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Jonathan Coe

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Message par Avadoro Mar 25 Juil - 3:00

historique - Jonathan Coe - Page 2 Royaum10

Le royaume désuni

Jonathan Coe a évoqué avoir puisé l'inspiration de ce livre lors de la mort de sa mère au cours de l'année 2020, en plein confinement et en l'absence de ses proches. A partir des souvenirs laissés, il reprend le parcours de vie de Janet Coe et tisse les contours d'un personnage (Mary Lamb) faisant dès lors partie d'une famille de fiction, sur trois générations, de la fin de la Seconde Guerre mondiale à la crise sanitaire.
Le royaume désuni représente alors un point de rencontre entre une histoire familiale et l'histoire contemporaine britannique, puisque ce sont des moments marquants qui définissent les cadres temporels des chapitres : le couronnement d'Elisabeth II, la finale de la Coupe du monde de football 1966, les funérailles de Diana...Les trajectoires personnelles rejoignent ainsi constamment les questionnements politiques et sociaux, l'impact du Brexit restant également en toile de fond pour nouer une réflexion sur des perspectives, le poids d'un passé et des héritages.
Le royaume désuni apparait comme une synthèse de l'oeuvre de Coe, approfondit les thèmes qui lui sont chers, mais trouve surtout une tonalité juste en s'attachant à interroger les motifs qui rassemblent l'intime et le collectif, l'individu et la société dans un contexte de bouleversements constants. Et Bournville, ville proche de Birmingham connue pour sa fabrique de chocolats Cadbury, constitue de bout en bout un fil conducteur, un lieu chargé de souvenirs et qui semble absorber la mémoire de chaque évènement.


Dernière édition par Avadoro le Mar 25 Juil - 9:35, édité 1 fois
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Message par Bédoulène Mar 25 Juil - 8:13

merci Avadoro (et je n'ai pas encore lu Coé)

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Message par topocl Mar 25 Juil - 9:22

Il parle de lui-même, si je comprends bien, ce n’est pas une fiction?

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Message par Avadoro Mar 25 Juil - 9:37

topocl a écrit:Il parle de lui-même, si je comprends bien, ce n’est pas une fiction?

C'est bien une fiction topocl même si de nombreux points sont en partie autobiographiques, j'ai modifié la seconde phrase de mon texte car en effet ce n'était pas clair (il s'agit du parcours de vie de sa mère).
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Message par Albert Lun 7 Aoû - 21:54

A la suite de vos posts, j'ai eu envie de découvrir cet auteur que je pensais être dans la veine de David Lodge, dont j'aime bien les livres. J'ai donc lu La vie très privé de Mr Sim...jusqu'au bout! ce qui demande du courage étant donné l'ennui qu'il m'a procuré. Le seul mot qui me vient à l'esprit, c'est "lamentable! "
Voilà un extrait significatif p.202
"Aire de services, 5km, Bienvenue"annonçait un panneau; j'ai décidé de m'arrêter déjeuner. l'aire de service suivante, une Moto se trouvait à 30 km, et les autres à plus de 60. Je ne voulais pas attendre aussi longtemps. En plus, même si je n'avais pas envie d'un KFC pour le moment, le visage d'un Colonel Sanders qui m'adressait un sourire radieux sur le panneau m'a paru rassurant. j'ai donc pris la bretelle d'accès à l'échangeur A8, j'ai négocié tous les mini ronds-points, et je me suis retrouvé à chercher une place sur le parc de stationnement, saturé à cette heure de la journée. J'ai fini par glisser ma Prius entre une Ford fiesta et une Fiat Punto, et j'ai coupé le contact avec soulagement.

Si je compte bien, il a réussi à caser 5 noms de marques dans ces quelques lignes, et le reste du texte est du même niveau. C'est une façon astucieuse de générer des revenus annexes!
Vous trouvez que c'est de la littérature????? Pour moi c'est juste lamentable, pour utiliser un mot poli à la place de celui qui me vient spontanément.

J'ai lu le début du livre "Le cercle fermé" , c'est du même niveau.

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Message par Bédoulène Mar 8 Aoû - 8:06

cet auteur n'est pas, apparemment, pour toi Albert !

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Message par Pinky Mer 16 Aoû - 10:23

Avant de poster mon commentaire sur Bienvenue au club, une question à Albert. Si j'ai bien compris, tu apprécies Lodge et tu n'as pas du tout adhérer à Coe. Peux-tu en dire plus ? Comment les différencies-tu ?
J'avoue que j'aime bien les deux.
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Message par Pinky Mer 16 Aoû - 10:28

Bienvenue au club

historique - Jonathan Coe - Page 2 Bienve10

Le récit commence et se termine au début des années 2000 avant de « remonter le temps ».
« Alors je t’emmène, Patrick. On va remonter le temps. Jusqu’au tout début. Jusqu’à un pays qu’on serait sûrement incapables de reconnaître. L’Angleterre de 1973.
- Tu crois vraiment que c’était si différent que ça ?
- Complètement différent. Imagine. Un monde sans téléphones mobiles, sans magnétoscopes, sans Playstations. Même pas le fax ! Un monde qui n’avait jamais entendu parler de la Princesse Diana ou de Tony Blair, qui n’aurait jamais imaginé partir en guerre au Kosovo ou en Irak. A l’époque Patrick, il n’y avait que trois chaines de télé. Trois ! Et les syndicats étaient tellement puissants que, s’ils voulaient, ils pouvaient très bien couper une chaîne pendant toute une soirée. Il y avait même des fois où les gens étaient obligés de se passer d’électricité. Imagine ! »
-
A partir de 1973, dans un lycée privé mixte, des adolescents, garçons et filles, vivent leur dernières années de scolarité  avant leur entrée dans le monde universitaire s'ils réussissent leurs examens d'entrée.
Ce sont Benjamin et Paul, frères de Lois et enfants de Sheila et Colin Trotter, cadre.
Doug, fils d'Irene et Bill Anderton, responsable syndical dans l'usine où travaille Colin Trotter. Bill qui aura une aventure "torride" avec Miriam Newman.
Philip, fils de Barbara et Sam Chase. Barbara sera dragué par le prof de dessin, à coup de lettres plus ampoulées les unes que les autres.
Harding, le clown provocateur du lycée, jamais à cours d'idée pour faire rire aux dépens des élèves têtes de turcs ou des profs et que les filles admirent.
Steve Richards, seul élève noir, surnommé Babania sauf par Doug, ce qui donne le ton de l'ambiance scolaire souvent assez violente, au moins verbalement.
Culpepper, le sale type, avide de revues pornos et raciste.

Les filles du lycée
:
Il faut citer en tête Cicely, dont tous les garçons sont amoureux, belle blonde aux longs cheveux.
Jennifer Hawkings dont Benjamin Trotter sera un temps le petit ami
Claire Newman sœur cadette de Miriam, dont les parents austères et prudes provoquent sans doute le triste destin de leur fille ainée.

Les filles déjà dans la vie active

Miriam Newman, maitresse de Bill Anderton, disparue
Lois Trotter, la minette petite amie du Chevelu, Malcolm, celui qui initiera Benjamin à la musique, Clapton et Henri Cow, groupe plus proche de la musique contemporaine que du rock ou du blues.
« Si ça te branche vraiment, dit Malcolm, je pourrais te prêter des disques. Il y a des trucs vraiment déments qui sortent en ce moment. Délire à l’horizon.
Benjamin acquiesça encore : moins il comprenait, plus il était fasciné.
Ça serait super, parvint-il à dire.
- Y a un guitariste, Fred Frith, poursuivit Malcolm. Il joue dans un groupe qui s’appelle Henry Cow. Il arrive à faire des trucs incroyables avec sa fuzz-box. Pour te donner une idée, imagine les Yardbirds s’accouplant avec Ligeti dans les ruines fumantes de Berlin divisé .
- Benjamin qui ignorait tout des Yardbirds, de Ligeti ou même des ruines fumantes de Berlin ne se sentait pas capable d’un tel effort d’imagination. »
Benjamin présente à Philip un de ces nouveaux disques pour l’initier
« [Philip] examina perplexe, la pochette de l’album : l’image austère et énigmatique d’une chaussette en cotte de mailles ne contribuait guère à éclairer le contenu. « C’est comme ça pendant
tout le disque ? »
- Non, après, ça devient encore plus bizarre, dit Benjamin, tout fier de sa découverte. Il faut savoir ouvrir les oreilles. C’est ce que dit Malcolm. Apparemment, ils sont très influencés par Dada.
- Et c’est qui, ou quoi, Dada ?
- Je ne sais pas, avoua Benjamin, Mais…comment te dire ? Essaie d’imaginer les Yardbirds s’accouplant avec Ligeti dans les ruines fumantes de Berlin.
- - C’et qui Ligeti ?
- Un compositeur, répondit Benjamin. Enfin, je crois
- ……………………. ;
- « Au fait, pourquoi on dit que Berlin est divisé ? demanda Philip, je me suis toujours posé la question.
- - Je sais pas…Il doit y avoir un fleuve qui passe au milieu, c’est as ça ? Comme la Tamise. Je pense que ça doit être le Danube ou un truc du même genre.
- Je croyais que ça avait rapport avec la guerre froide.
- -Peut-être bien.
- ……………
- C’est quoi d’ailleurs la guerre froide ? Enfin, je veux dire pourquoi on l’appelle la guerre froide ?
- - Eh bien, fit Benjamin, essayant désespérément de s’intéresser à la question, il doit faire très froid à Berlin, pas vrai ? »

Relations amoureuses, amicales émaillent le récit ; rivalités intellectuelles, sportives, artistiques autour de la musique et du théâtre rebattent les cartes au fil  du temps.
Cette chronique lycéenne qui décrit assez finement ce que peut être l'adolescence pour des garçons et des filles du début des années 1970 est aussi l'occasion pour l'auteur de brosser un tableau de la situation politique de l'Angleterre au moment où le pays bascule dans le libéralisme de Thatcher détruisant des années de conquêtes sociales, où l'IRA mène une politique d'attentats.
Doug, grâce à son père Bill Anderton, le syndicaliste convaincu, est le seul à entrevoir ce qui se passe politiquement. Il ouvrira difficilement les yeux de ses amis qui vivent dans le cocon assez étanche du lycée.
Lycée qui se veut élitiste et où les parents souvent désorientés par les choix culturels des professeurs, sont fiers d’y avoir inscrit leurs enfants, ce dont témoigne le dialogue entre Sheila, mère de Benjamin et Barbara, mère de Philip.
« Nos garçons ont joué ensemble dans la pièce de théâtre juste avant Noël. Cet horrible truc shakespearien.
Elle faisait allusion à L’alchimiste de Ben Jonson, dans une mise en scène de M. Fletcher dont l’ennui dévastateur avait, trois soir d’affilée, plongé un auditoire de parents, confits d’admiration devant leur progéniture, dans une catatonie quasi comateuse. Sheila n’en avait pas moins conservé le programme,  qu’elle avait précieusement archivé avec les bulletins scolaires de son fils. Les noms de Chase et de Trotter apparaissaient au bas de la distribution : ils jouaient deux hallebardiers. »

Le livre est construit autour du personnage de Benjamin, l'oncle Benjamin comme l'appelle Sophie sa nièce qui remonte le temps pour Patrick, fille de Claire et Philip, au début des années 2000, annonçant en fin d'ouvrage la suite que sera Le Cercle fermé.
J'ai lu ce livre avec plaisir, cela m'a aussi rappelé ou appris ce qu'avaient été ces années 70 en Angleterre, la perception des Irlandais, la force d'une droite extrêmement dure, le racisme ambiant mais aussi cette inconscience des ados préoccupés par leurs histoires amoureuses et leur avenir dans un monde en train de basculer qu'ils connaissaient très mal.
Il faut ajouter la touche d’humour qui accompagne le récit et des événements qui ne sont pas tous légers
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Message par Bédoulène Mer 16 Aoû - 11:03

merci Pinky, ton commentaire m'incite à noter

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Message par Tristram Mer 16 Aoû - 12:00

Je me souviens avoir bien ri à cette lecture un peu lointaine ; du coup, grâce à ce commentaire, je vais lire Le Cercle fermé.

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Message par Albert Jeu 17 Aoû - 8:24

@Pinky
David Lodge me fait rire (sauf dans ces derniers livres) et Jonathan Coe m'ennuie. Il y a chez Lodge une forme de réjouissance, d'auto dérision, d'humour décalé qui me semblent bien britanniques. Chez Coe, je ressens surtout de la dépression, de l'auto apitoiement, de l'échec subi, qui ne me font pas rire du tout, mais me mettent mal à l'aise.
De plus les publicités pour différentes marques de voitures et autres, même pas déguisées chez Coe, qui doivent lui procurer des revenus complémentaires non négligeables, me semblent de l'arnaque pure.

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Message par Pinky Jeu 17 Aoû - 9:12

Merci Albert pour ta réponse. Je n'y aurais jamais pensé et c'est intéressant comme ressenti. Je voyais plutôt chez Lodge une focalisation sur le milieu universitaire (sans doute pas seulement) et moins de prises de positions politiques sur l'histoire anglaise récente ou plus ancienne. Je n'avais pas pensé non plus au placement de produits comme on dit pour le cinéma. Alors Coe un peu dépressif ? Comme je lis Le Cercle fermé, j'y ferai attention.
En tous cas, toujours intéressant de comparer des ressentis.
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Message par topocl Jeu 17 Aoû - 11:39

Tout ceci lève les éternelles questions sans réponse: qu'est-ce que la littérature? Qu'est-ce que l"humour ? qui sont les fondements de nos ressentis différents. C'est pour ça que dans mes commentaires, j'essaie de mettre des mots personnels qui expliquent, et de ne pas me limiter au résumé.

J'aime bien Lodge et ses costumes en tweed d'universitaire et j'aie bien Coe avec son dynamisme plus ancré dans la société civile (plus "vulgaire" pourrait-on dire). Et j'aime le côté négatif de Coe, qui résonne avec le mien.

Sur le placement de marque, il va sans doute vite devenir impossible d'y échapper. Coupons-nous nos TV, arrêtons-nous de sortir dans la rue et arrêtons nous d'aller au cinéma à cause des pubs ? A nous de faire nos choix, de mettre nos limites - ce que tu as semble-t'il fait, Albert, pour Coe et que je respecte.

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Message par Tristram Jeu 17 Aoû - 11:53

Je ne pense pas que Coe reçoive une rétribution pour citer des marques, plutôt qu'il vilipende ce travers assez répandu dans une forme de satire sociale.
Perso il m'a fait rire, même s'il peut être méchant, comme dans ce non-dialogue entre époux :
« "Grand félin." Cinq lettres, deuxième lettre I, quatrième lettre R.
Quand même, se disait le père de Philip, celui-là, tu dois connaître la réponse. Un félin, c'était un chat, ça, il en était sûr. Un genre de chat en cinq lettres, deuxième lettre I ? Pourquoi pas minou ?
À tout hasard, il allait vérifier le sens de "félin".
"Chérie, tu veux bien me passer le dictionnaire, s'il te plaît ?"
Barbara lui tendit le dictionnaire du Reader's Digest sans lever les yeux et continua à lire son magazine. Ou plus exactement continua à lire la lettre dissimulée entre les pages de son magazine.
Le vent du soir faisait trembler les fenêtres que Sam avait omis, pour la troisième année consécutive, d'équiper d'un double vitrage. À la télé marmonnait un documentaire régional, ignoré, négligé, à peine audible.
"La première fois que je vous ai vue, à la réunion parents-professeurs, j'ai enfin su ce que Giordano avait dû ressentir à son premier regard sur les Ménines de Vélasquez. J'ai éprouvé ce frisson électrique dont parle Herbert Howells de manière si bouleversante en évoquant sa découverte de la Fantaisie Tallis de Vaughan Williams. J'ai su que j'étais confronté à la grandeur : j’étais non seulement en présence de la perfection de l’être humain (perfection physique autant, j’ose le supposer, que perfection de l’esprit, quintessence sans défaut), mais encore de ce qu'on pourrait décrire, sans exagération chimérique, comme la perfection de l'œuvre d'art. Car toi, ma Barbara, tu es ce chef d'œuvre que j'ai recherché toute ma vie, cet opus magnum qui m'était destiné…"
Félin adj. De la famille du chat. 2. Semblable à un chat. – n. Animal de la famille du chat. Félinité n. (du lat. feles, chat).
Il savait bien que c'était ça que ça voulait dire ! Donc ça devait être minou. Est-ce qu'un minou pouvait être grand ? Eh bien, celui de la voisine, Mme Freeman, il était énorme, un vrai monstre. Il y a deux semaines, il avait fait détaler un renard. Donc, le "R" était faux.
Le "R" était celui de "pourri". Quelle était la définition ? "Putréfié." Six lettres, deuxième lettre O. Il allait vérifier "putréfié" dans le dictionnaire quand Barbara tendit une main distraite en lui demandant : "Chéri, tu veux bien me passer le dictionnaire, s'il te plaît ?"
Il le lui céda en soupirant.
Barbara le feuilleta d'un air à la fois fébrile et furtif auquel Sam, absorbé par ses mots croisés ne prêta pas attention.
Quintessence n. 1. (en gén. suivi de de) Forme, manifestation ou incarnation la plus pure et la plus parfaite d'une qualité, etc. 2. Essence hautement raffinée.
Hautement raffinée ! »
Jonathan Coe, « Bienvenue au club », « La gueule du chaos », 3

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Message par topocl Jeu 17 Aoû - 17:53

Donc tu ne penses pas que Velasquez a payé Coe pour parler des Ménines ? Tu ne serais pas un peu naïf?

Je dirais que Houellebecq fait ça aussi.

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Message par Tristram Jeu 17 Aoû - 18:25

Suspect

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Message par Pinky Jeu 17 Aoû - 18:30

Je ne sais pas s'il y a eu conflit informatique mais mon post n'est pas parti. Je disais que je n'avais aucune compétence en placement de produits en littérature. @Tristram j'avais sélectionné le même passage que toi mais j'ai laissé tomber par flemme. La question que je me pose c'est de qui ou de quoi l'on rit dans ce passage ? de la naïveté de Sam, de l'inculture de Barbara, de la préciosité ridicule du prof ? de la situation entre les époux ?
En tous cas, le débat autour de Coe et Lodge me donne envie de relire un Lodge.
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Message par Tristram Jeu 17 Aoû - 18:39

Héhé, les grands esprits... Tout l'art, me semble-t-il, est dans l'épinglage d'un peu tous les membres de cette (notre) société, sans oublier les benêts qui ne savent pas (tenir) leur langue ! Il ne faut pas le prendre pour soi, il y en a pour tout le monde !

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Message par Tristram Jeu 17 Aoû - 18:40

Au fait, j'ai commencé la lecture de [i]Le Cercle fermé[i] !

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Message par Avadoro Sam 19 Aoû - 23:19

On peut tisser un lien entre les oeuvres de Lodge et Coe, mais il reste aussi un écart générationnel qui peut impacter le regard porté sur le monde et la société. Et si une forme d'humour désillusionné peut être présente chez Coe, elle ne semble pas représenter un apitoiement sur soi.
Bonne lecture Tristram !
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