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Tobias Smollett

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Message par Tristram Ven 28 Mai - 13:32


Tobias Smollett
(1721 – 1771)


correspondances - Tobias Smollett Tobias10

Tobias George Smollett, baptisé le 19 mars 1721 à Cardross et mort le 17 septembre 1771 à Livourne, est un romancier écossais, connu surtout pour ses romans picaresques.
D'abord médecin, sa carrière en médecine est difficile et peu brillante. Il se tourne vers la littérature qui ne fut guère plus lucrative à ses débuts. Il connaît bien le français et fait un premier voyage à Paris en 1750. De 1763 à 1765, il effectue un grand voyage en famille de la France à l'Italie, avec un long séjour à Nice. À son retour, il publie un ouvrage en deux volumes intitulé Travels through France and Italy, récit de voyage qui connaît un succès important. En dépit de sa mauvaise humeur et de son caractère difficile, il se révèle un reporter curieux, avisé, original d'esprit et doté d'un regard aiguisé sur les choses.
Il a aussi traduit Lesage et Cervantes.

Œuvres :


• Les Aventures de Roderick Random (1748) (L'Aventurier, Walter Beckers, 1969 ; Roderick Random, Éditions du Rocher, 2002)
• The Regicide (1750)
• The Adventures of Peregrine Pickle (1751)
• The Adventures of Ferdinand Count Fathom (1753) (La Carrière d'un vaurien, José Corti, 2000)
• The Life and Adventures of Sir Launcelot Greaves (1760) (Les Aventures de Sir Launcelot Greaves, Joëlle Losfeld, 1996)
• A Complete History of England (1765)
• (Lettres de Nice sur Nice et ses environs : 1763-1765. Registre du temps : Novembre 1763 - Mars 1765, Tac motifs, 1992)
• Travels through France and Italy (1766) (Voyages à travers la France et l'Italie, José Corti, 1994)
• The History and Adventures of an Atom (1769)
• The Expedition of Humphry Clinker (1771) (L'Expédition de Humphry Clinker, Phébus, 2006)

(Wikipédia)

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« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
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Message par Tristram Ven 28 Mai - 13:55

L'Expédition de Humphry Clinker


correspondances - Tobias Smollett L_expz10

Roman épistolaire qui retrace les pérégrinations du sieur Matthew Bramble, hobereau rendu aux eaux de Bath avec une partie de sa maisonnée ; évidemment son point de vue contraste avec ceux de sa sœur Tabitha (accompagnée de son chien Chowder et de sa suivante, Winifred), de sa nièce Lydia et de son neveu Jery.
Ce personnage d’« humeur bilieuse » semble rappeler l’auteur ; misanthrope, hypocondriaque, ses ennuis de santé le rendent acerbe, mais il est foncièrement généreux.
« Voilà, je dois l’admettre, un sujet à propos duquel je ne peux rien écrire sans perdre tout à fait patience, car la foule est un monstre dont je ne saurais souffrir ni la gueule, ni la queue, ni l’estomac, ni les membres : je l’abhorre dans son entier, comme un amas d’ignorance, de présomption, de méchanceté et de brutalité : et l’expression de ma réprobation s’adresse de même aux personnes des deux sexes qui en affectent les manières et en goûtent la société, sans distinction de rang, de condition ni de qualité. »
Malgré ce dégoût marqué de la populace, le petit peuple n’est pas oublié, par exemple avec le personnage de Win :
« Ah ! ma bonne femme ! Si tu pouvé seulmant te douter du plaisir que nous avons nous autre laitrès, de pouvoir lire les maux les plus entortillonnés sur le boue des dois, et de savoir écrire les maux étrangers sans devoir chercher dans la baissédère. »
(À son anglais, qu’elle partage d’ailleurs avec sa maîtresse, on mesure aussi le manque d’instruction des femmes au XVIIIe).
C’est satirique, et drôle, non sans finesse :
« Quant à Higgins, c’est assurément un braconnier notoire, et je trouve ce mauvais sujet bien impudent de vouloir ainsi venir poser ses collets jusque dans mon propre enclos. Il me semble bien qu’en mon absence, il s’est cru quelque droit à prendre sa part de ce que la nature semble avoir promis à l’usage général ! »
Les politiques, les écrivains, les gens de justice, roturiers comme aristocrates, toute la société est dénigrée.
C’est écrit dans le style feuilleton à épisodes et rebondissements, et d’ailleurs réapparaît Ferdinand, comte de Fathom, d’un précédent roman. Smollett s’inscrit dans la veine picaresque de Sterne, auquel il fait un clin d’œil : à propos de « correspondances de voyageurs », il cite « le voyage sentimental de Shandy ». D’ailleurs Tristram s’y retrouve :
« Il a beaucoup lu, mais sans jugement ni méthode, de sorte qu’il n’en a rien digéré. Il croit tout ce qu’il lit, surtout lorsqu’il y a décelé une part de merveilleux, et sa conversation est un étonnant fatras d’érudition et d’extravagance. »
Au quart du livre, Bramble et les siens partent pour Londres, et à cette occasion est engagé comme valet de pied Humphry Clinker, un jeune infortuné assez ingénu. Il devient prêcheur méthodiste, puis prisonnier accusé de brigandage ; ensuite la compagnie fait route vers le pays de Galles, et l'Écosse.
Savoureux passage où Matt discute l’inspiration sarrasine des cathédrales, mal conçues, inesthétiques et insalubres. Parmi les personnages de rencontre, un Écossais haut en couleur ayant combattu les Indiens en Amérique et ardent défenseur de sa langue rappelle Don Quichotte, et peut-être aussi l’auteur :
« L’esprit de contradiction est naturellement si ancré chez Lismahago que je suis convaincu qu’il a fouillé, lu, étudié avec une infatigable attention à seule fin de pouvoir réfuter les idées établies et s’octroyer des trophées en récompense de son orgueil de polémiste. Son amour-propre est si aiguisé qu’il ne tolérera pas le plus léger compliment, qu’il soit adressé à son pays ou à lui-même. […]
Cependant, s’il s’en prenait librement à ses compatriotes, il ne pouvait souffrir d’entendre qui que ce fût lancer impunément le moindre sarcasme à leur endroit. »
Le séjour calédonien est occasion de curiosités tant touristiques qu’historiques et folkloriques, notamment chez les Highlanders, ainsi que de rendre visite au « Dr Smollett »…
L’expression d’une langue soutenue n’est pas le moindre plaisir procuré par cette lecture. Autant qu’il est possible sans accéder à l’original, ce livre m’est apparu comme excellemment traduit par Sylvie Kleiman-Lafon (un premier traducteur fut Giono) ; il convient de signaler les traductions bien faites, presque autant que les mauvaises.
Happy end de rigueur.
« Le plus grand avantage qu’il y a à voyager et à observer l’espèce humaine en chair et en os est sans aucun doute de pouvoir ensuite dissiper le honteux brouillard qui obscurcit les facultés de l’esprit et nous empêche de juger avec franchise et précision. »

