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Honoré de Balzac

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Message par bix_229 Jeu 9 Nov - 15:14

C' est une LC que tu proposes ?
A suivre.
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Message par Quasimodo Jeu 9 Nov - 15:34

J'ai beaucoup aimé les quatre dont tu parles - et puis j'ai décidé de ne plus suivre l'ordre de Balzac (qu'il a souvent modifié je crois).
Toujours partant en tout cas, et j'en lirai sans doute, mais d'assez courts.
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Message par Plume Sam 11 Nov - 15:15

Bonjour!

Perso, je ne pensais pas à une lecture commune mais plutôt parallèle, sans obligation... je souhaitais simplement informer qui cela intéresse que je vais lire pas mal Balzac en 2018... et je serai heureuse de bavarder avec qui souhaite faire de même...
Amitiés,
Plume
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Message par Chamaco Sam 11 Nov - 16:32

La Comédie Humaine : une foultitude de bouquins, sur un des murs de sa maison à Paris des images des héros de ses bouquins tapissent un mur entier...
Je suis de l'avis de Plume, je lirai suivant l'attirance que j'aurai pour telle ou telle oeuvre et je vous lirai avec plaisir...
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Message par Bédoulène Sam 11 Nov - 21:04

@Plume a écrit:Bonjour!

Perso, je ne pensais pas à une lecture commune mais plutôt parallèle, sans obligation... je souhaitais simplement informer qui cela intéresse que je vais lire pas mal Balzac en 2018... et je serai heureuse de bavarder avec qui souhaite faire de même...
Amitiés,

Plume il est possible de faire une LC sur un auteur, sans obligation d'un livre, mais au choix.

Me semble que pour bavarder c'est plus facile d'avoir un fil LC

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Message par Tristram Ven 17 Nov - 20:30

politique - Honoré de Balzac - Page 2 Sarras10

Sarrasine



Bref texte d’apparence fantastique relatant l’histoire d’un fougueux sculpteur français qui s’enflamme pour une diva italienne, jusqu’à découvrir qu’il s’agit d’un castrat travesti ‒ un « monstre ».


« Rire, rire ! Tu as osé te jouer d’une passion d’homme, toi ? »



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Message par Aventin Sam 18 Nov - 5:33

Illusions perdues

politique - Honoré de Balzac - Page 2 Illusi10

Roman, 750 pages, publié en trois parties: Les Deux Poètes (1837), Un grand homme de province à Paris (1839) et Ève et David (sous-titré: Les souffrances de l'inventeur) (1843).


Illusions perdues fait partie du corpus de "La comédie humaine", et se place, selon la volonté de l'auteur, dans le sous-ensemble Scènes de la vie de province, encore que, de part son contenu, il pourrait figurer sans peine parmi les Scènes de la vie parisienne.

J'ai mis bien des années à aborder à cette œuvre, pourtant tenue pour pivot de La comédie humaine, mais l'ampleur du monument faisait toujours remettre à plus tard:
Je soupçonnais qu'il valait mieux le lire rapidement et donc se dégager une disponibilité maximale.

De ce côté-là, pas de surprise, par exemple le livre "pèse" sa bonne centaine de personnages actifs, allons jusqu'à cent cinquante environ en incluant ceux qui ne font que passer, garder tous ces caractères bien en tête suppose de ne pas se contenter de déguster deux pages par jour (du moins en ce qui me concerne) !
Il est de surcroît conseillé de se munir d'une édition annotée avec clarté et abondance, ce qui n'accélère pas particulièrement la lecture, tout au contraire, mais facilite beaucoup la compréhension de l'époque, et l'appréhension générale de la portée (fracassante) de l'ouvrage.

Quant à se risquer au commentaire en format message de forum, j'esquive, c'est trop vaste.
Juste ceci, en deux mots:

De quoi s'agit-il ?

Ce roman triple a pour centre historique les années 1821-1822, c'est donc le bouillonnement, l'effervescence de la Restauration.

Il part d'Angoulême, qui devient, sous la plume de Balzac, une ville méridionale (je sais bien que nous sommes tous le méridional de quelqu'un, mais tout de même !). C'est surtout une ville qui convient doublement au roman, en ce sens qu'elle est une capitale du papier, ainsi qu'une ville qui se caractérise par un faubourg ouvrier et entreprenant (L'Houmeau), en bas, au bord de la Charente, et d'un centre historique juché en haut, sur une colline surplombante. Du matériau de choix pour Balzac.

La montée à [la conquête de] Paris (eldorado des illusions) est pour Lucien et Louise, l'occasion d'une réalisation idéalisée, rêvée, et...pour ce qui concerne Lucien, se reporter au titre.

La seconde partie éclaire complètement le fait que Balzac ait été critiqué au vitriol, véritablement éreinté, dans moult parution de son temps, seul Taine se risquera à une approche critique plus pondérée...oui, mais huit années après la mort de Balzac !

Quelle impardonnable audace, aussi, de s'attaquer au petit journalisme et à l'édition - aux médias de ce temps, ni plus ni moins - de la part de Balzac, fin connaisseur de ces milieux-là: je salue le courage du romancier. On se prend à frissonner en pensant que certaines collusions de mauvais aloi, certains travers douteux sont sans nul doute encore en vigueur aujourd'hui, sous des formes à peine plus sophistiquées...

La troisième partie, qui se déroule à Angoulême, nous montre les turpitudes retorses des arrivistes et hommes d'affaires, ainsi qu'un dénouement équivoque pour notre imprimeur-chercheur. Pour ce qui est de Lucien, l'introduction d'un nouveau personnage, très ambigu, nous envoie déjà vers Splendeurs et misères des courtisanes, qui est la suite d'Illusions perdues...  

Fatalement, mais je m'en doutais avant de mettre les yeux dans Illusions perdues, ce livre réveille des envies dévorantes de lectures et relectures balzaciennes: il en va toujours ainsi, non ?
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Message par Bédoulène Sam 18 Nov - 7:07

merci Aventin pour ce commentaire incitatif !

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Message par Aventin Dim 19 Nov - 8:56

Merci à toi Bédoulène, mais je ne suis pas très content, il faudrait à tout le moins le doubler ou le tripler, en étant doté d'une force évocatrice et synthétique, pour ne serait-ce que faire miroiter un peu quelques-unes d'entre les richesses de ce livre.

Et peut-être surtout pour Plume, qui revigore avec son enthousiasme nos envies de Comédie humaine et de se coller à nouveau au commentaire d'Illusions perdues:

@Plume a écrit:Chers amis balzaciens,

Après "La recherche" l'an dernier, je m'attaque à La comédie humaine...
Si vous aussi vous souhaitez vous y coller...
[...]
Avis aux amateurs!
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Message par Chamaco Dim 19 Nov - 9:24

@Tristram a écrit:
politique - Honoré de Balzac - Page 2 Sarras10

Sarrasine



Bref texte d’apparence fantastique relatant l’histoire d’un fougueux sculpteur français qui s’enflamme pour une diva italienne, jusqu’à découvrir qu’il s’agit d’un castrat travesti ‒ un « monstre ».


« Rire, rire ! Tu as osé te jouer d’une passion d’homme, toi ? »

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Avec "Passion dans le désert" et ce texte Balzac empruntait des sentiers scabreux pour l'époque ? Comment les relier à la colonne vertébrale de son oeuvre ?
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Message par Plume Jeu 9 Mai - 15:06

Bonjour à toutes et tous,

Je viens de relire ce fil... Que j'étais enthousiaste en 2017! Je n'ai rien lu de Balzac en 2018... mais je commence ce soir Modeste Mignon, avis aux amateurs!

Amitités,
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Message par Bédoulène Jeu 9 Mai - 15:08

tu nous feras part de ton ressenti Plume ? merci, à te revoir !

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Message par Plume Jeu 9 Mai - 15:13

Bien volontiers!
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Message par Aventin Sam 21 Mar - 16:14

Les chouans
ou: La Bretagne en 1799.

politique - Honoré de Balzac - Page 2 Les_ch11
Roman, 1829, 310 pages environ


Peut être lu ici

Ah la la, le premier chapitre, intitulé L'embuscade  politique - Honoré de Balzac - Page 2 3123379589  !
Balzac revisite sans doute la bataille de La Pellerine en 1796, sans se croire tenu à la moindre fidélité à l'histoire factuelle, laquelle est un décor et non un but à atteindre.

