Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Mar 12 Nov - 18:03

30 résultats trouvés pour segregation

C.E. Morgan

Tag segregation sur Des Choses à lire Cemsp_10

Le sport des rois

Difficile de trouver les mots pour évoquer ce roman de fièvre et de fureur, qui suit les pas d'un riche propriétaire terrien du Kentucky qui a investi toute sa vie dans l'élevage des chevaux de course, incarnation pour lui d'une forme de transcendance et de transmission d'une toute-puissance.
Cette passion des courses de chevaux s'est construite en opposition à son père, qui lui a laissé une terre ayant créé une fortune familiale mais l'a renié dans ces choix. Et ce déchirement, cette haine enfouie et intérieure d'une figure paternelle est à la source de tous les tourments, reflets des contradictions, des souffrances d'un monde clos du Sud des Etats-Unis, où le mépris de soi s'engloutit dans la perpétuation d'une ségrégation raciale quotidienne.
L'évocation des femmes, des noirs n'est que violence et amertume aux yeux d'hommes blancs déjà à moitié brisés...et la colère d'Henry Forge, qui voit sa propre fille se rebeller, puis un garçon d'écurie de sang-mêlé le supplanter dans son ambition hippique, ne peut que s'achever dans le drame.

L'écriture de C.E. Morgan est marquante, souvent flamboyante par ses accents romanesques, et peut rappeler l'intensité abrupte d'un Faulkner tant elle fascine et déroute à la fois. Paradoxalement, Le sport des rois semble parfois manquer de personnalité ou de sincérité, en privilégiant jusqu'à l'excès une dimension spectaculaire dans les rebondissements narratifs. Mais malgré ces regrets, il s'agit pour moi d'une oeuvre qui constitue un temps fort de mon année littéraire, et ne laissera pas indifférent.


Mots-clés : #famille #racisme #relationenfantparent #segregation
par Avadoro
le Mar 24 Sep - 23:28
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: C.E. Morgan
Réponses: 5
Vues: 90

Luca Di Fulvio

Le gang des rêves

Tag segregation sur Des Choses à lire Le_gan10

Titre original: La gang dei sogni. Paru en italien en 2008, roman, 920 pages environ.

Le roman débute à Aspromonte, Calabre, au début du XXème siècle.
Une petite fille (Cetta) grandit sous le regard de sa mère mais aussi celui, concupiscent, du patron de celle-ci, qui visiblement possède êtres, terres et choses et en dispose à son gré.
Cetta, devenue adolescente, se fait estropier par surprise par sa mère, afin de lui éviter les griffes du patron ou de l'entourage de celui-ci.
Ce sera sans succès et elle accouchera, "à presque quatorze ans", d'un garçon prénommé Natale, c'est-à-dire Noël.
Peu désireuse d'appartenir au patron comme l'une de ses terres, elle s'embarque à Naples pour l'Amérique avec son bébé. La traversée se passe en viols continus par le capitaine, contre un quignon de pain et un peu d'eau. Une fois débarqués à Ellis Island et sur recommandation du capitaine, la petite fille, flanquée de son bébé, va connaître des années durant la prostitution en maison close.
Son maquereau, Sal Tropea, sous des allures brutales est doté d'un cœur ainsi qu'on s'en aperçoit petit à petit au fil des pages, pour un premier élément un peu positif dans ce livre, ce qu'on n'osait plus espérer. Ce personnage de souteneur-gangster impuissant fait un petit peu songer à Sanctuaire, de Faulkner, est-ce là une référence que Di Fulvio est allé glaner ?
Une référence certaine est l'emprunt de Diamond Dogs, de David Bowie, revendiqué en-tête du reste, comme nom de gang (tiré de l'album et de l'excellent tube éponymes).

Natale Luminata devient Christmas Luminata, grandit dans le New-York du Lower East Side dans la pauvreté, la violence et hors système scolaire: il ne veut plus retourner à l'école depuis que des gamins lui ont tracé un P à la pointe du couteau sur la poitrine, qui lui laissera une cicatrice à vie, P signifiant Putain en rapport au métier exercé par sa mère.
Son bagout, une ou deux rencontres (Santo le copain docile et effacé, Pep le boucher à la chienne galeuse), et l'observation active de la rue, ses mœurs, ses codes et son spectacle lui tiennent lieu d'apprentissage de la vie.
Son destin commence à basculer le jour où il recueille, dans les immondices d'un terrain en chantier, une adolescente de son âge, presque moribonde, frappée, violée et amputée d'un doigt. Elle se trouve être Ruth Isaacson, petite-fille d'un millionnaire en vue...
mais je ne vais pas vous résumer les 700 pages restantes !

Comme je le disais sur le fil Nos lectures en Août 2019, Di Fulvio pratique un matraquage à la violence, au sordide et à l'abjection durant les premiers chapitres, sans doute pour aguicher le voyeur-lecteur, ça doit marcher sans doute (est-ce assez "grand public" ?), mais, franchement, à mon goût là il en fait trop: a-t-on besoin de ce pilonnage systématique alors qu'on vient à peine de quitter l'embarcadère pour une traversée de plus de 900 pages ?
Retors, il ajoute alors des retours chronologiques permanents afin de bien laisser la tête lourde  à l'heure de reposer le livre sur votre chevet, comme si le contenu ne suffisait pas (le lecteur n'auto-intitulera pas ce bouquin "Le gang des bonnes nuits et des beaux rêves").

Heureusement Di Fulvio rentre à temps dans une espèce de linéarité chronologique, et l'ouvrage se suit, au fil des pages comme si c'était au gré d'un courant non tumultueux. Homme de théâtre, Di Fulvio fait de chaque chapitre une entrée en scène: on suit le ou les personnages avant de passer à une autre scène, un autre lieu souvent, au chapitre suivant.

Reste à décerner beaucoup de points positifs, comme le style, alerte, vif, Luca Di Fulvio s'avère être une plume rompue au tournemain du savoir-camper, tout en restant percutante, sans encombrer.
De plus l'ensemble du roman est bien découpé/calibré, et c'est remarquable sur la très longue distance de cet ouvrage (exercice très casse-figure, tout le monde n'est pas Tolstoï !), et le final, parti de loin, amené sur 150 pages environ, assez travaillé et pas nécessairement prévisible, m'a ravi, m'arrache quelques applaudissements spontanés (encore la patte de l'homme de théâtre, peut-être ?).






Mots-clés : #conditionfeminine #criminalite #enfance #esclavage #immigration #prostitution #segregation #violence #xxesiecle
par Aventin
le Sam 10 Aoû - 6:05
 
Rechercher dans: Écrivains Italiens et Grecs
Sujet: Luca Di Fulvio
Réponses: 2
Vues: 127

William Faulkner

Trois nouvelles (Une rose pour Emily - Soleil couchant - Septembre ardent)

Tag segregation sur Des Choses à lire A_rose10
Titres originaux: A Rose for Emily - That evening sun - Dry September.

Lu en version Folio bilingue (ci-dessus).
Dates de premières publications: 1930 pour A Rose for Emily, 1931 pour That evening sun et pour Dry September.


