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John Huston

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Message par animal le Dim 11 Juin - 22:03

John Huston
(1906-1987)


John Huston John_h10

Formation
John Huston se produit sur scène au music-hall dès l'âge de 3 ans dans le numéro de son père, Walter Huston. Une maladie des reins au sombre pronostic le conduit en sanatorium, où l'enfant chétif se transforme par la force d'une volonté farouche en sportif éprouvé. Guéri, il rejoint une école de préparation militaire, puis devient boxeur en 1918. En 1922, il étudie les beaux-arts et joue dans des pièces de théâtre à Broadway. Épris d'aventure, il s'engage en 1926 dans la cavalerie révolutionnaire de Pancho Villa au Mexique. De retour aux États-Unis, John Huston écrit des nouvelles et tient des petits rôles au cinéma. Engagé par Samuel Goldwyn en 1931, il travaille sur de nombreux projets comme adaptateur. Mais, responsable d'un grave accident d'automobile, il doit partir à Londres en 1934, puis à Paris, où il mène vie de bohème. Revenu à Hollywood, c'est son talent pour l'écriture qui le fait véritablement entrer dans le cinéma. Il signe en 1935 un contrat de scénariste avec la Warner Bros

Carrière au cinéma
Cinéaste épris d'aventure, boxeur, journaliste, dramaturge, nouvelliste, peintre, scénariste et acteur, John Huston est l'auteur d'une œuvre puissante et hétérogène.
Sa carrière de réalisateur connaît un départ foudroyant en 1941 avec l'adaptation d'un roman de Dashiell Hammett, Le Faucon maltais. Autour d'une mystérieuse statuette en bronze se déploie une intrigue exotique, sordide et ténébreuse, dans laquelle l'acteur Humphrey Bogart incarne Sam Spade, un détective privé cynique et désabusé. Le film reçoit un Oscar et deviendra l'un des plus beaux fleurons du film noir américain, dont l'esthétique visuelle marquera longtemps le style de John Huston. Engagé dans l'aviation pendant la Seconde Guerre mondiale, le cinéaste réalise pour l'armée américaine trois documentaires exceptionnels, dont en 1945 le fameux Que la lumière soit, sur le traitement psychiatrique des blessés traumatisés par la guerre. À son retour, promu et décoré, Huston tourne au Mexique en 1947 avec Bogart et son propre père un film d'une grande maîtrise cinématographique, couronné de trois Oscars, Le Trésor de la Sierra Madre. À travers l'aventure tragi-comique de deux chercheurs d'or, le cinéaste révèle certains des grands thèmes de son oeuvre, la vanité des entreprises humaines et la primauté de l'aventure collective sur la réussite, ainsi que son goût pour les perdants magnifiques. En 1948, il réalise Key Largo, histoire d'un vétéran affrontant après la guerre la corruption et le banditisme, et met en scène le couple mythique Bogart-Bacall. Ce film a parfois été interprété comme une parabole politique de la part d'un cinéaste engagé et farouchement indépendant qui s'est opposé à la constitution des " listes noires " à Hollywood au temps du maccarthysme. Quand la ville dort (1949), tourné pour la MGM, et qui révèle une inconnue, Marilyn Monroe, décrit une société gangrenée par le crime et la corruption. En 1951, John Huston réunit Humphrey Bogart et Katharine Hepburn pour un surprenant duo dans African Queen. Le tournage des extérieurs en Afrique est épique, compliqué par des conditions météorologiques désastreuses et la lourdeur des caméras Technicolor. Avec Moulin Rouge (1952), Huston récrée le Paris de la Belle Époque avec une biographie très picturale de Toulouse-Lautrec. Réflexion tragique sur la solitude du créateur, cette oeuvre témoigne de ses expérimentations sur le traitement de la couleur au cinéma, poursuivies avec Moby Dick (1954). Ce film est tourné en Technicolor, mais Huston, en superposant un négatif en couleurs et un autre en noir et blanc, parvient à obtenir l'équivalent visuel d'une gravure à l'eau-forte. Cette adaptation du roman d'Herman Melville, et dont Huston était très fier, a parfois été considéré comme blasphématoire. On y voit Gregory Peck incarner un capitaine Achab halluciné, en guerre contre le pouvoir divin incarné par la monstrueuse baleine blanche.
Installé en Irlande où il vit en châtelain, John Huston va désormais alterner films mineurs et projets ambitieux. En 1958, ce chasseur passionné tourne Les racines du ciel, d'après Romain Gary, dénonciation du trafic d'éléphants en Afrique équatoriale française. Le tournage est apocalyptique et le film sera un échec artistique. Le Vent de la plaine (1959), sur les relations entre Indiens et Blancs, dont Huston voulait faire un plaidoyer sur l'intolérance, sera réduit à un banal film d'action par ses producteurs. Mais le cinéaste tourne en 1960 un chef-d'oeuvre, Les Désaxés, réflexion sur la vie et la mort qui catalyse les drames intimes de ses interprètes. Arthur Miller avait écrit cette tragédie pour son épouse, Marilyn Monroe, qu'il s'apprêtait à quitter, et dont ce sera la dernière apparition à l'écran. On y voit aussi Clark Gable pour la dernière fois au cinéma. Montgomery Clift y tient également l'un de ses derniers rôles. Il jouera encore pour Huston celui du père de la psychanalyse dans Freud, passions secrètes en 1961. L'acteur incarne un homme torturé s'auto-analysant pour comprendre ses propres névroses. Huston a particulièrement travaillé les séquences oniriques. En 1963, il adapte une pièce de Tennessee Williams, La Nuit de l'iguane, avec un casting prestigieux (Richard Burton, Ava Gardner et Deborah Kerr), histoire d'un pasteur défroqué et réflexion sur l'amour et le pardon. Pour le huis-clos étouffant de Reflets dans un œil d'or (1966), avec Elizabeth Taylor et Marlon Brando, il donne à l'image un ton ambre doré dominant, qui contribue à placer les personnages en dehors de la réalité.
John Huston poursuit la veine des grandes adaptations littéraires, avec L'Homme qui voulut être roi (1975), d'après la nouvelle de Rudyard Kipling, tourné au Maroc avec Sean Connery et Michael Caine. C'est l'un de ses projets les plus intimes. Histoire de la quête impossible d'un royaume mythique, cette aventure chevaleresque est bien dans le ton du cinéaste. Puis il entreprend la mise en scène d'un chef-d'oeuvre de la littérature mondiale, Au-dessous du volcan (1984), d'après Malcolm Lowry. Fidèle à l'esprit tourmenté du roman, Huston réalise une symbiose très réussie entre écriture et cinéma. Après l'adaptation en 1985 du roman de Richard Condon, L'Honneur des Prizzi, avec Jack Nicholson, John Huston livre en 1987 son ultime chef-d'oeuvre, Les Gens de Dublin, d'après une nouvelle de James Joyce. Son fils, Tony, en est le scénariste et sa fille Anjelica l'actrice principale. Méditation pénétrante sur la vie, l'amour et la mort, ce film est considéré comme le testament cinématographique du cinéaste qui s'éteint le 28 août de la même année à l'âge de 81 ans.

