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Chahdortt Djavann

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immigration - Chahdortt Djavann Empty Chahdortt Djavann

Message par Bédoulène le Ven 9 Déc - 17:13

Chahdortt Djavann
(Née en 1967)


immigration - Chahdortt Djavann Chahdo10

Chahdortt Djavann est née en 1967 en Iran et vit depuis 1993 à Paris où elle a étudié l'anthropologie. Elle est romancière et essayiste de langue française, et de nationalité française.

Le père de Chahdortt Djavann était un grand féodal d’Azerbaïdjan ; il fut emprisonné et tous ses biens furent confisqués. Il a élevé sa fille « dans l'amour des livres et la détestation des mollahs ». Après la Révolution islamiste iranienne, elle est forcée d'arrêter de lire de grands auteurs français pour étudier le Coran et elle est voilée de force. En juin 1980, alors qu'elle a 13 ans, elle est incarcérée trois semaines pour avoir manifesté contre le régime. Elle est tabassée et a deux côtes cassées. Elle arrive en France en 1993 sans être francophone. Elle fait l’auto-apprentissage du français (en étudiant les manuels de Lagarde et Michard, en lisant d’un bout à l’autre le Robert et les œuvres de André Gide, de Maupassant, de Camus, de Gide, de Romain Gary. Le français est la septième langue qu'elle pratique, elle fait des petits boulots, une tentative de suicide puis commence des études universitaires en psychologie et en anthropologie.

Elle s’inscrit à l’EHESS, École des  Hautes Études en Sciences Sociales. Elle y rédige son mémoire sur « L’endoctrinement religieux et l’islamisation du système d’éducation en Iran après l’instauration du régime Khomeiniste » - une étude basée sur l’analyse des manuels scolaires.
En 1998, elle débute sa thèse : « La création littéraire dans la langue de l’Autre », en travaillant sur les œuvres de Cioran, Ionesco et Beckett. Elle abandonne  sa thèse et écrit son premier roman. Je viens d’ailleurs. Elle rédige un pamphlet contre le voile islamique,  que les éditions Gallimard publie aussitôt, en septembre 2003.  Elle y fait une analyse anthropologique et historique du voile islamique et de sa portée culturelle, traditionnelle, psychologique, sociale, sexuelle, juridique et politique ; elle demande  que le voile des mineures soit reconnu comme une maltraitance à leur endroit. « Voiler une mineure signifie  qu’elle est nubile… Le voile définit la mineure comme un objet sexuel… Le voile définit la femme psychologiquement, socialement, sexuellement et juridiquement comme sous-homme. ».

Son deuxième roman,  Autoportrait de l’autre, est publié en janvier 2004 par Sabine Wespieser éditeur. Dans Que Pense Allah de l’Europe ?, pamphlet publié en 2004, toujours chez Gallimard, elle analyse la stratégie des islamistes « djihad souterrain » en France et en Europe. « … Ils veulent imposer leur vision totalitaire d'un islam politique et prosélyte… peser politiquement en Europe et instaurer, à l’instar de l’Iran, des républiques islamiques dans les pays musulmans… ». Critique de l'intégrisme musulman, « ceux qui veulent imposer leur vision totalitaire d'un islam politique et prosélyte », elle déclare que la critique des religions est « non négociable » et invite « l'immense majorité des musulmans silencieux de France » à manifester contre l'idéologie islamiste5.. Son roman Comment peut-on être français ?  Est une satire sociale et politique en partie épistolaire : une correspondance imaginaire avec Montesquieu. Son roman La Muette (2008) est la confession d’une gamine de quinze ans condamnée à la pendaison, dans les prisons des mollahs – une fiction réaliste et documentée.

