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Pablo Neruda

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Message par Jack-Hubert Bukowski le Lun 23 Oct - 9:45

Pablo Neruda
(1904 - 1973)

Pablo Neruda Pablo-10

Pablo Neruda - nom de plume inspiré du poète tchèque Jan Neruda - (Ricardo Eliécer Neftali Reyes Basoalto de son vrai nom) est né dans une famille modeste, d'un père conducteur de trains et d'une mère institutrice qui meurt quelques temps après sa naissance. Après une enfance imprégnée de nature, il commence à écrire dès son adolescence et publie son premier recueil de poésie, Crépusculaire, en 1923.

Pablo Neruda entre dans les services diplomatiques et devient consul du Chili dans plusieurs villes d'Asie et d'Amérique latine. En poste en Espagne en 1935, il se lie d'amitié avec Federico Garcia Lorca. Après le putsch de Franco et l'assassinat de son ami, il se fait l'avocat de la République espagnole, ce qui provoque sa révocation.

En parallèle à la poésie, Pablo Neruda mène une vie politique et devient sénateur communiste des provinces du nord du Chili en 1945. Son opposition au président Gonzalez Videla qui fait interdire le Parti communiste l'oblige à s'exiler dans différents pays d'Europe, en Inde et au Mexique. C'est là qu'il publie, en 1950, son oeuvre poétique majeure Le Chant général où il exalte les luttes des peuples d'Amérique latine.

Pablo Neruda retourne au Chili en 1952. En 1969, il renonce à être candidat à l'élection présidentielle pour le Parti communiste qui l'avait désigné et apporte son soutien à Salvador Allende. Après son élection, ce dernier nomme le poète ambassadeur du Chili en France. En 1971, Pablo Neruda reçoit le Prix Nobel de Littérature. Il meurt en 1973, peu après le putsch du général Pinochet. Plusieurs hypothèses entourant les circonstances de son décès ont refait surface au cours des années 2010. C’est de date récente que le cancer de la prostate, cause officielle citée de son décès, a été démenti. Certains évoquent la possibilité qu’il ait été assassiné.

Pablo Neruda est l'un des plus célèbres poètes d'Amérique latine et a eu une influence considérable sur la littérature de langue espagnole. Sa poésie, lyrique, sensuelle et engagée, chante la liberté et la fraternité d'une humanité en harmonie avec la nature.

Tiré de : http://www.toupie.org/Biographies/Neruda.htm (avec des retouches)

Bibliographie sélective :

• Crépusculaire (1923)
• Vingt Poèmes d'amour et une Chanson désespérée (1924)
• Résidence sur la terre (1933-1935)
• L'Espagne au Coeur (1938)
• Le Chant général (1950)
• Les vers du capitaine (1952)
• Tout l'amour (1953)
• Odes élémentaires (1954)
• Vaguedivague (1958)
• La Centaine d'Amour (1959)
• Mémorial de l'île Noire (1964)
• Splendeur et mort de Jaoquin Murieta (1969)
• J’avoue que j’ai vécu (1975)
• Troisième livre des odes (1978)
• La rose détachée et autres poèmes (1979)
• Né pour naître (1980)
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Message par Jack-Hubert Bukowski le Lun 23 Oct - 10:01

Mémorial de l'Île Noire :

Pablo Neruda Pablon10

J'ai lu le recueil dans les derniers jours. Ça fait longtemps que j'avais commencé à éplucher l'oeuvre de Pablo Neruda. Jusqu'à ce jour, il s'agit du recueil qui est le plus proche de mes sensibilités de lecteur de poésies. La forme d'écriture, le découpage des vers et les thèmes abordés me plaisent beaucoup. En lisant les résumés et les citations sur Internet d'un oeil distrait, j'ai fini par constater que le recueil était empreint d'une conscience historique qui évoquait ouvertement le contexte dictatorial des pays de l'Amérique latine. Pablo Neruda a volontairement renoncé de se présenter à la présidence du pays pour laisser le champ libre à Salvador Allende. Tous les deux en viendront quand même à mourir en 1973, l'année de la prise du pouvoir du Chili par le dictateur Pinochet.

Tout d'abord, je vous livre un poème qui est assez connu de cette oeuvre et repris sur Internet :

«La poésie»

Et ce fut à cet âge... La poésie
vint me chercher. Je ne sais pas, je ne sais d'où
elle surgit, de l'hiver ou du fleuve.
Je ne sais ni comment ni quand,
non, ce n'étaient pas des voix, ce n'étaient pas
des mots, ni le silence:
d'une rue elle me hélait,
des branches de la nuit,
soudain parmi les autres,
parmi des feux violents
ou dans le retour solitaire,
sans visage elle était là
et me touchait.

Je ne savais que dire, ma bouche
ne savait pas
nommer,
mes yeux étaient aveugles,
et quelque chose cognait dans mon âme,
fièvre ou ailes perdues,
je me formai seul peu à peu,
déchiffrant
cette brûlure,
et j'écrivis la première ligne confuse,
confuse, sans corps, pure
ânerie,
pur savoir
de celui-là qui ne sait rien,
et je vis tout à coup
le ciel
égrené
et ouvert,
des planètes,
des plantations vibrantes,
l'ombre perforée,
criblée
de flèches, de feu et de fleurs,
la nuit qui roule et qui écrase, l'univers.

Et moi, infime créature,
grisé par le grand vide
constellé,
à l'instar, à l'image
du mystère,
je me sentis pure partie
de l'abîme,
je roulai avec les étoiles,
mon coeur se dénoua dans le vent.

J'ai épluché le recueil. J'avais mis plusieurs signets. J'en ai sélectionné quelques uns et fait plusieurs «coupures». Dans le prochain extrait, nous voyons un peu le contexte de ses amitiés au cours de sa jeunesse :

«Les amis fous»

La nuit aussi s’ouvrit soudain
et je la découvris : rose noire
entre un jour jaunâtre et un autre jour.
Mais pour celui-là qui arrive
du Sud, des contrées naturelles,
avec le feu et le glacier,
la nuit de la ville était un bateau,
elle était une vague cale de navire.
S’ouvraient les portes et la lumière
du fond de l’ombre nous crachait :
la femme et l’homme dansaient avec des souliers
noirs comme es cercueils qui brillaient,
le corps de l’un collé à l’autre
telles les ventouses de la mer et le tabac
se mêlait au vin aigre, les conversations
aux rires verts énormes de l’ivrogne.
Parfois une femme tombait
dans son abîme pâle, et ce visage impur
me transmettait des yeux et une bouche.
Je fis s’asseoir ici mon adolescence brûlante
au milieu des bouteilles rouges qui claquaient
en répandant quelques fois leurs rubis,
leurs constellations d’épées fantastiques,
lorsque bavardait l’audace inutile.
Parmi mes compagnons il y avait
Rojas Giménez, égaré
dans sa délicatesse,
marin de papier, strictement
fou, élevant
la fumée dans un verre
et dans un autre verre
sa tendresse vagabonde,
et qui finit par s’en aller de culbute en culbute,
comme si le vin l’avait emporté
vers un pays de plus en plus lointain!
Ô frère fragile, avec toi
j’ai gagné tant de chose, et tant
perdu dans ton cœur négligé
comme dans un coffre brisé,
sans savoir que tu partirais l’élégance à la bouche,
sans savoir qu’il te fallait bien
mourir aussi, toi qui devais
donner des leçons au Printemps!
Et puis, ainsi qu’un revenant
qui eût été caché dans l’ombre
en pleine fête,
Joaquin Cifuentes arriva
de ses prisons : pâle prestance,
visage de chef sous la pluie,
encadré par les lignes des cheveux
sur un front ouvert aux douleurs :
mais mon nouvel ami, lui, ne savait pas rire,
et dans la cendre de la nuit cruelle
je vis se consumer le Hussard de la Mort.

Comme vous voyez dans ces deux premiers extraits, Pablo Neruda est un poète rempli de ressources. Il peut évoquer l'univers de la nuit, de la poésie et de la nature. Il est très porté sur la poésie amoureuse. Nous pouvons sentir qu'il est quand même rempli d'idéal au fond de lui-même. Ça ne l'empêche pas de témoigner de la noirceur des dictatures latino-américaines.

(suite)
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Message par Bédoulène le Lun 23 Oct - 10:10

je vais te suivre Jack, merci pour ce choix de poèmes qui amènent des sentiments bien différents

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Message par Jack-Hubert Bukowski le Lun 23 Oct - 10:14

Je vous dirais, pour reprendre mon exposé sur Mémorial de l'Île Noire, qu'il n'y a pas beaucoup d'extraits en français disponibles sur Internet. Sur le fil de l'ancien forum, il n'y avait pas non plus beaucoup d'extraits de Pablo Neruda. J'entends y remédier. Je vous présente trois autres extraits pour clôturer cette introduction dans l'univers du poète chilien et ancien récipiendaire du Prix Nobel de littérature en 1971.

Voici les extraits en vrac :

«Le printemps urbain»

Le pavé s’usa jusqu’à n’être plus
qu’un lacis de trous sales
où la pluie concentra ses larmes,
après quoi le soleil arrivait en envahisseur
sur le sol fatigué
de la ville sans fin trouée et retrouée
que tous les chevaux avaient fuie.
Finalement quelques citrons tombèrent
et un débris rouge d’oranges
l’apparenta aux arbres et aux plumes
et lui donna un faux murmure de futaie
qui durait peu
mais qui prouvait que quelque part se dévêtait
au milieu des fleurs d’oranger
le printemps impudique et argenté.

Moi, étais-je d’ici? De cette froide contexture
du mur à mur?
Mon âme appartenait-t-elle à la bière?
Telle était la question qu’on me posait quand je sortais
de moi, quand j’y entrais, ou quand je me couchais,
celle que me posaient les cloisons,
la peinture, les mouches, les tapis
si souvent foulés
par d’autres habitants à tel point mes semblables
qu’ils se confondaient avec moi :
ils avaient mon nez, mes souliers,
les mêmes vêtements morts de tristesse,
les mêmes ongles pâles et trop longs
et un cœur ouvert comme un meuble
où s’étaient entassés les grappes
et les amours, les voyages, le sable,
bref, tout ce qui arrivant à chacun
s’en va et reste inexorablement.

Pour une fois, je sélectionne un poème plus court :

«Le pêcheur»

Le pêcheur nu avec sa longue lance
attaque le poisson collé au roc
la mer l’air l’homme sont immobiles
peut-être la pitié comme une rose
s’ouvre-t-elle à fleur d’eau et lente monte-t-elle
arrêtant la dureté en silence
on dirait qu’une à une les minutes
se sont repliées comme un éventail
et que le cœur du pêcheur nu
dans l’eau a apaisé son battement
mais quand la roche ne regardait pas
et quand la vague oubliait ses pouvoirs
au centre de cette planète muette
l’éclair de l’homme s’est déchargé
sur la vie immobile de la pierre
la lance s’est clouée dans la matière pure
le poisson a frémi blessé dans la lumière
cruel drapeau de cette mer indifférente
papillon de sel maculé de sang.

Enfin, je vous laisse un poème fort bien inspiré sur la thématique de la poésie amoureuse :

«Soudain une ballade»

Est-ce donc vrai qu’une autre fois il a frappé
comme un parfum ou une crainte, un étranger
qui ne connaît pas bien ni la rue ni la maison.
Est-ce donc vrai, si tard, et voici que la vie
révèle encore une rupture,
une chose naît au fond de ce qui était
cendre, et
le verre tremble avec le nouveau vin
qui tombe et qui l’embrase. Ah! cela sera-t-il
comme hier, chemin sans signaux,
et les étoiles brûlent avec une fraîcheur
de jasmins entre toi et la nuit. Ah!
cette chose-là assume la joie
en toute hâte repoussée,
sans être écoutée de personne elle proclame
qu’elle ne se rend pas. Un drapeau monte
une nouvelle fois aux tours brûlées.
Amour! Amour! à l’improviste et alarmant,
amour soudain, ennuagé, la mémoire
frémit. Accourt
le navire d’argent,
le débarcadère au petit matin :
brouillard, écume couvrent les rivages,
un cri spatial cingle vers les îles
et en pleine porte blessée de l’Océan
voici la fiancée et sa traîne de lis
prête pour le départ. Regarde : ses deux tresses
sont deux cascades pures de charbons,
deux ailes noires comme des hirondelles,
deux lourdes chaînes victorieuses.
Et elle, comme pour un rendez-vous d’accordailles,
attend, couronnée par la mer,
sur l’embarcadère illusoire.

Dans l'ensemble proposé, j'étais guidé par le souci de présenter des poésies qui témoignent de la diversité des poèmes de Pablo Neruda. Dans «Le printemps urbain», il s'agit d'un poème qui est comment dire, pas trop éclatant, mais qui offre une finale sublime de par la manière de conclure un poème. Encore une fois, je vous le rappelle, Pablo Neruda est très inspiré par la nature. En outre, nous connaissons ses engagements communistes et nous voyons à quel point sa poésie est raffinée pour quelqu'un qui s'est engagé dans la vie politique et qui a même dû s'exiler de son pays à certains moments de sa vie. Je vous invite à proposer vos lectures et d'autres extraits qui nous enrichiront dans notre compréhension et appréciations de l'oeuvre de Pablo Neruda.
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Message par Jack-Hubert Bukowski le Lun 23 Oct - 10:19

Bédou, comme tu peux voir, la suite est venue rapidement... j'avais préparé les extraits avant de venir les poster sur le fil directement. Oui, il est possible d'apprécier différentes choses dans l'oeuvre de Pablo Neruda. Chant général est quelque chose à lire, mais un peu moins dans mes cordes en temps normal... Smile
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Message par Jack-Hubert Bukowski le Mar 2 Juil - 6:22

Je vais tenter de relancer le fil de Pablo Neruda, tout comme je l'ai fait pour Tristan Tzara.

Cette fois-ci, j'ai atterri dans Résidence sur la terre. Je dédirai donc un peu ce que j'ai déjà affirmé quant à la difficulté de citer Neruda.

J'ai repéré un poème avec des motifs qui me rejoignent beaucoup, il s'agit de l'«Alliance» :

«Alliance»

(sonate)


Ni le cœur tranché par un verre

dans les épines en friche,

ni les eaux atroces aperçues dans les recoins

d’on ne sait quelles maisons, des eaux semblables à des

  paupières et à des yeux,

ne pourraient retenir ta taille dans mes mains

quand mon cœur dresse ses chênes

vers ton incassable fil de neige.

Sucre nocturne, esprit

des couronnes,

sang humain

                    racheté,

tes baisers

m’exilent

et une trombe d’eau mêlée aux débris de la mer

frappe les silences qui t’attendent

entourant les chaises usées, effondrant les portes.

Nuits aux axes clairs,

généreuse, matérielle, uniquement

voix, uniquement

nue chaque jour.


Sur tes seins au courant immobile,

sur tes rugueuses jambes d'eau,

sur la permanence et l'orgueil

de ton cheveu nu,

je veux demeurer, mon amour, une fois les larmes jetées

au panier rauque où elles s'amoncellent,

je veux demeurer, mon amour, seul avec une syllabe

d'argent déchirée, seul avec un sommet

de ton sein de neige.


Parfois, il n'est plus possible

de gagner sinon en perdant,

il n'est plus possible, entre deux êtres

de trembler, d'approcher la fleur du fleuve :

des fibres d'homme arrivent comme arrivent des aiguilles,

des lignes, des lambeaux,

des familles de corail repoussant, des tempêtes

et de durs pas sur des tapis

d'hiver.


Entre lèvres et lèvres il est des villes

de grande cendre et d'humide cimier,

des gouttes de quand et de comment, circulations

indéfinies :

entre lèvres et lèvres comme sur une côte

de sable et de verre, passe le vent.

Voilà pourquoi tu es infinie, recueille-moi comme si tu

étais

toute solennité, toute nocturne

comme une zone, jusqu'à ce que tu te confondes

avec les horizons du temps.

                                 Avance dans la douceur,

viens à mon côté jusqu'à ce que les feuilles

digitales des violons

se soient tues, et que les mousses

s'enracinent dans le tonnerre, jusqu'à ce que du battement

d'une main et d'une autre main descendent les racines.
Jack-Hubert Bukowski
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