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Le One-shot des paresseux

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Message par Aventin le Mer 15 Juil - 22:03

Alain Dister

humour - Le One-shot des paresseux - Page 9 Alaind11
Né le 25 décembre 1941, décédé le 2 juillet 2008

Journaliste et photographe, a collaboré entre autres à Rock & Folk, Guitare Magazine, Actuel, Libération, etc...
Grand connaisseur du rock en général, des mouvements et des musiques des années 1960-1970-1980, qu'il a vécus "sur place", entendez entre Los Angeles, San Francisco, Detroit, Chicago, London, Paris, etc...

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Rock Critic
Sous titré: Chroniques de rock'n'roll (1967-1982).

humour - Le One-shot des paresseux - Page 9 Rock_c10
190 pages environ, dont annexe et préface. Compilation d'articles et d'interviews, un peu développés pour l'occasion, parus entre 1967 et 1982, édition 2007.

Un bon moment que cet ouvrage, peut-être mieux à sa place sur le fil d'ArenSor (Souvenirs, souvenirs), ou même pour certains passages sur celui de Bix (Blues) et les titres comme les artistes donnent des pistes pour garnir indéfiniment le fil Juke Box.
Alain Dister a remanié de fond en comble un premier jet, paru en 1987.

La truculence, un certain humour, le fait d'avoir vécu tout cela de l'intérieur. Quelques grands oublis peut-être - mais enfin c'est le jeu c'est ce qui distingue une compilation d'articles d'une somme visant à appréhender l'époque en ne laissant personne de côté.  

Le photographe n'est jamais loin du journaliste, quand il écrit; jugez plutôt cette mise en bouche:

Il pleut. Cité pourrie. Des piles de cartons effondrées jonchent les trottoirs. Des ombres courent, enjambant un clochard assommé par l'alcool. On m'a donné rendez-vous quelque part sur la 2ème Rue. Pour y arriver, il faut traverser tout le Bowery. Un monde, là, s'est écroulé. Quand on y arrive, on ne peut pas aller plus loin. C'est la fin avant le grand saut. Des milliers d'épaves humaines oscillent de bar en bar, s'écroulent n'importe où, dans des caniveaux que personne ne nettoie, sur des pas de portes fermées à tout jamais. Des yeux glauques dans des visages sans couleur me regardent passer avec une indifférence haineuse. On a peur de ce quartier, sans doute parce que n'importe qui peut y finir sa vie. J'arrive enfin devant l'objet de mes recherches. Un immeuble bas, en briques vaguement rougeâtres, seul debout au milieu de baraques éventrées qui servent d'abris nocturnes aux pauvres hères du coin. Une porte peinte en jaune, éclatante comme un soleil au milieu de cette désolation. Un écriteau: Third World, Love. Tout le premier étage - un ancien atelier de confection - a été transformé en studio.  


Ou cette évocation d'Elvis, et des années 1950 version US:
Le système tendait à faire des jeunes de braves cons bornés, susceptibles de bien voter et de consommer beaucoup. Ce système, toutefois, ne concernait que les Blancs, en majorité les WASPS (White Anglo-Saxon Protestants). Les Noirs, n'ayant pas encore acquis les droits civils n'avaient qu'à la boucler et croupir dans leurs ghettos, à chanter leurs machins rigolos. Ils n'étaient pourtant plus les seuls à les écouter. Depuis pas mal d'années, ils avaient organisés leurs propres médias: stations de radio à Memphis, petites marques de disques à distribution locale, circuits de concerts dans les bars et les baraques en planches (juke joints)  au bord des routes. Tous les grands bluesmen sont passés par là.

[...] c'est à lui [Sam Phillips] que rendit visite, un bel après-midi de printemps 1954, un grand camionneur timide et nonchalant, soucieux de se faire un petit extra en chantant des cantiques et des ballades locales. Le jeune Elvis avait aligné ses trente dollars et enregistré deux ou trois morceaux. Et puis, durant une pause, il avait empoigné une guitare et balancé un de ces trucs dingues diffusés sur une station noire, "That's All Right (Mama)".  
Il en avait rajouté un peu, imitant le côté expressif des chanteurs noirs.  Mais, pour Phillips, ç'avait été la révélation. En un éclair, il avait compris que cette musique, péniblement vendue à une clientèle noire fauchée, rapporterait des millions dès qu'elle serait accessible à la masse des jeunes blancs. Pour peu, bien sûr, qu'on peaufine les arrangements. Presley avait une belle voix, mais restait un guitariste limité. Il n'était évidemment pas question de lui adjoindre des accompagnateurs noirs. Le Sud raciste aurait hurlé. Des blancs qui connaissaient parfaitement les rythmes noirs, le R'n'B, le blues, il y en avait pas mal. Encore fallait-il qu'ils acceptent de se produire à côté de ce garçon un peu exhibitionniste pour le prude Tennessee.
L'un d'entre eux allait littéralement créer un nouveau langage de la guitare Rock: Scotty Moore. Les riffs qu'il a inventés sont encore en usage un peu partout.

 Mais les inspirateurs de Presley, que sont-ils devenus ? L'un d'eux, Arthur "Big Boy" Crudup, est mort dans la misère voici quelques années Auteur des premiers succès d'Elvis, il n'a jamais touché une tune de royalties. Presley n'était sans doute pas responsable de cette mesquinerie cruelle du show-business. Elle ne constituait qu'un des aspects du "barrage" établi contre la culture des Noirs, jugée dangereuse pour les fils de la blanche Amérique. (1977)      


Bref, un parfait ouvrage à trimballer, au format sac à dos ou sac de plage, ou encore transports en commun, n'oubliez pas de faire suivre le son et en avant la musique !
Mots-clés : #historique #musique #xxesiecle
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Message par Bédoulène le Jeu 16 Juil - 8:12

merci Aventin, tentant !

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Message par janis le Jeu 16 Juil - 9:59

ça m'intéresse beaucoup ! Merci Aventin. cheers
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