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Nancy Huston

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Message par Ouliposuccion Sam 28 Jan - 13:11

Nancy Huston
Née en 1953


mort - Nancy Huston T-l-ch15

Nancy Huston est une écrivaine canadienne, d'expression anglaise et française, vivant à Paris depuis les années 1970.
Quand Nancy Huston a six ans, sa mère part refaire sa vie ailleurs. Son père s'installe dans le New Hampshire aux États-Unis quand elle a quinze ans. Elle explique son intérêt pour la littérature par le traumatisme de l'abandon par sa mère de la fillette qu'elle était : « Le lien que j'avais, petite, avec ma mère était un lien d'absence, exclusivement nourri d'imaginaire et d'évocations à travers ses lettres, ses mots. »

Elle arrive en France à l'âge de 20 ans. Elle devient l'élève de Roland Barthes et participe un temps au MLF, période pendant laquelle elle écrit des essais. Viennent ensuite les romans, avec en 1981, Les Variations Goldberg. Avec Cantique des plaines, elle revient, pour la première fois à sa langue maternelle et à son pays d'origine. Comme le roman est refusé par les éditeurs anglophones, elle se résigne à le traduire en français et s'aperçoit que la traduction améliore l'original ! Depuis, elle utilise cette technique de double écriture.

Nancy Huston est également musicienne, jouant de la flûte et du clavecin. La musique est d'ailleurs une source permanente d'inspiration pour beaucoup de ses romans.

Elle a été la conjointe du philosophe, linguiste et sémiologue français d'origine bulgare Tzvetan Todorov. Aujourd'hui, elle est la compagne du peintre suisse Guy Oberson.

Bibliographie :

Pour accéder à la bibliographie de cet auteur prolifique, cliquer ci-dessous :
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Message par Ouliposuccion Sam 28 Jan - 13:21

Reflets dans un oeil d'homme.

mort - Nancy Huston Captur66

Essai:
Un dogme ressassé à l'envi dans la France contemporaine: toutes les différences entre les sexes sont socialement construites. Pourtant les humains sont programmés pour se reproduire comme tous les autres mammifères, drague et coquetterie étaient originellement liées à la perpétuation de l'espèce. Partant de ce constat simple mais devenu anathème, Nancy Huston explore les tensions contradictoires introduites dans la sexualité en Occident par deux phénomènes modernes: la photographie et le féminisme. Dans ce livre sensible et vibrant d'actualité, puissant et brillamment dérangeant, sur un ton personnel, drôle et pourtant informé, évoquant sans détours sa propre expérience comme celle des hommes qui l'entourent, Nancy Huston parvient à nous démontrer l'étrangeté de notre propre société, qui nie tranquillement la différence des sexes tout en l'exacerbant à travers les industries de la beauté et de la pornographie.

Alors que l'immense majorité des femmes deviennent encore mères, notre culture ne leur propose aucune image dans laquelle se refléter telles. Elle les somme au contraire de faire comme si cette éventualité n'était qu'un détail, un petit accident de parcours, vite résorbable. La grossesse n'est plus du tout un "état intéressant" et ses conséquences le sont encore moins ; logiquement, les femmes n'ont de cesse que d'effacer de leur corps toute trace de ce chamboulement, de retrouver leur ligne, leur beauté et leur "indépendance".
D'où : culpabilisation massive des jeunes mères contemporaines. Car, malgré la péridurale, le lait en poudre et leurs responsabilités dans le monde du travail, la plupart d'entre elles continuent de se sentir tour à tour bouleversées, effrayées, déprimées, exaltées, ahuries, bref, concernées en profondeur par cette affaire-là, et elles n'ont aucune place où se mirer. Dans la peinture, la sculpture et la photographie contemporaines, dans les défilés de mode, les magazines, sur Internet : zéro suggestion que la beauté d'une femme puisse être parfois liée à sa fécondité.

Nancy Houston est une écrivaine qu'on ne présente plus , même si ses œuvres restent non lues par quelques uns , elle reste une incontournable tant par sa qualité de romancière mais également d'essayiste.
Reflets dans un œil d'un homme , essai polémique , la théorie des genres est malmenée par l'auteur pour laisser place à la biologie , la génétique.
Aussi cette fameuse phrase " on ne naît ni homme ni femme , on le devient" est démontée par Nancy Houston qui intelligemment , armée de documentations , de témoignages d'hommes , d'artistes peintres , de féministes de tout temps , telles Anais Nin , Virginie Despentes , Nelly Arcan etc...défonce les portes de la bien-pensance et on entend les détracteurs qui cachés derrière le mur vocifèrent leur indignation.
Pourtant , nous sommes dans cette même société dans laquelle les femmes regardent leur reflet dans le miroir dans le simple but d'être regardée par des hommes , dépensent leur pognon en cosmétiques et en fringues afin de rester attractives dans une collectivité dictée par ceux-là  , affirment leur indépendance tout en appréciant tout ce qu'un bonhomme peut leur offrir , crachent sur la domination de la gente masculine quand elles n'attendent que de l'être au fond d'un lit , recherchant "la performance" , notion si souvent entendue et revendiquée sans tabou.

En d'autres termes, les femmes se servent des avantages de leur subjectivité accrue non seulement pour asseoir leur indépendance économique et affective, mais pour s'objectiver plus que jamais auparavant. Plus elles gagnent de l'argent, plus elles en dépensent pour leur beauté : en 2009, interrogées sur leurs priorités, une majorité d'adolescentes britanniques disent dépenser deux fois plus pour leur apparence que pour leurs études. "D'un côté, dit Gilles Lipovetsky, le corps féminin s'est largement émancipé de ses anciennes servitudes, qu'elles soient sexuelles, procréatrices ou vestimentaires ; de l'autre, le voilà soumis à des contraintes esthétiques plus régulières, plus impératives, plus anxiogènes qu'autrefois. En effet, c'est une femme plus sujet qui, seule, peut se rendre plus objet ; jamais les hommes dominants n'auraient pu obtenir un tel résultat massif.

A l'inverse , je ricane face à la mauvaise foi masculine , à cette arrogance doublée de prétention qui simule un accord total à cette théorie des genres...
Lequel a déjà dénoncé le diktat de la beauté alors qu'il est le premier à l'alimenter en reluquant les femmes exposant leur nudité , produits de grande consommation sur chaque affiche publicitaire ? lequel a déjà dénoncé le diktat de l'industrie pornographique plutôt que de la cautionner au quotidien ?

Pour la pornographie comme pour l'industrie de la beauté, les chiffres laissent sans voix. En ce moment il existe plus de 4 millions de sites web pornographiques, comportant plus de 400 millions de pages (dont plus de la moitié américaine); l'âge moyen du premier contact avec la pornographie est de onze ans; 90% des enfants entre huit et seize ans ont vu de la pornographie en ligne en faisant leurs devoirs; 40 millions d'adultes états-uniens regardent régulièrement de la pornographie sur internet.
Entre 1992 et 2006 les bénéfices tirés de la vente de videos pornos aux USA sont passés de 1,60 à 3,62 milliards de dollars.
Les revenus annuels de l'industrie pornographique sont supérieurs à ceux, cumulés, de Microsoft, Google, Amazon, eBay, Yahoo! Apple, Netflix et EarthLink.

