Des Choses à lire
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Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


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Georges Brassens, Lettre à Toussenot


René Barjavel

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Message par topocl le Lun 26 Déc - 15:27

René Barjavel
(1911-1985)


René Barjavel Images26


René Barjavel est né le 24 janvier 1911 à Nyons (Drome). Fils de boulanger, petit fils de paysans, il fait ses études au collège de Nyons puis à celui de Cusset dans l'Allier. Après le bachot, il fait de nombreux métiers pour gagner sa vie: pion, employé de banque, conférencier... Il débute à dix-huit ans dans le journalisme au Progrès de l'Allier, à Moulins.

Il devient en 1935 secrétaire de rédaction de la revue Le Document, puis chef de la fabrication des éditions Denoël. Il collabore à divers journaux, en particulier au Merle Blanc, comme critique cinématographique. Il fait la guerre comme caporal-cuistot dans un régiment de zouaves. Démobilisé en 1940, il fonde à Montpellier L'Echo des Etudiants, y fait débuter Jacques Laurent, François Chalais, Yvan Christ, etc, parmi d'autres qui ont fait leur chemin. Rentré à Paris, il y publie une série de romans d'anticipation qui font de lui le précurseur de la vogue de la "science-fiction". Il écrit un "Essai sur les formes futures du cinéma", « Cinéma Total », dont un grand nombre de prédictions se sont depuis réalisées. Les autres sont pour l'avenir... Puis un grand roman d'amour, Tarendol dont Duvivier achète les droits pour le cinéma. En 1947, il fait pour Georges Régnier, sa première adaptation et son premier dialogue de cinéma: Paysans noirs. Puis Le Petit Monde de Don Camillo, pour Duvivier. Parmi les films auxquels il a collaboré, citons les autres Don Camillo, l'Etrange Désir de M.Bard, Femmes sans nom, le Mouton à cinq pattes, les chiffonniers d'Emmaüs (d'après le livre de Boris Simon), La terreur des Dames, Till l'Espiègle, l'homme à l'imperméable, le Cas du Docteur Laurent, les Misérables, le Guépard, etc. Il réalise lui-même plusieurs courts métrages.

Il écrit deux pièces de théâtre de science-fiction : « Le Voyageur Imprudent » et « Mme Jonas dans la baleine ». Après un long intermède au cinéma pendant lequel il n'a presque rien publié, René Barjavel a commencé avec « La Nuit des Temps » et « Le Grand Secret », une seconde carrière de romancier et une nouvelle activité de journaliste avec une chronique hebdomadaire dans Le Journal du Dimanche. Il a également écrit des chansons. Il se livrait, quand il en avait le temps, a une passion, la photographie en couleurs, illustrée par un album (Les Fleurs, la vie). Il est décédé en 1985."


source

Œuvre

Romans
   1942 : Roland, le chevalier plus fier que le lion
   1943 : Ravage
   1943 : Le Voyageur imprudent
   1946 : Tarendol
   1948 : Le diable l'emporte
   1957 : Jour de feu
   1962 : Colomb de la lune
   1968 : La Nuit des temps : Page 1
   1969 : Les Chemins de Katmandou : Page 1
   1973 : Le Grand Secret,
   1974 : Les Dames à la licorne (avec Olenka de Veer)
   1977 : Les Jours du monde (suite de Les Dames à la Licorne, avec Olenka de Veer)
   1981 : Une rose au paradis
   1982 : La Tempête
   1984 : L'Enchanteur : Page 1
   1985 : La Peau de César

Contes et nouvelles
   1945 : La Fée et le soldat
   1946 : Les Enfants de l'ombre
   1974 : Le Prince blessé
   1974 : Béni soit l'atome et autres nouvelles
Ils ont été réunis sous le titre Le Prince blessé et autres nouvelles.

Récit autobiographique, journal
   1951 : Journal d'un homme simple
   1980 : La Charrette bleue

Chroniques
   1972 : Les Années de la lune
   1975 : Les Années de la liberté
   1976 : Les Années de l'homme

Albums
   1953 : Collioure (Dessins de Mucha)
   1974 : Brigitte Bardot, amie des animaux
   1978 : Les Fleurs, l'Amour, la Vie

Essais
   1934 : « Colette à la recherche de l'amour », Moulins, la Nouvelle province littéraire
   1944 : Cinéma total : Essai sur les formes futures du cinéma
   1966 : La Faim du tigre
   1976 : Si j'étais Dieu...
   1978 : Lettre ouverte aux vivants qui veulent le rester
   1986 : Demain le paradis (inachevé, édité de façon posthume)

màj le 6/11/2017

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Message par topocl le Lun 26 Déc - 15:29

La nuit des temps

René Barjavel Image262

Un excellent scénario pour cette Nuit des temps, lequel ne suffit malheureusement pas à sauver le livre.
J'ai bien accroché à cette expédition polaire, dans un monde qui ressemble fort au nôtre, dépassant étape après étape tous les obstacles posés sur le chemin de sa quête folle d'une civilisation enfouie sous la glace depuis 900 000 ans : une espèce de quête du Graal mâtinée de « stop ou encore ».

