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Navarre Scott Momaday

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Message par Tristram le Mer 3 Juil - 15:16

Navarre Scott Momaday
(Né en 1934)


nature - Navarre Scott Momaday N-scot10

Né le 27 février 1934 à l'hôpital indien de Lawton en Oklahoma, N. Scott Momaday est un écrivain amérindien de culture Kiowa, et Cherokee par sa mère. Fils unique du peintre Alfred Morris Momaday et d’une l'enseignante, sa famille déménage pour Jemez Pueblo au Nouveau-Mexique alors qu’il a douze ans.
Ses études secondaires terminées, Navarre Scott Momaday envisage dans un premier temps d'intégrer l'académie militaire de West Point puis opte pour l'Université du Nouveau-Mexique, où il entre en 1952. Il obtient un baccalauréat en science politique en 1958. Il quitte alors pour une année le milieu universitaire et enseigne dans la réserve apache jicarilla du Nouveau-Mexique. À l'Université Stanford, il obtient ensuite un master en littérature anglaise et américaine en 1960, puis son doctorat en 1963.
Il enseigne ensuite la littérature britannique à l'Université de Californie à Santa Barbara, puis Berkeley où il professe l'écriture créative et met en place un nouveau programme universitaire sur la mythologie et la littérature amérindiennes.
Son roman initiatique La Maison de l'aube, publié en 1968, a reçu le prix Pulitzer de la fiction en 1969 et fonde le mouvement artistique de la « Renaissance Amérindienne ».
N. Scott Momaday est considéré comme le premier grand écrivain amérindien ayant su retranscrire l’état d’esprit d’une culture construite sur la tradition orale.
Il est aussi peintre.

Œuvres :

• The Journey of Tai-me, 1967
• La Maison de l'aube (House Made of Dawn, 1968)
• Le chemin de la montagne de pluie (The Way to Rainy Mountain, 1969)
• Angle of Geese and Other Poems, 1974
• The Gourd Dancer: Poems, 1976
• Les noms : Mémoires (The Names: A Memoir, 1976)
• L'enfant des temps oubliés, (The Ancient Child, 1989)
• In the Presence of the Sun: Stories and Poems, 1961-1991
• L'homme fait de mots (The Man Made of Words: Essays, Stories, Passages, 1997)
• In the Bear's House, 2010
• Three Plays: The Indolent Boys, Children of the Sun, the Moon in Two Windows, 2007

(Wikipédia notamment.)

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« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
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Message par Tristram le Mer 3 Juil - 16:08

La Maison de l’aube

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« Dypaloh. Il y avait une maison faite d’aube. » Il faut être balaise pour renommer un texte qui commence ainsi, et appelé House Made of Dawn, par La Maison de l’aube au lieu de La maison faite d’aube, ou même La maison d’aube… L’expression est d’ailleurs un leitmotiv du livre.
Dypaloh (et Qtsedaba), mot qui commence (et finit) le livre, sont les formules conventionnelles de la tradition Jemez Pueblo (entité tribale autochtone du Nouveau-Mexique) pour débuter (et terminer) un récit.
Cette région peut ramentevoir à certains lecteurs Hillerman, Abbey (ou encore Bolaño) ; on est d’ailleurs au moins partiellement dans la veine Nature writing.
C’est l’histoire d’Abel, de retour de la Seconde Guerre mondiale en pays pueblo, où sa seule parentèle est son grand-père Francisco (soit sept ans de sa vie après sept ans d’absence) ; grâce au père Olguin, prêtre de la Mission (et pendant de Tosamah, « orateur, médecin, Prêtre du soleil, fils d’Oiseau-Mouche » qui apparaîtra plus loin ?), il va couper du bois pour une jeune femme californienne de passage dans la région… Mais le récit est savamment déconstruit sur un découpage chronologiquement identifié (quatre parties, la première et la dernière à Walatowa, San Diego, les deux centrales à Los Angeles, les chapitres titrés de dates), structure assez déconcertante alternant des séquences en patchwork-puzzle sur la nature grandiose (mesas et canyons, animaux et notamment oiseaux, comme les oies), des mythes, légendes, cultes, cérémonies et danses rituelles (à nouveau animaux, comme l’aigle), et la déchéance dans l’alcool, la violence dues à l’existence dans une réserve et au contact avec la société matérialiste états-unienne. D’ailleurs Abel est symboliquement comme pratiquement pris entre ces deux mondes et temporalités, les cultures pueblo déchue et occidentale moderne (héritage de spiritualité traditionnelle et profanité vaine, désespérée) ; cela fait aussi du livre un témoignage (littéraire) sur la situation sociale de ce peuple dans les années 1960, et plus vastement de l’ensemble des Indiens des Plaines. Abel est devenu incapable de renouer avec ses origines (l'innocence perdue : il est aussi le meurtrier d’un albinos/ Blanc, scène qui revient dans le kaléidoscope du texte) comme de s’intégrer au "nouveau monde" ‒ cas amérindien typique.
Il y a une dimension à la fois lyrique et métaphysique dans la présentation du paysage désertique, l’immensité, le silence, l’espace, l’infini, la grandeur, l’immuable et l’éternité (ou plutôt l’intemporalité paraissant immortalité) :
« La solitude est un élément constitutif du paysage. Dans la plaine, toutes les choses sont isolées les unes des autres ; le regard ne peut confondre les objets, et c’est bien une colline, un arbre ou un homme. La moindre éminence permet de voir jusqu’à la fin du monde. Regarder ce paysage tôt le matin, avec le soleil derrière soi, équivaut à perdre le sens des proportions. Votre imagination revit et vous en venez à penser que la Création à commencé en ce lieu précis. »
Une image, ou plutôt un concept, qui est repris, peut-être en opposition à la maison d’aube :
« C’était une maison dont la principale particularité consistait à tenir le monde en échec, comme une tombe. »
Comme répondant à un atavisme, la course à pied commence et achève le récit ‒ peut-être pour en faire un cercle.
C’est un livre exigeant de son lecteur à la fois sagacité et abandon : écoute attentive. Et c’est une œuvre riche au sens littéraire. J’apprécie par exemple une image qui décrit en creux, sans la nommer, la turquoise :
« Et aussi les lourds ceinturons aux boucles reluisantes, les bracelets, les étuis des arcs, les graines de melon et les pierreries bleu pâle… Il aurait aimé porter au doigt une pierre semblable, véritable toile d’araignée pétrifiée, ovale comme un œuf de rouge-gorge [… »


Mots-clés : #amérindiens #minoriteethnique #nature #nostalgie #spiritualité #traditions

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Message par tom léo le Mer 3 Juil - 16:37

Cela fait resonner quelque chose en moi. Je vais essayer de retenir ce nom, ce titre...
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Message par Tristram le Mer 3 Juil - 16:40

Oui Tom : c'est un auteur, et un livre, qui méritent la lecture je pense.

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Message par bix_229 le Mer 3 Juil - 16:50

Scott Momaday fait partie, avec Louise Erdrich, de ceux parmi les
Amérindiens qui leur ont redonné une dignité avec talent.
Ceci dit, oui, il n'est pas toujours facile à lire, car il ne répond pas forcément
à notre logique.
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Message par Arturo le Mer 3 Juil - 16:51

Merci Tristram pour la découverte, je note !
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Message par Aventin le Mer 3 Juil - 18:00

Merci Tristram, je vais cocher ce nom en vue de futures lectures.
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