Des Choses à lire
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Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Mer 5 Aoû - 15:59

4 résultats trouvés pour thriller

Tahar Ben Jelloun

L'insomnie

Tag thriller sur Des Choses à lire L_inso10


Tanger : le narrateur, un scénariste, est insomniaque et découvre qu’il ne trouve le sommeil qu’après avoir tué quelqu’un ‒ remède qui ne dure qu’un temps, et donc à renouveler régulièrement. En fait, pris dans un engrenage, il force la main aux personnes promises à une mort proche.
« Je n’étais pas un tueur, mais un "hâteur" de mort. »

« ‒ Non, pas le tuer, mais juste avancer la date de sa mort… »

L’efficacité du procédé dépend de la "valeur" des personnes qu’il aide « en fin de vie à partir en paix » :
« Les points crédits sommeil ‒ c’est ainsi que je les appelais désormais ‒ que je venais de gagner étaient dix fois plus importants que ceux que m’avait fait gagner son frère qui, du fait de sa pauvreté, ne pesaient pas lourd dans la balance de ma bourse imaginaire. »

Cette histoire, assez rocambolesque (et qui m’a rappelé Vila-Matas, peut-être aussi par contamination de ma récente lecture), est occasion sinon prétexte à rendre compte avec un esprit fort critique de la société marocaine, empreinte des « mauvais souvenirs des années de plomb », d’autoritarisme, de corruption, d’hypocrisie, de prostitution, de sorcellerie, et de la religion musulmane.
« Elle a fait le pèlerinage cinq fois et pense que mourir sur les lieux saints de l’islam est une chance inespérée. J’aurais pu lui offrir le voyage pour qu’elle se laisse piétiner par des brutes et meure sur place. Mais je n’étais pas assez croyant pour tenter le coup. »

« Je ne jeûne pas durant le mois de Ramadan. Il m’arrive de boire un verre de bordeaux ou une coupe de champagne. Je n’exagère jamais. »

« J’ai réussi cependant à lui interdire d’insulter en ma présence les juifs et les Noirs. Il se retenait et je voyais que ça le démangeait et qu’il faisait beaucoup d’efforts. »

« Comme tous les grands voyous, il devait avoir une assurance européenne qui lui permettrait d’être évacué par avion sanitaire et d’être sauvé dans un hôpital parisien. »

Le narrateur est divorcé, toujours en contact et en mauvais termes avec sa mégère d’épouse, à la base de son problème d’insomnie.
« "C’est qu’elle t’aime toujours !" Comment pouvaient-ils confondre l’amour et cette volonté de nuire ? Comment penser qu’aimer c’est harceler, poursuivre de sa hargne une personne qui a été proche ? »

Belle étude clinique de l’insomnie :
« Nuits blanches, nuits sèches, sans rêves, sans cauchemars, sans aventures. Nuits tristes. Nuits étroites, étriquées, réduites à quelque souffrance. Nuits inutiles, sans intérêt, sans saveur. Nuits à oublier, à jeter dans la poubelle. Nuits traîtresses. Nuits sans vergogne. Nuits de bandits, de truands, de salauds. Nuits sales, perverses, cruelles, hideuses. Nuits indignes du jour, du soleil, de la lumière et de la beauté du monde. »

« Je ne sais plus depuis combien de nuits je suis privé de sommeil. Je ne dors plus. Impossible de fermer l’œil, même un instant. La nuit devient blanche et creuse. Son vide me torture et me met dans tous mes états. Dès que le soir approche, je ne suis plus le même. Je me surprends à mendier à voix haute : "S’il vous plaît… un petit peu de sommeil… un petit peu de cette douce et agréable absence… Une simple échappée, une brève escapade, un pique-nique avec les étoiles dans le noir absolu me suffiraient…" Mais rien. »

« Quelqu’un chuchote dans l’oreille : le sommeil est un animal de compagnie, il faut en prendre soin, sinon il te quitte et tu auras le plus grand mal à le faire revenir, un animal doux et tendre, capricieux, parfois compliqué, plus important qu’un chien ou un chat, c’est le prince de la compagnie, s’il t’abandonne tu connaîtras une douleur étrange… »  

Évidemment, « aider des vieilles personnes à s’en aller dans le calme et la dignité » évoque l’euthanasie, et ce livre peut aussi contenir une réflexion sociétale, ou même une fable ‒ à moins qu’il ne s’agisse que des fictions ou fantasmes du cinéaste, voire de ses rêves !
Dans un genre totalement différent que celui des autres livres de Tahar Ben Jelloun (au moins ceux que j’ai lu), celui-ci est finement humoristique, quoique grinçant.

Mots-clés : #humour #satirique #thriller
par Tristram
le Lun 4 Mai - 0:25
 
Rechercher dans: Écrivains du Maghreb
Sujet: Tahar Ben Jelloun
Réponses: 10
Vues: 2076

Julien Capron

Feux de détresse

Tag thriller sur Des Choses à lire 41wbb510

En ouvrant ce sujet je me rends compte que ce livre est une suite de "la mise à jour" et du coup je suis un peu frustré que cela ne soit pas précisé dans l'ouvrage.
Thriller narrant l'omnipotence d'un programme antivirus sur le monde numérique, indépendant, organisant sur son siège social qui est un bateau sophistiqué et high tech un concours annuel décidant e la plus grande invention informatique et assurant fortune au trio gagnant.
L'on suit l'aventure d'un ancien gagnant et de son équipe qui repart à l'oeuvre pour gagner la compétition. Seulement tout ne se passera pas comme prévu.
Lecture agréable. Cela se lit facilement, et demeure léger par rapport à ce que je lis d'habitude. Les personnages sont bien présentés et l'on se pique de curiosité pour découvrir leur univers.
Malheureusement le style est pauvre et parfois indigent. Ce qui est miraculeusement un avantage dans certains cas tant le jargon informatique peut rebuter quand n'y connait pas grand chose. N'étant pas dans cette position je peux néanmoins comprendre un lecteur qui se dirait "largué" par ce vocabulaire.
L'auteur retranscrit bien la numérisation des relations sociales involontairement ou non puisque le récit ne décrit que de rares émotions. Tout est dramatiquement rationnel sauf la fin qui est du coup difficilement compréhensible.
Une lecture agréable mais mitigée donc. Peut être est ce du au fait que ce soit une suite. Je ne sais cependant si j'aurais envie de payer pour lire le premier volume.

Mots-clés : #huisclos #thriller
par Hanta
le Mer 17 Avr - 10:50
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Julien Capron
Réponses: 2
Vues: 167

Kent Meyers

Twisted Tree

Tag thriller sur Des Choses à lire 419prp10

Un tordu, le tueur de l’autoroute I-90, kidnappe les jeunes Anas, osseuses et aviaires anorexiques repérées sur internet. Le lecteur se trouve dans la tête de celui qui, dans sa volonté de pouvoir, croit rassembler l’ensemble de la vie de chacune de ses victimes, et les sauvegarder en mosaïques de posts sur le net.
« Il recueille toutes ces existences, les tient entre ses mains, puis les éparpille à nouveau : des petits morceaux sur le Net, des fragments qu’une personne méticuleuse et sensible et assez intelligente pourrait rassembler. Ce n’est pas simplement de l’art, mais des vies complètes et éternelles, aussi impérissables qu’Internet lui-même. Alexander Stoughton réalise quelque chose jamais encore réalisé auparavant. »

Élise, la caissière d’un commerce alimentaire de Twisted Tree scanne la population (on a déjà compris que Kent Meyers est un de ces analystes chirurgicaux des USA dont les USA ont le secret). Sophie s’occupe de son beau-père paraplégique et haï depuis que sa mère est morte. Et les personnages et points de vue s’enchaînent, se relient en figures qui constituent par ricochets le puzzle de l’histoire.
Kent Meyers a le don des scènes puissamment évoquées (les bisons ; le petit Indien pauvre et timide fasciné par les billes ; les crotales). De magnifiques morceaux !
« Les faisceaux de phares vous font ça, parfois, si vous les regardez trop longtemps. Ils vous font oublier les distances et les perspectives. Vous pouvez croire, l’espace d’un instant, que ce satané continent tout entier a été aspiré en lui-même, que les Appalaches ont glissé jusque dans le Dakota du Sud et que vous vous apprêtez à gravir leur sommet, votre moteur grognant comme un porc, en direction des étoiles. Et soudain, bon Dieu, c’étaient des bisons, leurs bosses se détachaient dans la lumière. Comme s’il avait mené son camion dans le passé, ou que le temps s’était immiscé par une lézarde, qu’il verrait bientôt des Indiens à cheval, lancés à leur poursuite. »

Les observations sont précises :
« Il n’y avait pas assez de bruit pour marquer le passage du temps. Elle était obligée de laisser la radio ou la télé allumée. »

« …] le silence semblait patienter dehors comme un chien assis. »

Côté analyse, le chapitre « La valeur de l’argent » nous emmène dans la boutique et l’esprit d’un prêteur sur gages, et on y voit les choses sous un angle différent ‒ et très original :
« Le système en place arnaque les gens, c’est une pratique courante. Il fait son affaire en racontant des mensonges, achète et vend des rêves, guette les insécurités des gens, les convainc que leurs foutaises ont de la valeur, que les marques sont une religion – et les gens gobent tout. Et ici, où les prix affichés correspondent à la valeur des objets, tout le monde pense qu’ils ne sont pas corrects. Je n’ai encore jamais vu une boutique de prêteur sur gages couronnée Meilleur Magasin de l’Année par une chambre de commerce. C’est parce qu’on ne ment pas. On prend le relais à l’endroit où le mensonge finit, où le rêve se désintègre, et tout ce qu’il en reste est ici. »

Meyers, excellent conteur, manie aussi l'humour avec brio, comme dans l'épilogue, en complet contraste avec le premier chapitre.
La traduction m’a paru douteuse par endroits, mais il passe quand même de belles expressions :
« …] elle vit presque au-delà de mon champ d’interprétation. »

Ce roman doit sans doute à Faulkner : il gravite autour d’une famille pionnière, (ici les Valen, dans la région depuis le massacre des Indiens) ; dans un Lieu (une petite ville du Midwest encerclée par le wild désertique, où se situe le ranch des Valen) ; vu par les yeux des personnages, vécu de l’intérieur.
Ce drame rappelle aussi Jim Harrison, et pas seulement par l’aspect nature writing.



Mots-clés : #romanchoral #thriller
par Tristram
le Jeu 11 Avr - 0:21
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: Kent Meyers
Réponses: 18
Vues: 652

David Morrell

Rambo  / Premier sang

Tag thriller sur Des Choses à lire Shoppi10

Tag thriller sur Des Choses à lire 41kh1310

Dialogue imaginaire.
-Tu lis quoi en ce moment ?
-Premier sang, de David Morel.
-Ah ouais ? C'est quoi ça ?
-Le livre dont a été tiré Rambo.
-Ah ouais ? Rambo?  Tag thriller sur Des Choses à lire 575154626
-Oui, c'est animal  qui m' a dit !
-Aaaaaaaah! animal!
-Ben oui Tag thriller sur Des Choses à lire 1384701150
-Et c'est bien?
-Oui, pas le coup de génie, mais vachement bien  Very Happy  !

Donc si on se dit que c'est Rambo, le Rambo de Sylvester Stallone, en effet, ça peut faire un peu peur, au début.



En fait si  on a l'impression que le film suit scrupuleusement le scénario objectif du livre, si on est embarqué dans une course-poursuite haletante, totalement in-crédible mais à laquelle on croit  quand même à chaque instant, si plus on avance, plus ça devient dément et violent, le livre est loin de n'être que cela. C'est beaucoup plus nuancé, il n'y a pas de vrai salaud, les héros, dont j'imagine que dans le film on peut croire qu'ils n'ont que des muscles, ici, ont un cœur et un cerveau.

Sous couvert d'action, le livre est une réflexion navrée, quoique enlevée, sur le thème : Regardez ce que nous faisons de ces hommes que nous envoyons à la guerre. La guerre ne fait pas que des morts au combat, elle nous détruit tous à petit feu (enfin, grand feu un peu dans le livre, hein...). Un jour au Vietnam ce sont nos héros, un jour aux USA ils devraient rentrer dans le moule qu'on leur a soigneusement fait quitter et il deviennent inacceptables .
On est impressionné par ces trois hommes pris dans des sables mouvants  de haine, de fascination, de fierté et qui le paient le prix fort.
Et le dosage est plutôt habile entre la pensée et l'action.

(commentaire récupéré)

Mots-clés : #captivite #guerreduvietnam #thriller #violence
par topocl
le Ven 17 Fév - 11:14
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: David Morrell
Réponses: 5
Vues: 718

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