Je me suis par contre beaucoup ennuyée et ai sauté beaucoup de pages dans la description de cette civilisation antique censément lumineuse, ayant perdu toute lucidité dans sa quête du bonheur avec des relents de fatalité voulant sans doute évoquer certaines mythologies grecques. Le texte devient là ampoulé et lassant, et, dans cette description des amants éternels d’Eléa et Païkan, on se demande toujours s’il est bêtement naïf ou porteur d'un humour caché, et je crois bien que c'est souvent la première hypothèse qui l'emporte.(D'ailleurs, quand l'humour se montre vraiment, il est plutôt un peu lourdingue)

(commentaire rapatrié)



mots-clés : #sciencefiction

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Message par Tristram le Lun 26 Déc - 17:27

@Topocl a écrit:un peu lourdingue
Oui, un style un peu pataud, daté, d'ailleurs je n'ai rien retenu de La nuit des temps.
Par contre d'autres ouvrages sont plus intéressants, il y a des trouvailles à y faire, et on y sent une grande sincérité : dans ce que j’ai lu,
1943 : Ravage
1946 : Tarendol
1981 : Une rose au paradis
1984 : L'Enchanteur
1980 : La Charrette bleue (récit autobiographique/ journal)
1966 : La Faim du tigre (essai)

Une oeuvre d'une assez grande cohérence, pionnière de ce qui nous semble aujourd'hui évident en ce qui concerne la conduite de l'humanité au sein du monde.

« Bonheur de me savoir vivant et savoir autour de moi l’univers en marche, en rond puisque j’en suis le centre comme chaque vivant et comme chaque parcelle non vivante. Essayer de comprendre ? Impossible. Démesure. Mais s’émerveiller de la grandeur infinie, si bien finie en chaque poussière de poussière. Et de l’ingéniosité de chaque détail, la main, l’œil, l’oreille, le monde organisé de chaque cellule, les tourbillons vides de l’atome, le vide infranchissable du bois de mon bureau. Vide, tout est vide, disait l’Écclésiaste. Et ce vide est si méticuleusement et grandiosement ordonné qu’il emplit et construit et anime le vivant et la brique, la brique est vivante, la brique grouille et tourbillonne, la brique est vide, je contiens l’univers. »
René Barjavel, journal, 24 janvier 1985

« Car la réalité n’existe que si l’on y croit. Ce à quoi l’on ne croit plus disparaît […] Il faut que les racines et les feuilles croient à l’arbre. »
René Barjavel, « Les Années de l’homme »

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Message par Ouliposuccion le Lun 16 Jan - 17:15

La nuit des temps

René Barjavel Tylych16

L’Antarctique. À la tête d’une mission scientifique française, le professeur Simon fore la glace depuis ce qui semble une éternité. Dans le grand désert blanc, il n’y a rien, juste le froid le vent, le silence.
Jusqu’à ce son, très faible. À plus de 900 mètres sous la glace, quelque chose appelle. Dans l’euphorie générale, une expédition vers le centre de la Terre se met en place.



Un tout autre avis sur "La nuit des temps," qui reste pour moi un classique de la Science-Fiction intemporel.
Roman d’anticipation, visionnaire et initiatique, c’est bien notre société et l’incapacité des hommes à vivre ensemble que Barjavel met en lumière.
Si l’homme tente de se grandir depuis la nuit des temps, c’est bien la même ritournelle qui toujours tourne en boucle.
Guerres, richesses et pouvoir, destruction massive d’un monde au nom des convoitises inassouvies, insatiables, c’est bien le seul héritage qui se perpétue, immarcesciblement , d’ère en ère.
Aveuglés par l’arrogance, sûrs de nos nouvelles technologies, nous pensons être au-dessus de tout , tout en restant très éloignés des valeurs et du souffle originel, de l’équilibre universel.
Et si ce monde tant recherché, d’une science avancée et d’esprits supérieurs était englouti depuis des millénaires et détruit par ses mêmes idéologies funestes ?
Si l’homme avait la possibilité de le sonder, en tirerait-il des leçons ?
Serait-il prêt à se débarrasser de son instinct de prédateur, à regarder le monde d’un œil averti afin de ne pas réitérer les mêmes erreurs ?
Non.
L’homme photographie l’histoire pour ne pas omettre de recommencer.
Le grand canular du monde, l’homme au cerveau supérieur, qui détruit et se répète « Souviens-toi de ne pas oublier », en vain …

