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Guillaume Zeller

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Message par Bédoulène le Mar 1 Déc - 17:17

Guillaume Zeller

Né en 1976

Guillaume Zeller Avt_gu11

Guillaume Zeller, né le 7 octobre 1976 à Paris, est un journaliste français.

Entre septembre 2015 et août 2016, il est directeur de la rédaction d'I-Télé.

Il est un petit-fils du général André Zeller, l'un des quatre généraux impliqués dans le putsch des généraux.

Il est diplômé de Sciences Po (1998) et titulaire d'un DEA d'histoire contemporaine (1999).

Guillaume Zeller a été chargé d'enquêtes au service historique de l'Armée de Terre française. Il a publié trois ouvrages historiques, le premier consacré au massacre du 5 juillet 1962 à Oran présenté par l'historien Guy Pervillé comme « une bonne initiation à ces questions très complexes », le second La baraque des prêtres, Dachau, 1938-1945 portant sur l'histoire des prêtres et moines catholiques déportés à Dachau, le troisième Les cages de la Kempetaï relatant le Coup de force japonais de 1945 en Indochine.

Successivement directeur de la rédaction de la chaîne D8 puis rédacteur en chef du site Direct Matin, il est nommé directeur de la rédaction d'I-Télé le 3 septembre 2015 par Vincent Bolloré, en remplacement de Céline Pigalle et aux côtés de Philippe Labro qui sera son conseiller. Il quitte I-Télé le 24 août 2016.

Positionnement politique
Guillaume Zeller est proche des milieux catholiques conservateurs. Il est régulièrement l'invité de Radio Courtoisie et a présenté sur D8 des critiques littéraires dans l'émission catholique Dieu merci !. Il a aussi publié sur le site de « réinformation » de Robert Ménard et Dominique Jamet, Boulevard Voltaire, où il a notamment expliqué qu'après son combat contre l’occupant allemand et son rôle dans la création du 11e choc, le général Paul Aussaresses « aurait pu être un héros national » comme Hélie Denoix de Saint-Marc. Invité à contextualiser ses méthodes brutales de contre-insurrection pendant la guerre d'Algérie, il y répond en évoquant « la cruauté des méthodes adverses » et « la démission du pouvoir républicain qui a confié à l’armée des tâches policières étrangères à sa vocation »

Source : wikipedia

Bibliographie :

Oran, 5 juillet 1962 : un massacre oublié (préf. Philippe Labro) Tallandier, mars 2012
Un prêtre à la guerre : le témoignage d'un aumônier parachutiste, avec Christian Venard, Tallandier, novembre 2013
La baraque des prêtres : Dachau, 1938-1945,  Tallandier, janvier 2015
Les cages de la Kempeitaï : Les Français sous la terreur japonaise Indochine, mars-août 1945 Tallandier, janvier 2019,

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Message par Bédoulène le Mar 1 Déc - 17:33

Tout d'abord, je ne connaissais pas du tout l'homme ni l'écrivain (oui je sais faut parfois regarder sur wiki)

C'est le titre du livre qui m'a interpellée, donc voilà la lecture est faite (au 3/4)

Guillaume Zeller 511nbr10

La baraque des prêtres à Dachau 1938-1945

L’extrait qui suit suffit à la compréhension du livre  :

« Qui sait pourtant qu’à Dachau deux à trois baraques sur trente sont occupées en permanence par des ecclésiastiques de 1940 à 1945 ? Élites polonaises, opposants politiques allemands, autrichiens, ou tchécoslovaques, résistants belges, hollandais, français, luxembourgeois, italiens… De toutes nations et de tous âges, des prêtres sont regroupés derrière les barbelés de Dachau en application d’un accord arraché par la diplomatie vaticane au Reich. Durant huit années, les tragédies et les gestes magnifiques ponctuent l’itinéraire du clergé de Dachau, de l’effrayante marche forcée de la « semaine sainte » de 1942 à l’héroïque enfermement volontaire des prêtres dans les baraques des typhiques mourants, en passant par la bouleversante ordination clandestine d’un jeune diacre allemand tuberculeux par un évêque français, plutôt maréchaliste, honoré depuis comme « Juste parmi les Nations » au mémorial de Yad Vashem, en Israël. Jamais, au cours de l’histoire, même aux pires heures de la Terreur française ou de la persécution communiste, autant de prêtres, de religieux et de séminaristes ont été assassinés dans un espace aussi restreint : 1 034 y ont laissé la vie »


C’est la première partie que j’ai préféré car les actions sont précisées, le caractère des uns et des autres.

Mars 1933 Himmler annonce l’ouverture du camp de Dachau où seront concentrés les fonctionnaires communistes et marxistes, après les politiques arrivent au camp les Témoins de Jehova, les homosexuels et les « parasites » et « asociaux », puis les criminels. Les prisonniers doivent porter un triangle de couleur selon leur statut. La « nuit de cristal » amène 10 000 juifs au camp.

Les prêtres n’arriveront qu’à partir de 1938 (plus tard les allemands).
Mgr Innitzer qui avait « reconnu avec joie le mouvement national-socialiste » revient sur ses propos après les reproches du Pape : « Il n’y a qu’un seul Führer Jesus-Christ.

Les prêtres prisonniers dans d’autres camps seront rassemblés à Dachau.  Beaucoup de nationalités sont représentées, les allemands, autrichiens, français, Tchèques, italiens, serbes, croates, quelques belges et luxembourgeois et le plus gros contingent est celui des prêtres polonais (lesquels sont qualifiés de « sous-hommes » au même titre que les juifs et les tziganes)

Les polonais sont déjà marqués par la répression soviétique – massacre de Katyn et l’état nazi veut faire disparaître chez eux le catholicisme base de leur culture.

Le clergé étant une des élites devient une cible prioritaire des gardiens comme des laïcs. Malgré tout au fil du temps se créent des soutiens, des partages.

Il y a une chapelle à Dachau qui sera ornée selon les dons et certains objets fabriqués dans le camp. Les messes ne seront qu’autorisées pendant un certain temps au gré des différents « maîtres ». Malgré les interdits, certains prêtres parviennent à offrir la communion aux prêtres qui n’ont pas accès à l’église et aux laïcs qui le souhaitent.
Toutes exactions sont commises par les SS et le régime nazi à l’intérieur des camps comme à l’extérieur sur les églises, les religieux , tous les prétextes sont bons pour nuire à l’église catholique.

« Dans son église le Père Kammerer s’était illustré en apposant une étoile jaune sur les statues de l’enfant Jésus, de Marie et de Joseph de la crèche de Noël. (envoyé au camp)»

Les interventions de certains évêques, dont Mgr Von Galen, avaient permis l’abandon du plan Aktion T4 (euthanasie des jugés inutiles) un nouveau plan verra le jour au camp, ceux qui seront envoyés dans le convoi des invalides.

L’intervention du Pape permis aux prêtres d’avoir des conditions « allégées » un certain temps, mais en fait étant donné leur niveau d’instruction ils étaient le plus souvent affectés à des tâches administratives, mais certains étaient dans les kommandos, et comme les laïcs souffraient de la faim, du froid, des punitions – souvent pour maladresse-.

« Intégrer sans tarder les règles du KZ, maîtriser en allemand la base du vocabulaire concentrationnaire, identifier dans les meilleurs délais des camarades de confiance, découvrir les nombreuses « combines » qui régissent la vie quotidienne, sont autant de conditions dont la satisfaction ou non peut avoir des conséquences vitales. Une affectation à un block ou à un kommando de travail particulier peut être synonyme de quelques mois de survie supplémentaires ou d’une mort accélérée »

Existe aussi une bibliothèque à Dachau, bien utilisée par les prêtres ; certains dessinent et leurs travaux feront témoignage.

Au fur et à mesure de l’avancée de la guerre, des défaites du III Reich les conditions dans les camps évoluent, en restrictions, la faim, l’épuisement conditions propices aux épidémies. Le typhus emporte les hommes.

« Le spectacle des prêtres affamés fait parfois vaciller les gardes. Pris de pitié pour l’un d’entre eux, un jeune SS consent un jour à lui donner le contenu de l’écuelle de son chien »
« Le père Kammerer se souvient ainsi de son indignation lorsqu’il apprend qu’un prêtre allemand jette à la poubelle des parts entières d’un gâteau envoyé par ses proches. De tels épisodes sont rares. Dans la plupart des cas, les ecclésiastiques qui reçoivent des colis partagent leurs ressources avec leur entourage et avec les déportés des autres blocks.


La mort banalisée :

« L’omniprésence de la mort finit par la banaliser aux yeux des prisonniers. « Peut-on s’accoutumer au phénomène de la mort ? Peut-on devenir indifférent ? » s’interroge Kazimierz Majdanski.

     
          La réponse n’admet pas d’incertitudes : « Autrement, on ne pourrait pas vivre. » Le cœur de l’homme doit rester le même en regardant les accumulations de cadavres, en les apercevant partout, et en découvrant à l’improviste leur présence, par exemple dans un angle du Waschraum (le local pour se laver). Et cependant le cœur de l’homme doit se fortifier, ne pas devenir insensible. »


Des volontaires prêtres s’enferment avec les malades : « Vivre comme des vivants pour aider les mourants à mourir comme des vivants », résume le père Sommet, volontaire pour la liste, mais non sélectionné par le chanoine Daguzan »

Suit des

- Réflexions sur l’anti-christianisme du parti nazi, sur la prudence d’Hitler qui parle d’un « christianisme positif » ( ?)
« Derrière ce concept flou de « christianisme positif » se dessine une vision radicale. Il s’agit de débarrasser la religion chrétienne de ses racines juives et de promouvoir une Église germanique pour remplacer l’« Église juive » dévoyée.
          Une forte proximité apparaît entre les derniers mots du point vingt-quatre du programme et certains écrits de Nietzsche. « L’individu a été si bien pris au sérieux, si bien posé comme un absolu par le christianisme, qu’on ne pouvait plus le sacrifier : mais l’espèce ne survit que grâce aux sacrifices humains », note-t-il1. Ce que déplore Nietzsche correspond à l’un des principaux griefs du nazisme à l’encontre du christianisme : la primauté accordée à la personne se place en opposition frontale à une vision qui fait de la race la valeur suprême. Pour René Girard, l’héritage nietzschéen, dans la dimension antichrétienne du nazisme, est incontestable »


- Les expériences médicales

La chapelle lieu de paix pour ceux qui y ont accès ; les prêtres français interviennent alors que les portes sont fermées pour les laïcs .

« Edmond Michelet y est assidu, et lorsqu’il contracte le typhus, son camarade communiste Germain Auboiroux décide de l’y remplacer quotidiennement à titre symbolique et amical. »

Il fallut beaucoup de volonté et d’astuces aux prêtres pour disposer d’hosties ou en fabriquer, obtenir du vin pour l’Eucharistie.

« Les prêtres reçoivent l’assistance de laïcs dans leur tâche de distribution de la communion. »


Les derniers mois d’existence du camp de Dachau la souffrance des détenus atteint son paroxisme.

Je ne commenterai pas les autres chapitres qui traitent de la « vie sacramentelle » ; de la libération, des procès (sujets de nombreux documentaires) ;  des fruits de Dachau (conséquences de l’expérience du camp sur la religion, l’apostolat,  sur les prêtres en tant que religieux et en tant qu’hommes. (comme dirai Shanidar, la jauge est trop haute pour moi)

Sur le respect de la vie et de la personne humaine je relève :

« La quatrième leçon tirée de leur détention par les prêtres de Dachau est la reconnaissance de l’inaliénabilité de la personne humaine. L’engagement des prêtres allemands contre le discours euthanasique du national-socialisme témoigne d’une préoccupation ancienne, antérieure à l’expérience concentrationnaire. Mais le combat de nombreux prêtres européens dans la résistance procède de cette volonté de préserver la dignité humaine en toutes circonstances comme l’indique, par exemple, la tonalité des articles publiés dans les Cahiers de Témoignage Chrétien en France que plusieurs religieux, futurs déportés, ronéotypaient ou distribuaient dans la clandestinité. »
« L’engagement des prêtres déportés en faveur de la paix internationale se concrétise dans le mouvement Pax Christi, fondé en 1945 par l’évêque de Montauban, Mgr Théas, rejoint dès l’origine par des prêtres de Dachau, et par des Allemands en particulier32. Ce mouvement, toujours actif aujourd’hui, continue d’intervenir dans les différentes zones de conflit du globe. Outre la défense de la paix et des populations menacées par les conflits, la défense des droits et de la dignité de l’homme trouve des avocats chez les anciens de Dachau. Certains sont actifs dans des mouvements internationaux d’envergure comme Amnesty International et l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT) »


C’était intéressant bien sûr de connaître le sort des religieux de même que j’avais lu celui des laïcs.
Comme dit l'un des témoins : les prêtres sont des hommes comme les autres.

(peut-être peu de prêtres ont témoigné sur ce camp)

KZ = Konzentrationslager


Dernière édition par Bédoulène le Mer 2 Déc - 9:05, édité 1 fois

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Message par Nadine le Mar 1 Déc - 20:08

Merci bédoulène. Une lecture spécifique et intéressante..
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Message par Tristram le Mar 1 Déc - 20:47

Étonnant, et "nouveau" pour moi. Décidément l'hybris nazie n'avait pas de limite, et semble inépuisable.

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Message par Armor le Mar 1 Déc - 21:50

J'ai beaucoup lu sur les camps, mais rien sur les prêtres en particulier. Je ne connaissais pas ces spécificités de Dachau : les baraques réservées aux prêtres et la chapelle.
Je note, du coup !

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