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La date/heure actuelle est Mar 11 Mai 2021 - 19:44

7 résultats trouvés pour entretiens

Philip K. Dick

Dernière conversation avec les étoiles

Tag entretiens sur Des Choses à lire Derniz10

Entretiens verbatim, tenus peu avant la mort de Philip K. Dick (début 1982) – et qui font mesurer comme elle est regrettable. Lecture qui prend tout son sens lorsqu’on connaît son œuvre, ou au moins certains des nombreux films qui en ont été tirés (comme Blade Runner, Total Recall ou Minority Report), mais qui ne manque pas non plus d’intérêt intrinsèque.
Il parle ici de Blade Runner, en train d’être monté à l’écran :
« La cinquième fois qu’on le voit, on ne saisit encore pas tout − c’est un vrai feu d’artifice, ça n’arrête pas de te balancer des informations. Et là, dans le public, en regardant ces vingt minutes d’extraits, j’ai compris qu’on entrait dans la décennie de l’information. On y est. L’information est la substance vitale, le métabolisme même du monde moderne. Les gens iront voir ce film en drogués de l’information. Ils vont y trouver beaucoup plus d’information qu’ils ne peuvent en absorber, et auront envie de revenir parce que c’est un stimulus pour le cerveau et que le cerveau adore être stimulé. »

Une remarque qui pourrait paraître anecdotique pour qui ne connaît pas l’obsession dickienne de « la figure d’androïde qui est ma métaphore personnelle de l’individu déshumanisé » :
« C’est une des rares idées que j’ai apportée en science-fiction. C’est vrai, les autres étaient plus ou moins des resucées – mais celle-là, c’est moi qui l’ai eue le premier, qu’un type puisse être un androïde sans le savoir. »

Dick évoque ensuite La Transmigration de Timothy Archer, dont voici l’incipit :
« Barefoot tient ses séminaires sur sa péniche à Sausalito. Cela coûte cent dollars pour comprendre les raisons de notre présence sur terre. On vous offre aussi un sandwich, mais je n’avais pas faim ce jour-là. John Lennon venait de se faire tuer, et je crois savoir pourquoi nous sommes sur cette terre ; c’est pour découvrir que ce que vous aimez le plus vous sera enlevé, sans doute à cause d’une erreur en haut lieu plutôt qu’à titre délibéré. »

Philip K. Dick parle notamment de ses rapports avec ses personnages, et de la façon dont, après une maturation mentale, il se débonde dans un texte écrit non-stop en peu de temps.
« G L. Tu as déjà eu un blocage d’écrivain ?
P.K.D. Oui, mais pour moi c’est plutôt positif parce que je suis un écrivain obsessionnel : sans ça j’entrerais en surchauffe ; il y aurait un court-circuit et je cramerais sur place. Il m’est arrivé d’écrire seize romans en cinq ans, que j’ai d’ailleurs tous placés.
G L. Ça fait beaucoup de travail.
P.K.D. Et c’est sans compter les nouvelles, beaucoup de nouvelles. Et toutes publiables. Toutes placées. Seize romans en cinq ans. Si je n’avais pas eu de blocage d’écrivain, je serais mort. Pour moi, c’est un grand soulagement. »

Philip K. Dick étudie la logique, les philosophies et théologies, qui nourrissent ses créations de concepts.
« Il faut que je me re-penche sur la question mais à mon avis, une proposition auto-authentifiante, ça peut exister. Et s’il y en a une, il peut y en avoir plusieurs. »

« Comme je l’ai dit, mes problèmes ont commencé quand je me suis mis à relire tous ces trucs [ses notes préparatoires] : je me suis rendu compte que ça me dépassait. J’avais pu les inventer, mais après ça, je n’arrivais pas à les comprendre. »

Il raconte son roman en cours, The Owl in Daylight, histoire faustienne (inspirée par le génial Beethoven, la musique étant l’art suprême selon Schopenhauer) où une civilisation extraterrestre sourde (d’une planète sans atmosphère) considère la terre comme le paradis dantesque à cause de la musique (ils ont développé une conception des couleurs qui fait de leur monde lumineux l’image du paradis pour nous). N’ayant que les mathématiques de directement en commun, les deux civilisations créent une symbiose (grâce à une biopuce) entre deux individus qui se sacrifient pour atteindre la perception de l’autre.
« Tout écrivain digne de ce nom a la tentation, à un moment ou à un autre de sa carrière, de donner une variation sur le thème de Faust. C’est presque le paradigme de l’écrivain. Faust et l’écrivain ne forment pratiquement qu’une seule et même personne. Les bons écrivains sont tous faustiens. C’est ce qui a conduit Joyce à écrire Finnegan’s Wake, auquel personne n’a jamais rien compris. Il fallait qu’il l’écrive. Il s’est dit : "Je peux tout écrire… je me demande si je peux écrire le livre le plus difficile qu’on ait jamais écrit – un livre tel qu’on n’en écrira plus jamais ?" »

Puis Philip K. Dick évoque ses recherches religieuses, son expérience mystique « Two-Three Seventy-Four », et celle de… l’avant-veille…

\Mots-clés : #entretiens
par Tristram
le Dim 21 Mar 2021 - 15:48
 
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Sujet: Philip K. Dick
Réponses: 11
Vues: 501

Marguerite Yourcenar

Les Yeux ouverts

Tag entretiens sur Des Choses à lire Les_ye10

Entretiens avec Matthieu Galey, essentiellement datés de 1979.
Mais d’abord, une précaution liminaire, issue de Wikipédia, qui pour le coup ne cite pas ses sources…
« Le livre parut quelques semaines avant que Yourcenar ne fût reçue, le 22 janvier 1981 à l'Académie française. Elle ne l'aima pas. La couverture était ainsi conçue qu'elle donnait l'impression qu'il s'agissait d'un livre écrit par elle. En outre elle estimait en avoir trop dit, s'être trop confiée voire s'être "déshabillée". Elle déclara : "Matthieu Galey m'a interrogée sur les sujets qui l'intéressaient, lui. Pas sur mes véritables préoccupations."
La relation confiante entre elle et Matthieu Galey fut dès lors brouillée [… »

Dans ces entretiens mis en forme par Galey, on trouve une note de Marguerite Yourcenar disant :
« Je me permets d’interrompre mon interlocuteur, car il faut toujours protester. »

Elle n’hésite pas à reprendre son interviewer et lui dire qu’il a mal lu, mais je ne sais jusque quel point elle a pu relire et corriger ces entretiens, elle qui le fit tant avec tant avec toute son œuvre…
Cette réserve émise, elle évoque sa vie et surtout ses livres, y compris ses traductions, comme Les vagues de Woolf et d’anciens negro-spirituals. C’est d’une grande intelligence, érudit, et surtout sans fard. Je vais essentiellement me contenter de la citer (et de limiter les extraits).
« Quand on parle de l’amour du passé, il faut faire attention, c’est de l’amour de la vie qu’il s’agit ; la vie est beaucoup plus au passé qu’au présent. Le présent est un moment toujours court et cela même lorsque sa plénitude le fait paraître éternel. Quand on aime la vie, on aime le passé parce que c’est le présent tel qu’il a survécu dans la mémoire humaine. »

« Un type humain purement homosexuel existe très peu dans l’Antiquité ; c’est même une chose tellement rare que je ne pourrais pas en fournir un exemple, en tout cas pas dans le monde grec ; le latin peut-être, vers l’époque de la décadence. Tous ces gens-là se marient, tous ces gens-là ont des maîtresses ; ils ont le sentiment de la liberté de choix et ce n’est pas du tout le fait de l’obsession ou d’une compulsion, comme c’est le cas de nos jours, où l’homme de goûts « minoritaires » tend à se créer une espèce de mythologie d’hostilité envers la femme, de crainte envers la femme. C’est très frappant à l’époque actuelle. Seulement, comme pour toutes les minorités, il faut sans cesse se rappeler que dès qu’on met les gens dans un état d’infériorité, qu’il s’agisse de race, de choix sensuel ou idéologique, ils commencent à souffrir au point de présenter certaines déformations intellectuelles, ou morales. C’est aussi vrai d’un Noir, ici, et d’un Juif dans les pays antisémites ; il se crée une manière de psychose qui n’aurait aucune raison d’être si tout, race, croyance, ou choix sensuel, était accepté. »

« Elle [sa pièce La Petite Sirène) a représenté le partage des eaux entre ma vie d’avant 1940, centrée surtout sur l’humain, et celle d’après, où l’être humain est senti comme un objet qui bouge sur l’arrière-plan du tout. »

Elle parle évidemment beaucoup de son travail d'écriture, et c'est passionnant.
« − Parce qu’en somme l’écrivain est le secrétaire de soi-même, Quand j’écris, j’accomplis une tâche, je suis sous ma propre dictée, en quelque sorte ; je fais la besogne difficile et fatigante de mettre en ordre ma propre pensée, ma propre dictée. »

« Seulement la poésie, c’est là où je crois que le poète moderne se trompe, repose sur des effets répétitifs, qui sont capables de jouer un rôle incantatoire, ou du moins de s’imposer au subconscient. Une poésie sans rythmes immédiatement perceptibles n’établit pas ce contact nécessaire au lecteur. »

« La prose laisse toujours l’esprit du lecteur beaucoup plus libre de s’évader du cercle magique, de juger. »

« …] ce que devrait être l’infinie diversité de la prose. Chargée de rythmes répétitifs et précis, elle devient d’une horrible monotonie. »

« …] la musique unit la forme et le fond. La forme émane du fond. »

« Mais la prose offre un nombre de possibilités incomparable. Comme la vie, elle propose une série de routes où chacun peut prendre la sienne. Elle ouvre un éventail de moyens beaucoup plus vaste. »

« − Le métier d’écrivain est un art, ou plutôt un artisanat, et la méthode dépend un peu des circonstances. Parfois je prends un bloc de papier et je griffonne mon texte d’une écriture qui devient malheureusement illisible au bout de quatre ou cinq jours, qui se fane, en quelque sorte, comme les fleurs. Mais il arrive aussi que j’aille droit à ma machine à écrire et que je tape une première version. Dans les deux cas, je mets toutes mes lancées, pour chaque phrase ; ensuite je rature, et je choisis celle que je préfère. Je travaille aussi à la colle et au ciseau, mais pas toujours. Et si vous aimez les petites manies d’écrivain, je peux vous en citer une : à la troisième, ou à la quatrième révision, armée d’un crayon, je relis mon texte, déjà à peu près propre, et je supprime tout ce qui peut être supprimé, tout ce qui me paraît inutile. Là, je triomphe. J’écris en bas des pages : supprimé sept mots, supprimé dix mots. Je suis ravie, j’ai supprimé l’inutile. »

Je suis toujours ébaudi devant les constats lucides qui voyaient notre présent et qui comme ici, remontent à plus de quarante ans : de l’environnement à la dévaluation de l’enseignement (là aux USA, où Yourcenar vivait) :
« Les problèmes qui m’occupent et me bouleversent sont de ceux qui ne touchent encore en France qu’une minorité, mais je crois qu’ils s’imposeront de plus en plus à l’avenir. Je suis parfois stupéfaite par le côté conventionnel et périmé des idéologies qu’on nous présente en France comme courantes, sinon comme neuves. L’explosion démographique, qui transforme l’homme en habitant d’une termitière et prépare toutes les guerres futures, la destruction de la planète causée par la pollution de l’air et de l’eau, la mort des espèces animales qui rompt l’équilibre vital entre le monde et nous, la confrontation de chacun de nous avec soi-même et avec Dieu (quel que soit le sens que chacun donne à ce mot), les nouvelles et profondes orientations de la science, rien de tout cela, dont tout dépend, n’intéresse en France la littérature, et ceux qui heureusement s’en occupent ne sont pas des littérateurs. L’avant-garde qui aujourd’hui se prétend telle sera l’arrière-garde de demain. »

« Le touriste allant à fond de train nulle part, dépensant son agressivité sur les routes, ne se doutait pas, avant-hier encore, que la crise de l’essence allait menacer son "standard" et faire basculer l’équilibre économique du monde ; seuls quelques savants se préoccupent aujourd’hui des pluies chargées d’acidité et de la raréfaction de l’ozone. Les vrais éléments du drame échappent aux acteurs. »

« L’État américain commence seulement à se préoccuper de l’analphabétisme, caché sous l’imposture des millions dépensés en faveur de l’"éducation pour tous". »