Un classique incontournable.
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Message par Ouliposuccion le Lun 16 Jan - 17:21

Les chemins de Katmandou

René Barjavel Tylych17

À la fin des années 60, la jeunesse du monde se cherche une cause à défendre. Leurs parents ont fait la guerre. Ils seront pacifistes. La société ne veut que consommer ? Seul l’amour compte. Pour Olivier et Jane, deux adolescents qui rejettent la vie qu’on leur promet, la vérité se trouve à l’autre bout du monde, au Népal. Mais que l’on quitte les barricades parisiennes ou le brouillard londonien, il est bien long, le chemin qui mène à Katmandou…


Nous retrouvons un thème cher à l’auteur, l‘amour et les ravages de la guerre.
Une société parmi laquelle la jeunesse ne se reconnait plus, rêvant d’un absolu loin des contraintes sociales et de la captivité morale. Personnages torturés et utopistes, dépouillés de tout espoir, hormis celle de suivre le chemin de Katmandou. Ils suivent la voie sacrée, celle de la liberté et de la drogue pour mieux refouler les liens qui entravent le bonheur.

Peace and love, Make love, Take drugs …

C’est l’histoire des hippies, des originaux rattrapés par un emprisonnement, celui de la drogue et des chemins de traverse avec pour seule arrivée, la perdition.
D’esprits vifs, il en reste l’indolence, la matrice d’un enfer ou certains corps ne sont plus qu’à vendre afin d’assouvir les dépendances.
Loin des idéaux de la liberté et de la marginalité, Barjavel dénude les corps qui se lient sans tabous, puis se délient, maigres et malades, se penche sur cette période désabusée, dévastée où beaucoup d’âmes pacifistes se sont envolées d’avant d’avoir effectué leur karma.

« Chacun suit son chemin, qui n’est pareil à aucun autre, et personne n’aboutit au même lieu, dans la vie ni dans la mort. Ce livre ne cherche pas à donner une idée de la vérité, mais à s’approcher de la vérité. Celle de Jane et celle d’Olivier, dont il raconte l’histoire ».

Encore une fois , Barjavel pose un regard entier et lucide sur une société pas si innocente.


mots-clés : #initiatique
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Message par chrysta le Sam 22 Avr - 20:27

René Barjavel Images40

Qui ne connaît Merlin ? Il se joue du temps qui passe, reste jeune et beau, vif et moqueur, tendre, pour tout dire Enchanteur. Et Viviane, la seule femme qui ne l'ait pas jugé inaccessible, et l'aime ? Galaad, dit Lancelot du Lac? Guenièvre, son amour mais sa reine, la femme du roi Arthur ? Elween, sa mère, qui le conduit au Graal voilé ? Perceval et Bénie ? Les chevaliers de la Table Ronde ? Personne comme Barjavel, qui fait le récit de leurs amours, des exploits chevaleresques et des quêtes impossibles, à la frontière du rêve, de la légende et de l'Histoire. Dans une Bretagne mythique, il y a plus de mille ans, vivait un Enchanteur. Quand il quitta le royaume des hommes, il laissa un regret qui n'a jamais guéri. Le voici revenu.



Barjavel revisite avec « L’enchanteur »la légende du roi Arthur et de ses chevaliers, nous faisant rencontrer alternativement plusieurs protagonistes de la légende, et développant essentiellement un thème qui semble émailler plusieurs de ses romans : l’amour. Ici, il s’agira notamment de celui de Merlin et Viviane, Lancelot et Guenièvre, Benie et Perceval …. Et d’autres, que ce soit pour aborder des amours déçus, des amours tragiques, des amours  non partagés…
Le fil rouge y est aussi la question du Graal et de sa quête, fondée sur la pureté de celui qui soulévera le voile et sur comment Merlin tente de trouver ce fameux chevalier qui sera l’élu.