________________________________________________________________________________________________________________________________________________________


A Rose for Emily (Une rose pour Emily):

Le narrateur écrit au "je", plus exactement au "nous", "nous" englobant ainsi tous les habitants de la ville (Jefferson, bien connue des lecteurs de Faulkner).
Emily et sa maison sont, en quelque sorte, deux monuments, deux exceptions à Jefferson. L'histoire débute par l'évocation de la date du décès d'Emily. Ce décès donne enfin l'occasion à la communauté villageoise de pousser la porte de la maison d'Emily, où elle vivait recluse en compagnie d'un vieux serviteur, qui disparaît dès le décès officialisé:

V a écrit:Le Noir vint à la porte recevoir la première des dames. Il les fit entrer avec leurs voix assourdies et chuchotantes, leurs coups d'œil rapides et furtifs, puis il disparut. Il traversa toute la maison, sortit par-derrière et on ne le revit plus jamais.
Les deux cousines arrivèrent tout de suite. Elles firent procéder à l'enterrement le second jour. Toute la ville vint regarder Miss Emily sous une masse de fleurs achetées. Le portrait au crayon de son père rêvait d'un air profond au-dessus de la bière, les dames chuchotaient, macabres, et, sur la galerie et la pelouse, les très vieux messieurs - quelques-uns dans leurs uniformes bien brossés de Confédérés - parlaient de Miss Emily comme si elle avait été leur contemporaine, se figurant qu'ils avaient dansé avec elle, qu'ils l'avaient courtisée peut-être, confondant le temps et sa progression mathématique, comme font les vieillards pour qui le passé n'est pas une route qui diminue mais, bien plutôt, une vaste prairie que l'hiver n'atteint jamais, séparé d'eux maintenant par l'étroit goulot de bouteille des dix dernières années.


V a écrit:The Negro met the first of the ladies at the front door and let them in, with their hushed, sibilant voices and their quick, curious glances, and then he disappeared. He walked right through the house and out the back and was not seen again.The two female cousins came at once. They held the funeral on the second day, with the town coming to look at Miss Emily beneath a mass of bought flowers, with the crayon face of her father musing profoundly above the bier and the ladies sibilant and macabre; and the very old men --some in their brushed Confederate uniforms--on the porch and the lawn, talking of Miss Emily as if she had been a contemporary of theirs, believing that they had danced with her and courted her perhaps, confusing time with its mathematical progression, as the old do, to whom all the past is not a diminishing road but, instead, a huge meadow which no winter ever quite touches, divided from them now by the narrow bottle-neck of the most recent decade of years.


________________________________________________________________________________________________________________________________________________________

That evening sun  (Soleil couchant):

Le thème de la peur, traité très en finesse. Quelle virtuosité dans l'inexprimé, quelle économie de mots, aussi. Beaucoup de dialogues, mettant en avant le langage des enfants:
En effet le narrateur au "je" de la nouvelle est un enfant de neuf ans, Quentin:
Autant Christian Bobin m'avait exaspéré avec ce procédé-là dans La folle allure, autant William Faulkner m'enchante dans That evening sun !

IV a écrit:
Alors, Nancy se remit à faire le bruit, pas fort. Assise, penchée au-dessus du feu, elle laissait pendre ses longues mains entre ses genoux. Soudain, l'eau se mit à couler sur sa figure, en grosses gouttes. Et, dans chaque goutte, tournait une petite boule de feu, comme une étincelle, jusqu'au moment où elle lui tombait du menton/ "Elle ne pleure pas, dis-je".
- "Je ne pleure pas" dit Nancy. Elle avait les yeux fermés. ""Je ne pleure pas. Qui est-ce ?
- Je ne sais pas, dit Caddy qui se dirigea vers la porte et regarda au-dehors. Il va falloir que nous partions, dit-elle. Voilà Papa.
- Je vais le dire, dit Jason. C'est vous qui m'avez forcé à venir."


IV a écrit:Then Nancy began to make that sound again, not loud, sitting there above the fire, her long hands dangling between her knees; all of a sudden water began to come out on her face in big drops, running down her face, carrying in each one a little turning ball of firelight like a spark until it dropped off her chin. "She's not crying," I said.
"I ain't crying," Nancy said. Her eyes were closed. "I ain't crying. Who is it?"
"I don't know," Caddy said. She went to the door and looked out. "We've got to go now," she said. "Here comes father."
"I'm going to tell," Jason said. "Yawl made me come."




_________________________________________________________________________________________________________________________________________________________

Dry September (Septembre ardent):

Un salon de coiffure pour hommes [blancs] dans une petite ville du Sud Faulknérien. Une rumeur de viol d'une femme blanche célibataire par un noir enflamme la conversation. Seul le coiffeur s'interpose et est persuadé de l'innocence du noir.

Nouvelle où action et suggestion sont étroitement imbriquées, avec finesse: la non-description du lynchage est remarquable, dans ce registre-là (il fut, paraît-il, reproché à Faulkner de ne pas avoir couché ce lynchage sur papier). Très sobre dans son écriture, Faulkner nous gratifie d'une nouvelle dense, paroystique: du grand art.

III a écrit:
La vitesse précipita Hawk parmi les ronces poussiéreuses jusque dans le fossé. Un nuage de poussière s'éleva autour de lui, et il resta étendu, haletant, secoué de nausées, parmi les craquements ténus, agressifs de tiges sans sève, jusqu'à ce que la seconde voiture soit passée et ors de vue. Alors, il se leva et s'éloigna, traînant la jambe. Arrivé sur la grand-route, il prit la direction de la ville en brossant de ses mains son vêtement. La lune avait monté, elle glissait très haut, sortie enfin du nuage de poussière sous lequel, au bout d'un moment, la lueur de la ville apparut.

 

III a écrit:The impetus hurled him crashing through dust-sheathed weeds, into the ditch. Dust puffed about him, and in a thin, vicious crackling of sapless stems he lay choking and retching until the second car passed and died away. Then he rose and limped on until he reached the highroad and turned toward town, brushing at his clothes with his hands. The moon was higher, riding high and clear of the dust at last, and after a while the town began to glare beneath the dust.



Mots-clés : #criminalite #justice #mort #psychologique #racisme #segregation #vieillesse #violence
par Aventin
le Dim 9 Juin - 13:35
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: William Faulkner
Réponses: 68
Vues: 2795

Jesus Carrasco

Tag segregation sur Des Choses à lire 51dodf10

La terre que nous foulons

Originale : La tierra que pisamos (Espagnol, 2016)

Quatrième de couverture : a écrit:Quand l'Espagne est annexée au plus grand empire que l'Europe ait jamais connu, Iosif et Eva Holman se voient attribuer une propriété en Estrémadure. Sur cette terre âpre vivent des hommes et des femmes qu'ils considèrent à peine mieux que des bêtes. Jusqu'au jour où un vagabond hagard, à moitié fou, s'installe dans leur jardin. Contre toute attente, Eva le cache et le nourrit. Elle écoute ses divagations sur le massacre de sa famille, sur ses années d'esclavage dans un camp de travail. Au fi l du temps, les cauchemars de cet homme se mêlent à ses propres souvenirs, aux révoltes qu'elle a toujours tues, aux colères qui la hantent. Peu à peu, leurs deux voix se confondent, élevant un terrible lamento en mémoire des victimes d'une idéologie de mort et de destruction.

" Jesús Carrasco trouve une nouvelle et sensible façon d'évoquer les cicatrices indélébiles infligées par les régimes totalitaires. "



REMARQUES :
Après son roman début « L’intempérie », que j’ai énormément apprécié, je ne pouvais que retourner vers cet auteur. Et confirmation par ce deuxième roman ! Oui, une histoire en quelque sorte horrible, liée avec des dictatures et l’oppression, mais néanmoins avec une étincelle d’espoir, de résistance.

En 87 chapitres courts, de 1-5 pages de longueur, nous sommes face à une narratrice, Eva. Elle décrit, raconte, pas tellement de dialogues. Son époux, Iosip est un ancien militaire craint et influent, mais maintenant dans la dépendance, malade. Il faisait partie de « l’Empire », si vaste et vainqueur, occupant pratiquement l’Europe, une partie d’Asie, d’Afrique. Situation de fiction, mais néanmoins reprenant la série des « grandes » dictatures militaires, militaristes du XXème siècle, et des éléments de l’oppression, du travail forcé jusqu’à l’indicible. Les peuples soumis – ici donc cela joue en Espagne – sont soumis à une forme d’esclavage très dure.

Eva quant à elle a « donné » son fils sur le champ de la bataille… Mais comment se révolter dans ces extrêmes ? Faisant partie des privilégiés de l’Empire, ils ont reçu comme « cadeau » à la retraite de Iosip une propriété. Et quant alors apparaît et s’installe dans le jardin, d’une façon non-aggressive, Leva, elle serait presque capable de le dénoncer (pour cette situation non-permise), voire même de le tuer (sans encourir aucun danger, tant ces gens-bêtes sont en-dessous de ce qui compte). Mais à son propre étonnement elle va doucement s’approcher, voir solidariser. Le réfugié, fuyant, deviendra un caché, voir un accueilli qu’elle nourrira.

La narratrice trouvera de plus en plus refuge dans l’écriture et s’approprie l’histoire de Leva à peine racontable, l’exprime. Déjà cela fait d’elle un « ennemi » de son propre camp. A-t-elle à choisir ? Quoi faire ?

Au milieu de cette ténèbre, aussi dans sa fin,il y a une minuscule étincelle d’espoir et de lumière dans la résilience possible et la décision folle pour une solidarisation et le courage civil. Malgré tout !

Le livre a déjà gagné le prix de littérature de la Communauté européenne. Pas un miracle là ! La dictature et le populisme, la ségrégation toujours possible sont thématisés d’une façon très forte, une langue dépouillée qu’on compte dans le genre du « néoruralisme » espagnole. Des parties me rappellent un Philippe Claudel sombre ou un Gonçalo Tavares, voir de la littérature des camps.

Cet auteur est à suivre !


Mots-clés : #esclavage #regimeautoritaire #segregation
par tom léo
le Sam 8 Juin - 15:18
 
Rechercher dans: Écrivains de la péninsule Ibérique
Sujet: Jesus Carrasco
Réponses: 9
Vues: 519

Sylvain Pattieu

@Nadine a écrit:Ouais, j'ai hâte de te lire sur le suivant. Et de tomber sur cet auteur par bon hasard.


Y' a qu'à demander, mais je vais faire court, car ça ne m'a pas emballée.

Nous avons arpenté un chemin caillouteux.

Tag segregation sur Des Choses à lire Index10

Un tout petit bouquin assez didactique sur un couple de pirates de l'air, en 1972, qui ont voulu attirer l'attention sur la cause des noirs aux US, et on fini tranquillement leur vie - commencée de façon, on dira, un peu brutale -  dans un coin de Normandie à faire le bien dans leur quartier.
A priori séduisant, mais en fait assez anecdotique et un peu fouillis;.


mots-clés : #racisme #segregation #social
par topocl
le Lun 30 Juil - 20:56
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Sylvain Pattieu
Réponses: 24
Vues: 757

John Maxwell Coetzee

Vers l'âge d'homme

Tag segregation sur Des Choses à lire Coetze12
Bon je m'attendais vraiment à mieux ! L'homme ralenti fut une belle découverte et je partais confiante .
Ouvrage autobiographique d'un écrivain descendant d'afrikaners  hanté par l'histoire de son pays , et toutes les blessures de l'humanité  .Et pourtant ,là on nage dans le mou mou de questionnements vaguement existentiels , philosophiques embrumés .L'écriture n'a rien de dynamisant ,ça manque de nerfs tout ça , ce n''est même pas dépressif , ni mélancolique .... Apathique mais pas tout à fait , en quête d'exaltation mais avec tiédeur , lunaire et décalé , dans l'autodérision tristounette, caustique fatigué , Coetzee a un intérêt indéniablement soporifique : Mais même là ça reste du léger Atarax 25 .
.  Le positif , c'est que  j'y ai puisé plein de références , et donc je l'ai lu avec un certain intérêt .Indirect .

Il tue le temps, il s’efforce de tuer le dimanche pour que le lundi vienne plus vite, et avec le lundi le soulagement du travail. Mais vu de plus loin, le travail est aussi une manière de tuer le temps.


En fait , pour rien au monde il n'entreprendrait une psychothérapie .L'objectif de la psychothérapie est de rendre heure heureux .A quoi bon? Les gens heureux ne sont pas intéressants .Mieux vaut porter le  fardeau du malheur et essayer d'en faire quelque chose de valable , de la poésie , de la musique ou de la peinture : c'est là sa conviction.



mots-clés : #autobiographie #segregation
par églantine
le Jeu 23 Nov - 20:53
 
Rechercher dans: Écrivains d'Afrique et de l'Océan Indien
Sujet: John Maxwell Coetzee
Réponses: 24
Vues: 1157

William Faulkner

"l'intrus"

Tag segregation sur Des Choses à lire Cvt_li11



Sujet : Un vieux Noir est accusé du meurtre d'un Blanc par balle, dans le dos. Tous les Blancs de la ville voulant le pendre et le brûler le shériff l'arrête et le met en prison. Un jeune Adolescent Blanc qui a une dette envers cet homme (dette de honte) va à sa demande, avec l'aide de son serviteur Noir adolescent lui aussi et d'une vieille Dame Blanche âgée, commettre un acte impensable. Acte qui conduira à sauver la vie de l'accusé.

A travers cette histoire de meurtre l'auteur évoque bien au-delà du racisme, l'individu, la foule(la Face monstrueuse), la haine de celui qui est différent, la division Nord/Sud. Le droit à chacun de pouvoir vivre sa vie dans la sérénité.


Extraits

Tag segregation sur Des Choses à lire I110

Tag segregation sur Des Choses à lire I210
Tag segregation sur Des Choses à lire I310


(commentaire rapatrié, lecture ancienne)


mots-clés : #initiatique #racisme #segregation
par Bédoulène
le Dim 5 Nov - 8:54
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: William Faulkner
Réponses: 68
Vues: 2795

Doris Lessing

Nouvelles africaines

Tag segregation sur Des Choses à lire Nouvel10

J’ai lu ces nouvelles dans une édition de 1980, c'est-à-dire qu’elles ne représentent pas toute la production de Doris Lessing, mais treize nouvelles (les premières sans doute), dont Le vieux chef Mshlanga et Le soleil se lève sur le veld. (Avec évidemment les doutes usuels sur la traduction, et la mise en page ‒ sauts à la ligne escamotés ?) Ces textes offrent une description approfondie de l’intérieur de l’ex-Rhodésie, où l’auteure a vécu. Le veld, mais aussi les fermiers anglais ou afrikaners (plus ou moins en confrontation, plus ou moins aisés), en rapport distant avec les indigènes, entre paternalisme et incompréhension, ou plutôt non-questionnement :

Le vieux chef Mshlanga : une jeune fille blanche, élevée dans l’évidence de faire partie des maîtres, commence à s’interroger, partagée entre la fascination et la crainte, mais l’incommunicabilité est profondément installée.

