Des Choses à lire
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Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Mer 5 Aoû - 16:26

7 résultats trouvés pour antiquite

Jean-Pierre Vernant

L’Univers, les Dieux, les Hommes

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La genèse de l’ouvrage est expliquée dans l’introduction :
« Il y a un quart de siècle, quand mon petit-fils était enfant et qu’il passait avec ma femme et moi ses vacances, une règle s’était établie entre nous aussi impérieuse que la toilette et les repas : chaque soir, quand l’heure était venue et que Julien se mettait au lit, je l’entendais m’appeler de puis sa chambre, souvent avec quelque impatience : « Jipé, l’histoire, l’histoire ! » …
Julien, à l’écoute paraissait heureux. Je l’étais, moi aussi. Je me réjouissais de lui livrer directement de bouche à oreille  un peu de cet univers grec auquel je suis attaché et dont la survie en chacun de nous me semble, dans le monde d’aujourd’hui, plus que jamais nécessaire. Il me plaisait aussi que cet héritage lui parvienne oralement sur le mode de ce que Platon nomme des fables de nourrice, à la façon de ce qui passe d’une génération à la suivante en dehors de tout enseignement officiel, sans transiter par les livres, pour constituer un bagage de conduites et de savoirs « hors texte » : depuis les règles de la bienséance pour le parler et l’agir, les bonnes mœurs et, dans les techniques du corps, les styles de la marche, de la course, de la nage, du vélo, de l’escalade.. »

C'est bien de raconter des histoires. Beaucoup de monde peut le faire. Montrer ce qui peut se cacher derrière les mythes nécessite d'autres compétences
"L'Univers, les Dieux, les Hommes" est un ouvrage qui pourrait se classer tout à la fois dans les catégories Histoire, Anthropologie, Littérature

L’origine de l’univers
Guerre des dieux, royauté de Zeus

Les premiers chapitres sont consacrés à la création du monde.
Ouranos, le ciel, est vautré sur Gaïa, la terre, dans un coït permanent empêchant celle-ci de libérer les enfants prisonniers de son ventre, les fameux Titans. Pour cette raison, le plus jeune d’entre eux, Chronos, va châtrer son père ; acte maudit d’une forme de parricide. En effet, du sang tombé du membre d’Ouranos, vont naître les Erinyes qui sauront bien réclamer vengeance.
Du reste, Chronos est un sale type (si on peut dire !) qui n’hésite pas à avaler sa progéniture, autre crime suprême dans la culture gréco-romaine : l’anthropophagie.
Il faudra la force et l’astuce (il a avalé Métis, la ruse, sous forme de goutte d’eau) de Zeus pour venir à bout des forces du mal, les Titans, Typhon et enfin les géants.
Longtemps donc  l’univers a hésité entre ordre et désordre, construction et chaos.

Le monde des humains
A l’origine, les hommes vivaient en parfaite harmonie avec les dieux. Ces temps bénis ont une fin. Maintenant, il convient que mortels et immortels soient séparés dans deux mondes différents.
Arrive alors un être ambigu, Prométhée, qui va jouer une partie de poker menteur avec Zeus.
Premier acte :
Lors de la préparation du sacrifice, Prométhée va constituer deux parts. La première est formée des os des animaux enrobés de bonne graisse (package séduisant mais décevant), la seconde part consiste en bonne viande enfermée dans la panse peu ragoutante du bovidé. Zeus va choisir la première part pour les dieux, la seconde ira aux humains.
Prométhée a essayé (et réussi) à tromper Zeus. Va s’engager alors un duel entre les deux, ou la ruse constitue l’élément principal.
Deuxième acte :
Prométhée va voler le feu, caché par Zeus ainsi que le blé, pour le donner aux hommes. Vous apprendrez notamment pourquoi Prométhée se promène pour cette action avec un fenouil à la main…

« Mais la lutte de ruse entre Zeus et Prométhée n’est pas terminée. Zeus a caché le feu. Prométhée le lui a volé ; Zeus a caché le blé, les hommes travaillent pour gagner leur pain. Mais Zeus n’est pas encore satisfait, il trouve que l’échec de son adversaire n’est pas total. En éclatant de rire, comme il aime à le faire, Zeus lui réserve une nouvelle déconvenue. Troisième acte. »


Cette nouvelle malédiction apportée aux hommes c’est la création de la femme !
Celle-ci est façonnée à partir d’argile et d’eau à l’image des déesses. Elle est splendide et s’appelle Pandora.

« Prométhée se voit à nouveau vaincu. Il comprend tout de suite ce qui pend au nez du pauvre genre humain qu’il a essayé de favoriser. Comme son nom l’indique, Prométhée, c’est celui qui comprend d’avance, celui qui prévoit, alors que son frère, qui se nomme Epiméthée, c’est celui qui comprend après, epi, trop tard, celui qui est toujours possédé et déçu, qui n’a rien vu venir… Or donc, Prométhée comprend ce qui va se passer et prévient son frère, en lui disant : « Ecoute-moi, Epiméthée , si jamais les dieux t’envoient un cadeau, surtout ne l’accepte pas, et renvoie-le d’où il est venu. » Epiméthée jure bien sûr qu’on ne l’y prendra pas. Mais voici que les dieux assemblés lui envoient la plus charmante personne qui soit. Voici devant lui Pandora, le cadeau des dieux aux humains. Elle frappe à sa porte, Epiméthée, émerveillé,  ébloui, lui ouvre la porte et la fait rentrer dans sa demeure. Le lendemain, il est marié et Pandora est installée en épouse chez les humains. Ainsi commence tous les malheurs. »


La femme se caractérise par son avidité. Elle a vite fait de mettre sur la paille le malheureux paysan qui a trimé sang et eau pour subvenir à ses besoins.
Elle est également dotée d’un appétit sexuel insatiable qui transforme son mari en peu de temps en vieillard exténué.

« Si Prométhée a ourdi une ruse qui consistait à voler le feu de Zeus, il s’attire une réplique incarnée par la femme, synonyme de feu voleur, que Zeus a créée pour tracasser les hommes. En effet, la femme, l’épouse, est un feu qui brûle son mari continûment, jour après jour, qui le dessèche et le rend vieux avant l’âge. Pandora est un feu que Zeus à introduit dans les maisons et qui brûle les hommes sans qu’il soit besoin d’allumer une flamme quelconque. Feu voleur répondant au feu qui a été volé. »


Enfin, la femme a le malheur d’être très curieuse. Ainsi, Pandora ne va pas résister à l'ouverture, malgré l’interdiction, de la jarre qui contient tous les maux.

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Spoiler:
Le commentateur précise qu'il essaie de donner un idée de l'esprit des mythes grecs. Il ne cautionne nullement les jugements de valeur émis par ceux qui les ont écrits et qui étaient des hommes  Very Happy  


La Guerre de Troie
Et revoilà Prométhée qui, en fin de compte, possède pas mal d’atouts dans la manche ! En échange d’être libéré de son supplice (l’aigle qui lui mange perpétuellement le foie), il révèle à Zeus un terrible secret.
Ce secret concerne une sacrée diablesse, d’une beauté éblouissante, sur laquelle Zeus et Poséidon ont jeté leur dévolu. Il s’agit de la Néréide Thétis. Or Prométhée sait que de la rencontre d’un dieu avec Thétis naîtra un fils qui renouvèlera le crime de Cronos sur Ouranos. Prudents, les dieux se défilent et refilent la belle naïade aux humains. Elle fera le bonheur du roi Pelée qui l’enserre de ses bras : malgré des transformations successives dont elle a le pouvoir, Thétis ne  peut s’échapper et s’avoue vaincu. De cette union naîtra le fameux Achille.

« Un des résultats de ce mariage inégal entre une déesse et un humain, c’est que toute la splendeur, toute la puissance qui s’attachent à la divine Thétis, viennent en partie auréoler le personnage d’Achille. En même temps sa figure ne peut être que tragique : sans être un dieu, Achille ne saurait ni vivre ni mourir comme le commun des hommes, en simple mortel ; mais échapper à la condition ordinaire de l’humanité ne fait pas pour autant de lui un être divin, assuré de l’immortalité. Son destin, qui pour tous les guerriers, tous les Grecs de ce temps, a valeur de modèle, continue à nous fasciner : il éveille en nous, en écho, la conscience de ce qui fait de l’existence humaine, limitée, déchirée, divisée un drame où la lumière et l’ombre, la joie et la douleur, la vie et la mort sont indissociablement mêlées. Exemplaire, le destin d’Achille est marqué du sceau de l’ambiguïté. D’origine à moitié humaine, à moitié divine, il ne peut être entièrement ni d’un côté ni de l’autre. »


Ulysse ou l’aventure humaine.
On sent que Vernant prend un grand plaisir à raconter les multiples épisodes de l’Odyssée. Il est vrai que l’ouvrage se prête particulièrement à cela. Toutefois, le discours s’enrichit de réflexions dévoilant le sens de ces aventures

« Mais, quand ils doublent le cap Malée, une tempête s’abat à l’improviste sur les Grecs. Elle va souffler sept jours durant, transportant la flottille dans un espace tout différent de celui où elle naviguait auparavant. Désormais Ulysse ne saura plus ou il se trouve, il ne rencontrera plus de gens comme les Cicones, qui sont des guerriers hostiles mais semblables à lui. Il sort en quelque sorte des frontières du monde connu, de l’oikoumené humaine, pour entrer dans un espace de non-humanité, un monde de l’ailleurs. »


Dionysos à Thèbes
Rupture avec le chapitre précédent. En effet, on passe de récits à caractère très littéraires à d’autres étroitement reliées à la religion. Dionysos est l’un des dieux les plus importants du panthéon gréco-romain.
C’est un dieu particulièrement ambigu. Il représente souvent une forme de désordre qui peut mener à la sauvagerie et à la folie meurtrière. Dionysos revient d’Orient accompagné des bacchantes qui dansent autour de lui. Il est efféminé, vêtu de vêtements chatoyants, boit jusqu’à l'ivresse. Bref, tout ce qu’un Grec policé ,mesuré, peut craindre et détester.
C’est ce qui arrive lorsque Dionysos revient à Thèbes sagement gouvernée par Penthée, engoncé dans ses principes. Le dieu y apporte une forme de désordre, notamment en libérant les femmes.

« Au gynécée, on sait encore à peu près ce que les femmes font – on ne sait jamais complètement ce qu’elles  fabriquent, ces diablesses, mais, en gros, on les contrôle – tandis que là-bas, livrées à elles-mêmes, non plus dans la ville, non plus entre les temples et les rues, où tout est bien ciblé, mais là-bas, en pleine nature, sans témoin, qui sait jusqu’où elles peuvent aller. »


Le retour de Dionysos à Thèbes et un échec qui se termine en drame. On peut en tirer une leçon toujours valable de nos jours :

« Le retour de Dionysos chez lui, à Thèbes, s’est heurté à l’incompréhension et a suscité le drame aussi longtemps que la cité est demeurée incapable d’établir le lien entre les gens du pays et l’étranger, entre les sédentaires et les voyageurs, entre sa volonté d’être toujours la même, de demeurer identique à soi, de se refuser à changer, et, d’autre part, l’étranger, le différent, l’autre. Tant qu’il n’y a pas possibilité d’ajuster ces contraires, une chose terrifiante se produit : ceux qui incarnaient l’attachement inconditionnel à l’immuable, qui proclamaient la nécessaire permanence de leurs valeurs traditionnelles face à ce qui est autre qu’eux, qui les met en question, qui les oblige à porter sur eux-mêmes un regard différent, ce sont ceux-là mêmes, les identitaires, les citoyens grecs sûrs de leur supériorité, qui basculent dans l’altérité absolue, dans l’horreur, et le monstrueux. »


Les deux derniers chapitres sont consacrés à deux autres mythes : Œdipe à contretemps et Persée, la mort, l’image

Je termine sur ce beau récit de la naissance du corail :

« Persée dépose la tête de Méduse sur le sable de telle sorte que les yeux du monstre dépassent un petit peu de la besace.  Le regard de Méduse s’étend au raz des eaux ; les algues qui flottaient souples, mobiles, vivantes, sont solidifiées, pétrifiées, transformées en coraux sanglants. Voilà pourquoi il y a dans la mer des algues minéralisées : le regard de Méduse les a changées en pierre au milieu des vagues. »


Mots-clés : #antiquite #contemythe
par ArenSor
Hier à 14:50
 
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Sujet: Jean-Pierre Vernant
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Sylvain Tesson

Un été avec Homère

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Un point de vue intéressant sur le legs de l’aède fondateur :
« Il y a la lumière, le brouillard et puis viennent les îles.
Chacune est un monde. Elles flottent, glissent, disparaissent, éparses. On dirait des univers. Parfois elles s’émiettent, taches de soleil dispersées par le vent. Quel est leur trait d’union ? La navigation. Le sillage est le fil d’un collier de perles éperdues. Le marin circule entre les débris. »

Un sens indéniable de l’actualité :
« Les îles ne communiquent pas. Voilà l’enseignement homérique : la diversité impose que chacun conserve sa singularité. Maintenez la distance si vous tenez à la survie du divers ! »

Une remarque qui me paraît pleine de sens sur l’arbitraire freudien :
« On pourrait opposer à l’Œdipe de Freud le Télémaque d’Homère et inventer un nouveau syndrome appuyé sur les retrouvailles au lieu de la rupture. Télémaque ne veut pas tuer le père, ni convoiter la mère. Il lutte pour retrouver son géniteur, le réinstaller sur le trône, réunir ses parents. L’Œdipe freudien, lui, doit profaner ses origines pour affirmer son individualité. »

Le côté païen, anté-Christ et péché, avec références à Noces de Camus, est pertinent :
« Les dieux ne demandent pas à l’homme grec de se conformer à un dogme. Le monde mythologique n’est pas moral. La vertu ne se mesure pas à ce qui est licite ou illicite comme chez les mahométans, à ce qui est bon ou mauvais comme chez les chrétiens. Tout est franc sous le ciel antique : les dieux ont besoin des hommes pour leurs affaires personnelles. »


Mots-clés : #antiquite #essai #poésie
par Tristram
le Dim 31 Mai - 0:48
 
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Jean-Pierre Luminet

Le bâton d'Euclide ‒ Le roman de la Bibliothèque d’Alexandrie

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Divulgation (terme préféré à vulgarisation par Jean-Pierre Luminet), roman historique des aventures de pensée des scientifiques dans le musaeum (maison des Muses) aux sept cent mille livres d’Alexandrie la cosmopolite, sur mille ans.
En 642, le général Amrou investit Alexandrie, Bédouin envoyé par le calife Omar de Médine pour brûler les livres de sa fameuse bibliothèque : le Coran les rend inutiles, voire pernicieux.
« Quant aux livres dont tu me parles dans ta dernière lettre, voici mes ordres : si leur contenu est en accord avec le livre d’Allah, nous pouvons nous en passer puisque, dans ce cas, le Coran est plus que suffisant. S’ils contiennent au contraire quelque chose de différent par rapport à ce que le Miséricordieux a dit au Prophète, il n’est aucun besoin de les garder. Agis, et détruis-les tous. »

Le bibliothécaire, Philopon, un vieux philosophe chrétien, Rhazès, un médecin juif, et la belle Hypatie, mathématicienne et musicienne, vont plaider (sur le mode des Mille et une Nuits) pour donner au général les arguments qui pourraient infléchir la décision du commandeur des croyants : c’est l’occasion de narrer l’histoire de la ville depuis le projet des Ptolémées, ainsi que l’apport des savants, écrivains et philosophes qui la marquèrent : Euclide, Archimède, Callimaque, Apollonios, Aristarque, Ératosthène, Hipparque, Philon, Claude Ptolémée, Galien…
La ficelle est grosse, la psychologie indigente, le style convenu (quelque part entre Amin Maalouf et d’Ormesson), mais cela peut constituer une belle découverte des premiers pas de l’esprit scientifique, basés sur l’observation et le calcul.
Évidemment, on parle beaucoup d’astronomie… et, bizarrement, d’astrologie !
En compléments d’une postface ou l’auteur précise sa part d’invention, on trouve d’utiles annexes, Personnages, tableaux chronologiques et notes savantes.

« Et les rois ont plus besoin des poètes que les poètes des rois. »

« ‒ Nous, les Bédouins, nous n’avons souvent pour toit que la voûte étoilée. Et nulle part le ciel ne paraît plus proche de la terre qu’au milieu du désert. Le désert nous invite au ciel. Dans la solitude et le silence des dunes, l’esprit qui pense subit par degrés la dilatation de l’infini. Plusieurs fois, jadis, aux côtés de mon grand-père, j’ai ressenti cette expérience intérieure, presque mystique… Je voyais, j’entendais, j’adorais la musique du ciel dans le silence universel… »

« …] brûler les livres, c’est brûler ses ancêtres, brûler son père et sa mère, brûler son âme, brûler l’humanité tout entière avec elle. »

« Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé !
Lis !

Ce sont les premiers mots que dit au Prophète l’archange Gabriel, le messager d’Allah, dans la caverne du mont Hira où Mahomet connut la Révélation.
[…]
Lire, sans doute, songea Hypatie. Mais lire quoi et comment ? Lire le seul Coran ou avoir la curiosité de se pencher sur d’autres ouvrages ? Lire sans comprendre n’est pas grave. Lire sans douter est redoutable. Lire sans plaisir, ce n’est pas lire. »

« ‒ Je n’ai appris qu’une seule chose durant tous mes voyages : il faut écouter l’autre, l’étranger, il faut lire l’autre, l’étranger. Il faut le comprendre. Cela doit être notre règle ordinaire, Nikolaus, notre règle absolue. Comme dit le vieux proverbe grec : "Fais bon accueil aux étrangers"…
‒ "Fais bon accueil aux étrangers, car toi aussi un jour tu seras étranger", complète Nikolaus. »


Mots-clés : #antiquite #communautejuive #historique #science #spiritualité #universdulivre
par Tristram
le Lun 16 Déc - 20:51
 
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Sujet: Jean-Pierre Luminet
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Daniel Mendelsohn

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Une odyssée : un père, un fils, une épopée

Topocl a évoqué avec beaucoup de justesse la beauté rare du récit composé par Daniel Mendelsohn. Le mythe révèle par l'écrit l'intime et interroge l'individu confronté à ses proches choix, à l'angoisse d'une perte, à la fragilité de la vie.

J'ai été particulièrement touché par l'humilité du regard de Daniel Mendelsohn envers son père. De l'entame d'un séminaire sur l"Odyssée" d'Homère aux imprévus d'une croisière méditerranéenne sur les traces de cette épopée, le fils découvre des richesses apparemment enfouies et remet en cause ses propres interprétations et perceptions. Les nuances, les contradictions et les complexités d'un être peuvent alors être perçues et transmises, créant un pont entre les multiples richesses d'un passé et l'édifice d'une histoire personnelle à construire.


mots-clés : #antiquite #autobiographie #contemporain #creationartistique #famille #relationenfantparent
par Avadoro
le Ven 7 Sep - 0:43
 
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Sujet: Daniel Mendelsohn
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Daniel Mendelsohn

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Une odyssée – un père, un fils, une épopée  

Daniel Mendelsohn, professeur de littérature classique, héritier de générations de spécialistes de la littérature classique,  entame un séminaire de première année au Bard Collège, pour  un groupe de  tout jeunes étudiants, naïfs et enthousiastes, sur le thème de l’Odyssée d’Homère. Une transmission intellectuelle qui reproduit celle que lui ont prodiguée ses maîtres, comme un cadeau à la génération suivante. Son père, un vieil homme dur, exigent, scientifique passionné de littérature, mort depuis – et dont la mort fait l’objet du bouleversant dernier chapitre - s’impose comme auditeur libre. Tout au fil des semaines, il va « ronchonner, pinailler et contester tout ce que je m’évertuais à leur enseigner », et le fils, quoique brillant professeur thèsé va souvent  se retrouver « comme si j’avais 11 ans ». Quelques semaines après, ils vont partager une croisière thématique en Méditerranée « Sur les traces d’Ulysse », expérience qui vient couronner cette étude théorique.

l’un de mes tableaux préférés, La chute d’Icare de Bruegel, se trouvait dans ce musée.
Effectivement. Une œuvre très célèbre que vous, qui êtes classiciste, devez particulièrement apprécier.
Absolument, confirmai-je en souriant. Elle nous parle de l’hubris, de ce qu’il y a d’insensé à défier les dieux.
Il me regarda, amusé. Ou plutôt de ce qu’il y a d’insensé à défier les pères!



On a dit que c’était un livre sur son père. Mais en fait, ça s’appelle Une odyssée, en référence à l’Odyssée d’Homère. Son père ? L’Odyssée ? Qu’importe ? N’est ce pas la même chose ? Car l’Odyssée, ne l’a t’on pas dit et répété, est un livre total, un de ces livres uniques et universels qui englobent tout, après lesquels il n’est plus besoin (possible ?) d’écrire quoi que ce soit, car tout est dit. Et cela, n’est ce pas la définition d’un être humain, unique, universel, in-reproductible ? L’analyse littéraire alterne avec le récit familial, l’un éclairant subtilement l’autre et ainsi, au fil des semaines, dans une traversée à haut risque qui le ramène au pays natal, l’Odyssée va lui donner en même temps  les clés de son père et les outils pour sa propre remise en question.

Cheminant habilement, dans un acharnement érudit, entre fiction et réalité, Mendelsohn décortique, crée des liens, des correspondances, des résonances, part en digressions, réminiscences. L’Odyssée c’est la vie tout entière, à commencer par la transmission, la filiation, la fidélité, la ruse, la recherche du port d’attache et les difficultés de la vie. C’est un récit qui  permet de tout comprendre, de « révéler les tendons d’Achille », un récit où le présent fait découvrir le passé (Mendelsohn appelle ça une composition circulaire) dans un miroir intellectuellement brillant et d’une incroyable émotion. On n’a plus aucun doute sur le fait que Daniel Mendelsohn a raison d’avoir consacré sa vie et son intelligence à décortiquer les textes antiques, puisqu’ils gardent cette actualité si prégnante, qu’on peut considérer ces fictions du passé comme une répétition générale de nos vies d’aujourd’hui.

Quelle audace bienvenue que d’offrir en partage ce décorticage chronologique et scrupuleux du texte ! Et quelle jubilation intellectuelle à suivre cette analyse progressive, intelligente, humaine, cette explication de texte en direct, vivante et accessible, tout à la fois rationnelle et subjective. Daniel Mendelsohn y mêle une sensibilité, au fil de la progression de sa quête, dans des détails touchants, ces relations implicites entre trois générations, des choses intimes qui se passent entre ce père et ce fils qui ne sont jamais parlé intimement et ébauchent un dialogue et une compréhension à travers la littérature.

Hommage magnifique à un texte unique et à un père unique, comme tous les pères, Une odyssée est un récit de transmission, palpitant et tendre, qui montre la littérature à l’œuvre, indispensable, généreuse et porteuse de sens. Et si le père, Jay Mendelsohn n’en démord pas, plein d’aplomb et d’humour sous-jacent, de préférer le poème au réel, pour ma part, je dois dire que j’ai bien du mal à exprimer une préférence entre cette fiction et cette réalité, qui, étroitement entremêlées, s’unissent à lever le voile du mystère d’un homme.

mots-clés : #antiquite #autobiographie #contemporain #creationartistique #famille #relationenfantparent
par topocl
le Sam 4 Nov - 10:46
 
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Homère

Homère
(VIIIème siècle av. J.-C. ?)

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Homère (en grec ancien Ὅμηρος / Hómêros, « otage » ou « celui qui est obligé de suivre ») est réputé avoir été un aède (poète) de la fin du viiie siècle av. J.-C. Il était simplement surnommé « le Poète » (ὁ Ποιητής / ho Poiêtếs) par les Anciens. Les deux premières œuvres de la littérature occidentale que sont l’Iliade et l’Odyssée lui sont attribuées.

Il est encore difficile d'établir aujourd'hui avec certitude si Homère a été un individu historique ou une identité construite, et s'il est bien l'auteur des deux célèbres épopées qui sont au fondement de la littérature occidentale. Cependant plusieurs villes ioniennes (Chios, Smyrne, Cymé ou encore Colophon) se disputaient l'origine de l'aède et la tradition l'individualisait en répétant qu'Homère était aveugle.

La place d'Homère dans la littérature grecque est tout à fait majeure puisqu'il représente à lui seul le genre épique à cette période : l’Iliade et l’Odyssée lui sont attribuées dès le vie siècle av. J.-C., ainsi que deux poèmes comiques, la Batrachomyomachia (littéralement « la bataille des grenouilles et des rats ») et le Margitès, et les poèmes des Hymnes homériques. La langue homérique est une langue déjà archaïque au viiie siècle av. J.-C. et davantage encore au moment de la fixation du texte, au vie siècle av. J.-C. : elle est associée à l'emploi de l'hexamètre dactylique.


Wikipédia

Bibliographie :

L'Iliade
L'Odyssée
La Batrachomyomachia
Le Margitès
Poèmes Homériques

mots-clés : #antiquite
par Arturo
le Lun 21 Aoû - 11:12
 
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Sujet: Homère
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Alberto Angela

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Empire : Un fabuleux voyage dans l'Empire romain avec un sesterce en poche

IIème siècle de notre ère ; l'Empire romain, alors dirigée par Trajan, n'a jamais été aussi étendu, aussi puissant, aussi prospère. Un âge d'or qu'Alberto Angela fait revivre sous nos yeux en partant d'une idée toute simple et pourtant lumineuse : suivre les pérégrinations d'un sesterce aux quatre coins de l'Empire. Cette petite pièce de monnaie est donc le prétexte qui nous conduit de l'Angleterre à l'Egypte, de la Dacie (actuelle Roumanie) à Leptis Magna, en passant _ entre autres_ par Rome et Carthage…
L'occasion de découvrir cet Empire si éloigné de nous et pourtant si proche par certains aspects. Une mondialisation avant l'heure (langue commune, même façon de vivre et de s'habiller) qui ne va pas sans provoquer les mêmes avantages, mais aussi les mêmes maux qu'aujourd'hui : épuisement des ressources, déforestation, et _ si si !_ délocalisations...

Rarement projet de vulgarisation aura été aussi réussi. L'auteur combine à merveille la Grande Histoire et les petites anecdotes du quotidien, s'attardant sur tous les aspects de la vie sous l'Empire. Quid de la médecine, de l'entraînement des légionnaires, de la sorcellerie ou de la confection des routes ? Que vous picoriez parmi les différents chapitres ou que vous le lisiez d'une traite comme moi, ce livre vous apportera des réponses qui vous réserveront bien des surprises !
Je vous laisse ainsi le soin de découvrir par vous-même comment ces diables de Romains faisaient sauter des pans entiers de montagnes pour les besoins miniers alors que les explosifs leur étaient totalement inconnus... Un indice ? Ils utilisaient les pouvoirs insoupçonnés de… l'eau !

Cette plongée dans l'univers romain, aussi ludique qu'instructive, m'a réservé des moments délectables. Un ouvrage qui ouvre l'appétit et donne envie d'en savoir plus. Que vous soyez passionnés par l'Antiquité ou simplement curieux, je ne saurais trop vous en conseiller la lecture !

(ancien commentaire remanié)


mots-clés : #antiquite #historique
par Armor
le Ven 10 Fév - 13:10
 
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Sujet: Alberto Angela
Réponses: 3
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