Des Choses à lire
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Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Lun 3 Aoû 2020 - 11:53

5 résultats trouvés pour ancienregime

César Aira

Canto castrato

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Le Micchino est un sopraniste castrat loué par toute l’Europe du dix-huitième siècle ; avec sa suite dont Herr Klette son impresario, il va de Naples la lumineuse à Vienne l’ennuyeuse puis Saint-Pétersbourg la glacée, et finalement à Rome, chez le pape.
Le virtuoso est « très grand, svelte, avec des yeux immenses et des pommettes fuselées, comme celles de tous les castrats », et a « une aura comme de superbe indifférence, de suprême sûreté de lui » ; c’est un personnage mystérieux, ambigu de la haute société de ce dix-huitième capricieux, extravagant, de plus piqué d’espionnage.
« Aucune autre cour d’Europe n’aurait alors pu réunir autant de personnages de haut rang sous le même toit, la même nuit, sauf celle de Versailles, qui ne comptait pas : elle était le modèle. La politique de prébende de quatre générations de Habsbourg n’avait pas engendré sans douleurs cette aisance sociale. Après avoir acquis une certaine importance numérique, les nobles s’étaient fondus en un ensemble pour lequel rien n’importait que l’apparence : le faste apprêté de leurs expressions, l’émail nacré de la perfection qui les distinguaient du commun n’avaient pas d’autre origine. »

« …] ici, tout n’était que trompe-l’œil, mirage impénétrable : vivre à Vienne, c’était renoncer à la profondeur de la vie en faveur de celle de la vue ; c’était se placer sous l’empire de la perspective, du "style viennois". »

Toute l’histoire gravite autour des personnages fabuleux que sont les castrats (qui se font même remplacer incognito sur scène, tel le Mogano) :
« Puis vint la surprise de la voix. Elle était parfaite, suprêmement jeune, limpide, et d’une puissance inouïe. Tout ce que l’on avait entendu jusqu’à présent au théâtre n’était plus que poussière et cendre. Elle était parmi nous, la très-réelle, l’irremplaçable, la grande voix qui avait le pouvoir de briser verres et verrières, sensuelle jusqu’à l’inconcevable, exquise jusqu’au plus profond de ses inflexions abyssales, et pure comme les éthers les plus subtils des hauteurs où nulle émanation, jamais, n’est parvenue. »

Ce roman plaira sans doute plus aux amateurs de l’art lyrique :
« Zeus était un baryton hollandais aux yeux de crapaud. Les basses-tailles étaient à la mode, indubitablement ; une des modes innombrables qui venaient du Nord. Dans leur manie de nouveauté, les musiciens allemands décadents avaient même juché les basses sur scène, ce qui du point de vue de la lyrique était une aberration, car c’est la couleur de la voix qui commande l’équilibre entre l’attention que requiert l’écriture et la distraction qu’entraîne le sentiment, équilibre sans lequel il n’est point d’opéra. »

La troisième partie, en Russie, où l’intrigue se noue et l’action commence vraiment, est rendue par les lettres (contradictoires) à Herr Klette ("bardane, pot de colle") retenu à Trieste par une crise de goutte, du compositeur wallon Lionello Venutti et d’Amanda, sa fille unique, « un égoïsme incroyable, une frivolité inexcusable », paranoïaque persécutée par l'abominable baron Denis, son époux amateur de thé…
Amanda :
« En Russie, la disposition des branches, sur les arbres, est telle que la neige s’y accumule en quantités impressionnantes, sans doute pour empêcher que le sol ne reçoive plus de poids qu’il n’en peut supporter. »

Lionello Venutti :
« Nous traversions la ville de Pierre le Grand, et je pensais : c’est la dernière fois.  La lune nous présentait tous les palais l’un après l’autre, avec sa candeur inexorable et lente, et tout, dans l’ombre, se révélait impossible. Je ne reviendrais jamais dans cette ville, et les motifs, pour l’éviter, ne me feraient pas défaut… Elle n’existait plus sans moi. Je compris qu’elle était le reflet d’un songe, qui ne pouvait subsister sans un rêveur. C’était en ce rêveur que je me changeais en m’en allant ; il commençait à se raconter notre histoire. »

Apparemment bien documenté, autant historiquement qu’en géographie (j’ai reconnu Naples ‒ mais pas Vienne et Saint-Pétersbourg, où je ne suis jamais allé), ce roman baroque me paraît ne pouvoir être rapproché que de ceux de Leo Perutz (et de certains films de Fellini) ; difficile à définir, on pourrait dire qu’il est étrange sans sembler se départir du réel. Et résonnent curieusement quelques assertions bizarres :
« Parler de politique ou de mode, ça revient au même. Tout change sans cesse. Rien ne se répète, car tout est réel. »

« Plus rien, de nos jours, n’est mû par une cause unique. Je me demande ce qu’attendent les effets, pour se multiplier à leur tour. »


Mots-clés : #ancienregime #musique
par Tristram
le Dim 10 Mai 2020 - 16:05
 
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Sujet: César Aira
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Richard Wagamese

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Les étoiles s'éteignent à l'aube

Roman initiatique d'un adolescent d'ascendance indienne qui accompagne un père qu'il n'a pas connu pour son dernier voyage. Deux hommes à des âges différents de la vie mais tous deux en manque d'une partie d'eux-mêmes. Tous les oppose, le jeune homme droit dans ses bottes et débrouillard, serein, fort ; l'autre malade, alcoolique avec beaucoup d'ombres dans son passé. On trouve aussi la figure calme du tuteur, la femme et la mère à l'aura quasi mystique... et la nature. On respire le  grand air canadien comme si on y était.

Il faut rajouter encore la guerre et un regard cru sur la vie rude des travailleurs des minorités (locales)... et insister sur l'alcoolisme. Beaucoup de thèmes donc qui se retrouvent mélangés dans ce voyage à pieds et à cheval, cette quête d'identités individuelles et collectives : familiale... et plus, la transmission se retrouvant aussi dans un autre geste, celui du tuteur et d'autres rares présences.

Tout fait beaucoup mais ça reste "sensible" et loin d'être sans intérêt, cependant je dois me reconnaître plus à l'aise, indulgent en fait, après avoir lu la petite biographie de l'auteur qui en a un petit peu ch... des deux côtés de la barrière en ayant fait du bon du moins bon et il faut lui reconnaître d'abord ce mélange là : du bon et du moins bon, de ce que peuvent cacher les apparences et tout ce qui peut exister derrière les appréhensions, les blocages ou les rancunes. Ce n'est pas si binaire que ça en a l'air et le temps existe, les mots aussi (parait-il). Alors le regret est dans la forme à l'américaine, très maîtrisée mais très formatée.

Ne pas oublier le bon, l'évidence de moments de lecture, "tourne page",  etc.


Mots-clés : #addiction #amérindiens #ancienregime #guerre #initiatique #nature #relationenfantparent
par animal
le Mar 7 Jan 2020 - 20:52
 
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Sujet: Richard Wagamese
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Mikhaïl Boulgakov

Le roman de monsieur de Molière

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Il s'agit d'une biographie romanesque, où l’importance du vécu dans la création chez le fameux dramaturge m’a marqué ; il est vrai que la part de l’observation, sans même parler d’autobiographie, ne peut être que majeure chez un satiriste, a fortiori doué d'autodérision.
Passage notoire chez les précieuses ridicules, terrain particulièrement propice à l’ironie de Boulgakov :
« Il y eu Bossuet, qui se rendit par la suite célèbre en ne laissant pas passer un cadavre de quelque renommée en France sans prononcer sur la tombe de celui-ci un sermon inspiré. »

