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Arthur Rimbaud

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Message par Arturo le Lun 7 Jan - 19:30

Arthur Rimbaud
(1854-1891)


Arthur Rimbaud Arthur10

Arthur Rimbaud est un poète français, né le 20 octobre 1854 à Charleville et mort le 10 novembre 1891 à Marseille. Bien que brève, la densité de son œuvre poétique fait d'Arthur Rimbaud une des figures premières de la littérature française.

Arthur Rimbaud écrit ses premiers poèmes à 15 ans. Selon lui, le poète doit être « voyant » et « il faut être absolument moderne ». Il entretient une aventure amoureuse tumultueuse avec le poète Paul Verlaine. À l'âge de vingt ans, il renonce subitement à l’écriture, sans avoir encore été véritablement publié, pour se consacrer davantage à la lecture, ainsi qu'à la poursuite de sa pratique des langues.

Ses idées marginales, anti-bourgeoises et libertaires le poussent à choisir une vie aventureuse, dont les pérégrinations l’amènent jusqu’en Abyssinie, où il devient négociant (quincaillerie, bazar, vêtements, café etc.), quand ce n'est pas explorateur. Sa tentative d'armer Menelik avec l'aval du Consul de France s'avéra désastreuse pour lui. Son unique « trafic d'armes » n'eut véritablement qu'une incidence politique symbolique, mais contribua à sa légende. De cette seconde vie, exotique, les seuls écrits connus consistent en près de 180 lettres (correspondance familiale et professionnelle) et quelques descriptions géographiques.

Des vers comme ceux du Bateau ivre, du Dormeur du val ou de Voyelles comptent parmi les plus célèbres de la poésie française. La précocité de son génie et sa vie aventureuse contribuent à forger la légende du poète.
source wikipédia

Oeuvres :


Une saison en enfer, 1873
Les Illuminations, 1886 puis 1895
Poésies complètes (parfois rassemblées sous le titre Le bateau ivre), 1895

ça tient en un volume, mais quel volume !
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Message par Arturo le Lun 7 Jan - 19:35

Toujours pas de fil Rimbaud après 2 ans de forum. Et ça fait bien deux ans que je n'ai plus relu un de ses poèmes, une de ses lettres.
Alors, que dire ? Rien. Si ce n'est que je le place tout en haut de mon panthéon littéraire. Quelle originalité !?

En fait, je crée le fil, pour causer d'une nouvelle, d'une découverte, celle d'une lettre inédite. Reste encore à en prouver son authenticité. J'attends impatiemment ton avis, @Aventin, sur cette affaire.

https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/060119/paradoxal-silence-autour-de-la-decouverte-dune-lettre-de-rimbaud?fbclid=IwAR1lTmki0VahvBCieA-kQpyaxKv2e5-0F3zMzMru0rGC4qO4rXJGawJRBMo

Je copie la lettre ci-dessous:
Spoiler:
Arthur Rimbaud à Jules Andrieu - Londres, le 16 avril 1874 - Lettre autographe archives familiales London, 16 April 74

Monsieur,

- Avec toutes mes excuses sur la forme de ce qui suit, -

Je voudrais entreprendre un ouvrage en livraisons, avec titre : L'Histoire splendide. Je réserve : le format, la traduction, (anglaise d'abord) le style devant être négatif et l'étrangeté des détails et la (magnifique) perversion de l'ensemble ne devant affecter d'autres phraséologies que celle possible pour la traduction immédiate - Comme suite de ce boniment sommaire : Je prise que l'éditeur ne peut se trouver que sur la présentation de deux ou trois morceaux hautement choisis. Faut-il des préparations dans le monde bibliographique, ou dans le monde, pour cette entreprise, je ne sais pas ? - Enfin c'est peut-être une spéculation sur l'ignorance où l'on est maintenant de l'histoire, (le seul bazar moral qu'on n'exploite pas maintenant) - et ici principalement (m'a-t-on dit (?)) ils ne savent rien en histoire - et cette forme à cette spéculation me semble assez dans leurs goûts littéraires - Pour terminer : je sais comment on se pose en double-croyant pour la foule, qui ne s'occupa jamais à voir, qui n'a peut-être pas besoin de voir.

En peu de mots (!) une série indéfinie de morceaux de bravoure historique, commençant à n'importe quels annales ou fables ou souvenirs très anciens. Le vrai principe de ce noble travail est une réclame frappante ; la suite pédagogique de ces morceaux peut être aussi créée par des réclames en tête de la livraison, ou détachées - Comme description, rappelez-vous les procédés de Salammbô, comme liaisons et explorations mystiques, Quinet et Michelet : mieux. Puis une archéologie ultra-romanesque suivant le drame de l'histoire ; du mysticisme de chic, roulant toutes controverses ; du poème en prose à la mode d'ici ; des habiletés de nouvelliste aux points obscurs.

- Soyez prévenu que je n'ai en tête pas plus de panoramas, ni plus de curiosités historiques qu'un bachelier de quelques années - Je veux faire une affaire ici.

Monsieur, je sais ce que vous savez et comment vous savez : or je vous ouvre un questionnaire, (ceci ressemble à une équation impossible), quel travail, de qui, peut être pris comme le plus ancien (latest) des commencements ?

A une certaine date (ce doit être dans la suite) quelle chronologie universelle ?

- Je crois que je ne dois bien prévoir que la partie ancienne ; le moyen-âge et les temps modernes réservés ; hors cela que je n'ose prévoir - Voyez-vous quelles plus anciennes annales scientifiques ou fabuleuses je puis compulser ? Ensuite, quels travaux généraux ou partiels d'archéologie ou de chroniques ? Je finis en demandant quelle date de paix vous me donnez sur l'ensemble Grec Romain Africain. Voyons : il y aura : illustrés en prose à la Doré, le décor des religions, les traits du droit, l'enharmonie des fatalités populaires exhibées avec les costumes et les paysages, - le tout pris et dévidé à des dates plus ou moins atroces : batailles, migrations, scènes révolutionnaires : souvent un peu exotiques ; sans forme jusqu'ici dans les cours ou chez les fantaisistes. D'ailleurs, l'affaire posée, je serai libre d'aller mystiquement, ou vulgairement, ou savamment. Mais un plan est indispensable.

Quoique ce soit tout à fait industriel et que les heures destinées à la confection de cet ouvrage m'apparaissent méprisables, la composition ne laisse pas que de me sembler fort ardue. Ainsi je n'écris pas mes demandes de renseignements, une réponse vous gênerait plus ; je sollicite de vous une demi-heure de conversation, l'heure et le lieu s'il vous plait, sûr que vous avez saisi le plan et que nous l'expliquerons promptement - pour une forme inouïe et anglaise.

Réponse s'il vous plait !

Mes salutations respectueuses

Rimbaud - 30 Argyle square, Euston R. WC

Nous avions déjà l'affaire Nouveau, en voilà une nouvelle. Rimbaud fait toujours parler, pour le plaisir des passionnés, des exégètes...

Reste que j'espère voir ce fil se nourrir à l'avenir, de son oeuvre météorique.
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Message par Tristram le Lun 7 Jan - 21:38

Merci Arturo pour avoir comblé cette regrettable lacune ! Mais, comme tu l'as dit toi-même, on n'ouvre un fil qu'à l'occasion d'une (re)lecture de l'auteur...

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
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Message par bix_229 le Lun 7 Jan - 23:08

L'essentiel est de le lire, de savoir ce qu'il représente.
Une forme de génie rare et lumineux.
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Message par Jack-Hubert Bukowski le Mar 8 Jan - 9:49

S'il y a un poème valable dans le sens du cheminement que j'ai emprunté :


«Ma Bohème»

Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
– Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
– Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !

Arthur Rimbaud, Cahier de Douai (1870)
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Message par Arturo le Mar 8 Jan - 13:01

Eh oui, Rimbaud, le parfait compagnon des flâneurs, des vagabonds, des rêveurs ...
Je l'avais toujours dans mon sac à dos, dans la plupart de mes pérégrinations.
Pour moi, le premier choc, ce fut Sensation ... Et dire qu'il n'avait que 16 ans quand il a écrit ça ...

Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, – heureux comme avec une femme.

Mars 1870
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Message par bix_229 le Mar 8 Jan - 15:30

Le dormeur du val

C’est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Emotivement, j'ai toujours aimé celui-là.


Dernière édition par Armor le Mar 8 Jan - 16:21, édité 1 fois (Raison : mise en page)
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Message par Arturo le Mar 8 Jan - 15:59

Oui également. Les plus connus, sont aussi ceux qui m'ont durablement marqué, dans le cas Rimbaud. Donc Le dormeur du val, Ma bohème, Sensation, Le bateau ivre, ou encore celui sur l'Eternité, dans Une saison en enfer.
Il y en a tellement d'autres. Plus difficile à interpréter, plein de symbolisme et de messages cachés, il y a le poème Voyelles. Yves Bonnefoy en avait fait une belle interprétation fouillée, que j'avais lue dans Rimbaud par lui-même (j'aime bien cette petite collection).

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d’ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
— O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !

Arthur Rimbaud Md225210


Dernière édition par Armor le Mar 8 Jan - 16:20, édité 1 fois (Raison : image redimensionnée)
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Message par Aventin le Mar 8 Jan - 17:20

(J'ai quelques divergences de vues avec la bio de wikipedia, Arturo, mais n'étant pas contributeur je vais me contenter de faire le vieux ronchon qui maugrée dans son coin pendant que les autres discutent - merci beaucoup pour cette ouverture !)  

Un auteur, sa vie son œuvre, dans le cas de Rimbaud, quitte à hérisser le Proust de Contre Sainte-Beuve, il y a aussi l'œuvre-vie. Cette nouvelle lettre que nous poste Arturo, je prends le temps de la maturer avant de la commenter.

Comme je disais il y a quelques lunes, elle me procure largement l'émotion de quelques vers.
Comme je disais ici, en fait:


La lettre de Rimbaud à M. de Gaspary, Consul de France à Aden, ci-dessous, me procure largement l'émotion de quelques vers.
Même si elle n'a aucune portée littéraire, ça va de soi.

On peut comparer le style, le contenu avec les courriers secs à sa famille, et avec d'autres encore, ça n'a rien en commun, au point qu'on peine à penser que c'est écrit de la même main, à la même époque.

Comme c'est à présent dans le domaine public, je peux sans vergogne vous en copier d'autres de "cet individu dont les manières sont quelques peu louches" si cela vous dit, sans doute pas aussi sensationnelles ou édifiantes -encore une fois, peut-être les trouve-t-on sur la Toile, mais je n'ai pas réussi.

(Note personnelle, et donc soumise à votre examen: Frangui= français, littéralement "Franc" - voir Frenj ou Franj en arabe plus classique).
Voilà, bonne lecture pour ceux que ça intéresse, et mes excuses à tous et aux familles pour la taille du message, autrement dit pour l'inondation.




D'abord deux lettres qui ne proviennent pas de sa plume, éclairantes sur le contexte, puis un pavé remarquable signé Arthur Rimbaud:

Lettre de Maurice Riès à Emile Deschamps, datée du 15 mars 1929


[...] Avant de venir chez nous, Rimbaud (et cela dès son arrivée à Aden venant d'Egypte) s'était employé dans la maison française Bardey. Il devint ensuite l'associé de Labatut, avec lequel il organisa une caravane de marchandises de troc qu'ils conduisirent à Addis-Abéba, capitale de l'Abyssinie. L'associé Labatut mourut en route.

L'affaire n'eut pas une fin heureuse. Rimbaud vint à nous, et nous le plaçâmes à Harar, dis-je, à la tête de nos affaires. La facilité extrême d'assimilation qu'il possédait en fit très vite un négociant remarquable; son aménité, sa loyauté lui gagnèrent la confiance de la gent commerciale indigène, et il en obtint une préférence marquée dans ses transactions commerciales et ses rapports amicaux.

Un bel avenir était devant lui. [...]

__________________________________________________________________________________________________________________________


Lettre du Consul de France à Massaouah (M. Alexandre Merciniez) au Consul de France à Aden (M. de Gaspary):

Massaouah, le 5 août 1887      



Monsieur le Consul,

Un sieur Rimbaud, se disant négociant à Harar et à Aden, est arrivé hier à Massaouah à bord du courrier hebdomadaire d'Aden.

Ce Français, qui est grand, sec, yeux gris, moustaches presque blondes, mais petites, m'a été amené par les carabiniers.

M. Rimbaud n'a pas de passeport et n'a pu prouver son identité. Les pièces qu'il a exhibées sont des procurations passées devant vous par un Sieur Labatut, dont l'intéressé aurait été le fondé de pouvoirs.

Je vous serais obligé, Monsieur le Consul, de vouloir bien me renseigner sur cet individu dont les manières sont quelques peu louches.

Ce sieur Rimbaud est porteur d'une traite de 5000 thalers à cinq jours de vue sur M. Lucardi, et d'une autre traite de 2500 thalers sur un négociant indien de Massaouah.

Veuillez agréer, Monsieur le Consul, [...]


_______________________________________________________________________________________________________________________



Lettre de Rimbaud à Monsieur de Gaspary, Consul de France

Aden, le 9 novembre 1887.  

Monsieur,


  Je reçois votre lettre du 8 et je prends note de vos observations.
Je vous envoie la copie du compte des frais de la caravane de Labatut, devant garder par devers-moi l'original, parce que le chef de caravane qui l'a signé a volé par la suite une partie des fonds que l'Azzaze lui avait comptés pour le le paiement des chameaux.

 L'Azzaze s'entête, en effet, à ne jamais verser les frais de caravane aux Européens eux-mêmes, qui régleraient ainsi sans difficulté: les Dankalis trouvent là une belle occasion d'embrouiller l'Azzaze et le Frangui à la fois, et chacun des Européens s'est vu arracher par les Bédouins 75% en plus de ses frais de caravane, l'Azzaze et Ménélik lui-même ayant l'habitude, avant l'ouverture de la route de Harar, de donner invariablement raison au Bédouin contre le Frangui.

C'est prévenu de tout cela que j'eus l'idée de faire signer un compte de caravane à mon chef. Cela ne l'empêcha pas, au moment de mon départ, de me porter devant le roi en réclamant quelque 400 thalers en plus du compte approuvé par lui ! Il avait en cette occasion pour avocat le redoutable bandit Mohammed Abou-Beker, l'ennemi des négociants et voyageurs européens au Choa.

Mais le roi, sans considérer la signature du Bédouin (car les papiers ne sont rien du tout au Choa), comprit qu'il mentait, insulta par occasion Mohammed, qui se démenait contre moi en furieux, et me condamna seulement à payer une somme de 30 thalers et un fusil Regminton: mais je ne payais rien du tout.

J'appris par la suite que le chef de caravane avait prélevé ces 400 thalers sur le fond versé par l'Azzaze entre ses mains pour le paiement des Bédouins, et qu'il les avait employés en achat d'esclaves, qu'il envoya avec la caravane de MM. Savouré, Dimitri, Brémond, et qui moururent tous en route, et lui-même alla se cacher au Djimma Abba-Djifar, où l'on dit qu'il est mort de la dysenterie.

 L'Azzaze eut donc, un mois après son départ, à rembourser ces 400 thalers aux Bédouins: mais, si j'avais été présent, il me les aurait certainement fait payer.

Les ennemis les plus dangereux des Européens en toutes ces occasions sont les Abou-Beker, par la facilité qu'ils ont d'approcher l'Azzaze et le roi, pour nous calomnier, dénigrer nos manières, pervertir nos intentions. Aux Bédouins dankali ils donnent effrontément l'exemple du vol, les conseils d'assassinat et de pillage. L'impunité leur est assurée en tout par l'autorité abyssine et par l'autorité européenne sur les côtes, qu'ils dupent grossièrement l'une et l'autre.

Il y a même des Français au Choa qui, pillés en route par Mohammed, et à présent encore en butte à toutes ses intrigues, vous disent néanmoins: "Mohammed, c'est un bon garçon !", mais les quelques Européens au Choa et au Harar qui connaissent la politique et les mœurs de ces gens, exécrés par toutes les tribus Issa Dankali, par les Galla et les Amhara, fuient leur approche comme la peste.

Les trente-quatre Abyssins de mon escorte m'avaient bien, à Sajalo, avant le départ, fait signer une obligation de leur payer à chacun 15 thalers pour la route et deux mois de paie arriérés, mais à Ankober, irrité de leurs insolentes réclamations, je leur saisis le bon et le déchirai devant eux: il y eut par la suite plainte à l'Azzaze, etc. Jamais, d'ailleurs, on ne prend de reçus des gages payés aux domestiques au Choa: ils trouveraient cet acte très étrange, et se croiraient très en danger d'on ne sait quoi.

Je n'aurais pas payé à l'Azzaze les 300 thalers pour Labatut, si je n'avais découvert moi-même, dans un vieux calepin trouvé à la baraque de Mme Labatut, une annotation de l'écriture de Labatut portant reçu de l'Azzaze de cinq okiètes d'ivoire moins quelques rotolis.

Labatut rédigeait en effet ses Mémoires: j'en ramassai trente-quatre volumes, soit trente-quatre calepins, au domicile de sa veuve, et, malgré les imprécations de cette dernière, je les livrai en flammes, ce qui fut, m'expliqua-ton, un grand malheur, quelques titres de propriété se trouvant intercalés parmi ces confessions qui, parcourues à la légère, m'avaient parues indignes d'un examen sérieux.

D'ailleurs ce sycophante d'Azzaze, débouchant à Farré avec ses bourriques au moment où je débouchais avec mes chameaux, m'avait immédiatement insinué, après les salutations, que le Frangui, au nom de qui j'arrivais, avait un compte immense, et il avait l'air de me demander la caravane entière en gage.

Je calmai ses ardeurs, provisoirement, par l'offre d'une lunette à moi, de quelques flacons de dragées Morton.  Et je lui expédiai  par la suite, à distance, ce qui me semblait réellement son dû. Il fut amèrement désillusionné, et agit toujours très hostilement avec moi; entre autres, il empêcha l'autre sycophante, l'Aboune, de me payer une charge de raisins secs que je lui apportais pour la fabrication du petit vin des messes.

Quant aux diverses créances que j'ai payées sur Labatut, cela s'opérait de la manière suivante:

Arrivait par exemple chez moi un Dedjatch, et s'asseyait à boire mon tedj, en vantant les qualités de l'ami (feu Labatut) et en manifestant l'espoir de découvrir en moi les mêmes vertus. A la vue d'un mulet broutant la pelouse, on s'écriait: "C'est ça le mulet que j'ai donné à Labatut !" (on ne disait pas que le burnous qu'on avait sur le dos, c'était Labatut qui l'avait donné !) "

D'ailleurs, ajoutait-on, il est resté mon débiteur pour 70 thalers (ou 50, ou 60, etc.!)" Et on insistait sur cette réclamation, si bien que je congédiais le noble malandrin en lui disant: "Allez au roi !" (ça veut à peu près dire: "Allez au diable !") Mais le roi me faisait payer une partie de la réclamation, ajoutant hypocritement qu'il paierait le reste !

Mais j'ai payé aussi sur des réclamations fondées, par exemple à leurs femmes, les gages des domestiques morts en route à la descente de Labatut; ou bien c'était le remboursement de quelque 30, 50, 12 thalers que Labatut avait pris de quelques paysans en leur promettant au retour quelques fusils, quelques étoffes, etc.

Ces pauvres gens étant toujours de bonne foi, je me laissais toucher et je payais. Il me fut aussi réclamé une somme de 20 thalers par un M. Dubois; je vis qu'il y avait droit et je payais en ajoutant, pour les intérêts, une paire de mes souliers, ce pauvre diable se plaignant d'aller nu-pieds.

Mais la nouvelle de mes vertueux procédés se répandait au loin; il se leva, de-ci de-là, toute une série, toute une bande, toute une horde de créanciers à Labatut, avec des boniments à faire pâlir, et cela modifia mes dispositions malveillantes, et je pris la détermination de descendre du Choa au pas accéléré.

Je me rappelle qu'au matin de mon départ, trottant déjà vers le N-N-E., je vis surgir d'un buisson un délégué d'une femme d'un ami de Labatut, me réclamant au nom de la Vierge Marie une somme de 19 thalers; et, plus loin, se précipitait du haut d'un promontoire un être avec une pèlerine en peau de mouton, me demandant si j'avais payé 12 thalers à son frère, empruntés par Labatut, etc. A ceux-là je criai qu'il n'était plus temps !

La veuve Labatut m'avait, à ma montée à Ankober, intenté auprès de l'Azzaze un procès épineux tendant à la revendication de la succession. M. Hénon, voyageur français, s'était constitué son avocat dans cette noble tâche, et c'était lui qui me faisait citer et qui dictait à la veuve l'énoncé de mes prétentions, avec l'aide de deux vieilles avocates amharas.

Après d'odieux débats où j'avais tantôt le dessus, tantôt le dessous, l'Azzaze me donna un ordre de saisie aux maisons du défunt. Mais la veuve avait caché au loin les quelques centaines de thalers de marchandises, d'effets et de curiosités laissés par lui et, à la saisie que j'opérai non sans résistance, je ne trouvai que quelques vieux caleçons dont s'empara la veuve avec des larmes de feu, quelques moules à balles et une douzaine d'esclaves enceintes que je laissai.

M. Hénon intenta au nom de la veuve une action en appel, et l'Azzaze, ahuri, abandonna la chose au jugement des Franguis présents alors à Ankober. M. Brémond décida alors que, mon affaire paraissant déjà désastreuse, je n'aurais à céder à cette mégère que les terrains, jardins et bestiaux du défunt, et que, à mon départ, les Européens se cotiseraient pour une somme de cent thalers à donner à la femme. M. Hénon, procureur de la plaignante, se chargea de l'opération et resta lui-même à Ankober.

La veille de mon départ d'Entotto, montant avec M. Ilg chez le monarque pour prendre le bon sur le Dedjatch du Harar, j'aperçus derrière moi le casque de M. Hénon qui, apprenant mon départ, avait franchi avec célérité les 120 kilomètres d'Ankober à Entotto, et, derrière lui, le burnous de la frénétique veuve, serpentant au long des précipices.

Chez le roi, je dus faire antichambre quelques heures, et ils tentèrent auprès de lui une démarche désespérée. Mais, quand je fus introduit, M. Ilg me dit en quelques mots qu'ils n'avaient pas réussi. Le monarque déclara qu'il avait été l'ami de ce Labatut, et qu'il avait l'intention de perpétuer son amitié sur sa descendance, et comme preuve, il retira de suite à la veuve la jouissance des terres qu'il avait données à Labatut !

Le but de M. Hénon était de me faire payer les cent thalers qu'il devait, lui, réunir pour la veuve auprès des Européens. J'appris qu'après mon départ la souscription n'eut pas lieu !

M. Ilg qui, en raison de sa connaissance des langues et de son honnêteté, est généralement employé par le roi au règlement des affaires de la cour avec les Européens, me faisait comprendre que Ménélik se prétendait de fortes créances sur Labatut. En effet, le jour où l'on fit le prix de mes mises, Ménélik dit qu'il lui était dû beaucoup, ce à quoi je ripostai en demandant des preuves.

C'était un samedi, et le roi reprit qu'on consulterait les comptes. Le lundi, le roi déclara que, ayant fait dérouler les cornets qui servent d'archives, il avait retrouvé une somme d'environ 3500 thalaris, et qu'il la soustrayait de mon compte, et que d'ailleurs, en vérité, tout le bien de Labatut devait lui revenir, tout cela d'un ton qui n'admettait plus de contestation.

J'alléguais les créanciers européens, produisant ma créance en dernier lieu, et, sur les remontrances de M. Ilg, le roi consentit hypocritement à abandonner les trois huitièmes de sa réclamation.

Pour moi, je suis convaincu que le Négus m'a volé, et, ses marchandises circulant sur des routes que je suis encore condamné à parcourir, j'espère pouvoir les saisir un jour, pour la valeur de ce qu'il me doit, de même que j'ai à saisir le Ras Govana pour une somme de 600 thalaris dans le cas où il persisterait dans ses réclamations, après que le roi lui a fait dire de se taire, ce que le roi fait toujours dire aux autres quand il s'est payé lui-même.

Telle est, Monsieur le Consul, la relation de mon paiement des créances sur la caravane Labatut aux indigènes, excusez-moi de vous l'avoir faite en ce style, pour faire diversion à la nature des souvenirs que me laissa cette affaire, et qui sont, en comme, très désagréables.

Agréez, Monsieur le Consul, l'assurance de mon respectueux dévouement.



Arthur Rimbaud





(rapetassé d'un message sur Parfum du 4 août 2015)
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Message par Tristram le Mar 8 Jan - 18:12

Labatut rédigeait en effet ses Mémoires: j'en ramassai trente-quatre volumes, soit trente-quatre calepins, au domicile de sa veuve, et, malgré les imprécations de cette dernière, je les livrai en flammes, ce qui fut, m'expliqua-ton, un grand malheur, quelques titres de propriété se trouvant intercalés parmi ces confessions qui, parcourues à la légère, m'avaient parues indignes d'un examen sérieux.
Cet aspect mercanti opiniâtre de Rimbaud sur le tard m'a toujours dérangé ; cela n'enlève rien à l'oeuvre, mais à l'homme...

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Message par bix_229 le Mar 8 Jan - 18:34

Heureusement, l'essentiel de l'oeuvre a été écrit alors que Rimbaud était encore
très jeune.
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Message par Aventin le Mar 8 Jan - 18:36

@Tristram a écrit:
Labatut rédigeait en effet ses Mémoires: j'en ramassai trente-quatre volumes, soit trente-quatre calepins, au domicile de sa veuve, et, malgré les imprécations de cette dernière, je les livrai en flammes, ce qui fut, m'expliqua-ton, un grand malheur, quelques titres de propriété se trouvant intercalés parmi ces confessions qui, parcourues à la légère, m'avaient parues indignes d'un examen sérieux.
Cet aspect mercanti opiniâtre de Rimbaud sur le tard m'a toujours dérangé ; cela n'enlève rien à l'oeuvre, mais à l'homme...
Ce n'est pas sur le tard, il a toujours été comme ça, des pans entiers de son œuvre ont été brûlés de sa main (la fameuse "main à la plume qui vaut celle à la charrue", pour prendre une citation de Rimbaud qui circule encore beaucoup ?).

Je fais partie de ceux qui considèrent que, sans Verlaine, entre extrêmement peu et rien ne nous serait parvenu (nonobstant, il est le poète francophone le plus lu et le plus traduit de par le monde, et ce depuis un bon trois quart de siècle).

Je crois justement qu'il est tout juste le contraire d'un mercanti, s'agissant de son activité post-littéraire:
Mais nous avons tout un fil tout neuf et beaucoup de temps pour y revenir !


Dernière édition par Aventin le Mar 8 Jan - 18:41, édité 1 fois
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Message par ArenSor le Mar 8 Jan - 18:40

Récemment France-Culture a diffusé une série d'émissions consacrées à la relation Rimbaud - Verlaine. J'ai écouté le premier épisode qui était sous-titré : "comment un hareng a changé l'histoire de la littérature".
C'était très intéressant Very Happy
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Message par Aventin le Mer 9 Jan - 16:03

Lettres de Rimbaud post-activité littéraire, suite, celle-ci aussi (dite du Saint-Gothard) m'a faite rêver bien des fois, je suis même allé tâter du parcours "en conditions" au tout début de l'année 1991...

Et puis...par exemple:
"rien que du blanc à songer, à toucher, à voir ou ne pas voir..."
Hum, mettons que ses biographes aient raison lorsqu'ils affirment qu'il n'a plus jamais écrit une phrase ayant une vocation littéraire, mais...
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Message par Tristram le Mer 9 Jan - 16:20

Tu as raison Aventin, cette correspondance que je ne connais guère est plus intéressante que je ne le pensais.

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Message par Aventin le Dim 13 Jan - 7:01

Une lettre absolument primordiale d'Arthur Rimbaud est celle qu'il adresse (à 16 ans !) au poète Paul Demeny.

C'est la lettre dite "du voyant", qui contient trois poèmes majeurs, mondialement connus on peut l'écrire, et qui ne seraient jamais parvenus jusqu'à nous si Demeny n'avait pas conservé ce courrier.

Courrier ?
Plutôt manifeste, brûlot dans lequel Rimbaud dézingue la poésie à la française (messieurs Musset et Hugo et quelques autres grands noms à profils de médailles,  - Racine, Voltaire, J. de La Fontaine, etc...- en prennent-ils assez pour leur grade ?) et jette les bases de sa conception de l'art poétique:








NB: les "cent hexamètres" des Amants de Paris et les "deux cents hexamètres" de Mort de Paris manquent bien sûr à la postérité, en dépit de l'ardeur certaine des paléo-rimbaldistes (cramés, jetés, piétinés, servis de torche-cul ?), faute à la dépense de 60 c. de port, due à ce que l'auteur n'avait pas tenu, depuis sept mois "un seul rond de bronze"...
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Message par Tristram le Dim 13 Jan - 8:47

Celle-là est bien connue, à grand raison !
"Car Je est un autre.", "Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens.", "Donc le poète est vraiment voleur de feu."

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Message par Arturo le Dim 13 Jan - 9:26

Ce que je trouve finalement assez drôle, c'est que Rimbaud s'en est pris avec brio au conformisme du Parnasse, mais en fait les poètes Parnassiens ont eux aussi été l'avant-garde auparavant. On devient vite le conformiste d'un autre en Art. Ainsi va l'Histoire.
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Message par Aventin le Dim 13 Jan - 9:38

@Arturo a écrit:Ce que je trouve finalement assez drôle, c'est que Rimbaud s'en est pris avec brio au conformisme du Parnasse, mais en fait les poètes Parnassiens ont eux aussi été l'avant-garde auparavant. On devient vite le conformiste d'un autre en Art. Ainsi va l'Histoire.
Je ne le comprends pas ainsi, au contraire il trouve les seconds romantiques - le Parnasse donc, les auteurs sont cités, c'est sans équivoque - très voyants, manière de les épargner, avec mention spéciale à Albert Mérat (bien oublié de nos jours) et Verlaine - même si le but de la manœuvre est bien sûr de mettre en relief, de faire valoir Baudelaire.
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Message par Arturo le Dim 13 Jan - 9:50

Non mais je ne parle pas de cette lettre spécifiquement, mais de tout ce qui va suivre. Tu ne vas pas me dire que Rimbaud, avec Verlaine, n'ont pas fait passer les poètes dits Parnassiens pour obsolètes ?
Ce que je voulais pointer, c'est que Rimbaud est une telle figure qu'il a cristallisé les choses. Quand on évoque le Parnasse, on songe à poésie conformiste il me semble ; alors qu'au départ ils ont été clivants, donc oui parmi eux les "seconds romantiques".
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