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98 résultats trouvés pour deuxiemeguerre

Joy Kogawa

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Obasan

Le roman de Julie Otsuka, Quand l’empereur était un Dieu, avait mis en lumière l’attitude peu glorieuse des USA envers les ressortissants d’origine japonaise durant la seconde guerre mondiale. Avec Obasan, Joy Kogawa nous apprend que la situation au Canada fut tout aussi tragique.
Peu importe qu’ils aient conservé la nationalité japonaise, aient été naturalisés ou soient nés citoyens canadiens, tous furent logés à la même enseigne : interdits de séjour dans toute la Colombie britannique, spoliés de leurs biens, puis internés des camps sordides. Ceux qui, après guerre, décidèrent de rester au Canada malgré les incitations répétées à rentrer « chez  eux », au Japon (et tant pis s’ils n’y avaient jamais mis les pieds), durent attendre 1948 pour retrouver un semblant de vie normale. Mais pour la perte de leurs biens, entreprises, maisons et tout ce qu’elles contenaient, il ne fut pas question d’indemnisation...

Ce drame méconnu qu’elle a elle-même vécu, Joy Kogawa a choisi de l’évoquer à travers le personnage fictif de Naomi, une institutrice introvertie que la mort de son oncle confronte brutalement à ce passé douloureux. Pour Naomi, la guerre fut un cataclysme : son père, souffrant, fut séparé de sa famille ; sa mère, partie au Japon au chevet d’une parente peu avant Pearl Harbor, n’est jamais revenue. Naomi n’a jamais su pourquoi. Elle et son frère ont donc été élevés par un oncle et une tante, dans le silence et la résignation. Seuls pour affronter les épreuves, la douleur de la perte, et des milliers de questions sans réponse… La petite Naomi s’est peu à peu repliée sur elle-même, son enfermement intérieur faisant écho à sa situation physique. Enfant mutique, elle semble avoir traversé ces années de guerre dans un brouillard…

Obasan est un livre tout en délicatesse, en sobriété et en non-dits. Peut-être parfois trop. Car si l’auteur rend à merveille l'enfermement de l’enfant dans le déni, elle ne nous donne guère de clés pour la comprendre. Même face à la brutalité des révélations faites à l’âge adulte, Naomi semble rester passive, seulement trahie par ses rêves... Une mise à distance qui m’a empêchée d’apprécier pleinement cette lecture, malgré la beauté de certains passages. Pourtant c’est un livre que je recommanderais, un livre nécessaire pour ce qu’il nous apprend du traumatisme de toute une population broyée par le racisme décomplexé d’un état canadien alors enferré dans une logique absurde. Un état démocratique qui a sciemment privé des citoyens de leurs droits dans l’indifférence quasi générale. Et cela, il appartient aux générations suivantes de ne pas l'oublier...


Mots-clés : #deuxiemeguerre #discrimination #enfance #famille #immigration
par Armor
le Mar 1 Oct - 19:59
 
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Sujet: Joy Kogawa
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Santiago H. Amigorena

Le ghetto intérieur

Tag deuxiemeguerre sur Des Choses à lire 41k2km10

En exergue : Réagir de façon adéquate à l’incommensurable était impossible. Et celui qui exige cela des victimes devrait exiger du poisson jeté sur la rive qu’il se dépêche de se faire pousser des jambes pour retourner à petits pas dans son élément humide.

Günther Anders
Nous, fils d’Eichmann



Vicente a quitté sa Pologne natale, sa mère, son frère et sa sœur. S’éloigner de sa mère, prendre son indépendance, après la guerre aux côtés de Józef Piłsudski où il avait gagné ses galons de sous-officier.  Il débarque à  Buenos Aires en Argentine en 1928. Il était avec son ami d’enfance Ariel.

Il rencontre Rosita dont les parents sont aussi juifs et émigrés, ils se marient. Gère un magasin de meubles confié par son beau-père. Naissent 3 enfants. La vie est heureuse pour eux jusqu’à ce que la deuxième guerre éclate en Europe ; lui qui ne se sentait pas du tout Juif, ni Polonais depuis de nombreuses années va sombrer quand il recevra des lettres de sa mère qui lui confie leur vie dans le ghetto de Varsovie. Rongé par la culpabilité d’avoir laissé sa mère en Pologne, de ne pas avoir insisté afin qu’elle le rejoigne ainsi que sa sœur et son frère,  il se réfugie dans le silence, puis se perd dans le jeu.

Rosita ne comprend plus Vicente, elle ne reconnait plus l’homme qu’elle a aimé, épousé, qui les ignore elle et leurs enfants. Mais Vicente n’arrive plus à s’intéresser à eux il n’est plus que vide. Il s’emprisonne dans son ghetto intérieur. Il fait des rêves récurrents qui le déchirent ; le mur de son rêve qui l’emprisonne, il comprend enfin que c’est « sa peau » ; il étouffe dans son corps, sa tête. Aux questions qu’il se pose, il ne peut répondre, et il rejette le secours de sa femme, de son meilleur ami, Ariel.

« Pourquoi jusqu’à aujourd’hui j’ai été enfant, adulte, polonais, soldat, officier, étudiant, marié, père, argentin, vendeur de meubles, mais jamais juif ?

« Vicente voulait faire taire les voix des autres, les voix autour, et sa voix à lui aussi. Ou plutôt, il voulait faire taire ses voix : celle qui lui faisait encore, rarement, prononcer des mots que les autres pouvaient entendre et aussi cette autre voix, muette, intérieure qui lui parlait de plus en plus et qui résonnait parfois comme celle d’un ami intime et parfois comme celle d’un dieu étranger – la voix de sa conscience. »

Les informations qu’il recueille dans la presse le conforte dans son besoin d’isolation, car tout est imprécis et il ne peut qu’imaginer. Il se perd dans ce qu’il imagine, dans des détails qui lui semblent essentiels, comme l’idée que le châle de sa mère doit lui être autorisé.

« En 1941, être juif était devenu une définition de soi qui excluait toutes les autres, une identité unique : celle qui déterminait des millions d’êtres humains – et qui devait, également, les terminer. »

« Maintenant, il se sentait juste de plus en plus juif – sans que cela le soulage en quoi que ce soit. »


Ce n’est qu’à la fin de la guerre que lui, comme le monde connaîtra la réalité de la tragédie qui s’y est déroulée pour les Juifs d’Europe, le génocide, la Shoah !