Dans l’épilogue de Je ne suis pas celle que je suis, publié en 2011 chez Flammarion,  Chahdortt Djavann écrit : « Rien n’était moins probable qu’un exil en France, rien ne me destinait à une vie française… même dans mes rêves les plus osés, j’étais à mille lieues de m’imaginer écrivain de langue française. » Bien que l’auteure utilise certaines de ses expériences, elle précise : «  Je ne crois pas à l’autobiographie… Je suis mon personnage et je ne le suis pas… » La dernière séance (Fayard, 2013) est la suite de Je ne suis pas celle que je suis - entrelacement des séances de psychanalyse à Paris et du récit du parcours mouvementé de l’héroïne d’Istanbul à Paris. Big Daddy (Grasset 2015) est un thriller social dont l’action se situe dans l’Amérique profonde, portrait d’un pervers criminel et grandiloquent qui prend pour fiston un gamin des rues, et d’une avocate de la grande bourgeoisie irano-américaine. Son dernier roman  Les putes voilées n’iront jamais au Paradis ! donne la voix aux femmes assassinées en Iran.

Elle est passionnée d’échecs. Ses ouvrages sont traduits en plusieurs langues. Elle a écrit de nombreux articles ou tribunes dans les journaux.

Elle demande que  l’Union européenne reconnaisse la fatwa (incitation au meurtre) comme un acte criminel et engage des poursuites internationales contre ceux qui décrètent des fatwas.  » Chahdortt Djavann, Le Figaro, 18 février 2008.
(wikipedia)

Bibliographie :

2002 : Je viens d'ailleurs
2003 : Bas les voiles !
2004 : Que pense Allah de l'Europe ?
2004 : Autoportrait de l'autre
2006 : Comment peut-on être français ? : Page 1
2007 : A mon corps défendant, l'Occident
2008 : La Muette : Page 1
2009 : Ne négociez pas avec le régime iranien
2011 : Je ne suis pas celle que je suis : Page 1
2013 : La dernière séance
2015 : Big Daddy
2016 : Les putes voilées n'iront jamais au paradis !
2016 : Comment lutter efficacement contre l'idéologie islamique

màj le 7/12/2017


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Message par Bédoulène le Ven 9 Déc - 17:15

immigration - Chahdortt Djavann 51uohx10

La Muette

A travers cette histoire nous découvrons le triste sort fait aux Femmes.

Là où la bigamie est reconnue pour un Mollah, homme de religion, une jeune femme de 29 ans peut-être accusée et condamnée à la lapidation pour adultère, avéré simplement parce que le Mollah recevait d'un membre de sa famille son accord pour la prendre pour femme.

Un homme peut prendre pour femme une adolescente de 13 ans et en "user".

Cette écriture directe est efficace pour nous décrire cette histoire dramatique.

quelques passages !

Il parlait comme si , en somme, la violence n'était qu'une banalité ordinaire, lieu quotidien de ceux qui naissent et meurent dans la misère.
Ma mère répétait souvent un adage qui m'énervait à l'époque : Nul ne peut lutter contre son destin,à chacun le sort qui lui échoie, ainsi va la vie.

Avec sa main elle enfonçait des boules de neige entre ses cuisses, elle semblait ivre, ivre d'amour, de folie. Pendant quelques secondes j'ai regardé ses doigts frénétiques qui fourraient la neige dans son sexe, cette image m'a effrayée.

Elle apportait plusieurs bouteilles d'eau pour arroser la tombe de mon grand-père ; une fois mon oncle lui a dit : je ne veux pas te désespérer mais ton père ne va pas pousser. Ma mère s'est mise à pleurer de plus belle en blâmant son frère : tu n'as pas honte de plaisanter sur la tombe encore fraîche de ton père. Elle disait qu'un peu d'eau désaltérait les morts. Mon oncle et moi retenions nos rires. Ma mère était croyante et pratiquante ; elle était aussi assez stupide, ça me fait mal de dire ça, ça me faisait mal de l'avoir pour mère, sa bêtise nous a coûté très cher.

Elle avait décidé de mettre un terme à ce projet de mariage avec le mollah ; et elle l'avait fait de façon radicale.Elle s'était offerte à l'homme qu'elle aimait, sans rien lui demander en échange. Un acte plus que révolutionnaire pour une femme, et pas seulement dans notre milieu, mais dans ce pays où l'amour est toujours l'affaire de l'honneur des frères et des pères, une affaire de contrat et d'arrangement, un simple commerce.
Dans ce pays où l'amour est interdit.

"A chacun le sort qui lui échoie, ainsi va la vie." Moi je rêvais d'un avenir radieux, croyais avoir un autre destin. Je voulais devenir médecin, je suis devenue assassin.

"message rapatrié"


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Message par Pia le Jeu 22 Déc - 6:00

Une femme éprise de liberté, très forte, brillante.... Qui ne mâche pas ses mots. J'imagine que dans sa situation, je serais aussi révoltée me connaisant. Le fil est ouvert, super Bédou!
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Message par Pia le Jeu 22 Déc - 6:00

immigration - Chahdortt Djavann 41dfar10


Comment peut-on être Français?


Elle (quand je dis « elle » je parle de Roxane) a des mots très durs sur son pays. On peut comprendre quand on lit ce qui lui arrive. Il y a peu de nostalgie, même si, la solitude qu’elle ressent à Paris la rapproche de ce qu’elle connait comme faisant partie d’elle-même, de son identité, qu’elle ne pourra jamais changée. Elle dit d’ailleurs qu’à Paris elle est Iranienne, alors qu’en Iran, elle était elle-même sans se poser de questions. Mais elle rejette l’Iran, pour sa tyrannie vis-à-vis des femmes, pour son contrôle permanent sur elles, pour le manque de liberté, pour la violence des hommes, pour l’ignorance dans laquelle la population est maintenue. Son personnage de Roxane est plus jeune qu’elle, elle est née plus tard, mais en ayant lu sa biographie, je me dis qu’elle parle un peu d’elle-même. Les études, les petits boulots, la tentative de suicide. Le père, qui est celui qui va la sauver en lui permettant de partir à Paris. Dans la vie de Djavann, le père s’est révolté contre le régime des Mollahs, il aimait lire et avait été un personnage influent. Dans le bouquin on retrouve ces composantes.


Quand Roxane arrive à Paris, elle est comme beaucoup d’étrangers qui ont idéalisé le pays dans lequel ils vont habiter. Sauf que pour elle, il y a une couche supplémentaire. Elle n’a jamais été nulle part quand elle était petite, sa vie se passait entre les quatre murs de sa maison, entourée d’une famille nombreuse qui ne s’apercevait pas de sa présence. Elle trouvait son échappatoire dans la lecture. Activité que sa famille réprouvait silencieusement. Devenue femme, elle ne pouvait ni voyager, ni se déplacer sans la présence d’un homme. Les gardiens de la morale Islamique veillaient et surveillaient. Sauf que ces « gardiens » n’avaient pas de moralité, étaient ignorants et profitaient de la situation. Ce qui amène Roxane a fuir son Pays.


Les premiers temps, elle vit comme dans un rêve. La misère qui règne en Iran, le manque de tout,  la font s’extasier dans les rayons des supermarchés. Elle se balade dans les rues de Paris, goute à la liberté de s’asseoir toute seule à la terrasse d’un café pour commander un verre de vin. Puis la réalité la rattrape. Elle se heurte à la mentalité des Français si différente de la sienne. Elle se dit que les Française respire la liberté de la naissance à la vie adulte. Elle ne sait pas quoi faire de cette liberté qu’elle ne connait pas, elle ne sait pas comment réagir. Les gens autour d’elle, fortement individualistes, continuent à vivre en parallèle et elle se sent seule. Pourtant elle finit par s’en sortir. Les petits boulots, les études. Elle fait tout pour maitriser le Français. Elle recopie, elle récite des heures entières, elle lit, un dictionnaire sous la main, elle l’emmène d’ailleurs partout avec elle pour chercher un mot immédiatement. Mais la solitude reste et elle ne se sent pas assez proche de qui que ce soit pour parler de ses combats intérieurs. Alors elle écrit à Montesquieu des lettres qu’elle envoie aux quatre coins de Paris. Lettres qui lui reviennent non lues naturellement. Mais ça l’aide à voir plus clair, à exprimer ses colères et ses doutes. Un jour elle est arrêtée par la police pour avoir roulé en vélo en sens contraire. Elle n’a pas sa carte de séjour sur elle et se retrouve dans une cellule. Son passé lui revient brutalement et elle perd les pédales.