« Une jeune femme de vingt-sept ans qui travaille pour moi, vive, d’ailleurs, et intelligente, croit que le Guatemala est dans les mers du Sud et que Vienne est la capitale de la Suisse. Vous me direz : "Qu’importe ?" Sans doute, mais quand on pense que ces personnes éliront des gens qui prendront des décisions lourdes de conséquences pour le pays, on est saisi de peur. »

« Je condamne l’ignorance qui règne en ce moment dans les démocraties aussi bien que dans les régimes totalitaires. Cette ignorance est si forte, souvent si totale, qu’on la dirait voulue par le système, sinon par le régime. »

Il est vraiment frappant de lire comme Yourcenar est toujours d’actualité :
« Aucune solution n’est viable tant qu’on n’a pas d’abord réglé la question de la démographie. Nous en sommes au point où il est nécessaire que la société accepte de régresser pour s’assainir. »

« Je me dis souvent que si nous n’avions pas accepté, depuis des générations, de voir étouffer les animaux dans des wagons à bestiaux, ou s’y briser les pattes comme il arrive à tant de vaches ou de chevaux, envoyés à l’abattoir dans des conditions absolument inhumaines, personne, pas même les soldats chargés de les convoyer, n’aurait supporté les wagons plombés des années 1940-1945. »

On devine aussi chez elle un ton cassant, en tout cas un grand mépris des périphrases, euphémismes et autre langue de bois :
« − Comme toutes les litotes et les faux-fuyants, je trouve que cela ne sert qu’à prouver l’existence du problème. Il vaut beaucoup mieux dire "une négresse" sans salir le mot d’aucun préjugé. »


\Mots-clés : #entretiens
par Tristram
le Jeu 11 Mar 2021 - 0:01
 
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Sujet: Marguerite Yourcenar
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Marie-Hélène Lafon

Tag entretiens sur Des Choses à lire 97820812

Le pays d'en haut
Entretiens avec Fabrice Lardreau

Deux parties pour ce petit livre. La partie entretiens : l'enfance, le rapport au pays, la prise de conscience de ses particularités et l'attachement. Une réflexion aussi sur le lien entre les gens et le pays, ce que le pays façonne d'eux. Egalement ce regard de celle, d'une qui est partie (pour Paris). Echos littéraires aussi.

Ce qui nous amène à la partie extraits choisis d'autres auteurs qui parlent du coin (Cantal) ou d'autres... des passages vivifiants.

Pas une révélation pour les lecteurs familiarisés avec l'auteur mais sur la même trame, trace et faisant apparaître des images, presque des spectres de notre monde (modes de vie, et images se confrontant à une concrète réalité géographique et histoire loin d'être capitalo-centrée).

Mots-clés : #autobiographie #entretiens #lieu #ruralité
par animal
le Mer 14 Oct 2020 - 8:11
 
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Danièle Sallenave

Viol

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Un livre compliqué à juger.
Le sujet doit être traité, il est important, cette histoire d'épouse narrant la découverte d'un viol au sein de sa famille et retraçant les événements, le choc, la prise de conscience, le rejet de cette idée, le rejet des accusatrices. C'est troublant, cela fait réfléchir même si la forme choisie (entretiens) laisse dubitatif, car cela appauvrit le style et il faut un certain talent pour tenir un récit uniquement sur des dialogue. Peu d'écrivains y parviennent et je pense que cet exercice fut trop périlleux pour l'auteure perdant en émotion, en capacité à transmettre de l'information.
Le poids du réalisme est cependant bien présent et les personnages représentent bien une classe populaire silencieuse en proie avec beaucoup de détresse.
Une lecture en demi-teinte que j'ai cependant appréciée.


Mots-clés : #contemporain #entretiens #temoignage #violence
par Hanta
le Sam 7 Mar 2020 - 11:08
 
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Umberto Eco et le Cardinal Carlo Maria Martini

Umberto Eco
(1932 - 2016)

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Umberto Eco, né le 5 janvier 1932 à Alexandrie dans le Piémont et mort le 19 février 2016 à Milan, est un universitaire, érudit et écrivain italien. Fils de Giovanna Bisio et de Giulio Eco, employé aux chemins de fer, il a passé son baccalauréat au lycée Giovanna-Plan d'Alexandrie, sa ville natale. Dans sa classe, il y avait un accordéoniste, Gianni Coscia, qui a fait une carrière en accompagnant entre autres Astor Piazzolla. Ils se sont liés d'amitié et ont composé ensemble à l'école de petites revues musicales dont Umberto écrivait le livret. Amis d'enfance, ils ont continué à faire de la musique ensemble, Umberto Eco étant un très honorable flûtiste.

Dans sa jeunesse, il faisait partie des jeunes catholiques de l'action catholique. Au début des années cinquante, il en devint même un des principaux responsables nationaux italiens. En 1954, il abandonna son engagement en raison d'un désaccord avec Luigi Gedda (it).
Diplômé en philosophie en 1954 à l'université de Turin (avec une thèse sur l'esthètique de Saint Thomas d'Aquin), Umberto Eco s'intéresse dans un premier temps à la scolastique médiévale, puis à l'art d'avant-garde et à la culture populaire contemporaine. Il rencontre un succès immédiat en Italie.
Sa thèse universitaire sur Thomas d'Aquin lui fit mettre de la distance avec la Foi et l'église catholique : « Il m'a miraculeusement guéri de la foi », a-t-il déclaré ironiquement.
Devenu ensuite un pionnier des recherches en sémiotique (La Structure absente, 1968), Umberto Eco développe une théorie de la réception qui le place parmi les penseurs européens les plus importants de la fin du xxe siècle.

Son premier roman, Le Nom de la rose (1980) connaît un succès mondial avec plusieurs millions d'exemplaires vendus et des traductions en 43 langues, malgré un contenu dense et ardu. Umberto Eco met en application dans ce « policier médiéval » ses concepts sémiologiques et ses théories du langage, ceux-là mêmes qu'il enseigne à Turin.
Son deuxième roman, Le Pendule de Foucault (1988) connaît également un énorme succès, quoique pour des raisons inverses : le public, guidé par Eco, part à la découverte de symboles énigmatiques ou prophétiques, à rebours de la dénonciation de l'ésotérisme qui est pourtant le propos de l'auteur. Mais celui-ci démontre par la même occasion que le lecteur est libre de ses interprétations. Le livre tourne d'ailleurs en ridicule l'interprétation à outrance des faits avérés ou légendaires de l'histoire, en tirant avec un égal succès des dimensions d'un simple kiosque à journaux le même genre d'informations de portée cosmique que certains se croient fondés à lire dans celles de la pyramide de Khéops.

