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Abû-Nuwâs

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Abû-Nuwâs Empty Abû-Nuwâs

Message par Dreep Lun 10 Jan - 19:42

Abû-Nuwâs

Abû-Nuwâs Abu_Nuwas

(747 - 815)

Biographie :

Abû Nuwâs est né d'un père arabe, Hani, soldat dans l'armée de Marwan II, et d'une mère persane nommée Golban, une tisserande. Son père Hâni' était un client de la tribu sud-arabique d'al-Jarrâh Ibn Abdallah al-Hakamî, d'où la nisba d'Abû Nuwâs « al-Hakamî ».

Trois hypothèses sont avancées par la tradition pour expliquer l'origine de son surnom d'« Abû Nuwâs ». D’après la première hypothèse, « Nuwâs » est le nom d’une montagne ; dans une autre version, un voisin l'aurait surnommé « Abû Nuwâs » (« l’homme à la houppe ») par allusion à la disposition de ses mèches de cheveux ; enfin, dans une dernière explication, il se serait lui-même surnommé ainsi en référence au dernier des souverains du royaume de Himyar, Dhû Nuwâs5.

Abû Nuwâs est encore un jeune garçon quand sa mère le vend à un épicier de Basra, Al-Sa'ad Yashira. Puis il se rend à Kufa, où il reçoit l'essentiel de sa formation auprès de quelques-uns des plus éminents philologues de l'époque4. Il vit apparemment dans des conditions déplorables avant de devenir le protégé des poètes Wâliba Ibn al-Hubâb et Khalaf al-Ahmar4. Wâliba, son premier maître, dont il est non seulement le disciple mais aussi le giton, l'initie à la poésie et au libertinage, et ils fréquentent ensemble le groupe des libertins de Kufa (Mujjân al-Kûfa)5. La tradition rapporte qu'Abû Nuwâs se sépare de Wâliba avec son autorisation pour poursuivre son étude de la poésie dans le désert auprès des Bédouins avant de il paracher son apprentissage auprès du poète et grand transmetteur Khalaf al-Ahmar. La tradition rapporte que Khalaf lui aurait imposé de ne composer aucun vers avant d'avoir appris par cœur des milliers de vers de la poésie ancienne. Abû Nuwâs les apprendpuis souhaite composer de la poésie, mais Khalaf le lui interdit, et lui impose alors de tout oublier : quand il aura tout oublié, il pourra composer. Cette amnésie forcée est un épisode emblématique de la formation d'Abû Nuwâs.

Abû Nuwâs se rend ensuite à Bagdad, la jeune capitale du califat abbasside, peut-être en compagnie de Walibah ibn al-Hubab. Ses poèmes de louange (madîh) lui permettent d'entrer en faveur auprès du calife Haroun ar-Rachid7, et il se lie également à la famille vizirale des Barmécides, alors au sommet de leur puissance8. Ce rapprochement n'est pas du goût du poète attitré des Barmécides, Abân al-Lâhiqî, qui tente de tenir son rival à distance de la cour de ses patrons5. Abû Nuwâs devient rapidement célèbre par sa poésie pleine d'esprit et d'humour, qui ne traite pas les thèmes traditionnels du désert, mais parle de la vie urbaine et chante les joies du vin et des boissons (khamriyyat) et l'amour des jeunes garçons (mujuniyyat) avec un humour grivois. C'est à cette époque que le poète entre dans l'intimité du futur calife al-Amin, qui est un temps son disciple5.

Mais ses contacts avec des mécènes tels les vizirs barmécides, ainsi que son aura scandaleuse, lui valent les foudres du calife Haroun ar-Rachid. Lorsque la puissante famille des Barmécides est renversée et massacrée par le calife, Abû Nuwâs se voit contraint de fuir en Égypte pour ne pas être inquiété, à cause des poèmes élégiaques qu'il leur avait adressés9. Pendant son séjour en Égypte, il compose des poèmes de louange à l’intention du chef du dîwân al-Kharâj10, al-Khatîb Ibn Abd al-Hamîd

Il rentre à Bagdad en 809 après la mort d'Haroun ar-Rachid. La succession au califat par Muhammad al-Amin, fils de Haroun ar-Rachid, libertin et ancien élève d'Abû Nuwâs, est un immense soulagement pour le poète. Le nouveau calife le prend officiellement pour commensal. C'est la période la plus faste de la vie d'Abû Nuwâs.

Les relations ambiguës d'Abû Nuwâs avec le calife al-Amin, font l'objet d'une série d'anecdotes (khabars), recueillies notamment dans les Akhbâr Abî Nuwâs d'Ibn Manzûr, dont le point commun est que le calife, pour faire bonne figure et convaincre ses ennemis de sa légitimité, utilise son poète comme repoussoir et les sanctions contre lui comme gage de moralité islamique5. Quoi qu'il en soit, le goût du poète pour le vin et ses mœurs dissipées provoquent une vive réaction d'al-Amin, qui le fait emprisonner trois mois pour non-respect de la morale musulmane et lui interdit de boire9. Il convient de remarquer qu'Abû Nuwâs compose des poèmes ascétiques (zuhdiyyât) où il demande à Dieu de lui pardonner son penchant pour la boisson.

Le calife al-Amin est finalement assassiné par son frère, Al-Mamoun. Celui-ci n'a aucune indulgence pour Abû Nuwâs.

Bibliographie :

Abû-Nuwâs : Recueil de 74 poèmes traduits, avec une présentation et une biographie détaillées.
Abû Nuwâs : Recueil bilingue arabe-français d'une trentaine de poèmes, illustré par des reproductions de miniatures anciennes.
Ors et Saisons. Une Anthologie de la Poésie arabe classique
Le Dîwân de Bagdad
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Message par Dreep Lun 10 Jan - 19:43

Le vin, le vent, la vie

Abû-Nuwâs 9782742788262

Poète arabe célébrant le vin, la beauté des échansons, il est tentant (surtout pour un profane comme moi) de considérer Abû-Nuwâs comme le cousin éloigné d’Omar Khayyam. Tout deux sont nés en Perse, mais la langue et surtout trois siècles les séparent. Il y a une autre différence, peut-être plus importante : les rubaiyat (quatrains) de Khayyam suscitent indirectement une fascination pour leur créateur, sur lequel on ne sait rien de certain. C’est loin d’être le cas d’Abû-Nuwâs, dont on connait la vie, au moins dans les grandes lignes, et dont la poésie ne cesse de refléter les circonstances. Seuls certains poèmes bachiques et cynégétiques (parlant de chasse) font exception. Abû-Nuwâs se livre en petites vignettes narratives, historiettes amusantes… on peut presque imaginer la voix, comme celle d’un conteur, derrière. La musicalité, plus importante que le sens, s’exprime sous la forme d’une litanie, ce que la traduction est sans doute impuissante à reproduire. Abû-Nuwâs ne se soucie pas de répéter les mêmes images, les mêmes métaphores qui pour nous finissent par paraître « clichés ».
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