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Samuel Fuller

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Message par animal Dim 29 Jan 2017 - 17:23

Samuel Fuller
(1912 - 1997)


Samuel Fuller Sam-fu10

Samuel Fuller débute en 1924 une carrière dans le journalisme. Il se spécialise à l'âge de dix-sept ans dans les affaires criminelles. Pris par le démon de l'écriture, il rédige plusieurs nouvelles et romans dont beaucoup serviront de base à ses films (il publie son premier roman en 1935). A partir de 1936, il collabore aux scénarii de plusieurs séries B. Pendant la Seconde guerre mondiale, il s'engage dans la Big red one, la Première division d'infanterie de l'armée américaine.

" Un film est un champ de bataille : amour, haine, violence, action, mort, en un mot émotion ", déclame Samuel Fuller dans Pierrot le fou (1965, Jean-Luc Godard). Toute sa carrière est consacrée à la violence, la folie et le chaos, qu'il décrit sans complaisance ni artifice. Adepte de la simplicité, il ne se laisse pas envahir par la technique. Féru de cinéma amateur, il intercale dans ses films des séquences tournées en voyage. Dès son premier long métrage, I shot Jesse James/J'ai tué Jesse James (1949), il se distingue par l'emploi des gros plans et dans le détournement des genres et des mythes. Dans Run of the arrow/le Jugement des flèches (1957), un colonel sudiste rallie le camp des indiens. Dans Forty guns/Quarante tueurs (id.), c'est une femme qui dirige une bande de hors-la-loi. Fuller puise son inspiration dans son expérience personnelle. Ses talents d'écrivain lui permettent de soigner l'écriture des scripts et de s'attarder sur les personnages. Park Row/Violences à Park Row (1952) s'inspire de ses débuts dans le journalisme et met en scène le milieu de la presse des années 1880 ; son troisième long métrage, The steel helmet/J'ai vécu l'enfer de Corée (1950) est son premier film de guerre, tiré de son expérience au front et de son premier contact avec la Mort. Tous ses films traitent de l'avidité, de l'hypocrisie, du racisme et de la guerre, mais ses descriptions crues de la violence lui attirent les foudres de la critique. En 1952, Pick up on South street/le Pont de la drogue, film noir d'espionnage qui met en scène un réseau d'agents communistes à New York, reçoit le Lion de bronze au festival de Venise. Les critiques de gauche assassinent le film, qui ne sera distribué en France qu'en 1961, dans une version où les communistes sont devenus des trafiquants de drogue. C'est à partir de 1955, avec House of bamboo/la Maison de bambou, un thriller aux accents shakespeariens, que le cinéaste accède à la reconnaissance aux Etats-Unis. Shock corridor (1963) constitue l'une de ses oeuvres les plus réussies : la descente aux enfers d'un journaliste enfermé volontairement dans un hôpital psychiatrique pour enquêter sur un meurtre. En 1980 sort en salles un projet autobiographique dont la gestation aura duré trente ans : The Big red one/Au-delà de la gloire. Fuller se base sur son expérience de soldat pendant la Seconde guerre mondiale. Qu'il s'agisse de westerns, de films de guerre ou de polars, les oeuvres de Fuller y traitent ses thèmes favoris. White dog/Dressé pour tuer (1982), adapté du roman de Romain Gary, contient tous les éléments de l'univers fullerien : amour, haine, action et mort. Après Sans espoir de retour (1989), produit en France, le réalisateur met fin à sa carrière et retourne en Amérique.

source : cinéma encyclopédie

Filmographie cinéma (réalisateur) :

1949 : J'ai tué Jesse James (I shot Jesse James)
1950 : Le Baron de l’Arizona (The Baron of Arizona)
1951 : J'ai vécu l'enfer de Corée (The Steel Helmet)
1951 : Baïonnette au canon (Fixed Bayonets)
1952 : Violence à Park Row (Park Row)
1953 : Le Port de la drogue (Pickup on South Street)
1954 : Le Démon des eaux troubles (Hell and High Water)
1955 : La Maison de bambou (House of Bamboo)
1957 : Porte de Chine (China Gate)
1957 : Le Jugement des flèches (Run of the Arrow)
1957 : Quarante tueurs (Forty Guns)
1959 : Ordres secrets aux espions nazis (Verboten)
1959 : The Crimson Kimono
1960 : Les Bas-fonds new-yorkais (Underworld U.S.A.)
1962 : Les maraudeurs attaquent (Merrill's Marauders)
1963 : Shock Corridor
1964 : Police spéciale (The Naked Kiss)
1970 : Caine (Shark!), scénario, réalisateur
1980 : Au-delà de la gloire (The Big Red One),
1982 : Dressé pour tuer (White Dog)
1983 : Les Voleurs de la nuit (Thieves After Dark)
1988 : Sans espoir de retour (Street of No Return)

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Message par animal Dim 29 Jan 2017 - 18:03

Samuel Fuller 18383810

The Big Red One / Au-delà de la gloire (1980)

Afrique du Nord, Sicile, Normandie, Belgique puis l'Allemagne jusqu'à la libération de Falkenau.

Un peu plus de 2h30 en version non charcutée pour cette épopée de l'histoire qui nous emmène à la suite du sergent Possum. Ce vétéran de la première guerre mondiale (glaciale, fantastique et terrible séquence d'introduction en noir et blanc) va emmener de bien jeunes recrues (Mark Hamill inclus) à travers ces années de combats et nous avec.

Lee Marvin à la force et le charisme qui en imposent, capable d'être dur, usé, vigilant et surtout humain si c'est encore possible de l'être dans certaines circonstances (le débarquement en Normandie ça fait vraiment peur). On voisine aussi avec un alter-ego du réalisateur, cigare rivé au bec, attentif, effrayé, découvrant avec bonheur la publication de son premier roman.