En connaisseur, Boulgakov se permet une appréciation personnelle :
« Molière avait bien raisonné : les censeurs du roi ignorent que tous les remaniements qu’on peut apporter à une œuvre ne changent pas d’un iota son sens profond et n’affaiblissent en rien l’indésirable influence qu’elle peut avoir sur le spectateur. »


Mots-clés : #ancienregime #biographie #historique #théâtre
par Tristram
le Ven 16 Aoû 2019 - 13:09
 
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Sujet: Mikhaïl Boulgakov
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Marie de Rabutin-Chantal, Marquise de Sévigné [Madame de Sévigné]

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Nicolas Foucquet

Les lettres à Monsieur de Pomponne (novembre et décembre 1664) valent reportage sur le procès du Surintendant Nicolas Foucquet, qui exerça cette charge de tout premier plan de 1653 jusqu'à son arrestation (à Nantes en septembre 1661).

L'on s'aperçoit, avec autant de liberté que Madame de Sévigné puisse s'en permettre, de tout ce qui fut ourdi contre l'accusé; le complot est tramé par Colbert, dans le camp des pro-Foucquet mis à mal par cette triste affaire on retrouve, outre Madame de Sévigné, Bussy-Rabutin dont il vient d'être question, La Rochefoucauld (oui, celui des Maximes), La Fontaine, etc...

D'emblée, Foucquet est sur la sellette,  s'y asseoir signifie qu'on assiste à son procès en qualité de coupable convaincu, autrement on répond debout, derrière le "Barreau".  
Foucquet, si l'on en croit Madame de Sévigné, répond avec beaucoup d'adresse à ses accusateurs, certains en notoire collusion avec ceux qui ont tout intérêt à le voir condamner, en particulier avec le Chancelier, homme de main et de paille de Colbert.
On croise aussi D'Artagnan, le vrai, un Monsieur d'Ormesson (est-ce un ancêtre de l'écrivain ?), on observe qu'un fait quasi-miraculeux (Madame Foucquet mère, très pieuse, donna un emplâtre à la Reine qui se trouva guérie de son mal) plaide autant si non plus que d'habiles réponses en faveur de Foucquet. Quelques déballages et autres assauts à fleurets mouchetés, avec tout le passé récent de la Fronde qui plane sur l'audience, sont susceptibles d'intéresser quiconque n'est pas indifférent à l'Histoire.

Au final Foucquet sauve sa tête et, mécontent de la sentence d'exil prononcée, le Roi fait ajouter l'emprisonnement à l'exil, à la citadelle de Pignerol, enclave française située dans le Piémont italien, en ne laissant pas la possibilité à son épouse de le rejoindre, ce qui scandalise Madame de Sévigné.
Et, pour faire bonne mesure, le Roi fait éparpiller toute la famille de Foucquet hors de Paris.



Mots-clés : #ancienregime #historique #justice #politique #regimeautoritaire #temoignage
par Aventin
le Jeu 15 Aoû 2019 - 8:30
 
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Sujet: Marie de Rabutin-Chantal, Marquise de Sévigné [Madame de Sévigné]
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Nathalie Azoulai

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Titus n’aimait pas Bérénice

Alors je suis mitigée. J’ai apprécié toute la partie sur la biographie de Racine dont je ne connaissais pas la vie. Elle écrit bien cette histoire. C’est subtil et elle sait bien nous faire remonter dans le temps. Mais dès qu’elle parle de la romance de Titus et Bérénice, elle tombe dans une sentimentalité grossière et plate.

Le fait que Bérénice se console en lisant du Racine, en se plongeant dans l’histoire de sa vie est intéressant mais je n’ai compris le lien qu’à moitié. Mes amis très intelligents pourraient peut-être m’éclairer ? S’ils l’ont lu.

Mais enfin tout le monde a le droit de se consoler comme il peut et ce doit  pas toujours être logique.


Mots-clés : #amour #ancienregime #théâtre
par Pia
le Lun 15 Avr 2019 - 8:01
 
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Sujet: Nathalie Azoulai
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