« …] c'est mon héritage aussi ; j'ai été élevée ici ; c'est mon pays aussi bien que celui de l'homme noir ; et il y a suffisamment d'espace pour nous tous, sans que nous ayons à nous bousculer les uns les autres pour nous contraindre à céder le passage. »

« …] j’avais appris que, si l’on ne peut pas siffler son pays comme un chien, on ne peut pas non plus rejeter le passé avec un sourire en se disant paisiblement : je n’y pouvais rien, je suis victime aussi. »


Le petit Tembi est un bébé cafre sauvé par une infirmière blanche, épouse du patron de ses parents ; choyé lors de sa petite enfance, mais bouleversé par le fossé qui les sépare, il devient voleur dans la plus complète incompréhension mutuelle.

Pas de sorcellerie à vendre : de part et d’autre, il est impossible d’échanger : le cuisinier qui chérit son petit maître sauve sa vue lorsqu’il est aveuglé par un serpent cracheur, mais ne peut se résoudre à transmettre son savoir ancestral de guérisseur aux Blancs.

Rien de tranché dans ces aperçus d’un monde complexe : les petits Blancs paupérisés sont à mi-chemin des deux pôles sociaux, les colons et leurs domestiques, comme invisibles pour les premiers :
La seconde hutte : un Anglais s’acharne à faire subsister sa ferme tandis que sa nostalgique épouse languit, malade des conditions pénibles de leur existence ; il embauche comme assistant un Afrikaner qui fait des enfants à sa femme dans une volonté aveugle de survie dans la misère, et rudoie les employés cafres : ce sera un désastre pour tous.

La ferme du Vieux John : nouvelle assez longue pour déployer toute la finesse d’observation psychosociale de l’auteure, via une jeune fille entre deux générations, lors des soirées entre voisins fermiers dans le veld.  

« "Ce que je ne supporte pas, c’est cette monotonie inexorable. On presse un bouton ‒ il suffit de les abreuver suffisamment ‒ et la machine se met en route. Les mêmes choses se répètent, avec les mêmes gens, et pas un seul mot qui… C’est atroce." »


George le léopard : ou les rapports dramatiques hommes blancs - femmes noires dans un milieu britannique (i.e. puritain).

« Mais non seulement l’homme blanc prend à l’Afrique ce qu’il y trouve, mais il lui impose sa propre vision rapportée d’autres pays. »


L’hiver en juillet : un ménage à trois ‒ qui ne suffit pas même à combler la déréliction d’une femme à la ferme dans le veld.

Un toit pour le bétail des Hautes Terres : la femme d'un couple d’émigrés anglais déchante en arrivant en Rhodésie du Sud ; déçue et irritée par une existence étriquée, celle-ci découvre la condition des Africains avec un sentiment d’injustice, une empathie maladroite, toutes les facettes de cette confrontation vécue par tous les expatriés occidentaux dans des (anciennes) colonies (typiquement dans le rapport à l’argent).

L’Eldorado : un fermier s’est consacré aux cultures vivrières, faisant fi des de plus rentables ‒ mais la fièvre de l’or l’enflamme, au grand dam de son épouse : appât de l’aventure, de la chance, de la fortune "facile", passion qui le fait déchoir.

La fourmilière : le fils de l’ingénieur d’une mine d’or découvre en jouant avec son ami de la « réserve » (le village cafre) ‒ lui-même fils méconnu du propriétaire de la fourmilière humaine ‒, leur injuste différence de condition ; il partage avec lui son éducation scolaire, ils enragent dans une révolte confuse (magnifiquement transcrite), et enfin un avenir est devant eux.

Un autre beau texte, à part dans cette permanente thématique de l’impossibilité à se comprendre et partager dans les rapports Noirs - Blancs : Le soleil se lève sur le veld. Un garçon blanc de quinze ans jouit de sa liberté de chasseur dans le veld magnifique, mais est bouleversé par l’agonie d’une antilope (chevreuil » dans mon édition…) dévorée par les fourmis parce qu’elle avait une patte cassée : c’est la loi de la nature, mais peut-être a-t-il lui-même blessé cet animal ?

Dans ces nouvelles constituant un ensemble d’approches du même questionnement, j’ai particulièrement apprécié la manière approfondie d’étudier le confrontement de mondes qui ne peuvent se comprendre, séparés entre riches et pauvres, employeurs et employés, hommes et femmes, étrangers et indigènes ‒ univers mesquins, soigneusement cloisonnés, qui cohabitent à grand peine de façon artificielle. L’expérience vécue de Doris Lessing est évidente. Son œuvre a sa place parmi celles de Blixen et Coetzee notamment, pour essayer d’appréhender cette problématique complexe, où l’usage du terme "racisme", commode mais en définitive vide de sens, empêcherait toute analyse fouillée.

mots-clés : #nouvelle #racisme #segregation
par Tristram
le Dim 15 Oct - 16:14
 
Rechercher dans: Écrivains européens de langues anglaise et gaéliques
Sujet: Doris Lessing
Réponses: 4
Vues: 523

Maya Angelou

Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage.

Tag segregation sur Des Choses à lire Images12


Bailey parlait si vite qu'il en oubliait de bégayer, de se gratter la tête et de se nettoyer les ongles avec les dents. Il était emporté loin dans un mystère, enfermé dans l'énigme que les jeunes Noirs du Sud commencent à démêler - à partir de l'âge de 7 ans et jusqu'à leur mort. Le casse-tête sans humour de l'inégalité et de la haine.


Par petites touches s'unissant dans une belle linéarité, Maya Angelou raconte son enfance de petite fille noire de milieu modeste, dans une Amérique ravagée par la ségrégation. Après le divorce de ses parents, elle est ballottée entre grand-mère, mère, père, avec son frère adoré Bailey comme point d'ancrage.
De l'Arkansas à Saint-Louis et Los Angeles, elle observe différentes façons d'être traitée par les blancs. Elle analyse aussi différentes façons d'être aimée et éduquée : l'austère religiosité de sa grand-mère, la négligence affectueuse de son père, la joie lumineuse, tournée vers les plaisirs de sa mère.

Tag segregation sur Des Choses à lire Images11

Elle observe, décortique, essaie de comprendre les nombreuses choses que les non-dits ne lui expliquent pas. Elle découvre peu à peu comment chacun entretient une flamme pour survivre à la chape de la ségrégation, et comment la religion, en entretenant l'espoir d'un avenir meilleur, est un frein pour l'émancipation.

Le récit à hauteur d'enfant ne souffre jamais de son aspect rétrospectif, Maya Angelou relate avec aisance les croyances et les incertitudes de l'enfance, ce qui offre un récit tout à la fois fort et plein de charme.


mots-clés : #autobiographie #enfance #segregation
par topocl
le Mar 10 Oct - 19:31
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: Maya Angelou
Réponses: 7
Vues: 369

Percival Everett

La réflexion de Tristram, et l'extrait sur le fil de John Irving, m'ont ramené au roman Effacement, de Percival Everett. Un roman qui gagne à être connu, quant à la question du rôle de l'écrivain dans une société qui attend toujours davantage sur les révélations biographiques des écrivains. Un Thomas Pynchon serait un parano, mais au fond, l'écrivain n'a-t-il pas droit à son anonymat, à être comme les autres. C'est le cas de la célébrité. Cela dit le roman d'Everett traite d'autres thèmes, notamment l'accès à l'édition. Il faut faire le buzz, correspondre aux attentes du marché.


