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Enrique Vila-Matas, Perdre des théories

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    Jean-Bertrand Pontalis

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    bix_229

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    Jean-Bertrand Pontalis

    Message par bix_229 le Dim 18 Déc - 18:50

    Jean Bertrand Pontalis (1924-2013)


    Jean Bertrand Pontalis vient de mourir à 89 ans. Ses amis, et ils étaient nombreux, l' appelaient familièrment JB. C' était un homme affable, chaleureux et discret. Mais c' était aussi un homme actif. Il était psychanaliste et avait écrit un manuel qui fut longtemps une référence sur la psychnalise et qu' on nommait simplement le Laplanche et Pontalis. Il écrivit de nombreux articles dans des revues spécialisées, notamment sur la bisexualité. Il faisait partie du comité de lecture de Gallimard et créa une revue de psychanalyse.

    Il consacra les dernières années de sa vie à des romans souvent autobiographiques. Il parle de son enfance, de son frère et de sa famille, de Sarte qu' il eut comme professeur. Et on découvrit ainsi un écrvain perspicace, subtil, à la mémoire précise et affectueuse.


    Bibliographie

    1965 Après Freud
    1977 Entre le rêve et la douleur
    1980 Loin
    1986 L'Amour des commencements
    1988 Perdre de vue
    1990 La Force d'attraction
    1996 Un homme disparaît
    1997 Ce temps qui ne passe pas, suivi de Le Compartiment de chemin de fer
    1998 L’Enfant des Limbes
    2000 Fenêtres
    2002 En marge des jours
    2003 Traversée des ombres
    2004 Le Dormeur éveillé
    2006 Frère du précédent
    2007 Passé présent, avec Jacques André - Françoise Coblence et Jeffrey Mehlman
    2007 Elles, Gallimard
    2009 Le Songe de Monomotapa
    2010 En marge des nuits
    2011 Un jour, le crime
    2012 Avant
    2012 Le Laboratoire central
    2012 Freud avec les écrivains, avec Edmundo Gómez Mango

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    Dernière édition par bix_229 le Dim 18 Déc - 18:54, édité 1 fois
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    bix_229

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    Re: Jean-Bertrand Pontalis

    Message par bix_229 le Dim 18 Déc - 18:51

    ...JB Pontalis a eu beau se dévoiler dans tous ses livres, mosaïques d' impressions, de souvenirs, de réflexions sur son monde intérieur et extérieur, il est resté enveloppé dans une brume opaque, que sa tabagie maintint jusqu' au bout dans son bureau d' éditeur chez Gallimard où il aimait se nicher :

    "La cigarette a cette vertu, comme le sein maternel, d'être à la fois un excitant et un calmant."

    Tenter d' évoquer son souvenir, de retracer son activité multiforme, qu' il qualifiait d' insomnie du jour", c' est se mettre à la place du héros de son roman Un homme disparait, qui aperçoit à la terrasse du Café de l' Oubli, un inconnu dont il se sent mystérieusment proche....

    "Je ne raconterai pas une vie. Je n' ai aucune idée de ce que peut etre une vie, la mienne ou de qui que ce soit. Ce seront des fragments, ce ne pourra etre que cela. Ici et là, des blancs. Des lacunes. Des ruptures. Et entre lui et moi, des passages."

    Entre JB Pontalis et ses lecteurs, les passages sont des paragraphes lumineux, des bribes de phrases essentielles... Au fil d' aphorismes nés de ses reves ou de ses lectures, de ses rencontres ou de ses consultations, il y couche une oeuvre au dessein noble et impalpable.

    "Ecrire à partir de ce qui ne se dit pas. Peindre ce que l' oeil ne saurait observer. Rendre perceptible l' air qui nous permet de respirer, de vivre, nous qui, par bonheur, sommes nés inachevés."

    En cure psychanalytique, JB laissait entrer ses mots dans les grilles vides préparées par le patient :

    "Progressivement, je perçois comme une évidence que sa parole comme la mienne ne sont porteuses de rien, ne portent vers rien, qu' il n' y a dautres présence en lui, en moi que celle de l' absence."

    Cette absence devenue sienne, JB la comble avec des livres qu' il disait tous semblables, forant les peurs humaines à petits pas. Sa plus grande terreur était la mort. Au point de demander d' emblée à son interviewer de ne pas l' interroger sur le sujet. Tout en confessant s' etre fait le serment de ne plus jamais fréquenter les cimetières :

    "Par peur de rejoindre les morts, et par impossibilités de les quitter. Un deuil doit accompagner le mort comme si l'on était mort soi-meme."

    Extraits de l'article de Marine Landrot, Télérama, n° 3 289, 23/01/13

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