Chenjerai Hove

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Chenjerai Hove

Message par Bédoulène le Sam 31 Déc - 19:12

Chenjerai Hove

(1956-2015)



Chenjerai Hove (né le 9 février 1956 à Zvishavane (Zimbabwe) et mort le 12 juillet 2015 à Stavanger (Norvège)) est un écrivain africain du Zimbabwe.

Né en Rhodésie du Sud britannique en 1956, poète, romancier et essayiste, Chenjerai Hove a suivi des études universitaires en Afrique du Sud et au Zimbabwe. Il a travaillé comme enseignant et journaliste.

Hove a été en 1984 le président fondateur de l’Union des écrivains du Zimbabwe (Zimbabwe Writers Union). Il a fait partie du premier bureau de l’association des droits de l’Homme du Zimbabwe en 1990 (Zimrights).

Ayant pris position contre la politique du président Robert Mugabe, il s’est exilé aux États-Unis et a rejoint en 2007 l’Université Brown, à Providence dans l’État de Rhode Island.

L’œuvre littéraire
Chenjerai Hove fait partie d’un groupe d’auteurs africains, comprenant Wilson Katiyo, Charles Mungoshi et Yvonne Vera, qui utilise la tradition orale des campagnes shona pour véhiculer un message de résistance à la domination blanche sur l’ancienne Rhodésie2.

Décès
Il meurt d'une insuffisance hépato-cellulaire le 12 juillet 2015 en Norvège.
(wikipedia)


Traductions françaises

Ossuaire
Ombres
Ancêtres

Livre pour enfants
Les clefs de Ramb


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Ombres

L'auteur nous conte l'histoire d'une famille vivant en Rhodésie (durant la colonisation) dans la région de Gutu et que les "blancs" ont enjoint de rejoindre la région de Gotami en leur faisant miroiter une meilleure vie dans une ferme qui leur appartiendrait. Ils comprirent qu'ils avaient été bernés, cette région peuplée de bêtes sauvages, de moustiques n'était pas une terre vierge, un autre peuple, celui de Gotami, vivait ici et avait été repoussé plus loin avant l'arrivée des "nouveaux".

La famille s'installa donc, le père, la mère, les enfants et durent travailler dur pour subvenir à leur besoins. L'une des filles Johana gardait les animaux, elle tomba amoureuse du fils d'un voisin, il promis de l'épouser quand elle serait en âge, mais il ne revint jamais la demander et elle attendit des années. Un jeune garçon, Marko, arrivé lui aussi d'une autre région aimait Johana, mais il était trop jeune pour elle. Ils étaient donc tous les deux en attente jusqu'au jour où

"Ce soir là la jupe longue de Johana en montra plus qu'il n'était permis d'habitude à la jeune fille. Le vent aux yeux fureteurs vint soulever son jupon. Les yeux de Marko suivirent ceux du vent, et avec le vent il regarda. Johana elle aussi avait profité de la pénombre du couchant pour jeter un coup d'oeil. Elle vit le garçon et il la vit. Ils se virent sans prononcer un mot, sans éprouver le besoin de le dire. Seul le malaise en leur coeur leur disait qu'ils étaient passés en d'étranges contrées dont personne jamais ne revenait vivant."

et cet amour porta fruit.

Le père de Johana dans sa colère tenta de tuer Marko, qui le considérait comme un père et lui comme un fils. Le jeune homme s'enfuit se pendre à un arbre et Johana de son côté choisit la mort dans le poison.
Le père de Johana fut anéanti ; en apprenant que des guerriers dansaient sa mort il s'enfuit à la ville.
Des bandes de jeunes se formèrent pour combattre les Blancs et ils tuaient ceux qu'ils considérer comme "traitres" ; les fils du père de Johana moururent dans cette guerre.

Après avoir été arrêté errant dans la ville, le père de Johana fut emmené à la ferme ligoté dans le véhicule de police pour reconnaissance, après quelque temps, relâché il revint à la ferme auprès de sa première femme, la mère de Johana, mais une autre guerre, entre gens de même couleur, ravageait le pays et des rebelles virent en lui un traitre et le tuèrent dans les bois où son corps ne fut retrouvé que longtemps après.

Ce livre est d'une écriture poétique, les mots sont comme des images, des dessins, pour traduire ces vies de labeur, ce respect des ancêtres qui ont fait loi des traditions.

L'amour, la peur, la mort sont exprimées par des chants et des danses ; ainsi que la guerre.

C'est une très belle lecture que ce petit livre.

Extraits

"Les mots sont ainsi, ils coupent plus profondément que des lames de rasoir. Des lames c'est mieux elles coupent là où c'est visible. Mais avec les mots c'est différent : ils coupent là où on ne voit pas."

Le peuple de Gotami parlaient déjà écologie :

"Ceux de Gotami refusèrent au père de Johana le droit d'asperger de poisons les champs. Ce serait détruire la terre de leurs ancêtres. Les petits insectes faisaient partie de la terre de leurs pères. Des mains négligentes n'avaient pas à les tuer. Ils devaient être libres de voler au gré du vent. Si les nouveaux venus empoisonnaient l'air et le sol, ils susciteraient la colère des ancêtres, les mirent en garde ceux de Gotami."

"Mais que dirait Johana, avec ses mots à elle, sortis de sa bouche, après avoir écouté ceshistores ? Dirait-elle que chez elle c'était la maison de la mort, celle où la mort avait son nid, où elle attendait patiemment l'heure de frapper à la porte et de lâcher un déluge de mort ? Que dirait-elle cette femme qui vivait murée dans son silence et craignait de répondre aux mots cruels des autres ?"

"Debout devant son père, elle ne lui dirait pas les flots de joie qui les avaient submergés, elle et lui, le corps étincelant éclaboussé de gouttes d'eau, les cheveux en bataille saupoudrés de sable. Comment pourrait-t-elle raconter l'histoire que seuls connaissaient ce garçon et cette femme ? Et la douleur aussi : elle ne pourait, debout devant ses parents, leur raconter le sang qui avait jailli d'eux, d'elle et de lui, ces gouttelettes de sang parties se perdre dans le sable, et elle avait regardé, sans essuyer ni de son doigt ni de sa robe usée. Non, elle ne leur raconterait rien. Elle affronterait seule avec lui la colère des ancêtres de la contrée. Et cette colère du pays, il l'affronterait seul avec elle."





mots-clés : #colonisation #traditions

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