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202 résultats trouvés pour famille

Louis-Philippe Dalembert

Avant que les ombres ne s’effacent



J’ai appris dans ce livre que Haïti avait déclaré la guerre au « petit caporal » allemand, ouvert sa porte aux Juifs qui le fuyaient, offert la nationalité haïtienne aux apatrides et hébergé ainsi 300 familles fuyant le nazisme à l’heure où toutes les nations leur fermaient leurs portes.

C’est donc une histoire du XXème siècle, une de plus : Ruben , futur médecin fuyant enfant les pogroms polonais, installé à Berlin avec sa famille pour une adolescence heureuse, fuyant après la nuit des longs couteaux : diaspora familiale classique, l’une en Palestine et les autres aux Etats-Unis. Quant à Ruben, après avoir tâté des camps allemands et français, il fait le « choix » de Haïti.

J’ai beaucoup aimé toute la partie européenne qui est très réussi dans un secteur déjà souvent raconté, les personnages et les relations intrafamiliales sont touchants, l’humour toujours présent en  filigrane. Il y a une une légèreté dans la façon de raconter ces drames qui m’a parfois rappelé le Tabac Triezneck.

Curieusement, la partie haïtienne, qui commence à Paris dans la communauté haïtienne puis se poursuit dans l’île, voit apparaître quelques longueurs alors qu’elle devrait constituer  l’ "originalité" du livre. Celui-ci  perd en épaisseur, devient plus descriptif d’un mode de vie, le personnage se perd un peu.

Cela reste une bonne lecture, la découverte d’un fait historique que je ne connaissais pas, et d’une réelle verve littéraire.


Mots-clés : #communautejuive #exil #famille #historique #insularite #lieu
par topocl
le Ven 19 Oct - 11:22
 
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Sujet: Louis-Philippe Dalembert
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Aki SHIMAZAKI



Le poids des secrets

Le poids des secrets : cinq livres pour autant de visions d'une même histoire. Cinq livres pour cerner au mieux la personnalité de chacun, les raisons des silences, des faux-semblants, et des secrets soigneusement enfouis parce qu'il serait trop douloureux de les dévoiler. L'histoire ? Mieux vaut ne pas en parler, tant le charme de cette série réside dans le fait d'en découvrir peu à peu toutes les facettes. Tout au plus puis-je vous dire qu'elle se déroule principalement dans les années 30-40,  et qu'il y est question des deux enfants d'un même homme, l'un légitime et l'autre non, qui se rencontreront et s'aimeront... Il est aussi beaucoup question de la seconde guerre mondiale, et des aberrations d'un régime autoritaire alors en pleine rhétorique guerrière, avant que ne survienne le désastre de Nagasaki...

L'écriture d'Aki Shimazaki est précise, concise, épurée à l'extrême. D'ordinaire, j'affectionne plus de rondeur, et ce minimalisme assumé m'a de prime abord déroutée. Mais c'était sans compter sur le charme qui en émane et qui vous accroche tout en douceur avant de vous happer... J'ai lu les cinq volumes d'une traite.

De cette lecture, je ne garderais volontiers que le positif. Mais je ne serais pas tout à fait honnête si je n'évoquais pas mes quelques bémols... Pour commencer, je regrette tout de même que, de livre en livre, le style reste strictement identique. Chaque récit émanant d'un être différent j'aurais aimé que, sans renoncer à sa singularité, Aki Shimazaki use d'un «petit quelque chose » qui différencie chaque narrateur. J'ai également moins adhéré au dernier volume de la série, le procédé choisi pour distiller quelques clés de compréhension cruciales me paraissant quelque peu factice et forcé dans sa volonté didactique.

Mais je ne voudrais pas que ces quelques bémols vous donnent une fausse idée de ma lecture ; car sans être aussi conquise que d'aucuns ont peu l'être avant moi, j'ai beaucoup apprécié cette découverte. Je garde en tête le charme évanescent de l'écriture, et la sensible évocation des tourments intimes d'hommes et de femmes englués dans le carcan des convenances d'une époque sans concession. Les visions multiples se cherchent et se répondent, les secrets se dévoilent et pourtant, une fois le dernier volume refermé tout n'est pas explicité, tout n'est pas décortiqué. A chacun sa part d'inconnu et d'irrationnel. Et c'est, je le crois, très bien ainsi.



mots-clés : #amour #deuxiemeguerre #famille #identite #intimiste
par Armor
le Sam 13 Oct - 19:12
 
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Sujet: Aki SHIMAZAKI
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Phillip Lewis



Pas mal sans plus. Se lit bien. Ecriture fluide et passe-partout, rassurante.
L’histoire d’une famille qui vit dans les montagnes du Nord de la Caroline. Les gens sont rudes, mais quand on connait leur manière de fonctionner, tout va bien.

Il y a le père qui nait dans cette famille où aucun bouquin n’est ouvert et où le pasteur brûle les livres qu’il considère immoral sans les avoir lu. Le père est différent, il vit et respire les livres. Il est vite considéré comme “le bizarre” de la communauté. Mais il fait son trou et devient avocat. Puis il se marie et a des enfants, dont un fils, qui est le narrateur de l’histoire. Le père a des prétentions d’auteur et il consacre tout son temps libre à cette tâche qui le submerge. Et il disparait. La vie continue avec cette épine dans le coeur.


mots-clés : #famille #universdulivre
par Pia
le Jeu 20 Sep - 12:49
 
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Sujet: Phillip Lewis
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Marie Sizun

La gouvernante suédoise



A travers des photos de famille, quelques témoignages tronqués et un journal intime censuré, Marie Sizun reconstitue une tranche de son histoire familiale, un secret moyennement gardé qui a fait peser son empreinte sur les générations suivantes. Cela, on le subodore à quelques allusions au fil de son récit, et elle le confirme dans l'épilogue. Au-delà de ce côté intime, le livre se présente comme le sempiternel roman de la petite bourgeoisie, entre la Suède et Meudon, le mari qui trompe la jeune épouse avec la gouvernante, la grossesse cachée et l'enfant en pension, le mystère, les faux secrets, les apparences sauvegardées. Ces gens se dressent un carcan de conventions et de conformisme, ils se refusent le courage de leurs émotions au prix d'une bienséance mortifère.

Marie Sizun fait le choix d'un récit distancié, d'un classicisme quasi glacial, à l'image de ces cœur congelés.Elle gomme l'émotion comme celle-ci se doit d'être gommée au profits du paraître dans la vie de ses protagonistes déchirés par leurs amours socialement inacceptables. Un temps, dans une ambiance un peu sulfureuse, on se  demande si la gouvernante va s'approprier son maître ou sa maîtresse, mais non, le récit retrouve vite cette banalité des amours ancillaires, cette loi du bon vouloir des hommes,  si souvent décrites dans les romans du XIXème siècle. Cet aspect lisse et retenu est assez frustrant, n'aurait-il pas mieux valu assumer le pathétique, faire couler les larmes plutôt que s'en tenir à la petitesse des sentiments bridés par les conventions bourgeoises, à la réserve de cette histoire sagement bien racontée?

