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Flannery O'Connor

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Message par Tristram Mar 9 Oct - 21:37

Les braves gens ne courent pas les rues

satirique - Flannery O'Connor - Page 2 Les-br10

Si l’homme naît bon (et on peut en douter à la lecture de ces nouvelles), en tout cas la société ne tarde pas à le corrompre.
Moments de la cruauté ordinaire, saynètes naturalistes en instantanés réalistes du Sud, autant de petites histoires pourtant fort cocasses, de personnages malgré cela attachants (surtout les enfants), sans doute imprégnés de la tendresse (cachée) de l’auteur. Pas de cynisme ni de méchanceté je pense, mais la plume est vive, dure, féroce. Grand sens de l’observation psychologique :
« Mrs. Hopewell n’avait, quant à elle, aucun travers particulier, mais elle savait si efficacement tirer parti de ceux des autres qu’elle ne remarquait pas l’absence des siens. »  

« Toute la journée, Joy restait vautrée dans un fauteuil, un livre à la main. Parfois, elle sortait se promener, mais elle n’aimait pas les chiens, les chats, les oiseaux, les fleurs, la nature, ni les jeunes gens. Elle regardait les hommes comme si ses narines avaient senti leur bêtise. » (Braves gens de la campagne)
Flannery O'Connor maîtrise, outre l’art de la pochade (où rien n’est gratuit),
« C’était une femme de petite taille, dont la silhouette évoquait une urne funéraire. » (Un heureux événement)
celui de pointer ces insolence et suffisance qui vont si bien avec la bêtise :
« "Maintenant, dit-il, un ouvrier met un boulon, un autre un deuxième boulon, un autre un troisième boulon, si bien qu’il faut un homme par boulon. C’est pourquoi les voitures reviennent si cher : on paie pour tous ces hommes. Mais si vous n’aviez qu’un homme à payer, votre voiture reviendrait moins cher ; et cet homme prendrait de l’intérêt à la construire, elle serait donc meilleure." » (C’est peut-être votre vie que vous sauvez)
Les dialogues sont particulièrement savoureux :
« "Si nous oublions notre passé, disait l’orateur, nous ne nous souviendrons pas de notre avenir, et tant mieux sans doute, car nous n’en aurons pas." » (Tardive rencontre avec l'ennemi)
Le ton est unique me semble-t-il :
« Il lui laissait une maison hypothéquée et cinquante acres de terrain : mais il s’était arrangé pour faire abattre les arbres avant de mourir. C’était comme le couronnement d’une vie réussie : il emportait tout avec lui. » (La Personne Déplacée)
La bêtise fondamentaliste est particulièrement soulignée.
Mention spéciale pour La Personne Déplacée, nouvelle la plus longue (une cinquantaine de pages), qui évoque opportunément les immigrants (ici un Polonais certainement juif, fuyant l’Europe en guerre et les camps) et l’évincement de la main-d’œuvre par la technologie :
« Mais avec des étrangers dans les lieux, des gens qui voyaient tout et ne comprenaient rien, qui venaient d’un pays où l’on se battait continuellement, où la religion n’avait pas été réformée, avec ces gens-là, on était sur le qui-vive à chaque instant. Elle se dit qu’il devrait exister une loi pour se défendre d’eux. Il n’y avait pas de raison pour qu’ils restent là, prennent la place d’enfants du pays qui avaient été tués dans leurs guerres et dans leurs carnages. »

« "Ils savent même pas parler, avait dit Mrs. Shortley ; comment voulez-vous qu’ils sachent ce que c’est que des couleurs ?" »

« "Tous les hommes ont été créés libres et égaux, dit-il à Mrs. McIntyre, et pour le prouver, j’ai risqué ma peau. J’ai été de l’aut’ côté de l’eau, je m’ suis battu. J’ai versé mon sang, j’ai souffert, j’ suis mort et j’ suis revenu ‒ et pour quoi ? pour voir ceux que j’ai combattus installés à ma place. J’ai manqué d’être tué par une grenade. J’ai vu celui qui m’ la lancée : un p’tit bonhomme avec des lunettes comme les siennes. Ils les avaient peut-être achetées à la même boutique. Le monde est si petit !" […]
‒ Moi, dit Mr. Shortley, si jamais je devais r’commencer à voyager, ce serait en Chine ou en Afrique. Si tu vas dans un de ces deux patelins, tu peux dire tout de suite c’ qu’il y a de différent entre eux et nous. Ailleurs, le seul moyen d’ savoir, c’est quand ils s’ mettent à causer. Et encore, on peut pas toujours se rendre compte, vu que la moitié savent l’anglais. C’est là où qu’on a fait une gaffe : fallait pas pousser tous ces gens à apprendre l’anglais. Il y aurait sacrément moins d’ennuis si chacun n’ connaissait que sa langue à lui. Ma défunte femme disait que connaître deux langues c’est comme avoir des yeux derrière la tête. Y’ avait pas moyen d’ lui en faire accroire, à elle. »
L’attention pour les "petites gens" rappelle Steinbeck dans mes récentes lectures. Mais Flannery O'Connor a une voix originale, qu’il est difficile de commenter : on prend le choc, et on accuse le coup en silence.



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« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
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Message par églantine Mar 9 Oct - 22:01

@Tristram a écrit: on prend le choc, et on accuse le coup en silence.


C'est exactement ça .
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Message par bix_229 Mar 9 Oct - 22:16

Merci à Pia et Tristram ! Mais Carson McCullers ne sacrifie jamais au pitoresque,
meme si elle louvoie souvent entre le bouffon et le tragique.
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Message par Tristram Dim 26 Juil - 14:31

La Sagesse dans le sang

satirique - Flannery O'Connor - Page 2 Cvt_la11

Hazel Motes est un jeune déboussolé, passé d’une enfance cadrée par une éducation évangélique à quatre années dans l’armée (Seconde Guerre mondiale). Il croise le pitoyable Enoch Emery, plus jeune et plus déséquilibré encore, attardé à qui personne ne s’intéresse (et lui aussi traumatisé rescapé d’un milieu dévot).
Le piquant est que Flannery O’Connor est une fervente catholique, qui dénonce ici, dans son premier roman, les évangélistes, prédicateurs itinérants et autres faux prophètes nombreux dans le Sud des États-Unis.
J’ai pu observer personnellement les ravages de ce type de rackett en Afrique subsaharienne, et ne peux que soutenir la dénonciation de cette exploitation des élans de foi. J’ai vu de pauvres ouvriers se priver (eux et leurs enfants) pour payer la dîme (10% des revenus, voire plus) à une église personnifiée par un escroc qui roule en 4x4 ; je sais, l’idéal peut requérir des sacrifices, chacun est libre de se faire abuser, tout le monde a le droit d’être dupe…
Bien souvent c’est une liturgie foutraque, basée sur des lectures mal assimilées, qui réduit ces prêcheurs auto-proclamés à une caricature : il n’y a pas que des malfaiteurs, mais aussi des simples d’esprit dans les rangs sacerdotaux.
« Qu’est-ce que le pécheur espérait donc gagner ? Il finirait toujours par être la proie de Jésus. »
Et cela va plus loin : les deux illuminés vivent dans un délire, Hazel par rejet d’une éducation mensongère (qu’il ne peut fuir, pénitent qui réfute le péché comme la rédemption), Enoch par imprégnation déformée de l’image paternelle (son « sang » où se tient la sagesse) :
« ‒ L’Église du Christ ! répéta Hazel, eh bien, moi, j’prêche l’Église Sans Christ… J’suis membre et pasteur de cette Église où les aveugles ne voient pas, où les paralytiques ne marchent pas, et où ce qui est mort reste mort. Demandez-moi ce que c’est que cette Église et j’vous dirai que c’est l’Église que le sang de Jésus n’vient pas salir avec Sa Rédemption. »