Source : Cinémathèque Française

Filmographie (réalisateur) :

1941 : Le Faucon maltais (The Maltese Falcon)
1942 : L'amour n'est pas en jeu (In this our Life)
1942 : Griffes jaunes (Across the Pacific)
1943 : Report from the Aleutians
1945 : La Bataille de San Pietro (San Pietro)
1948 : Le Trésor de la Sierra Madre (The Treasure of the Sierra Madre)
1948 : La Folle Enquête (On Our Merry Way) non crédité
1948 : Key Largo
1949 : Les Insurgés (We Were Strangers)
1950 : Quand la ville dort (The Asphalt Jungle)
1951 : La Charge victorieuse (The Red Badge of Courage)
1951 : L'Odyssée de l'African Queen (The African Queen)
1952 : Moulin Rouge
1953 : Plus fort que le diable (Beat the Devil)
1956 : Moby Dick
1957 : Dieu seul le sait (Heaven Knows, Mr. Allison)
1958 : Le Barbare et la Geisha (The Barbarian and the Geisha)
1958 : Les Racines du ciel (The Roots of Heaven)
1960 : Le Vent de la plaine (The Unforgiven)
1961 : Les Désaxés (The Misfits)
1962 : Freud, passions secrètes (Freud)
1963 : Le Dernier de la liste (The List of Adrian Messenger)
1964 : La Nuit de l'iguane (The Night of the Iguana)
1966 : La Bible (The Bible)
1967 : Casino Royale
1967 : Reflets dans un œil d'or (Reflections in a Golden Eye)
1969 : Davey des grands chemins (Sinful Davey)
1969 : Promenade avec l'amour et la mort (A Walk with Love and Death)
1970 : La Lettre du Kremlin (The Kremlin Letter)
1971 : Les Complices de la dernière chance (The Last Run) non crédité
1972 : La Dernière Chance (Fat City)
1972 : Juge et Hors-la-loi (The Life and Times of Judge Roy Bean)
1973 : Le Piège (The MacKintosh Man)
1975 : L'Homme qui voulut être roi (The Man Who Would Be King)
1976 : Independence
1979 : Avec les compliments de Charlie (Love and Bullets) non crédité
1979 : Le Malin (Wise Blood)
1980 : Phobia
1980 : Que la lumière soit (Let There Be Light), documentaire réalisé en 1945-1946
1981 : À nous la victoire (Escape to Victory)
1982 : Annie
1984 : Au-dessous du volcan (Under the Volcano)
1985 : L'Honneur des Prizzi (Prizzi's Honor)
1987 : Gens de Dublin (The Dead)