Un long film de guerre assez traditionnel bien que tardif. 1980 ça commence à faire tard pour cet exercice mais on sent que ça lui tenait à cœur. Comme avec d'autres de ses films, de guerre ou non, on trouve un drôle de mélange avec un respect serein d'obligations du genre (il me semble), des touches très personnelles de principe et quelques séquences à la beauté troublante. Samuel Fuller ça ne paye pas toujours de mine mais à voir ou à revoir on comprend rapidement pourquoi beaucoup de cinéastes au coup d’œil légendaire lui témoignent d'une sincère admiration (tiens, Wenders par exemple).

Au-delà de la dure réalité historique, romancée ou mise en film ce qu'il faut pour être d'abord cinématographique mais certainement pas dédramatisée il y a "l'aventure humaine". On peut y voir un film d'apprentissage, de survivant, de miraculé qui sait respirer, être vivant. Léger ne serait pas le mot que je choisirais, oui c'est un film de guerre classique et parfois ça peut être léger, relativement. Mais dans les plus de deux heures et demi de cette histoire militaire, les anecdotes du souvenir ne font pas oublier la brutale et injuste gravité de l'entreprise.

Une injustice barbare qui trouve l'impensable justification de son sacrifice à la libération des camps.

Le film est linéaire mais complexe. Il est dur mais émouvant aussi, impressionnant. Nécessaire. C'est dans la même veine qu'un Croix de fer, ça choque et utilise le cinéma pour secouer le spectateur mais aussi pour témoigner. Et si on regarde la carrière de Fuller, ses films, ses thèmes, son humanisme forcené, c'est solide. Le geste n'est pas gratuit.

Ce n'est pas un film parfait mais un monument personnel très respectable d'une forte humanité.

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Message par Exini Dim 29 Jan 2017 - 18:25

@animal a écrit:Le film est linéaire mais complexe. Il est dur mais émouvant aussi, impressionnant. Nécessaire. C'est dans la même veine qu'un Croix de fer, ça choque et utilise le cinéma pour secouer le spectateur mais aussi pour témoigner.

Avec le même désenchantement, la même impression d'absurdité ?
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Message par animal Dim 29 Jan 2017 - 18:34

Dans la forme c'est plus classique mais je dis oui. Tout ce qui doit être intériorisé c'est terrible. Peut-être pas juste absurde au sens ou une utilité au sacrifice n'est pas impossible mais absurde, injuste au départ d'avoir à en arriver là.

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Message par Exini Dim 29 Jan 2017 - 18:41

Ton commentaire me titillait déjà. Avec cette réponse, je note ET je souligne !
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Message par Bédoulène Lun 30 Jan 2017 - 4:27

très bon souvenir !

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Message par animal Lun 5 Juin 2017 - 16:15

Petite récup' qui pourrait faire coup de pouce pour les indécis télévisuels du jour (qui peuvent se coucher tard) :

Samuel Fuller Shock-10
Shock Corridor (1963)

Un journaliste cherche à obtenir le prix Pulitzer en se faisant passer pour fou pour être interné et découvrir le coupable d'un meurtre commis dans l'hôpital psychiatrique. Sa petite amie se fait passer pour sa sœur harcelée afin de le faire arrêter et interner. Elle est légitimement terrorisée à l'idée qu'il y perde la raison et lui même vit mal la séparation tumultueuse avant internement.

Et le film en plus d'un regard très froid sur les méthodes d'analyse et de soin va gratter plus loin les folies guerrières et de société en s'appuyant souvent sur son background personnel d'ancien soldat, ainsi ce prisonnier de la guerre de Corée qui se prend pour un général sudiste et ces images couleurs du japon en plein milieu du film. Et les méthodes décriées qui ressembleraient à s'y méprendre aux évocations politiques du film... avec la dose de lucidité sur une propreté d'apparat qui est on ne peut plus explicite quand il met en scène et en jeu les tensions sexuelles.

Assez classique dans la forme le noir et blanc est assez chouette avec des ombres très présentes sans faire trop rétro et quand même, surtout une belle proximité avec les visages et les personnages. Vu ce soir après Vertigo, c'est donc très autre chose, de plus important peut-être.

La liberté et la limpidité du ton sont assez extraordinaires.

ça s'explique facilement finalement l'influence de Fuller sur certains de ses petits camarades (comme Wenders).

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Message par ArenSor Lun 8 Fév 2021 - 15:49

La Maison de Bambou 1955

Samuel Fuller Bambou10

Le premier des films américains tourné au Japon. C’est ce qui intéresse manifestement beaucoup Fuller, ce moment d’histoire ou se télescope une société encore très traditionnelle et un américanisme forcené. Le metteur en scène s’attarde sur les bateaux au bord de la rivière, les intérieurs des habitats, les salles de jeux et tripots. Nous avons même droit à des scènes cocasses : un groupe de danseuses commençant sur des musiques très lentes traditionnelles et passant brusquement à un rock effréné.
Sinon, l’histoire est assez classique : un soldat américain ayant été tué lors de l’attaque d’un convoi ferroviaire d’armes, l’armée dépêche un détective qui sous une fausse identité infiltre une équipe de gangsters. Les scènes d’action sont menées avec brio, en particulier la scène finale sur un parc d’attraction situé au sommet d’un immeuble. La couleur aux tons pastels est soignée, les images souvent percutantes : le raccourci du soldat mort avec les deux pieds de part et d’autre du mont Fuji.
Seul bémol, un petit manque de rythme du à l’insertion peu subtile d’une histoire d’amour à l’intérieur du polar. Probablement pas le meilleur de Fuller, mais un film plu qu'honnête
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Message par animal Lun 8 Fév 2021 - 15:52

Je le reverrais bien !

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