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La Commune de Paris, 1871

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La Commune de Paris, 1871 Empty La Commune de Paris, 1871

Message par bix_229 Sam 13 Mar - 14:59

La Commune de Paris

La Commune de Paris, 1871 Commun12


"A l'assaut du ciel."
(selon une expression de Karl Marx)


La Commune de Paris

La Commune de Paris est le nom donné au mouvement révolutionnaire et au gouvernement insurrectionnel qui fut mis en place à Paris entre le 18 mars et le 28 mai 1871, après la guerre de 1870-1871 contre les Prussiens.


Chronologie des évènements avant la Commune de Paris
2 septembre 1870 : défaite de Sedan et reddition de l'empereur Napoléon III aux Prussiens.

4 septembre 1870 : proclamation de la IIIe République sur la place de l'Hôtel de Ville, à Paris.

18 septembre 1870 au 28 janvier 1871 : siège de la capitale et résistance des parisiens.

28 janvier 1871 : armistice entre le gouvernement provisoire et le IIe Reich allemand.

8 février 1871 : élection de l'Assemblée nationale, installée à Bordeaux, qui doit voter le traité de paix. Celle-ci est composée de nombreux royalistes et d'une majorité prête à accepter les conditions du chancelier Bismarck. Les républicains radicaux et les socialistes parisiens qui trouvent les conditions humiliantes y sont opposés.

26 février 1871 : signature des préliminaires de paix qui prévoient l'occupation de l'Ouest de Paris par les Prussiens.

1er mars 1871 : défilé des Prussiens dans Paris.

8 mars 1871 : l'Assemblée nationale supprime la solde des gardes nationaux ainsi que le moratoire sur les loyers et les dettes.
Ces derniers événements exaspèrent les Parisiens. La Garde nationale s'organise en une Fédération des bataillons avec pour mot d'ordre l'instauration de la République. Elle reçoit le soutien du Comité central des vingt arrondissements de Paris. L'Assemblée nationale, qui craint une rébellion, s'installe à Versailles.

La Commune de Paris
Le 18 mars 1871, le chef du gouvernement provisoire, Adolphe Thiers, fait arrêter Auguste Blanqui et envoie des troupes pour désarmer la Garde nationale. Celles-ci fraternisent avec la foule et la Garde nationale. Adolphe Thiers quitte Paris pour Versailles et exige le désarmement de la Garde nationale avant toute négociation.

Les insurgés élisent, le 26 mars 1871, un conseil communal de 90 membres qui prend le nom de Commune de Paris et se présente comme un contre-gouvernement rival de celui des "Versaillais". Le mouvement s'étend à quelques grandes villes de Province (Lyon, Marseille, Narbonne, Toulouse, Saint-Étienne, Grenoble) mais il y est vite réprimé.

Les divergences idéologiques entre les insurgés apparaissent rapidement. Les néo-jacobins (Louis Delescluze) veulent que Paris prenne en main le gouvernement de la France. Les blanquistes (Ferré, Rigault) sont partisans d'une dictature "montagnarde". Les révolutionnaires radicaux (Clément) souhaitent une autonomie de Paris et une république démocratique et sociale. Les socialistes anti-étatiques partisans de Pierre Joseph Proudhon, soutenus par l'Association internationale des travailleurs (AIT) sont minoritaires. Il y a aussi des indépendants comme Jules Vallès et Gustave Courbet.

Malgré la lutte contre les troupes régulières des "Versaillais", les discussions et les querelles internes, la Commune décide d'importantes mesures sociales :
liberté d'association pour les ouvrier,
séparation de l'Église et de l'État,
transformation en sociétés ouvrières des entreprises abandonnées par leurs propriétaires.
Cependant la plupart de ces mesures ne peuvent être appliquées avant la fin de la Commune.

Dès le 2 avril, les 20 à 30000 combattants de la Commune doivent affronter les attaques et les bombardements par les troupes régulières de Mac-Mahon. La dégradation de la situation amène le blanquiste Raoul Rigault, délégué à l'Intérieur, à faire rechercher et arrêter certains opposants à la Commune de Paris.