Terrible exil intérieur que vit le narrateur, cet enfermement,  ce choix de se taire,  car se taire c’est ne plus exister ; se punir de n’être pas en Pologne, aux côtés de sa mère, de sa famille ?

C’est aussi le sujet de l’identité qui est posé.

En regard de l’évolution du ressenti de Vicente l’auteur déroule les événements en Europe. La progression de l’extermination s’inscrit aussi par les différents « noms » donnés aux actions et exactions nazies et c’est déjà odieux !
- Le repeuplement vers l’est (après qu’ait été envisagé l’opération Madagascar projekt)
- La grande action
- Le chemin du ciel (vers les douches)
- L’installation spéciale
- Le traitement spécial
- La solution finale

Comme tant d’autres livres c’est un devoir de mémoire, là tout particulièrement, devoir personnel, familial pour l’auteur puisqu’il s’agit de l’histoire de son grand-père Vicente Rosenberg et à travers lui de son arrière grand-mère morte dans les camps, ainsi d’ailleurs que le frère et la belle-soeur de Vicente.

L’auteur précise en avant du récit « À Mopi, qui l’a écrit avant moi » ; Mopi se trouve être l’écrivain et membre de la famille Martin Caparros.

C’est une lecture à faire !



Mots-clés : #biographie #deuxiemeguerre #devoirdememoire
par Bédoulène
le Sam 21 Sep - 15:41
 
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Sujet: Santiago H. Amigorena
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Andrzej Szczypiorski

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La Jolie Madame Seinman. - De Fallois

Madame Seinman est jeune et jolie. Très jolie. Et ses yeux sont très bleus. Mais elle est juive et en 1943, dans Varsovie occupée par les nazis cela équivaut à un arrêt de mort.
Elle a pourtant un excellent faux passeport. Mais lorsqu'on l'arrête, elle commet une erreur fatale.
Heureusement pour elle, elle a des amis qu'elle ne savait pas.
Madame Seinman n'est qu'une des protagonistes de cette histoire tragique, pleine d'atrocités, mais aussi de solidarités quasiment miraculeuses. Une sorte de chaine mystérieuse les lie, qui tente de sauver ce qui peut l'être encore.
Quelques vies sauves et inespérées.

Le ghetto de Varsovie résiste encore mais sera finalement écrasé dans le sang.
Dans l'ombre, la Résistance polonaise essaie de s'organiser.

Le récit est exempt de tout naturalisme. Sans doute, parce que le narrateur a du recul sur l'évènement. Et il a tendance à mettre en évidence les destins croisés de personnages de tous milieux, dont les plus émouvants sont de jeunes ados, dont l'un est juif et l'autre polonais, un juge et Mme Seinman..
Le style est limpide et d'une seule coulée et se lit avec facilité et plaisir.


Mots-clés : #deuxiemeguerre #solidarite
par bix_229
le Dim 8 Sep - 18:33
 
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Hubert Mingarelli

La terre invisible


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Excellent roman. L'histoire d'un homme, photographe à la fin de la seconde guerre mondiale qui décide d'organiser un périple dans l'Allemagne vaincue afin de photographier les petites gens qui ont survécu.
Accompagné par un soldat novice leur voyage les conduira dans une quête existentielle.
Comme d'habitude Mingarelli se sert du thème de la guerre pour proposer un cheminement philosophique personnel ; la recherche de sens, la volonté de comprendre, l'importance des questions plus que des réponses et ce talent pour s'interroger en éludant la venue de réponses.
L'auteur se sert ici d'une belle image, celle du photographe hanté par un souvenir et en en créant de nouveaux par le biais de ses photos. Capter les scènes de vie pour oublier celles des morts, rendre tangible un vécu pour faire disparaître les catastrophes désormais vaporeuses. Une sorte de Don Quichotte aussi tant sa quête de sens est vaine et tant son Sancho Panza est aussi perdu que lui.
C'est bien écrit, le risque eut été d'en faire trop. Or la difficulté du sujet exigeait un style délicat, tendre. Et Mingarelli sait très bien le faire.

Un très bon roman.


Mots-clés : #contemporain #deuxiemeguerre
par Hanta
le Dim 11 Aoû - 10:09
 
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Sujet: Hubert Mingarelli
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Pierre Assouline

La cliente

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Le narrateur, un biographe plongé dans les archives de l'Occupation et de la collaboration, découvre une lettre dénonçant la famille d'un de ses amis, des fourreurs juifs qui ont été déportés. Il identifie la délatrice, puis la harcèle, obsédé par la question du pourquoi du Mal ; il poursuit son enquête, retrouve l’inspecteur aux affaires juives (la banalité administrative du mal), et finalement découvre la vérité, inattendue et… spéculaire…
Marqué en courtes phrases, systématiquement heurté, le style, pourtant travaillé, m’a déplu, qui entretient une certaine grandiloquence dans un enchaînement d’aphorismes paradoxaux (peut-être remplacer la moitié des points par des points-virgules ou deux points ?) D’heureuses expressions cependant, comme « la conversation des siècles » pour celle des livres aux lecteurs. Un humour un peu laborieux quoique léger, de vagues invraisemblances laissent de ce roman une impression de maladresse.
Curieux clin d’œil, la cliente malcommode chez le fourreur s’appelle Yadgaroff, comme l’épouse de l’auteur.
J’aimerais bien un autre avis de lecteur…  

« Ce drame s’est joué au cœur de Paris, sur trois cents mètres de bitume, entre trois magasins, un bistro, une église. La France en réduction. »


Mots-clés : #antisémitisme #deuxiemeguerre
par Tristram
le Sam 27 Juil - 0:39
 
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Irène Nemirovsky

Suite française

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Celui-là seul connaît les hommes et les femmes qui les a observés en un temps comme celui-ci, pensa t'elle. Celui-là seul se connaît lui-même.


On lit sans un instant de lassitude cet excellent roman choral du genre  « qualité française » peaufinée aux petits oignons. On ne dispose malheureusement que des deux premiers épisodes, cinq  ayant initialement été prévus dans cet ouvrage interrompu pour cause d'assassinat à Auschwitz.

Et autant on regrette les développements manquants, qu'on devine puissamment entrecroisés,  autant cela se lit tout à fait sans sentiment d'inachèvement. L'exode, puis la période de l'occupation allemande, sont l'occasion de montrer la modification des rapports sociaux, variablement apaisés ou attisés, et la complexité des personnalités. Les pages tournent d’elles-mêmes.