Effacement :


Tag segregation sur Des Choses à lire Captur24

Un bon roman qui décrit bien, et intelligemment, l'absurdité d'écrire pour l'argent, ce qui revient finalement quelque part à vendre son âme, renoncer à ses convictions, travestir son art.

L'écrivain est-il maître de son oeuvre ? Les critiques littéraires sont-ils des cons ?
Le commerce condamne-t-il la littérature à la médiocrité ?  J'aurais tendance à répondre par l'affirmative. On sent le vécu dans cette histoire, Everett a certainement mis beaucoup de lui.
Je l'ai trouvé original, tant dans le thème que dans l'approche.

J'ai toutefois un gros reproche à faire à ce livre, c'est le roman dans le roman, qui pour moi est illisible. Je pense qu'un très court passage pour donner le ton aurait été suffisant, je n'ai pas eu le courage de lire les 80 pages de ce qui est une parodie de daube littéraire bourrée de clichés, écrite à la truelle.

Bon le style du roman n'est pas non plus fou, ça reste très fluide et accessible.



mots-clés : #creationartistique #segregation
par Arturo
le Ven 18 Aoû - 14:57
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: Percival Everett
Réponses: 3
Vues: 303

Iceberg Slim

Pimp : Mémoires d'un maquereau

Tag segregation sur Des Choses à lire Fghhfg10

J'ai adoré ce roman autobiographique. Je l'ai aimé pour trois raisons principales :
- le langage est cru mais jamais salace, et il est incroyablement varié ce qui nous fait contourner les stéréotypes du rappeur-racailleux qui parle avec ses mots et tant pis si l'on ne comprend rien. Et ce langage, ce style permet de s'imprégner du paysage dans lequel l'auteur nous propulse.
- l'histoire qui est passionnante, loin des clichés, ce n'est pas une glorification ni une rédemption, c'est le constat d'une évolution heureuse et malheureuse par d'autres moments et cette distance, cette absence de jugement fait du bien.
- la richesse des personnalités qui constituent l"histoire : mi-charismatiques, mi pathétiques, ils sont complexes et cela permet des péripéties plus subtiles qu'il n'y parait.

J'ai vraiment aimé ce livre et je le conseille.


Mots-clés : #autobiographie #conditionfeminine #criminalite #prostitution #segregation #social #violence
par Hanta
le Ven 18 Aoû - 10:38
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: Iceberg Slim
Réponses: 4
Vues: 325

Richard Powers

Le temps où nous chantions

Tag segregation sur Des Choses à lire Le-tem11

Un poisson et un oiseau peuvent tomber amoureux mais comment parviendront-ils à construire un nid ? Et quelle sera la vie de leur progéniture ? Sera-t-elle oiseau ou poisson ou un mix des deux sorte de oisson ou de poiseau ?

C'est en très raccourci à ces questions que Richard Powers nous invite à nous confronter dans ce roman qui retrace de 1939 à (presque) nos jours l'histoire américaine et en particulier celle des Noirs américains.

Delia Daley naît dans une famille noire et rencontre David Strom qui est blanc, juif et allemand. Contre toute attente et contre toutes les lois en vigueur au pays des Amériques, ils vont s'aimer, se marier et enfanter. A partir de là, la catastrophe commence et elle a pour nom : métissage. Comment élever des enfants de parents aussi différents et énigmatiquement unis par un lien musical qui remplace toutes les écoles, toutes les morales et toutes les lois du monde ? Que seront ces trois mômes dont les couleurs de peau varient et dont les parents, désireux de les protéger comme tout parent se doit de l'être, imaginent pouvoir les élever sans se poser la question de la race ou plutôt en la dépassant, envisageant de vivre dans un monde où la couleur de la peau n'aurait plus d'incidence sur le rang social, sur l'éducation, l'accès à la culture, sur la liberté. Mais aux Etats-Unis, au XXième siècle, cette éducation est formellement impossible et les enfants du couple mixte vont rapidement être confrontés à la problématique du racisme, de la loi et de la différence. Car le cœur du roman de Powers est bien celle-là : comment vivre en tant que métis dans un monde qui ne reconnaît pas le droit au mélange  ? Dans un monde qui ne s'envisage que de manière polarisée, soit noir soit blanc mais jamais gris ; dans un monde qui n'hésite pas à avoir recours à la bombe atomique, à l'assassinat politique (Martin Luther King, Malcom X,…), au lynchage de mômes pour faire régner l'Ordre. A cette problématique chacun des enfants répondra à sa manière, Jonah sera un ténor reconnu dans le monde entier en chantant des musiques blanches, Ruth s'associera aux Black Panthers pour tenter de changer le monde et Joseph cherchera à être le pilier familial dont la mort de Delia aura privé toute la famille.

Ce livre, ce grand livre, n'est pas seulement une réflexion extrêmement pointue sur le racisme, sur la manière d'élever ses enfants, sur l'histoire politique américaine, il est aussi un livre impressionnant sur la musique et sur le chant en particulier, avec ce que cela veut dire de souffle, de corps, de coffre, de tessiture et de voix, un livre sur toutes les influences musicales qui vont traverser les vies de nos protagonistes et les construire (déconstruire) presqu'autant que la politique ou l'amour. Et si le constat, amer, que fait Powers me reste au fond de la gorge, celui qui consiste à dire que l'éducation choisie par Delia et David est un leurre, qu'un enfant ne peut pas choisir en conscience sa vie, qu'il ne peut décider pour lui-même, en lui-même quels chemins il désire explorer et quels sont ceux qu'il va volontairement ignorer, on ne peut que lire ce livre dans la fièvre d'un désir de réconciliation, d'entente et de partage, tout en rêvant de jour meilleur. La toute fin, d'ailleurs, laisse espérer qu'il pourrait peut-être un jour en être ainsi...

Mais pour être encore un peu plus exhaustif, il faut ajouter une troisième dimension à ce roman et cette dimension est celle du temps. Car si David Strom est allemand et juif, il est également physicien et s'intéresse à la question du temps, permettant ainsi à Richard Powers d'écrire un livre à l'architecture parfaitement magistrale, j'insiste absolument unique.

En effet, ce que nous apprenons à la lecture de ce texte, grâce aux travaux de David, c'est d'abord que le temps n'existe pas et que nous sommes toujours maintenant, dans une succession d'instant présent qui s'emboîte à l'infini les uns dans les autres. Ce que nous découvrons ensuite, c'est que nous pouvons envoyer des messages dans le passé ou le futur mais que nous sommes incapables de les recevoir. Pourtant, la troisième leçon nous informe que nous pouvons voyager dans le passé, revenir à un évènement antérieur à partir du moment où nous l'avons vécu au moins une fois, selon le principe que si nous y sommes présent il est possible d'y retourner. Enfin, David découvre à la toute fin de sa vie que le temps forme des boucles et que nous sommes donc en quelque sorte prisonnier de boucles temporelles qui se referment sur elles-mêmes, ce qui voudrait dire que les évènements peuvent se déplacer continuellement vers leur propre avenir tout en revenant sur leur propre passé ; mais pour se faire il faut pouvoir prouver que les galaxies ont un sens de rotation préféré. Ce que Richard Powers offre au lecteur c'est la mise en application littéraire de cette théorie pour en faire un fabuleux roman.