Allons bon , arrêtons les mensonges , le déni , les contradictions !
Homme , femme , les différences existent depuis la nuit des temps , on ne devient ni l'un ni l'autre , on naît avec des gènes , en revanche , ce n'est pas en occultant ce que nous observons au quotidien , ce que nous faisons de notre société , que l'on construit , que l'on peut améliorer les comportements machistes ou féministes à l’extrême.
Il y' a dans cette société une contradiction évidente à chaque discours , une sorte de schizophrénie ambiante entre une pensée et le comportement.
La pensée de Darwin ou celle d'un monde sorti tout droit d'un moule ou les différences seraient obsolètes...
J'applaudis cet essai criant de vérité , soutenu d'une manière intelligente et documentée , j'applaudis Nancy Houston qui réveille les endormis , les naïfs et qui fout un coup de pied dans cette ruche dangereuse et complètement obsolète habitée par de petites abeilles dépourvues de bon sens qui passent leur temps à déclamer une rhétorique mielleuse , J'applaudis les détracteurs qui font que quelque part , en vue de leur vision sur un monde cloné n'engendrant aucune différence de genre ,cet essai existe.
Enfin pour terminer , je tiens à dire que je suis une femme , que oui , je me suis reconnue parfois parmi ces pages , et que non , je n'en ai pas honte , oui je suis pour l"égalité des sexes sans vouloir ressembler à un homme , non je ne crois pas qu'on puisse choisir ce que nous voulons être , nous sommes tout simplement par instinct , nous sommes une identité à part entière et chaque jour , nous le constatons , nous les hommes et les femmes , nous nous aimantons par nos différences , non , tout n'est pas négatif dans celles-ci , elles sont essentielles et fondamentales.
C'est en restant ce que nous sommes que nous pouvons changer les mentalités et faire évoluer cette société , c'est de l'acceptation des genres opposés que découlent la tolérance et la compréhension de chaque diversité , c'est en unissant ces contraires que naît la dualité.
Contourner une évidence , chercher à abattre ce qui est inné , c'est tuer l'essence et le combat de chacun.


mots-clés : #conditionfeminine
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Message par topocl Sam 28 Jan - 15:25

Oulipossuccion, excuse-moi, quand tu dis "je", c'est bien toi et non Nancy Huston?

Tu serais sans doute intéressée par Beauté fatale de Mona Chollet ici (ça avait été un super conseil de pia, que j'ai diffusé autour de moi)

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Message par Ouliposuccion Sam 28 Jan - 15:35

Je viens d'aller voir le fil , effectivement , on est bien dans le même thème mais il semblerait qu'après lecture de ta critique ça resterait assez dans la légèreté contrairement à l'essai de Nancy Huston qui doit être un peu plus fouillé.
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Message par topocl Sam 28 Jan - 15:49

je vais le lire, le Huston, on verra.

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Message par Bédoulène Sam 28 Jan - 16:12

moi aussi mais un peu plus tard

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Message par topocl Sam 4 Fév - 10:38

Reflets dans un oeil d'homme

mort - Nancy Huston 97823316

Je ne peux pas prétendre avoir compris toutes les intentions de Nancy Huston dans ce livre. Ce que j'ai compris c'est l' idée de base :  elle postule (bien que cela à mon avis reste à prouver):
la « théorie du genre", sous sa forme extrême, celle qui considère l'identité biologique comme quantité négligeable, est désormais idéologie officielle en France".
En réponse, elle pose son point de vue de la non-identité biologique de l'homme et de la femme, ce qui, par contre, me paraît assez judicieux.

L'analyse qui en découle est quand même assez simpliste : le but est la reproduction. Les femmes sont des matrices, ce qui implique  la recherche d'un homme stable et sécurisant pour l'aider à s'occuper de sa progéniture, et de là des comportements de séduction . Quant à l'homme, c'est un prédateur à qui  sa nature dicte de reluquer et cueillir les femmes pour diffuser son sperme le plus largement possible et que l'espèce ne s'en trouve bien…(  à vrai dire ce mode de pensée ne me parait pas très nouveau, mais je me trompe peut-être )
D'où le rôle exponentiel des industries de la beauté et de la pornographie, et la prostitution.

Au-delà de ce point de vue, qui est le sien, et qu'elle a le droit d'exprimer, Nancy Huston  fustige nos sociétés occidentales, qui  estompent le rôle de la femme en tant que mère au profit de la femme séductrice (d'autres ont appelé ça la maman et la putain). Il est d'ailleurs assez curieux de voir au fil des pages, dans ce qu’elle raconte d'elle-même, à quel point Nancy Huston paradoxalement est le reflet de cette tendance : son expérience de mère est passée quasiment  sous silence alors qu'au fil des pages, elle se décrit comme une personne qui ne vit qu'à travers l'image qu'elle donne dans l'oeil de l'autre, une femme qui a besoin de la séduction pour se sentir elle-même.