Petite pensée pour Carl Larson





mots-clés : #amitié #conditionfeminine #famille #solitude #xixesiecle
par topocl
le Mer 12 Sep - 20:45
 
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Sujet: Marie Sizun
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Pete Fromm

Mon désir le plus ardent



Maddy et Dalt ont 20 ans, ils sont jeunes, ils sont beaux, ils s'aiment, il se marient. Ils sont tous deux guides de rivière, passionnés par leur métier plein d'aventure et d'émotions fortes. Il vont avoir des enfants, tout cela, c'est leur désir le plus ardent.
Seulement voilà, il fallait compter avec cette "putain de sclérose en putains  de plaques" qui s'invite à leur table. Et si au fil des années, c'est peu à peu Adieu, veaux vaches, cochons, ils décident de ne pas se laisser dicter la loi. Grâce à l'amour, qui soulève des montagnes, c'est bien connu, et grâce à une bonne tranche d'humour et une sacrée dose d'ironie, dernières politesses  du désespoir, ils tâchent vaille que vaille de rester aussi des gens heureux  des Veinards, comme ils se sont dénommés au départ. Même si ils ne sont plus les mêmes, transformés chacun par cette épreuve de chaque instant. Sans pour autant nier les creux de vagues, les sables mouvant, les épuisements, les déceptions.

(..) et je m'abandonne, une nouvelle journée derrière nous, une autre devant, imminente, demain. Toujours comme la chute d'une blague répétée à l'infini. demain. Même quand c'est  la dernière chose que l'on veut, savoir ce qui vient, ce qui va suivre. Demain.


Ca a l'air assez mélo comme ça, et ça l'est dans la mesure où la vie est un mélo de toute façon. Lecteur, il faudra te résoudre à verser par-ci par-là une petite larme, à voir ton cœur fondre face aux épreuves de ce couple attachant et pas banal, tu pourras  aussi rire mais tu ne larmoieras jamais. Pete Fromm, observateur aussi malicieux que touchant, les suit au plus près pendant plusieurs décennies, en faisant le choix de décrire leur intimité quotidienne tout en laissant de coté tous les actes médicaux. La petit musique du temps qui passe et de désillusions prend une tonalité bouleversante, et amène le lecteur à un peu de modestie dans l'observation de ses propres difficultés existentielles. C'est une belle histoire forte et émouvante, qui sait être nuancée  dans   son aspect "il suffit de  s'aimer ", tonique quoique dramatique par une bonne dose d'humour noir ; c'est très réussi.


mots-clés : #amour #famille #pathologie
par topocl
le Mar 11 Sep - 13:27
 
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Sujet: Pete Fromm
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Daniel Mendelsohn



Une odyssée : un père, un fils, une épopée

Topocl a évoqué avec beaucoup de justesse la beauté rare du récit composé par Daniel Mendelsohn. Le mythe révèle par l'écrit l'intime et interroge l'individu confronté à ses proches choix, à l'angoisse d'une perte, à la fragilité de la vie.

J'ai été particulièrement touché par l'humilité du regard de Daniel Mendelsohn envers son père. De l'entame d'un séminaire sur l"Odyssée" d'Homère aux imprévus d'une croisière méditerranéenne sur les traces de cette épopée, le fils découvre des richesses apparemment enfouies et remet en cause ses propres interprétations et perceptions. Les nuances, les contradictions et les complexités d'un être peuvent alors être perçues et transmises, créant un pont entre les multiples richesses d'un passé et l'édifice d'une histoire personnelle à construire.


mots-clés : #antiquite #autobiographie #contemporain #creationartistique #famille #relationenfantparent
par Avadoro
le Ven 7 Sep - 0:43
 
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Sujet: Daniel Mendelsohn
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Eduardo Halfon



Monastère

"Une cage allait à la recherche d'un oiseau." Kafka

"3/4 arabe, 1/4 polonais et juif parfois."

Ainsi se définit Eduardo Halfon, la narrateur. Le narrateur qui n' est pas l' auteur.
Enfin pas tout à fait...
Et il ajoute :

"Trois grands parents arabes juifs, venus d' Egypte, du Liban, de Syrie, envoyés en Amérique Latine et un grand père paternel, juif et polonais arrêté à Lodz par les nazis à 16 ans, et envoyé en camps de concentration."


Il est le fruit et le mélange de cette hérédité, exilée au Guatemala.
Un mélange identitaire plutôt mal assumé, turbulent et instable.
D' où son malaise quand il est invité en compagnie de son frère au mariage de sa sœur à Jérusalem.

Sa soeur, il nous la présente jeune, belle, intelligente, ouverte.
Or, ne voilà t-il pas qu' elle va épouser un juif de Brooklyn, ultra orthodoxe.
Eduardo n' a pas envie d' assister à ce mariage.
Moins encore, lorsque mis en présence de ce futur beau frère, il le découvre vain, arrogant, dogmatique et agressif comme tous les néo convertis.
De ce mariage, nous n' en saurons pas d' avantage.

Ce qu' il voit d' Israel, dès le tarmac de l' aérodrome, accentue son malaise.
Un chauffeur de taxi lui demande s' il est arabe et lui déclare tout de go que les arabes sont méchants et qu' il faudrait les tuer tous.
Et puis, il y a ce fameux mur que les Israéliens ont édifié pour être séparés des palestiniens.
Les jours je font que l' enfoncer dans une torpeur étouffante accentuée par la chaleur de l'été.

Jusqu' au jour où il rencontre Tamara,  une femme qu' il a connue et aimée.
Une israélienne forte et rien moins que conformiste.
Elle le conduit au bord de la Mer Morte et cette excursion est l' occasion pour lui  de se confronter à son passé et à son histoire familiale.
Pour elle, de le faire parler, se raconter.
Avouer ses doutes, le fait de ne pas se reconnaitre juif.
Elle lui dit que son histoire familiale fait partie de ses racines, c' est aussi son histoire à lui.
"Notre histoire, conclue-t-elle, est notre seul patrimoine."
J' ai aimé cette histoire brillamment racontée et qui sait nous montrer sans insister, à quel point les êtres humains sont multiples, contradictoires, surtout quand ils sont prisonniers des soubresauts de l' Histoire.


mots-clés : #autobiographie #communautejuive #famille #identite
par bix_229
le Lun 27 Aoû - 20:05
 
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Sujet: Eduardo Halfon
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Juan Marsé

Des lézards dans le ravin


L’histoire se déroule pendant la période franquiste. Le narrateur est l’ enfant que porte « la rouquine » mère de 3 enfants, l’ainé Juan mort dans un bombardement en 1940, David le cadet qui vit actuellement avec elle ; depuis la disparition du père, Victor Bartra. Lequel s’est enfuit précipitamment alors que les policiers venaient l’arrêter, comme c’est le sort, sous ce régime dictatorial, de tous les gens de gauche, les anarchistes… ou soupçonnés de porter ces idéaux.

David est affligé par d’importants acouphènes qu’il contrôle comme il le peut. Mais cet adolescent a aussi une imagination débordante que par contre il ne contrôle pas. Aussi dialogue-t-il avec les vivants et les morts : son père, son frère ainé, le fœtus, le chien Etincelle et même un personnage de pilote sur une affiche.