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Message par animal le Dim 11 Juin - 22:24

Un réalisateur que j'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir, je n'ai pas d'ailleurs pas fini. Charismatique et diversifié voire polymorphe capable de faire dans le très grand comme de ne pas perdre un regard à fleur de peau. Il y a chez lui souvent quelque chose de mobile, l'évidence du déroulement d'une intrigue n'empêchant pas d'autres enjeux et mouvements d’apparaître.

Visuellement on lui doit quelques moments extraordinaires et en plus aucun doute sur le fait qu'il ait été un lecteur attentif. Ce qui ne peut que nous plaire non ?

Et rétrospectivement je me rends compte que j'en ai vu quelques-uns de ses films, on va pouvoir y revenir tranquillement. Cool

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Message par animal le Dim 11 Juin - 22:43

John Huston Maltes10

Le Faucon Maltais (1941)

Une adaptation de près du roman de Dashiell Hammett, à peine quelques raccourcis dans l'intrigue emmêlé pour que tout se déroule en souplesse. Les dialogues sont à l'identique ou presque... d'ailleurs, effet des films de ces années là, on est facilement surpris par ce que le film a de bavard (piège des sous-titres dans ces cas là ?).

En tout cas c'est millimétré et loin loin d'être toujours statique on a au moins une mise en place, introduction des séquences qui bétonnent l'atmosphère là encore très près du bouquin. Le bouquin était efficace, le film l'est aussi. Humphrey Bogart colle pas mal au personnage de Sam Spade et bizarrement les presque excès du livre sont atténués dans le film. Le conflit est d'une manière moins ouvert, la confrontation moins physique, sans qu'on perde cette tension et ce jeu du chat et de la souris avec le dérapage attendu des situations. Amusant quand on y pense.

Bogart joue très bien la répartie essentielle à l'atmosphère, le coup de pression est plus en douceur. Les femmes sont fatales tout en étant un cran en dessous du cliché et les seconds rôles Peter Lorre en tête sont au taquet.

Un peu linéaire (ou mécanique) néanmoins, ou alors spectateur un poil fatigué, si j'ai bien apprécié ma séance dvd ça n'a pas forcément été une grande grande claque à la hauteur de l'image de classique associée au film.

N'empêche pour ceux qui auraient encore des doutes ça peut être une bonne raison de se faire un films des années 40 !

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Message par animal le Lun 12 Juin - 22:19

John Huston Fat-ci10

Fat City (1972)

A Stockton Billy Tully est un ex-boxeur, alcoolique et en voie de clochardisation. Avec la tentation d'un retour. L'intro avec Keach allongé sur son lit et cherchant des allumettes est d'une simplicité et d'une véracité qui vous pose d'entrée de jeu ce que c'est que ce film. Il croise en voulant reprendre l'entrainement un jeune, Ernie Munger (Jeff Bridges), avec lequel il 'spar' un petit peu avant de lui conseiller d'aller voir le manager de ses bons jours. Deux vies distantes et parallèles qui vont faussement en sens inverse, quelques vieux de la vieille, et une femme alcoolique et hystérique qui vivra quelques temps avec Tully. Demi film de boxe donc, deux-tiers de film sur l'alcoolisme... et un film qui pourrait être résumé par la chanson de Kris Kristofferson : Help me through the night. Ce qui ressort du film, des portraits abimés et des bars d'habitués, des lieux passés qui ressortent dans les couleurs riches des films d'alors, qui apparaissent nus sans aucun glamour mais imprégnés d'humanité, c'est le doute, la faiblesse, le manque, la peur. Jusqu'à l'artifice des boxeurs avec ce sublime combat de retour de Tully contre un boxeur malade qui ressortira pourtant droit comme un i quand les lumières s'éteignent. Aucun excès dans ce très beau film, d'une beauté crue.  

John Huston Fat-ci11 - John Huston Fat-ci12 - John Huston Stacy-10 - John Huston Fat-ci13

(et comme quoi Stacy Keach il peut le faire très correctement).

rattrapage.

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Message par Avadoro le Mar 13 Juin - 0:56

Un cinéaste à redécouvrir et qui parvient toujours à surprendre, même si je partage quelques réserves sur Le faucon maltais (qui me laisse un peu à distance comme certains films noirs emblématiques de l'époque).
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Message par silou le Mar 13 Juin - 19:14

Merci pour ce fil Animal, qu'est-ce qui va te guider pour ton choix de films ? tu ne sembles pas tenter par la chronologie.
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Message par animal le Mar 13 Juin - 19:50

j'ai de toute façon commencé à les voir dans le désordre... mais comme pour la plupart des films que je regarder c'est un mélange de moment et d'opportunité, c'est presque par hasard que j'ai vu Moulin Rouge et je ne m'en plains pas le moins du monde. Razz

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Message par animal le Mar 13 Juin - 20:58

J'étais tombé dessus un 31 décembre, très fort souvenir :

John Huston 47386710

Moulin rouge (1952)

La vie parisienne de Toulouse-Lautrec avec mondanités, cognac, déceptions et création, et quelques femmes. Au début on ce demande comment ça va prendre la pesanteur de John Huston avec l'ambiance échevelée et festive. Et assez vite on comprend la densité derrière la reconstitution de ce qu'il fallait de frivole, un poids, un désespoir. A partir de là il n'y a plus qu'à suivre les portraits déçus du peintre et de son entourage et à se laisser porter par la vision précise de la création en rupture, en échappatoire, toujours consciente.

Un très beau film, assez dur en fin de compte, assez triste aussi. Mais très beau

Accessoirement, n'étant pas à l'origine un très curieux de Toulouse-Lautrec, je dois reconnaître que le film est assez stimulant pour donner envie de regarder de plus près, avec plus d'attention.

Suzanne Flon est juste parfaite.

John Huston 38398410

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Message par animal le Ven 7 Juil - 21:04

John Huston 210

Promenade avec l'amour et la mort (1969)

En pleine Guerre de Cent Ans, un étudiant pauvre quitte Paris pour marcher jusqu'à la mer. En chemin, il ne rencontre que misère, cruauté et mensonge. Il fait la connaissance de Claudia, une jeune noble. Après l'assassinat de sa famille, elle s'enfuie avec lui. Malgré eux, ils vont être mêlés à l'horreur de la guerre...

Dans un moyen-âge de décors naturels et de superbes chiens et de costumes par Leonor Fini, une étrange fable, violente, parfois baroque, ça rappelle la même crainte que dans La Chair et le sang (dans un genre différent). A contre courant cette histoire d'amour entre l'étudiant qui a abandonné l'étude ? et la noble qui abandonne, ou se libère ?, sa condition. Une histoire d'amour sans chevalier mais très chevaleresque, très spirituelle. C'est aussi simple et pourtant un peu plus compliqué. Le décor historique revisite la place et les rôles du pouvoir pour laisser à la violence une place envahissante : les chevaliers sont des ordures et des brutes, les paysans devenus des sauvages, l'église se range du côté des puissants et ses tentations individuelles dégénèrent... Nos tourtereaux, égarés, et zigzaguant dans ce monde cruel, avançant vers la mer avant de revenir en arrière traversent quelques phases qui diffèrent du mythe. L'amour charnel prend sa place sans rien pervertir, la violence, les violences sont concrétisées et dépassées.