Il y a une espèce de flou entretenu sur les conséquences à en tirer, et une ambiguïté un peu malsaine : les jeunes femmes doivent-elles continuer à exhiber le maximum de centimètres carrés de peau dans leur tenue vestimentaire, et les femmes musulmanes voilées ne sont-elles pas finalement plus libres que les occidentales,...

Ce qui m'a surtout gênée, c'est qu'il n'y a aucune argumentation, Nancy Huston émet des faits et des points de vue, et considère que les illustrer par sa propre histoire, celle de quelques  femmes écrivains ou actrices (certaines particulièrement névrosées) et  de quelques amis hommes, suffit à en faire une vérité et à généraliser. La multiplication de "toutes les femmes"… "toujours"... "jamais"... et autres formules de ce type est une des constantes du livre. Une idée est-elle affirmée (en gros, tous les violeurs, tous les prostituées ont un problème de rapport au père) elle est aussitôt adopté, généralisée et répétée.

Au total, au niveau de vie des idées développées, il y a à prendre et à laisser, avec des choses tout à fait sensées,  de la provocation par moment, et pas mal d'a priori. Mais le propos aurait gagné à être approfondi, analysé, mis en perspective, nuancé, plutôt que d'être l'expression simple d'une pensée sans discussion.


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Message par Armor Sam 4 Fév - 10:55

topocl a écrit:
L'analyse qui en découle est quand même assez simpliste : le but est la reproduction. Les femmes sont des matrices, ce qui implique  la recherche d'un homme stable et sécurisant pour l'aider à s'occuper de sa progéniture, et de là des comportements de séduction . Quant à l'homme, c'est un prédateur à qui  sa nature dicte de reluquer et cueillir les femmes pour diffuser son sperme le plus largement possible et que l'espèce ne s'en trouve bien…(  à vrai dire ce mode de pensée ne me parait pas très nouveau, mais je me trompe peut-être )

Non, ce n'est pas nouveau du tout, on entend ça depuis des lustres dans les reportages animaliers. Very Happy

Il y a une espèce de flou entretenu sur les conséquences à en tirer, et une ambiguïté un peu malsaine : les jeunes femmes doivent-elles continuer à exhiber le maximum de centimètres carrés de peau dans leur tenue vestimentaire, et les femmes musulmanes voilées ne sont-elles pas finalement plus libres que les occidentales,…

Ouh la, c'est un peu simpliste non, pour un sujet si complexe ?

Ce qui m'a surtout gênée, c'est qu'il n'y a aucune argumentation, Nancy Huston émet des faits et des points de vue, et considère que les illustrer par sa propre histoire, celle de quelques  femmes écrivains (particulièrement névrosées) et  de quelques amis hommes, suffit à en faire une vérité et à généraliser.

Comme souvent topocl, tu m'as bien fait rire ! mort - Nancy Huston 1390083676
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Message par topocl Sam 4 Fév - 11:02

je vais corriger te mettre certaines particulièrement névrosées pour ne pas me la jouer Nancy Huiston.
Attention, névrosée n'est pas un jugement dépréciatif  de ma part.

(Rigole, pauvrette qui ne vis que par le regard des hommes!!!)


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Message par Ouliposuccion Sam 4 Fév - 11:14

C'est assez drôle de faire cette différence entre les animaux et les hommes , ne sommes-nous pas des mammifères ?
Ne sommes nous pas des animaux avec un instinct ?
La reproduction n'est elle pas la survie de l'espèce intégrée dans nos gènes dont des comportements en découlent ?
la parade amoureuse est elle si différente ?
Nancy Huston n'amène forcément pas la nouveauté mais ce qui émane d'une essence , la nôtre.

Je n'ai pas vu d'histoire personnelle dans ce livre , mais des arguments d'hommes , de chercheurs , d'artistes parlant de leur perception du genre afin de créer , de féministes engagées.
Névrosées ?
Anais Nin ?   Nelly Arcane ? Virginie Despentes ?
Me reconnaissant dans ces figures , c'est que je dois l'être un iota Smile
La simplicité est parfois une vérité criante , pourquoi chercher à la travestir lorsqu'on parle de nos propres agissements ?
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Message par topocl Sam 4 Fév - 12:02

Ouliposuccion a écrit:Je n'ai pas vu d'histoire personnelle dans ce livre ,
Tous les passages où elle dit « vous » (vous êtes à Paris, il vous arrive ceci cela… )sont autobiographiques, non ?

