Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


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Georges Brassens, Lettre à Toussenot


Shulem Deen

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Message par Nadine le Sam 2 Déc - 12:22

Shulem Deen
Né en 1974

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Né en 1974, Shulem Deen est un ancien juif hassidique. Marié dès l’âge de dix-huit ans à une femme que sa communauté lui avait choisie, Shulem Deen a longtemps mené une vie austère encadrée par les règles strictes des skver. Considérés comme trop extrêmes même par les plus fanatiques – les satmar, les belz, les loubavitch –, les skver font revivre les coutumes et les pratiques des premiers Juifs hassidiques et se tiennent à l’écart du monde extérieur.

Seulement, un jour, Shulem Deen s’est mis à douter... Expulsé de sa communauté, il vit éloigné de son ex-femme et de ses cinq enfants depuis 2005.

Shulem Deen a d'abord été connu comme l'auteur du blog "Hasidic Rebel" (2003-2012).
Il fédère au sein d'une association les anciens hassidiques qui aspirent à mener une vie séculière et a créé, en 2010, un site internet : www.unpious.com, "le journal qui donne la parole aux hassidiques marginaux".

Il a publié "Celui qui va vers elle ne revient pas" (All Who Go Do Not Return, 2015) où il raconte sa jeunesse chez les skvers, une communauté juive hassidique très fermée, puis son exclusion.

Il vit désormais à New York de ses écrits et de ses conférences.
source : Babelio et l'école des loisirs

Ouvrages traduits en français :

Celui qui va ers elle ne revient pas. (prix Médicis)






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Celui qui va vers elle ne revient pas

Shulem Deen Celuiq10


Babelio a écrit:Shulem Deen a longtemps mené une vie austère encadrée par les règles strictes des skver. Considérés comme trop extrêmes même par les plus fanatiques – les satmar, les belz, les loubavitch –, les skver font revivre les coutumes et les pratiques des premiers Juifs hassidiques et se tiennent à l’écart du monde extérieur. Seulement, un jour, Shulem s’est mis à douter.
Dans ce récit passionnant, il raconte le long et douloureux processus d’émancipation qui a poussé sa communauté ultra-orthodoxe à l’exclure pour hérésie. Un parcours poignant qui, loin de tout règlement de comptes, offre une analyse fine des raisons conduisant des hommes et des femmes à quitter leur monde

Tout est dit ci dessus, et en effet ce récit est mené avec finesse, et soucis , sans doute, d'offrir aux enfants de l'auteur, un jour, la possibilité de le comprendre. Ce dernier  pèse donc ses mots, et l'on comprend ainsi qu'il ne s'agissait certainement pas pour lui d'une option facile et heureuse que de perdre la foi, pierre essentielle du changement qu'il a dû engager dans sa vie. J'ai beaucoup apprécié apprendre un peu comment se vit une foi très orthodoxe juive, cela m'a beaucoup rappelé ce qu'on dit des musulmans orthodoxes, il semblerait que le purisme en soit équivalent.
C'est très intéressant, Deen mène le récit avec habileté, plutôt que de le dérouler chronologiquement, il y sème quelques flashs backs à chaque étape qui permettent de mieux tisser le contexte et les ambivalences traversées.

Je retiens un très très beau passage, que je ne vais pas citer pour permettre d'en laisser le sel au lecteur futur :
Shulem Deen a été marié assez jeune, et son épouse et lui ne se connaissaient pas au préalable ni ne connaissaient les modalités d'accouplement. Dans l'un des chapitres, il nous explique donc cet évènement véritable qu'a constitué leur union,  et nous transmet , du coup, l'essence, devenue si rare à appréhender, que celle-ci peut constituer en soi. C'est un très touchant chapitre, très très beau. Qui, lui, donne paradoxalement, tout son sens au purisme de ces ultra-orthodoxes, il porte malgré lui toute la beauté que peut constituer une vie à ce point désincarnée de libre arbitre, et en traduit ce qu'il en reste de beau ou essentiel, ce qu'on n'est, nous, evidemment plus en mesure de toucher du doigt dans notre experience propre gorgée de présupposés structurants.
Vraiment interloquant.

L'ensemble du livre est moins sublime que ce chapitre précis, mais je le recommande en son entier, parce que Shulem Deen arrive efficacement à placer le récit hors des parti-pris cela est très intéressant à recevoir.
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Message par Armor le Sam 2 Déc - 13:40

Ca m'intéresse beaucoup, je note.
Sur le même type de sujet (le carcan de la communauté Satmar), j'avais beaucoup aimé Je suis interdite, d'Anouk Markovits. L'auteur, elle aussi, a quitté les siens pour échapper à un mariage arrangé.

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Message par Bédoulène le Sam 2 Déc - 14:52

vos commentaires m'incitent à la lecture, mais ......................plus tard merci !

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Message par topocl le Jeu 15 Mar - 18:32

Celui qui va vers elle revient pas.
Prix Médicis Essais 2017

Shulem Deen Image111

Ce n'est absolument pas un essai, mais un récit autobiographique. Je me  demande pourquoi il a eu le Médicis essai. Déjà que les romans  bien souvent ne sont plus des romans, si en plus les essais ne sont plus des essais, cela va devenir compliqué  Shulem Deen 575154626

Il s'agit donc d'une histoire personnelle, qui apporte un témoignage sur la communauté des Juifs américains ultra-orthodoxes (les plus ultras de chez les plus ultras). Shulem Deen met en lumière  leurs méthodes d'éducation, de bourrage de crâne, de manipulation, en un mot de terrorisme intellectuel.  Bourrage de crâne pratiqué par des gens tout aussi intoxiqués, persuadés qu'ils ont la Vérité parce que, à eux non plus, personne n'a appris à voir autrement, à envisager l'autre. Mais dans cette multitude, (ils sont vraiment nombreux dans ce shetl recomposé à deux pas de New-York), certains se prennent cependant à douter, à jeter un œil ailleurs, à réfléchir. Internet, quoique prohibé, a fait beaucoup pour cela, terreau prodigieux du libre arbitre.

Shulem  Deen est de ceux-là. Peu à peu, il a  abandonné complètement la foi en la Torah, en Dieu, en tout cette parole castratrice dans laquelle il avait été élevé. Mais elle est aussi protectrice, et il raconte la difficulté de remettre en cause une croyance aussi douloureusement et viscéralement inscrite, la douleur que cela constitue, comment il s'est longtemps caché. Il parle aussi des difficultés plus pratiques : comment se réinsérer dans une société américaine quand on n'a fréquenté que les écoles juives et aucun diplôme, jamais adressé la parole à une femme sans frémir, jamais porté de jean, jamais connu les livres, la radio, télé, cinéma… quand on est rejeté, banni par sa communauté,  sa famille, ses propres enfants. Comment on regrette la douceur des rituels et de l'appartenance à un groupe, même tyrannique.
La tolérance, la liberté, ça se paye très cher. Mais c'est une foi comme une autre et pas moyen de transgresser une fois le pas fait.

Vital à qui aime voir comment ça se passe ailleurs, un vrai ailleurs complètement autre,  ou à qui  s'interroge s'il faut être tolérant avec l'intolérance, et comment naissent les fanatiques (qui sont de tous bords, on l'oublie un peu vite), cet ouvrage vaut plus par son aspect documentaire que par ses qualités littéraires,  l’émotion y émerge un peu trop rarement.. Mais il  mérite qu'on s'y arrête.

mots-clés : #autobiographie #education #regimeautoritaire #solitude

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Message par Bédoulène le Jeu 15 Mar - 20:39

merci topocl, ça m'intéresse encore donc je re-note !

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