Récup 2015


Mots-clés : #deuxiemeguerre
par topocl
le Lun 22 Juil - 8:50
 
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Sujet: Irène Nemirovsky
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Ralf Rothmann

Mourir au printemps

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Originale : Im Frühling sterben (Allemand, 2015)

CONTENU :
Hiver 1944/45 : Les Alliés sont déjà très avancés quand le régime fasciste décide de mettre encore les dernières réserves dans la bataille. C'est ainsi que Walter (« Ata »), qui semblait avoir un travail irremplaçable dans une ferme avec des vaches laitières, est encore incorporé avec son ami Friedrich (« Fiete »). Ils s'en vont après une formation rudimentaire ultrarapide en Hongrie. Walter sera conducteur, Fiete au front. Même sans tiré lui-même un coup de fusil, Walter sera témoin des violences inhérentes à une guerre : exécutions, morts inutiles, absurdités… Comment s'en tirer ? Rester un peu inaperçu en faisant son service ? Ou, comme pense Fiete, s'enfuir ?
La situation les met devant une situation terrible…

REMARQUES :
On pourrait mettre l'accent sur ce récit de la guerre qui constitue en fait la majeure partie du roman. Mais avec une attention particulière, on remarquera alors le « cadre » du roman, qui met le tout déjà sur les premiers pages dans une certaine lumière : C'est le fils de Walter, sans doute un Alter Ego de Ralf Rothmann, qui réfléchit sur le caractère de son père : taciturne, portant toute sa vie une sorte de secret. Oui, il rentrera alors en bonne santé de la guerre : il s'en tirera, mais quelque chose sera gravée en lui : une tristesse, une gravité, un silence face au vécu.

Rothmann se montre très réaliste dans les descriptions de la guerre : il ne cache pas des exactions, des atrocities. Son père n'y prend pas part, il pourrait se regarder dans un miroir. Et pourtant… Le sujet, ou voir la quintessence ( « la morale »?) de l'histoire se résume déjà dans le vers du prophète Ezechiel qui précède le roman :  « Les pères mangent du raisin vert, et les dents des fils en sont agacées. » Pas seulement que la génération des participants ont du avaler des pilules très dures, mais encore la génération des enfants (et des enfants des enfants?) portent les stigmates. Si on prend comme donnée que ce roman est en certaine partie autobiographique, Rothmann se déclare lui-même comme étant atteint encore par les tremblements et les conséquences de ce qui a été vécu. Est-ce que, comme Fiete le dit un moment donné, des peurs, des balles tirées, se transmettent pour ainsi dire génétiquement ?

Donc, pour moi un tout grand roman, pas juste du passé, mais encore, à travers la génération des Rothmann (et je me compte là-dedans) de ce que nous portons encore aujourd'hui en nous.


Mots-clés : #deuxiemeguerre
par tom léo
le Ven 14 Juin - 7:26
 
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Sujet: Ralf Rothmann
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Marcus Zusak

La voleuse de livres

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Je ne savais pas ce qui m’attendait avec cette lecture n’ayant pas lu les recensions et commentaires, à vrai dire le titre et l’apparence ne m’attirait pas trop. Mais le livre me fut recommandé par une amie, donc…on y va !

Il m’a plu comment Zusak raconte une histoire attachante entre des enfants et quelques adultes autour. Certains (vu après lecture dans un forum allemand) – à mon grand étonnement – réduisent alors le livre à une histoire sans ancrage dans la grande Histoire. Pourtant il me semble évident qu’on ne peut pas faire abstraction du cadre historique : la montée du nazisme, l’encadrage par des organisations, l’antisémitisme, les camps de concentration, aussi les bombardements de villes (allemands). Comment l’auteur lie ici alors une histoire avec l’Histoire est très parlante : il montre les effets du nazisme et de la guerre dans la vie quotidienne de ses héros.

Derrière un langage apparemment « léger »  et pourtant aussi poétique ; il raconte plus qu’une histoire romantique. Ce livre pourrait bien servir aussi – à coté du plaisir de lecture – d’introduction à l’histoire du III Reich, voir, de dictatures…

Par la dédicace et des informations sur le Web j’ai bien compris que Zusak travaille aussi à partir des expériences de ses parents, allemand et autrichien, respectivement.

Ce qui m’a un peu dérangé c’était la multitude de petits chapitres, certains introductions un peu trop « légères », voir laconiques. Et pourtant cela fait aussi le charme de ce livre : Il raconte une histoire terrible, et quand même il y a un certain humour. La mort semble inévitable, et n’a pas seulement une face effroyable…

Mots-clés : #deuxiemeguerre #enfance #jeunesse
par tom léo
le Jeu 23 Mai - 7:59
 
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Sujet: Marcus Zusak
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Per Petterson

Jusqu’en Sibérie

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Originale:  Til Sibir (Norvègien, 1996)

CONTENU:
Nous accompagnons Jesper et sa soeur cadette de trois ans (je n’ai pas trouvé un nom ?), en plusieurs épisodes. Cela se passe dans le grand Nord du Danemark, commençant au milieu des années 30 quand nos protagonistes ont une dizaine d’années. Même si la sœur (qui est la narratrice) est une soixantanaire quand elle écrira, l’histoire s’arrêtera vers 1948, à son retour de la Suède. Ils avaient vécu donc dans un port danois, et avaient à souffrir d’un père silencieux et d’une mère bigote qui chante ses hymnes sur son orgue à casser les oreilles des autres. Tandisque Jesper rêve du Maroc et s’identifie avec les combattants républicains de la Guerre en Espagne, elle rêve de la Sibérie. Qu’est-ce qu’il en adviendra ? Quand plus tard arrivera aussi le voisin allemand et occupera le pays (2ième partie)? Et quand on va s’éloigner de la patrie (3ième partie) ?

REMARQUES:
Petterson fait donc intervenir une narratrice, et voilà déjà une idée belle et, peut-être réussie. Elle regarde en arrière, vers un passé lointain, comme le fait le narrateur dans « Pas facile de voler... ».

Le temps prédominant semble être le brouillard, le temps de jour prédominant la nuit. La mort ou une menace diffuse, des relations cassées entre des générations et des problèmes d’alcool ne sont pas trop loin derrière les expériences d’enfants innocents. Donc, il y a des nuages sombres à l’horizon, et une atmosphère lourde et solitaire. S’il n’y avait pas comme contrepoids alors cette relation entre frère et sœur qui semble être appelée à remplacer tout ce qui ne peut pas être donné par la famille, par la société… Cet amour donne relief aux premières deux chapitres (de trois) et manquera justement cruellement dans la troisième.