Il ne reste plus que l'élan qui est aussi celui du film, celui d'un choix positif et affirmé de valeurs morales et de liberté. Plus qu'une grandeur visuelle dans ce film qui reste humble (mais travaillé avec des lieux et des décors choisis et quelques très belles images au naturel) c'est cette volonté explicite et très lisible qui marque et qui fait une très forte impression. La fable moyenâgeuse prend une dimension intemporelle et sa modernité de propos n'est pas celle d'un courant mais une très droite et très puissante expression individuelle.

Le couple égaré est très attachant en plus, qui comme le souligne un cousin Robert n'inspire pas la jalousie mais la joie partagée.

(Récup' de vendredi soir pour un film sans souvenir précis mais avec impression vivace et tenace).

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Message par animal le Dim 16 Juil - 21:49

John Huston Adrian10

The List of Adrian Messenger / Le Dernier de la liste (1963)

Une série de meurtres mystérieux, des acteurs très américains mais un film placé du côté exotiquement anglais de la mer, de quoi boucler le paquet cadeau du mystère et de l'humour... et de s'offrir les cavalcades d'une chasse a courre ?

Un scénario pas si alambiqué qui mise tout sur son déroulé fluide et un incessant jeu de cache à cache, et avec le qui est qui du générique il y a du boulot !

Des acteurs très en forme qui se font plaisir pour la touche à l'anglaise, visuellement même plaisir des ambiances du manoir au bureau en passant par les rues poisseuses, bonus une thématique du miroir filée tout au long du film.

C'est joueur, et minutieux. Si on compare au Faucon Maltais, pourquoi pas : même genre d'histoire excessive qui préfère le suspens tout court à l'énigme prétexte, c'est moins bavard, le rythme est plus fin, visuellement c'est plus riche... et il y a tout le temps une aisance et un plaisir assumés de l'histoire et du jeu.

Un exercice de style, un bon tour, un bon moment, un bon film. Effectivement ça ne repose pas sur grand chose si ce n'est sur la savante orchestration d'une belle somme de savoir faire !

Pourquoi se priver...

George C. Scott est en béton.


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Message par Jack-Hubert Bukowski le Lun 17 Juil - 0:26

The Asphalt Jungle :

Nous sommes en présence d'un film policier, qu'on pourrait qualifier d'assez bon. Il y a un cambriolage d'une bijouterie qui est planifié par un «cerveau du crime» bien différent de l'image du mafioso traditionnel. Le crime est parfait dans son exécution jusqu'au moment où une perceuse casse entre autres ratés qui retardent les cambrioleurs. Nous sentons vraiment le côté calculateur du cerveau, même s'il s'agit d'un jeu de pose. Il y a quand même une belle expérience d'intériorité rendue à l'écran et le jeu est juste. John Huston a réalisé le film en noir et blanc et ses héritiers ont veillé à ce que le film ne soit pas colorié. Nous pourrions dire que le cambriolage est planifié de manière à ce qu'une équipe élite soit embauchée pour assister le «cerveau» qui réalise son crime de sang-froid et planifie tous les détails. Nous voyons tout de même des scènes à l'extérieur de la scène de crime et nous y voyons des femmes. Marilyn Monroe commence à s'illustrer comme actrice et elle est révélée aux grands studios qui se la disputent par la suite. Elle y joue un rôle mineur, mais tout de même remarqué, et c'est intéressant de voir la protagoniste de Dix qui semble offrir un dégradé visuel de l'essence de la beauté que nous reconnaîtrons à Marilyn par la suite. Marilyn n'a pas nécessairement dans ce film l'«aura» qu'elle finira par perfectionner film après film.

Les films de John Huston ont attiré mon attention. Les quatre films de Bogart avec Huston ont été ses meilleurs (pour Bogart) à l'exception de Casablanca à ce qu'il me semble... Je ne sais plus s'il en a fait avec d'autres réalisateurs en compagnie de Laura Bacall, mais je suis plutôt d'accord pour adhérer au point de vue de Jonathan Coe que Bogart est plutôt terne s'il sort de son registre. À mon sens, John Huston magnifie l'ensemble du cinéma lorsqu'il met à profit ses talents de directeur et le jeu des acteurs, en plus des paysages atypiques et magnifiques.


