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George Du Maurier

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Message par ArenSor le Dim 19 Juil - 18:32

George Du Maurier
(1834 – 1896)

George Du Maurier Portra17

Né en 1834 à Paris, d'une famille française émigrée en Angleterre sous la Révolution, George Du Maurier grandit dans une petite maison des Champs-Élysées, puis à Boulogne, avec des souvenirs qui hanteront sa mémoire et son œuvre. De retour à Londres, en 1860, il passe de la chimie à la peinture, avant de collaborer à Punch et au Harper's Magazine en donnant vers, proses et caricatures qui fustigent la classe dominante et la petite bourgeoisie. Il avait, dit-on, suggéré le sujet de Peter Ibbetson à Henry James, qui déclina l'offre mais l'incita à écrire le roman. Celui-ci, paru en 1892, remporta un grand succès. En 1894, il publie Trilby, évocation douce-amère de sa vie de bohème. The Martian paraîtra peu après sa mort, survenue en 1896. Ses nouvelles ont été éditées en 1947.
Source : Encyclopedia universalis
Œuvre :
1891 : Peter Ibbetson (publié en France en 1944)
1894 : Trilby (publié en France en 1985)  
1897 : Le Martien
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Message par ArenSor le Dim 19 Juil - 18:39

Peter Ibbetson

George Du Maurier Peter_10

« Il est peu d'écrivains qui doivent le meilleur de leur renommée non à la variété de leur inspiration mais à une seule idée, si sublime qu'elle semble se soutenir d'elle-même, sans exiger quelque autre génie particulier. Roman d'assez médiocre facture, d'où fut tiré un film sans qualités exceptionnelles (si ce n'est l'excellence des acteurs), Peter Ibbetson offre l'exemple d'une œuvre unique, en ce qu'il illustre le pouvoir absolu de l'amour, capable de réunir ce qui a été originellement séparé. »

Je souscris complètement à cette opinion de Raoul Vaneigem dans l’Encyclopedia universalis, tout du moins pour l’ouvrage car je n’ai pas vu le film d’Henry Hathaway, sorti en 1935. Ce dernier fit une très forte impression sur les surréalistes, en particulièrement André Breton qui en parle dans « L’Amour fou ».
Le roman est, à mon avis, mal construit et mal écrit, ce qui m’a assez gêné.
Il relate un amour absolu entre le narrateur, alias Jojo, et la belle duchesse de Towers, alias princesse Tarapatapoum. Vous l’avez compris c’est un amour d’enfance, surtout une nostalgie inconsolable des premières années de la vie passées à Auteuil dans les années 1830, alors que cette banlieue conservait un caractère campagnard marqué avec ses parcs, ses chemins de traverse, sa mare… Toute la première partie du livre est empreinte d’une atmosphère proustienne et c’est probablement la partie la plus réussie du roman.
Après moult péripéties, les deux protagonistes, devenus adultes, se retrouvent… dans un rêve. Mais pas n’importe quel rêve ordinaire, comme ceux que nous faisons tous :

« Dans un rêve, il y a toujours des coupures, des inconséquences, des bévues, des incohérences, des interruptions ; bien des maillons manquent à la chaîne, ce n’est seulement que par instants que l’impression est suffisamment vive pour se graver ultérieurement dans l’esprit éveillé, et même alors elle n’est jamais aussi réellement vive que les impressions de la vie réelle, bien qu’elle ait paru telle dans le rêve. On s’en souvient bien au réveil, mais bientôt elle s’efface, et c’est ensuite seulement de son souvenir qu’on se souvient. »

Il s’agit en l’occurrence d’un « rêve vrai », autant que la réalité diurne peut l’être

« Je dois vous dire que mon cher père avait découvert un étrange secret du cerveau – comment se souvenir en rêve des choses, des gens et des lieux d’autrefois tels qu’on les a vus ou connus soi-même – même des choses dont on ne se souvient plus. Il appelait cela « rêver vrai » et, par une longue pratique, me dit-il, il avait porté cet art à sa perfection. »

Ce rêve vrai a pour base un principe la mémoire inconsciente :

« La mémoire inconsciente enregistre tout, sans que nous prenions même garde à ce qui se passe autour de nous, en dehors des choses qui attirent directement notre attention et notre intérêt. »
Le rêve vrai a des règles précises. Ainsi, il est impossible d’intervenir dans les situations pour les infléchir (vieux principes des machines à remonter le temps).
Par ailleurs, ses propriétés dépassent largement celles de la mémoire inconsciente, Du Maurier n’étant pas à une incohérence près : Les deux protagonistes ne faisant plus qu’un au moment de leurs rencontres, chacun a connaissance directement des pensées de l’autre, accède de même complètement au passé de l'autre ; situation présentée comme idyllique (mais sur ce sujet je reste réservé !). Autre particularité, les deux amants en viennent à remonter dans le passé – ils se sont découverts parents – et à entrer dans l’esprit de leurs ancêtres, allant jusqu’à taquiner les mammouths de la préhistoire !
Le rêve éveillé s’avérera plus fort que la mort. Au décès de la princesse de Towers, celle-ci continue à hanter les rêves de Peter mais de manière discontinue puisqu’elle est entraînée vers les étoiles dans le grand tout de la vie, conception platonicienne qui caractérise la dernière partie du livre.
Pour ma part, je n’ai pas succombé au charme de cette histoire d’amour absolu dont on voit trop les ficelles, exprimée de façon maladroite et naïve. Mais c’est avis tout à fait subjectif.  George Du Maurier 2441072346
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Message par bix_229 le Dim 19 Juil - 18:52

C'est l'idée qui est belle. Et parfois trop belle pour l'artiste qui tente de la matérialiser.
Dommage ! George Du Maurier 2441072346
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Message par ArenSor le Dim 19 Juil - 22:26

@bix_229 a écrit:C'est l'idée qui est belle. Et parfois trop belle pour l'artiste qui tente de la matérialiser.
Dommage ! George Du Maurier 2441072346

Tout à fait ! Mais si j'ai eu du mal à entrer dans cet univers que j'ai trouvé un peu "Bisounours", rien ne dit qu'un (e) autre en aura la même approche. Enfin, je ne regrette pas du tout d'avoir lu ce livre car, comme tu le soulignes, l'idée est intéressante et qu'il y a aussi de beaux passages sur la nostalgie de l'enfance Very Happy
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Message par bix_229 le Dim 19 Juil - 23:29

C'est certain ! Rien n'est impossible à imaginer pour un enfant.
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