« J’prêcherai qu’il n’y a pas eu de Chute parce qu’il n’y a jamais eu d’endroit d’où on pouvait tomber, et pas de Rédemption parce qu’il n’y a jamais eu de Chute, et pas de Jugement parce qu’il n’y a jamais eu ni Chute ni Rédemption. Jésus était un menteur, y a que ça d’important. »

« Moi, j’crois en un nouveau genre de Jésus, un Jésus qui n’donne pas son sang pour racheter le monde, parce qu’il est homme, et pas autre chose, parce qu’il n’a pas de Dieu en lui. Mon Église est l’Église Sans Christ. »

« Regardez-moi, hurla Hazel avec un déchirement dans la gorge, et vous verrez un homme en paix. En paix, parce que mon sang m’a rendu libre. Prenez conseil de votre sang et entrez dans le sein de l’Église Sans Christ, et peut-être quelqu’un nous apportera-t-il un nouveau jésus, et sa vue nous sauvera tous. »

« Pas de vérité derrière toutes ces vérités : voilà ce que je prêche dans mon Église. L’endroit d’où vous venez n’existe plus, celui où vous pensiez aller un jour n’a jamais existé, et celui où vous êtes ne vaut quelque chose que si vous pouvez en partir. Où donc se trouve-t-il l’endroit où vous pourrez vous arrêter ? Nulle part. »

« Ensuite, pendant une huitaine de jours, son sang [Enoch] eut avec soi-même des entretiens secrets et quotidiens, ne s’arrêtant de temps à autre que pour lui intimer un ordre. »
Humour noir :
« Il dit qu’il était pasteur.
La femme le regarda attentivement, puis regarda l’automobile derrière lui :
"De quelle Église ?" demanda-t-elle.
Il dit : "L’Église Sans Christ.
‒ Protestante ? demanda-t-elle, soupçonneuse, ou quelque chose d’étranger ?"
Il dit : "Non, madame, une Église protestante." »
Les deux personnages sont des abîmés de l’existence, plombée par leur formation ratée. Pour eux, la femme n’est qu’affaire de voyeurisme ou de bordel :
« Quand il eut terminé, il ressemblait à quelque chose que la mer aurait rejeté sur elle, et elle avait émis à son propos des commentaires obscènes auxquels il repensa, de temps à autre, au cours de la journée. »
Le bon goût règne à Taulkinham, petite ville du Tennessee :
« Le comptoir était fait d’un linoléum marbré, rose et vert. Une serveuse rousse se tenait derrière, revêtue d’un uniforme vert citron à tablier rose. Ses yeux verts, enchâssés de rose, ressemblaient à une réclame de Lime Cherry Surprise qui était pendue derrière elle. »
À mentionner, entr’autres scènes frappantes, la rencontre d’Enoch avec un « gorille », burlesque et noire guignolade qui révèle toute sa misère de gamin qui n’a pas eu d’enfance.
D’autres personnages bien campés sont de rencontre, tels Hawks le faux pasteur aveugle et sa fille la piètre Sabbath, ou Mrs Flood la logeuse :
« Elle avait le sentiment que les sommes qu’elle déboursait pour ses impôts tombaient dans les poches de tous les bons à rien de la terre, que non seulement le gouvernement les distribuait à des nègres étrangers, à des Arabes, mais les dépensait inutilement à domicile pour des crétins d’aveugles, pour le premier idiot venu, moyennant qu’il pût signer son nom sur une carte. Elle considérait que c’était parfaitement son droit d’en reprendre le plus possible. Elle considérait que c’était parfaitement son droit de reprendre n’importe quoi, argent ou autre chose, tout comme si elle eût été propriétaire d’un monde dont on l’avait dépossédée. Elle ne pouvait rien regarder avec attention sans le désirer aussitôt, et rien ne l’irritait davantage que la pensée qu’il aurait pu y avoir, caché près d’elle, quelque chose ayant de la valeur, quelque chose qu’elle ne pouvait pas voir. »
Dans ce roman, cette ville, cette Amérique, tout le monde est méchant, même « avec Jésus dans la cervelle en guise d’aiguillon »…
J’ai pu penser à John Steinbeck, peut-être à cause d’une certaine tendresse pour ses personnages malgré la farce burlesque à la fois choquante et dramatique, à la limite de l'absurde.
C’est un étonnant livre tragi-comique, à l’écriture très forte, tournant autour du thème de l’aveuglement (et bien sûr des dangers du fanatisme religieux pour soi comme pour les autres).

Mots-clés : #misère #religion


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Message par animal Dim 26 Juil - 19:47

plus qu'à voir ou revoir dans quelques temps le film de Huston ?

(ça fait envie ce commentaire !)

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Message par bix_229 Dim 26 Juil - 20:27

Et tu n'a pas encore lu Et ce sont les violents qui l'emportent.
On n'en jamais fini avec Carson. Mon impression a été encore plus forte
à la relecture.
Ce qui m'impressionne aussi beaucoup chez elle c'est que ses écrits sont impitoyablement
noirs alors que dans la vie, et malgré sa maladie, elle était gaie et accueillante.
(Une parenthèse : j'ai recherché le volume sa correspondance et, je ne l'ai pas
trouvé, et ça m'énerve !) satirique - Flannery O'Connor - Page 2 486671555
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Message par Invité Dim 26 Juil - 21:29

@Tristram a écrit:
Dans ce roman, cette ville, cette Amérique, tout le monde est méchant, même « avec Jésus dans la cervelle en guise d’aiguillon »…
J’ai pu penser à John Steinbeck, peut-être à cause d’une certaine tendresse pour ses personnages malgré la farce burlesque à la fois choquante et dramatique, à la limite de l'absurde.
C’est un étonnant livre tragi-comique, à l’écriture très forte, tournant autour du thème de l’aveuglement (et bien sûr des dangers du fanatisme religieux pour soi comme pour les autres).

C'est la raison pour laquelle , j'ai du mal à la lire... Wink Dommage, il faudrait que je retente. Tu en donnes l'envie, en tout cas.

@bix_229 a écrit:Et tu n'a pas encore lu Et ce sont les violents qui l'emportent.
On n'en jamais fini avec Carson. Mon impression a été encore plus forte
à la relecture.
Ce qui m'impressionne aussi beaucoup chez elle c'est que ses écrits sont impitoyablement
noirs alors que dans la vie, et malgré sa maladie, elle était gaie et accueillante.
(Une parenthèse : j'ai recherché le volume sa correspondance et, je ne l'ai pas
trouvé, et ça m'énerve !) satirique - Flannery O'Connor - Page 2 486671555

Lapsus ? Bix ?
Et bibliothèque à reclasser, alors ? satirique - Flannery O'Connor - Page 2 1390083676

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Message par bix_229 Dim 26 Juil - 22:19

"On n'en jamais fini avec Carson"

Tu as raison, lapsus ou collision, je pensais à Carson McCullers que j'aime aussi beaucoup.
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Message par Bédoulène Lun 27 Juil - 7:35

extra ton commentaire Tristram ! et je dois aussi lire d'autres livres d'elle !

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Message par animal Sam 15 Aoû - 11:22

satirique - Flannery O'Connor - Page 2 Religs10

Les braves gens ne courent pas les rues

Des petites nouvelles croquignoles qui sentent le sud et la poussière, des personnages aussi sûrs d'eux que le monde les terrifient. Un côté faits divers au milieu de la bigoterie et d'un égoïsme de bon aloi. Des radotages qui tiennent du mantra et un zeste de condescendance. Il y a de tout ça dans l'univers de Flannery O'Connor que je découvre à travers ce livre. ça a l'air vache... elle a la dent dur mais ça ne sonne pas méchant. Ce qui est troublant c'est qu'on projette facilement sur ces histoires des images d'années 20 ou 30 alors qu'à n'en pas douter nous sommes dans le monde d'après, celui d'après les deux guerres mondiales, deux ombres qui sont comme un écho aux lieux sans dimension de ses petits drames.

Étonnant, ça gratte un peu !

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Message par Armor Sam 15 Aoû - 15:08

Oh ça me dit bien, ça aussi. Bon ben... pour changer, je note ! satirique - Flannery O'Connor - Page 2 1390083676

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Message par Bédoulène Sam 15 Aoû - 18:31

j'avais l'intention de le lire !

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Message par Tristram Sam 2 Jan - 23:45

Et ce sont les violents qui l'emportent

satirique - Flannery O'Connor - Page 2 Et_ce_10

Tarwater a quatorze ans lorsque meurt son grand-oncle, avec qui il vivait seul, à l’écart de la ville. Le vieillard l’a enlevé à sa naissance (ses parents ayant disparu dans un accident) pour l’éduquer afin d’en faire le continuateur de sa mission prophétique ; il avait déjà tenté de ravir son neveu, Rayber, devenu maître d'école et père de Bishop, enfant idiot que Tarwater a le devoir de baptiser. Ce dernier, après avoir incendié leur maison (métaphore du feu mystique), rejoint Rayber en ville ; plein de méfiance, dialoguant avec soi-même sous la forme d’un étranger (puis un ami) qui lui parle, il oscille entre l’emprise du vieillard qui l’a conditionné et la révolte contre celle-ci.
D’entrée, les scènes de la mort et l’enterrement du vieux prophète donnent le ton : il est féroce, puissant, impitoyable, d’une noirceur sans échappatoire.
« Ou s’il n’était pas exactement fou, ça revenait au même, mais d’une façon différente : il n’avait qu’une chose en tête. C’était l’homme d’une seule idée. Jésus. Jésus ceci, Jésus cela. »

« Ce n’est pas Jésus ou le diable, c’est Jésus ou toi. »

« Les prophètes, c’est bon qu’à ça – à trouver que les gens sont des ânes ou des putains. »

« Quand il en avait plein le dos du Seigneur, il se soûlait, prophète ou pas prophète. »
L’incarnation des personnages est impressionnante, et pour cela aussi j’ai pensé à Steinbeck.
Sur quatre générations, les quatre membres de cette famille se voient les uns dans les autres comme dans un miroir ‒ avec haine, comme des monstres répugnants ‒ la malédiction de la folie dans leur sang.
Ce roman (1960) reprend la dénonciation de La Sagesse dans le sang (1952) à propos des fanatiques, faux prophètes et illuminés qui imposent leurs convictions religieuses (fondamentalistes, bibliques, évangélistes) dans un prosélytisme abusif, exploitant jusqu’aux enfants ‒ en fait, Flannery O’Connor défend ou illustre moins un point de vue qu’elle semble être emportée par une vision, à l’instar de Faulkner ; à l’opposé de toute démonstration, elle présente sans explication jusqu’aux menues incohérences et confusions qui caractérisent l’existence.
Laïque et même athée, le maître d’école, qui à sept ans a été subjugué par les « yeux fous de poisson mort » de son oncle le vieux prophète et l’a rejeté à quatorze ans, qui adulte se débat avec l’amour et veut aider, sauver, guérir, surveiller son neveu (ainsi que l’étudier), est aussi un porteur de certitude à sa manière, mais qui ne peut agir.
« La malédiction des enfants, c’est qu’ils croient. »

« La grande dignité de l’homme, dit l’oncle, c’est qu’il peut dire : Je suis né une fois et ça suffit. Ce que je peux voir et faire pour moi et pour mon prochain dans cette vie, ça ne regarde que moi et je m’en contente. C’est bien suffisant pour un homme. »
Le baptême d’eau qui est nouvelle naissance constitue la trame du récit comme l’augure du drame que le lecteur regarde survenir.

\Mots-clés : #famille #misère #religion


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Message par Aventin Dim 3 Jan - 10:50

Merci Tristram  cheers  !

Flannery O'Connor est vraiment la Grande Dame des Lettres du Sud US !

Voici ce que j'en bafouillais antan:

___________________________________________________________________________________________________________________

Et ce sont les violents qui l'emportent

satirique - Flannery O'Connor - Page 2 The_vi10

Titre original: The violent bear it away, 1955 pour l'écriture, 1960 pour la parution en langue originale.

Roman (195 pages environ, trois parties, douze chapitres), qui a la particularité d'avoir été son premier opus publié post-mortem en français, comme dans pas mal d'autres langues.

Un écrit-malaise. On ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments ? En refermant "Et ce sont les violents qui l'emportent" ne répond pas "oui, peut-être", mais oui.  
L'histoire elle-même nous peint quelques-unes d'entre les tares, plus ou moins familières, susceptibles d'apparaître au sein du Bible Belt comme de l'humanité entière, qui sont autant d'incompréhensions prospectives de Flannery O'Connor.

Une figure de père possédé enlève sans succès un neveu (Rayber) dans son antre de Powerhead (tout un patronyme !).
Celui-ci lui échappe et un petit neveu (Tarwater, tout un patronyme également !) est à son tour pris sous la coupe (ou la coulpe ?) du vieillard.

En de paroxystiques scènes, Flannery O'Connor nous dépeint un quotidien où des effluves de Bible mal digérées tiennent lieu de règles de conduite, érigées par un vieil homme se parant des attributs de prophète et désireux de continuer sa lignée prophétique.

Puis nous assistons au trépas du vieillard, ponctué par une cuite de Tarwater, qui croit incendier le corps (sacrilège) et la maison avant de s'enfuir rejoindre, à la ville (Atlanta ?), Rayber.
Rayber qui incarnerait (cela reste fort hypothétique !) une certaine normalité. Du moins au sens où nous l'entendons, et d'ailleurs sens où s'était entendu à la date de parution.
Mais, Rayber...un autre désemparé, un autre cabossé de la vie, un autre déconnecté, pas seulement par son appareillage auditif, lien vers autrui et le monde, qu'il branche...ou parfois non.
Rayber, une femme en fuite, un enfant anormal à charge (nommé Bishop, cet innocent, ce qu'il y a de moins innocent ne serait-il pas, de la part de l'auteur, le choix du nom ?), Rayber, des convictions, un process analytique qui lui tient lieu de pensée, mais ce n'est parfois pas si loin de l'illumination que ne l'est son oncle, et ça, c'est fort, en termes de perte de repères lectoraux, chère Flannery O'Connor.

Bishop, l'innocent, l'anormal, le petit garçon et ses yeux, son physique rappelant sans coup férir le vieux fou.

Rayber demi-sourd, conséquence d'un tir au fusil du vieux psychopathe qui lui emporta une oreille.

Arrivé en ville, alors qu'il n'est pas du tout adapté à l'univers urbain, Tarwater frappe à la porte de Rayber son oncle. Quelques jours suffisent, qui sont le prétexte à l'action du roman.

Rayber, ambitieux, le félicite de son choix et l'héberge, pensant amener Tarwater à la normalité, enfin, telle que Rayber la conçoit.
Quelques scènes, qui ont dû faire jubiler l'écrivain à l'écriture, sont immanquables et d'une profondeur des plus rares. Vraiment de très haute volée. Obsédé par le fait de se défaire du vieux taré, qui l'a modelé sinon corps du moins âme, Tarwater entre d'emblée dans l'opposition la plus déroutante envers Rayber, qui pourtant désire autant que lui ce but, mais par d'autres voies que celles, brouillonnes, sanguines et aliénées, de son neveu. Et Tarwater poursuit son legs, son idée fixe, à savoir baptiser Bishop, afin qu'il continue la lignée prophétique de l'ancêtre. Six journées de vie commune, et...

Farfelu ? Sans aucun doute. Mais fébrile, nauséabond jusqu'au nauséeux, le livre se laisse continuer avec un plaisir malsain, celui du voyeur. On ne peut pas dire qu'on ne soit pas tenté de lâcher de telles pages, si l'on est un être humain constitué. Mais on est pris. Quelle force d'écriture, tout de même, Flannery O'Connor. Juste un grand auteur...

Le roman ne s'étiole jamais. Une analyse de l'eau, du feu, de la faim rapportées à cet ouvrage doit avoir nourri force pages savantes et universitaires, du moins je le présume (il y a matière, large !!).

Tarwater dépassera Rayber; accomplira ce dont il ne s'est pas senti la force. Reviendra sur le lieu de son méfait par un cheminement (géographiquement) long, un chemin signifié. Les eaux du baptême (par effraction) sont celles de la mort du summum de l'innocent incarné, donc une crucifixion supplémentaire de Jésus, sans doute, si j'analyse bien.
Tarwater probablement violé (le texte, sans doute pour éviter une censure de l'époque, et c'est un texte déjà borderline, est tout en suggestion magistrale). Tarwater trompé, comme cocufié dans son immolation de préférence à une inhumation, Tarwater qui se (re) dirige à la ville pour conclure.

Je défends ce roman, et le défendrai loin. Mais je ne suis pas sûr de le conseiller à des yeux non avertis. Manière de dire que je suis sûr de ne pas le faire. Il y a là de la très haute littérature. Avis net de chef d'œuvre en ce qui me concerne, s'il me faut jauger l'ouvrage.  

Chapitre IX a écrit:
Il réfléchit avec amertume qu'elle n'avait même pas réussi à vivre avec le visage de Bishop où il n'y avait rien d'arrogant. Le petit garçon s'était relevé et avait grimé sur la banquette arrière et, penché en avant, il lui soufflait sa respiration dans l'oreille. Par nature et par entraînement elle était qualifiée pour prendre en charge un enfant exceptionnel mais pas un enfant aussi exceptionnel que Bishop, portant son nom de famille et le visage de "cet horrible vieillard". Elle était revenue une seule fois au cours de ces deux dernières années et lui avait enjoint de placer Bishop dans une institution parce que, disait-elle, il était incapable de l'élever comme il fallait - néanmoins il était évident, rien qu'à le regarder, qu'il prospérait comme une plante au soleil. La façon dont Rayber s'était conduit en cette occurrence était encore pour lui une source de satisfaction. D'une bourrade, il avait envoyé sa femme rouler presque au milieu de la chambrée.

 A cette époque, il savait déjà que sa propre stabilité dépendait de la présence du petit garçon. Il pouvait contrôler son terrifiant amour aussi longtemps qu'il le concentrait sur Bishop, mais si quelque chose arrivait à l'enfant, c'est à cet amour même qu'il lui faudrait faire face. Alors le monde entier deviendrait son fils idiot. Il lui faudrait, par un suprême effort, résister à l'admission; avec chaque nerf, chaque muscle, chaque pensée, il lui faudrait résister au moindre sentiment, à la moindre pensée. Il lui faudrait anesthésier sa vie.

Première phrase du chapitre I de la première partie (entame du roman) a écrit:
L'oncle de Francis Marion Tarwater n'était mort que depuis quelques heures quand l'enfant se trouva trop soûl pour achever de creuser sa tombe, et un nègre nommé Buford Munson, qui était venu faire remplir sa cruche, fut obligé de la finir et d'y traîner le cadavre qu'il avait trouvé assis à table devant son petit déjeuner, et de l'ensevelir d'une façon décente et chrétienne, avec le signe du Sauveur à la tête de la fosse et assez de terre par-dessus pour empêcher les chiens de venir le déterrer.



Rafistolé d'un message sur Parfum du 11 août 2014


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Message par Bédoulène Dim 3 Jan - 11:03

merci Tristram et Aventin ! (je m'étais proposé de le lire....comme tant d'autres livres) soupir !