Un livre de près de  pages qui ne m’a pas enchantée particulièrement et que j’ai même trouvé particulièrement long à certains moments. Peut-être la faute à cette succession de rencontres avec maints personnages auxquels on ne s’attache pas vraiment, et que l’on ne cesse de perdre et retrouver de manière rapide et abrupte.

Ce livre, aurait un intérêt éventuel pour une analyse à propos des idées véhiculées sur le bien et le mal, que ce soit au travers de personnages ou d’actions, sur la notion de pureté, de Dieu, sur la place de la femme, etc … mais l’ayant abordé comme un livre détente, je ne me suis pas laissée aller à cette analyse et, finalement, je crois que ne réussissant pas à vraiment accrocher, j’ai surtout tenté de le finir …


mots-clés : #contemythe
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Message par Tristram le Sam 22 Avr - 21:03

Chrysta, ce n'est sans doute pas le meilleur livre de cet auteur inégal, mais on y trouve de jolies phrases :

« La raison rétrécit la vie, comme l’eau rétrécit les tricots de laine, si bien qu’on s’y sent coincé et on ne peut plus lever les bras. »

« …] jardins où se promenaient avec orgueil des paons stupides et superbes qui portent toute leur gloire au derrière. »

« ‒ Là où il y a du feu, dit Merlin, il y a toujours un peu du Diable. »

« ‒ Avons-nous tourné en rond dans la forêt ou fait le tour du monde rond pour aboutir à notre point de départ ? demanda Gauvain à son écuyer. »

« C’est ta faute ! Tu réfléchis pas à ce que tu fais ! Faut réfléchir un peu ! Faut réfléchir avant de faire le bien ! Faut être sûr que c’est un bon bien ! »


Michel Rio, pour lequel un fil vient d'être ouvert, a également traité le même sujet, mais ce n'est pas non plus ce qu'il a écrit de mieux...

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Message par chrysta le Dim 23 Avr - 7:20

Certes Tristam, il y a de jolies phrases, et certaines pistes pour réfléchir à différents sujets.
Maintenant, même s'il y a une part de magie et des thèmes intéressants, il ne m'a pas transportée, n'a pas suscité une envie de lire et découvrir.
Pour moi il y a ce que j'appellerai des lectures plaisir, et à côté des lectures que je fais plus pour analyse, travail, apprendre. Celui ci n'a eu les qualités ni de l'une ni de l'autre, peut être (certainement) car je l'ai lu en tant que lecture plaisir/détente et que je n'y ait pas trouvé les ingrédients qui m'ont accrochée et amenée à entrer dans l'histoire et son déroulement. Maintenant, i je devais l'envisager du point de vue par exemple d'étudier les dimensions du bien et du mal telles que dépliés, là il y aurat sûrement une matière riche à utiliser.
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Message par Arturo le Lun 21 Aoû - 14:55

Ravage m'avait fait forte impression dans la vision, et l'intuition de l'auteur, même si la fin était trop caricaturale ; nul n'est parfait !

Barjavel, dans Ravage a écrit:Pour guérir les grands aliénés, les obsédés, les tordus, il fallait leur en mettre un grand coup qui leur raidissait les muscles, leur bouleversait la moelle, et faisait un peu bouillir leur matière grise. Beaucoup y retrouvaient leur raison. Tel qui s’était assis Napoléon ou Dieu le Père se relevait tourneur sur métaux, employé de banque ou poinçonneur au métropolitain, et toujours enchanté, ce qui montre que l’homme se satisfait facilement de son sort. Il était, en tout cas, récupéré en tant que citoyen utile à la collectivité.
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Message par simla le Dim 31 Mai - 6:32

René Barjavel Barjav10

"L'homme se trouve devant deux destins possibles : périr dans son berceau, de sa propre main, de son propre génie, de sa propre stupidité, ou s'élancer, pour l'éternité du temps, vers l'infini de l'espace, et y répandre la vie délivrée de la nécessité de l'assassinat. Le choix est pour demain. Il est peut-être déjà fait." Par un homme ? Par l'Espèce ? Par la Vie ? Par le Plan ? Par qui ? Ou par quoi ?"

Un excellent ouvrage de cet auteur... étonnamment d'actualité, sur le destin de l'humain...qui court quelque peu à sa perte.....en saccageant tout  (écrit en 1966 !)...des questions....quel est notre libre arbitre dans notre vie, la vie en général....qui est derrière tout ceci, pour quel but ?

Evidemment, aucune réponse, des pistes...mais il ne sait pas et nous non plus..le problème mérite d'être posé....après tout, nous sommes..donc nous pensons... Very Happy

" D'ici un siècle, ils auront fait disparaître de la Terre toutes les espèces vivantes autres que la leur. Il seront au moins cinquante milliards, ils occuperont toute la surface. Il n'y aura plus de place sur les continents ni sous les eaux pour une brebis, un brin d'herbe, une morue. ...."

Nous ne sommes que (!) 7 milliards, mais déjà tant de dégâts, s'il savait !!!

Le déséquilibre de la nature qu'a induit l'humain a provoqué des événements considérables....sur la disparition de certaines espèces nous le savons tous..néanmoins qui connait le suicide collectif des bobacs , un petit rongeur qui vit en Sibérie méridionale, qui ont commencé à se suicider en masse vers 1875-1876...supposition : lié à la création du fusil de chasse au 19e.. qui aurait tué en grande quantité leurs prédateurs naturels et provoqué, par la-même, une surpopulation de ces charmantes petites bêtes....plus assez de nourriture pour tous...suicide collectif....c'est l'hypothèse.

Il cite quelques pages de Jean Giono qui avait relaté cette histoire dans un journal en 1964.

lls se réunissent par centaines de mille, voire par millions, et se mettent en marche. Le chemin dans lequel ils s'engagent a trois mille kilomètres de long.

Le premier jour du voyage, une sorte de clivage se fait entre les bobacs destinés au suicide et ceux qui doivent assurer la continuité de l'espèce. Tout le monde part, mais au crépuscule quelques millions de bobacs retournent aux labyrinthes souterrains. Comment se fait le clivage? Personne ne le sait.
On a remarqué que la troupe destinée à se suicider est fort joyeuse. Les animaux jouent entre eux, lutinent les femelles..."

Parenthèse: au moment où paraissait l'article de Giono, les télévisions française et allemande projetaient une rétrospective de la déclaration de  la guerre de 1914. Le parallélisme des deux tableaux est saisissant. Nous avons vu sur le petit écran des populations entières-française, allemande, autrichienne, russe...partir vers les gares dans un délire de joie. On aurait pu écrire les mêmes phrases "... la troupe destinée à se suicider est fort joyeuse. Les hommes jouent entre  eux, lutinent les femmes..."Puis le clivage se fait. Une partie de la population retourne à ses demeures. Une autre partie toujours joyeuse, s'embarque vers la mort.

Mais retournons aux bobacs.

Ils mettent quatre mois à franchir les trois mille kilomètres qui les séparent du lieu où ils vont mourir. Ils suivent la rive gauche de l'Iénisséi.

Les bobacs marchent nuit et jour sans arrêt. Ils se nourrissent en marche, ils ne maigrissent pas , ne manifestent jamais de fatigue. Aux environs de juillet, ils sont à la hauteur de Touroukhansk. Dès qu'ils ont dépassé le confluent de la Toungouska inférieure, ils traversent l'Iénisséi pour passer sur la rive droite. A travers la toundra, ils se dirigent vers le bord occidental de la presqu'île de Taïmyr. Arrivés là, ils se jettent dans l'océan  glacial Arctique et se noient tous" A l'endroit où les bobacs traversent l'Iénisséi, le fleuve a plus de deux kilomètres de large. " Ils déploient à cette occasion, dit Albin Kohn, une science de la nage aussi subtile que celle de la loutre, ils sont aussi à leur aise dans l'eau que des poissons, il ne se perd pas un seul animal pendant la traversée"

Et voici comment Giono décrit leur comportement final, d'après Potanine:

"Ils arrivent à petit pas au bord de la mer, entrent dans l'eau et se noient instantanément, sans esquisser le moindre mouvement. Bientôt la  petite baie est remplie de cadavres, peu à peu emportés vers le large, pendant que toute la troupe se noie, délibérément, sans hâte et sans une seule exception.
Ce suicide collectif dure chaque fois deux à trois jours ou, plus exactement, de quarante-huit à soixante douze heures, car il n'y a pas d'arrêt, et la nuit la cérémonie continue. La différence du comportement des bobacs dans l'Iénisséi et dans la mer montre bien qu'ils ne sont pas la proie d'un réflexe d'autodestruction anarchique. Ils ne doivent pas mourir n'importe comment n'importe où.

Ils obéissent à une ordre précis. Ils marchent vers la mort pendant quatre mois, joyeusement, ignorant sans doute où ils vont et pourquoi ils y vont. Comme ils ignorent le pourquoi de ce qu'ils font quand ils s'accouplent.

C'est bien effectivement, un instinct du même ordre que l'instinct de reproduction qui semble avoir surgi pour les jeter à la mer?. Il joue en sens inverse, pour la mort au lieu de la vie, mais il se manifeste de la même façon: un appel impératif inéluctable, auquel on obéit avec une joie puissante. Tous les savants qui ont étudié  le suicide des bobacs sont en effet d'accord pour constater, avec étonnement , que les millions de petits êtres qui trottinent à travers tout un continent pour aller se noyer, y vont joyeusement, comme on va vers un but délectable. Et peut-être l'instant où ils entrent dans la mer et se donnent la mort est-il un instant de plaisir indicible, comme l'instant où se transmet la vie. L'instinct de vie et l'instinct de mort ne s'inhibent d'ailleurs pas l'un l'autre. Pendant leur voyage, les bobacs s'accouplent et mettent bas. Mais ils abandonnent leurs petits, car ils ne doivent pas s'arrêter.

Pendant les guerres des hommes, on voit aussi les permissionnaires venir semer des enfants, puis repartir vers la mort en abandonnant le terrain et la récolte.

L'individu n'est rien. L'espèce le commande. Et la loi d'équilibre commande les espèces. Pour obliger les hommes à se faire tuer, l'espèce a mis au point, sous des formes sociales, des moyens de contrainte auxquels il ne peut pas résister. Propagande d'abord, qui lui fera remplacer la peur de sa propre mort par l'ardent désir de provoquer celle de son semblable. Puis, lorsque la réalité le frappe et efface la propagande, l'impossibilité de s'échapper du mécanisme à tuer et à mourir dont il est une pièce à la fois active et passive.

La différence entre l'homme et le bobac, c'est que le bobac ignore qu'il va mourir-du moins nous le supposons-et que l'homme ignore seulement pourquoi il meurt
Dans l'un et dans l'autre cas, il y a mensonge. Le bobac croit aller vers une nouvelle joie alors qu'il va vers la dernière. L'homme croit mourir pour défendre sa terre, sa femme, sa liberté, ses idées, alors qu'il meurt simplement parce qu'il est de trop.
A moins que...
A moins que le bobac sache  vraiment qu'il va mourir. Et qu'il soit joyeux parce qu'il sait ce qu'est la mort.

Dans ce cas, nous devrions regretter de n'être pas bobacs.





Voilà....je vous le conseille vivement...très intéressant.... Wink


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Message par Tristram le Dim 31 Mai - 11:57

Oui, intéressant essai, cette Faim du tigre ! Même si les sources de ses métaphores sont discutées (bobacs et autres).
« La vie continue parce que les individus sont mortels. Aucun d’eux n’a le temps de comprendre ni la tentation de renoncer. Et même si l’un d’eux comprend et renonce, ou renonce parce qu’il n’a pas compris, la multitude autour de lui, avant lui, et après lui, continue. »

« Le comportement général du monde vivant fait penser à celui du légendaire catoblépas, dont l’appétit et la stupidité étaient si grandes qu’apercevant le bout de sa queue il s’en saisit, commença à la manger et continua jusqu’à ce qu’il se fût entièrement dévoré. Mais le monde vivant n’est pas stupide : il est contraint. Il ne peut subsister qu’en dévorant sa propre chair.
Et il ne parvient jamais à la dernière bouchée : en se mangeant, il assure sa survie et son accroissement ; ses entrailles lacérées se renouvellent, sa chair déchirée repousse et pousse et réclame encore plus de nourriture à ses mâchoires qui grandissent et mordent davantage sa chair renaissante et toujours dévorée. »

« Nous sommes une des dernières générations sauvages mangeuses de laitues et de viande sanglante. »

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Message par Armor le Dim 31 Mai - 23:08

Intéressant en effet. Je n'ai pas relu Barjavel depuis l'adolescence, le temps file...

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Message par Bédoulène le Lun 1 Juin - 9:11

Bien trop lointain aussi.

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Message par simla le Jeu 25 Juin - 5:54

René Barjavel Barj10

Ravage

Un roman d'anticipation.....et on peut dire que René Barjavel a drôlement bien anticipé ! Dire que ce livre a été écrit en 1943 !!!!

L'action se situe en 2052 ....la technologie a pris la place de l'humain....(on n'en est pas loin).....

