Wole Soyinka

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Wole Soyinka

Message par Bédoulène le Dim 4 Déc - 14:12

Wole Soyinka
Né en 1934


Wole Soyinka, né à Abeokuta le 13 juillet 1934, est un écrivain nigérian. Il est le premier auteur noir lauréat du prix Nobel de littérature, qu'il reçoit en 1986.
Après des études aux universités d'Ibadan et de Leeds, Soyinka travaille au Royal Court Theatre de Londres. Par la suite, il fonde plusieurs troupes théâtrales au Nigéria dont « 1960, Masks drama troupe » et occupe de nombreux postes universitaires à Ibadan, Ife et Lagos. En 1952, Soyinka crée l'association « The Pyrate » à l'université d'Ibadan afin de combattre la mentalité coloniale.
En 1962, il oppose au célèbre concept de négritude, fondé par Aimé Césaire et repris par Léopold Sédar Senghor, le concept de tigritude à propos duquel il dira « qu'un tigre ne proclame pas sa tigritude. Il bondit sur sa proie et la dévore. ». Il participe à une conférence controversée sur le sujet au sein de l'université Makerere (Ouganda), en 1962.

L'auteur est emprisonné au Nigéria entre 1967 et 1969 pour avoir soutenu le mouvement d'indépendance du Biafra. Après sa libération, il reste au Nigéria et enseigne aux départements d'art dramatique d'Ife et Ibadan. Il voyage aussi à travers le monde pour mettre en scène ses pièces, donner des conférences et éditer des magazines littéraires comme Transition. En 1994, il est contraint à l'exil après avoir été condamné à mort par le gouvernement de Sani Abacha. Il ne peut rentrer au pays qu'après la mort du dictateur, en 19981. Il est également l'un des cofondateurs du Parlement des écrivains et le président de la Communauté africaine de la Culture.

Le 25 septembre 2010, il annonce la création de son parti, le Democratic Front for a People's Federation (DFPF, Front démocratique pour une fédération des peuples)3, en vue des élections générales, prévues soit en janvier 2011, soit en avril 20114.
En 2014, il signe la préface d'une anthologie intitulée Africa 39: New Writing d'Afrique du Sud du Sahara, mettant en avant 39 jeunes écrivains africains, dans le cadre du projet Africa.

Oeuvres traduites en français :

Théâtre
Les Gens du marais, suivi de Un sang fort et de Les Tribulations de frère Jéro
Le Lion et la Perle
La Danse de la forêt
La Récolte de Kongi
La Route
Fous et Spécialistes
Les Bacchantes d'Euripide: Rite de communion
Du rouge sur les feuilles de cam
La Metamorphose de frère Jéro
La Mort et l'Écuyer du roi
Requiem pour un futurologue
La Barrière de jacinthes
Baabou roi

Romans
Les Interprètes
Une saison d'anomie

Récits autobiographiques
Cet homme est mort
Aké, les années d'enfance
Ibadan, les années pagaille. Mémoires : 1946-1965
Isara : périple autour de mon père
Il te faut partir à l'aube

Poésie
Cycles sombre
La Terre de Mandela

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Re: Wole Soyinka

Message par Bédoulène le Dim 4 Déc - 14:14



Ibadan  « Les années pagaille »

Ce récit est  pseudo autobiographique car c’est comme l’indique l’auteur un docu-roman.

Entre va et vient  dans le présent et le passé nous découvrons l’adulte  ou le jeune Maren citoyen du Nigeria. Les années du jeune Maren au Government College  révèle le caractère et le  tempérament de celui qui se voudra toujours libre dans tous ses choix : de société, de religion et politique.
Lors de son séjour de quelques années en Angleterre il se mariera avec une blanche de laquelle il aura un enfant ; de retour au pays il vivra aussi avec 2 femmes et aura 2 autres enfants ; situation qui lui vaudra des différends avec ses parents et sa famille.
Il deviendra célèbre comme écrivain (dramaturge) montera des pièces, gèrera une troupe  parallèlement à ses travaux de Recherche alternativement à l’Université d’Ibadan  et d’ Ifé.
Malgré l’Indépendance du Nigéria,  le Royaume Uni  est toujours actif dans le pays « installant » son candidat, le plus utile, aux commandes du pays. L a situation est chaotique et après plusieurs années de despotisme le peuple se rebelle et Maren s’engage pour mettre fin à cette « pagaille » le penkelemes comme l’auteur le nomme.
Le livre se termine à la veille du procès de Maren, procès qu’il a souhaité  (la justification duquel il s’est rendu de lui-même à la police),  pour pouvoir dénoncer ce qu’il en  est des  agissements  du Premier ministre et  des dernières élections bafouées  par celui-ci.

L’écriture est alerte, efficace mais aussi sensible. L’auteur dose bien les moments à sourire ceux à s’indigner.
La situation politique du pays est  découverte par les sentiments de Maren, les personnages qu’il affectionne mais  surtout la position des dirigeants  l’Université d’Ibadan.  Pour l’auteur, l’indépendance de l’Université d’Ibadan  (et plus tard celle des autres) est l’un des  tenants de la démocratie, l’un de ses atouts.
Il reconnait que malgré son pacifisme, il est par moment un homme de colère et c’est en adéquation avec son tempérament qu’il se doit de s’engager pour sortir son pays de la « pagaille ».
Il est intéressant également de voir le processus de décolonisation, car il s’avère que le Royaume uni ne se lâche pas facilement des mains quand il a lâché des pieds. Son interférence dans la politique du Nigéria est  encore visible à l’époque où se clôt le récit. (élections de 1993).
L’humour  est bien présent pour « ponctuer »  les situations et les personnages.

Encore une belle rencontre avec un auteur Africain.

Extraits :  le langage d’ Ezéoba le chef d’une « maison » du college s’adressant à Maren

«  - Poussière infinitésimale de l’espèce humaine. Ne vous l’avais-je pas dit ? Votre nom ne vous avait-il pas prévenus et mis en garde ?  Alors facteur problématique perturbateur inversement proportionnel à sa masse physique, vous tentez d’altérer l’emblème traditionnel  de la maison Swanton que vos prédécesseurs en leur infinie sagesse et maturité cumulatives ont trouvé bon de retenir et de maintenir tout au long de leur passage scolastique turbulent dans les cours de cette institution !  Maintenant dites-moi : connaissez-vous l’histoire  du vilain petit canard ? »

« Jefferies remplaçait le professeur de biologie, Miss Bradlow, dite Bottomless B, Sans-Fondement. Personne ne savait pourquoi elle avait brusquement disparu ; mais son absence, qui coïncidait avec le congé annuel de Padell, le directeur, provoquait toutes sortes de spéculations, surtout parmi les élèves  les plus avertis. Maren refusait de croire ces rumeurs : personne doué d’un peu de bon sens et pourvu d’yeux ne pouvait se laisser séduire par une femme  dont la croupe avait de toute évidence fait l’objet d’une ablation chirurgicale, avant que ce qu’il en restait dans la jupe n’eût été repassé par un blanchisseur professionnel. Pas la moindre trace d’un semblant de relief, rien d’autre qu’une vaste étendue lisse et plate comme le fond d’une poêle à frire. Mais après tout, avec ces gens là, allez savoir ! Kaye lui-même était presque aussi médiocre en cette région de son anatomie. »

A propos de la religion et de la psychologie (je jeune Maren) :

« Les uns comme les autres essayaient de donner des explications et de prescrire à l’homme ses pensées et ses actes, mais n’apportaient pas de réponses aux questions arbitraires soulevées par les textes de la vie réelle. Tout se mêlait inextricablement, avec, d’un côté, la peur de la damnation et, de l’autre, l’impossibilité d’indiguer les vagues de doutes et bientôt de totale incrédulité. »

« Le Vice-Premier ministre de l’Ouest, juriste brillant, avait résumé cette phase de décadence politique nationale en un langage de plus en plus dégénéré, exprimant le cynisme d’une politique de pure consommation, ne cherchant même plus à donner l’illusion de service et de l’engagement : « On nous appelle le parti de la bouffe. Et alors ? Qui ne veut pas bouffer ? Moi, je veux bouffer. Vous ne voulez pas bouffer,  vous ? Ceux qui ne veulent pas bouffer n’ont qu’à rester dans l’opposition. Ceux qui veulent bouffer n’ont qu’à nous rejoindre. Moi oui je veux bouffer. »
Cette philosophie était publiée à la radio et à la télévision. A cette époque, la nation avait encore la grâce  de s’en scandaliser. «



"message rapatrié"




mots-clés : #famille #Independance

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