L'écrasement de la Commune : la "semaine sanglante"
Lors de la "semaine sanglante", 21 au 28 mai 1871, le mouvement insurrectionnel est écrasé, après des combats acharnés sur des centaines de barricades. Une partie de Paris est incendiée. La dernière poche de résistance est anéantie au cimetière du Père-Lachaise où plus de 400 combattants sont fusillés contre un mur d'enceinte qui devient le mur des Fédérés (nom donné aux partisans de la Commune de Paris).
Le nombre de fédérés tués durant les combats, massacrés ou exécutés est estimé entre 20000 et 30000, contre 880 Versaillais et 484 exécutés par la Commune.

Sur plus de 38 000 insurgés jugés en conseil de guerre, 7 500 sont déportés en Algérie et en Nouvelle-Calédonie, comme Louise Michel. Les survivants sont amnistiés en 1880. Le paradoxe de cette répression a été de renforcer l'implantation en France de la République qui a montré qu'elle était capable de venir à bout des désordres populaires.

Karl Marx considérait la Commune de Paris comme vouée à l'échec, car tiraillée entre trop de tendances. Mais par la suite, il en fait le symbole de la dictature du prolétariat. La Commune de Paris a eu un grand retentissement international. Elle est devenue un véritable mythe unificateur au sein du mouvement ouvrier.

La Toupie


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Message par bix_229 Sam 13 Mar - 15:21


La Commune de Paris, 1871 Commun11

La Comune de Paris, 1871 fut un évènement considérable.
Née d'une guerre et de l'incurie du gouvernement, elle rassembla et mobilisa spontanément une partie
du peuple parisien.
Meme si elle fut écrasée rapidement par l'armée et par Thiers, elle mit en valeur la force
créatrice d'une révolte populaire dans laquelle se révèlèrent
des femmes et des hommes dont la valeur n'aurait pu se manfester autrement.

Elle demeure bien plus qu'un souvenir au delà d'une défaite et d'une répréssion sanglante,
unn épisode révolutionnaire sans précédent.
Les novelles générations d'historiens et d'artistes se passionnent  pour l'évènement et
trouvent de nouveaux arguments pour s'y interesser et y trouver une nouvelle actualité.

"Dans une économie ravagée par la crise, le monde des communards nous est bien plus procbe
que celui de nos parents"  écrit l'historienne Kristin Ross.

Bibliographie  récente

- La Commune n'est pas morte : Eric Fournier. - Libertalia

-  Commune(s) 1870-71. Une traversée des mondes au XIXe siècle : Quentin
Deluermoz. - Seuil

- Programme sur https://faisonsvivrelacommune.org/

- Programme sur nouslacommune.fr
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Message par bix_229 Sam 13 Mar - 16:24

Les Femmes dans la Commune de Paris

"Si la Nation Française ne se composait que de femmes, quelle terrible Nation ce serait ! "
Le correspondant du Times en avril 1871
Femmes de la Commune

"Le jeudi 25 mai 1871 alors que les gardes nationaux abandonnaient la barricade de la rue du Château-d’eau, un bataillon de femmes vint en courant les remplacer.

Ces femmes, armées de fusils, se battirent admirablement au cri de : "Vive la Commune !". Nombreuses dans leurs rangs, étaient des jeunes filles. L’une d’elles, âgée de dix-neuf ans, habillée en fusilier-marin, se battit comme un démon et fut tuée d’une balle en plein front. Lorsqu’elles furent cernées et désarmées par les versaillais, les cinquantes-deux survivantes furent fusillées."

     "L’attitude des femmes pendant la Commune faisait l’admiration des étrangers et exaspérait la férocité des Versaillais" raconte Lissagaray dans son Histoire de la Commune de 1871. Les deux commentaires de presse suivant, illustrent parfaitement cet avis.

barricadesfemmescoul 2

"En voyant passer les convois de femmes insurgées, on se sent, malgré soi, pris d’une sorte de pitié. Qu’on se rassure en pensant que toutes les maisons de tolérance de la capiltale ont été ouvertes par les gardes nationaux qui les protégeaient et que la plupart de ces dames étaient des locataires de ces établissements" Le Figaro

"J’ai vu une jeune fille habillée en garde national marcher la tête haute parmi des prisonniers qui avaient les yeux baissés. Cette femme, grande, ses long cheveux blonds flottant sur ses épaules, défiait tout le monde du regard. La foule l’accablait de ses outrages, elle ne sourcillait pas et faisait rougir les hommes par son stoïcisme." The Times 29 mai 187

Le comité de vigilance des citoyennes

Le comité de vigilance des citoyennes du 18e, présidé par une couturière, Sophie Doctrinal, se distingua par sa grande activité. Le comité avait été créé par Clémenceau après le 4 septembre 1870. Parmi les adhérents de ce comité, il y avait Louise Michel et une russe, femme de Victor Jaclard, membre de l’internationale, colonel de la 17e légion fédérée, Anna Jaclard née Korvine Krouskovskaïa à Saint-Pétersbourg, se trouvait à Paris avec sa sœur Sonia qui devint une éminente mathématicienne, et qui, pendant la commune, travailla dans les hôpitaux parisiens.

A Louise
_ J’aimerais toujours
Le temps des cerises
C’est de ce temps là
que je garde au coeur
Une plaie ouverte

Et dame fortune
en m’étant offerte
Ne pourra jamais
calmer ma douleur

"Le temps des cerises", Jean-Baptiste Clément

Le dernier couplet de la chanson de Jean-Baptiste Clément est dédiée à Louise, une femme qui avait défendu à ses côtés les barricades de la rue des Trois-bornes et dont il n’avait retenu que le prénom.

Louise Michel fut condamnée à la déportation en Nouvelle-Calédonie. Elle revint à Paris après l’amnistie, le 9 novembre 1880.
Après une vie de militante, elle mourut à Marseille le 10 janvier 1905, elle repose au cimetière de Levallois.

Les Amies et les Amis de la Commune de Paris

commune1871.org

Les femmes jouèrent un rôle très important dans la Commune, en dehors de Louise  Michel que tout le monde connait. B
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Message par ArenSor Ven 19 Mar - 22:04

vu "Les Damnés de la Commune" sur Arte, d'après les mémoires de Victorine Brocher. Peut-être un poil trop appuyé à mon goût, surtout sur la fin, mais ce n'est pas mal du tout. Le graphisme est intéressant.
https://www.arte.tv/fr/videos/094482-000-A/les-damnes-de-la-commune/
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Message par Caramel Dim 21 Mar - 16:42

Louise Michel vierge rouge de la Commune

https://www.herodote.net/La_Vierge_rouge_de_la_Commune-synthese-2387.php

Louise Michel (1830 - 1905)
La « Vierge rouge » de la Commune
Louise Michel (29 mai 1830, Vroncourt-la-Côte, Haute-Marne ; 9 janvier 1905, Marseille) à la tribune, 1882, Louis Tinayre, Paris, musée Carnavalet.Fille illégitime d'un notable et d'une servante, Louise Michel reçoit dans la famille de ses grands-parents paternels une éducation affectueuse et soignée. Après avoir obtenu un brevet d'institutrice, elle s'installe à Paris en 1856 pour y exercer ce métier. Mais elle se consacre également à la poésie, et, bientôt, à la politique, au sein du mouvement blanquiste.

C'est durant la Commune de Paris que se révèle son dévouement à la cause révolutionnaire. Quand, le 18 mars 1871, sur ordre d'Adolphe Thiers, des soldats se disposent à aller récupérer les canons de la butte Montmartre, c'est elle qui, au pied de la butte, alarmée par les mouvements de troupes, alerte les femmes du quartier.

Ensemble, elles rattrapent les soldats sur la butte et leur font face. Quand les officiers donnent l'ordre d'ouvrir le feu, les soldats préfèrent mettre la crosse en l'air. C'est le début de l'insurrection.

La « Vierge rouge » déploie alors une activité inlassable, forte de son énergie et de son charisme : propagandiste, animatrice d'un club politique, ambulancière, elle participe également à la plupart des combats contre les troupes de Versailles.