Ouliposuccion a écrit:mais des arguments d'hommes , de chercheurs , d'artistes parlant de leur perception du genre afin de créer , de féministes engagées.
Des paroles de gens ne sont pas des arguments

Ouliposuccion a écrit:Névrosées ?
Anais Nin ?   Nelly Arcane ? Virginie Despentes ?
Me reconnaissant dans ces figures , c'est que je dois l'être un iota Smile
Oui, nous sommes tous névrosés à des degrés divers, c'est évident.
En fait je pensais surtout à Marilyn Monroe et Jean Seberg. Les autres je ne les connais pas suffisamment.
Je redis que névrosé, pour moi, ce n'est pas une critique ou un  jugement.

Ouliposuccion a écrit:La simplicité est parfois une vérité criante , pourquoi chercher à la travestir lorsqu'on parle de nos propres agissements ?
Je ne comprends pas bien ta phrase, là.

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Message par Ouliposuccion Sam 4 Fév - 12:12

La parole n'étant pas un argument , je n'en ai point Smile
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Message par églantine Sam 4 Fév - 12:18

topocl a écrit:

Au-delà de ce point de vue, qui est le sien, et qu'elle a le droit d'exprimer, Nancy Huston  fustige nos sociétés occidentales, qui  estompent le rôle de la femme en tant que mère au profit de la femme séductrice (d'autres ont appelé ça la maman et la putain). Il est d'ailleurs assez curieux de voir au fil des pages, dans ce qu’elle raconte d'elle-même, à quel point Nancy Huston paradoxalement est le reflet de cette tendance :son expérience de mère est passée quasiment  sous silence alors qu'au fil des pages, elle se décrit comme une personne qui ne vit qu'à travers l'image qu'elle donne dans l'oeil de l'autre, une femme qui a besoin de la séduction pour se sentir elle-même.

Ce qui m'a surtout gênée, c'est qu'il n'y a aucune argumentation, Nancy Huston émet des faits et des points de vue, et considère que les illustrer par sa propre histoire, celle de quelques  femmes écrivains ou actrices (certaines particulièrement névrosées) et  de quelques amis hommes, suffit à en faire une vérité et à généraliser. La multiplication de "toutes les femmes"… "toujours"... "jamais"... et autres formules de ce type est une des constantes du livre. Une idée est-elle affirmée (en gros, tous les violeurs, tous les prostituées ont un problème de rapport au père) elle est aussitôt adopté, généralisée et répétée.

Au total, au niveau de vie des idées développées, il y a à prendre et à laisser, avec des choses tout à fait sensées,  de la provocation par moment, et pas mal d'a priori. Mais le propos aurait gagné à être approfondi, analysé, mis en perspective, nuancé, plutôt que d'être l'expression simple d'une pensée sans discussion.
J'ai aimé Nancy Huston à une certaine époque .
Aujourd'hui elle m'agace .
Son goût de la séduction et son attachement à l'image me la rend antipathique .
Et ces écrivains à toujours parler de soi ....Et construire des théories par rapport à ce soi comme référence , ça me gonfle .
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Message par Armor Sam 4 Fév - 12:45

Ouliposuccion a écrit:C'est assez drôle de faire cette différence entre les animaux et les hommes , ne sommes-nous pas des mammifères ?
Ne sommes nous pas des animaux avec un instinct ?
La reproduction n'est elle pas la survie de l'espèce intégrée dans nos gènes dont des comportements en découlent ?
l

Je ne faisais pas une différence, en fait. Wink
Je disais simplement que j'entends cette théorie depuis toujours dans les reportages animaliers, et comme il est admis maintenant que nous sommes des "animaux évolués" et non des êtres à part, eh bien il est logique que l'on applique cette théorie aussi à l'homme.

