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Thomas Browne

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Message par Dreep le Mar 11 Aoû - 21:34

Sir Thomas Browne
(1605 - 1682)

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Thomas Browne est né le 19 octobre 16051 à Cheapside, Londres. Son père meurt en 1613.
Il fait ses études à l'université d'Oxford. Il obtient son Bachelor of Arts en 1626 à Pembroke College, et son Master of Arts en 1629. Il étudie ensuite la médecine à Montpellier, Padoue et Leyde où il est diplômé en décembre 1633.
Il s'installe comme médecin près de Halifax, puis Norwich à partir de 1637, année où son diplôme de médecin est reconnu par l'université d'Oxford. Il se marie en 16412 avec Dorothy Mileham (1621–1685). Ils auront onze enfants dont l'ainé est Edward Browne (1644–1708), médecin et voyageur.

Thomas Browne vécut lors de la Première Révolution anglaise. Il est un contemporain de l'éditeur et journaliste Théophraste Renaudot qui a créé le premier périodique français. C'est aussi l'époque de la contre-réforme catholique et ses écrits ont un retentissement jusque dans les empires portugais et espagnols.

Thomas Browne s'est fait connaître par un ouvrage intitulé la Religio Medici (1643) qui fut traduit en français par Nicolas Lefèvre en 16685. Il a aussi écrit un essai sur les erreurs vulgaires : Enquiries into vulgar and common errors (1646) traduit en français par Souchay en 1733. Dans cet essai, il s'est attaqué aux idées reçues et aux croyances populaires, selon lui erronées, en tentant de comprendre le processus qui leur a donné naissance. Il s'en est pris, en particulier, aux arguments de l'époque voulant que les Noirs soient faits pour le travail manuel dans le cadre de l'esclavage en raison de la couleur de leur peau.
L'essai, publié en 1646, a fait parler de lui, car la population d'esclaves noirs à la Barbade était passée de 500 à 4 000 personnes entre 1640 et 1645, avec l'installation des premières grandes plantations de canne à sucre.

Passionné de botanique, il fut par ailleurs le premier à faire ressortir la fréquence du nombre cinq dans les graines et les divisions des enveloppes florales. Les sociologues font remonter la constitution systématique de leur science, en Angleterre, à Thomas Browne.

Bibliographie en français :

- Religio Medici (Religio Medici, 1643), également traduit en 1668 sous le titre : La Religion du médecin, c'est-à-dire Description nécessaire par Thomas Brown, touchant son opinion accordante avec le pur service divin d'Angleterre.
- Essai sur les erreurs populaires (Enquiries into vulgar and common errors, 1646)
- Pseudoxia Epidemica (Pseudodoxia Epidemica, 1646–72)
- Les Urnes funéraires (Hydriotaphia, Urn Burial, 1658)
- Le jardin de Cyrus, ou les plantations en quiconce, losange ou réseau des Anciens considérées selon l'art, la nature, la mystique (The Garden of Cyrus, 1658)
- Lettre à un ami (A Letter to a Friend, 1656; pub. 1690)
- On dreams : sur les rêves
- Quatre animaux fabuleux, précédé de Browniana
- Des rêves et autres mélanges

sources : Wikipédia, Bnf et autres
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Message par Dreep le Mar 11 Aoû - 21:37

Les Urnes Funéraires

Thomas Browne Les_ur10

Un livre qui m’éloigne beaucoup de mes sentiers battus : essai du dix-septième anglais…! Bon mais alors des écrivains que j’estime particulièrement en parlaient (Sebald par exemple et sans doute Laurence Sterne), et la référence, à force d’être répétée, en est devenue obsédante… Et non le sujet n’a rien de rebutant, rappelle-toi, me dis-je quand tu étais petit et curieux, les questions que tu posais aux adultes : « Le dernier à mourir sur terre, qui est-ce qui l’enterrera ? » ou ta crainte de sacrément t’ennuyer là où tu seras censé rester pour toujours ? Parce qu’en effet Thomas Browne ne parle pas que de cendre, en fait il parle de beaucoup de choses et c’en est presque étonnant de ne le voir jamais dévier de son sujet. Il nous en met un peu plein la vue avec ses citations et ses connaissances, étant un « fou d’érudition » et c’est dit-on quelque-chose qui se trouve assez souvent chez les essayistes anglais de l’époque.

Sur l’écriture il me semble que la traduction fait que le livre est plus accessible qu’à un anglais l’original. Quelque chose du rythme doit être restitué, ses longues phrases ponctuées assez souvent de point virgule. On imagine ce texte déclamé d’une voix d’outre-tombe, à certains moments (surtout dans le dernier chapitre) d’un souffle impressionnant. Il faut bien sûr y revenir, c’est vraiment court et nettement moins abscons qu’on se l’imagine, certaines phrases pourraient passer pour des aphorismes, d’autres sont des envolées poétiques, en fait, on ne le lit pas vraiment comme un essai.

Lu le 12 avril 2019


Mots-clés : #ancienregime #essai #mort




Lettre à un ami

Thomas Browne Book_710

Contrairement à ce que pourrait laisser penser le titre, le destinataire de cette « lettre » n’existe pas. Il n’y a rien dans le texte de Thomas Browne, qui détermine l’identité de cet « ami ». Un ami inconnu, donc ? Quiconque. Lettre à un ami ressemble à une allocution, à vrai dire, ce serait le discours rêvé à l’occasion d’un enterrement…! Chez cet écrivain dont l’œuvre a eu une immense importance (tout anglais cultivé se devait d’en posséder un exemplaire chez lui) la mort est un sujet de prédilection. Urnes funéraires, tombes, momies, restes de toutes sortes comme les dents ou le crâne, à croire que Thomas Browne aurait rêvé de tenir celui de Yorick (Hamlet, Shakespeare) dans sa main… Il y a une lucidité, pour ne pas dire une science dans l’approche de Thomas Browne, dans une langue très claire, et parfois même assez amusante (en tout cas la traduction de Marc Kuszel est admirable). Le moraliste chez T. B. veut que l’on vive sans passion ni plaisirs vains pour mieux se préparer à sa fin ― ce qui n’est pas tout à fait ma manière d’envisager les choses, mais bon ― le poète cherche à fondre la vie et la mort dans un seul temps. Un temps comme suspendu.

Thomas Browne a écrit:…nous vivons parmi les morts, et toute chose est ou doit être ainsi avant de devenir notre nourriture. Et Cardan, qui rêvait qu’il discourait avec son père sur la lune, n’en a inféré aucune interprétation mortelle : et même rêver que nous sommes morts ne constituait pas un fantasme condamnable aux yeux de l’ancienne onirocritique, car ce songe signifiait la liberté, la vanité de nos inquiétudes, et l’exemption des tourments qui pouvaient nous agiter et qui étaient inconnus des morts.

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