Dernière édition par Jack-Hubert Bukowski le Lun 17 Juil - 5:38, édité 1 fois
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Message par Tristram le Lun 17 Juil - 3:47

Le Dernier de la liste
Tout à fait comme dit dans ton commentaire, Animal ! Jouissif malgré quelques incohérences ou faiblesses dans le genou, mais avec en plus le leitmotiv du masque !

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Message par animal le Lun 17 Juil - 6:11

Chef d'oeuvre The Asphalt Jungle ?

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Message par Jack-Hubert Bukowski le Lun 17 Juil - 6:21

Je ne saurais le dire dans l'absolu, Animal, mais j'apprécie les films en noir et blanc. Je dirais qu'il s'agit d'un de ces bons films. L'histoire me semble assez simple mais vu que c'est Huston... j'imagine qu'il doit y avoir des intrigues secondaires. J'ai par ailleurs apprécié la fin. Je ne pense pas nécessairement que ce sera un film que je me souviendrai toute ma vie, mais j'ai passé un bon moment à le regarder.
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Message par animal le Sam 19 Aoû - 18:52

John Huston Kremli10

The Kremlin Letter / La Lettre du Kremlin (1970)

Vous m'excuserez je n'essaierai même pas de vous résumer le moindre morceau de l'intrigue... Ah, si, scoop : il s'agit d'un groupe d'agents secrets américains qui se retrouve infiltrés à Moscou.

Et je reconnais que, petite forme ? c'était trop pour moi et j'ai décroché au 2/3 ou 3/4. Trop de choses dans cette intrigue très riche en personnages et en rebondissements. On retrouve donc le principe/schéma d'un scénario débordant mais qui se retrouve dans une sorte de concurrence plutôt qu'en coopération avec la forme.

Du côté de la forme ça se passe plutôt bien, il y a de belles images, des acteurs en béton (entre autres Richard Boone, Nigel Green, Max von Sydow et Orson Welles) et ça s’enchaîne bien en plus seulement, seulement, ... indigestion.

Mais à retenter un de ces jours, mieux préparé ? L'air de rien il y a un certain extrême dans la démarche.

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Message par bix_229 le Sam 19 Aoû - 19:47

Ma vie de cinéphile est jalonnée de films de Huston.
J 'aime ses paysages, ses personnages.
Ses intrigues sont parfois trop laches, mais ce n' est pas  l'essentiel.
Sa direction d' acteurs est excellente.
Habitué très jeune aux romans noir de Chandler et Hammett, je revois
avec plaisir les adpatations embrouillées de Hawks ou Huston.
Plus encore l' adaptation de Altman pour Le Privé.
D' après Chandler.
Dommage qu' il n' ait pas continué...

Parmi mes préférés,
Le Faucon maltais, Fat City, Le Trésor de la Sierra Madre, Quand la ville dort, African Queen, Gens de Dublin, The Misfits,
La Nuit de l' iguane.
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Message par animal le Dim 22 Avr - 20:58

John Huston Life2b10

The Life and Times of Judge Roy Bean / Juge et Hors-la-loi (1972)

Un Paul Newman poussiéreux et aussi encroûté que barbu débarque dans un nulle part tout aussi déglingué à l'ouest du Pecos au Texas. Les occupants de l'unique établissement local ne tardent pas à lui sauter dessus... mais il reviendra et se fera juge (et bourreau).

Exercice certainement hustonien de narration qui allie noirceur et burlesque pour cette fresque alternative de l'Ouest, donc de l'esprit américain" avec beaucoup de violence, de fantaisie et une belle dose de naïveté et d'amour (et un ours qui boit de la bière). Le nulle part devient une ville et on en vient à différencier la justice de la loi. Les rappels et évolutions de décors et de vêtements entretiennent la course et l'égarement de personnages qui restent eux-mêmes au fil de ces épisodes qui voient passer des personnages légendaires (Stacy Keach en tueur fou albinos c'est gratiné !).

Autre bizarrerie le personnage de Roy Bean a existé et a eu un ours domestique, il a aussi été barman et rendu 'sa' justice.

Une très étrange et mélancolique atmosphère baignée de folie parfois furieuse et de débordements... On peut aussi essayer d'imaginer une version beaucoup moins drôle qui aurait pu être réalisée par John Milius, qui a écrit le scénario, et avec dans le rôle de Roy Bean le toujours excellent Warren Oates...

Drôle de film mais bon film !

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