
C’est un grand voyageur à pied qui se pose ici plus ou moins, et se meut dans un espace même assez reduit : La vieille ville de Jérusalem avec ces quartiers arménien, chrétien, arabe et juif. Et l’auteur ne se promène pas seulement avec une certainetranquillité, non, il semble de disposer de beaucoup de temps pour tout simplement être assis ici et là (il a des places préférées, des points d’observation), pour regarder. Là, il semble être un homme contemplatif qui se laisse impregner par les impressions. Car il y en a des choses à voir, mais aussi à « sentir » (les odeurs des premiers pages!). Il rencontre des gens, parfois avec des histoires incroyables, liées à cette ville et leur communauté. Certains lui deviennent très proches.

On pressent chez lui de se savoir dans une ville spéciale, unique, entre Orient et Occident, des rencontres incessantes avec l’Histoire. Quelle coexistence, parfois les uns contre les autres, dans un espace si reduit. Mais Büscher semble comprendre, ou vouloir comprendre presque tous. Juste envers les colons juifs extrémistes il semble prendre ses distances. Souvent il porte un regard empathique, parfois aussi de colère. Car l’absurdité de certaines situations, et un virement vers le déclin et le tragique guettent.

Comprendre Jérusalem semble impossible. L’auteur nous fait sentir quelques réalités.
Un livre fort !

« J'étais de nouveau réveillé avant le jour. L'appel à la prière me saisit par surprise. Rien ne bougeait, pas un son, pas une lumière. Blottie dans la froidure de la nuit, Jérusalem écoutait l'annonce venue du désert. L'appel ne semblait pas venir de la ville, c'était comme s'il l'encerclait pour déferler en vagues, des vagues de sable dur. Aussi durement qu'il avait éclaté, l'appel à la prière cessa. Et de nouveau le calme de la nuit, puis les cloches des églises. Doucement, s'assemblant d'abord, le son familier, le balancement, et puis il devenait plus plein, plus dense. Les trois derniers coups maintenant, tous pareils, un amen de métal. Et le jour parut. »


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Message par Bédoulène le Ven 6 Déc - 18:37

merci Tom Léo, j'ai l'envie de lire l'auteur, je commanderai 2 ou 3 de ses livres dont celui-ci.

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Message par Bédoulène le Mar 11 Fév - 10:38

Wolfgang Büscher 415oyt10

Loin de la mer : A pied à travers les grandes plaines

L'auteur décide donc de traverser les USA en partant de la frontière du Canada jusqu'à Matamoros au Mexique

Wolfgang Büscher Marche10

Mais  ceux qui connaissent l'Amérique lui on dit : "Marcher en Amérique était impossible"

aussi dit-il de lui-même : "J'étais l'idiot d'Amérique".

Et pourtant il marchera dans les grandes plaines, sous la neige, la pluie, le soleil, mais dit-il :

"Je n'étais pas seul. A mes côtés il y avait, comme des chiens fidèles, ces avertissements."

Au nord les habitants le prévenaient contre les loups, les coyotes... et en descendant vers le sud c'était contre les hommes ; les escrocs, les assassins. Cependant l'auteur n'a jamais été agressé par les uns, ni par les autres ; plusieurs personnes le prenaient en stop, sans qu'il les eut interpellés. Ceci lui permis de belles rencontres, des connaissances sur les lieux traversés, les légendes locales, le vif, le profond de l'Amérique.

Il traversa des villes fantômes, les plaines, le désert ;  il eut froid, chaud, soif, faim car parfois impossible de trouver un magasin, un bar, une chambre. Il visita le plus petit ranch et le plus grand.

Le passé de l'Amérique est distillé au fur et à mesure des villes ou des lieux-dits, rappel des drames économiques, sociaux, spirituels (le sort des Indiens, la secte Waco...)

L'auteur se laisse porter par le temps, les rencontres, les paysages, il accepte tout.
Curieusement on a l'impression que tous les américains ont des racines allemandes car dans ses rencontres souvent les gens rappellent un aïeul. Mais c'est logique car l'Amérique est allée chercher des bras en Allemagne après la 1ère guerre mondiale, puis à la deuxième sont arrivés aussi des émigrés d'Europe.
A noter que l'auteur a choisi comme terminus de sa marche la ville d' Amatamoros, une ville où le meurtre s'est installé quotidiennement.

C'était une lecture intéressante.

Extraits :

"Avec les petits commerçants, les trafiquants de drogue, avec tous ceux qui traversaient le fleuve pour louer leurs services en Amérique dans un ranch, dans un bar, une villa, la mort mexicaine émigrait elle aussi en traversant le Rio Grande. Elle était présente dans les moindres faits et gestes."

"A Robstown je vis un cheval paître dans une décharge. Driscoll n'était qu'un amas de maisons en tôle décaties, tout était rouillé, poussiéreux, nu. Les rares choses qui existaient portaient un nom générique, comme si leur accorder un nom propre demandait trop d'effort. Le bar de Bishop s'appelait Bar, le diner s'appelait Diner, et le ciel bleu pâle aurait eu besoin d'un bon coup de peinture."

Dans l'attente d'un car de dépannage :

"D'un ton ferme et inimitablement affable on nous assurait, une fois de plus, de tout faire pour résoudre ce léger problème dans la demi-heure et de nous ramener en toute sécurité chez nous, "home for Christmas".  Tout à coup je compris que, devant la vitre, deux personnes (deux allemands) issues d'une nation d'ingénieurs géniaux regardaient une nation de vendeurs géniaux (les américains)qui parvenaient à maintenir pendant des heures les gens dans de bonnes dispositions sans que rien, apparemment, ne fonctionne, sinon les hauts-parleurs. Nous regardions en secouant la tête - étonnés. Nous construisions parmi les meilleures machines au monde. Mais eux, ils vendaient les rêves qui avaient le plus de succès au monde. Avec eux ils étaient allés loin. Mais pourraient-ils aller plus loin ?."

"Ce n'était pas l'église qui dominait dans les petites villes que je traversais mais le courtyard, le tribunal. Ces forteresses de la Loi étaient souvent de puissants édifices néoromans rappelant le style néobaroque mais, avant tout, la façon dont s'était construite l'Amérique ; au commencement était le fusil, le revolver. Le droit ne vint qu'après."

"Combien de lieux vides n'avais-je pas vus. Mais Wichita était le plus désert de tous. [...]toute une population de sculptures, immobiles et muettes, simule ce que Wichita pourrait être s'il y avait des gens dans les rues. C'était quand il faisait encore jour, car le soir, je rencontrai des gens -d'un coup et de façon si inattendue qu'une certaine inquiétude s'empara de moi qui devait un peu ressembler à ce que Robinson Crusoé avait éprouvé à la vue des cannibales qui accostaient. [...] ils arrivaient par centaines, boiteux ou en pleine forme, beaux, laids, maigres et bouffis, ceux qui puent......
C'était le plus étonnant - une personne sur trois n'avait pas l'aire d'avoir attendu toute une journée afin d'obtenir un repas chaud gratuit.
Il fallut une demi-heure à peine pour que la place devant la cathédrale redevienne aussi déserte qu'avant."

"C'est dangereux pour tout le monde. Les auto-stoppeurs agressent les conducteurs qui les prennent. Les conducteurs dévalisent les auto-stoppeurs. Ici, ceux qui vont à pied sont des mendiants ou des fous. Faites attention !"



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"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
Bédoulène
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Wolfgang Büscher Empty Re: Wolfgang Büscher

Message par Tristram le Mar 11 Fév - 11:15

Décidément un voyageur qu'il me faudra lire !

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« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
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