\Mots-clés : #aventure #correspondances #famille #voyage

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Message par Tatie Ven 28 Mai - 21:42

Oh, comme ça doit être bien ! drunken
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Message par Tristram Ven 28 Mai - 23:59

Dans le genre, très !

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Message par Dreep Sam 29 Mai - 9:07

Roderick Random

correspondances - Tobias Smollett Smollett-roderick_random

Un livre étonnant aussi bien dans ses longueurs que dans les prouesses de style qu’il contient, Roderick Random, accumule invraisemblablement les péripéties et les rebondissements, son héros courant dans (vraiment) toutes les directions pour un peu de fortune. Le premier roman de Tobias Smollett ressemble beaucoup à Gil Blas pour ça (et d’ailleurs Lesage a notoirement influencé l’écrivain écossais). Mais ce qui paraissait artificiel dans Gil Blas est assez souvent dans Roderick Random, prenant et même parfois convaincant. Le style ― très bien rendu par la traduction de José-André Lacour ― y est pour beaucoup, insufflant une véritable énergie au récit. Cela tient d’autant plus la route lorsque toutes ces aventures tragi-comiques baignent dans un réalisme effectivement brutal : Smollett connait bien la dureté de la vie en bateau, il la retranscrit sans lésiner sur la cruauté et la sinistre bêtise des marins… de la même manière Smollett n’a pas à pâlir à côté d’un Balzac, quand il décrit les mésaventures éditoriales d’un personnage secondaire.

Le roman perd beaucoup de son intérêt lorsque Roderick Random prospère dans le grand monde. Smollett préfère malgré tout suivre les grands modèles (Gil Blas donc, et aussi Don Quichotte même si ça me frappe beaucoup moins) que d’être révolutionnaire. Tous les stéréotypes se ressentent vivement quand il s’agit d’amour… Le côté « et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » dure chez Smollett comme chez Lesage, des dizaines et des dizaines de pages…

Lu en juin 2019
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Message par Tristram Sam 29 Mai - 12:14

Je m'étais bien dit que c'était un auteur pour toi, Dreep !

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Message par Dreep Sam 29 Mai - 19:34

Héhé, entre lui et Fielding, c'est un peu comme si Dickens était né au 18e siècle.
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