" En 2052, tout le fonctionnement de la société repose sur la technologie. La ville de Paris a été reconstruite à partir des travaux de l'architecte Le Cornemusier (paronyme de Le Corbusier), seul Le Sacré Coeur, vestige de l'ancienne civilisation, domine encore la capitale. Les véhicules se déplacent dans les airs, les robinets distribuent de l'eau et du lait. Les grands écrans ont envahi les logements."

Un jour, une gigantesque panne d'électricité paralyse tout le monde. Rapidement, vivre devient impossible et il faut se battre pour survivre. François Deschamps, un jeune homme originaire de la campagne, décide de fuir la capitale et espère construire un monde meilleur. Il rassemble quelques affaires et des provisions, regroupe ses amis, auxquels se joint Blanche, une jeune fille qu'il connaît et aime depuis longtemps et ensemble ils prennent la route."

Hallucinant....de vision :

"L'élevage, cette horreur, avait également disparu. Elever, chérir des bêtes pour les livrer ensuite au couteau du boucher, c'étaient bien là des moeurs dignes des barbares du xxe siècle. Le "bétail" n'existait plus. La viande était "cultivée" sous la direction de chimistes spécialistes et selon les méthodes, mises au point et industrialisées, du génial précurseur Carousel, dont l'immortel coeur de poulet vivait encore au musée de la Société Protectrice des Animaux. Le produit de cette fabrication était une viande parfaite, tendre, sans tendons, ni peaux ni graisses, et d'une grande variété de goûts !!! "

Nous y sommes, il y a déjà des steaks qui n'en sont pas...mais qui y ressemblent à s'y méprendre......marché ciblé : vegans et végétariens.

' L'humanité ne cultivait presque plus rien en terre. Légumes, céréales, fleurs, tout cela poussait à l'usine dans des bacs.

Les végétaux trouvaient là, dans de l'eau additionnée des produits chimiques nécessaires, une nourriture bien plus riche et plus facile à assimiler que celle dispensée chichement par la marâtre Nature."


Nous y sommes aussi (enfin presque ...à quelques détails près) l'hydroponie !

Donc, un petit groupe fuit Paris pour rejoindre la verte campagne afin d 'essayer de survivre à cette catastrophe.....un incendie gigantesque qui détruit tout sur son passage, développe des tonnes de cendres, et fait régner une chaleur infernale....très dures conditions, l'eau se fait rare.......ça ressemble beaucoup aux prédictions des plus pessimistes sur l'évolution de notre malheureuse planète.....beaucoup de péripéties au cours du chemin, c'est malgré tout très violent..les affrontements entre humains sont sans pitié.... François, le chef de la bande mène tout d'une main de maître....sans indulgence, sans faiblesse...

Au final, une fois leur but atteint, la polygamie est instaurée, pour repeupler cette malheureuse terre, le ratio hommes/femmes n'étant pas en équilibre....ce bon vieux MLF a du plomb dans l'aile..... René Barjavel 1390083676 René Barjavel 1390083676

Bref, j'ai lu ce roman avec intérêt.....le style est un peu vieillot, évidemment, écrit en 1943....si ce malheureux Barjavel vivait encore il serait consterné devant l'évolution de notre société..je suppose....il avait prévu pas mal de choses....mais pas internet, les ordinateurs, la folie des smartphones !!!

Un des protagonistes :

" Tout cela, dit-il, est notre faute. Les hommes ont libéré les forces terribles que la nature tenait enfermées avec précaution. Ils ont cru s'en rendre Maîtres. Ils ont nommé cela le Progrès. Ils emploient pendant quelques temps ces forces pour construire, puis un beau jour, parce que les hommes sont des hommes, c'est-à-dire des êtres chez qui le mal domine le bien, parce que le progrès moral de ces hommes est loin d'avoir été aussi rapide que le progrès de leur science, ils tournent celle-ci vers la destruction. "

Nous y voici :

Au cours du récit il y a un empereur noir, un peu (voire beaucoup) cinglé qui projette d'envoyer des missiles partout et qui fait une déclaration sur ce qu'a subit son peuple de la part des blancs (ce qui n'est pas faux) qui rappelle furieusement l'actualité.....

Lire ceci aujourd'hui ne manque pas d'intérêt....

La chérie de François s'appelle "Blanchette"....nul doute qu'il choisirait un autre prénom aujourd'hui.... René Barjavel 1390083676 René Barjavel 1390083676


\nMots-clés : #romananticipation
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Message par Bédoulène le Jeu 25 Juin - 20:17

merci Simla ! je n'ai jamais lu un roman d'anticipation (je crois) là vu ton commentaire peut-être que...

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Message par animal le Jeu 25 Juin - 21:14

Oui, ça fait dresser l'oreille du lecteur !

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Message par simla le Jeu 3 Sep - 5:44

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                                Le grand secret

Quatrième de couverture a écrit:
C'est l'histoire d'un couple séparé par un extraordinaire événement, puis réuni dans des circonstances telles que jamais un homme et une femme n'en ont connu de pareilles. C'est aussi l'histoire d'un mystère qui depuis 1955, a réuni, à l'insu de tous, dans une angoisse commune, par dessus les oppositions des idéologies et des impérialismes, les chefs des plus grandes nations. C'est ce "grand secret" qui a mis fin à la Guerre Froide, qui a été la cause de l'assassinat de Kennedy qui rend compréhensible le comportement de De Gaulle en mai 1968, qui a rendu indispensable les voyages de Nixon à Moscou et à Pékin. Il n'a rien à voir avec la guerre ou la bombe H. C'est le secret de la plus grande peur et du plus grand espoir du monde. Il ne faut pas oublier que c'est un roman. Mais si c'était vrai? ...

150 pages avant de découvrir ce grand secret que je ne dévoilerai donc pas ici, il faut maintenir le suspens...tout du moins pour ceux qui ne l'ont pas lu, évidemment.... Wink

J'ai beaucoup aimé ce roman très imaginatif mais posant aussi de bonnes questions ...paru en 1973 !!!
Ce grand secret qui serait à l'origine de tous les événements relatés plus haut, guerre froide, assassinat de Kennedy, etc.........et qui nous fait nous interroger sur les conséquences d'une telle découverte.....notamment celle des ressources terrestres....et la possible survie d'une société utopique qui a oublié le propre des humains....s'insurger contre des diktats qu'ils estiment liberticides.....et leur force de vie au final.......une force et une faiblesse en l'occurrence....On s'insurge contre la mort, cruelle, injuste, mais la vie sans la mort serait-elle possible  ?

Le seul bémol pour la féministe que je suis, la recherche obstinée de Roland, son amour disparu soudainement, par Jeanne (pendant 17 ans) au détriment de l'éducation de son seul fils.....là, j'ai du mal Smile Mais bon, c'est un roman d'anticipation....Very Happy

Un roman où l'on croise Kennedy, Nixon, Krouchtchev, Nehru, de Gaulle, tous ces grands personnages disparus...

Très bien conçu....très bien documenté...une grand part de réalisme...ce qui en fait toute sa force !

" Dans la deuxième partie des années 60, un certain nombre de savants et de techniciens de discipline de pointe, appartenant aux nations les plus diverses, furent soustraits à leurs activités.

A Meudon, Eugène Libert, astronome, rentrant chez lui à bicyclette le 7 septembre 1966, après une nuit d'observation, n'arriva pas à son domicile.

A Détroit, le 3 mars 1967, Albury King, chimiste, spécialiste des alliages d'aciers spéciaux, fut aperçu pour la dernière fois montant dans un autocar à destination de Ann Arbor. Il n'avait aucune raison de s'y rendre, et, en fait, il ne s'y rendit pas.

Le 29 août 1969, le biologiste hollandais L.Groning, le seul au monde à avoir réussi à maintenir en vie pendant quatorze jours un chimpanzé à la température zéro degré, revenant de vacances en Yougoslavie, entra en Allemagne fédérale à Schärding, et n'en ressortit nulle part.

Ainsi disparurent ou furent considérés comme ayant péri dans des accidents, un ingénieur américain travaillant pour la NASA au perfectionnement de cellules solaires, un pépiniériste allemand, toute une équipe russe qui poursuivait des recherches sur la nature de la gravitation, un hôtelier suisse, deux architectes, des ouvriers, en tout une centaine de personnes, hommes et femmes, chacun étant un des meilleurs dans sa spécialité. Le physicien japonais Kinoshita, atteint d'un cancer généralisé, fut retiré par sa famille de l'hôpital où il agonisait alors qu'il ne lui restait que quelques jours à vivre. Le cercueil qui fut déposé une semaine plus tard dans son tombeau ne contenait qu'un sac de terre.

Ces disparitions n'attirèrent par particulièrement l'attention. Il disparaît chaque année dans le monde des dizaines de milliers de personnes qu'on ne retrouve jamais.



Mots-clés : #historique #sciencefiction #xxesiecle
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Message par Bédoulène le Jeu 3 Sep - 8:16

merci Simla por ton commentaire et ton ressenti

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