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Willy Vlautin

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Message par Bédoulène Mer 24 Fév - 10:15

Willy Vlautin

né en 1967

Willy Vlautin 220px-14


Biographie :

Willy Vlautin est un écrivain américain né à Reno, Nevada , 1967.

Avant d'être un écrivain de talent, il est chanteur et compositeur, leader du groupe folk-rock "Richmond Fontaine" de Portland, Oregon, depuis 1994.

"Motel life" ("The Motel Life"), son premier roman paru en 2006, a d'emblée imposé Willy Vlautin comme l'un des écrivains notables de sa génération. Porté à l’écran en 2013, avec Dakota Fanning, le film a obtenu le Prix du public du meilleur film au Festival international du film de Rome 2012.

Publié deux ans plus tard, "Plein nord" ("Northline", 2008) confirme l'attachement de Vlautin au registre de "Motel life" et, surtout, son talent.

En 2010, il écrit "Cheyenne en automne" ("Lean on Pete"), publié aussi sous le titre "La route sauvage". Le roman obtient deux Oregon Book Awards et est adapté au cinéma en 2017 (titre français "La route sauvage"), avec Charlie Plummer dans le rôle de Charley Thompson.

Suivront "Ballade pour Leroy" ("The Free", 2014) et "Don't Skip Out On Me" (2018), son cinquième roman, finaliste de PEN/Faulkner Award.

Il vit aujourd'hui à Scappoose dans l'Oregon.

sources Babelio

Bibliographie en français

Motel life, Albin Michel, 2006
Plein nord1, Albin Michel, 2010
Cheyenne en automne, 13e note éditions, 2012
Ballade pour Leroy, Albin Michel, 2016
Devenir quelqu'un 2018

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Message par Bédoulène Mer 24 Fév - 10:44

Plein Nord

Willy Vlautin Cvt_pl10

Allison et Jimmy, ils sortent ensemble, ils travaillent,  s'aiment, écoute de la musique : Johnny Cash, Hank Williams, Chet Atkins, Faith Hill... Tous deux boivent comme tout le monde,  mais Jimmy prend du « speed » et elle boit encore plus au point de s’évanouir.

« Debout au pied du lit, Jimmy contemplait Allison. Il retourna près de la gazinière, retira la poêle du brûleur, et il la posa sur la table appuyée tout contre le mur. Il marcha jusqu’à l’armoire, en sortit une paire de menottes. Il revint vers elle, empoigna son bras gauche et referma sur le poignet une extrémité des menottes, fixant l’autre à l’armature du lit.
Voilà ce que c’est d’être avec toi. Hier soir, c’était comme être menotté à un putain de pieu. Imagine-toi un peu en train de traverser le Circus Circus, avec les vigiles et tous les clients qui te matent, puis jusqu’à la voiture devant un tas d’autres gens, et pendant tout ce temps-là tu te trimballes ce foutu lit. Être avec toi, ça ressemble à ça.
Sans ajouter un mot, il arracha la couverture. Allongée nue, la jeune femme éclata en sanglots. Jimmy prit une assiette dans le placard, il y versa les œufs et le bacon, mais il n’avait pas faim. Sans avoir touché à son assiette, il se versa une tasse de café, puis sortit. »


Lui, Jimmy fait partie d’une bande de jeunes « suprémacistes  blancs » mais un jour qu’avec Allison ils sont ensemble à une fête de « skinheads » et devant leur comportement il prend conscience que  leur idéal n’est pas le sien, bien qu’il soit raciste.

« Et Hitler, alors ? Je veux dire, combien de personnes il a tuées, des gens de son propre peuple, en déclarant la guerre ? Il aurait dû se contenter de verrouiller l’Allemagne, bien hermétiquement, et de montrer l’exemple. De foutre les Juifs dehors, s’il les détestait tant que ça, mais pas de les tuer. Ça foire toujours quand on fait ça. Les autres finissent toujours par vous tomber dessus. Et puis, si tu écoutes les suprémacistes blancs, ils prétendent que l’Holocauste n’a jamais existé, que c’est rien qu’un mensonge inventé par les Juifs. Ils affirment que c’est impossible, que six millions de personnes n’ont pas pu être tuées. Moi je vois pas comment les Juifs auraient pu convaincre le monde entier qu’il y a eu six millions de victimes, si c’était pas le cas. Je veux dire, ils s’y prendraient comment ? Leur pouvoir n’est pas si énorme, pas vrai ? Quelqu’un finirait forcément par découvrir la vérité, un historien prouverait que les morts n’étaient pas si nombreux. Quelqu’un trouverait, un historien, un journaliste, parce que c’est leur job de découvrir la vérité. Et puis d’ailleurs, pourquoi s’en prendre aux Juifs ? Pourquoi, au juste ? Je pige pas. Ils ne détruisent pas les quartiers, ils ne forment pas des gangs, pas vrai ? Hitler était un taré. Comment peut-on encore le prendre pour modèle ? On sait qu’il a envoyé des gamins à la guerre, qu’il a effectivement mené des expériences sur les prisonniers juifs. Des trucs horribles. Des injections de produits atroces, des opérations abominables. Changement de sexe, amputations, ils leur enlevaient même des organes. Et tout ça sans aucune raison. Rien que pour l’expérience. Ils violaient les femmes avant de les tuer. Je comprends pas comment on peut pardonner le viol. Comment ce type peut-il encore être considéré comme un héros ? Moi je veux pas des Nègres ni des Mexicains parce qu’ils foutent rien, à part tout détruire, mais je dis : foutons-les dehors, ces enculés. Ne vous y prenez pas en cassant la gueule d’un pauvre vieux bouffeur de haricots ou en plantant une croix sur la pelouse d’un Black. Ni en portant des cagoules blanches, bon Dieu. C’est la bande de débiles les plus paresseux que j’ai jamais vus. Et dire que je t’ai fait tatouer une croix gammée dans le dos… Je regrette. Vraiment. Je paierai pour qu’on te l’enlève. Je suis tellement con, des fois. »

Allison, sa mère et sa sœur aiment l’acteur Paul Newman, elle regarde tous ses films, encore et encore. Mais Allison elle l’adore au point qu’elle le « voit », elle discute avec lui de ses soucis de boisson, de ses rapports avec Jimmy qu’elle souhaite quitter, alors même qu’elle est enceinte. Paul Newman, c’est son confesseur, son ami, elle a besoin de lui. Il surgit dès qu’elle a besoin de son aide.

« Même si c’est bien triste à admettre, il est sans doute la meilleure chose qui me soit jamais arrivée.
— Qui, Paul Newman ?
— Dès que j’ai des soucis ou une crise d’angoisse, je pense à lui. Parfois c’est dur de le faire venir, mais la plupart du temps il se pointe. Depuis cet été-là, j’ai toujours fait comme ça »


Jimmy l’emmène à une fête, mais Allison se sauve et revient chez sa mère, elle refuse de le voir, de lui parler. Elle part sans dire où à personne. Elle part pour Reno où les femmes dans son état et qui veulent faire adopter leur enfant sont dirigées par le service d’assistance.

Après l’accouchement et l’adoption Allison reste à Reno, elle pense à son enfant et elle regrettera de plus en plus de l’avoir abandonné, fait des cauchemards. Paul Newman l’écoutera avec attention, il la confortera dans sa décision de ne plus revoir Jimmy.

Elle trouve une place de serveuse dans un bar/restaurant, elle boit encore trop, jusqu’à s’évanouir trois fois de suite dans la même journée.

« Allison parcourut quelques rayons encore, elle posa son panier devant la porte des toilettes. Planquée dans une cabine, elle ouvrit la bouteille et elle but au goulot »

Bien que Jimmy cherche à la retrouver, lui écrit des lettres par l’entremise de sa mère Allison ne cède pas, elle ne veut plus de quelqu’un qui lui en impose. Aussi lorsqu’elle rencontre un habitué du bar où elle travaille, un homme diminué (suite à une grave agression) que les gens effraient, qui s’intéresse à elle, qui ne sera pas un dominant pour elle, elle accepte son amitié ; elle l’apprécie.

« Dan Mahony était incapable de la dominer, pensa Allison, il avait déjà bien du mal à se dominer lui-même. Alors, comme elle marchait, elle se sentit bien avec lui. Leurs mains se frôlaient, elle prit celle de Dan dans la sienne et la serra fort. »

« Allison se tourna vers les gens, et alors, l’espace d’un instant, elle aperçut un homme qui, de dos, ressemblait à Jimmy Bodie. […] Elle fut prise de panique et elle resta figée, incapable du moindre geste. Puis l’homme fit volte-face, elle vit que ce n’était pas lui.
Elle ferma les yeux et se dit à elle-même : « je t’en prie, ne le laisse pas me retrouver. Je t’en prie, je t’en prie, t’en prie, t’en prie… » Elle le répéta encore et encore, jusqu’à ce que Dan lui parle, et alors elle ouvrit les yeux. Elle le prit par la main, lui donna un baiser. Un baiser désespéré. Un baiser rempli de peur, d’espoir et d’incertitude. Et, par faiblesse, elle s’en remit totalement à lui, en cet instant, à cet endroit, parmi les gens et les vieux immeubles effondrés. »


Peut-être une chance de s’en sortir ?



J’ai apprécié cette lecture.

L’auteur a bien démontré avec ce jeune couple, puis en suivant Allison l’instabilité à vivre pour la jeunesse, à trouver sa place, dans la société comme en couple ;  mais c’est je pense toujours ainsi. Jimmy et Allison sont tous deux cabossés par la vie mais Alison a le courage malgré ses crises de panique de vouloir s'en sortir.
Avoir intégré les "visions" de Paul Newman dans l'esprit d'Allison renforce le sentiment de l'aide dont la jeune fille a besoin.

La cohabitation difficile avec les Mexicains qui se sont implantés dans la ville de Las Vegas et la nombreuse présence des Noirs, le racisme,  sont bien visibles dans ce livre.

Le fait aussi que les gens boivent trop, que c’était une période (dans les années 80) où s’imposaient parmi la jeunesse, les suprémacistes blancs, que le speed circulait facilement.

Une écriture maîtrisée qui m’a beaucoup plus


Mots-clés : #addiction #amitié #amour #culpabilité #social

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Message par Tristram Mer 24 Fév - 12:26

Ça a l'air d'une vraie plongée dans les Etats-Unis profonds, sans vernis flatteur !

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Message par Armor Ven 26 Fév - 13:36

Encore un de noté ! Décidément... Very Happy

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Message par Bédoulène Ven 26 Fév - 16:33

Armor, c'est beaucoup mieux que ce que j'en dis !

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