Elle écrit bien Chahdortt Djavann. Ce qui est une performance quand on sait qu’elle est arrivé en France il y a un peu plus de dix ans. Elle a beaucoup d’humour. C’est une militante, une révoltée qui ne fera pas de compromis. C’est une femme éprise de liberté, un caractère fort qui déjà enfant avait le courage de ses convictions.


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Message par Bédoulène le Jeu 22 Déc - 10:29

je note Pia, merci pour ton commentaire

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Message par topocl le Jeu 22 Déc - 16:12

immigration - Chahdortt Djavann 51wqa110

Je ne suis pas celle que je suis

Une telle histoire peut  paraître tout bonnement inimaginable, mais vivre perpétuellement en cachette, subir des interdictions en tous genres qui touchent à la vie affective et intime a rendu les Iraniens fous. Les situations les plus improbables et les plus insolites, qui n'ont aucune raison d'exister ailleurs, sont monnaie courante en Iran.

On alterne les très courts chapitre, d'où une lecture rapide pour un livre qui semblait gros au départ.


D'un coté, le récit de l'enfance et la jeunesse de Donya, en Iran, sous la dictature des mollahs, dont je craignais un peu une redite par rapport à En censurant un roman d'amour iranien de Shahriar Mandanipour. Mais les trajectoires et les personnalités des 2 auteurs sont bien différentes, celle de Mandanipour lui a laissé la possibilité de l'humour, alors que dans le domaine privé comme dans le domaine public, l'expérience de Donya (et sans doute partiellement (?) celle de Chahdortt Djavann), a été autrement traumatisante, et n’autorise que la béance et le tumulte. femme  dans ce monde  inimaginable où elles sont considérées comme des mineures et traitées comme des putains, révoltée dès l'enfance, ce qui est loin de lui avoir simplifié la vie,   Ces pages sont d'une violence à la limite du soutenable, le livre dae Mandanipour paraît presque .

Raconter aux autres que l'infâme régime m'a emprisonnée et torturée, c'est plus facile que d'avouer la vérité sur mon père…

D'un côté le compte rendu distant du dialogue /monologue de Donya, une iranienne immigrée à Paris, sortant d'une tentative de suicide incapable de s'adapter à ce nouveau monde, fermée, blessée. Le déroulement des séances et montre  l'éclatement de sa personnalité, l'anéantissement de ses espoirs, la gravité de sa souffrance. Sa vie est un déchirement, sa psychanalyse un long cri errant entre l'incrédulité et le rejet de sa thérapie, l'agressivité et le doute face à son thérapeute, puis, peu à peu, les pensées et les récits, non pas qui s'ordonnent, mais qui prennent un chemin. L'écueil de la langue , quoiqu'elle la  maîtrise merveilleusement , mais qui n'est pas sa langue maternelle, sa langue primale, est un obstacle supplémentaire.

J'ai eu plus de mal à entrer dans ces pages, car d'une part tout est déconstruit, mais logiquement puisque Donya est déconstruite, et parfois exaspérante de ce fait, mais  qui peut lui en vouloir ? , et aussi parce que la psychanalyse, qui me semble parfaitement racontée ici, m' a toujours mise mal à l'aise, position qui est évoquée  dans le livre lors d'un séminaire antipsychanalyse. Mais cela, c'est mon affaire.