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Message par topocl Dim 3 Jan - 11:04

J'étais loin d'avoir tout compris, lors de ma lecture, tout en gardant le souvenir d'un mélange de violence et de tendresse assez envoûtant.

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Message par Tristram Ven 7 Mai - 22:07

Mon mal vient de plus loin

satirique - Flannery O'Connor - Page 2 Mon_ma10

Neuf nouvelles décapantes, où pas un des personnages ne rachète les autres en matière de bêtise ou de méchanceté, et où on rit, émerveillé de tant de justesse dans ce rendu sans concession. Flannery O’Connor entretient pourtant savamment le doute (notamment dans la nouvelle éponyme), et ses "caractères" ne sont pas caricaturaux malgré les apparences (avec un bémol pour Les boiteux entreront les premiers) : les laissés-pour-compte, des personnes déficientes, des éclopés, certains qui dupent, d’autres piégés (ou les deux), par l’ignorance, la misère, le racisme, le fanatisme religieux.
« …] l'air hébété que prennent, dans le Sud, les Blancs dans la débine, plantés là comme s'ils devaient y rester jusqu'au Jugement dernier [… »

« Pendant ses insomnies il lui arrivait d'édifier une pyramide où elle disposait hiérarchiquement les diverses catégories sociales.
A la base grouillait la majeure partie des Noirs – à l'exception, bien sûr, de ceux qui lui auraient ressemblé si Jésus avait fait d'elle une négresse – bref, c'est là qu'ils se trouvaient pratiquement tous. Venaient ensuite, non point au-dessus, mais à l'écart, toute la racaille blanche ; puis, un degré plus haut, ceux qui possédaient leur maison ; à l'échelon supérieur, ceux qui possédaient et leur toit et des terres (c'était là que Claude et elle se situaient).
Au-dessus se groupaient les gens fortunés, nantis de maisons bien plus grandes et de terres bien plus vastes. A ce point tout se compliquait et devenait un casse-tête chinois, car certains des riches étaient tout ce qu'il y a de plus ordinaire, et auraient dû se situer au-dessous d'elle et de Claude, tandis que quelques personnes qui avaient de la race étaient désargentées et réduites à la condition de vulgaires locataires ; d'autre part certains Noirs possédaient leur maison et des terres. Elle connaissait un dentiste nègre qui avait deux Lincoln rouges, une piscine et une ferme avec du bétail sélectionné à tête blanche. »
C’est très fort, très noir, presque malveillant – à lire avant que les nouveaux puritains ne l’expurgent.

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Message par Bédoulène Sam 8 Mai - 10:06

merci Tristram, j'ai eu 2 bonnes lectures de l'auteure, donc c'est noté !

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Message par Quasimodo Sam 8 Mai - 10:38

Je l'ai dans ma PAL et je ne compte pas passer à côté !
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Message par bix_229 Sam 8 Mai - 16:49

Flannery était croyante, mais lucide aussi.

L'Habitude d'être de Flannery O'Connor
Je vous avoue que je suis assez contente que les solitaires, les marginaux ou les laissés-pour-compte (comme vous dites) n'aient pas été découverts par l'Eglise. Penser à l'effroyable genre d'oraison qu'ils inspireraient ! ...
A Janet McKane, 27 janvier 1964.


Autre exemple :

L'Habitude d'être de Flannery O'Connor
Je n’ai vraiment pas l’impression que l’artiste ait le droit de se situer au-dessus du commun des mortels. Et d’abord c’est qui le commun des mortels ? J’avoue que je l’ignore. J’en viens à détester ce titre d’artiste, s’il vous place au-dessus des autres alors qu’il ne désigne qu’un certain métier, une façon d’essayer de communiquer et l’espoir d’y parvenir. La matière employée n’est pas plus noble qu’une autre et la volonté de faire de son mieux existe dans n’importe quelle sorte d’activité.
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