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Zabel Essayan

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Message par Dreep Dim 2 Mai - 16:07

Zabel Essayan

Zabel Essayan Zabel10


(1878 - vers 1943)

Zabel Hovhanessian naît en 1878 à Scutari dans un quartier de Constantinople, sur la rive asiatique du Bosphore. Après ses études primaires et secondaires pendant lesquelles elle est l'élève d'Archag Tchobanian, elle migre pour la France à l'âge de dix-sept ans et s'installe à Paris où elle fréquente le cercle de René Ghil et le groupe de l'Abbaye de Créteil. Elle suit les cours de littérature et de philosophie à l'université de la Sorbonne ainsi qu'au Collège de France. Elle rencontre le peintre Tigran Essayan et ils se marient en 19001.

En 1895, Zabel Essayan publie son premier poème en prose dans la revue Tsakhik (« Fleur »). L’œuvre et l'exemple de Serpouhi Dussap, première romancière arménienne, l'encouragent à poursuivre. Elle publie ensuite de nombreux essais, des nouvelles, des articles et des traductions dans Écrits pour l'art notamment. Ses écrits sont édités dans des périodiques arméniens comme Massis, Anahit, Arevelian Mamoul (« La Presse orientale »).

En 1902, à 24 ans, elle retourne à Constantinople et devient enseignante ; en 1908, elle est membre de la Fédération révolutionnaire arménienne. Ce qui est contredit par les travaux de Léon Ketcheyan dans sa notice biographique à sa traduction de Dans les ruines. En 1909, à la suite des massacres de Cilicie, elle devient membre de la commission d'enquête créée par le Patriarcat arménien de Constantinople et la Croix-Rouge et se rend à Adana, où elle séjourne pendant trois mois. Elle tient une riche correspondance qui lui servira à l'écriture de Dans les ruines, livre-clé pour comprendre les heures les plus sombres de l'histoire arménienne.

Elle publie en 1911 son livre majeur, Dans les ruines, roman qui porte sur les massacres d'Adana et témoigne d'une réflexion sur la violence. En effet, Essayan se refuse à la littérature et se borne au rôle de « témoin » des événements tragiques qui se déroulent sous ses yeux. En 1915, elle échappe à la déportation et à la mort lors du génocide arménien en vivant dans la clandestinité à Constantinople. Elle fuit en Bulgarie, puis, elle part pour le Caucase6 et devient membre du Conseil des Arméniens occidentaux en 19177 (issu du Congrès des Arméniens occidentaux). Après la Grande Guerre, elle collabore aux travaux de la Délégation de la République arménienne à Paris. Elle s'occupe des secours aux réfugiés et aux orphelins dans divers centres du Proche-Orient6. Journaliste, elle dirige le journal Erevan (1925-1930) et participe aux activités littéraires de son temps. Elle est célèbre pour l'écriture dans les années 1920 de Le rôle de la femme pendant la guerre8. En 1926, elle part pour l'Arménie soviétique. Elle revient en France et écrit son Prométhée déchaîné qu'elle publie à Marseille en 1928.

En 1933, elle quitte l'Europe et s'installe définitivement en Arménie à l'invitation du gouvernement, où elle devient titulaire de la chaire de littérature occidentale à l'Université d'État d'Erevan6. Elle assiste l'année suivante à Moscou au premier congrès des écrivains soviétiques. Son dernier livre, Les Jardins de Silihdar, paraît en 1935 à Erevan. Ce roman témoigne de la vie des Arméniens avant les massacres hamidiens. C'est aussi la chronique d’un quartier pittoresque et cosmopolite de la ville de Constantinople à la fin du xixe siècle. Deux autres volumes de souvenirs devaient voir le jour.

Mais ses projets éditoriaux s'arrêtent avec les Grandes Purges staliniennes de 1937. Victime de la terreur, jugée et emprisonnée la même année9, elle disparaît sans laisser de trace vérifiable, malade, ou déportée dans les environs de la Transcaucasie, sans aller jusqu'en Sibérie6. Elle meurt probablement à 65 ans en 1943 pendant son dernier voyage qui fut à l'image de sa vie tragique.

Bibliographie :

Les crépuscules de Scutari et autres histoires, publié en 1905 à Smyrne (Izmir)
Dans les ruines 1909, publié en 1911, traduit en français en 201112.
Mourad.
Journal.
Mon âme en exil, 1917. (récits personnels)
Prométhée déchaîné, 1928.
Les Jardins de Silihdar, 1935.


Dernière édition par Dreep le Dim 2 Mai - 16:18, édité 1 fois
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Message par Dreep Dim 2 Mai - 16:10

Dans les ruines

Zabel Essayan 81emukl7hkl

S'il est un livre de témoignage(s), un livre où l’on parle d’un déchaînement de violence et de tueries systématiques, Dans les ruines est aussi un livre qui illustre bien l’importance du regard avec lequel on revient sur ces événements. Là où nous auront peut-être besoin d’une recontextualisation, Zabel Essayan, elle, plonge dans la fournaise ; son récit est exactement contemporain des faits. « Devant l’accumulation, on a envie de crier grâce » (Je reprends les mots d’Angelo Rinaldi sur Si c’est un homme). Mais dans cette « fournaise » il y a déjà une part rétrospective. Zabel Essayan vient en compatriote (en quoi elle se dit touchée par les massacres, non seulement par compassion) mais aussi en journaliste, après-coup, dans le but de fournir également une aide immédiate. Zabel Essayan est à l’écoute, et Dans les ruines est un livre de rencontres : il y a quelque chose de frappant, non seulement émouvant, dans sa manière de décrire chaque visage, chaque attitude. L’approche de Zabel Essayan peut faire penser à celle de Svetlana Alexievitch, mais leur méthode, tant sur la rigueur (plutôt du côté Alexievitch) que sur l’esprit, diffèrent. Si elle rapporte différentes expériences, différents regards, c’est le sien qui s’implique de façon omniprésente et artistique. Un vent soulève les gémissements et l’odeur des cadavres, un autre apaise, fait délicatement remuer les feuilles des arbres et les cheveux de ceux qui ont survécu et ont tout à reconstruire. Dans l’intention comme dans le choix des mots, on ressent l’émotion difficile de Zabel Essayan, avec elle il y a également un idéal chrétien en perspective : les victimes sont belles dans leur malheur, ce qui m’a laissé plutôt dubitatif.
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Message par Bédoulène Lun 3 Mai - 0:20

merci Dreep !

est-elle présente quand a commencé le drame ? où est-elle venue quand elle en a eu connaissance ?

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Message par Dreep Lun 3 Mai - 7:32

Quand elle en a eu connaissance
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Message par Bédoulène Lun 3 Mai - 14:31

merci Dreep ! dans un de ceux que j'ai lu "Pages de sang" c'est le journal d'un religieux présent lors du drame

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