Enfin quelques brefs paragraphes sur la vie  privée du thérapeute, dont je n'ai guère compris l'intérêt, (si ce n'est de montrer qu'en fait, Donya poursuit souvent son chemin seule ?). Mais qui émergera sans doute dans les tomes suivants.

Au total un romans des plus intéressants, violent dans l'information, sans concession dans la forme, qui finit un peu en queue de poisson (mais il y a une suite). Mais  de toute façon peut-on espérer qu'un tel destin soit un jour clos ?

- Au moins, on doit reconnaître aux mollahs le mérite d'avoir rendu palpitants les actes les plus anodins ; ce qu'ailleurs ont considère comme ordinaire, ou même ennuyeux parce que trop accessible, devient ici un délice. Comme boire du whisky, écouter de la musique, se voir entre filles et garçons, ironisa Armand.

(commentaire récupéré)


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Message par Pia le Sam 24 Déc - 14:14

@Bédoulène a écrit:je note Pia, merci pour ton commentaire

Pas de quoi Bédou!
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Message par simla le Ven 3 Juil - 6:23

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Je ne suis pas celle que je suis...

Voici un roman qui m'a secouée....je savais que la vie des femmes sous le joug musulman et notamment de la charia n'était pas facile...mais là....... Sad   Ca se passe en Iran et c'est sans doute pire en Afghanistan...

J'ai trouvé qu'il était très bien écrit, de la part d'une non francophone qui a appris le français à l'arrache, dans les dicos et les bouquins....remarquable !

La narratrice réfugiée à Paris, après une tentative de suicide ratée et un séjour en hôpital psychiatrique.....entame une psychothérapie....le récit se scinde en deux parties, sa vie en Iran et les séances d'analyse.

Une charge assez virulente contre les psys....qui m'a amusée, car je dois dire que j'ai toujours considéré les psys comme des fumistes...des années d'analyse et d'argent dépensé..pour quel résultat  au final ?

"En cet après-midi du mois de février, sortie fraîchement de l'hôpital psychiatrique, sur le quai d'une banlieue, elle attendait, regard fixe et perdu, le train pour Paris. Elle allait voir un psy......son plan à elle était sans équivoque et radical. Elle savait pourquoi elle voulait faire une psychanalyse : ôter les artifices, les apprêts ; éviter les mensonges, les astuces, les stratagèmes ; éluder les ingéniosités, les subterfuges, les enjolivements, les détours....se mettre nue devant un spécialiste de l'esprit. Se débarrasser de tout ce qui n'était pas elle, détecter le problème, l'éliminer et accéder enfin à la quintessence de son âme...."

Elle demande à son amie Myriam ce qu'elle pense de la psychanalyse....

" Je pense qu'une société où quelqu'un qui est dans la souffrance doit payer pour que tout simplement on l'écoute parler, c'est une société qui va très mal....C'est grave, quoi ! Anthropologiquement parlant, ça prouve que les liens entre les gens se défont. On a père, mère, frères, soeurs, amies, collègues, cousins, amants, maîtresses, voisins.....Que personne ne soit là quand on est dans la souffrance et qu'on soit obligé d'aller payer un inconnu pour parler, c'est le début de la fin ; ça déshumanise la société et les rapports humains......"

J'aurais tendance à être de son avis...évidemment le cas de Donya, exilée, seule, après un passé terrible.... est quelque peu spécial....

Un père génial mais à moitié fou...une enfance fracassée, une jeunesse sous l'oeil perçant des gardiens de la morale...révoltée, arrêtée au cours d'une distribution de tracts contre le régime..emprisonnée, battue, violée....

Qu'en sortira-t-il ? Il y a une suite de prévue....