Arrêtée le 24 mai 1871, au terme de la Semaine Sanglante, elle est en 1873 condamnée à la déportation en Nouvelle-Calédonie. Elle embarque le 8 août 1873 pour un voyage de cinq mois à bord de la Virginie, en même temps que le libelliste Henri Rochefort avec qui elle échange des poésies.

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Message par Caramel Dim 21 Mar - 16:45

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Message par bix_229 Dim 21 Mar - 18:00

Merci, Caramel ! Louise Michel n'était pas une icone, mais elle sut inspirer les respect et l'admiration
par son dévouement sans limites, son courage, son émulation.
La Commune fit ainsi surgir des personnes admirables qui se révélèrent brièvement, mais laissèrent
des traces durables dans les mémoires.
En démontrant aussi que les vaincus, les perdants de l'Histoire, ont malgré tout, une survie, une trace exemplaire durable.


Dernière édition par bix_229 le Lun 22 Mar - 15:27, édité 1 fois
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Message par bix_229 Lun 22 Mar - 15:25

La laicité, au coeur des idées et des pratiques de la Commune de Paris.

"La séparation de l’ Église et de l’ État est adoptée à l’unanimité par la Commune. Le décret du 2 avril 1871, préparé par la commission exécutive, proclame que la « liberté de conscience est la première des libertés ». La laïcité c’est la liberté, mais aussi l’ Égalite. Cette séparation, qui supprime le budget des cultes, permet une mise en œuvre progressive de la laïcisation. La Commune laïcise les services de l’assistance publique et les hôpitaux, mais l’impact est particulièrement grand sur l’école.

Pendant la Commune la lutte pour la laïcité s’applique concrètement à l’école. Les arrondissements prennent de nombreuses initiatives, mais c’est Édouard Vaillant, président de la Commission de l’Instruction publique, qui en demande la systématisation. Ainsi, la Commune dressa une liste des établissements scolaires tenus encore par des congréganistes afin de les forcer à remplacer les prêtres par des instituteurs et institutrices laïques. À la veille du 18 mars, 27 pour cent des enfants d’âge scolaire de Paris étaient inscrits dans les écoles communales tandis que 33 pour cent fréquentaient les écoles congréganistes. En outre 32 pour cent des enfants n’allaient dans aucune école car ils travaillaient très jeunes.

34Début avril, la Commune reprend le manifeste de la « société de l’éducation nouvelle » qui défend la laïcisation intégrale des écoles publiques et leur démocratisation. Les principes fondamentaux étaient les suivants : « que l’instruction religieuse ou dogmatique soit laissée tout entière à l’initiative et à la direction libre des familles ; qu’on n’emploie exclusivement que la méthode expérimentale ou scientifique ; que l’instruction soit considérée comme un service public de premier ordre ; qu’en conséquence, elle soit gratuite et complète pour tous les enfants des deux sexes ; qu’elle soit obligatoire, en ce sens qu’elle devienne un droit à la portée de tout enfant, quelle que soit sa position sociale, et un devoir pour les parents ou pour la société ». Aussi, le délégué à l’enseignement, Édouard Vaillant, créa une commission chargée d’établir dans tous les arrondissements de Paris le même modèle d’enseignement intégral, de culture générale et de formation manuel, primaire et professionnel, laïque et gratuit, incluant les arts et la culture pour tous, filles et garçons. Il voulait développer la transmission du savoir, base de l’égalité sociale. L’enseignement professionnel ou polytechnique devait pour Vaillant faire suite au tout premier enseignement, de caractère général, où les enfants auraient acquis des notions de mathématiques, de physique, d’histoire, de langues vivantes étrangères, de dessin, de gymnastique. Les écoles de la Commune sont donc attachées à un apprentissage de la vie privée, de la vie professionnelle et de la vie politique et sociale. Elle est également soucieuse d’organiser une école élémentaire dès l’âge de trois ans, avec des crèches laïques pour les plus petits. C’est l’école de la République."

Extrait de Marc Lagana : Un peuple révolutionnaire, la Commune de Paris, Cahiers bruxellois, 2018
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Message par bix_229 Mar 23 Mar - 14:40

Comme Bella Ciao, Le Temps des cerises rappelle un temps d'espoir et de révolte et c'est pour cela que ces chansons restent immortelles.

