Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

-46%
Le deal à ne pas rater :
Oceanic OCEAB120W Batteur électrique – Blanc
7.51 € 13.91 €
Voir le deal

Luchino Visconti

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Luchino Visconti Empty Luchino Visconti

Message par ArenSor Ven 31 Juil 2020 - 19:32

Luchino Visconti
(1906 – 1976)

Luchino Visconti Viscon10

Issu d’une grande famille de Lombardie, Luchino Visconti est le quatrième de sept enfants. Il grandit en fréquentant assidûment l’opéra et en s’occupant d’une écurie de chevaux. Sa famille, constituée de très influents mécènes, reçoit régulièrement les acteurs du monde de la culture. C’est en 1936 que sa carrière cinématographique commence, lorsqu’il est engagé comme assistant réalisateur et costumier sur deux films de Jean Renoir : Les Bas-Fonds et Une Partie de campagne. Après un voyage à Hollywood, il collabore une fois encore à l'un des projets de Renoir, La Tosca, adapté de l’opéra de Puccini et donc de la pièce de Victorien Sardou. Visconti participe au scénario et assiste Renoir avant que ce dernier ne soit remplacé par l'allemand Carl Koch, au moment où éclate la guerre.

Très influencé par le cinéma réaliste, Visconti dirige son premier long métrage Les Amants diaboliques (1942), inspiré du roman Le facteur sonne toujours deux fois. Toujours intéressé par la scène, il crée une troupe de comédiens et monte plusieurs pièces lyriques. Il revient à la réalisation pour La Terre tremble (1948), dans lequel il dénonce les conditions de vie des milieux populaires. Le film est un échec commercial retentissant, qui n’empêche pas le cinéaste de retrouver les faveurs du public avec Bellissima (1951), sujet plus "grand public" sur les coulisses du monde du cinéma. Plus marquante est sa première œuvre couleur Senso, qui peint un drame sur fond de guerre italo-autrichienne (1866). Fini le réalisme, place à la fresque historique. Visconti est nommé pour ce film au Lion d’or de Venise.

Retour au noir et blanc pour Les Nuits blanches (1957), une histoire d’amour interprétée par Maria Schell, Marcello Mastroianni, et Jean Marais, qui lui vaut cette fois le Lion d’argent à Venise. Son film suivant est l'un de ses plus célèbres : Rocco et ses frères (1960), qui présente le parcours d’une famille émigrée à Milan et cherchant désespérément du travail. Inspiré de Dostoievski, le film, contenant des scènes d’une rare violence pour l’époque, est en partie censuré en Italie, mais obtient le Prix spécial de la Mostra. C’est l’histoire campant les difficultés financières du prince Salina (Burt Lancaster), aristocrate désargenté obligé de marier sa fille à un nouveau riche, qui va lui apporter la reconnaissance unanime. Il s’agit du Guépard (1963), éblouissant film d’époque, d’une parfaite maîtrise technique (l’inoubliable scène du bal), qui lui assure une Palme d’or au Festival de Cannes, et devient un succès commercial et critique dès sa sortie.

Après Rocco et Le Guépard, Claudia Cardinale est à nouveau l’héroïne du réalisateur dans le rôle de Sandra (1965), qui cache un terrible secret d’enfance à son mari, interprété par Michael Craig. Le film obtient le Lion d’or à Venise, prix qui avait toujours échappé à Visconti. Deux ans plus tard, il tourne une adaptation du roman d’Albert Camus, L' Etranger, en se dotant d’un casting français : aux côtés de Marcello Mastroianni, se distinguent ainsi Bernard Blier, Anna Karina, Bruno Cremer ou Georges Wilson. Outre ses propres films, Visconti participe également à des films à sketchs dont il réalise des segments comme dans Les Sorcières (1967) ou Boccace 70 (1962) et co-réalise un documentaire à la fin de la seconde guerre mondiale : Jours de gloire. A la recherche de Tadzio est une curiosité : le metteur en scène se filme lui-même en quête d’un jeune acteur pour incarner Tadzio dans son film Mort à Venise.

Mais la spécialité de Visconti demeure la fresque historique à grande échelle. C’est ainsi qu’est mis en chantier Les Damnés (1969), coproduction italo-américaine réunissant Dirk Bogarde et Ingrid Thulin. Thème cher au réalisateur, le film raconte l’effondrement d’un empire familial à l’avènement du IIIème Reich, et se voit nommé au Oscar pour son scénario. Visconti va aller toujours plus loin pour montrer la décadence et filmer les destins tragiques de ses personnages. Son esthétique toujours très travaillée et son attention aux costumes trouvent leur paroxysme dans Mort à Venise (1971), film de la Belle Époque, racontant les doutes d’un musicien en manque d’inspiration, qui va retrouver le goût de son art grâce à un jeune adolescent. Visconti évoque ensuite la vie dramatique de Ludwig (1972), roi de Bavière, de son couronnement à sa mort. Joué par Helmut Berger, le roi est trahi, amoureux de sa cousine qui le rejette, tourmenté par ses penchants homosexuels, et sombre peu à peu dans la folie. Les années passant, le cinéma du réalisateur italien se fait de plus sombre, voire crépusculaire, impression renforcée par ses deux derniers films.