Tout au long de sa carrière, il écrit régulièrement, dans des quotidiens et des hebdomadaires, des chroniques sur des sujets de l'heure, avec un souci de « débusquer du sens là où on serait porté à ne voir que des faits ».

Il est élu membre associé de l’Académie royale de Belgique le 7 mars 2011.
En février 2015, il est récompensé du prix Alphonse-Allais pour l'ensemble de son œuvre. En novembre 2015, il quitte les éditions Bompiani pour fonder à Milan La nave di Teseo, une nouvelle maison d'édition.
Umberto Eco meurt le 19 février 2016 d'un cancer.

source : Wikipédia

Fil personnel de l'auteur : https://deschosesalire.forumactif.com/t1563-umberto-eco

Bibliographie :

Spoiler:
Romans
- Le Nom de la Rose (1980) : Page 1
- La Pendule de Foucault (1988)
- L'Ile du Jour d'avant (1994)
- Baudolino (2000)
- La Mystérieuse flamme de la Reine Loana (2004)
- Le Cimetière de Prague (2010) : Page 1
- Numéro Zéro (2015)

Essais (liste sélective)
- Le Problème esthétique chez Thomas d'Aquin (1970)
- Art et beauté dans l'esthétique médiévale (1987)
- L'Œuvre ouverte (1962)
- Pastiches et postiches (1996) (version augmentée de Diario minimo, 1963)
- La Structure absente, introduction à la recherche sémiotique (1968)
- Le Signe, histoire et analyse d'un concept, (1971)
- La Guerre du faux (tiré de Il costume di casa, 1973; Dalla periferia dell'impero, 1977 ; Sette anni di desiderio, 1983)
- Beatus de Liébana (1973)
- La Production des signes (version partielle de A Theory of Semiotics, 1975)
- De Superman au Surhomme (1976)
- Lector in fabula ou la Coopération interprétative dans les textes narratifs (1979)
- Apostille au Nom de la Rose (1983)
- Sémiotique et philosophie du langage (1984)
- L'Énigme de la Hanau 1609 (1989) (« Enquête bio-bibliographique sur l'Amphithéâtre de l'Éternel Sapience... de heinrich Khunrath»)
- Les Limites de l'interprétation (1990)
- Comment voyager avec un saumon, nouveaux pastiches et postiches (traduction partielle de Il secondo diario minimo)
- Interprétation et surinterprétation (1992)
- La Recherche de la langue parfaite dans la culture européenne (1993)
- Six promenades dans les bois du roman et d'ailleurs (1994)
- Incontro - Encounter - Rencontre (1996) (en italien, anglais et français)
- Croire en quoi ? (1996) Page 1
- Cinq questions de morale (1997)
- Kant et l'ornithorynque (1997)
- De la littérature (2002)
- La Licorne et le Dragon, les malentendus dans la recherche de l'universel (collectif, 2003)
- Histoire de la beauté (2004)
- À reculons, comme une écrevisse (2006)
- Dire presque la même chose, expériences de traduction (2003)
- Histoire de la laideur (2007)
- Histoire de la beauté (2008)
- Vertige de la liste (2009) Page 1
- De l'arbre au labyrinthe (2011)
- Confessions d'un jeune romancier (2013)
- Histoire des lieux de légende (2013)
- Construire l’ennemi (2014)
- Écrits sur la pensée au Moyen Âge (2015)
- Chroniques d'une société liquide (2016)
- Comment écrire sa thèse
- Reconnaître le fascisme

En collaboration
- Jean-Claude Carrière et Umberto Eco, N’espérez pas vous débarrasser des livres (2009)

Œuvres pour la jeunesse
- Les Trois Cosmonautes, avec Eugenio Carmi, 1989
- La Bombe du général, avec Eugenio Carmi, 1989
Les Gnomes de Gnou, avec Eugenio Carmi, Grasset, 1993


Cardinal Carlo Maria Martini
1927/2012

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Carlo Maria Martini, né le 15 février 1927 à Turin (Italie) et mort le 31 août 2012 à Gallarate, près de Milan (Italie), est un prêtre jésuite italien. Professeur d'Écritures saintes et recteur de l'Institut biblique de Rome, il devient recteur de l'Université grégorienne avant d'être nommé archevêque de Milan en 1979. Il est créé cardinal par Jean-Paul II en 1983.

Spoiler:
Jeunesse et formation
Né à Turin, Carlo Maria Martini est baptisé le 22 février 1927. Au journaliste Aldo Maria Valli il confie : « C'est à mes parents que je dois mes racines religieuses et le respect de qui pense autrement que moi ». À neuf ans, il va à l'école jésuite Istituto Sociale à Turin. Le 25 septembre 1944, il entre dans la Compagnie de Jésus et est ordonné prêtre le 13 juillet 1952 par le cardinal Maurilio Fossati.

En 1958, il obtient un doctorat de théologie fondamentale à l'Université pontificale grégorienne de Rome. Sa thèse porte sur les témoignages de la résurrection du Christ. Il obtient ultérieurement un deuxième doctorat à l'Institut d'études bibliques de Rome avec cette fois-ci une thèse sur l'Évangile selon Luc.

Professeur d'Écritures saintes
Le 2 février 1962, il fait sa profession religieuse définitive dans la Compagnie de Jésus. À partir de cette même année, il commence une longue collaboration avec la revue La Civiltà Cattolica où il signera un grand nombre d'articles, particulièrement sur le progrès des recherches en sciences bibliques. Il est chargé d'enseignement à l'Institut biblique pontifical, un institut d'études supérieures et de recherches en sciences bibliques, dont il est le recteur de 1969 à 1978.
En 1978, il est choisi par le pape Paul VI pour être le recteur (rector magnificus) de l'Université pontificale grégorienne. Pendant ces années, il publie de nombreux travaux universitaires. Il est l'un des responsables éditoriaux du Novum Testamentum Graece.

Archevêque de Milan
Le 29 décembre 1979, Jean-Paul II le nomme archevêque de Milan. Pour sa première nomination épiscopale, Carlo Maria Martini reçoit d'emblée la responsabilité du diocèse le plus grand au monde avec plus de 1 100 paroisses, une charge considérable et prestigieuse. Il est consacré le 6 janvier 1980 par le pape en personne.
En tout l'archevêque donne une place privilégiée à la lecture et la méditation de la Parole de Dieu. En novembre 1980, il met sur pied l' école de la Parole qui réunit chaque mois des milliers de jeunes gens qu'il initie à l'écoute et la méditation de l'Écriture.
De 1987 à 1993, il préside la Conférence des évêques européens.

Cardinal
Carlo Maria Martini en 1992.
Lors du consistoire du 2 février 1983, il est créé cardinal par le pape Jean-Paul II avec le titre de cardinal-prêtre de Sainte-Cécile du Trastévère.
En 1995-1996, il participe à la création de la « mafia de Saint-Gall » avec Mgr Ivo Fürer (en).
En 2002, ayant atteint l'âge de la retraite, il est remplacé à Milan par le cardinal Dionigi Tettamanzi. Pour marquer la fin de son mandat apostolique à Milan il écrit une lettre pastorale intitulée Sur Ta parole: « Pas de nostalgie, pas de regrets, pas de fuites des nécessités actuelles: laissons-nous donc animer d'une ardente espérance, d'une profonde passion pour le Royaume qui vient... » Attaché à la Terre sainte, où le bibliste qu'il est retrouve les traces de Jésus de Nazareth, qui a toujours été au coeur de sa vie et de sa recherche, il prend sa retraite à Jérusalem, pour y prier et se consacrer à ses études d'exégèse biblique.
Lors du conclave de 2005, âgé de 78 ans, il est encore électeur et éligible. Pendant des années, de nombreux catholiques « progressistes » ont espéré son élection pour succéder à Jean-Paul II. Cependant, à la mort de ce dernier, l'élection du cardinal Martini est généralement considérée comme improbable, en raison de ses opinions, de son âge, ou, surtout, parce qu’il souffre de la maladie de Parkinson. Il refuse alors qu'on vote pour lui.
Le 15 février 2007, il atteint l'âge limite de 80 ans et ne peut plus voter en cas de nouveau conclave. Il rentre en Italie du Nord en 2008, sa maladie de Parkinson s'étant aggravée.
Il meurt à Gallarate le 31 août 2012 (à 85 ans). En novembre 2012, le rabbin Giuseppe Laras, acteur du dialogue judéo-chrétien au côté de Carlo Maria Martini, fait parvenir de la terre de Jérusalem pour que celle-ci soit placée dans le tombeau du cardinal4. Le rabbin Laras souhaite qu'une forêt soit consacrée à sa mémoire, près du lac de Tibériade, comme pour Jean XXIII, entre autres.


Souvent considéré comme l'un des membres « progressistes » du Sacré Collège, il a montré à travers ses nombreux écrits une grande largeur de vues qui l'a rendu populaire dans certains milieux de l'Église catholique.
L'une de ses œuvres les plus connues dans le grand public est une série de lettres échangées avec l'auteur italien Umberto Eco, dont la traduction française a été publiée en 1997 sous le titre Croire en quoi ?
Il déclare en juillet 2007 qu'il ne célébrera pas la forme tridentine du rite romain tel que le permet le récent motu proprio Summorum Pontificum6, soulignant la bonne volonté de Benoit XVI qui « permet à chacun de prier Dieu dans l'ancienne forme et dans la nouvelle ».
En 2008, il livre un ouvrage d'entretiens sur la foi, les jeunes et l'Église avec le jésuite Georg Sporschill, dans lequel il apparait souvent à contre-courant du pape Benoît XVI et critique à demi-mot la hiérarchie de l'Église. Il remet explicitement en cause Humanæ Vitæ et estime que l'interdiction de la contraception artificielle a créé « un tort grave » à l'Église qui, selon lui, « [s']est éloignée de beaucoup de gens » et dont « beaucoup de gens se sont éloignés »


Publications en français
Spoiler:

1968 - 1984
1968 : Beati Petri Apostoli epistulae Ex Papyro Bodmeriana VIII Transcriptae, (2 vol.) éd. Hamilcar Pizzi, Milan. Fac-simile d'un papyrus biblique important, le papyrus Bodmer VIII.
1968 : Collaboration à Kurt Aland, Matthew Black, Carlo M. Martini… [et al.], The Greek New Testament, United Bible societies, London ; New York ; Edinburgh [etc.], 2d ed.
1969 : Essai bibliographique sur Jésus-Christ, à la suite de Paul VI (Pape) Messages aux hommes d'aujourd'hui, le Christ et le drame de conscience moderne, Fayard, Paris.
1981 : Voici votre roi : les "Exercices spirituels" de saint Ignace à la lumière de saint Jean, Cerf, Coll. « Épiphanie » no 62
1982 : Être avec Jésus : l'itinéraire spirituel des Douze selon saint Marc, Cerf, Coll. « Épiphanie » no 78