Après, si elle joue un rôle évident, la biologie n'explique pas tout dans la différenciation homme-femme. J'ai vu deux reportages passionnants qui expliquaient comment, totalement inconsciemment, nous nous comportons différemment avec les enfants dès leur plus jeune âge, les préparant à tenir les rôles prédéfinis par notre société.


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Message par topocl Sam 4 Fév - 13:48

Ouliposuccion a écrit:La parole n'étant pas un argument , je n'en ai point Smile  

J'ai dû mal m'exprimer. Ce que je veux dire c'est que ce n'est pas parce qu'un ami de l'auteur exprime quelque chose que cela prouve que c'est vrai pour tout le monde.

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Message par topocl Lun 20 Sep - 21:00

Arbre de l’oubli

Le père de Shayna est juif, sa mère est wasp, sa mère porteuse est noire.
On va donc parler - rien que ça - de féminisme, d’esclavage et de destin juif.

Pour corser encore l’affaire Nancy Huston livre un roman englobant tous les ascendants de la jeune femme dans un récit à la chronologie éclatée. Et elle entremêle encore des chapitres montrant combien l’amour est salvateur et met du baume sur toutes ces blessures.

Bref, cela donne un fatras assez inextricable où les personnages perdent leur épaisseur du fait de la complication, tout ça pour dire des choses plutôt déjà dites. Pas convaincant, donc….

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Message par Bédoulène Mar 21 Sep - 14:20

je passe

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Message par Tristram Lun 12 Sep - 13:10

Instruments des ténèbres

mort - Nancy Huston Instru10

Le titre est inspiré de Macbeth, cité en exergue, avec une allusion à la musique dans le terme « instruments ».
Alternance entre Le carnet scordatura (discordance en italien, jeu "désaccordé", dissonance volontaire en musique, « une manière d'accorder les instruments à cordes qui s'écarte de l'accord usuel », Wikipédia) et la Sonate de la Résurrection (d’après l'œuvre d'Heinrich Biber, compositeur baroque de Bohème) ; de fortes correspondances tissent des liens significatifs entre ces deux séries (le work in progress – plutôt coulisses, laboratoire, scriptorium, chambre d’écho − et son résultat).
Dans la première, journal intime tenu sur un an par la narratrice-auteure, Nadia (qui change son prénom en Nada, I étant "je" ; elle nomme son jumeau mort à la naissance Nothin’), États-unienne de quarante-neuf ans, commente son travail, sa documentation historique. Elle expose froidement son mépris pour ce qui est nature et vie, et choisit le diable contre Dieu : elle a pour muse son daimôn (génie, esprit, voix, inspiration) : « l’Autre », avec lequel elle converse parfois comme avec un psychothérapeute, et qui lui dicterait son œuvre. Elle discute avec Stella, violoncelliste et meilleure amie de sa mère Élise, sombrée dans la divagation mentale, et évoque son père Ronald, ivrogne qui engrossait sa femme régulièrement pour l’empêcher de jouer du violon.
« C’est une de mes "images au formol", comme je les appelle : des souvenirs qui ne changent pas, ne bougent ni ne s’évanouissent, mais restent là, alignés sur une étagère dans ma tête, muets et horribles tels les organes humains et animaux du siècle dernier qu’on voit exhibés dans des bocaux au Muséum d’histoire naturelle à Paris. »
Dans la seconde série, c'est-à-dire la fiction de Nadia, c’est le miséreux et superstitieux (et croyant) Berry sous l’Ancien régime : Barbe (née coiffée) et Barnabé sont des jumeaux séparés dès leur naissance, qui fut fatale à leur mère. Elle passe d’une famille d’accueil à l’autre, lui est élevé à Orsan, « prieuré où les femmes commandent et où les hommes obéissent », où il chante et a des visions de sa mère en attendant de devenir moine. Les jumeaux se sont retrouvés et s’aiment ; elle devient servante à l’auberge de Torchay, chez Hélène Denis (une guérisseuse, aussi grosse que Stella). Voix off :
« Je veux l’écrire ici et en avoir le cœur net : j’ai peur que Stella ne meure si je tue Hélène dans ma Sonate de la Résurrection. Ça a l’air insensé, mais c’est vrai. Et je n’oserais l’avouer à aucun être vivant. »
Là Barbe s’éveille.
« Les frontières de son univers reculent chaque jour un peu plus. »
Mais son amie Jeanne est foudroyée, elle est prise pour une sorcière et doit fuir. Elle est recueillie par Marguerite Guersant qui en fera sa servante, trop rebutante pour que son mari, Donat (« c’était un enfant donné, abandonné dès sa naissance »), ne l’engrosse comme les précédentes, par dépit qu’elle n’enfante pas ; mais il abuse quand même Barbe, qui devenue prégnante devra de nouveau s’enfuir, tentera d’avorter et donnera jour à un enfant mort-né (parallèlement, Nadia évoque son avortement, exécuté avec l’aide de sa mère : correspondance de Tom Pouce dans la scordatura et du Petit Poucet dans la Sonate ; alternent désir d’enfant et détestation de la maternité non voulue).
Le thème récurrent est l’injustice du sort (des femmes), sans Jugement, Dieu, « le Témoin », n’existant pas.
« Que, justement en raison du fait que la vie réelle existe, et qu’elle n’a pas de sens, il est indispensable que l’Art, qui tourne autour des inexistants, en ait. »

