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Franz Grillparzer

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Message par Dreep Dim 25 Oct - 19:46

Franz Grillparzer
(1791 - 1872)


Franz Grillparzer 260px-11

Fils de juriste, Grillparzer étudie le droit à l'université et devient en 1813 stagiaire de concept à la chambre de la Cour impériale autrichienne. En 1821, il postule sans succès pour la place de Skriptor à la Bibliothèque privée impériale. Il devient enfin en 1823 Hofkonzipist, puis, en 1832, directeur des Archives impériales. En 1827, il écrivit l'oraison funèbre de Ludwig Van Beethoven. Obsèques auxquelles il participa.

Ses années d'éducation coïncident avec l'époque de la Révolution française et avec l'époque napoléonienne, bouleversements politiques dont il se tient à distance. Grillparzer est plutôt conservateur du joséphisme, mais ressent les contradictions de son époque.

Il reste fiancé toute sa vie à son amour de jeunesse, Katharina Fröhlich, sans selon son propre aveu « avoir le courage du mariage ».

C'est un pessimiste inquiet, conscient de la vanité des actions humaines, du bonheur comme de la gloire. Une sorte de sagesse résignée lui fait accepter le monde comme il va, non sans une certaine misanthropie.

Ses mérites sont reconnus dans les dernières années de sa vie : il est ainsi nommé membre de l'Académie impériale en 1847, et citoyen d'honneur de la ville de Vienne en 1864.

Il meurt le 21 janvier 1872 à l'âge de 81 ans.

Bibliographie :

Théâtre
Die Ahnfrau (L'Aïeule), 1817
Sappho (Sappho), 1818
Das Goldene Vlies (La Toison d'or), 1819-1822, trilogie comprenant Der Gastfreund (L'Hôte), Die Argonauten (Les Argonautes) et Medea (Médée)
Mélusina, (1822-1823), a été mis en musique par Conradin Kreutzer, «Opéra magique romantique» en 3 actes.
Des Meeres und der Liebe Wellen (Les Vagues de la mer et de l'amour), 1831
Der Traum ein Leben (Le Rêve, une vie), 1831
Weh dem, der lügt (Malheur à celui qui ment), 1837
Libussa (Libussa), 1848
Ein Bruderzwist in Habsburg (Une querelle entre frères dans la maison de Habsbourg), 1848
Die Jüdin von Toledo (La Juive de Tolède), 1855 (première représentation en 1872)

Nouvelles
1828 : Das Kloster bei Sendomir (Le Couvent de Sendomir)
1847 : Der arme Spielmann (Le Pauvre Ménétrier / Le Musicien des rues)
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Message par Dreep Dim 25 Oct - 19:47

Le musicien des rues

Franz Grillparzer 516chc10

Jakob se définit par son excentricité, non du fait qu’il est réduit à faire la manche avec son violon, mais du fait qu’il en joue de façon tout à fait singulière (pour ne pas dire fausse) et qu’une conception de la vie le fait tout sacrifier pour sa musique, l’art au sens où on l’entend classiquement, comme le « bon sens » qui aurait dû lui servir pour ordonner correctement son existence. Le livre de Grillparzer est une rencontre, celle d’un anonyme curieux donnant facilement son argent et celle d’un fauché qui a tout dépensé (non seulement de son argent mais de sa personne) pour sa passion. Jakob multiplie les tentatives, les mouvements de façon impulsive, sans plan ni réussite. Les longues descriptions de Grillparzer sur sa manière de jouer sont certainement beaucoup plus belles que le résultat de ces coups d’archet, elles témoignent en tout cas d’une symbiose émouvante, entre l’art parce qu’il est mal exécuté (ou exécuté d’une façon radicalement personnelle) et une vie d’extase et d’oubli dans la création.

Mais la trajectoire sociale de Jakob est de moins en moins précise à mesure qu’on avance dans le texte : « À cette époque, […] il y a tout de même un semblant d’histoire » dit-il au début. J’avais penser à un autre personnage tout aussi singulier, celui de Cheramour de Nikolaï Leskov, mais la comparaison ne tient pas la route parce que ce dernier, si marginales qu’elles soient, a des idées très précises sur la société tandis qu’entre celle-ci et Jakob il n’y a qu’incompréhension, étrangeté totale. Sa narration ne nous laisse pas comprendre plus sur ce qu’il lui arrive que ce qu’il comprend lui-même. Sa trajectoire devient floue et ne fait que subir des hauts et des bas, en fonction de deux autres personnages, une femme dont on devine qu’il est amoureux et son père, commerçant. Tous deux ont un bon fond, mais sont trop simples, trop caricaturaux. Je m’abstiendrai de parler de la fin, symboliquement très belle.


Mots-clés : #musique
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Message par Bédoulène Lun 26 Oct - 7:30

merci Dreep !

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Message par Quasimodo Lun 26 Oct - 10:17

Grillparzer m'intéressait sans que j'ose me lancer. Merci Dreep, ça devrait me convenir !
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Message par Dreep Lun 26 Oct - 11:37

Oh, tu peux y aller, c'est limpide... trop vite lu, du reste (Le musicien des rues ne fait même pas cent pages dans mon édition). La préface du traducteur est surtout très intéressante, elle permet de se rendre compte de la modernité de Grillparzer. Un auteur qui était très important pour Kafka entre autres, mais pour énormément d'écrivains de langue allemande.
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Message par bix_229 Lun 26 Oct - 14:53

Merci Dreep ! ça m'interesse.
Je croyais que Grillparzer n'avait écrit que du théatre.
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Message par Dreep Lun 26 Oct - 15:18

Moi aussi bix, jusqu'à cette découverte Smile
Par contre il a l'air difficile de se procurer une édition en français de l'autre, Le couvent de Sendormir.
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