Est-il permis de penser que

Spoiler:
rien aura remplacé chez la sœur son frère et qu’à l’annonce de la mort de celui-ci – comme elle le dira – la vie s’est arrêté. Depuis plus rien d’important est advenu dans sa vie.


On trouvera des références à Stig Dagerman et aussi, me semble-t-il, un image d’un roman de Dostoïevski : le cheval maltraité à mort ! Pendant un temps on trouvera en elle une lectrice affamée !

Si j’ai eu l’impression que dans sa troisième partie le roman perd un peu de son intérêt, cela peut alors tenir à l’absence du frère, et une certaine perte d’orientation chez elle.

Moins fort que « Pas facile que de voler des chevaux » !

Mots-clés : #deuxiemeguerre #famille #fratrie #initiatique
par tom léo
le Mar 21 Mai - 22:39
 
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Sujet: Per Petterson
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Claudie Hunzinger

Elles vivaient d'espoir

Tag deuxiemeguerre sur Des Choses à lire C_hunz10


"Thérèse disait qu'elle se compromettait follement. Je n'ai pas coutume de m'occuper de l'opinion des autres, répondait Emma. La mienne me suffit. Et je trouve plus honorable d'être au ban de la société qu'en ses trônes d'honneur."

C. H.

Elles vivaient d'espoir est un roman qui raconte l'émancipation de deux femmes, Emma et Thérèse. Elles tentent de construire ensemble, dans les années trente, une vie à la fois amoureuse et engagée, parallèlement à la montée des utopies et du nazisme. Un homme et la guerre vont les séparer. Leur histoire personnelle rejoint alors la grande Histoire et l'horrible beauté des tragédies.

Présentation de l'éditeur.

Troisième roman de Claudie Hunzinger que je lis et je l'ai trouvé différent des autres. Dans le sujet bien sûr, le style et les sentiments qu'il m'en reste, une fois la dernière page tournée.

L'histoire en parallèle de deux femmes qui s'aiment  et qui n'auront pas le même trajet de vie.
Je n'ai pu m'empêcher d'avoir une affinité plus prononcée pour l'une plutôt que pour l'autre...Même si j'essayais de rester neutre, l'égoïsme de l'une face à l'abnégation de l'autre me dérangeait.
En regard de leurs vies intimes partagées ou non, gronde la montée du nazisme et donc des choix vont être à faire...

Durant toute la deuxième partie du roman qui est le récit d'un réseau de résistance dans le pays de Fougères, en Bretagne, je n'ai pu éloigner, de mes pensées, le souvenir lu de la vie de Thérèse de Moëlien, égérie de la Chouannerie bretonne au destin tragique. (Et Claudie Hunzinger en parle dans les dernières pages du roman.)
Cette partie du roman m'a captivée et je pense désormais, souvent, à Thérèse Pierre et à son courage. J'ai refermé le livre encore plus partagée sur le récit de la vie de ces deux femmes : et si elles avaient fait d'autres choix personnels ?


Mots-clés : #amour #biographie #deuxiemeguerre #identitesexuelle #politique
par kashmir
le Jeu 4 Avr - 18:30
 
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Sujet: Claudie Hunzinger
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Akira YOSHIMURA

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La Guerre des jours lointains

Ce romanl baigne de bout en bout dans une atmosphère sinistre de fin du monde.
C' est à peine exagéré, car le Japoni vit les derniers temps de la 2e Guerre mondiale sous les bombes, larguées par les B 29 américains sur les
populations civiles.
Et ensuite la bombe atomique larguée sur Hiroshima et Nagazaki.

C'est dans cette atmosphère-là, qu'un homme, un jeune militaire japonais, essaie de se soustraire au jugement de l'autorité occupante des américains.
Il a exécuté un prisonnier, un homme d'équipage américain dont l'avion a été abattu.
Son action est horrible, injustifiable, mais commise sous le coup de la colère et de l'impuissance, après avoir vu les bombardements aveugles
sur son pays.
Plus que le remords, c'est la peur qui le domine : la peur de la mort.
Son arrestation après une fuite éperdue de deux années, mettra fin à ses craintes incessantes et à son indécision.

Dans ce roman terrible, ce sont les sentiments primaires qui dominent :
la vengeance, la sauvagerie, la lacheté, la nécéssité de survivre à tout prix.
Ceci dit, j'ai préféré Le Convoi de l'eau dont Baleine a excellemment parlé.

Citation :

"J’aime particulièrement Le convoi de l’eau, et, dans une mesure un peu moindre, Naufrages. Ces deux romans me semblent appartenir à la même veine : l’action se déroule dans un Japon rural imaginaire, plus ou moins hors du temps (malgré quelques indications, surtout dans Le convoi si j’ai bonne mémoire, les villages décrits semblent figés dans le passé). Je trouve que Yoshimura excelle lorsqu’il choisit ces décors… son écriture un peu froide acquiert un caractère ethnographique vraiment étonnant, qui est particulièrement intéressant lorsqu’on est dans la contemplation de ‘l’autre dans son pays."

Mots-clés : #culpabilité #deuxiemeguerre #historique
par bix_229
le Mer 3 Avr - 18:44
 
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Sujet: Akira YOSHIMURA
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Henri Calet

Le Bouquet

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Juin 1940, retraite, déroute, débâcle, débandade, une partie de l’Histoire de France moins relatée que d’autres, piteuse, lamentable, et qui mène à la captivité Henri Calet, alias Adrien Gaydamour, et ses compagnons.
Ce qui en ressort, c’est le comportement de troupe, de troupeau, que la société et l’exercice militaire ont inculqué, que la fatigue et la faim favorisent aussi, ainsi que l’humiliation sans doute ; camaraderie, solidarité certes, surtout conformisme naturel dans une sorte d’esprit d’équipe. Il y a une analyse fine de la mentalité dans l’armée défaite.
« Mais, on choisit généralement de vivre en société, d’emprunter le droit chemin, le plus commode, le plus fréquenté aussi. De manière qu’on ne risque pas de se fourvoyer : tout est marqué. Ce qui évite de poser des questions. On suit la foule. Ça sent bon la laine. On se laisse aller. D’ailleurs, le chemin ne mène à rien. N’empêche qu’il y en a qui paraissent pressés d’arriver, qui jouent des coudes. »

À d’autres la débrouillardise ; parfois de la veine, au hasard…
On pense à Hyvernaud pour l’aspect peu glorieux et pitoyable de la guerre chez les troupiers ; c’est parfois célinien aussi, dans l’esprit et le ton.
Vaut surtout pour les observations perspicaces d’un témoignage doux-amer, avec l’humour d’époque, et pour les portraits de Français et d’Allemands (et des Alsaciens et Lorrains dont la position est ambiguë) qui doivent moins à l’imagination qu’aux souvenirs de l’auteur. Ainsi l’étonnant Oberfeldwebel Stiffelbein, qui dirige l’AKP d’une façon édifiante. A propos, l’évasion n’en est pas si ardue…
« Remarquables de sang-froid parmi l’énervement, les cafetiers n’arrêtaient pas de verser à boire sur cette effervescence. Un cafetier demeure à son poste, tel le capitaine qui n’abandonne pas son navire au moment du naufrage. Et les villes faisaient naufrage les unes après les autres, en juin, en France. »

« On a bavardé, l’Allemand et moi. J’arrivais à me faire entendre. Il était de Trêves, boulanger à Trêves. Il a tiré d’une poche le portrait de sa femme qui a fait le tour du wagon. Tous le regardaient et opinaient d’une admiration feinte ou sincère.
‒ Goutte Madame, lui a gueulé Bouquet. Madame goutte.
Deux boîtes à lait germaniques, de taille et de poids. C’eût été faire montre de faux patriotisme que de ne pas reconnaître qu’elles éclipsaient celles de sa p’tite poule. Mais, il était empêché de lui dire par mots. »

« En passant, on a vu le camp qui était primitivement destiné aux prisonniers allemands. On avait tout prévu, sauf qu’il servirait à interner des Français. En somme, il a servi quand même. Des prisonniers allemands, il n’y en a pas eu des masses. Il paraît qu’ils se moquaient de leurs gardiens :
‒ Nous, bientôt garder vous.
Ils étaient gonflés. À nous, cela ne nous serait pas venu à l’idée, pas dans les premiers temps. »

« L’argent tout nu, tout sale, je ne l’ai jamais pris. Ou, lorsqu’on me le mettait de force dans la poche, je le repassais à Bouquet. Je voulais me dévouer sans profit ; j’ai toujours eu une conscience un peu théâtrale, à falbalas. »

« Berger se disait antisémite et royaliste. J’avais déjà connu un Juif hitlérien, Greiss, mais pas encore de Juif antijuif. Il estimait peut-être mieux s’en tirer de cette manière. »

« Par étapes dans l’abjection, on apprend à vivre, on s’affermit, on devient un homme. Tout de même, j’avais grande envie de dégobiller sur tout cela, sur cette dégradation générale, sur moi-même. »

« Il ne se faisait à peu près plus de réparations à l’AKP, mais des bagues, des cendriers, des souvenirs en série. Sous la direction de Cabas, Berger s’était mis à son tour à peindre des aigles – art gothique. »

« Parmi les Allemands de l’AKP, il y avait de tout ; des bons et des mauvais, comme ailleurs. Il y avait surtout un fort pourcentage de cornichons. Gris ou kaki, c’est l’uniforme qui veut cela. Car, chez nous, on ne brillait pas non plus. Mais, il y avait une différence : eux, ils étaient tous semblablement cornichons, de la même façon. Tandis que nous offrions la plus grande variété. Chacun avait sa petite opinion à soi, sur tout, ce qui fait qu’on entendait des cornichonneries à longueur de journée, et de tous les calibres. Chez eux, officiers ou soldats, une seule pour tous, une leçon bien sue. Ils répétaient les paroles de leur Furère. Peut-être que s’ils avaient parlé d’eux-mêmes, c’eût été plus intéressant. Mais, ils n’avaient probablement rien à dire.
Bref, beaucoup de types qui s’emmerdaient autant que nous et qui ne demandaient qu’à rentrer à la maison, qu’à retrouver leur famille, leur boulot et leurs petites habitudes. C’est ce qui les poussait à boire sec, sans soif. En tête à tête, ils se laissaient aller à parler un pauvre langage humain. Mais, dès qu’ils étaient deux, ils recommençaient à débiter de la propagande. Ils se défiaient les uns des autres. »

Intéressant ! Et peut-être un témoignage à la fois juste et inattendu (le livre n'est pas désigné comme roman, récit ou autre)...


Mots-clés : #captivite #deuxiemeguerre
par Tristram
le Dim 31 Mar - 0:45
 
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Sujet: Henri Calet
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Itamar Orlev

Voyou

Tag deuxiemeguerre sur Des Choses à lire Cvt_vo10

Que fait Tadek, quand sa femme le plaque, emmenant leur fils et que sa vie s’effondre ? Il part retrouver ce père resté en Pologne, qui l’a élevé dans l’alcool et la violence, ce réputé héros de la résistance déporté à Majdanek, ce monstre égocentrique, devenu ce vieillard qui s’étiole en maison de retraite et qui a bien des révélations à faire.

Curieuses retrouvailles que cette recherche désespérée d’un filiation qui a pourtant bien existé, entre haine et réconciliation, entre rancœur et pitié pour un livre bien décidé à ne répondre à aucune question, mais à montrer comme la réalité est complexe, les sentiments ambivalents, combien le cœur est déraisonnable.

Ce voyage est l’occasion d’un retour aux sources dans une Pologne misérable, rustre, violente, arrosée de vodka. Il montre comme l’histoire y a été d’une cruauté invraisemblable, mortifère pour plusieurs générations. Mais il ne s’aventure jamais dans les explications simplistes ou les raccourcis psychologiques, il reconnaît le caractère indéchiffrable du mystère des individus ballottés dans les méandres de leurs contradictions. 

L’auteur ne cherche pas à faire un roman psychologiquement cohérent, il propose un confrontation pathétique, faite de heurts, de poses, de détours et d’apaisements,   sans glisser une seconde vers l’attendrissement, il parle du malheur des hommes, de leur prédestination et de leur destin, de la souffrance et des incertitudes qu’ils sont condamnés à traîner perpétuellement avec eux.


Mots-clés : #deuxiemeguerre #immigration #lieu #relationenfantparent #violence
par topocl
le Mer 27 Mar - 21:21
 
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Sujet: Itamar Orlev
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Alexandre Bergamini

Quelques roses sauvages

Tag deuxiemeguerre sur Des Choses à lire Quelqu10

Une photographie se détache de l'humiliation et du désastre, une photographie de deux survivants du camp de Sachsenhausen : deux jeunes hommes sourient et descendent une rue détruite de Berlin, un couple amoureux survivant au milieu du chaos.

Quelques roses sauvages est une enquête personnelle autour d'une photographie, photographie de deux survivants de la Shoah trouvée à Berlin. Enquête d'un écrivain sur les restes d'une mémoire surexploitée, surexposée à la lumière, qui mène le narrateur au camp d'extermination de Sachsenhausen, à Berlin, puis à Westerbork, le camp de transit de Hollande. Devant l'absence, les manques, les trous et les traces, et devant l'impossibilité d'écrire une fiction, Alexandre Bergamini choisit de suivre les méandres intimes et complexes d'un labyrinthe intérieur.

Confronté à une réalité qui s'éloigne et s'effrite, à une vérité insaisissable, aux archives fragmentaires ou détruites, se sont naturellement posées les questions essentielles de la littérature, de la mémoire et de la conscience. "Sacraliser la mémoire est une autre manière de la rendre stérile" écrit Tzvetan Todorov, dans Les Abus de la mémoire. Quelques roses sauvages est un récit sur la survivance ; un parcours et un regard singulier sur le lien entre l'intime et l'Histoire ; un texte qui interroge notre mémoire et appelle un nouveau devoir de mémoire.

Quatrième de couverture


Tout est dit dans la présentation de l'éditeur, ensuite c'est la façon dont le texte résonne dans l'esprit du lecteur qui fera de la lecture, une expérience personnelle. C'est vrai pour chaque livre, encore plus pour celui-ci.
Ce n'est pas un roman mais le récit d'un homme qui met ses pas d'abord dans celui-d'un autre à cause d'une photographie et de points communs qu'il pense avoir avec lui...Et qui met ses pas dans ceux de tous ces hommes et femmes qui ont connu  Oranienburg-Sachsenhausen et le camp de Westerbork, en Hollande.
Récit très bien documenté , faisant référence aux écrits de Raoul Hilberg, d'Etty Hillesum, citant nombre de philosophes , écrivains, décrivant comme si on le visionnait le film de propagande tourné à Westerbork sur la formation des convois.

Tout est dans la langue, poétique, précise, directe.

Tout est décrit, décortiqué, et vous donne à analyser ce que l'on fait aujourd'hui de ce que l'on sait.


Cet écrivain m'a beaucoup touchée, au point de sortir Sachso des étagères, mais je ne le lirai peut-être pas en entier, à la suite, au point de relire les lettres d'Etty Hillesum, au point de regarder à nouveau le film tourné par Rudolf Breslauer.
Parce que savoir, c'est d'abord connaître et  réfléchir seul ...



J'ai hâte de retrouver cette écriture.


Mots-clés : #antisémitisme #deuxiemeguerre #devoirdememoire #genocide
par kashmir
le Dim 24 Mar - 18:57
 
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Sujet: Alexandre Bergamini
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Heinrich Böll

Tag deuxiemeguerre sur Des Choses à lire Cvt_re10

Rentrez chez vous Bogner !

Bogner ère dans la ville. Leçons, petit boulot à l’évêché et chercher à emprunter de l'argent, et un endroit pour dormir. Un verre de temps à autres.

Käte, sa femme, s'occupe des enfants. Deux sont décédés pendant la guerre, deux sont vivants, peut-être en attend-t-elle un autre. Elle rumine et attend son mari.

Pas d'argent. Promiscuité, société qui se reconstruit sur des ruines. Les chapitres alternent le temps d'une grande journée la vie de l'un et de l'autre qui se retrouveront dans un hôtel miteux.

Énormément de choses et d'observations passent au fil des pages. Un regard triste et mélancolique qui n'est pas qu'introspectif mais se situe aussi en retrait de son environnement.

Beaucoup de choses vont mal et sont irréparables, beaucoup de choses sont fausses ou évoluent dans l'indifférence et pourtant c'est apaisant. Les tourments et la tendresse sourde, enfermée de ces personnages abîmés ça fait un peu de lumière dans tout ce qui va de travers.

Famille, alcool, apparences, blessures,... ce n'est pas très joyeux mais c'est un beau livre.

Quelques pages plus envolées qui ne sont pas forcément mais préférées mais un bien beau livre et le réconfort de retrouver le ton de l'auteur.


Mots-clés : #addiction #deuxiemeguerre #famille #viequotidienne
par animal
le Jeu 7 Mar - 13:32
 
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Sujet: Heinrich Böll
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Erri De Luca

Le Jour avant le bonheur

Tag deuxiemeguerre sur Des Choses à lire 51vvuu10


Certaines personnes savent, le jour d’avant, qu’elles ont rendez-vous avec lui. Et, malgré cette intuition, elles ne seront pas prêtes. Le bonheur est toujours une embuscade. On est pris par surprise. Le jour d’avant est donc le meilleur…


Naples dans l'immédiat après guerre. Un jeune orphelin (le narrateur) vit sous la protection d'un gardien d'immeuble, Don Gaetano. Lui aussi orphelin, il prodigue à l'enfant l'affection dont il a été lui-même privé. Il s'attache à son bien être, et lui enseigne une éducation qui vaut plus par l'exemple concret et l'affection que par une étroite morale. Par ses souvenirs et son expérience, il lui communique principes de droiture et de fermeté. Il lui raconte comment les napolitains se sont soulevés contre l'envahisseur nazi, précipitant leur perte. Ensemble ils jouent aux carte, ensemble ils bricolent quelques réparations chez les locataires.

L'enfant devenu ado connaîtra même ses premières armes avec une dame locataire accueillante. Il aime l'école, l'instruction. Ayant appris à lire tôt, il se procure des livres gratuitement chez un libraire accommodant et compréhensif.

Du temps où, enfant,  il jouait au foot, il croisa le  regard d'une fillette qui,  derrière les vitres du 3e étage l'observe avec constance. Quelque chose de puissant se noue entre eux, qui n'aura pas de suite dans l'immédiat. Don Gaetano a aussi un don, il lit dans la pensée des autres. C'est ainsi qu'il perçoit un jour que son protégé est obsédé par la jeune fille et qu'il est prêt à donner sa vie pour elle. Don Gaetano ne cherchera pas à entraver leur dangereuse relation, mais il l'aidera à se défendre et à s'enfuir, le moment venu.



De Luca parvient à nous rendre attachants ceux dont il parle. Son regard est empreint de tendresse et de chaleur humaine pour les humbles, les gens  de peu. Il n'ignore ni la cruauté ni la barbarie de la condition humaine. Dans sa vie comme dans son oeuvre, il reste un révolté qui ne craint ni la prison ni le discrédit. Il suffit de quelques phrases pour reconnaître son style. Ici, comme ailleurs, la densité et la concision sont exemplaires et il sait parfaitement tirer parti de ce qui est suggéré ou resté dans l'ombre. D'ailleurs sa concision n'est jamais sécheresse, mais plutôt concentration d'énergie.

Vous l'avez compris, j'ai aimé ce livre.



mots-clés : #amour #deuxiemeguerre #enfance #initiatique #jeunesse
par bix_229
le Mer 6 Fév - 19:12
 
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Sujet: Erri De Luca
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Philippe Apeloig

Enfants de Paris 1939-1945

Tag deuxiemeguerre sur Des Choses à lire Proxy109

Souvenez-vous d’eux, votre mémoire est leur seule sépulture.


Philippe  Apeloig s’est donné pour tâche  de répertorier, photographier et transmettre dans un cadrage rigoureux plus de 1000 plaques commémoratives de la période 1939-1945 à Paris, classées par arrondissement, dans un souci d’exhaustivité dont il savait d’avance qu’elle ne serait jamais parfaite.

Des enfants, des hommes, des femmes, arrêtés, déportés, fusillés, décapités, torturés par ceux qui sont nommés selon les plaques les boches, les Allemands, les nazis, l’ennemi, les hitlériens. Des juifs, des résistants, des soldats, des anonymes ou des hommes célèbres réduits à rien par le destin, humblement et fermement commémorés par des plaques éparpillées sur les murs de la capitale, dans les rues, sur les façades, dans des lieux publics ou privés.

Dans un texte très émouvant, il raconte comment son grand-père, émigré de Pologne à Paris, a caché sa famille en zone libre à Châteaumeillant où elle fut sauvée grâce à la constante complicité de la population. Le grand-père, lui, a rejoint le maquis. La mère de Philippe Apeloig n’a eu de cesse de commémorer, à travers cet événement, les habitants salvateurs. Cette démarche s’est confrontée à l’expérience de Philippe Apeloig, son expérience de graphiste et de typographe, sa visite au mur des vétérans de Washington érigé par Maya Lin, son vécu du 11 septembre à travers les milliers de petits mots laissés par les habitants autour du désastre. Tout cela l’a amené à la construction progressive de ce livre, longuement mûri, de cette collection de fourmi obsessionnelle.

Nous avions repéré, Monsieur topocl il y  a quelques mois, l’annonce de ce livre dans divers journaux. Nous  en avions discuté, admiratifs d’une démarche que certains pourraient qualifier de vaine, mais qui nous avait semblé cruciale. De là à acheter le livre… nous ne nous étions pas lancés. Topocl Junior nous avait gentiment moqué, rappelant que, si nous avions toujours fréquenté les cimetières militaires, y traînant notre marmaille, si nous continuons à e faire encore aujourd’hui, nous ne nous étions jamais « amusés » à en lire successivement chaque pierre tombale.

Mais un  ange silencieux et bienveillant a bien vu, lui, que ce livre était pour moi.

C’est d’abord un splendide objet, dont la forme, très rectangulaire,  la couleur et la typographie de couverture évoquent évidemment les plaques qu’il enserre. Présentation très soignée, les feuilles de garde, bleu pour la première, rouge pour la dernière enserrant la tranche blanche dans un bel hommage patriotique, que complète des signets tissés également bleus et rouges.

Contemplant tout d’abord songeusement l’ouvrage, témoin de quelque chose qui peut-être considéré comme une performance artistique, je me demandais comment me l’approprier. Une plaque par jour ? J’en avais de plus de trois ans. Je m’étais finalement décidée pour un arrondissement par jour.

Et puis, il faut bien le dire, entrée là-dedans, il m’a semblé impossible d’en sortir, captivée, aimantée, très soigneusement préparée par l’introduction de l’auteur qui parle de mis en page, de typographie, de police, de choix des mots… J’ai avancé, j’ai continué, je n’ai rien pu lâcher jusqu’à la dernière page. C’était une belle promenade, pleine d’émotions et de sérieux, l’impression de quelque chose de bien, quand bien même je ne faisais finalement que quelque chose de très égoïste.
Qui étaient-ils ? Que seraient ils devenus ? Qu’on-t’ils pensé dans leurs derniers moment ? Qui les a pleurés ? Qui pense encore à eux ?



mots-clés : #campsconcentration #communautejuive #deuxiemeguerre #devoirdememoire #temoignage
par topocl
le Jeu 24 Jan - 17:58
 
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Sujet: Philippe Apeloig
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Vues: 235

Sloan Wilson

Tag deuxiemeguerre sur Des Choses à lire L_homm10

Sloan Wilson : L'Homme au complet gris. - Belfond

Lorsque Thomas Rath revient de guerre, celle de 4O, il a perdu des années précieuses et ses illusions de jeunesse.
De plus, il a été constamment confronté à la nécessité de tuer ou d'être tué.
Et il a tué de sang froid.
La femme qu'il a épousé ne sait rien de cette réalité qu'est l'horreur de la guerre.
Elle est restée affectivement et intellectuellement dans un état d'immaturité et d'idéalisme que sa situation de femme au foyer et de mère ne peut qu'aggraver.
Et Tom n'a aucune envie de raconter son vécu, mais plutôt essayer de l'oublier.

Il faut oublier tout cela [la guerre], et tout ce à quoi cela a mené, songea Tom ; il faut l'oublier maintenant tout comme il a fallu l'apprendre d'abord. On devrait commencer les guerres par un cours d'instruction de base, et les terminer par un cours d'oubli de base. Le truc, c'est d'apprendre à croire que l'on vit dans un monde à part, un monde de fous, où ce qui est vrai aujourd'hui n'était pas vrai alors ; où le "tu ne tueras point" et le fait d'avoir tué un grand nombre d'hommes ne veulent rien, absolument rien dire, car maintenant c'est le moment d'élever des enfants légitimes, de gagner de l'argent, de s'habiller correctement, d'être gentil avec sa femme, d'admirer son patron, d'apprendre à ne pas s'inquiéter, et de penser que soi-même l'on est quoi ? Cela n'a aucune importance, songea-t-il... je ne suis qu'un homme en complet gris. (p. 161-162)

Déjà un fossé se creuse entre eux qu'ils n'ont pas le temps ni l'envie d'explorer.
A trente cinq ans, il a déjà trois enfants et la volonté de "réussir".
Réussir, c'est pour toute une génération, celle des années 50, grimper dans l'échelle sociale, et gagner le maximum d'argent dans le minimum de temps.
C'est la logique même du consumérisme et du rêve américain qui prétend que tout américain courageux peut devenir Rockfeller ou Ford.

Tom a déjà grimpé quelques échelons et constaté l'étendue du mensonge  de l'idéologie américaine. Suffisamment pour se rendre compte que sauf  miracle, il ne pourra résoudre le noeud de problèmes dans lesquels il se débat. Qu'il ne pourra jamais s'occuper de sa famille alors qu'il se tue au travail et qu'il va perdre sa vie à trop vouloir la gagner.
En outre, il n'a jamais surmonté le traumatisme de la guerre.
Il se souvient aussi comment, pendant une trêve des armes, il a connu une jeune italienne à Rome. Et comment ils ont vécu une idylle heureusement partagée dans les marges amnésiques d'un provisoire que le tragique avive.
Lorsque l'armée l'envoie combattre les Japonais dans le Pacifique, la jeune italienne est enceinte. Elle le dit à Tom et elle va garder l'enfant.

Tom contrairement à beaucoup de jeunes américains de son âge n'est ni stupide ni oublieux ni immoral.
Il essaie d'assumer une situation qui lui échappe et dont il est prisonnier.
Le poids de l'avenir et d'une "réussite" sociale pèse sur lui comme une malédiction.
Il sait qu'il a fait fausse route et qu'il est forcé, vaille que vaille de continuer sans trop faire de dégâts autour de lui.
Et il aura la chance d'échapper au pire et de limier les dégâts.

Ce que j' ai retenu de ce livre bien conduit et qui réserve pas mal de surprises, c'est l'itinéraire d'un homme attachant et honnête et qui, en pleine tourmente essaie de faire face.
Clairement ce qu'il en est du rêve américain, alors et encore.
Des réflexions profondes sur l'amour et la conjugalité, la guerre, l'argent, le travail et le rapport au temps.
Bref c'est un livre qui méritait amplement d'être redécouvert.


mots-clés : #deuxiemeguerre #famille #mondedutravail
par bix_229
le Lun 7 Jan - 17:19
 
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Sujet: Sloan Wilson
Réponses: 1
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Vincent Hein

Kwai

Tag deuxiemeguerre sur Des Choses à lire Kwai_010

Vincent Hein, grand voyageur asiatique, fait escale en Thaïlande, pour retrouver les traces du pont de la Rivière Kwai. Il ne reste pas grand chose du fameux pont, et rien des camps de prisonniers en dehors d‘un musée et un cimetière. La nature sauvage a repris ses droits. Mais ce voyage, comme tout voyage, est bien loin d’être stérile. Vincent Hein hume les paysages, écoute les gens du pays, savoure sa présence en ces lieux. Remontent à la surface l’attachement de l’auteur à ce vieux film, et aux peplums et autres westerns de sa jeunesse, les moments partagés avec son père , et une vieille tante, devant l’écran de télévision, les premières promenades en forêt qui lui donnèrent le goût du voyage, les hommes référents de sa formation, qu’ils soient botanistes, cinéastes, écrivains-voyageurs, les hommes de sa famille qui soldats, blessés, prisonniers participèrent à ce grand bazar mondial des guerres, des hommes qu’on força à être des  vainqueurs ou des vaincus. Il donne passage un bon coup de tatane à Pierre Boule, l’auteur du roman éponyme.

Tag deuxiemeguerre sur Des Choses à lire 18770910



Il y a un réel charme  à ce récit, tout à la fois cohérent et disparate, relevant du principe des associations d’idées (Vincent Hein ne s’est pas formé à la psychanalyse pour rien), des humeurs, des ressentis, mais qui n’échappe pas pour autant à la main mise  de l’Histoire. C’est un vagabondage élégant, poétique, délicieux au sein duquel j’ai relevé les quatre plus belles pages que j’ai pu lire sur la pluie (qui, en fait, sont les pluies).

Tag deuxiemeguerre sur Des Choses à lire Proxy_96


mots-clés : #autofiction #deuxiemeguerre #devoirdememoire #voyage
par topocl
le Lun 31 Déc - 11:11
 
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Sujet: Vincent Hein
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Marie Chaix

Les lauriers du Lac de Constance

Tag deuxiemeguerre sur Des Choses à lire Proxy_16

Son père collaborationiste, l’un des proches de Jacques Doriot, Marie Chaix ne l’a guère connu :  née en 1942, il était sans cesse en partance, en mission, puis en fuite, puis en prison.
Elle retrace son parcours en mêlant ce qu’elle a tiré des carnets personnels de son père, de l’image qui lui en a été donnée dans son enfance par son milieu familial, de ce qu’elle a vécu intimement de cette perpétuelle absence, puis de cette faute dénoncée  par l’extérieur étant enfant et adolescente. Qu’est ce qu’être la fille d’un homme inconnu qui préfère sa cause à sa famille pourtant aimée, qui fait le mauvais choix, que tous accusent, qui est emprisonné et risque la peine de mort ? Qu’est ce  que vivre entourée de silences mal gardés ?

Se mêlent donc dans le récit des éléments très historiques, retraçant l’histoire du Parti Populaire Français, et des choses plus familiales, cette femme élégante,  amoureuse perpétuellement fidèle, ces enfants fascinés par un père absent et  charismatique.

Ecrivant ce livre des années après, Marie Chaix fait une réelle œuvre d’écrivain, par un style percutant, très personnel, surprenant, adoptant le point de vue de cette enfant à qui on ne dit pas grand chose, mais qui ressent tout. Son portrait paternel est exempt tout à la fois d’admiration et de critique, dans une tentative d’objectivité rétrospective, mais porteur d’un amour étrange, envahissant, bien qu’en creux. Elle lui reconnaît sa sincérité dans l’erreur, une grande dignité qui n’est pas exempte de courage.

C’est un roman très personnel quoiqu’il appartienne à l’Histoire, avec un réel travail d’écrivaine, qui rapporte des faits objectifs mêlés de façon troublante à la subjectivité du vécu de cette enfant solitaire.


Mots-clés : #autobiographie #biographie #deuxiemeguerre #enfance #famille #historique
par topocl
le Sam 22 Déc - 17:42
 
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Sujet: Marie Chaix
Réponses: 17
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