Il retrouve Burt Lancaster et Helmut Berger pour Violence et Passion (1974), l’histoire d’un professeur qui loge chez lui une femme et ses problèmes. Visconti présente une réflexion sur le vieillissement, la solitude et l'approche de la mort. Son dernier film, L' Innocent, porte sur la jalousie d’un homme poussée à l’extrême, jusqu’à la folie. Luchino Visconti meurt au printemps 1976, touché par une forme grave de thrombose, peu de temps après avoir visionné un premier montage de L' Innocent, dont il n'était pas satisfait. Le film est présenté au public dans cette version, mises à part quelques retouches apportées par sa collaboratrice Suso Cecchi d'Amico, fondées sur les indications laissées par le réalisateur lui-même au cours d'une discussion de travail. Visconti laisse derrière lui une œuvre d’une richesse incroyable, qui fait de l’homme une légende du cinéma.

Source : Corentin Palanchini, Allociné


Filmographie : longs métrages

• 1943 : Les Amants diaboliques (Ossessione)
• 1948 : La Terre tremble (La Terra trema)
• 1951 : Bellissima
• 1954 : Senso
• 1957 : Nuits blanches (Le notti bianche)
• 1960 : Rocco et ses frères (Rocco e i suoi fratelli)
• 1963 : Le Guépard (Il Gattopardo)
• 1965 : Sandra (Vaghe stelle dell'Orsa)
• 1967 : L'Étranger (Lo straniero)
• 1969 : Les Damnés (La Caduta degli Dei)
• 1971 : Mort à Venise (Morte a Venezia)
• 1973 : Ludwig ou le Crépuscule des dieux (Ludwig)
• 1974 : Violence et Passion (Gruppo di famiglia in un interno)
• 1976 : L'Innocent (L'Innocente)
ArenSor
ArenSor

Messages : 3355
Date d'inscription : 02/12/2016
Localisation : Rue du Nadir-aux-Pommes

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Luchino Visconti Empty Re: Luchino Visconti

Message par ArenSor Ven 31 Juil 2020 - 19:37

Les Damnés

Luchino Visconti Les-da10

Si vous voulez savoir comment les nazis ont pu mettre la main sur de grands groupes sidérurgiques de la Ruhr, ce film en donne une illustration magistrale.
Il faut dire que la famille Essenbeck (inspirée plus ou moins directement des Krupp) prête le flanc à ce genre d’intervention.
Le maître (le grand père), Joachim, engoncé dans ses principes et sa morgue, se révèle finalement d’une insigne lâcheté. La belle-fille, « La Baronne Sophie », (Ingrid Thulin), veuve d’un aviateur abattu pendant la première guerre, est d’une ambition démesurée, avide de pouvoir, elle couve son fils, Martin, (Helmut Berger), homosexuel et surtout grand prédateur de petites filles ; le fils, Konstantin n'est qu'un grossier fanfaron de la SA. Tranchent avec cette famille, le fils de Konstantin, jeune homme sensible et musicien, et surtout l’autre fils de Joachim, Herbert et sa femme Elisabeth (Charlotte Rampling), naïfs opposants au régime nazi.
Alors, lorsqu’un vague cousin, officier de la SS, froid et sans scrupules, entre dans le jeu… S’appuyant successivement sur le technicien de l’entreprise (Dirk Bogarde), un parvenu ambitieux mais qui n’en a pas les moyens, la baronne Sophie, puis sur Martin….
Il ya dans ce film des moments inoubliables : l’enterrement de Joachim parmi les hauts-fourneaux, femme éplorée aux long voiles noirs, hommes avec hauts de forme… La scène vraiment hallucinante de la nuit des longs couteux et le requiem final, qui fait penser au suicide d’Hitler et Eva Braun.
Bien sûr, c’est un peu manichéen et caricatural, mais dans le cadre de cette « comédie humaine » cela passe très bien.
Deux petits bémols : le titre en français qui n’a rien à voir avec celui d’origine « La Caduta degli dei », autrement dit le « Götterdämerung » qui fait référence à Wagner.
La VO qui est en anglais. Les nazis qui parlent la langue de Shakespeare, cela me choque un peu.
ArenSor
ArenSor

Messages : 3355
Date d'inscription : 02/12/2016
Localisation : Rue du Nadir-aux-Pommes

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

 Des Choses à lire :: Discussions arts divers :: Cinéma, TV et radio :: Réalisateurs


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum