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Antonio Ortuño

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Message par Bédoulène Sam 1 Mai - 15:17

Antonio Ortuño
Né en 1976

Antonio Ortuño Antoni10

Antonio Ortuño, né en 1976 à Guadalajara, au Mexique, est un écrivain mexicain.

En 2006, Antonio Ortuño lance son projet littéraire avec la sortie de son premier roman El buscador de cabeza1.

En 2010, il figure sur la liste établit par le magazine britannique Granta des meilleurs écrivains hispanophones. L'édition mexicaine du magazine GQ le désigne auteur de l'année 2010.

En 2019, il publie Olinka, un roman qui retrace l'histoire récente de Guadalajara à travers les yeux d'un prisonnier qui redécouvre sa ville après 15 ans de détention.

sources wikipedia


Oeuvres traduites en français


Le Chasseur de têtes, Éditions du Rocher,(2008)(El buscador de cabezas (2006)

La File indienne, Christian Bourgois éditeur (2016)(La fila india (2013)

Méjico, Christian Bourgois éditeur (2018) Méjico 2015

Olinka, Christian Bourgois éditeur (avril 2021)

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Message par Bédoulène Sam 1 Mai - 15:36

Méjico

Antonio Ortuño 31zori10

C’est l’histoire d’une famille d’ Anarchistes Espagnols dont les membres s’exilèrent au Mexique après la Guerre Civile d’Espagne.

Alternant les allers/retours dans le temps de 1922 à 2014, dans la géographie, de l’Espagne au Mexique la Famille Almansa et Rojo-Almansa devra lutter pour survivre, poursuivie dans chaque période par un ennemi personnel, en plus de devoir s’accomoder de la vie mexicaine, eux les vaincus.

Alors qu'Omar, s'appuyait sur le soutien d'une parente éloignée, muselé par une lâcheté de circonstance, Maria et Yago en un autre temps durent lutter, travailler, mais finalement l'un comme les autres se débarassèrent de leur ennemi ; parce qu'ils étaient des Almansa !

[le président Cárdenas, ami de la République, les avait accueillis après la guerre. Mais les uns comme les autres, autant les Américains que ceux qui provenaient de la péninsule, n’oubliaient pas l’incestueuse nature de leur amitié.]*

« Ils nous détestent mais ça leur plaît que nous soyons arrivés comme des clochards. Cela leur plaît tellement qu’ils nous offrent des postes trop ambitieux. Plus d’une personne qui gagnait à peine son pain à Madrid se retrouve professeur ici. C’est très bizarre. Disons-le ainsi : les Mexicains détestent les Espagnols et ils n’en veulent que pour une seule chose : les marier avec leurs filles »

Un Mexique  qui :

« Sans arrogance aucune, tout humble, telle que Dieu l’avait créée, l’identité mexicaine ne s’offrait pas comme la garantie d’une civilisation – comme la culture française –, c’était à peine une marque au tison que tous les bœufs de la République devaient porter gravée sur leur dos, qu’ils le veuillent ou non. Mexicains au cri de guerre, et si les descendants d’étrangers ne veulent pas s’exécuter, qu’ils la ferment. Après tout, un étranger n’était qu’un Mexicain qui s’ignorait »

Où :

(Au Mexique, ces choses-là n’étaient pas une métaphore. Si quelqu’un vous disait qu’il allait vous enfoncer une pelle mécanique entre les fesses et bouffer votre foie avec des oignons caramélisés, mieux valait le croire, s’efforcer de lui arracher les yeux et donner son lobe frontal en pâture aux vautours, avant qu’il ne s’exécute.)


autres extraits :

« Salope, salope, foutue salope ! », pendant qu’Omar enfilait une chaussette et qu’il se contorsionnait pour se glisser dans son slip. À aucun moment, il n’avait envisagé de la secourir ou d’intervenir, seulement de s’enfuir et, plus que la crainte d’entendre tabasser une femme, il redoutait que Concho ne l’attende dehors, un crachat au bout de la langue et les poings prêts à s’écraser sur son visage. Une femme… Sa femme. Car Catalina était peut-être sa patronne et la cousine lointaine de son père, mais elle était surtout à lui : sa bouche, le refuge au creux de ses jambes.
  De plus en plus troublé par les cris, il avait réussi à se mettre à couvert mais pas assez pour relâcher ses muscles ankylosés, puis se précipiter à sa rescousse. Il n’y avait même pas pensé. Il avait pris pour acquis que, forte et impérieuse comme elle l’était, elle parviendrait à se redresser, même coupable, et à stopper le buffle qui menaçait de la détruire. »


« Elle pensa, simplement, que cet obèse n’était pas un athlète et que, s’il ne la couvrait pas d’une pluie d’argent, il serait inutile de lui concéder davantage que deux ou trois nuits, celles nécessaires pour tout lui arracher jusqu’à sa dernière dent pour un prix absurde. Elle bascula légèrement en arrière pour lui faire connaître la partie officielle de sa décision. »
Alors que :

« L’aristocratie de la République, leaders, ministres, chefs syndicaux, se trouvaient en tête de file. Le reste, évidemment, devait aller se faire niquer sur d’autres routes : à pied, à travers les Pyrénées, sous les ombres festonnées du feu des fascistes »

Eux, Yago, Maria et leurs enfants furent retenus sur les plages et les camps français dans des conditions inhumaines.

*
Spoiler:
Le gouvernement mexicain ajuste son soutien politique à l’Espagne républicaine sur un rapport de marché entre offreur et demandeur. À la différence de la France, le Mexique fait payer ses livraisons d’armes et de nourriture qui sont seulement exemptes des droits de douane. Notons que les autorités mexicaines sont bien moins exigeantes que l’URSS quant aux modalités de paiement. Si celles-là se contentent du papier monnaie émis par la République espagnole, celle-ci fixe les taux de change et n’accepte que l’or. Le soutien moral et les armes soviétiques coûtent chers mais n’ont pas la même efficacité.
« Si les autorités mexicaines ont ainsi des affinités politiques avec le Frente popular espagnol qu’elles associent aux forces révolutionnaires de leur pays, il y aurait aussi, selon elles, un lien de parenté ethnique : le lien ibérique et « métissé » entre les Mexicains et les loyalistes républicains en rejetant le seul aspect ibérique de la « vieille Espagne » où les nationalistes franquistes sont apparentés aux anciens colonisateurs du Nouveau continent. »


*****

Une lecture très intéressante qui montre le sort des exilés de la République Espagnole au Mexique et qui interroge sur les rapports entre le Mexique et l’Espagne pendant la guerre civile.
De même les dissensions connues entre les Communistes et les Anarchistes.

Le parcours de la famille Almansa et leur réception par le peuple mexicain renvoit à la situation politique du Président Cardenas, ses opposants se voient notamment dans la position des riches espagnols déjà installés depuis de nombreuses années au Mexique vis-à-vis des  éxilés républicains.

J’ai apprécié l’écriture, sa crudité nécessaire dans certains cas pour peser le récit.

Je lirai certainement un autre livre de l’auteur.

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Message par bix_229 Sam 1 Mai - 15:54

C'est biographique ou seulement un roman ?
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Message par Bédoulène Sam 1 Mai - 16:07

un roman mais l'auteur est de Guadalajara et connait parfaitement la vie là-bas

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Message par Tristram Sam 1 Mai - 17:09

Je ne connais pas, mais ça à l'air d'être apparemment plutôt attirant (si c'est bien écrit et traduit).

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