Noir Désir interprète une chanson  écrite en 1866 par Jean-Baptiste Clément et composée par Antoine Renard en 1868. Cette chanson est fortement associée à la Commune de Paris de 1871, l'auteur étant lui-même un communard ayant combattu pendant la Semaine sanglante. Le Temps des cerises fut dédiée par l'auteur à une infirmière morte lors de la Semaine sanglante, longtemps après la rédaction de la chanson.

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Message par ArenSor Ven 2 Avr - 17:53

@bix_229 a écrit:
Les Femmes dans la Commune de Paris

Ace sujet, j’ai trouvé cet intéressant témoignage d’André Léo (nom de plume de Victoire Léodile Béra ; une personnalité qui mériterait d’être plus connue) dans le journal « La Sociale » daté du 8 mai 1871. L’éditorial est intitulé « La Révolution sans la femme » :
« Une fois de plus, les femmes n’ont rien à gagner à l’avenir immédiat de cette révolution, car le but est maintenant l’émancipation des hommes, non des femmes […] On pourrait d’un certain point de vue écrire depuis 89 sous ce titre une « Histoire des conséquences du parti révolutionnaire ». La question des femmes en ferait le plus gros chapitre, et l’on y verrait comment ce parti trouva moyen de faire passer du côté de l’ennemi la moitié de ses troupes qui ne demandait qu’à marcher avec lui. »
« La mise à l’écart des femmes ou leur mauvaise intégration dans la lutte insurrectionnelle, est pour André Léo l’une des clés principales de son échec inexorable. » (Charlotte Cosset et Gilles Malandain)
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Message par Tristram Sam 3 Avr - 2:28

@ArenSor a écrit:vu "Les Damnés de la Commune" sur Arte, d'après les mémoires de Victorine Brocher. Peut-être un poil trop appuyé à mon goût, surtout sur la fin, mais ce n'est pas mal du tout. Le graphisme est intéressant.
https://www.arte.tv/fr/videos/094482-000-A/les-damnes-de-la-commune/
Vu également. Excellente remise en mémoire ; je regrette simplement de n'avoir pas la patience de me pencher sur des études moins partiales, avec des chiffres... Que sont devenus Ferry, Gambetta, Thiers, pourquoi sont-ils demeurés célèbres...

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
Tristram
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Message par bix_229 Dim 25 Avr - 15:23

Pour commémorer les 150 ans de la Commune de Paris, l’historienne Ludivine Bantigny a fait paraître aux éditons La Découverte "La Commune au présent. Une correspondance par-delà le temps", une singulière composition épistolaire qui s’adresse aux destinataires d’aujourd’hui en faveur de l’émancipation.

Ludivine Bantigny
Maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Rouen-Normandie, Ludivine Bantigny a développé ces dernières années une pensée singulière et engagée sur les mouvements sociaux dans l’histoire.

De sa thèse sur la jeunesse en France dans les années 1950-1960 intitulée « Le plus bel âge ? : jeunes, institutions et pouvoirs en France des années 1950 au début des années 1960 » à La Commune de Paris à laquelle elle fait honneur dans son dernier ouvrage La Commune au présent. Une correspondance par-delà le temps, elle traverse les siècles en quête d’interactions entre les insurrections, les révoltes, les contestations.

C’est pourquoi il n'est pas étonnant de trouver parmi ses recherches et ses prises de parole des articles sur les Gilets Jaunes ou les « casseurs », le principe de désobéissance civile ou encore sur les « expériences sensibles du politique » et la valorisation des femmes dans les études de sciences humaines.

La Commune de Paris, 1871 Bantig11

Une volonté de rendre l'histoire vivante : voilà ce qui caractérise la démarche que prône Ludivine Bantigny en dépit de toute neutralité habituellement exigée.

J'ai été soulagée quand j'ai compris que je ne pouvais pas être neutre.
Le 15 octobre 2020, elle consulte les archives de Paris sur la Commune. Dans une boîte noire, des photographies de fédérés (les soldats de la garde nationale) surgissent d'outre-tombe : des cadavres dont aucun ne semble apaisé, tous capturés par la gravité de la mort. L'historienne est bouleversée par ces images qui posent des questions éthiques et déontologiques :

Est-ce que j'ai le droit de consulter ces photographies, de les voir, de les toucher (...) ? C'est comme si, finalement, j'allais redoubler leur mort
Pourtant, c'est à partir de ces photographies qu'elle insuffle de nouveau l'énergie de la Commune dans ses épîtres, telle une manière formelle de rendre ces femmes et hommes toujours vivants : des spectres sur notre présent.

Barricade Parvis de l’Hôtel de Ville © Pierre-Ambroise Richebourg (avril 1871)
Barricade Parvis de l’Hôtel de Ville © Pierre-Ambroise Richebourg (avril 1871) / The Horace W. Goldsmith Foundation Gift, throught Joyce and Robert Menschel 1998
Des "communeuses" et "communeux" en quête d'une république vraie !
Plus que des "communard•e•s" comme ils•elles l'étaient désigné•e•s par leurs opposant•e•s, les "communeuses" et "communeux" ont soif d'une république vraie.

Louise Michel avait le sentiment d'être hantée par la Commune.
Si Louise Michel incarne bien souvent la figure de la femme communeuse à l'engagement viscéral, Ludivine Bantigny fait entendre les voix d'autres acteur•rice•s de la Commune avec qui elle correspond afin d'honorer leurs actions et prises de position.

Leur écrire, c'était une manière de poser les questions, de leur expliquer ce que les archives pouvaient dire d'elles et d'eux, et de leur dire que des choses au présent nous interrogent.
Il y a Maria Verdure, jeune institutrice de vingt-deux ans qui a déjà créé, non sans peine, une école sous le second empire, et qui défend une véritable éducation pour toutes et tous se basant sur l'émancipation, la confiance et la créativité des enfants (à la différence de l'école faussement égalitaire de Jules Ferry qui reproduit les violences sociales et culturelles).

Il y a Léo Frankel, ce jeune hongrois qui promeut l'internationalisme du mouvement et a été un des élus de la Commune. Ouvrier autodidacte, il contribue à interdire le travail de nuit des boulangers comme ce moment historique réduit à dix heures le temps de travail, supprime les retenues sur salaire et tend vers l'égalité salariale entre hommes et femmes.

Il y a Léon Vafflard, le fossoyeur de Paris qui alerte sur l'indécence des fosses communes et privilégie la dignité jusque dans la mort.

La démocratie vraie, c'est une démocratie au travail qui se pose des questions, qui avance en tâtonnant.
Il y a aussi Hortense Urbain, Victorine Brocher, Amélie Defontaines, et bien d'autres encore...

Foule autour de la colonne Vendôme
Foule autour de la colonne Vendôme / Bruno Braquehais - Paris Musée / Musée Carnavalet
Le chant du rossignol résonne toujours
Avec La Commune au présent. Une correspondance par-delà le temps, Ludivine Bantigny offre aux lectrices et lecteurs des "Échos passés du monde à venir" pour reprendre le titre d'un de ses chapitres.

La Commune de Paris, 1871 Foulea10

L'occupation actuelle du Théâtre de l'Odéon rappelle celle de 1968, deux événements puisant dans l'imaginaire de la Commune. Les Gilets Jaunes ont repris à leur compte la célèbre formule de Victor Hugo : "Police partout, justice nulle part", lequel, sans être communeux, a défendu les intérêts du peuple et s'est indigné en alexandrins :

Qui donc a décrété ce sombre égorgement ? / Si quelque prêtre dit que Dieu le veut, il ment ! (Victor Hugo, Actes et paroles)
Le collectif "Vive la Commune" continue d'entretenir la mémoire de cet événement historique et politique.

C'est ainsi que prend forme et s'écrit une chaîne du temps avec laquelle nous renouons, comme l'a investie la "Commune des Communes de Commercy" pour développer l'idée d'un "communalisme" visant à se ré-approprier les biens et à en prendre soin dans le cadre d'une démocratie directe.

L'utopie d'aujourd'hui est la réalité de demain. (Louise Michel)

Extrait de "Une journée particulière", France Inter, 25/04/21
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