« Mais depuis que le monde est monde, la plus grande partie des passions humaines a tourné autour de choses inexistantes : Jéhovah, Belzébuth, Shiva, Isis, Damballah, la Vierge Marie, Hercule, Gatsby le Magnifique, Mme Bovary, la Fée bleue, mon frère jumeau, mon ange de fils, Sabina ma plus chère amie, Andrew le fils de Stella et Jack son mari… Ces êtres vivent et vibrent en nous, agissent sur nous, influencent nos gestes, nos pensées, nos états d’âme… Les morts sont les invisibles, mais ils ne sont pas les absents… »
L’indifférence pour se protéger du mal, de la violence dans le monde, « la lame froide, l’écart entre moi et le monde » chez Nadia évolue au fil du livre vers une acceptation de ce qui est.
« Je crois aux personnages de mon roman de la même façon que les paysans superstitieux croient aux fantômes, ou les mères en leurs enfants : non parce qu’ils espèrent en tirer quelque chose, mais parce qu’ils sont : de façon aussi irréfutable que miraculeuse. Le désespoir est exactement aussi débile que l’espoir, ne voyez-vous pas ? La vérité n’est ni la lumière permanente éblouissante, ni la nuit noire éternelle ; mais des éclats d’amour, de beauté et de rire, sur fond d’ombres angoissantes ; mais le scintillement bref des instruments au milieu des ténèbres (oui, car la musique ne se perçoit que grâce au silence, le rythme grâce à l’étendue plane) [… »
Plutôt déconcertante de prime abord, Nancy Huston aime choquer, mais sa provocation n’est pas gratuite : les descriptions obsessionnelles d’accouchements gores mettent en relief le drame inhérent à la destinée féminine. Son écriture névrotique est assez bien décrite par un amant de Nadia :
« …] il ne raffole pas non plus de mes romans, il les trouve trop morbides, trop violents, "philopsychotiques" »
Le découpage en séquences assez courtes aide beaucoup à la lecture.
Ses échappées métaphysiques sont fort originales (même si elle m’a parfois ramentu Olga Tokarscuz).
« − Pourquoi le mot seconde, comme mesure de temps ? demandai-je à Sol.
− Hein ?
− On est dans les secondes, les secondes qui passent, tic tac, tic tac. Mais les premières ? Où sont-elles passées, tu peux me le dire ? On n’arrête pas de courir après les premières, toujours en retard, juste une seconde trop tard. »

\Mots-clés : #conditionfeminine #fratrie #historique #misere #mort #musique

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Message par Bédoulène Lun 12 Sep - 15:24

ça m'a l'air bien complexe ! donc la narratrice/auteure Nada, intègre sa fiction dans ce livre ?

et la 3ème partie serait ?

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Message par Tristram Lun 12 Sep - 16:54

Il y a deux parties entrelacées, la fiction proprement dite et le journal d'écriture de cette fiction (qui est une fiction lui-même, au moins... en partie !)

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