C'est vraiment ça que j'étais venu chercher dans cette relecture !
(Idem, d'ailleurs, pour les autres tableaux, comme La Vivetière ou l'attaque de Fougères, elle aussi empruntant à un épisode historique)

Extrait:

L'embuscade a écrit: Du sommet de La Pèlerine apparaît aux yeux du voyageur la grande vallée du Couësnon, dont l’un des points culminants est occupé à l’horizon par la ville de Fougères. Son château domine, en haut du rocher où il est bâti, trois ou quatre routes importantes, position qui la rendait jadis une des clés de la Bretagne.
De là les officiers découvrirent, dans toute son étendue, ce bassin aussi remarquable par la prodigieuse fertilité de son sol que par la variété de ses aspects. De toutes parts, des montagnes de schiste s’élèvent en amphithéâtre, elles déguisent leurs flancs rougeâtres sous des forêts de chênes, et recèlent dans leurs versants des vallons pleins de fraîcheur.
Ces rochers décrivent une vaste enceinte, circulaire en apparence, au fond de laquelle s’étend avec mollesse une immense prairie dessinée comme un jardin anglais. La multitude de haies vives qui entourent d’irréguliers et de nombreux héritages, tous plantés d’arbres, donnent à ce tapis de verdure une physionomie rare parmi les paysages de la France, et il enferme de féconds secrets de beauté dans ses contrastes multipliés dont les effets sont assez larges pour saisir les âmes les plus froides.
En ce moment, la vue de ce pays était animée de cet éclat fugitif par lequel la nature se plaît à rehausser parfois ses impérissables créations. Pendant que le détachement traversait la vallée, le soleil levant avait lentement dissipé ces vapeurs blanches et légères qui dans les matinées de septembre, voltigent sur les prairies.
À l’instant où les soldats se retournèrent, une invisible main semblait enlever à ce paysage le dernier des voiles dont elle l’aurait enveloppé, nuées fines, semblables à ce linceul de gaze diaphane qui couvre les bijoux précieux et à travers lequel ils excitent la curiosité.
Dans le vaste horizon que les officiers embrassèrent, le ciel n’offrait pas le plus léger nuage qui pût faire croire, par sa clarté d’argent, que cette immense voûte bleue fût le firmament.

La technique balzacienne d'écriture, entrelaçant description-digression-action-dialogue, avec à chaque fois un ingrédient -juste un infime détail parfois-, porteur d'information sur les pages à venir, manière de mettre la puce à l'oreille, est déjà bien rodée.
De même, sa façon de s'adresser à un tiers fictif lorsqu'il introduit une digression, d'ordre descriptif ou linguistique par exemple.

On est, dans ce drame, de plain-pied dans ce qui fera la marque de fabrique de la Comédie humaine, et Balzac fait montre dès ces Chouans d'un tournemain d'orfèvre.
Ainsi il peut sembler que ce cher Honoré en fait des tonnes inextricables sur la façon dont s'amène et se noue la relation Marie de Verneuil-Le Gars, et le lecteur de se dire que l'équivalent d'une petite dizaine de pages eusse pu être lipposucée, alors qu'il s'agit en fait de tresser fil à fil une trame qui ne se dévoilera qu'au final.

Vous ne serez pas étonnés non plus que Balzac s'en donne à cœur-joie dans sa future grande spécialité, la peinture de mœurs, étant donné que, dans ce livre, les rapports sont tous teintés de méfiance, de paraître, de jeux de masques, de double-jeu, d'attitudes, de choix valant implications, de volte-face, rupture de confiance, bras-de-fer, trahisons et chausse-trappes...  

Le personnage principal n'est pas Le Gars (le marquis Alphonse de Montauran, le dernier Chouan en somme), il me semble, mais bel et bien Marie de Verneuil, caractère très fouillé, élaboré tout au long du roman, avec éclairage final.

Parmi les autres traits très Comédie humaine, la justesse du langage des dialogues, il serait sans doute nettement plus ardu de reconstituer ainsi celui-ci de nos jours, tandis qu'alors c'était assez frais pour limiter la déperdition.
Il en vaut de même pour les paysages, bourgades, moyens de transport, auberges, armement, etc...
Ce n'est pas un roman d'historien ni écrit pour les historiens, fussent-ils du langage, mais s'y dissimulent sans doute deux ou trois pépites valant témoignage.

Très Comédie Humaine aussi l'habile choix de la date de narration, servant la démonstration voulue par l'auteur; en 1799 c'étaient les ultimes soubresauts de ce qu'on a appelé les Guerres de l'Ouest (un titre éphémère de ce roman a d'ailleurs été Le dernier Chouan, avec référence évidente au Dernier des Mohicans, de Fenimore Cooper, paru trois ans plus tôt et traduit en français dès sa parution en langue originale):
La condamnation aux poubelles de l'Histoire du mouvement Chouan n'en est que facilitée, tacitement mise en démonstrative évidence.  
 
Toujours s'agissant d'un ouvrage d'histoire récente au moment de son écriture (Balzac est né -coïncidence- en 1799), on apprécie le petit régal de la description d'un muscadin, plus exactement d'un incroyable d'ailleurs, peinture savoureuse d'un caractère (Corentin) qui s'avère être l'œil et l'oreille du pouvoir policier [de Fouché donc], d'une grande habileté à la manigance en sous-main et à la sale besogne discrète d'État.

Comme Corentin, bien des seconds rôles sont campés entre justesse, force et stéréotype, avec, c'est à souligner, un fréquent recours à des comparatifs de l'ordre du bestiaire, ainsi, outre Francine, au fidèle service de Marie, prenons par exemple:

- Hulot, le colonel vétéran de toutes les guerres de la révolution, au langage troupier d'époque et aux attitudes militaires toutes en rectitude, déjà inconditionnel de Bonaparte (lequel, pas encore Napoléon, est alors en Égypte).

- d'Orgemont, qui traverse le roman sans jouer un rôle prépondérant, symbolise, comme Corentin, une des facettes de cette nouvelle race d'hommes "modernes" issue de la révolution, roué, prenant des risques, entre l'avare classique des temps anciens et l'homme d'affaire qui s'adapte à tout et tire profit de tous les chaos sans être habité par la moindre doctrine, éthique ou soupçon d'état d'âme, rapace malfaisant plaçant confiance et ardeur dans l'ère nouvelle.

En fait, le véritable ennemi à combattre d'urgence pour les paysans bretons qui chouannent, ce serait lui, mais il est nettement plus invisible, comme dissous dans l'époque, qu'un soldat bleu menant tambour, cocarde et tricorne...

Ceux-ci, ces paysans, voire la Bretagne elle-même en tant que contrée sauvage et pauvre sont aussi inadaptés aux temps nouveaux que ne le sont, tels qu'ils sont dépeints, les principaux caractères dirigeants masculins de la chouannerie, comme féminin du reste (la Jument de Charette).

Nettement plus subtile est l'inadaptation de Marie de Verneuil à son temps.

Extrait:

Mademoiselle de Verneuil était occupée à contourner les branches de houx qu’elle avait cueillies, et disait :
— Je ne sais pas si ce houx sera bien joli dans les cheveux. Un visage aussi éclatant que le mien peut seul supporter une si sombre coiffure, qu’en dis-tu, Francine ?

Plusieurs propos semblables annoncèrent la plus grande liberté d’esprit chez cette singulière fille pendant qu’elle fit sa toilette. Qui l’eût écoutée, aurait difficilement cru à la gravité de ce moment où elle jouait sa vie. Une robe de mousseline des Indes, assez courte et semblable à un linge mouillé, révéla les contours délicats de ses formes ; puis elle mit un pardessus rouge dont les plis nombreux et graduellement plus allongés à mesure qu’ils tombaient sur le côté, dessinèrent le cintre gracieux des tuniques grecques. Ce voluptueux vêtement des prêtresses païennes rendit moins indécent ce costume que la mode de cette époque permettait aux femmes de porter. Pour atténuer l’impudeur de la mode, Marie couvrit d’une gaze ses blanches épaules que la tunique laissait à nu beaucoup trop bas. Elle tourna les longues nattes de ses cheveux de manière à leur faire former derrière la tête ce cône imparfait et aplati qui donne tant de grâce à la figure de quelques statues antiques par une prolongation factice de la tête, et quelques boucles réservées au-dessus du front retombèrent de chaque côté de son visage en longs rouleaux brillants. Ainsi vêtue, ainsi coiffée, elle offrit une ressemblance parfaite avec les plus illustres chefs-d’œuvre du ciseau grec. Quand elle eut, par un sourire, donné son approbation à cette coiffure dont les moindres dispositions faisaient ressortir les beautés de son visage, elle y posa la couronne de houx qu’elle avait préparée et dont les nombreuses baies rouges répétèrent heureusement dans ses cheveux la couleur de la tunique. Tout en tortillant quelques feuilles pour produire des oppositions capricieuses entre leur sens et le revers, mademoiselle de Verneuil regarda dans une glace l’ensemble de sa toilette pour juger de son effet.

— Je suis horrible ce soir ! dit-elle comme si elle eût été entourée de flatteurs. J’ai l’air d’une statue de la Liberté.

Elle plaça soigneusement son poignard au milieu de son corset en laissant passer les rubis qui en ornaient le bout et dont les reflets rougeâtres devaient attirer les yeux sur les trésors que sa rivale avait si indignement prostitués.
Il faut se souvenir sans doute que Balzac, lui, naît d'un père très homme nouveau, du progressisme que donne le couple argent-appartenance à la capitale, ayant fait fortune en se faufilant dans une carrière administrative centrale, sous la République puis l'Empire, et d'une mère d'une lignée de commerçants parisiens aisés. Ses parents le rêvaient notaire, c'est-à-dire un de ses points de rencontre et de confusion entre avoir et être, aisance, position sociale et titre de maître...

En opposition avec tout ceci donc, les personnages chouans, en premier lieu les nobles, sont un peu stéréotypés, avides de titres et de reconnaissance tarifée, se leurrant sur ce monde Directoire, qu'ils croient une péripétie fugace avant le retour du Trône Bourbon, Directoire d'où pourtant lève confusément le futur Empire.  

Pis encore, les paysans chouans, toujours croqués en traits péjoratifs.
Comme Galope-Chopine, Pille-miche, Mène-à-bien ou Marche-à-terre, ils sont campés comme inhumains, pratiquant -comme dans toute guérilla- le pillage, les représailles envers la population neutre au conflit, la torture, les bassesses diverses.

Inhumains car abrutis, cupides, avides, crédules, violents, manipulés par leur clergé - ce dernier est, vous vous en doutiez, bien entendu illustré tout empli de fausseté, attisant les ardeurs à grands coups de mensonges idéologisés.

Mais inhumains aussi car campés, à trait forci, tels des humains-animaux mais aussi végétaux et minéraux, hommes-pays, au langage déprécié, à l'obscurantisme -par avance et sans recours blâmé- en étendard.
Le thème des manières, des façons, de l'éducation, de la bonne naissance -de la distinction- traverse, en opposition, l'ouvrage.

Au cas où nous serions durs de la comprenante sans doute, le soldat bleu "de base" est tout de suite peint en termes mélioratifs, "plus" - plus amène, plus drôle, plus franc, courtois et plus noble de façons.

Difficile, toutefois, Balzac l'admet, de voir en ces paysans-brigands les stipendiés de l'Angleterre de la propagande du Directoire.

Bref, ces Chouans de terrain sont les néandertaliens de l'histoire, condamnés à mourir ou se fondre, alternative qui est aussi celle du couple principal.

Mais se fondre dans quoi ?
Les menées politiques, sous-entendues impures et truquées (mais Balzac écrit aussi à la clarté des trente premières années du XIXème), ne proposent en guise de Lumières et de renversement de cet obscurantisme, que l'abandon de la langue, des mœurs, de la terre, d'une certaine façon rurale confinant au tribal - bref l'abandon des siens, de ses racines, d'un mode de vie prodigieusement simple et des mânes des ancêtres pour se précipiter dans le libéral règne de l'argent, d'une bourgeoisie naissante qui s'apprête à tirer tous les marrons du feu révolutionnaire - comme, plus tard, à traire les perfusions du sang populaire versé aux hégémoniques visées impériales.

Ce qui permet de faussement interroger, Balzac en illustrant la réponse dans ce livre:
À travers la peinture des personnages féminins principaux -et l'un est central- que sont Melle de Verneuil et Mme du Gua Saint-Cyr, la femme avait-elle plus sa place dans cette conception du monde nouveau, se targuant d'être révolutionnaire et abolissant le précédent, que ne l'avait le paysan de Bretagne ?  

Mots-clés : #amour #conditionfeminine #guerre #historique #insurrection #politique #revolution #trahison


Dernière édition par Aventin le Sam 21 Mar - 16:50, édité 1 fois
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Message par Tristram Sam 21 Mar - 16:35

@Aventin a écrit:Bref, ces Chouans de terrain sont les néandertaliens de l'histoire, condamnés à mourir ou se fondre, alternative qui est aussi celle du couple principal.
Merci pour ce commentaire riche, fort documenté et prenant !

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Message par Aventin Sam 21 Mar - 17:04

Merci Tristram !

(je viens de corriger histoire de ne pas trop me fâcher avec Laure Tograf, du coup les liens mots-clef ont "sauté")
 
Lecture, ou plutôt dégustation, effectuée avec une lenteur extrême, jamais beaucoup de pages d'un seul jet. Curieux, Balzac je ne parviens jamais à dévorer, est-ce que ça tient au foisonnement, aux détails qu'il ne manque jamais d'introduire et sur lesquels il est parfois utile de ne pas passer trop vite ?
Sinon, à livre refermé, j'emporte pour un moment quelques fragments, en premier lieu ceux du personnage du petit garçon, fils de Galope-Chopine et de Barbette, vraiment un choc dans et après la scène où sa mère lui demande de chausser le sabot au gisant de son père trépassé, empli du sang de celui-ci qui continue à se vider dedans...
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Message par Bédoulène Sam 21 Mar - 22:14

merci Aventin !

je retiens :

Les menées politiques, sous-entendues impures et truquées (mais Balzac écrit aussi à la clarté des trente premières années du XIXème), ne proposent en guise de Lumières et de renversement de cet obscurantisme, que l'abandon de la langue, des mœurs, de la terre, d'une certaine façon rurale confinant au tribal - bref l'abandon des siens, de ses racines, d'un mode de vie prodigieusement simple et des mânes des ancêtres pour se précipiter dans le libéral règne de l'argent, d'une bourgeoisie naissante qui s'apprête à tirer tous les marrons du feu révolutionnaire - comme, plus tard, à traire les perfusions du sang populaire versé aux hégémoniques visées impériales.


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Message par Armor Dim 22 Mar - 2:05

@Aventin a écrit:
Lecture, ou plutôt dégustation, effectuée avec une lenteur extrême, jamais beaucoup de pages d'un seul jet. Curieux, Balzac je ne parviens jamais à dévorer.

Etonnamment, pour moi c'est l'inverse. A chaque fois que je lis Balzac (dont, j'avoue, je trouve le style un peu lourd), soit je le dévore d'un coup et j'arrive à l'apprécier, soit je bloque. Si j'ai posé le livre plus de 24h, quand je le reprends je suis incapable de me replonger dedans. J'ai longtemps pensé que c'était dû à mon jeune âge, mais quand j'ai repris l'un de ses ouvrages il y a 3-4 ans après une dizaine d'années de pause, il s'est passé exactement la même chose.
C'est très bizarre et inexplicable. politique - Honoré de Balzac - Page 2 2441072346

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Message par ArenSor Lun 5 Oct - 19:53

Histoire des treize : 1- Ferragus, chef des Dévorants
1833, à Hector Berlioz

politique - Honoré de Balzac - Page 2 Ferrag10

Est-ce utile de résumer l’intrigue ?
Auguste de Maulincourt, capitaine des gardes du roi, s’est épris d’une jeune femme, Clémence ; amour sans issue puisque Clémence est mariée et très attachée à Jules Desmarets, un riche agent de change. Un jour, Auguste croit reconnaître la jeune femme dans un quartier louche de Paris, un endroit où une femme de condition ne devrait pas se trouver. S’ensuit une enquête pour découvrir la personne que vient voir régulièrement Clémence. Est-ce un amant ? Se faisant, Auguste va bousculer de terribles intérêts, ceux de Ferragus XXIII, chef des Dévorants, sorte de société secrète forte de treize « hommes d’élite », liés entre eux par des pactes de fidélité et capables d’intervenir à n’importe quel degré de la société. Le combat entre les deux hommes va être mortel et faire plusieurs victimes. Ayant appris les incursions cachées de son épouse, le doute s’insinue chez Jules, véritable poison qui menace une union jusque là parfaite.
Comme souvent chez Balzac, le récit sent ses marques de fabrique. Le caractère théâtral, la suite de rebondissements plus ou moins préparés, peut faire sourire. Toutefois, ne boudons pas notre plaisir et laissons nous entraîner au fil des évènements sans trop chercher plus loin. La subtilité n’est pas le point fort de l’auteur.
En revanche, Balzac excelle dans les descriptions. Là se trouve, à mon avis, le meilleur de son talent. Quelle puissance, quelle démesure, quelle jouissance dans cette façon gourmande de camper la ville de Paris et ses habitants !  

Quelques exemples : Paris homard :

« Eh, quelle vie toujours active a le monstre.  A peine le dernier frétillement des dernières voitures de bal cesse-t-il au cœur que déjà ses bras se remuent aux Barrières, et il se secoue lentement. Toutes les portes bâillent, tournent sur leurs gonds, comme les membranes d’un grand homard, invisiblement manœuvrées par trente mille hommes ou femmes, dont chacune ou chacun vit dans six pieds carrés, y possède un une cuisine, un atelier, un lit, des enfants, un jardin, n’y voit pas clair, et doit tout voir. Insensiblement les articulations craquent, le mouvement se communique, la rue parle. A midi, tout est vivant, les cheminées fument, le monstre mange ; puis il rugit, puis ses mille pattes s’agitent. Beau spectacle ! »

Paris maniaque :

« Paris en ce temps-là avait la fièvre des constructions. Si Paris est un monstre, il est assurément le plus maniaque des monstres. Il s’éprend de mille fantaisies : tantôt il bâtit comme un grand seigneur qui aime la truelle ; puis, il laisse sa truelle et devient militaire ; il s’habille de la tête aux pieds en garde national, fait l’exercice et fume ; tout à coup, il abandonne les répétitions militaires et jette son cigare ; puis il se désole, fait faillite, vend ses meubles sur la place du Châtelet, dépose son bilan ; mais quelques jours après, il arrange ses affaires, se met en fête et danse. »

Le Père Lachaise :

« Jacquet réussit à l’emmener de cette enceinte divisée comme un damier par des grilles en bronze, par d’élégants compartiments où étaient enfermés des tombeaux tout enrichis de palmes, d’inscriptions, de larmes aussi froides que les pierres dont s’étaient servis des gens désolés pour faire sculpter leurs regrets et leurs larmes. Il y a là de bons mots gravés en noir, des épigrammes contre les curieux, des « concetti » des adieux spirituels, des rendez-vous pris où il ne se trouve jamais qu’une personne, des biographies prétentieuses, du clinquant, des guenilles, des paillettes. Ici des thyrses ; là, des fers de lance ; plus loin, des urnes égyptiennes ; ça et là, quelques canons ; partout, les emblèmes de mille professions ; enfin tous les styles : du mauresque, du grec, du gothique, des frises, des oves, des peintures, des urnes, des génies, des temples, beaucoup d’immortelles fanées et de rosiers morts. C’est une infâme comédie ! c’est encore tout Paris avec ses rues, ses enseignes, ses industries, ses hôtels ; mais vu par le verre dégrossissant de la lorgnette, un Paris microscopique réduit aux petites dimensions des ombres, des larves, des morts, un genre qui n’a plus rien de grand que sa vanité. »

Portrait de la fameuse grisette, tant de fois décrite par les écrivains et les artistes romantiques :
 
«C’était une grisette de Paris, mais la grisette dans toute sa splendeur ; la grisette en fiacre, heureuse, jeune, belle, fraîche, mais grisette, et grisette à griffes, à ciseaux, hardie comme une Espagnole, hargneuse comme une prude anglaise réclamant ses droits conjugaux, coquette comme une grande dame, plus franche et prête à tout ; une véritable lionne sortie du petit appartement dont elle avait tant de fois rêvé les rideaux de calicot rouge, le meuble en velours d’Utrecht, la table à thé, le cabaret de porcelaines à sujets peints, la causeuse, le petit tapis de moquette, la pendule d’albâtre et les flambeaux sous verre, la chambre jaune, le mol édredon ; bref, toutes les joies de la vie des grisettes ; la femme de ménage, ancienne grisette elle-même, mais grisette à moustaches et à chevrons, les parties de spectacle, les marrons à discrétion, les robes de soie et les chapeaux à gâcher ; enfin toutes les félicités calculées au comptoir des modistes, moins l’équipage, qui n’apparaît dans les imaginations de comptoir que comme un bâton de maréchal dans les songes du soldat. »
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Message par Tristram Lun 5 Oct - 20:15

Oui, peu de réalisme dans ces métaphores, comme de naturalisme dans celles de Zola.
Mais quelle peut être la part radicale des romans de Balzac, Hugo, Sue, Gaboriau et consorts dans la mentalité conspirationniste et complotiste ?

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