L'auteure dit : ce roman est-il autobiographique ou pas ? Vu son parcours il y a sans doute une partie des faits qu'elle a elle-même vécus....si on regarde sa biographie, c'est carrément certain.

" Je suis mon personnage et je le ne suis pas. Je ne pourrais être mon héroïne, même si je le désirais, car elle existe dans le livre et à travers votre lecture va prendre sa place dans votre imaginaire, alors que moi, l'écrivain, j'existe ici-bas, sur terre, parmi vous. Je serai morte depuis longtemps qu'elle sera toujours jeune, toujours là, entre les pages, à rêver son avenir."

Evidemment, ce n'est pas un récit dont on sort heureux....mais il est néanmoins très intéressant et très bien construit.....j'attends la suite... Smile

Ceci étant, je me dis qu'elle doit sacrément rager après la vie très dure qu'elle a vécu lorsqu'elle voit les femmes musulmanes qui ont la chance de vivre en occident réclamer le droit au port du voile....quelques boucles échappées de celui-ci en Iran, et ça peut vous valoir de sacrés ennuis....d'ailleurs Chahdortt Djavann a écrit un essai " Bas les voiles ! " c'est tout dire Wink
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Message par Bédoulène le Ven 3 Juil - 17:04

merci Simla pour ton commentaire, je suis d'accord sur la condition féminine, d'accord aussi avec ce que tu penses de la rage de l'auteure que tu imagines vis à vis de celles qui réclament le droit de porter le voile ; par contre en ce qui concerne la psychothérapie et la psychanalyse j'estime que ces thérapies ont aidé beaucoup de personnes dans leur vie (parler à un membre de sa famille ne peut apporter que le soulagement de se sentir écouté, aimé mais ne peut être comparé à une thérapie)

Et comme dans tous les domaines, il y a des médecins plus ou moins compétents, plus ou moins à l'écoute.

Je n'ai lu que la muette, lecture qui m'avait convaincue, je la retrouverai un jour ou l'autre !

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Message par simla le Sam 4 Juil - 0:04

Je suis très réservée vis-à-vis de la psychothérapie....mais pourquoi pas si ça aide les gens ?

J'ai toujours résolu mes problèmes existentiels avec une paire de basket ou un maillot et des longueurs de piscine.... mais je n'ai pas non plus vécu de drames...

Ceci dit, je pense, malgré tout, que c'est une façon de régler certains problèmes douloureux qui s'adresse à un public de bourges, car qui peut se payer de telles séances au long cours.....et comment faisaient les personnes qui ont réchappé aux guerres, etc....avec des conditions de vie épouvantables ? J'ai une pensée émue pour ma mère qui a dû nous élever tous les cinq, seule, sans aucune aide...qui avait connu la guerre, la perte d'un enfant, etc...pas facile à l'époque...mais qui partait tous les matins travailler en chantant....pas le temps de se prendre la tête..fallait assurer au quotidien...c'est sans doute ce qui explique ma réticence, son exemple...de battante envers et contre tout et tous Wink

Mais il est des personnes plus fragiles que d'autres ! Notre société n'est pas non plus la même....c'est un peu (beaucoup) le chacun pour soi, ce qui, à l'époque, n'était pas non plus le cas..beaucoup d'entraide...Smile

Quoiqu'il en soit, cette écrivaine est à suivre....quel parcours !!! Admirable !
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Message par bix_229 le Sam 4 Juil - 0:10

Merci à vous, Pia et Simla, Bédou, vous ètes convaincantes.
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Message par Bédoulène le Sam 4 Juil - 10:39

oui Simla le parcours des gens étant différents, la réponse à leur mal-être est différente aussi.
Ta maman a été bien volontaire Simla et j' imagine le parcours difficile.
Par ailleurs oui les meilleurs soins quels qu'ils soient devraient être accessible à tous ! Et comme dans tous les domaines avoir de l'argent ça aide ! Smile

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