Reste donc la musique, ce langage qui devrait unir toutes les nations et tous les êtres puisque cette Tour de Babel dressée au milieu des villes comme des déserts, en passant par les sons dépasse le clivage des accents, et pourtant, et pourtant, il n'en reste pas moins, qu'ici comme ailleurs, une blanche vaudra toujours deux noires…


mots-clés : #historique #segregation #racisme
par shanidar
le Jeu 4 Mai - 19:38
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: Richard Powers
Réponses: 21
Vues: 833

Henning Mankell

Tag segregation sur Des Choses à lire Sans-t11

Un paradis trompeur

Hanna Renström vit au nord de la Suède avec sa mère Elin et ses frères et sœurs. La misère est telle que sa mère ne peut plus assurer sa subsistance et l’oblige à partir et à se débrouiller toute seule. Après avoir cherché en vain des gens qui pourraient l’aider, elle rencontre Jonathan Forsman qui l’engage un certain temps. Il lui présente le capitaine Svartman, dont le navire est en partance pour l’Australie, qui l’engage comme cuisinière à bord du Lovisa. Elle a 18 ans et on est en 1904, et sa vie va changer.

Dès qu’elle monte à bord, c’est le début d’une aventure sans retour. Elle y fait des rencontres marquantes comme le second du navire, qu’elle épouse durant la traversée. Mais la fièvre aura raison de lui.

Hanna n’ira pas jusqu’en Australie. Elle décide de quitter le Lovisa quand il accoste au Mozambique, sans prévenir personne. Les marins vont la chercher, l'attendre, puis le Lovisa reprendra la mer sans elle.

A la recherche d’un hôtel, elle finit par en trouver un qui lui convient. Mais c’est un hôtel de passe. Elle est aidée par les prostituées qui vont aussi la soigner - car la vie à bord a été épique - et prendre soin d’elle.

Elle sera confrontée aux différences entre les Blancs et les Noirs, colons et indigènes. Racisme. D’abord réticente, elle finira par se lier d’amitié avec le tenancier du bordel, un colon, puis acceptera de l’épouser. Celui-ci éprouve pour elle un amour sincère, il lèguera tous ses biens à sa femme.

Hanna se retrouve veuve à nouveau, et donc riche, à la tête d’un bordel, pose ses conditions afin que les prostituées soient respectées, avec qui elle a des liens très forts. Mais la place de chacun c’est chacun sa place, aussi ces dames ne pourront jamais lui avouer leur amitié… Elles ne manifesteront aucune émotion envers elle, parce qu’elle est blanche.

On découvre plutôt les liens entre Noirs et Blancs, les rapports entre les personnes dans un monde colonial, que l’Afrique à proprement parler. Cette histoire est inspirée d'une histoire vraie.

En tout cas, un livre très agréable à lire, prenant, surtout quand on aime les livres de Hennig Mankell, ce qui est mon cas. Ce n'est pas son meilleur roman mais un p’tit Mankell de temps en temps ça fait vraiment plaisir.


mots-clés : #colonisation #segregation #racisme
par Barcarole
le Jeu 6 Avr - 21:48
 
Rechercher dans: Écrivains de Scandinavie
Sujet: Henning Mankell
Réponses: 28
Vues: 1739

David Van Reybrouck

Le fléau


Tag segregation sur Des Choses à lire Le-fle10


David Van Reybrouck, lors de ses recherches universitaires, découvre que l’écrivain naturaliste sud-africain Eugène Marais, spécialiste des termites, a été plagié par Maurice Maeterlinck, prix Nobel de littérature, qui a écrit un livre sur les termites, La Vie des termites, dont le contenu est quasi identique à celui qu’avait publié Marais. Eugène Marais est sud-africain, Maeterlinck est belge… En Afrique du Sud on parle l’africaans, langue proche du néerlandais, et Maeterlinck peut lire l’africaans puisqu’il lit et parle le néerlandais. Plagier Marais, ni vu ni connu. Qui oserait dire que le grand Maeterlinck eût piraté un confrère de Pretroria ?

« Il n’en reste pas moins que l’on retrouve chez Maeterlinck la théorie de Marais sur l’unité organique de la termitière. Dans un des tout premiers chapitres de La Vie des termites, le prix Nobel présente même cette théorie comme la conclusion de ses travaux. »


A l’époque de Maeterlinck et de Marais, les livres sur les termites, les fourmis, les serpents et les grands singes se vendaient comme des petits pains, et Maeterlinck a battu des records de vente avec son livre sur les termites.

Van Reybrouck, intéressé par cette affaire, expose tout d’abord une hypothèse sur le plagiat du livre de Marais par Maeterlinck qui, paraît-il n'est pas une lumière. Il veut des preuves. Il décide donc de partir en Afrique du Sud pour mener l’enquête.

Nous voilà donc partis avec lui en voyage, en avion, en autocar, en train ou dans une vieille guimbarde qui tombe en panne. Au fur et à mesure de son enquête, il découvre l’Afrique du Sud, sa population, la pauvreté et le racisme, mais aussi des régions agréables à voir, d’autres plus rudes, tels ces paysages désertiques, plats, des territoires sans lieux :

« La station-service est un endroit lugubre, un successeur indigne des ces auberges où, autrefois, l’on dételait les chevaux pour leur donner un sac d’avoine. Je fais les cent pas sur l’asphalte craquelé. Comme je n’ai aucune envie de me nourrir d’un hamburger spongieux ou d’un malheureux triangle de pizza, je me dirige nonchalamment vers une boucherie située de l’autre côté de la rue. »


Il fait des rencontres au gré de son périple, de personnages intéressants, d’autres originaux, qui vont le guider, lui donner des pistes pour aller de l’avant dans son enquête.
Le lecteur découvre également la langue de l’Afrique du Sud, l’africaans, faite de plusieurs langues, dont le néerlandais, de langues locales, et les dialectes et autres langues parlées. L’Apartheid puis la Réconciliation font partie du passé, mais ça c’est en théorie. Le racisme est plus que jamais encore très prégnant, des métiers ou activités sont réservés aux Noirs, d’autres accessibles seulement aux Blancs, des insultes fusent, destinées aux Noirs, les Blancs ne se mélangent pas. Dans les contrées plus reculées, c’est encore pire qu’en ville, le racisme est franc et massif, tandis que dans les villes il apparaît plus masqué, plus hypocrite. Van Reybrouck est choqué. Il culpabilise aussi…

Au fur et à mesure de l’avancée du livre, l’auteur évoque ses recherches faites à Gand, en Belgique, la consultation des différentes archives dans des institutions diverses qui l’ont mené à aller sur le terrain pour vérifier si Maeterlinck a pillé Marais. Car ce plagiat est bien difficile à avaler pour David Van Reybrouck.