Ce livre est donc très vivant, par les intéressants et nombreux dialogues.

L’inspecteur de la brigade politico-sociale qui se renseigne, discrètement ou pas, interroge le voisinage et la rouquine sur son mari Victor Bartra déplait à David, aussi ne voit-il pas d’un bon œil tous les petits cadeaux, si difficile à se procurer dans ce temps, que celui-ci fait à sa mère qui les accepte.

C’est souvent un face à face entre l’inspecteur et l’adolescent dont l’insolence n’a de pareille que son imagination.

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Un très bon livre et une belle écriture, pour moi. La période est bien sur intéressante par ce qu’elle représente ; et la difficulté de vivre à Barcelone et plus précisément dans ce quartier est bien rendue.

Extraits :

« Pendant qu’elle s’efforce de frotter le pelage du chien avec une serviette, il y a dans le regard dont elle enveloppe mon frère cette tendresse dont le destin n’a pas voulu qu’elle arrive jusqu’à moi, mais dans mon rêve je perçois pourtant le petit papillon de lumière qui volette dans sa voix :
- Tu ne pourrais pas réfléchir un peu, mon chéri, avant de faire les choses ?
Je suis de cet avis, mon frère.
Toi, je ne te parle pas, avorton, marmonne David en se tournant vers le mur, tête basse. »


« - Mais non, dit la rouquine. Ton père s’est laissé glisser le long de la pente sur les fesses. La malchance a voulu qu’il chope un bout de verre pointu, probablement un éclat de bouteille, et qu’il lui fende la fesse comme si c’était une pastèque, Voilà ce qui s’est passé, ni plus, ni moins.
- Et bien sur avec sa bouteille intacte et à l’abri, il n’aurait plus manqué que ça. Voilà comment ton cher père a quitté la maison. Un bien triste spectacle, mon fils. »


Impertinence de David vis-à-vis de l’Inspecteur de la brigade politico-sociale, Galvan.
« -Nous ne parlons pas de ça. La rouquine n’aime pas ça.
- Comment oses-tu l’appeler comme ça, ta propre mère ?
- Ca lui est égal. – David ébauche un sourire et arque la hanche. – C’est comme un compliment. Mon petit papa l’appel toujours comme ça. »


« Pour tuer l’attente, la rouquine allume une cigarette et ouvre un vieux livre très chéri à couverture dure, un roman que je garde, couvert avec du papier bleu. Elle a toujours aimé lire et elle profite de toutes les occasions de le faire, combien de fois David l’ a-t-il vue debout, son livre ouvert dans une main et une cuillère dans l’autre remuant le pot-au-feu et marmottant du bout des lèvres, attentive à sa lecture et à son fricot comme s’ils faisaient tous deux partie d’un rite, et elle aime aussi mettre des images de couleurs très vives entre les pages pour savoir où elle en est arrivée, et recouvrir ses livres comme on le lui a appris à l’école quand elle était petite. »


« Juan s’assied à califourchon sur la chaise bras pendant par-dessus le dossier, en face du lit de David. Il a la tête bandée et son pantalon déchiré laisse voir sa jambe coupée net sous le genou, mais il n’y a aucune trace de sans sous l’os éclaté. Son écharpe marron e ses vêtements chauds gardent toute la poussière rougeâtre de l’immeuble qui s’est entièrement effondré sur lui un certain jour de mars à midi et il ne fait pas l’âge qu’il avait alors, mais celui qu’il aurait aujourd’hui, vingt ans à peu près.
Tu serais mon frère ainé, se lamente David. Quel dommage.
Ca n’a pas été possible, petit, n’y pense plus.


Le BB a venir : « Je jurerais que cet-après-midi, si elle l’avait pu, en sortant pour aller chez le docteur, elle m’aurait volontiers laissé à la maison. Mais comment le savoir ? A ce moment-là, je me balançais au bord de la vie et à un pas de la mort, dos tourné au monde et sûrement la tête en bas. »

« Elle sait que je l’aime, malgré tout, ajoute papa tout en lavant son mouchoir dans le souvenir d’autres eaux, dans le flot sombre et violent d’autres temps, d’autres amours. La déchirure de son pantalon laisse entrevoir le mauvais aspect de sa blessure.
Tu saignes beaucoup papa, dit David. Ca va s’infecter.
Bêtises. Le sang versé pour la patrie ne s’infecte jamais, il est immunisé contre tous les microbes, parce qu’il est déjà pourri et bien pourri. »


« David et Etincelle, unis par la laisse sous le soleil implacable, se frayant un chemin au milieu d’un essaim d’abeilles, remontent lentement le lit du torrent en avançant sur tuf et décombres, pierres boueuses et langues de sables semblables à des épées, voix de l’eau, présages et intuitions. »

« L’inspecteur le fait taire en le visant de son doigt tendu, sans le moindre signe d’impatience ni dans le geste ni dans la voix :
- L’autre jour, je t’ai prévenu, garçon. Tu te rappelles ce que je t’ai dit ?
- -Oui Bwana. Vous m’avez dit que j’étais sur une mauvaise pente, sussurre David. Mais vous partiez, non ? Ou est-ce que vous avez un mandat de perquisition ?
Sans lever la tête ou à peine il observe le policier qui allume une cigarette avec son briquet Dupont, cling ! «


«- Cette fiche et ce dossier sont une insulte à l’intelligence de mon mari, dit-elle sereinement. A son intégrité morale et à ses idéaux. C’est une farce.
- Bon, à en juger par certains points de sa déclaration, dit l’inspecteur, il faudrait voir qui se moque de qui. Mais laissons cela, Madame Bartra. Je comprends que vous défendiez vos idées…
- Ne vous trompez pas sur mon compte, inspecteur. Je défends mon mari et je respecte son idéal, mais je ne suis pas son porte-voix idéologique, ni le sien, ni celui de personne ; je suis la femme qui élève ses enfants, la couturière, la cuisinière, la souillon. Ca vous semble peu ? »


« -Vous voyez, dit-elle, comme si elle devinait ses pensées. En ce moment même mon mari pourrait être ici avec moi, et pourtant il n’ est pas là, et je ne sais même pas où il se trouve. Mais vous savez quoi ? La nuit, en rêve, quand je tâte son bras pour m’appuyer dessus, je le trouve toujours. »




mots-clés : #famille #fantastique #pathologie #regimeautoritaire #viequotidienne
par Bédoulène
le Dim 26 Aoû - 16:24
 
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Sujet: Juan Marsé
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Robert Olen Butler

L'appel du fleuve.
traduit par jean-Luc Piningre



Cela aurait pu s'appeler aussi l'Appel de la guerre. Sur 5 générations, c'est une histoire du genre "Tu seras un homme mon fils!", mais ça ne marche pas.

Robert 70 ans est marié à Darna dans une relation toute de silences, de non dits, de  respect, de partage intellectuel, de courtes phrase qui se suffisent à elles-même. Pendant les quelques jours qui entourent la mort de son père, les vieux démons qu'il a ramenés de la guerre du Vietnam et gardés secrets au fil des décennies l'envahissent. Le grand-père a fait la Grande Guerre, le père a combattu Hitler. Lui a voulu gagner l'amour de son père (bel échec) en s'engageant, alors que son frère a fui au Canada, tranchant définitivement dans l'amour des siens. Ceux qui sont partis ont ramené des secrets terribles que leur femmes ont respectés, les soutenant chacune à sa manière. Un SDF  psychotique traîne par là, son père vétéran du Viet-Nam lui soufflant sa conduite dans son cerveau malade.

C'est donc un thème qu'on a déjà vu et revu, la guerre, le Vietnam, les traumatismes, les secrets, les enfants , les femmes, tout l’entourage qui en souffre.

J'ai assez aimé la façon de faire de Robert (tiens, il s'appelle Robert et je n'ai pas trouvé de biographie qui dise s'il a fait le Viet Nam) Olen Butler. D'abord j'aime bien les enterrements et tout ce qui tourne autour, en littérature du moins : c’est le moment de réunir tout le monde, de catalyser les sentiments, de dire les choses inavouées etc... Et là il s'en sort plutôt bien, c'est puissamment mené, sans débordements, dans cette réserve sentimentale qui semble affecter 'presque) tous les membres de la famille, cachant leur détresse derrière un mot, un geste, un silence.

Robert, cet homme vieillissant qui devient du jour au lendemain l’aîné de cette  famille déchirée, n’est pas la brute qu'ont pu donner les guerres aux générations précédentes; c'est un homme éduqué, intelligent, brillant même , attachant,  qui cache, tout enfoui,  un tout jeune garçon traumatisé et est autant déchiré par le traumatisme que par le secret. J'ai beaucoup aimé ce couple qu'il forme avec sa femme (et d'une façon générale la place des femmes dans ce roman), ce que l'amour est devenu en 50 ans, qui n'a plus besoin des mêmes enthousiasmes et artifices, qui trouve une certaine paix, laquelle peut sembler terne, mais cache en fait une énergie et une tendresse qui n'a même plus besoin de se dire.

Et puis, si au début les réminiscences et autres ramentevances m'ont un peu irritée, comme des flashbacks hollywoodiens, elles  se sont peu à peu mêlées au quotidien, aux espoirs, aux pensées, aux rêves, aux délires, elles ont pris leur place et tout le récit  fonctionne  sur cela, le passé, toujours présent, c'est assez prenant.



mots-clés : #amour #famille #guerre #mort #psychologique #relationenfantparent #vieillesse
par topocl
le Dim 5 Aoû - 11:05
 
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Sujet: Robert Olen Butler
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William Faulkner

Sartoris

Une imposante  et magnifique maison blanche édifiée par John Sartoris avant la guerre de Sécession,  sur une grande propriété, où vivent désormais, l’un des fils dit le vieux Bayard, miss Jenny  la tante du jeune Bayard petit-fils du vieux Bayard. L’ombre de l’ancêtre plane toujours sur la famille entretenue par le vieux serviteur Simon et le vieil ami Will.

Vivent également sur la propriété les serviteurs noirs, comme souvent les serviteurs de maison le sont de génération en génération. C’est le cas pour le vieux Simon, sa femme, ses enfants. Malgré qu’ils soient bien traités par la famille Sartoris l’on ressent le racisme qui existait dans cette région du Sud des Etats unis d’Amérique .
D’ailleurs le fils de Simon de retour de guerre ayant reçu un autre traitement revient avec l’idée qu’il est l’égal des blancs et qu’il peut donc faire ce qu’il entend, il sera vite remis à sa place.

« Mais quel est donc l’imbécile qui a imaginé de flanquer à des nègres le même uniforme qu’à des blancs ? M. Vardaman voyait plus juste, il avait bien prévenu à cette époque ces crétins de Washington que ça ne donnerait rien de bon. »
« Voyons, mon p’tit, répondit le Dr Peabody, il n’est pas question de laisser Will fourrer de sa drogue sur la verrue de Bayard. C’est très bien pour les nègres et les bestiaux, mais Bayard n’en a pas besoin. »


Bayard revient de la première guerre mondiale alors que son frère John, aviateur comme lui, y a perdu la vie.  Il est vrai qu’aucun des Sartoris depuis l’ancêtre John n’est mort de mort naturelle.

Bayard est affecté par la perte de son frère et sa réaction, comme tous les Sartoris, est de violence, contre lui-même,  contre la vie,  et de fanfaronnade. Il  hypothèque sans cesse sa vie à la faucheuse.
Il dirige aussi sa colère contre son frère John :

« - Sacré cochon de Boche ! dit-il. Aussi bien, il n’a jamais été fichu de voler. Je passais mon temps à l’empêcher de grimper là-haut sur cette sacrée pétoire, - et il s’emporta furieusement contre son frère mort. »
« Je passais mon temps à essayer de l’empêcher de grimper là-haut avec ce Camel. Mais il m’a fichu un gnon. En plein dans le nez. »


Même l’amour de sa jeune femme ne put le sauver : « Et ils restaient étendus aux bras l’un de l’autre, dans l’ombre où s’abolissait un instant son incurable désespérance et la solitude de ce destin dont il ne pouvait s’évader. (cette désespérance m’a ramenée à  celle du Héros de Givre et sang de Powys).

« Bayard étendu sur un lit inconnu, et dont les nerfs engourdis par l’alcool rayonnaient comme des fils de glace à travers ce corps qu’il devait traîner à tout jamais avec lui par un monde sans joie et sans intérêt.
- Merde ! s’écria-t-il, couché sur le dos, regardant par la fenêtre dehors où il n’y avait rien à voir, attendant le sommeil sans savoir s’il viendrait ou non, sans se soucier particulièrement que ce fût l’un ou l’autre. Ne rien savoir, et l’interminable durée de la vie normale d’un homme. Soixante-dix années à traîner par le monde ce corps obstiné, et à duper ses instantes exigences. Trois fois vingt et dix, disait la Bible. A peine plus d’un tiers de fait. Merde ! »


Miss Jenny, dirige la maison et les hommes d’une main de maître, lucide, forte mais tendre aussi, elle ne se fait aucune illusion sur le sort des Sartoris. Depuis le retour de Bayard, elle s’inquiète pour le vieux Bayard qui parcourt avec son petit-fils les routes dans sa voiture à « toute vitesse" :

« Si tu perds tes  après-midi à courir avec lui, ce n’est pas seulement parce que tu crois que ça l’empêchera de faire la culbute avec sa voiture, si tu y vas c’est  parce que tu veux être dedans, toi aussi, quand ça arrivera. Alors crois-tu que tu te soucies plus que lui de ta famille ? »

Le cœur du vieux Bayard est en mauvais état et comme le médecin en averti miss Jenny elle lui répond :
« Avez-vous jamais vu un Sartoris mourir de sa mort naturelle comme n’importe quel autre ? demanda miss Jenny. Vous savez bien que ce cœur-là  n’emportera pas Bayard avant son heure. »

C’est lors d’une sortie en voiture avec son petit-fils que l’heure arriva.

La mort de son grand-père bouleversa Bayard et il ne trouva de remède à sa désespérance que dans la fuite, l’alcool, sans toutefois  jamais perdre sa dignité, sa fanfaronnade ;  la faucheuse réclama le paiement de l’hypothèque.

C’est le même jour que naissait un nouveau Sartoris, son fils.

Narcissa la femme de Bayard prénomma l’enfant de son patronyme : Benbow

Choix qui fit réagir miss Jenny :
« Et vous croyez que cela fera quelque chose ? demanda miss Jenny. Vous figurez-vous que pour changer un seul d’entre-eux il suffit de changer de nom ?

L’avenir seul le dira.

Extraits :
« Miss Jenny déclarait qu’elle avait encore trop à faire pour son salut sans le compromettre en se rendant à l’église à cinquante milles à l’heure, qu’elle avait à son actif autant de péchés que pouvait en comporter son train de vie coutumier, surtout depuis qu’elle avait à charge, par-dessus le marché, de ménager coûte que coûte une entrée au ciel à l’âme du vieux Bayard qui, chaque après-midi, sillonnait à toute vitesse les routes de la contrée en compagnie du jeune Bayard, au risque de se casser le cou. Quant à l’âme du jeune Bayard, miss Jenny était tranquille : il n’en avait pas. »

Un beau passage hommage au mulet : « Quelque Homère des champs de coton devrait chanter un jour la Saga du Mulet, et dire la place qu’il occupe dans les Etats du Sud.

« Narcissa retourna sur sa chaise et  Simon reparut, cette fois processionnellement suivi d’Isom, et, pendant les quelques minutes qui s’écoulèrent, ce fut entre la cuisine et la salle à manger une série d’allées et venues pour apporter un dindon rôti, un jambon fumé, un plat de cailles, un autre d’écureuils, un opossum cuit au four sur un lit de patates douces, une salade de concombres et de betteraves, des patates douces et des pomme de terre d’Irlande, du riz et de la bouillie de maïs, des biscuits secs, de longues et minces flûtes de pain de maïs, des confitures de fraises et de poires, de la gelée de coings et de pommes, de la compote de myrtilles et des pêches conservées.
Alors Simon apporta des tartes de trois espèces, un petit plum-pudding à vous donner le coup de grâce, une merveille de gâteau au whisky, aux noix et aux fruits, traître et fatal comme le péché, dont le parfum vous ravissait au septième ciel, et, pour finir, avec un air mystérieux et pénétré d’importance, une bouteille de porto. »


« Les nègres trinquèrent avec lui, cordialement, bien qu’un peu intimidés. Deux catégories d’êtres inconciliables par le sang, l’atavisme, le milieu, rapprochés un instant et confondus dans le même rêve ; l’humanité oubliant pour un jour ses appétits, sa lâcheté, sa convoitise. »

************

Encore une fois emportée par l’écriture de Faulkner, les sentiments d’une justesse de ton, le réalisme, l’attitude des personnes de couleur, celle des  blancs ; l’ âme et le tempérament des gens du Sud.
Un passage révélateur sur les relations du vieux maître et du vieux serviteur Simon quand celui-ci a « dépensé » l’argent  que sa communauté lui avait confié.

Cette grande famille, ces hommes Sartoris, leur destinée, leur mort dramatique : une part d'héritage ?


mots-clés : #famille #mort #racisme
par Bédoulène
le Mar 10 Juil - 23:36
 
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Sujet: William Faulkner
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Russell Banks



L'ange sur le toit

Recueil de nouvelles que j ai trouvé assez prenant, mais sombre, très sombre. Et subtil.
L'une des choses les plus difficiles à dire à quelqu'un est celle-ci : J 'espère que vous m'aimerez sans raison particulière.


Beaucoup de ces textes posent la question du temps,et du rapport au souvenir, celui de la famille d'enfance, ou des premiers mariages; fréquemment ses personnages sont amenés, par une émotion, à se sentir étrangers à l'instant même, et renvoyés, malgré eux, au sentiment, à la certitude qu'ils n'ont rien à faire là, dans ce troisième mariage, qu'ils souhaitent juste être là, dans ce foyer quitté il y a dix ans, alors même qu'ils n'aiment plus la femme d'alors. Un truc bizarre, comme si ces personnages subissaient une vérité trop tard venue, comprise hors contexte, qui toujours aboutirait à un constat éludé : ils passent à autre chose. Il décrit bien comment, un jour, l'on peut avoir une conscience grave et bouleversante de vérité, et décider de la ranger aux oubliettes, volontairement.

Par ailleurs, mais c'est plus personnel et particulier à décrire, je balance entre le sentiment d'avoir à faire à une personnalité d'écrivain très riche, subtile, et celui d'être face au roi de l'imposture, au menteur habile, à l'entourloupe affect/intellect. Dans tous les cas, il est remarquable. Et laisse le sentiment troublant d'une intelligence qui ferait ses petits arrangements de grands fonds.


mots-clés : #famille #nouvelle
par Nadine
le Sam 7 Juil - 9:00
 
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Sujet: Russell Banks
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Ashok Ferrey



L'incessant bavardage des démons

Je suis né laid. C'est ce que ma mère a toujours dit.
_ Sonny, s'inquiétait-elle, quand allons-nous enfin trouver une fille assez bien pour toi ?
C'était une habile formulation, car par « assez bien », elle laissait entendre, plutôt qu'une jeune personne à la hauteur de ses exigences, une fille assez bonne et accommodante pour bien vouloir me prendre pour époux _ autant dire en pitié.


Sonny est le fruit d'une mésalliance. Son père, héritier de la plus grande famille de la région, a épousé la fille de l'astrologue. Et celle-ci, méprisée par sa belle-famille, s'est peu à peu muée en une vieille femme acariâtre, cupide et méchante comme une teigne, qui règne de main de maître sur le domaine familial en exploitant ses employés.
Sonny, parti faire ses études en Angleterre, y a rencontré la sublime Luisa qu'il s'apprête à présenter à sa mère. Mais Sonny n'est pas un homme comme les autres. Il est possédé par le diable depuis son enfance. Du moins, sa mère en est-elle persuadée. Et les multiples cérémonies d'exorcisme n'ont servi à rien, Sonny est resté possédé, et laid par dessus le marché. Son retour au pays n'augure donc rien de bon, surtout quand on sait que la jolie servante Sita est toujours folle de lui. Surtout quand on sait que le diable rôde dans ces contrées....

Voilà un roman qui démarrait sur les chapeaux de roues et qui fini en eau de boudin. Au départ, j'ai apprécié ce récit qui abordait le déracinement et le manque d'amour maternel sous couvert d'humour et de légèreté. Puis ça s'est gâté...
L'évolution des personnages, tout d'abord, m'a laissée pour le moins perplexe. Plus le livre avance, et plus certaines réactions paraissent incohérentes. Que l'auteur attribue tout cela à l'intervention du Diable n'incite pourtant pas à la mansuétude, même lui ne peut rendre les êtres aussi caricaturaux ou inconsistants.
Parlons-en d'ailleurs, de ces interventions du Diable, qui se veulent drôles et piquantes, et qui m'ont surtout semblé ridicules... Non franchement, la qualité du roman n'a cessé de baisser tout du long.
Et ça m'a mise en rogne.
Parce que le sujet était intéressant, que le début était prometteur, et que, mine de rien, il y a de chouettes passages. J'ai ainsi appris pas mal de chose sur le mode de vie quasi féodal de certaines grandes familles sri lankaises (songez donc, on appelle le patron « Mon Seigneur »!), et sur les rituels élaborés  par les sorciers locaux dans un pays où, apparemment, religions officielles et démonologie font bon ménage, les gens voguant de l'une à l'autre avec le plus parfait naturel...

Je ne nierai pas que le bouquin se lit d'une traite, mais il m'a laissée passablement dépitée. J'aurais voulu l'adorer et au final c'est un flop, ou tout au moins un semi-flop. (Un deux tiers de flop, en fait).
Flûte et re-flûte.


mots-clés : #conditionfeminine #famille #traditions
par Armor
le Ven 6 Juil - 2:46
 
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Sujet: Ashok Ferrey
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Charif Majdalani

L'empereur à pied



Pourtant, depuis que j'avais entendu cette histoire racontée par mon père qui la tenait de Chehab Jbeibi, je le l'avais si souvent imaginée, réélaborée, tournée  et  retournée dans ma tête, qu'elle avait acquis force de loi à mes yeux. Elle était devenue indiscutable, j'y croyais comme on croit aux légendes, aux choses lointaines dans le temps autant que dans la géographie et qui n'ont pas la même logique que ce qui nous entoure immédiatement, ce qui semble correspondre aux lois de la raison.


En un siècle et demi, le Liban, de terre ancestrale légendaire est devenu un lieu de luttes économiques, géo-politiques  et religieuses impitoyables. Au fil des décennies, chez les Jbeili, si la noblesse s'est perdue au passage, l'âpreté au gain, la vénalité et l'autoritarisme sont bien les mêmes. C'est bien ce qu’illustrent les 5 générations de cette famille , dont le patriarche, venu de nulle part avec ses trois fils, a commencé en défrichant des terres hostiles . Ses descendants devenus négociants font fructifier un pactole acquis pas toujours honnêtement, mais subissent aussi la loi dictée par l'ancêtre: seuls les aînés peuvent se marier, et enfanter. Les cadets seront donc des personnages qui vont compenser la stérilité de leur vie intime par le rêve, l'aventure, le nomadisme. Et de l'autre côté, le commerce se déploie, l'héritage fructifie, par des moyens nobles et moins nobles.

À partir de moi, le passé devient légende et pourra être défait. Et une autre histoire pourra commencer.


Cette histoire, cette tradition familiale,  est racontée par divers narrateurs de la famille, comme un conte ensorcelant, au fil de longs monologues sous d'élégantes vérandas. Ce sont des récits plaisants, des héros fascinants, des destinées hors pair. Comme dans toute légende, les versions officielles ou officieuse, peuvent varier,  et rien n'est vraiment sûr, le récit s'offre aux suppositions et à la rêverie. Ce qui est sûr c'est cette malédiction qui transfigure les générations, c'est cet appât de puissance, financière ou aventureuse qu'ils partagent tous. Ce qui est sûr c'est le désastre final d'un pays dévasté par la guerre, la corruption, l'avidité.

L'entropie est  partout, le monde se défait, la laideur gagne à toute allure.



mots-clés : #famille #historique #traditions
par topocl
le Sam 23 Juin - 14:47
 
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Sujet: Charif Majdalani
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Paolo Cognetti



Sofia s'habille toujours en noir


Originale : Sofia si veste sempre di nero (Italien, 2012)

CONTENU :
4ème de couverture a écrit:Depuis toujours la vie est une guerre pour Sofia. Une guerre contre sa famille, ses proches, contre le monde entier. Inquiète, débordante, excentrique, insaisissable, Sofia est toujours habillée en noir. Et son humeur aussi est souvent revêtue de noir. Pourtant elle fascine tous ceux qui l'observent depuis le jour de sa naissance. L'infirmière penchée sur sa couveuse ; le compagnon de jeu, Oscar, captivé par le monde des pirates ; la tante Marta, une militante d'extrême gauche un temps exilée à Paris ; les parents enfermés dans un quotidien traversé de tensions silencieuses. Chacun d'entre eux tente de s'inscrire dans le mouvement du monde. Des ghettos résidentiels s'installent en bordure des villes, le tissu industriel se défait, la politique perd de son aura. Et Sofia, fille unique de la petite bourgeoisie, semble flotter dans ce monde qui en trente ans, depuis les années 70, a profondément changé.
Paolo Cognetti joue à merveille de son savoir-faire de nouvelliste pour composer un roman-mosaïque original.


REMARQUES :
Dans ce roman de Cognetti on retrouve à nouveau une protagoniste féminine. L’oeuvre consiste de dix « nouvelles-chapitres », qui pourront presque exister de façon autonome, parlant chacune d’une autre période des trente années de vie de Sofia : en commençant dans l’enfance dans une famille bourgeoise qui est normal seulement en apparence, mais à l’intérieur sous le choc. La jeunesse sera marquée par la revolte et aussi des problèmes psychiques jusqu’à une tentative de suicide. Comme adulte, elle trouvera une place au théâtre…

Il s’agit donc d’un registre autre comme le « Garçon sauvage » ou « Les huit montagnes ». Dans chaque chapitre au premier regard on parle même d’une autre personne, mais toujours des environs autour de Sofia. Parfois elle ne semble même pas apparaître pendant des pages. Procédé étonnant !? Puis j’ai trouvé de plus en plus intéressant de faire connaissance d’une personne par l’intermédiaire d’autres personnes de son entourage, par ce qui a pu la marquer. Cela permet aussi différentes perspectives sur une même donnée en racontant une histoire de deux points de vue.

Sofia est à peu près de l’âge de l’auteur, née en 1977. Et ainsi naturellement influencée par diverses facteurs d’origine familiaire et sociétale.
- les parents bien situés selon la façade, mais se disputant toujours. La mère maniaco-dépressive, le père un Workoholic et ingénieur, menant double vie avec une maîtresse.
- les facteurs italien « église » et « Mafia »
- le milieu ouvrier des années 70 entre communisme et pauvreté
- la vie dans les écoles de théâtre, d’acteurs à Rome, puis New York (Cognetti qui connaît bien cette ville!)

Sofia se bloque parfois, se révolte comme fille et adolescente. Elle souffre sous les circonstances de vie, mais montre une tendance farouche de rester indépendante. Dans et surtout à cause de sa « sauvagerie » le lecteur va l’aimer. Elle vit entre ce qui la marque (sans l’avoir choisi) une forme d’intouchabilité et d’indépendance.

Le livre est plein de « bonnes observations » qui méritent qu’on s’en souvient. Un bon auteur déjà dans ce premier roman qui a entre-temps confirmé son talent.

mots-clés : #contemporain #famille #identite
par tom léo
le Mar 19 Juin - 12:05
 
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Sujet: Paolo Cognetti
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Nicolas Bokov


Loin de la Tour Eiffel


Originale : вдали от эйфелевой башни  (Russe, 2015)

CONTENU :
Récit d'un écrivain, père d'une fille née handicapée en France, dans une famille de réfugiés politiques soviétiques. Turbulences de relations autour d'elle, conflits d’intérêts entre les parents et l'administration au sein du foyer d'accueil.

REMARQUES :
Voilà un "autre" livre de Nicolas Bokov qui retrace un « aspect » (?) douloureux de sa vie. Etant père d'une fille handicappée, Marie, aujourd'hui âgée d'une quarantaine d'années, il parle de sa relation avec elle, empreinte de tendresse et respect pour ce qu'elle est, et ce qu'elle n'est pas. Mais plus qu'une relation à deux, ce livre est aussi une sorte d'accusation parfois dure (mais authentique et vraie) contre toutes les absurdités rencontrées quand on veut soulager la vie d'un être cher, dans un établissement régi par des normes, et des fois oubliant complètement sa vocation d'un « chez soi ». Oui, cela rend Bokov des fois solitaire, malheureux, voir amer : comment ne pas se revolter ? Quand éventuellement d'autres ont jeté l'éponge et disent rien à cause d'une dépendance de ces établissements, d'une manque d'assurance, et le sentiments même d'une culpabilité cachée ?

L'écrivain parsème ces moments-là avec des souvenirs d'un passé plus ou moins heureux ou menacé, de réfugié politique en France ou de dissident en URSS. Pour moi c'est profondement parlant, ayant moi-même une sœur handicappé, et me sentant d'autre part, proche du monde d'origine de Bokov.

On souhaite des lecteurs à ce petit livre...

mots-clés : #autobiographie #famille #immigration #pathologie
par tom léo
le Ven 15 Juin - 7:16
 
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Sujet: Nicolas Bokov
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Stieg Larsson

Les hommes qui n'aimaient pas les femmes.


Très habilement troussé, en effet, ce premier opus  de Millenium. Une écriture millimétrique qui colle à ses deux héros réunis dans un  duo tout à la fois bancal et parfaitement adapté . Mikael Blomkvist,journaliste d'investigation plein d'une probité, haineux quand le pouvoir et l'argent sont mal employés, compassionnel avec les faibles et tout ce qui sort des rails, et Lisbeth Salander jeune femme asociale, tatouée et piercée, plaie hurlante hypermnésique, dont il est dit quelque part qu'elle pourrait être Aperger "ou quelque chose comme ça" (je penche pour le "quelque chose comme ça").

Quant à l’intrigue , il s’agit plutôt d'un faisceau d'intrigues intimement entremêlées à composante politique, économique, rituelle, sexuelle, d'une belle complexité qui arrive à rester claire jusqu'au bout, portée par des personnages (un peu moins fouillés que les enquêteurs) pour la plupart membres d'une richissime famille d'industriels suédois, capable derrière son écran de fric des pires turpitudes.

Intelligent, haletant, addictif, quoique un peu glauque par moments par l'accumulation.

mots-clés : #conditionfeminine #criminalite #famille #polar #politique #sexualité
par topocl
le Lun 11 Juin - 9:51
 
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Sujet: Stieg Larsson
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Laura Kasischke

Et j'avais lu aussi:

A moi pour toujours



J'imagine Laura Kasischke, cette belle jeune femme épanouie et sûre d'elle que j’ai vue à la télé la semaine dernière, s'asseyant devant sa machine à écrire ou son ordinateur, considérant belle sa vie aboutie, correspondant plus ou moins au rêve qu'elle en avait fait quand elle avait 20 ans, réalisant avec effroi que cela pourrait être précaire, qu'il y a peut-être des zones d'ombre et fragilité, que le danger rôde, et décidant de l’illustrer dans un roman. C'est plutôt beau, non. D'ailleurs je me reconnais assez en elle, et comme elle, à l’heure où mes enfants quittent un à un le foyer , je me rends compte qu’il faut passer à autre chose, les moments de bonheur quotidiens seront là mais seront différents. Et je comprends qu’elle puisse douter.

Seulement voilà, plus démonstratif que ce livre il n’y a pas. Des révélations sur le passé, de personnes qu’on croit connaître et qu ‘on découvre autres que ce qu’ils ont été  pendant 20 ans, (tous, sans exception, à commencer par soi même) , il en pleut de tous cotés, il n’y a pas une personne saine ici et que j’en remette une couche, et quand on croit que c’est fini il y en a encore…
Le démonstratif ne s’arrête pas au déroulé de l’histoire. Il y a la métaphore de l’animal mort (avez vous bien compris comme la vie est cruelle et éphémère, et des fois que vous n’auriez pas compris on les retrouve en topiaires à la fin)) : un lapin, une mouche ; un écureuil, une biche, à croire que les animaux ne sont sur terre que pour nous faire passer des messages. La psychologie des personnages est totalement incohérente, des marionnettes dans les mains de Kasischke

Quant aux rêves (en général je déteste les rêves dans les romans car je ne comprends rien à leurs sens caché) leur métaphore du quotidien est tellement convenue et insipide.. Et pour le sexe, avons nous bien compris la dérive que vit l’héroïne ?

Ce roman n’est pas un œil acerbe porté sur la famille et notre société policée. C’est un délire grand-guignol de Mme Kasischke (c’est çà, l’effet atelier d’écriture ???). Et, à part quelques italiques, j’ai du mal à y retrouver JCO à laquelle on la compare volontiers.

Bon je m’arrête là dans la critique. D’un certain coté l’idée du « ça tient à si peu de chose », du dérapage contrôlé, de la spirale infernale me plaisent. L’idée que les non-dits magistraux de l’épilogue ne sont que l’aboutissement de tous les non-dits anodins de 20 ans de vie partagée. Cette histoire, bien que totalement impossible, est rondement menée, dans un style alerte et chaleureux, qui a su trouver sa propre voix (e ?). Au fil des pages, j’ai vue une sensibilité, un sens aigu de l’émotion, une compréhension de l’interrogation existentielle le qui prend à la gorge à l’heure des bilans, un lien à la nature et aux saisons qui m’ont touchée.

Récup 2012

mots-clés : #contemporain #famille
par topocl
le Lun 4 Juin - 12:05
 
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Sujet: Laura Kasischke
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Laura Kasischke

Esprit d’hiver



Le titre se réfère à un poème de Wllace Stevens.

Ne faites pas la même bêtise que moi : en feuilletant le livre, je suis tombé sur la dernière page imprimée avec une typographie différente, j’ai pensé à une table des matières ou quelque chose de ce genre ; erreur, cette page donne une explication rationnelle à ce qui précède.
Toutefois, le côté thriller du récit n’est qu’un des aspects, qui n’est pas, à mon avis, le plus intéressant de ce livre. Disons que c’en est le moteur.

Nous voilà donc dans une famille de classe moyenne du Michigan le matin de Noël. La maîtresse de maison, Holly, se réveille tard, trop tard. Son époux doit partir précipitamment  chercher à l’aéroport ses parents, les invités vont arriver. Pour couronner le tout, Tatiana, adolescente en crise est d’humeur revêche.
A partir de là tout va aller de mal en pire : le blizzard souffle, les invités se décommandent, Eric doit gagner un hôpital en raison de ses parents en pleine « confusion ». Le réel commence à se fissurer de toute part.

Le récit se construit essentiellement sur les rapports entre Holly, la mère, une poétesse incapable d’écrire à nouveau et Taty, sa fille. Des allers-retours précisent le rapport qui les unit. Holly fait partie d’une famille frappée par une maladie génétique : sa mère, une de ses sœurs sont mortes de cancer, une autre sœur se suicide. Holly décide donc une mammectomie et une ovariectomie pour conjurer le destin de sa famille. Elle adopte Tatiana, jeune orpheline russe.

Il s’agit donc d’un roman sur la filiation, sur le patrimoine génétique d’une personne qui est conçue avec des facteurs prédéterminés de chance ou de pas de chance.
C’est un livre aussi sur les non-dits, sur ce qu’on décide de mettre dans un coin de l’esprit et d’oublier. Holly a une technique toute particulière pour cela. Elle porte un élastique au poignet qu’elle fait claquer sur la peau, si nécessaire. Car seul compte le bonheur de Tatiana.

L’écriture de Laura Kasischke joue à merveille de ce huit-clos enfermé sous la neige qui tombe sans arrêt et enfouit tout ; atmosphère qui paradoxalement va réveiller les fêlures entre la mère et sa fille.

Spoiler:
Je dirais volontiers que l’écriture de Laura Kasichke est caractéristique d’une écriture féminine, par la « douceur » de son approche, mais en disant cela,  je vais m’attirer une volée de bois vert.  Razz


« Esprit d’hiver » est un très beau roman que j’ai eu du plaisir à lire. Sûr, je vais continuer avec cette écrivaine.

« Et bien, avait expliquée Tatiana, parfois l’âme pouvait être derrière le corps, peut-être, et parfois elle pouvait être à côté ou en-dessous ou au-dessus, mais oui, habituellement elle se trouvait à l’intérieur. Un livre, par exemple, avait son âme dans le creux entre les deux pages du milieu. C’était typique des choses pliables. Comme les papillons qui avaient l’âme là où leurs deux ailes se rejoignaient. »


« … c’était à cette occasion que Holly avait vu les pieds nus de sa belle-mère.
Ils ressemblaient à d’horribles oiseaux déplumés. Des choses émaciées et sans ailes, préparées pour un maigre repas de prison ou une soupe du tiers-monde. Holly crut même voir le sang couler dans les veines de ces pieds, se rassemblant en petits amas de la taille d’une pastille avant de pulser. Ces pieds l’avaient rendue malade de pitié. Elle s’était dit que ce n’était pas étonnant que la vieille femme clopine de la sorte. Comment Gin arrivait-elle-même à marcher ? Et combien de temps encore des pieds si abîmés, si épuisés pouvaient-ils tout bonnement marcher sur cette terre ?»


« Ils se dirent au revoir puis, une fois la discussion finie, Holly écouta le bruit de la connexion coupée, qui était celle d’une hache toute minuscule s’abattant sur le tronc très fin d’un arbre. »


Deux réflexions intéressantes dans une interview publiée par le journal Le Monde du 22/08/2013 :

« Oui, reprend Laura Kasischke. Ici, dans Esprit d'hiver, c'est le refoulement, le déni, les souvenirs "oubliés"... Tous mes livres tournent autour de ça, l'inconscient, sa façon de nous travailler au quotidien, dans la fausse quiétude de l'univers domestique. »


« Œdipe, le roi Lear, Nora dans Une maison de poupée d'Ibsen... Vous voyez, c'est toujours la même obsession qui revient, des êtres qui voudraient supprimer des choses qu'ils savent avant que ces choses ne les anéantissent eux-mêmes."



mots-clés : #contemporain #famille #psychologique #relationenfantparent
par ArenSor
le Lun 4 Juin - 11:35
 
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Sujet: Laura Kasischke
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Jérome Garcin

Le syndrome de Garcin



Jérôme Garcin poursuit son œuvre d’autoportrait sans en avoir l'air, à travers la recension de ses morts. Ici ses deux grands-pères (et plus particulièrement son grand père Garcin célèbre neurologue qui décrivit le signe de Garcin, le syndrome de Garcin et j'en passe) et à travers eux deux lignées médicales dans la plus belle tradition du mandarinat, du patriarcat, du népotisme, appelez ça comme vous voudrez.

Cela donne deux portraits attachants, et amusants car contrastés. L'un est rigide, austère, totalement absorbé par son travail, mais droit et accueillant,un chef d’œuvre d'humanisme avec ses patients (enfin il est décrit comme tel), l'autre, psychiatre renommé, est plus joyeux, plus souple, très ouvert avec ses vieux pantalons de velours côtelé.

C'est un hommage affectueux à ces grands père, à leur façon d'aborder la vie avec une dignité discrète, réservant l'étalage de leurs affects, pleinement investis de leur vocation médicale, tant dans son versant scientifique qu'humain. De grands hommes. C'est une réflexion sur la médecine, ses rapports avec la littérature, qui partagent une attention à l'humain. C'est une confession intime sur l'esprit Garcin, cette façon de raconter les tragédie sans y avoir l'air d'y toucher, ce qui  n'empêche pas de souffrir.

Comme souvent avec Jérôme Garcin, il y a de très beaux moments, du fait de son œil tout à la fois perçant et attentionné, d'autant qu'il a une belle écriture, presque trop par moments, un peu désuète par moments (et obligeant parfois à relire certaines phrases pour les comprendre).Mais ce "ne pas y toucher " me laisse aussi toujours un peu sur ma faim.

Et puis, il faut reconnaître que si se tartiner la généalogie de ces patrons-médecins a un réel sens sociologique, j'ai vu moins d’intérêt, même moi neurologue, à l'énumération des maladies rares, des titres de travaux...alors je me dis que pour les non-médecins, cela doit être par moments carrément indigeste.

Curieux mélange, donc. N'empêche, j’aime quand même bien Jérôme Garcin.


Mots-clés : #famille #medecine
par topocl
le Sam 2 Juin - 8:58
 
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Sujet: Jérome Garcin
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Etienne Davodeau

Les mauvaises gens



C'est l'histoire d'une époque faite de solidarité et d'optimisme. La vie n'était pas moins dure qu'aujourd'hui. Mais les ennemis et les obstacles semblaient plus identifiables.


De la sortie de la guerre à l'élection de Mitterand, Davodeau explore le parcours de ses parents, en leur compagnies, avec son œil crique d'enfant puis d'adulte. Leurs débuts sont écrits par la pauvreté, entre l'usine et l'église. Le curé des JOC les initie à l'action, à la recherche de l'émancipation. Toute leur vie se poursuit sous la double égide de la foi et du syndicalisme, dans la  lutte, la solidarité, et parfois  la victoire. Leur histoire est un miroir de l'évolution collective de tout le monde ouvrir  et des droits du travail
Avec humour, modestie et affection Etienne Davodeau, dans une impeccable scénarisation, mêle habilement histoire intime et collective pour ce portrait d'hommes et de femmes oubliés, d'une espèce quasi disparue, qui ont eu une importance cruciale.



Mots-clés : #biographie #documentaire #famille #mondedutravail #social
par topocl
le Dim 27 Mai - 14:45
 
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Sujet: Etienne Davodeau
Réponses: 8
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