Le cardinal Martini reçoit la visite du pape Jean Paul II à Milan en 1984.
1984 : Itinéraire de prière avec Saint Luc, Médiaspaul, Coll. «Maranatha» no 2, Paris
1984 : Saint Paul face à lui-même, Médiaspaul, Coll. «Maranatha» no 3, Paris
1984 : La Bonne Nouvelle de la Résurrection.Contribution à l'ouvrage collectif sous la direction de R. Gantoy . Cerf, Collection « Lire la Bible » no 66
1985 - 1994
1985 : L'Évangélisateur en saint Luc, Médiaspaul, Coll. «Maranatha» no 5, Paris
1986 : Témoins de la Parole - Maximilien Kolbe. Thérèse de l'Enfant-Jésus. Charles de Foucauld. Simone Weil. Georges La Pira. Deux fiancés., Cerf, Coll. « Épiphanie »
1986 : La Femme de la Réconciliation, ed. Saint-Paul, Paris-Fribourg
1986 : Peuple en marche : pour une Église missionnaire, Médiaspaul, Coll. «Maranatha» no 6, Paris
1987 : Sur les chemins du Seigneur : réflexions pour chaque jour, Desclée de Brouwer, Paris
1987 : L'Église pour le monde : méditations sur l'Église d'après les textes de Vatican II, ed. Saint-Paul, Paris-Fribourg
1987 : La Femme dans son peuple : le cheminement de Marie avec les hommes et les femmes de tous les temps, Médiaspaul, Coll. «Maranatha» no 12, Paris
1987 : Présentation dans Carlo Cremona, Augustin d'Hippone : la raison et la foi, Éd. de la Colombe, Paris
1990 : Préface pour Aux commencements de la foi : pastorale catéchuménale en Europe aujourd'hui / Conférence européenne des catéchuménats, Médiaspaul, Paris
1991 : Participation à Communication et spiritualité : recueil de textes et d'interviews, Pierre Babin (Dir.), Chalet, Coll. «Le chrétien en situation», Paris
1991 : Préface dans Les évêques d'Europe et la nouvelle évangélisation Coll. «Documents des Églises», Paris
1991 : David et le Christ : retraite ignacienne, éd. Culture et vérité, Coll. «Chrétiens aujourd'hui» no 6, Namur
1992 : Prêtres, quelques années après… - Méditations sur le ministère presbytéral, Cerf, Coll. « Épiphanie », Paris.
1992 : "Je te cherche dès l'aube" : une école de prière, Centurion, Paris
1993 : Épreuve et persévérance - Méditations sur le livre de Job, Cerf, Coll. « Épiphanie »
1993 : Épreuve et persévérance : méditations sur le livre de Job, Cerf, Coll. «Épiphanie», Paris
1994 : À l'écoute du cœur : entretiens avec Alain Elkann, Albin Michel, Coll. «Paroles vives», Paris
1994 : Vie de Moïse : vie de Jésus et existence pascale, Ed. Saint-Augustin, Saint-Maurice (Suisse)
1994 : Abraham, notre père dans la foi, Ed. Saint-Augustin, Saint-Maurice (Suisse).
1995 - 1999
1995 : Bible et vocation : de la vocation baptismale à la vocation sacerdotale, Médiaspaul, Coll. Maranatha no 34, Paris
1995 : Samuel - Méditations sur le premier livre de Samuel, Cerf, Coll. « Épiphanie »
1995 : Et Dieu se fit vulnérable : les récits de la Passion, Cerf, Coll. Épiphanie
1995 : S'ouvrir à la Parole du Christ : maximes spirituelles / cardinal Martini ; choisies par Christine Povero, Fates, Coll. Foi Vivante no 363, Troyes
1995 : "Je jouerai pour Toi" : méditations sur la vie religieuse, Desclée de Brouwer, Paris
1995 : "Que devons-nous faire ?" : méditations pastorales sur l'Évangile de Matthieu, Desclée de Brouwer, Paris
1995 : Et Dieu se fit vulnérable - Les récits de la passion, Cerf, Coll. « Épiphanie »
1995 : Apôtre, projet de vie ou mandat ?, Éd. Saint-Augustin, Saint-Maurice (Suisse)
1996 : Mets de l'ordre dans ta vie - Méditations sur les «Exercices spirituels» de saint Ignace, Cerf, Coll. « Épiphanie »
1997 : En chemin avec Timothée, Éd. Saint-Augustin, Saint-Maurice (Suisse)
1997 : La femme dans son peuple : le cheminement de Marie avec les hommes et les femmes de tous les temps, Médiaspaul, Coll. Maranatha no 12, Paris
1997 : Jérémie : parole pour aujourd'hui, Éd. Saint-Augustin, Saint-Maurice (Suisse)
1998 : Croire en quoi ?, en collab. avec Umberto Eco, Éd. Payot & Rivages, Coll. Rivages poche. Petite bibliothèque
1998 : À l'écoute du cœur : entretiens avec Alain Elkann, Albin Michel, Coll. Espaces Libres no 83, Paris
1998 : Miettes de la Parole, Éd. Saint-Augustin, Saint-Maurice (Suisse)
1998 : À la fin du millénaire faisons un rêve, Salvator, Paris
1998 : Qui suis-je ? Qui es-tu ? : Méditations bibliques pour les jeunes, Salvator, Paris
1998 : Parole et politique, en collab. avec Enzo Bianchi, Éd. Fates, Troyes
1998 : Marie souffre encore, Éd. Saint-Paul, Versailles.
1999 : Libre pour aimer - Marie, Servante du Seigneur, modèle des croyants – Méditations, Cerf, Coll. « Épiphanie »
1999 : Petit dictionnaire de spiritualité, Éd. Saint-Augustin, Saint-Maurice (Suisse)
1999 : J'irai vers mon Père : lettre pastorale 1998-1999, Éd. Saint-Augustin, Saint-Maurice (Suisse)
2000 - 2004
2000 : Méditations sur l'Évangile de Marc, Éd. Saint-Augustin, Saint-Maurice (Suisse)
2000 : Quelle beauté sauvera le monde ?, Éd. Saint-Augustin, Saint-Maurice (Suisse)
2000 : Le fruit de l'Esprit dans la vie quotidienne, Éd. de l'Atelier & Éd. ouvrières, Paris
2000 : Les Béatitudes, Éd. Saint-Augustin, Saint-Maurice (Suisse)
2000 : Méditations sur l'Évangile de Jean, Éd. Saint-Augustin, Saint-Maurice (Suisse)
2000 : "Je rêve d'une Europe de l'Esprit", Bayard, Paris
2001 : Simple propos sur le corps, Éd. Saint-Paul, Versailles
2001 : Témoins de la Parole, Éd. Saint-Augustin, Saint-Maurice (Suisse)
2001 : Disciples du Christ ressuscité, Éd. Saint-Augustin, Saint-Maurice (Suisse)
2001 : La joie de l'Évangile, Éd. Saint-Augustin, Saint-Maurice (Suisse)
2001 : Le "Notre Père", Éd. Saint-Augustin, Saint-Maurice (Suisse)
2002 : Les vertus, Éd. Saint-Augustin, Saint-Maurice (Suisse)
2003 : La joie parfaite, fruit de la Croix, avec la collab. Raniero Cantalamessa, Éd. Saint-Augustin, Saint-Maurice (Suisse)
2003 : Les sacrements, Éd. Saint-Augustin, Saint-Maurice (Suisse)
20qu04 : Le Désir de Dieu - Prier les psaumes, Cerf, Coll. « Épiphanie »
2004 : L'Esprit et l'apostolat, avec la collab. de Godfried Danneels, Franco Gallivanone et Benoît Standaert, Éd. Saint-Augustin, Saint-Maurice (Suisse)
2004 : Le sérieux de la foi : croire selon saint Jean, Éd. Saint-Augustin, Saint-Maurice (Suisse)
2004 : Vers Jérusalem, Cerf, Paris
2004 : L'Église une, sainte, catholique, apostolique, Éd. Saint-Augustin, Saint-Maurice (Suisse)
2004 : Propos sur l'art, Éd. Saint-Augustin, Saint-Maurice (Suisse)
2004 : Vers Jérusalem, Cerf, Coll. « Épiphanie »
2005 - 2012
2005 : Découvrir sa [vocation], Éd. Saint-Augustin, Saint-Maurice (Suisse)
2005 : Paul et son ministère : deuxième Lettres aux Corinthiens, Éd. Saint-Augustin, Saint-Maurice (Suisse)
2005 : O mon peuple, sors de tes servitudes, Éd. Saint-Augustin, Saint-Maurice (Suisse)
2005 : Paul et son ministère : deuxième Lettres aux Corinthiens, Éd. Saint-Augustin, Saint-Maurice (Suisse)
2006 : Martini – Mes trois villes - Rome, Jérusalem, Milan, Cerf, Coll. « L'Histoire à vif »
2006 : Préface pour Gilles Routhier et Laurent Villemin (Dir.) Nouveaux apprentissages pour l'Église : mélanges offerts à Hervé Legrand, Cerf, Paris
2006 : Préface pour Alain Marchadour & David Neuhaus, La terre, la Bible et l'histoire : "vers le pays que je te ferai voir", Bayard, Paris
2011: "Mon jardin secret" DDB (226 p) cité dans "Prions en Église" no 295, juillet 2011
2012 : L’évêque au jour le jour, Éditions Lessius
2013 : Je crois à la vie éternelle, Éditions Médiaspaul
2013 : Dernières conversations : Sur Dieu, l'Eglise, le pape, l'éthique et la foi, Bayard Jeunesse


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Croire en quoi ?

Tag entretiens sur Des Choses à lire Croire11


Ce livret est co-signé par Umberto Eco et le cardinal Carlo Maria Martini.
Le titre original est In cosa crede chi non crede ? qui serait mieux traduit par « À quoi croit celui qui ne croit pas ».
L’idée de base, c’est de délimiter un terrain d’entente entre Eglise et non-croyants : quels sont leurs points d’accord, leur "lieu commun" ?
Le dialogue débute par des vues sur le millénarisme (cet échange épistolaire remonte à 1995), l’Apocalypse de Jean, la fin des temps (il est contemporain des Entretiens sur la fin des temps entre Jean Delumeau, Umberto Eco, Stephen Jay Gould et Jean-Claude Carrière, de très recommandable lecture).
« Nous vivons aujourd’hui [1995] (fût-ce de la manière écervelée à laquelle les moyens de communications nous ont habitués) nos terreurs de la fin ; et, disons-le, dans l’esprit du bibeamus, edamus, cras moriemur ["Buvons et mangeons, car nous mourrons demain", Ésaïe, XXII, 13], en célébrant la fin des idéologies et de la solidarité dans le tourbillon d’un consumérisme irresponsable. Chacun joue avec le fantasme de l’Apocalypse tout en l’exorcisant d’autant plus inconsciemment qu’il le craint et le projette sur les écrans sous forme de spectacle sanguinolent, espérant ainsi l’avoir rendu irréel. Mais la force des fantasmes tient précisément à leur irréalité. »

Eco précise que la notion de progrès, d’histoire, de marche en avant, de perfectibilité et donc d’espérance est intrinsèquement chrétienne ; d’où la finalité dernière prônée par la religion.
L’enjeu principal, il y a un quart de siècle, c’est déjà celui de la planète. Eco pointe un paradoxe (ou une méconnaissance) qui me revient souvent à l’esprit :
« Il y a les végétariens, qui renoncent au respect de la vie végétale pour protéger la vie animale. »

L’écueil religion (catholique) et laïcité, c’est d’abord le problème du respect de la vie (surtout dans le débat sur le droit à l’avortement). Puis c’est la question du sacerdoce des femmes.
Quel est le fondement de l’éthique, de la morale laïque, dans une société aux règles mouvantes ? Quelle est la justification de l’altruisme sans principe métaphysique, transcendant ?
« Certains problèmes éthiques me sont devenus plus clairs quand je me suis penché sur des questions sémantiques ‒ et peu importe si d’aucuns trouvent nos propos difficiles : ils ont sans doute été encouragés à penser trop facile par la "révélation" mass-médiatique, prévisible par définition. Qu’ils apprennent à penser difficile, car ni le mystère ni l’évidence ne sont faciles.
Il s’agit de savoir s’il existe des "universaux sémantiques", c'est-à-dire des notions élémentaires communes à toute l’espèce humaine, pouvant être exprimées par toutes les langues. […] Malgré cela, j’en suis arrivé à la certitude qu’il existe des notions communes à toutes les cultures, et que toutes se réfèrent à la position de notre corps dans l’espace. »

Il me semble finalement revenir à la vague notion d’archétypes jungiens d’un inconscient collectif…

En un mot, une lecture stimulante d'intelligence, ouvrant des perspectives et précisant même quelques concepts d'actualité.


Mots-clés : #entretiens #philosophique #religion
par Tristram
le Mer 10 Juil 2019 - 9:36
 
Rechercher dans: Écrivains Italiens et Grecs
Sujet: Umberto Eco et le Cardinal Carlo Maria Martini
Réponses: 0
Vues: 407

Daniel Mendelsohn

Les Disparus

Tag entretiens sur Des Choses à lire Les-di10

Très tôt dans l’ouvrage, les commentaires du commencement de la Torah, l’origine du monde et le début de l’histoire de l’humanité, le présentent comme une sorte de travelling du général au particulier, procédé choisi par souci de raconter une histoire particulière pour représenter l’universelle. Une intéressante glose de la Bible se déroule en parallèle de l’enquête de l’auteur, insérée en italiques comme tout ce qui est externe à son cours, et concernant notamment les annihilations divines (le déluge, Sodome et Gomorrhe) ; on apprend aussi qu’Abraham, le premier Juif, s’est enrichi comme proxénète de sa propre femme auprès de Pharaon (IV, 1)…
Daniel Mendelsohn revient sur les mêmes points, répète les mêmes choses, cite plusieurs fois le même document ou le même extrait dans une sorte de délayage qui ne m’a pas toujours paru approprié ou plaisamment effectué ; de plus, l’ouvrage fait 750 pages, et c’est long. Peut-être est-ce calqué sur la forme litanique de lamentations du type kaddish, comme le livre éponyme d’Imre Kertész ; il est vrai que par contraste les témoignages précis (et horribles) marquent d’autant plus. En tout cas, on peut s’attendre à des moments d’ennui ou d’agacement avec d’être totalement pris par les attachantes personnes rencontrées dans cette quête étendue dans le temps et l’espace.
Les Disparus, c’est ceux (personnes et culture) dont il ne reste apparemment rien et dont Mendelsohn tente de retrouver trace, mais c’est aussi beaucoup l’histoire de sa parentèle ; le goût prononcé pour la famille et la généalogie, un peu désuet voire étonnant pour certains.
Ce livre, c’est encore comment conter, le compte-rendu de l’élaboration de sa narration, la transmission des faits de la Shoah par les petits-enfants des témoins ; focus et importance des détails.
« Un grand nombre de ces fêtes [juives], je m'en étais alors rendu compte, étaient des commémorations du fait d'avoir, chaque fois, échappé de justesse aux oppressions de différents peuples païens, des peuples que je trouvais, même à ce moment-là, plus intéressants, plus engageants et plus forts, et plus sexy, je suppose, que mes antiques ancêtres hébreux. Quand j'étais enfant, à l'école du dimanche, j'étais secrètement déçu et vaguement gêné par le fait que les Juifs de l'Antiquité étaient toujours opprimés, perdaient toujours les batailles contre les autres nations, plus puissantes et plus grandes ; et lorsque la situation internationale était relativement ordinaire, ils étaient transformés en victimes et châtiés par leur dieu sombre et impossible à apaiser. » I, 2

« …] écrire ‒ imposer un ordre au chaos des faits en les assemblant dans une histoire qui a un commencement, un milieu et une fin. » I, 2

« Nous ne voyons, au bout du compte, que ce que nous voulons voir, et le reste s'efface. » I, 2

« Mais, en même temps, qui ne trouve pas les moyens de faire dire aux textes que nous lisons ce que nous voulons qu’ils disent ? » II, 1

« La première Aktion allemande, a commencé Bob, qui voulait que je comprenne la différence entre les tueries organisées des nazis et les vendettas privées de certains Ukrainiens, ceux qui avaient vécu avec leurs voisins juifs comme dans une grande famille, comme m'avait dit la gentille vieille Ukrainienne à Bolechow, a eu lieu le 28 octobre 1941. » III, 2

Curieuse reconnaissance de la judéité chez quelqu’un, ici par un autre juif :
« Quelqu'un en uniforme français, et je me suis approché de lui, et il avait l'air d'être juif. » III, 2

Francophobie, ou french bashing ?
« (Le rabbin Friedman, au contraire, ne peut se résoudre à envisager seulement ce que les gens de Sodome ont l'intention de faire aux deux anges mâles, lorsqu’ils se rassemblent devant la maison de Lot au début du récit, à savoir les violer, interprétation que Rachi accepte placidement en soulignant assez allègrement que si les Sodomites n'avaient pas eu l'intention d'obtenir un plaisir sexuel des anges, Lot n'aurait pas suggéré, comme il le fait de manière sidérante, aux Sodomites de prendre ses deux filles à titre de substitution. Mais, bon, Rachi était français.) » V

« Parfois, les histoires que nous racontons sont les récits de ce qui s'est passé ; parfois, elles sont l'image de ce que nous aurions souhaité voir se passer, les justifications inconscientes des vies que nous avons fini par vivre. » IV, 1

« …] plus nous vieillissions et nous éloignions du passé, plus ce passé, paradoxalement, devenait important. » IV, 2

« …] les petites choses, les détails minuscules qui, me disais-je, pouvaient ramener les morts à la vie. » IV, 2

« Les gens pensent qu'il n'est pas important de savoir si un homme était heureux ou s'il était malheureux. Mais c'est très important. Parce que, après l'Holocauste, ces choses ont disparu. » IV, 2

« …] la véritable tragédie n'est jamais une confrontation directe entre le Bien et le Mal, mais plutôt, de façon plus exquise et plus douloureuse à la fois, un conflit entre deux conceptions du monde irréconciliables. » V

« Il n'y a pas de miracles, il n'y a pas de coïncidences magiques. Il n'y a que la recherche et, finalement, la découverte de ce qui a toujours été là. » V



Mots-clés : #antisémitisme #campsconcentration #communautejuive #devoirdememoire #entretiens #famille #genocide #historique
par Tristram
le Sam 23 Mar 2019 - 20:29
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: Daniel Mendelsohn
Réponses: 45
Vues: 2841

Bohumil Hrabal

En collaboration avec Christian Salmon

A bâtons rompus avec Bohumil Hrabal

Tag entretiens sur Des Choses à lire S-l16011

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Livre d'entretiens dans un premier temps avec l'auteur tchèque puis cinq petites histoires démontrant les procédés narratifs que Hrabal décrit dans l'interview.
Ouvrage surtout réservé aux fans de l'écrivain qui raconte la place de l'écriture dans sa vie, sa méthodologie pour écrire et sa relation à la langue tchèque.
On y voit un homme facétieux, dont l'idole est Hasek, passionné, et tragiquement lucide sur la place de la littérature.
Un ouvrage que je recommande si on est intéressé par cet auteur.

mots-clés : #creationartistique #entretiens
par Hanta
le Ven 2 Nov 2018 - 10:52
 
Rechercher dans: Écrivains d'Europe centrale et orientale
Sujet: Bohumil Hrabal
Réponses: 23
Vues: 1637

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