Van Reybrouck qui est l’auteur et également le narrateur, puisqu’il s’agit d’une histoire vécue (une non-fiction), nous décrit aussi, tel un entomologiste, la vie des termites dans leur termitière, leur rôle, leur morphologie. Ordre, obéissance sont de rigueur…, ces colonies sont encore plus sophistiquées que celles des fourmis ou des abeilles. Pour les entomologistes et pour Maeterlinck, ces petits insectes sociaux, c’est l’Homo sovieticus. L’équation est la suivante : termites = totalitarisme.

Malgré leur grande diversité, tous les termites ont en commun une organisation sociale rigide. Ils ont élaboré une société dans laquelle certaines castes spécifiques remplissent des tâches bien précises. Il y a ainsi des termites-ouvriers, des termites-soldats et un couple royal. Les ouvriers, aveugles et stériles, forment la plus grosse partie de la colonie et accomplissent l’essentiel du travail. Ils se déplacent dans des galeries et des tunnels souterrains et effectuent des razzias afin de rassembler des vivres pour nourrir le reste de la communauté…

Ce livre est riche et très intéressant : la description d’un voyage lointain, une leçon d’entomologie très divertissante, un environnement politico-social de l’Afrique du Sud, les recherches sur les textes des deux scientifiques, les témoignages, et beaucoup d’autres événements encore.

S’il part avec un but précis, Van Reybrouck reviendra-t-il avec une réponse ? Le but de ce voyage ne sera peut-être pas celui qu’il avait envisagé en partant.

Agréable lecture, je recommande vivement ce livre !


mots-clés : #nature #segregation #voyage
par Barcarole
le Jeu 30 Mar - 12:58
 
Rechercher dans: Écrivains européens de langue néerlandaise
Sujet: David Van Reybrouck
Réponses: 12
Vues: 562

Virginia Reeves

Tag segregation sur Des Choses à lire 97822310

Un travail comme un autre

Alabama, au cours des années 1920 : Roscoe T. Martin habite dans la ferme dont il a hérité de son beau-père avec sa femme et son fils, mais son désintérêt pour le travail agricole provoque une frustration qu'il cherche désespérément à combler. Sa passion pour l'électricité le pousse à détourner une ligne récemment installée, afin de trouver une légitimité personnelle et même une raison de vivre. Un évènement dramatique inattendu dont il est jugé responsable (la mort d'un technicien électrocuté) met fin à cet état de grâce et le conduit en prison, détruisant un idéal et la cohésion naissante d'une famille.

J'ai été ému par ce premier roman de Virginia Reeves. Elle dévoile grâce à l'écriture les silences et les non-dits d'un homme qui se cherche un destin et se heurte à son propre vide. De la violence extrême de la prison aux tensions raciales, Un travail comme un autre aborde beaucoup de sujets douloureux liés à l'histoire des Etats-Unis, avec un angle d'approche à la fois intime et collectif. Certains passages sont moins aboutis et l'épilogue peut sembler abrupt, mais je retiens l'ampleur d'un regard singulier d'une grande force.


mots-clés : #segregation #criminalite #captivite
par Avadoro
le Dim 5 Mar - 11:30
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: Virginia Reeves
Réponses: 2
Vues: 248

Friedrich Gorenstein

Tag segregation sur Des Choses à lire Gorens10

CHAMPAGNE AU FIEL


J'ai lu  Champagne au fiel il y a quelques temps. Ces trois longues nouvelles ont en commun la désignation de trois fléaux qui ravagèrent la Russie : la misère extrême du petit peuple, la persécution politique, l'antisémitisme.
Gorenstein les dénonce avec vigueur, mais ce qui m'a frappé avant tout, c'est peut-être sa tendresse attentive pour tous ceux qui ont souffert, pour sa Russie bien aimée.
"Que nul ne peut comprendre, écrit-il, pas même les Russes, et que l'on ne peut qu'aimer."

"Il est hors de doute que l'ivrognerie n'est pas un trait psychologique naturel, inné du peuple russe.
Il est hors de doute que ce peuple, on l'a saoulé.
Qui ? Le cabaretier juif, comme, l' affirmaient autrefois les Cent Noirs et l'affirment leurs successeurs d'aujourd' hui ?
Les livres de publicistes disent clairement qui est responsable de l'ivrognerie russe : le pouvoir, l'Etat, qui en introduisant le monopole de production et de vente des spiritueux a cherché les moyens de développement d'une voie qu'il avait définitivement choisie dès Ivan le Terrible...
Voilà plus de quatre cents ans que ces cabarets de ruine et les magasins impériaux, même si aujourd' hui ils portent un autre nom, dominent la Russie."


La liberté de ton dont il fait preuve tient au fait que Gorenstein a quitté son pays pour se réfugier à Berlin Ouest.
C'est sans doute pour cela que j'ai particulèrement apprécié Dernier été sur la Volga.
L'auteur se prépare à quitter son pays. Et là, attendant un bateau, il se promène près du grand fleuve. Et il y rencontre Liouba, mendiante lumineuse.
Humble femme humiliée et offensée mais généreuse.

"La voilà devant moi, la Russie. La voilà, ma petite mendiante.
Non ce n' est pas une beauté aux joues rouges, au corps droit, à la poitrine abondante en sarafane brodé qui vous offre sur un plat doré un grand pain tout frais sorti du four....
Mais Liouba misérable, meurtrière sans péché, au regard humble et clair, à l'âme amère et automnale. Une fille du temps née sans auciun droit. Telle que je voulus la graver dans ma mémoire, telle que je voulais l'emmener au loin."


A travers cette femme dostoievskienne, on peut voir si l'on veut, le symbole d'une Russie malheureuse et persécutée mais généreuse malgré ses souffrances.

"L'attente en Russie, est indissolublement liée aux espaces du pays et constitue une autre hypostase de l'idée de la Russie qui, comme quelqu'un l'a,  à juste titre fait remarquer, s'exprime clairement dans la chanson russe, pleine de profonde tristesse ou de gaieté débridée.
Les heures et les kilomètres y sont infinis. Que l'on marche, que l'on roule, que l'on demeure assis, on n'en voit pas le terme.
Par son horrible monotonie, le temps d'attente vous étreint l'âme d' angoisse, tout comme la nature égale de la steppe, la forêt profonde toujours pareille à elle-même, la nuit d'automne, l'hiver sévère."


Ces phrases me font beaucoup penser à la superbe nouvelle de Tchekhov : La Steppe.
Mais c'est aussi l'expression de l'identité juive dans un pays férocement hostile à cette identité.

Message récupéré


mots-clés : #antisemitisme #regimeautoritaire #segregation #social
par bix_229
le Dim 22 Jan - 13:34
 
Rechercher dans: Écrivains Russes
Sujet: Friedrich Gorenstein
Réponses: 4
Vues: 500

Friedrich Gorenstein

Tag segregation sur Des Choses à lire Gorens10

c'est un de mes pieds de l'année dernière Compagnons de route, récup de l'avis d'alors :

comment dire ça ? dans ce voyage en train qui permet de traverser les strates géographiques d'un moment donné il y a de nombreuses occasion pour le narrateur/voyageur et son interlocuteur de revenir dans des strates historiques personnelles et collectives. une découverte de l'Ukraine, avec la Pologne voisine, entre l'Europe occidentale et la Russie sans se situer dans l'exposé historique mais sans non plus taper simplement dans l'anecdote. l'histoire de Tchoubinets, paysan, reconverti dans le théâtre donne déjà de quoi réfléchir, personnage atypique et déplacé, considéré avec autant de distance que de sympathie. dans le livre on a de multiples façon de ressentir les écarts sociaux, d'origine, de classe même à un niveau plus fin que celui habituellement admis. ce n'est pas que fais-tu mais d'où viens tu qui compte.

pas rigolo et complexe avec en retours constant l'antisémitisme à travers les régimes, ces deux ou trois ou quatre "périodes historiques" (avant, pendant la guerre, communisme ensuite puis le frémissement qui annoncerait une fin) donnent de la consistance mais le style que je qualifierai de détendu mais diablement précis brille surtout par un parfait sens de l'alternance et du rythme de la narration. Un rythme lié au voyage et à la collaboration entre le narrateur et l'auditeur, les narrateurs et les auditeurs, un temps de la mémoire et de la transformation, le temps de la passerelle de l'imagination.

une lecture qui procure donc beaucoup de plaisir, genre plat évident et classique, franc en bouche qu'on fait exprès de goûter avec trop de précautions pour faire durer et renforcer le plaisir alors qu'on ne s'empêche pas vraiment de dévorer ? une histoire comme ça.

avec toutes ces qualités, par association d'idées, j'évoquerai un auteur comme Ivo Andric. la tonalité et le ton sont différents, le pays aussi mais ce genre de qualités et de plaisir de lecture...

et pour ma part c'est aussi grâce au héros-limite cette lecture !


mots-clés : #segregation #voyage
par animal
le Dim 22 Jan - 12:55
 
Rechercher dans: Écrivains Russes
Sujet: Friedrich Gorenstein
Réponses: 4
Vues: 500

Durian SUKEGAWA

Tag segregation sur Des Choses à lire 51paqs10

Les délices de Tokyo

Pour honorer sa dette envers l’homme qui l’a aidé à sortir de prison, le jeune Sentarô se retrouve gérant d’une petite boutique de doryaki. Lui qui n’a aucun goût pour la pâtisserie confectionne jour après jour ces sortes de pancakes fourrée à la pâte de haricots azuki. Les ingrédients industriels et le peu d’intérêt qu’il porte au sujet ont un résultat logique : ses doryaki sont médiocres, et la boutique végète. Malgré tout, (et sans que l'on comprenne bien pourquoi, dans de telles conditions…) Sentarô cherche un employé ; la seule candidate est une vieille femme de 76 ans. Les refus successifs de Sentarô n'y font rien, elle s’acharne, proposant même de travailler pour presque rien. Plus que sa ténacité, c'est son talent qui finalement l’emporte : Tokué est une magicienne, sous ses doigts naissent des délices… Il y a toutefois une ombre au tableau : son aspect physique. Instinctivement, Sentarô décide de dissimuler à la clientèle cette employée aux doigts tout tordus et au visage en partie figé…

Tout l’intérêt du livre réside dans la relation qui s’établit peu à peu entre ces deux êtres cabossés par la vie que rien ne prédestinait à se rencontrer. Nous sommes au Japon, il n’y aura donc pas de drames ou de grandes envolée lyriques ; tout comme son héroïne, l'auteur est plutôt du genre contemplatif et c’est par petites touches qu'il regarde ces deux-là se jauger, se parler, s’apprivoiser peu à peu.
L'on pourrait arguer avec raison que ce thème a été maintes fois traité ; à cela s'ajoute le fait que le style, s'il est agréable, est sans grande originalité. Mais il se dégage de ce roman une sensibilité, une pudeur et une justesse qui m’ont personnellement touchée.

Impossible de dévoiler ici le secret au coeur du livre, même s'il est assez rapidement éventé au cours de la lecture. Tout juste puis-je dire qu'en traitant d'un sujet méconnu, l'auteur a su donner à son récit une tension et une dimension supplémentaires. La capacité des sociétés à broyer certains individus en leur niant toute individualité est une fois encore démontrée de façon saisissante...
Ce roman dégage une atmosphère toute nipponne. Entre révolte et résilience, nostalgie et espérance, il traîne son spleen tout en véhiculant une vraie force de vie. Réussissant sans être docte à nous faire passer quelques messages.
En un mot, c'est un roman profondément mélancolique qui fait du bien…

(Ancien commentaire remanié)


mots-clés : #segregation #pathologie
par Armor
le Mer 4 Jan - 10:09
 
Rechercher dans: Écrivains d'Asie
Sujet: Durian SUKEGAWA
Réponses: 1
Vues: 283

Petina Gappah

Tag segregation sur Des Choses à lire 97827011

Le livre de Memory

L'ouvrage prend la forme du témoignage d'une femme albinos, incarcérée pour un crime qu'elle nie avoir commis et dans l'attente de la révision de son jugement. Les souvenirs d'enfance se mêlent au quotidien vécu en prison, pour composer un récit complexe qui devient le miroir d'un pays bouleversé.

Pettina Gappah explore à travers un portrait individuel la tumultueuse histoire contemporaine du Zimbabwe, ancienne Rhodésie. Un conflit intérieur, une impossibilité à trouver sa place symbolisée par le regard porté sur sa peau font écho à un malaise plus large et plus insidieux. Si les rebondissements semblent parfois trop nombreux et précipités, la vivacité et la ferveur de l'écriture sont un moyen éloquent pour affronter la violence d'un passé et se réapproprier une mémoire enfouie.


mots-clés : #discrimination #identite #pathologie #segregation
par Avadoro
le Mar 27 Déc - 21:58
 
Rechercher dans: Écrivains d'Afrique et de l'Océan Indien
Sujet: Petina Gappah
Réponses: 11
Vues: 755

Ernest Gaines

Autobiographie de Miss Jane Pittman

Tag segregation sur Des Choses à lire Image217

La vie de Jane Pittman se passe en Louisiane, et s’étale sur plus d’un siècle . Née esclave dans une plantation, elle a dix ans quand l’esclavage est aboli, mais gardera toute sa vie la cicatrice des coups de fouet sur son dos.. Elle nous rapporte ses errances d’enfant, puis sa vie de femme au sein d’une plantation où elle continue à habiter « les quartiers », à servir les Blancs , à la cuisine ou au champs, s’imposant à tous par sa sagesse. Et 100 ans plus tard, quand les lois antiségrégationnistes s’imposent peu à peu, elle est encore là, et, avant beaucoup d’ autres, elle comprend que cette liberté dont elle a cru profiter toutes ces années, n’était qu’une misère et qu’un nouvel espoir est en train de naître.

C’est Jane qui raconte à un jeune professeur qui ne veut pas laisser se perdre son témoignage. Une conteuse hors pair, pleine de détermination et d’ humour, entre croyances, certitudes et espérances, dans son langage imagé, d’une grande vivacité .
Un excellent roman du Sud qui nous fait vivre les infortunes et petits bonheurs de cette femme volontaire et attachante et de la communauté noire qui l’entoure. Ce roman n’est pas aussi percutant que Colère en Louisiane (que je considère comme son chef d’œuvre), on y retrouve cependant avec grand plaisir les thèmes chers à Gaines.


(commentaire récupéré)


mots-clés : #segregation #esclavage
par topocl
le Mar 27 Déc - 10:37
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: Ernest Gaines
Réponses: 8
Vues: 422

Revenir en haut

Page 1 sur 2 1, 2  Suivant

Sauter vers: